Au début du second tome, une belle double page présente sous forme d’une vue générale Saint-Malo et ses communes environnantes, tous les lieux évoqués dans l’histoire. Je connais très bien ces endroits pour y aller souvent – et je loue la belle reconstitution dans ces albums. Je salue aussi cette double page, et ceux qui ne connaissent pas bien les lieux sont encouragés à y jeter un œil avant de démarrer la lecture de ce diptyque.
En plus de la reconstitution générale, j’ai bien aimé, globalement, le dessin de Malfin, en ayant même eu l’impression qu’il était meilleur sur le second tome. Le changement de coloriste est en tout cas bénéfique – je trouve le résultat meilleur.
Les personnages nés de l’imagination de Malfin pour densifier son histoire s’imbriquent très bien dans la grande histoire (un dossier historique complète d’ailleurs très bien le second album). En effet, l’intrigue prend place dans les moments dramatiques de l’été 1944, au moment où les Américains venus de Normandie viennent libérer la région, alors que des Allemands jusqu’au-boutistes subissent un déluge de feu, dans Intramuros, sur certaines îles (dont Cézembre donc) et à Aleth.
Concernant l’histoire, elle se laisse lire très agréablement. C’est fluide, très rythmé. De par la montée des tensions inhérentes à la fin violente de la résistance allemande, mais aussi grâce aux flash-backs distillés qui éclairent le passé de certains protagonistes, français et allemands.
Mis à part un passage improbable vers la fin (lorsque deux français vont vers Cézembre bombardée), tout le reste est crédible.
Une série d'aventures historiques intéressante, et bien menée.
Note réelle 3,5/5.
Pour le grand public, le mariage pour tous, qui a déjà (ou plutôt seulement) presque 10 ans, n'a pas institué une égalité des droits dans tous les domaines pour les couples de même sexe. Notamment en matière d'adoption, de procréation médicalement assistée ou de fécondation in vitro.
Daphné et Julie se sont rencontrées lors d'une marche pour défendre ces droits. Elles passent de plus en plus de temps ensemble, puis, leurs sentiments devenant plus forts, s'installent ensemble. ET puis, tut doucement, alors qu'elles s'y refusaient au départ, l'envie d'enfant se fait jour au sein du couple. Mais les solutions ne sont pas légion pour un couple lesbien. Et légales encore moins. Leur histoire s'inscrit au sein d'une étape cruciale pour l'égalité des droits dans la société française. Alors que François Hollande avait promis la PMA pour toutes lors de son élection en 2012, l'action des lobbies d'extrême-droite, la médiatisation de mouvements comme "la manif pour tous" et la frilosité des gouvernements successifs, ont ralenti le processus. Leurs espoirs, leurs discussions, leurs doutes, leurs fractures sont donc émaillées des déclarations, des invectives des différents opposants à cette avancée majeure. Leur parcours révèle donc l'hypocrisie de la classe politique française, la place laissée à l'extrême droite dans les media du pays, tout en relevant ses contradictions : il était possible de se faire inséminer à l'étranger pour les couples lesbiens, et de se faire -partiellement- rembourser pas la Sécu les frais médicaux engagés...
Les choses se sont arrangées depuis, la PMA est désormais autorisée pour les couples de femmes et les femmes célibataires depuis... août 2021. Mais tout n'est pas rose : les délais pour obtenir des rendez-vous peuvent être très longs, et il existe de grandes disparités sur le territoire, où les installations médicales ne sont pas toujours adaptées. Sans parler du bon vouloir des praticiens... Cette décennie de lutte pour les droits des personnes LGBT a également ouvert la porte des enfers : les revendications homophobes et transphobes se sont également multipliées, et avec elles les exactions du même acabit. Le chemin est long, et rien n'est jamais définitivement acquis, en termes de droits humains...
L'histoire de Daphné et Julie, remarquablement narrée, est sans doute l'un des exemples typiques de cette lutte, et nous permet de la vivre de l'intérieur. L'album comporte, en bonus, les références de toutes les déclarations de personnalités, politiques ou non, faites durant la période. Une bibliographie intéressante ainsi qu'un état des lieux complètent efficacement l'ouvrage.
Bon, ben voilà une série qui ne déborde pas d’optimisme et de joie de vivre ! Déprimés s’abstenir.
Pour les autres, une fois entré dans l’intrigue et le côté graphique (tous les deux ne s’appréhendent pas facilement), on est happé par cette histoire très noire, autour d’un pauvre type qui traine sa lose et son mal être depuis longtemps et qui, subitement, va commencer à reprendre du poil de la bête, au fur et à mesure qu’un ange exterminateur s’en prend à ceux qui le font souffrir.
Il y a une intrigue polar, autour de plusieurs meurtres sauvages. Mais l’essentiel est ailleurs. Tout tourne vraiment autour de ce type, Alex/Terry, ses coups de blues, ses angoisses, la violence de son amertume.
Le dessin est haché, torturé – pas toujours très lisible. Et ce d’autant plus que la mise en page est elle aussi très déstructurée. A cela s’ajoute un travail sur les couleurs qui accompagne très bien le rythme saccadé et la violence des sentiments exprimés.
Plus que l’intrigue elle-même (qui n’est pas désagréable), c’est l’ambiance noire et corrosive qui est le point fort de cette série. Les trois albums se lisent rapidement (peu de textes), et on en ressort comme après une longue apnée, content de respirer normalement un air relativement pur, au calme.
Note réelle 3,5/5.
Le 1er album paru de ce que j’apparente (vision toute personnelle) à la trilogie western de Delcourt avec 500 fusils et Angela.
Pas un très grand western comme annoncé dans la description, on reste loin des classiques type Blueberry, cependant un album plein de charme malgré les stéréotypes : le héros, la blonde, la brune et le bad guy.
Je ne suis pas fou de l’histoire mais la réalisation assure derrière rendant le tout très attractif, ça va vite avec pas mal de péripéties, c’est fluide, on alterne entre passé présent, les personnages sont sympathiques et bien croqués … dessins, narration et couleurs assurent toujours bien malgré le poids des âges, une bd qui a de la gueule et qui conserve son énergie.
Si vous aimez le genre, franchement ne vous privez pas, un bon petit moment de lecture, pas bien profond mais fun. Mon album préféré de cette « trilogie ».
C'est avec le manga La Déchéance d'un homme que j'ai découvert le travail de Junji Ito. Un trait unique, fin et fouillé, des thématiques souvent dures avec cette touche d'horreur qui fait sa marque de fabrique : voilà un auteur qui aura su construire un univers singulier et reconnaissable dès la première page !
Histoires courtes ne déroge pas à ce constat ; dès les premières pages en couleur que nous propose cette très belle édition de Delcourt, on reconnait le trait précis de Junji Ito. Ce sont ensuite 10 courtes nouvelles horrifiques qui vont s'enchaîner.
Comme dans tout exercice du genre, ces dernières ne seront pas toutes de même intensité, mais l'ensemble est de bonne facture et tient plutôt bien la route, certaines sortant clairement du lot à mon goût.
Voilà en tout cas je pense un album qui permettra aux curieux qui ne connaissent pas l'auteur de le découvrir et de se tourner vers d'autres séries plus développées s'ils adhèrent au savoir faire de Junji Ito.
Le Dieu vagabond est l’antithèse de la série Les Prométhéens (avisée il y a peu). Si j’en parle et que je fais le rapprochement rapide entre ces 2 séries, c’est qu’elles partagent une même idée de base, à savoir la présence des Dieux antiques à notre époque contemporaine, sauf qu’ici le traitement proposé est bien bien différent.
C’est bien simple, j’aime tout dans le présent album, à mes yeux une franche réussite sur bien des points.
Jusqu’à maintenant je ne l’ai lu qu’à travers divers emprunts mais à la moindre occasion je coche l’option achat direct.
L’histoire, la quête d’Eustis le satyre, est super sympa à suivre, c’est fluide et bien chapitré, des personnages et des péripéties attachants. L’intégration de la part antique à ce monde moderne est très bien gérée et possède beaucoup d’originalité.
L’aventure est sublimée par le graphisme de Fabrizio Dori, spécial au premier abord (les 1ères planches dans la galerie ne donnent pas envie) mais envoûtant sur la longueur, avec mention pour les couleurs.
Un très bel album, bravo à l’auteur et à l’éditeur.
Pour le moment c'est l'album de la collection des Grands Classiques de la Littérature que j'ai préféré. Il faut dire que le roman de Théophile Gautier se prète très bien à une adaptation en BD pour tout public.
On y trouve de l'aventure, des combats qui finissent bien, des grands sentiments ,des gentils qui gagnent et des méchants qui deviennent gentils. D'aucun pourrait trouver cela guimauve et gnangnan, mais c'est proposé avec un tel brio littéraire que j'ai trouvé cette description pittoresque de la noblesse de Louis XIII récréative et charmante.
Si le scénario est cadré par l'oeuvre originale, il faut souligner que Djian et Chanoinat ont su préservé l'esprit du roman dans le dynamisme des actions et la psychologie entière des personnages. Je donne une mention à l'excellence des dialogues qui par leurs précisions apportent à la vivacité du récit.
J'ai bien aimé le graphisme de Bruno Marivain qui a su soigner par la finesse de son trait à la fois la posture des intervenants et la richesse des extérieurs costumes , auberges et châteaux.
On se retrouve dans une ambiance chaleureuse à la Jean Marais dans Le Bossu. Cela donne une lecture de vrai détente pour tous les publics.
Vasco est une série que j'ai bien apprécié quand je l'ai lue avec mes enfants. Sa précision graphique et son côté historique prononcé permettaient d'imager un peu les arides cours d'histoire sur cette fin du Moyen-Âge avec une vision autre .
Les tribulations du beau Siennois chargé de mission par son riche oncle banquier proposent un point de vue autre de cette période en montrant sa richesse d'innovations et de cultures. Les scenarii sont souvent très fouillés avec des complots compliqués ce qui alourdit la lecture.
L'introduction de personnages historiques ayant existé empeche l'auteur de partir dans trop de fantaisie, ce qui donne cette ambiance sérieuse à la série.
Je trouve donc que les personnages ,Vasco le premier, manquent un peu de chaleur et d'empathie. Le graphisme de Gilles Chaillet vaut surtout pour la précision de ses décors extérieurs qui sont une invitation au voyage dans un monde médiéval pas si rustique que cela.
L'abondance des détails fait de chaque case une étude sur les costumes, l'architecture ou les échanges de l'époque.
Malgré mes petites réserves je relis avec plaisir les premiers numéros. 3.5
Je ne suis pas un grand fan du genre isekai parce que je trouve que la plupart des séries provenant de ce genre sont au mieux moyennes. Toutefois, lorsqu'il s'agit d'isekai humoristique, la plupart du temps j'accroche mieux et c'est encore le cas ici.
Alors encore une fois il y a des Japonais qui sont choisis pour aller faire le bien dans un monde de médiévale fantasy et le twist est que l'un d'eux devient une belle femme. En plus, ils finissent dans un monde rempli de personnages bizarres. Les auteurs prennent les clichés du genre (les elfes, le Japonais lui aussi réincarné qui est un rival pour les héros, etc) et font n'importe quoi avec. Il y aussi un peu de sérieux, ce qui selon moi fait mieux ressortir l'humour que si c'était un manga où tout est délirant 100% du temps. Le duo principal fonctionne, un étant totalement stoïque et essaie de garder son sérieux alors que notre nouvelle femme fait n'importe quoi et est plutôt immature. Le dessin est vraiment bon.
Si vous aimez ce manga, je conseille l'adaptation anime qui est aussi très réussi. Les voix japonaises sont très drôles.
J’ai lu il n’y a pas longtemps Nous aurons toujours 20 ans, auquel cet album fait écho, dans le titre et pour l’histoire. Alors que le premier traitait de la jeunesse et de l’entrée dans la vie de bédéiste de Jaime Martin, « Jamais je n’aurai 20 ans » traite de la vie de ses grands parents (plusieurs fois évoqués dans le premier album que j’avais lu). Lire les albums de la biographie familiale de Martin dans le désordre ne pose pas de problème, chacun pouvant se lire séparément.
J’ai retrouvé dans cet album les qualités repérées dans Nous aurons toujours 20 ans. A savoir un dessin classique très agréable. Mais aussi une propension à très bien mêler la petite histoire familiale à la grande Histoire sociale et politique de l’Espagne. Il faut dire que les grands parents de Martin ont été impliqués – dans le camp républicain – à la guerre d’Espagne, et à la dictature franquiste qui s’en est suivi, le tout étant forcément dur à encaisser pour des gens à la conscience politique très à gauche, et qui ont à plusieurs reprises échappé de justesse à la mort.
Au côté de certains albums de Carlos Gimenez par exemple, on a là une belle chronique sociale, politique, d’une période triste de l’Espagne (un dossier final ajoute une chronologie bien fichue et pas mal de reproductions de documents d’époque).
Une lecture instructive et intéressante, avec un travail sans esbroufe de Martin, mais qui réussit en tant qu’auteur à rendre un bel hommage à ses grands-parents, sans que pathos et empathie « filiale » ne dénaturent trop la réalité.
Note réelle 3,5/5.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Cézembre
Au début du second tome, une belle double page présente sous forme d’une vue générale Saint-Malo et ses communes environnantes, tous les lieux évoqués dans l’histoire. Je connais très bien ces endroits pour y aller souvent – et je loue la belle reconstitution dans ces albums. Je salue aussi cette double page, et ceux qui ne connaissent pas bien les lieux sont encouragés à y jeter un œil avant de démarrer la lecture de ce diptyque. En plus de la reconstitution générale, j’ai bien aimé, globalement, le dessin de Malfin, en ayant même eu l’impression qu’il était meilleur sur le second tome. Le changement de coloriste est en tout cas bénéfique – je trouve le résultat meilleur. Les personnages nés de l’imagination de Malfin pour densifier son histoire s’imbriquent très bien dans la grande histoire (un dossier historique complète d’ailleurs très bien le second album). En effet, l’intrigue prend place dans les moments dramatiques de l’été 1944, au moment où les Américains venus de Normandie viennent libérer la région, alors que des Allemands jusqu’au-boutistes subissent un déluge de feu, dans Intramuros, sur certaines îles (dont Cézembre donc) et à Aleth. Concernant l’histoire, elle se laisse lire très agréablement. C’est fluide, très rythmé. De par la montée des tensions inhérentes à la fin violente de la résistance allemande, mais aussi grâce aux flash-backs distillés qui éclairent le passé de certains protagonistes, français et allemands. Mis à part un passage improbable vers la fin (lorsque deux français vont vers Cézembre bombardée), tout le reste est crédible. Une série d'aventures historiques intéressante, et bien menée. Note réelle 3,5/5.
S'il suffisait qu'on s'aime
Pour le grand public, le mariage pour tous, qui a déjà (ou plutôt seulement) presque 10 ans, n'a pas institué une égalité des droits dans tous les domaines pour les couples de même sexe. Notamment en matière d'adoption, de procréation médicalement assistée ou de fécondation in vitro. Daphné et Julie se sont rencontrées lors d'une marche pour défendre ces droits. Elles passent de plus en plus de temps ensemble, puis, leurs sentiments devenant plus forts, s'installent ensemble. ET puis, tut doucement, alors qu'elles s'y refusaient au départ, l'envie d'enfant se fait jour au sein du couple. Mais les solutions ne sont pas légion pour un couple lesbien. Et légales encore moins. Leur histoire s'inscrit au sein d'une étape cruciale pour l'égalité des droits dans la société française. Alors que François Hollande avait promis la PMA pour toutes lors de son élection en 2012, l'action des lobbies d'extrême-droite, la médiatisation de mouvements comme "la manif pour tous" et la frilosité des gouvernements successifs, ont ralenti le processus. Leurs espoirs, leurs discussions, leurs doutes, leurs fractures sont donc émaillées des déclarations, des invectives des différents opposants à cette avancée majeure. Leur parcours révèle donc l'hypocrisie de la classe politique française, la place laissée à l'extrême droite dans les media du pays, tout en relevant ses contradictions : il était possible de se faire inséminer à l'étranger pour les couples lesbiens, et de se faire -partiellement- rembourser pas la Sécu les frais médicaux engagés... Les choses se sont arrangées depuis, la PMA est désormais autorisée pour les couples de femmes et les femmes célibataires depuis... août 2021. Mais tout n'est pas rose : les délais pour obtenir des rendez-vous peuvent être très longs, et il existe de grandes disparités sur le territoire, où les installations médicales ne sont pas toujours adaptées. Sans parler du bon vouloir des praticiens... Cette décennie de lutte pour les droits des personnes LGBT a également ouvert la porte des enfers : les revendications homophobes et transphobes se sont également multipliées, et avec elles les exactions du même acabit. Le chemin est long, et rien n'est jamais définitivement acquis, en termes de droits humains... L'histoire de Daphné et Julie, remarquablement narrée, est sans doute l'un des exemples typiques de cette lutte, et nous permet de la vivre de l'intérieur. L'album comporte, en bonus, les références de toutes les déclarations de personnalités, politiques ou non, faites durant la période. Une bibliographie intéressante ainsi qu'un état des lieux complètent efficacement l'ouvrage.
Une Âme à l'amer
Bon, ben voilà une série qui ne déborde pas d’optimisme et de joie de vivre ! Déprimés s’abstenir. Pour les autres, une fois entré dans l’intrigue et le côté graphique (tous les deux ne s’appréhendent pas facilement), on est happé par cette histoire très noire, autour d’un pauvre type qui traine sa lose et son mal être depuis longtemps et qui, subitement, va commencer à reprendre du poil de la bête, au fur et à mesure qu’un ange exterminateur s’en prend à ceux qui le font souffrir. Il y a une intrigue polar, autour de plusieurs meurtres sauvages. Mais l’essentiel est ailleurs. Tout tourne vraiment autour de ce type, Alex/Terry, ses coups de blues, ses angoisses, la violence de son amertume. Le dessin est haché, torturé – pas toujours très lisible. Et ce d’autant plus que la mise en page est elle aussi très déstructurée. A cela s’ajoute un travail sur les couleurs qui accompagne très bien le rythme saccadé et la violence des sentiments exprimés. Plus que l’intrigue elle-même (qui n’est pas désagréable), c’est l’ambiance noire et corrosive qui est le point fort de cette série. Les trois albums se lisent rapidement (peu de textes), et on en ressort comme après une longue apnée, content de respirer normalement un air relativement pur, au calme. Note réelle 3,5/5.
Trio Grande - Adios Palomita
Le 1er album paru de ce que j’apparente (vision toute personnelle) à la trilogie western de Delcourt avec 500 fusils et Angela. Pas un très grand western comme annoncé dans la description, on reste loin des classiques type Blueberry, cependant un album plein de charme malgré les stéréotypes : le héros, la blonde, la brune et le bad guy. Je ne suis pas fou de l’histoire mais la réalisation assure derrière rendant le tout très attractif, ça va vite avec pas mal de péripéties, c’est fluide, on alterne entre passé présent, les personnages sont sympathiques et bien croqués … dessins, narration et couleurs assurent toujours bien malgré le poids des âges, une bd qui a de la gueule et qui conserve son énergie. Si vous aimez le genre, franchement ne vous privez pas, un bon petit moment de lecture, pas bien profond mais fun. Mon album préféré de cette « trilogie ».
Histoires courtes - Intégrale
C'est avec le manga La Déchéance d'un homme que j'ai découvert le travail de Junji Ito. Un trait unique, fin et fouillé, des thématiques souvent dures avec cette touche d'horreur qui fait sa marque de fabrique : voilà un auteur qui aura su construire un univers singulier et reconnaissable dès la première page ! Histoires courtes ne déroge pas à ce constat ; dès les premières pages en couleur que nous propose cette très belle édition de Delcourt, on reconnait le trait précis de Junji Ito. Ce sont ensuite 10 courtes nouvelles horrifiques qui vont s'enchaîner. Comme dans tout exercice du genre, ces dernières ne seront pas toutes de même intensité, mais l'ensemble est de bonne facture et tient plutôt bien la route, certaines sortant clairement du lot à mon goût. Voilà en tout cas je pense un album qui permettra aux curieux qui ne connaissent pas l'auteur de le découvrir et de se tourner vers d'autres séries plus développées s'ils adhèrent au savoir faire de Junji Ito.
Le Dieu vagabond
Le Dieu vagabond est l’antithèse de la série Les Prométhéens (avisée il y a peu). Si j’en parle et que je fais le rapprochement rapide entre ces 2 séries, c’est qu’elles partagent une même idée de base, à savoir la présence des Dieux antiques à notre époque contemporaine, sauf qu’ici le traitement proposé est bien bien différent. C’est bien simple, j’aime tout dans le présent album, à mes yeux une franche réussite sur bien des points. Jusqu’à maintenant je ne l’ai lu qu’à travers divers emprunts mais à la moindre occasion je coche l’option achat direct. L’histoire, la quête d’Eustis le satyre, est super sympa à suivre, c’est fluide et bien chapitré, des personnages et des péripéties attachants. L’intégration de la part antique à ce monde moderne est très bien gérée et possède beaucoup d’originalité. L’aventure est sublimée par le graphisme de Fabrizio Dori, spécial au premier abord (les 1ères planches dans la galerie ne donnent pas envie) mais envoûtant sur la longueur, avec mention pour les couleurs. Un très bel album, bravo à l’auteur et à l’éditeur.
Le Capitaine Fracasse
Pour le moment c'est l'album de la collection des Grands Classiques de la Littérature que j'ai préféré. Il faut dire que le roman de Théophile Gautier se prète très bien à une adaptation en BD pour tout public. On y trouve de l'aventure, des combats qui finissent bien, des grands sentiments ,des gentils qui gagnent et des méchants qui deviennent gentils. D'aucun pourrait trouver cela guimauve et gnangnan, mais c'est proposé avec un tel brio littéraire que j'ai trouvé cette description pittoresque de la noblesse de Louis XIII récréative et charmante. Si le scénario est cadré par l'oeuvre originale, il faut souligner que Djian et Chanoinat ont su préservé l'esprit du roman dans le dynamisme des actions et la psychologie entière des personnages. Je donne une mention à l'excellence des dialogues qui par leurs précisions apportent à la vivacité du récit. J'ai bien aimé le graphisme de Bruno Marivain qui a su soigner par la finesse de son trait à la fois la posture des intervenants et la richesse des extérieurs costumes , auberges et châteaux. On se retrouve dans une ambiance chaleureuse à la Jean Marais dans Le Bossu. Cela donne une lecture de vrai détente pour tous les publics.
Vasco
Vasco est une série que j'ai bien apprécié quand je l'ai lue avec mes enfants. Sa précision graphique et son côté historique prononcé permettaient d'imager un peu les arides cours d'histoire sur cette fin du Moyen-Âge avec une vision autre . Les tribulations du beau Siennois chargé de mission par son riche oncle banquier proposent un point de vue autre de cette période en montrant sa richesse d'innovations et de cultures. Les scenarii sont souvent très fouillés avec des complots compliqués ce qui alourdit la lecture. L'introduction de personnages historiques ayant existé empeche l'auteur de partir dans trop de fantaisie, ce qui donne cette ambiance sérieuse à la série. Je trouve donc que les personnages ,Vasco le premier, manquent un peu de chaleur et d'empathie. Le graphisme de Gilles Chaillet vaut surtout pour la précision de ses décors extérieurs qui sont une invitation au voyage dans un monde médiéval pas si rustique que cela. L'abondance des détails fait de chaque case une étude sur les costumes, l'architecture ou les échanges de l'époque. Malgré mes petites réserves je relis avec plaisir les premiers numéros. 3.5
Reincarnated as a Pretty Fantasy Girl
Je ne suis pas un grand fan du genre isekai parce que je trouve que la plupart des séries provenant de ce genre sont au mieux moyennes. Toutefois, lorsqu'il s'agit d'isekai humoristique, la plupart du temps j'accroche mieux et c'est encore le cas ici. Alors encore une fois il y a des Japonais qui sont choisis pour aller faire le bien dans un monde de médiévale fantasy et le twist est que l'un d'eux devient une belle femme. En plus, ils finissent dans un monde rempli de personnages bizarres. Les auteurs prennent les clichés du genre (les elfes, le Japonais lui aussi réincarné qui est un rival pour les héros, etc) et font n'importe quoi avec. Il y aussi un peu de sérieux, ce qui selon moi fait mieux ressortir l'humour que si c'était un manga où tout est délirant 100% du temps. Le duo principal fonctionne, un étant totalement stoïque et essaie de garder son sérieux alors que notre nouvelle femme fait n'importe quoi et est plutôt immature. Le dessin est vraiment bon. Si vous aimez ce manga, je conseille l'adaptation anime qui est aussi très réussi. Les voix japonaises sont très drôles.
Jamais je n'aurai 20 ans
J’ai lu il n’y a pas longtemps Nous aurons toujours 20 ans, auquel cet album fait écho, dans le titre et pour l’histoire. Alors que le premier traitait de la jeunesse et de l’entrée dans la vie de bédéiste de Jaime Martin, « Jamais je n’aurai 20 ans » traite de la vie de ses grands parents (plusieurs fois évoqués dans le premier album que j’avais lu). Lire les albums de la biographie familiale de Martin dans le désordre ne pose pas de problème, chacun pouvant se lire séparément. J’ai retrouvé dans cet album les qualités repérées dans Nous aurons toujours 20 ans. A savoir un dessin classique très agréable. Mais aussi une propension à très bien mêler la petite histoire familiale à la grande Histoire sociale et politique de l’Espagne. Il faut dire que les grands parents de Martin ont été impliqués – dans le camp républicain – à la guerre d’Espagne, et à la dictature franquiste qui s’en est suivi, le tout étant forcément dur à encaisser pour des gens à la conscience politique très à gauche, et qui ont à plusieurs reprises échappé de justesse à la mort. Au côté de certains albums de Carlos Gimenez par exemple, on a là une belle chronique sociale, politique, d’une période triste de l’Espagne (un dossier final ajoute une chronologie bien fichue et pas mal de reproductions de documents d’époque). Une lecture instructive et intéressante, avec un travail sans esbroufe de Martin, mais qui réussit en tant qu’auteur à rendre un bel hommage à ses grands-parents, sans que pathos et empathie « filiale » ne dénaturent trop la réalité. Note réelle 3,5/5.