Les derniers avis (32321 avis)

Couverture de la série Palaces
Palaces

J'ai hésité entre le 3 et le 4 pour cette série de Simon Hureau. 3 à cause du graphisme que je trouve bien moins abouti que dans ses productions ultérieures comme Intrus à l'Etrange ou l'excellent L'Empire des hauts murs. Simon Hureau aime les vieilles pierres qui racontent une histoire. Son graphisme aux mille détails excelle à reproduire chaque défaut et chaque anfractuosité de ces vieux murs qui sont hantés par un lourd passé. Parmi les temples célébrissimes du Cambodge il a pu donner libre court à son talent dans ce domaine. C'est vrai aussi pour les dessins des insectes même si je trouve que cela fait un peu trop planche anatomique de biologie animale. Par contre je trouve les visages pas toujours agréables ainsi que la jungle trop souvent floutée à mon goût. D'autre part, je trouve le scénario très intéressant. A travers son observation privilégiée des pierres d'Angkor c'est une partie de l'histoire et de l'ambiance du Cambodge que Simon Hureau nous fait vivre. On le sent vraiment dubitatif et circonspect vis à vis de l'humain et amoureux des architectures et de la nature. En effet le récit humain semble vouloir choisir une troisième voie entre un passé rouge d'idéologie et de sang et un présent gris qui transpire les effets les plus contestables du consumérisme capitaliste. Entre les douilles des Khmers rouges de Pol Pot et la canette de Cola, Hureau repousse les deux. Il ne reste qu'au bout du voyage qu'une péripétie amère, une de plus à gérer presque seul. Presque en queue de poisson.

04/10/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Serpent et la Lance
Le Serpent et la Lance

TOME 1: J’avais appris à connaitre la civilisation aztèque lors de mes études d’Histoire, au sein de cette « Méso-Amérique » dans laquelle se trouve classée cette région. Et cette série m’a permis de me replonger dans cet univers original que j’apprécie, de retrouver certaines expressions qui me sont revenus. Car Hub a fait un gros travail de documentation et n’hésite pas à multiplier les termes en langue nahuatl, sans pour autant perdre le lecteur, ça reste fluide. C’est d’ailleurs la fluidité du récit qui ressort de ma lecture de ce premier tome. D’abord le dessin, chouette, avec une colorisation elle aussi aux petits oignons, aux couleurs chaudes. Comme pour sa série Okko, Hub a bien mis en images un univers exotique, avec un trait semi réaliste très efficace. Hub a développé son histoire au cœur de l’empire aztèque, mais en prenant le parti de la situer une soixantaine d’années avant l’arrivée de Cortèz, ce qui est un choix intéressant et renforce l’originalité du projet. De plus, il développe au centre de l’intrigue une enquête policière, autour de filles enlevées, tuées et momifiées, avec pour lever le voile sur ce mystère deux hommes que tout oppose depuis leur jeunesse. Ce tome inaugural est imposant (près de 200 pages !), et a bien posé le décor – même s'il faut faire l’effort de traverser les premières pages, un peu obscures parfois. Mais l’histoire est bien lancée, captivante, bien narrée. Une lecture détente de qualité, dont j’attends la suite avec quelque impatience. TOME 2: Bon, c'est avec plaisir que j'ai retrouvé cette histoire avec ce deuxième tome (deux fois moins épais - plus de cent pages tout de même!), mais qui poursuit sur la même et bonne lancée du premier. Un polar aztèque épicé de thriller, avec un soucis d'imposer un cadre historique crédible (profusion de termes aztèques, sans noyer le lecteur). L'enquête avance (mais est encore loin d'avoir livrer ses secrets), et on en apprend davantage sur les personnages principaux (en particulier les deux enquêteurs parallèles), par l'intermédiaire de longs flash-back. En tant que lecteur captivé, je suis d'ailleurs prêt à mettre de côté certaines réserves sur ces "rêves" et autres "retours de souvenirs (comme ceux obtenus auprès d'un ancien copain presque autiste), tant l'histoire est globalement intéressante et bien menée. Quant au dessin, il est toujours aussi chouette. Limpide (la colorisation est au diapason), aéré (peu de cases, rien de miniature), dynamique, c'est clairement un atout. Bref, j'attends la suite, mais en l'état ça reste une série hautement recommandable, qui plus est dans un univers qui a priori m'intéresse.

12/10/2020 (MAJ le 03/10/2022) (modifier)
Couverture de la série Ainsi danse
Ainsi danse

Après le très bon Dérives, MY Schmitt nous propose un autre roman intimiste de grande qualité. Autour de quatre groupes distincts qui ont pour point commun d'habiter le même quartier parisien, l'auteur construit une valse à mille temps qui tourbillonne sans jamais trébucher. Je trouve que l'exercice du roman intimiste est compliqué. Les auteurs tombent assez vite dans le biographique autocentré de leurs déconvenues sentimentales autour de bouteilles d'alcools à se poser en victimes du sens de leur vie. Cela m'ennuie très souvent. Ici rien de tel. Je trouve la perception psychologique de Schmitt pour tous ses personnages très juste et très fine. Ce que j'aime en premier lieu est que l'auteur nous propose de l'intergénérationnel avec la même réussite pour tous ces couples. Que dire de ce trio de sexagénaires avec Anne-Marie qui s'offre une liaison extra conjugale et une redécouverte de sa sexualité à 65 ans. Schmitt ose même un nu de grand-mère sans que cela ne soit déplacé ou choquant. Camille, cette femme moderne qui gagne sa vie au téléphone rose sans aucune honte et qui fait les bonnes remarques au bon moment à un Max psychologiquement dépassé par la situation. Car Schmitt nous abreuve de dialogues d'une justesse admirable pour toutes les situations. C'est percutant à chaque ligne et surtout dans la bouche de ses personnages féminins. Car ce sont ses femmes qui occupent le premier plan, bien obligées d'affirmer leurs forces devant les pesanteurs masculines. Schmitt introduit une tension dramatique au sein de chaque relation qui va crescendo jusqu'à une panne de courant qui servira de révélateur. Le scénario est d'une excellente fluidité car l'auteur arrive à faire voltiger ces quatre situations à tout allure sans aucun choc tels quatre couples de danseurs aguerris. Le graphisme est précis sans fioriture superficielle s'attachant surtout à l'expression des visages si importante dans ces dialogues de couples. Les extérieurs sont succincts mais bien travaillés. Schmitt travaille en bichromie ce qui renforce l'ambiance de face à face pour chaque situation. Une excellente lecture d'un auteur dont j'apprécie de plus en plus les productions.

03/10/2022 (modifier)
Par yOyO
Note: 4/5
Couverture de la série Mauvaises mines
Mauvaises mines

Ca faisait longtemps que je n'avais pas lu un album à l'humour cynique, strident, noir, et ça fait du bien en cette période néfaste. C'est suite à ma rencontre avec l'auteur que j'ai décidé l'achat de l'album et je n'ai aucun regret (à condition d'aimer l'humour corosif). Il m'a expliqué également comment a été réalisé cet album, l'histoire s'étant greffé sur les illustrations. Pour être bref, on passe un bon moment, c'est effectivement dommage que cette BD soit lu très (trop vite), mais au final le condensé explosif fait largement le job. A réserver à ceux qui ont encore l'intelligence à réfléchir de vouloir s'évader du système sociétal.

03/10/2022 (modifier)
Couverture de la série Comanche Moon
Comanche Moon

Jack Jackson est vraiment passionné par le sujet, ça se sent dès le départ, et il a réuni une copieuse documentation pour le traiter ! J’en veux pour preuve l’imposante bibliographie finale (en anglais surtout, mais pas seulement – très complète en tout cas), les nombreuses photographies (probablement toutes les photos existantes de Cynthia Ann - dont l'histoire a inspiré le film "La prisonnière du désert" - et surtout Quanah Parker). Jackson a d’ailleurs ultérieurement poursuivi et élargi son travail sur ces aspects de l’histoire texane avec « Fort Alamo » (encore pas référencé sur le site) et plus récemment Une Autre histoire de l'Amérique. C’est en tout cas typiquement le genre de truc qui m’intéresse. J’ai lu assez récemment Naduah sur le même sujet (et d’ailleurs, les auteurs, qui expliquaient en fin d’album leurs sources, ne connaissaient visiblement pas cet album non cité, plus ancien et bien plus complet). L’album de Jackson attendait depuis pas mal de temps dans l’une de mes piles à lire, et c’est en lisant Naduah que je me suis souvenu de cet album, que j’avais acheté au vu du sujet, de la couverture et d’un rapide feuilletage, mais que j’avais aussi un peu oublié. Voilà donc cet oubli réparé. C’est donc l’histoire des Comanches, de leur empire et de son inéluctable déclin jusqu’à l’anéantissement final et la mort des réserves, qui nous est ici conté. Avec comme fil rouge la famille Parker, Cynthia Ann d’abord, mais surtout Quanah. Pour quelqu’un comme moi passionné par le sujet, c’est un album très intéressant, qui retrace méticuleusement tous les 50 ans durant lesquels tout va se jouer (grosso modo des années 1830 aux années 1880). Un album riche, foisonnant, mais qui peut rebuter ceux qui ne sont pas passionnés par le sujet. Il faut dire que la narration, si elle est agréable, manque peut-être d’allant. Souvent au style indirect, jouant davantage la carte d’un certain didactisme (tout du moins souhaitant ne rien laisser des connaissances historiques avérées) que d’une intrigue romancée. Le dessin use d’un Noir et Blanc au trait un peu gras, un peu charbonneux. Il est inégal, mais globalement bon (parfois proche du Marijac de Sitting Bull). Je suis en tout cas satisfait de ma lecture, c’est une histoire/biographie réalisée par un passionné pour des passionnés, et j’en suis. Note réelle 3,5/5.

02/10/2022 (modifier)
Couverture de la série Naduah
Naduah

J’ai eu du mal à me faire au dessin de Vincent Sorel. Non pas qu’il soit mauvais, au contraire, il est plutôt agréable, doux, fluide. Mais le côté « brouillon » et surtout les traits un peu enfantins de certains personnages m’ont un temps troublé, dans un récit qui se veut « adulte » et noir. Mais au final, je m’y suis fait. L’album s’inspire de l’histoire vraie d’une femme qui a vu deux fois sa vie brisée – lorsqu’adolescente elle a été enlevée par les Comanches, puis lorsque des Blancs l’ont brutalement séparée de son mari et de ses fils comanches pour la ramener contre son gré « à la civilisation ». Si je ne connaissais pas vraiment Cynthia Ann Parker, je savais que ce cas de figure s’est présenté à plusieurs autres femmes, et je connaissais surtout l’un de ses fils, qui deviendra ensuite, sous le nom de Quannah Parker, un grand chef Comanche (mais qui ne reverra donc jamais sa mère). Surtout, les amateurs de westerns comme moi feront facilement le lien avec un film inspiré par cette histoire (histoire toutefois grandement modifiée), « La prisonnière du désert ». Un sujet triste mais intéressant donc, qui montre la brutalité des mœurs dans cette Amérique du milieu du XIXème siècle, et surtout envers les femmes. Ce qui met d’autant plus en valeur la force de Naduah, qui pourtant a fini brisée. Un univers empli de violence donc, mais celle-ci est montrée ici de façon brève : les deux attaques extrêmement meurtrières et violentes durant lesquelles Cynthia/Naduah a été enlevée aux siens. C’est brutal, dans tous les sens du terme, et la relative brièveté de ces scènes (où des tons rougeâtres dominent) au milieu d’un récit assez lent et presque doux, accentuent l’effet dévastateur de cette violence. De la même manière, la mort de Naduah ou de sa petite fille n’est pas montrée, mais cela n’empêche pas que le lecteur ressente tristesse et injustice pour ces êtres ballotés par l’obscurantisme. Séverine Vidal a choisi comme personnage principal une jeune adolescente, Anabel, qui va s’intéresser au sort de Naduah (c’est chez elle et son père qu’elle est d’abord « recueillie »). C’est un personnage vif, espiègle, attachant. Mais si Anabel dynamise le récit, elle lui fait aussi perdre un petit peu de crédibilité. En effet, c’est une gamine rebouteuse, sorte de « garçon manqué », d’une maturité sans commune mesure avec son âge. Bref, un personnage sympathique, attachant donc, mais quand même improbable. Mais bon, l’album se laisse lire facilement, et permet de découvrir un sujet et une femme illustrant la violence et l’incompréhension qui ont pourri les relations entre Blancs et Amérindiens. Note réelle 3,5/5. PS: ceux que le sujet (les Comanche et la vie de Naduah et de son fils Quanah) intéresse sont encouragés à rechercher Comanche Moon de Jackson, bien plus complet sur le sujet.

24/09/2022 (MAJ le 02/10/2022) (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Travailleur de la nuit
Le Travailleur de la nuit

La vie d'Alexandre Jacob, marin, cambrioleur et surtout anarchiste convaincu est une épopée en soi. Ce récit biographique est celui d’un homme courageux qui, jusqu’à sa mort, restera fidèle à ses principes quitte à subir les jugements arbitraires et les condamnations injustes. On apprend beaucoup des choses dans cet album tant sur le personnage que sur l’époque. On y aborde aussi des sujets importants comme la lutte des classes, la justice ou l’inhumanité du bagne. Le scénario suit chronologiquement la vie d'Alexandre Jacob, de son enfance à sa mort. Le récit a du rythme. S’il va assez vite (un peu trop à mon goût) au début, passe d’un événement à un autre pour faire avancer l’histoire, ensuite, il ralentit un peu, avec le passage à la vie d’adulte et à la maturité politique d’Alexander Jacob avant de reprendre un rythme un peu rapide qui conduit le lecteur jusqu’à la mort du héros. Pas de temps morts, mais de l’action, un personnage charismatique et cohérent, et un engagement politique que rien ne semble pouvoir faire vaciller. Le dessin est soigné, je l’ai trouvé délicat, avec une belle mise en page. C’est du très beau travail.

02/10/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Un ennemi du peuple
Un ennemi du peuple

Un bon album dont le message est toujours d'actualité. Ce qui m'a surtout frappé dans cet album est la mise en scène. Dans plusieurs adaptations de pièces de théâtre que j'ai lues en BD, souvent le dessinateur met ses personnages au même endroit clos pendant plusieurs pages et les fait bouger comme des acteurs de théâtre qui ne font que réciter leurs textes. Là tout est naturel et je pense même pas que j'aurais compris que c'était une pièce de théâtre à la base si ce n'était pas écrit sur la quatrième de couverture. En tout cas, j'ai adoré le dessin et la narration. Le scénario est bon avec un docteur qui va découvrir une vérité abominable et petit à petit tous les notables du village vont se liguer contre lui pour protéger leurs petits intérêts. Le seul point faible je trouve est la critique de la démocratique, qui au final me parait un peu simpliste et un peu démagogique, vu que l'auteur ne propose pas de solution de rechange au système démocratique et en plus paradoxalement 'je suis tout seul face aux gros méchants qui me persécutent' c'est quand même ce que croient bien des ignorants sur les réseaux sociaux, le même type de gens qui sont dénoncés dans la pièce ! Cela reste une bonne lecture.

02/10/2022 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5
Couverture de la série Gambit (Un récit complet Marvel)
Gambit (Un récit complet Marvel)

Si ce n'est plus le premier pas que je fais dans l'univers des X-Men, je découvre avec ce récit le personnage de Gambit, dont je n'avais entendu parler que vaguement, notamment par sa (très) brève évocation par les films. Je m'étais toutefois enthousiasmé pour le projet d'adaptation, véritable arlésienne à Hollywood, lorsqu'il avait été question qu'un de mes réalisateurs préférés, Gore Verbinski, s'en empare. Finalement, le réalisateur de Pirates des Caraïbes fut à son tour débarqué du projet, mais je le regrette d'autant plus maintenant que je connais le personnage du mutant. En effet, le personnage en lui-même possède une force tragique qui le rend instantanément captivant. Son parcours n'est évoqué que rapidement dans ce récit d'Howard Mackie, et de nombreuses allusions étant faites à des événements antérieurs, je suppose qu'il prend place dans une certaine continuité narrative. Néanmoins, le sous-titre présent sur la couverte ("Un récit complet Marvel") n'est pas mensonger, car même si l'on ne connaît pas tous les événements sur lesquels s'est bâtie la vie de Gambit, on en comprend largement l'essentiel grâce à des dialogues savamment écrits, qui permettent aux néophytes de comprendre la situation sans alourdir le rythme du récit. Ainsi, il est assez plaisant à chaque interaction de Gambit avec un nouveau personnage, d'entrouvrir chaque fois un peu plus le voile sur un passé qu'on devine particulièrement noir. Ce que j'ai particulièrement apprécié dans ce récit, c'est combien les auteurs arrivent à combiner des scènes d'action spectaculaires et des scènes de dialogue somme toute assez réduites et pourtant profondes. Sans s'étendre dans le pathos, ces dialogues sont essentiels non seulement à l'avancée du récit, mais aussi à la construction des personnages, et l'on comprend mieux les agissements des uns et des autres, ainsi que les débats internes qui les agitent, au fur et à mesure que le récit met en scène des discussions entre chaque protagoniste de l'histoire. Les auteurs créent ainsi des dilemmes forts et des situations où le tragique s'immisce peu à peu dans le scénario jusqu'à un point culminant qu'on devine peu à peu bouleversant pour les personnages. Bien sûr, l'émotion reste assez réduite du fait d'un nombre de pages limité, mais on sent néanmoins l'impact qu'a chaque action sur chaque personnage, et c'est assez fort. Le dessin extrêmement efficace de Lee Weeks n'y est pas pour rien non plus. C'est un trait assez classique pour ce genre de comics, mais il témoigne, par rapport à d'autres d'une belle fluidité qui lui garantit une lisibilité de tous les instants. Sans que la mise en scène soit particulièrement originale et inventive, elle est en tous cas constamment efficace, et c'est déjà beaucoup. Ainsi, grâce à cette belle alchimie entre un scénario profond et prenant et un dessin fluide et immersif, ce récit de Gambit constitue probablement la meilleure histoire de l'univers X-Men que j'ai lue jusqu'à maintenant. Même s'il m'en reste beaucoup à lire ! En tous cas, je ne peux que souhaiter plus ardemment que le projet d'adaptation cinématographique finisse par réellement voir le jour...

02/10/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série Tananarive
Tananarive

J'ai bien aimé aussi. Graphiquement c'est super net, les personnages ont chacun un visage particulier mais tous dégagent beaucoup d'expressions. La colorisation est vraiment bluffante aussi, et la mise en page avec des cases sans contour donne un aspect aéré très agréable. Associé à l'écriture, la lecture devient fluide et on avale facilement ce récit de plus de 100 pages. L'intrigue se concentre très bien sur la quête d'Amadée, notaire à la retraite qui enquête sur le potentiel successeur de Jo, ami tout juste décédé qu'il admirait tant. Il ne sera pas au bout de ses surprises. Alors qu'Amadée se lance dans cette aventure pour une raison particulière, il finit par s'y accrocher pour une nouvelle. J'ai ressenti plusieurs émotions, avec toujours une intensité mesurée. Le genre qui fait un peu réfléchir je dirais. On rencontre beaucoup de situations rigolotes, permettant à l'ensemble de ne jamais perdre en légèreté. Et pourtant, les auteurs nous entraînent aussi vers un épilogue de plus en plus sérieux, au bord même de la tristesse. C'est un mélange très bien dosé. Le fantôme de Jo est intéressant, permettant d'avoir à la fois en toile de fond le deuil de Amédée, mais aussi de profiter des explications qu'Amédée aurait attendu de son pote s'il était encore vivant. La grande révélation de cette histoire tombe un peu comme un cheveux sur la soupe, pour moi, mais je n'irais pas jusqu'à dire que cela a gâché ma lecture. Seulement, ça ajoute une dramaturgie un poil trop brutale et excessive par rapport à l'ensemble. On s'intéresse enfin beaucoup à la question que peut se poser "les vieux" sur le sens de la vie, alors que leur corps contraignant réduit chaque jour leur liberté de mouvement, et le résumé qu'ils se font sur celle vécue par eux. Ça veut dire quoi, "profiter de la vie"? "Rattraper le temps perdu"? Un moment très agréable, à la fois rafraîchissant, émouvant et intéressant. 3,5/5

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