J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire les six opus de cette tendre série. Après un premier tome qui m'avait laissé sur ma faim j'ai trouvé que Nob avait très bien rectifié la visée avec des albums plus construits et plus dynamiques.
Chaque album fait la part belle à un personnage secondaire fort (Maxou, Choupinet, Camille, Lola) ce qui permet de sortir du cadre restrictif du cercle des séniors. C'est construit avec beaucoup de tact et de tendresse par Nob qui nous propose une belle leçon d'optimisme.
Il y a encore de la vie à vivre dans ces dernières années. Nob ne tombe jamais dans une mièvrerie puérile et sait introduire des thèmes très modernes (enfant au chômage, maladie dégénérative, solitude et paupérisation possible).
Chaque opus a su se renouveler pour proposer une série bien dynamique.
Le graphisme de Nob travaille beaucoup sur l'humour des situations quand bien même la situation devient angoissante (les pertes de mémoire de Camille ou la soupe populaire de Choupinet). Le trait de Nob est fin et arrive à rendre comique ce qui pourrait être ingrat.
Une série pleine de tendresse et d'humour léger mais drôle pour tous les publics.
Un flic à la retraite ne raccroche pas le boulot et continue à proposer ses services en ayant élu domicile dans un bar PMU de sa banlieue populaire. Quand une paire de camgirls, des prostituées par webcam interposée, vient lui demander de retrouver leur amie disparue, il va faire jouer toute son expérience et son réseau pour suivre sa piste.
On est ici dans une bonne vieille enquête policière à l'ancienne. Les auteurs jouent sur le contraste entre le vieux policier qui a hérité toutes ses méthodes années 80 et le monde moderne dans lequel il ne se reconnait plus. Incapable d'utiliser un ordinateur ou un portable, il sait heureusement s'entourer de nombreux anciens indics et partenaires qu'il a pu croiser durant sa longue carrière pour palier à ses manques et remonter peu à peu le fil de la vérité.
La narration joue beaucoup sur les dialogues, avec une ambiance un peu truculente et volontiers humoristique, façon Audiard. Le personnage de l'inspecteur Balto est attachant, notamment par la découverte des flash-back concernant l'amère réalité de sa relation passée avec celle qu'il aime. L'enquête est pleine d'une forme de dérision légère, l'ambiance souvent kitsch du quartier populaire dans lequel se déroule le récit étant un personnage à part entière. C'est un récit policier qu'on lit avec le sourire et en même temps le sentiment d'une enquête qui tient la route et dont on est curieux de voir le résultat.
Quant au graphisme, il est tout aussi agréable malgré de menus défauts. Le premier d'entre eux est un encrage fin et régulier, sans pleins et déliés, donnant presque l'impression d'avoir été dessiné au stylo ou alors d'avoir été dessiné à plus grande échelle et d'avoir ensuite été réduit. C'est d'ailleurs ce qui cause le second défaut à mes yeux : plusieurs textes intégrés au dessin sont trop petits pour être bien lisibles. C'est le cas de l'affiche tenue par un mendiant d'une part mais aussi d'un fameux autographe qui se révèlera être un indice plus tard dans l'enquête alors qu'il est à peine visible sur l'image quand on ne nous le fait pas remarquer. De ne pas avoir pu le lire m'a obligé à revenir en arrière dans l'album pour comprendre une étape clé de l'enquête. Mais je cite là des défauts alors que de manière générale, j'ai bien apprécié ce dessin, sa mise en scène très claire et la bonne bouille des personnages.
Même si j'ai été un moment un peu perdu dans la compréhension de certains éléments de l'enquête, notamment concernant les mandats bancaires que je connais mal, j'ai aimé la lecture de cet album, son atmosphère mi sérieuse mi amusée, la personnalité de ses protagonistes et la bonne tenue de son intrigue globale. Je lirai volontiers d'autres albums de la série.
Note : 3,5/5
Je ne connaissais pas du tout l'auteur Tébo, qui signe là certainement une des meilleures reprises de héros de mon enfance.
L'auteur apporte une touche nouvelle, bourrée d'humour dans l'univers des schtroumpfs sans pour autant dénaturer le monde imaginé par Peyo.
Le dessin assez grossier, pourtant assez éloigné de celui de Peyo, renouvelle complètement la série mère, et devrait satisfaire autant les enfants que les parents
C'est drôle, insolent parfois, avec pas mal de références
Un souffle nouveau dans l'univers trop aseptisé des Schtroumpfs, qui fait du bien pour les vieux lecteurs comme moi.
Une belle surprise en tout cas
Avec Eric Stalner, je n’étais pas en territoire inconnu, j’avais adoré la série La Zone. Je m’attendais donc a retrouver les sensations positives perçues précédemment. Et je vous le dis tout de go cela a été le cas !
Jonathan Lassister va - sur une seule journée - voir sa vie basculer. Il perd son travail, il se fait détrousser par un pickpocket et sa petite amie le quitte ! Désabusé il se réfugie dans un pub et c’est là qu’il rencontre monsieur Edward ! La soirée va se prolonger jusqu’au petit matin. Les pérégrinations des deux compères font que vous ne lâcherez pas cette BD ! Au fil des pages de ce thriller psychologique vous vous enfoncerez dans la nuit pour votre plus grand plaisir avec de nombreux rebondissements à la clé. Les perceptions perçues sont un régal.
L’atmosphère graphique style année 60 est merveilleuse. Le trait élégant d’Eric Stalner est parfait. Peu de couleurs au final mais que c’est beau ! Les pointes rouges distillées de-ci de-là me rappellent celles de noir burlesque d’Enrico Marini. C'est génial !
Les aventures nocturnes de ce duo improbable méritent votre attention. Un peu d’actions et un zeste d’humour, voilà qui est parfait pour passer un bon moment de lecture. C’est diaboliquement efficace.
Allez ! Dans la série des avis que je réécrit car bah c’est pas folichon niveau compréhension, en voici un autre.
Beaucoup de fans de BD sont contre l’idée des BD de YouTubeurs, et il est vrai que certaines ne volent pas haut (Swan et Néo…Studio Bubble Tea), tandis que d’autres sont moyennes (Frigiel et Fluffy). Et bah personnellement j’ai beaucoup aimé Roger et Ses Humains qui d’ailleurs ne dure que trois tomes !
Roger et ses humains est un concentré d’humour cynique, des fois pipi-caca (bon ça me fait rire parfois donc..), et parfois même de quelques critiques de notre société ! La série n’est pas que humoristique, la seconde moitié d’un tome est souvent constituée de moments d’actions et de combats, j’avoue moins apprécier ces moments là.
Niveau dessin, il est vrai que faut aimer, personnellement j’apprécie ce style assez simple presque manga, il y’a d’ailleurs de l’amélioration au fil des albums. On pourrait râler sur le manque de pupilles et parfois de décors, c’est vrai. Niveau défaut, à part Roger, les personnages ne sont pas très profonds.
Une bonne BD de Youtubeur, ce qui est rare pour le souligner, supérieur à
Bleak sortie récemment par Squeezie.
Les “profs” est pour moi la série des éditions Bamboo que je préfère avec Les Gendarmes. On peut d’abord penser que la BD se moquerait des profs mais non, il y a vraiment un respect pour ce métier qui se dégage malgré quelque petites blagues, ça ne va pas casser les profs à toutes les cases et c’est relativement agréable, ça reste dans le cadre de l’humour et non de la critique. Malgré les 22 tomes qui sont sortis je ne m’en suis pas lassée, certains peuvent trouver que la série ne se renouvelle pas mais moi je n’ai pas cette impression. Au fil des albums ont y découvre de nouveaux profs, par exemple dans un des derniers tomes sortis on y découvre un prof de grec ancien qui n’a aucun élève, drôle au passage mais qui sera vite lassant je pense.
En parlant de personnages ils sont tout de même assez “clichés” mais ils restent quand même attachants et drôles. On a la prof d’espagnol blasée, le prof d’histoire qui a du mal à se faire respecter et qui aime Napoléon (il en parle tout le temps), la directrice stressante, le prof de sport stressant etc. Il y a aussi « Boulard » qui est le cliché du cancre, il reste tout de même attachant et il est pour moi mon personnage préféré au niveau élève.
La série veut critiquer notre éducation nationale en pointant du doigt certains points tels que :
- l’état des écoles publiques dans certains quartiers qui est affligeant
- les réformes inutiles
- le système scolaire en général
Pour ce qui est du dessin la série a changé plusieurs fois de dessinateur , j’ai quand même une préférence pour le premier mais le dernier n’est clairement pas mauvais c’est juste plus moderne.
En conclusion les profs est une bonne série qui ne se moque que très peu des profs et si c’est le cas c’est juste de l’humour.
Edit :
Que vaut la série après 25 tomes ? C’est toujours assez bon, bien que j’avoue que le tout dernier m’a un peu laissée de marbre.
Cet album est une très belle surprise. Traitée sous la forme d’un témoignage, l’histoire se déroule tranquillement, comme une tranche de vie simple d’une famille obligée de quitter l’Algérie à la vielle de l’indépendance. Une émotion sincère se dégage du récit, retour d’une famille déracinée dont certains membres n’arrivent pas à s’adapter à la vie en métropole. Tout lui manque : le soleil, le harissa, le petit vendeur de persil… A travers ce récit simple en apparence, des questions plus profondes dont abordées : le retour de ceux qu’on a appelé les pieds noirs, leur adaptation parfois difficile à une nouvelle vie, l’accueil qui leur est réservé, la nostalgie de la vie d’avant, la violence qui a touché l’Algérie dans la dernière phase de la guerre. Le dessin et les couleurs mettent m’ont vraiment plu. J’ai trouvé que le côté décalé du dessin, loin d’être gênant, mettait l’histoire en valeur. On aurait pu s’attendre à un dessin plus doux, et là au contraire, on est percutés par le trait vigoureux, parfois caricatural de Tronchet.
C'est suffisamment rare de lire un ouvrage sur les Harkis pour bien souligner l'initiative courageuse des auteurs.
Les "événements" d'Algérie sont tellement présents dans la mémoire des survivants et de leurs enfants que le sujet reste très sensible.
La position des Harkis est l'illustration de ce que la Real-politik peut avoir de plus inhumain. Le scénario de Julien Frey travaille avec tact ce passage délicat.
Lisa, elle-même lointaine descendante d'esclaves, mais que la progression de l'histoire a rendu femme libre et moderne, découvre le passé traumatique de Mohamed.
En quelques planches Frey saisit l'essentiel de la problématique de Mohamed et de ses camarades : l'hypocrisie et le cynisme du discours politique français de l'époque, la culpabilité vis à vis de ses frères au pays d'un bord comme de l'autre.
L'auteur conclut de façon classique par la seule voie viable comme un message de paix lancé aux survivants.
J'avais déjà apprécié le dessin plein de finesses de Mayalen Goust, qui sort ici de son registre habituel pour enfants, dans "les colombes du roi soleil". L'auteure rend ses personnages particulièrement empathiques et modernes. Son trait donne beaucoup de grâce aux mouvements des intervenants. L'esprit de douceur qui se veut en contraste avec les horreurs rappelées est soutenu par une mise en couleur mat très apaisante.
Une très bonne lecture sur un thème assez tabou jusqu'à aujourd'hui. 3.5
Quelle bonne surprise que ce petit roman pour ados/ jeunes adultes. J'ai vraiment apprécié ce récit rempli de légèreté et de tendresse dans la double intimité de Michel et du salon de coiffure où il fait ses classes.
Sylvain Cabot s'empare d'un espace assez peu utilisé en BD : un salon de coiffure. L'auteur ne choisit pas un salon de stars mais une petite boutique bien sympa sur le parking de la petite zone commerciale de la cité, comme j'en ai un à 5 minutes de chez moi.
Sous un aspect assez léger, Sylvain Cabot a su observer l'importance de ce point de rencontres conviviales et paisibles au milieu de la grisaille d'une cité plutôt cool avec ses populations si différentes. J'ai retrouvé beaucoup de petites anecdotes à travers les habituées du salon d'une population vieillissante qui retrouve un des rares lieux qui les change de leur monotonie grisâtre.
L'épisode Covid a montré l'importance de ces petits coins de de cité qui permettent les rencontres et d'un soin si important pour l'estime de soi. L'auteur a aussi l'intelligence de souligner l'importance du salon dans la mixité, entre tradition et modernité des coiffures ainsi Cabot nous décrit son salon comme un espace de tolérance intergénérationnelle.
En outre l'ouvrage de Cabot a la bonne idée de nous rappeler et de valoriser l'importance de l'apprentissage dans ce type de métiers essentiels pour le lien social.
J'ai trouvé le personnage de Michel particulièrement attachant dans une naïveté sexuelle qui rappelle une époque ante-internet.
Sa découverte de l'autre sexe peut faire sourire certains ados d'aujourd'hui mais elle emprunte d'un romantisme qui manque beaucoup de nos jours.
Le graphisme de Sylvain Cabot est assez simple mais contribue à la tendresse du récit. Les situations sont bien exprimées avec justesse et douceur.
La mise en couleur est très classique et agréable.
J'ai passé un très joli moment de lecture dans ce salon qui mérite qu'on s'y attarde un peu.
Je n’ai pas lu Pinard de guerre, qui faisait découvrir aux lecteurs le personnage de Ferdinand Tirancourt, mais de toute façon cet album se lit comme un one-shot (seule une vague allusion en fin d’album les relie formellement).
J’ai trouvé l’histoire intéressante et bien menée, Pelaez détaillant très bien le milieu carcéral de Cayenne, ultra violent et nihiliste. Un univers déjà pas mal vu en BD (par exemple dans Paco les mains rouges que j’ai lu – et apprécié – récemment).
La narration est fluide et agréable, et l’histoire est très crédible, même si la fin est un peu alambiquée. En tout cas on s’attache aux personnages, y compris à Tirancourt, pourtant assez froid de prime abord. Le cadre du bagne de Cayenne à lui seul garantit des montées de tension et permet de maintenir un rythme assez soutenu : le danger (jungle, animaux, mais surtout hommes – qu’ils soient détenus ou mâtons) est omniprésent.
Quant au dessin, il est lui aussi agréable.
Note réelle 3,5/5.
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Mamette
J'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à lire les six opus de cette tendre série. Après un premier tome qui m'avait laissé sur ma faim j'ai trouvé que Nob avait très bien rectifié la visée avec des albums plus construits et plus dynamiques. Chaque album fait la part belle à un personnage secondaire fort (Maxou, Choupinet, Camille, Lola) ce qui permet de sortir du cadre restrictif du cercle des séniors. C'est construit avec beaucoup de tact et de tendresse par Nob qui nous propose une belle leçon d'optimisme. Il y a encore de la vie à vivre dans ces dernières années. Nob ne tombe jamais dans une mièvrerie puérile et sait introduire des thèmes très modernes (enfant au chômage, maladie dégénérative, solitude et paupérisation possible). Chaque opus a su se renouveler pour proposer une série bien dynamique. Le graphisme de Nob travaille beaucoup sur l'humour des situations quand bien même la situation devient angoissante (les pertes de mémoire de Camille ou la soupe populaire de Choupinet). Le trait de Nob est fin et arrive à rendre comique ce qui pourrait être ingrat. Une série pleine de tendresse et d'humour léger mais drôle pour tous les publics.
Inspecteur Balto
Un flic à la retraite ne raccroche pas le boulot et continue à proposer ses services en ayant élu domicile dans un bar PMU de sa banlieue populaire. Quand une paire de camgirls, des prostituées par webcam interposée, vient lui demander de retrouver leur amie disparue, il va faire jouer toute son expérience et son réseau pour suivre sa piste. On est ici dans une bonne vieille enquête policière à l'ancienne. Les auteurs jouent sur le contraste entre le vieux policier qui a hérité toutes ses méthodes années 80 et le monde moderne dans lequel il ne se reconnait plus. Incapable d'utiliser un ordinateur ou un portable, il sait heureusement s'entourer de nombreux anciens indics et partenaires qu'il a pu croiser durant sa longue carrière pour palier à ses manques et remonter peu à peu le fil de la vérité. La narration joue beaucoup sur les dialogues, avec une ambiance un peu truculente et volontiers humoristique, façon Audiard. Le personnage de l'inspecteur Balto est attachant, notamment par la découverte des flash-back concernant l'amère réalité de sa relation passée avec celle qu'il aime. L'enquête est pleine d'une forme de dérision légère, l'ambiance souvent kitsch du quartier populaire dans lequel se déroule le récit étant un personnage à part entière. C'est un récit policier qu'on lit avec le sourire et en même temps le sentiment d'une enquête qui tient la route et dont on est curieux de voir le résultat. Quant au graphisme, il est tout aussi agréable malgré de menus défauts. Le premier d'entre eux est un encrage fin et régulier, sans pleins et déliés, donnant presque l'impression d'avoir été dessiné au stylo ou alors d'avoir été dessiné à plus grande échelle et d'avoir ensuite été réduit. C'est d'ailleurs ce qui cause le second défaut à mes yeux : plusieurs textes intégrés au dessin sont trop petits pour être bien lisibles. C'est le cas de l'affiche tenue par un mendiant d'une part mais aussi d'un fameux autographe qui se révèlera être un indice plus tard dans l'enquête alors qu'il est à peine visible sur l'image quand on ne nous le fait pas remarquer. De ne pas avoir pu le lire m'a obligé à revenir en arrière dans l'album pour comprendre une étape clé de l'enquête. Mais je cite là des défauts alors que de manière générale, j'ai bien apprécié ce dessin, sa mise en scène très claire et la bonne bouille des personnages. Même si j'ai été un moment un peu perdu dans la compréhension de certains éléments de l'enquête, notamment concernant les mandats bancaires que je connais mal, j'ai aimé la lecture de cet album, son atmosphère mi sérieuse mi amusée, la personnalité de ses protagonistes et la bonne tenue de son intrigue globale. Je lirai volontiers d'autres albums de la série. Note : 3,5/5
Qui est ce schtroumpf ?
Je ne connaissais pas du tout l'auteur Tébo, qui signe là certainement une des meilleures reprises de héros de mon enfance. L'auteur apporte une touche nouvelle, bourrée d'humour dans l'univers des schtroumpfs sans pour autant dénaturer le monde imaginé par Peyo. Le dessin assez grossier, pourtant assez éloigné de celui de Peyo, renouvelle complètement la série mère, et devrait satisfaire autant les enfants que les parents C'est drôle, insolent parfois, avec pas mal de références Un souffle nouveau dans l'univers trop aseptisé des Schtroumpfs, qui fait du bien pour les vieux lecteurs comme moi. Une belle surprise en tout cas
13h17 dans la vie de Jonathan Lassiter
Avec Eric Stalner, je n’étais pas en territoire inconnu, j’avais adoré la série La Zone. Je m’attendais donc a retrouver les sensations positives perçues précédemment. Et je vous le dis tout de go cela a été le cas ! Jonathan Lassister va - sur une seule journée - voir sa vie basculer. Il perd son travail, il se fait détrousser par un pickpocket et sa petite amie le quitte ! Désabusé il se réfugie dans un pub et c’est là qu’il rencontre monsieur Edward ! La soirée va se prolonger jusqu’au petit matin. Les pérégrinations des deux compères font que vous ne lâcherez pas cette BD ! Au fil des pages de ce thriller psychologique vous vous enfoncerez dans la nuit pour votre plus grand plaisir avec de nombreux rebondissements à la clé. Les perceptions perçues sont un régal. L’atmosphère graphique style année 60 est merveilleuse. Le trait élégant d’Eric Stalner est parfait. Peu de couleurs au final mais que c’est beau ! Les pointes rouges distillées de-ci de-là me rappellent celles de noir burlesque d’Enrico Marini. C'est génial ! Les aventures nocturnes de ce duo improbable méritent votre attention. Un peu d’actions et un zeste d’humour, voilà qui est parfait pour passer un bon moment de lecture. C’est diaboliquement efficace.
Roger et ses humains
Allez ! Dans la série des avis que je réécrit car bah c’est pas folichon niveau compréhension, en voici un autre. Beaucoup de fans de BD sont contre l’idée des BD de YouTubeurs, et il est vrai que certaines ne volent pas haut (Swan et Néo…Studio Bubble Tea), tandis que d’autres sont moyennes (Frigiel et Fluffy). Et bah personnellement j’ai beaucoup aimé Roger et Ses Humains qui d’ailleurs ne dure que trois tomes ! Roger et ses humains est un concentré d’humour cynique, des fois pipi-caca (bon ça me fait rire parfois donc..), et parfois même de quelques critiques de notre société ! La série n’est pas que humoristique, la seconde moitié d’un tome est souvent constituée de moments d’actions et de combats, j’avoue moins apprécier ces moments là. Niveau dessin, il est vrai que faut aimer, personnellement j’apprécie ce style assez simple presque manga, il y’a d’ailleurs de l’amélioration au fil des albums. On pourrait râler sur le manque de pupilles et parfois de décors, c’est vrai. Niveau défaut, à part Roger, les personnages ne sont pas très profonds. Une bonne BD de Youtubeur, ce qui est rare pour le souligner, supérieur à Bleak sortie récemment par Squeezie.
Les Profs
Les “profs” est pour moi la série des éditions Bamboo que je préfère avec Les Gendarmes. On peut d’abord penser que la BD se moquerait des profs mais non, il y a vraiment un respect pour ce métier qui se dégage malgré quelque petites blagues, ça ne va pas casser les profs à toutes les cases et c’est relativement agréable, ça reste dans le cadre de l’humour et non de la critique. Malgré les 22 tomes qui sont sortis je ne m’en suis pas lassée, certains peuvent trouver que la série ne se renouvelle pas mais moi je n’ai pas cette impression. Au fil des albums ont y découvre de nouveaux profs, par exemple dans un des derniers tomes sortis on y découvre un prof de grec ancien qui n’a aucun élève, drôle au passage mais qui sera vite lassant je pense. En parlant de personnages ils sont tout de même assez “clichés” mais ils restent quand même attachants et drôles. On a la prof d’espagnol blasée, le prof d’histoire qui a du mal à se faire respecter et qui aime Napoléon (il en parle tout le temps), la directrice stressante, le prof de sport stressant etc. Il y a aussi « Boulard » qui est le cliché du cancre, il reste tout de même attachant et il est pour moi mon personnage préféré au niveau élève. La série veut critiquer notre éducation nationale en pointant du doigt certains points tels que : - l’état des écoles publiques dans certains quartiers qui est affligeant - les réformes inutiles - le système scolaire en général Pour ce qui est du dessin la série a changé plusieurs fois de dessinateur , j’ai quand même une préférence pour le premier mais le dernier n’est clairement pas mauvais c’est juste plus moderne. En conclusion les profs est une bonne série qui ne se moque que très peu des profs et si c’est le cas c’est juste de l’humour. Edit : Que vaut la série après 25 tomes ? C’est toujours assez bon, bien que j’avoue que le tout dernier m’a un peu laissée de marbre.
Là-bas
Cet album est une très belle surprise. Traitée sous la forme d’un témoignage, l’histoire se déroule tranquillement, comme une tranche de vie simple d’une famille obligée de quitter l’Algérie à la vielle de l’indépendance. Une émotion sincère se dégage du récit, retour d’une famille déracinée dont certains membres n’arrivent pas à s’adapter à la vie en métropole. Tout lui manque : le soleil, le harissa, le petit vendeur de persil… A travers ce récit simple en apparence, des questions plus profondes dont abordées : le retour de ceux qu’on a appelé les pieds noirs, leur adaptation parfois difficile à une nouvelle vie, l’accueil qui leur est réservé, la nostalgie de la vie d’avant, la violence qui a touché l’Algérie dans la dernière phase de la guerre. Le dessin et les couleurs mettent m’ont vraiment plu. J’ai trouvé que le côté décalé du dessin, loin d’être gênant, mettait l’histoire en valeur. On aurait pu s’attendre à un dessin plus doux, et là au contraire, on est percutés par le trait vigoureux, parfois caricatural de Tronchet.
Lisa et Mohamed
C'est suffisamment rare de lire un ouvrage sur les Harkis pour bien souligner l'initiative courageuse des auteurs. Les "événements" d'Algérie sont tellement présents dans la mémoire des survivants et de leurs enfants que le sujet reste très sensible. La position des Harkis est l'illustration de ce que la Real-politik peut avoir de plus inhumain. Le scénario de Julien Frey travaille avec tact ce passage délicat. Lisa, elle-même lointaine descendante d'esclaves, mais que la progression de l'histoire a rendu femme libre et moderne, découvre le passé traumatique de Mohamed. En quelques planches Frey saisit l'essentiel de la problématique de Mohamed et de ses camarades : l'hypocrisie et le cynisme du discours politique français de l'époque, la culpabilité vis à vis de ses frères au pays d'un bord comme de l'autre. L'auteur conclut de façon classique par la seule voie viable comme un message de paix lancé aux survivants. J'avais déjà apprécié le dessin plein de finesses de Mayalen Goust, qui sort ici de son registre habituel pour enfants, dans "les colombes du roi soleil". L'auteure rend ses personnages particulièrement empathiques et modernes. Son trait donne beaucoup de grâce aux mouvements des intervenants. L'esprit de douceur qui se veut en contraste avec les horreurs rappelées est soutenu par une mise en couleur mat très apaisante. Une très bonne lecture sur un thème assez tabou jusqu'à aujourd'hui. 3.5
Salon Dolorès & Gérard
Quelle bonne surprise que ce petit roman pour ados/ jeunes adultes. J'ai vraiment apprécié ce récit rempli de légèreté et de tendresse dans la double intimité de Michel et du salon de coiffure où il fait ses classes. Sylvain Cabot s'empare d'un espace assez peu utilisé en BD : un salon de coiffure. L'auteur ne choisit pas un salon de stars mais une petite boutique bien sympa sur le parking de la petite zone commerciale de la cité, comme j'en ai un à 5 minutes de chez moi. Sous un aspect assez léger, Sylvain Cabot a su observer l'importance de ce point de rencontres conviviales et paisibles au milieu de la grisaille d'une cité plutôt cool avec ses populations si différentes. J'ai retrouvé beaucoup de petites anecdotes à travers les habituées du salon d'une population vieillissante qui retrouve un des rares lieux qui les change de leur monotonie grisâtre. L'épisode Covid a montré l'importance de ces petits coins de de cité qui permettent les rencontres et d'un soin si important pour l'estime de soi. L'auteur a aussi l'intelligence de souligner l'importance du salon dans la mixité, entre tradition et modernité des coiffures ainsi Cabot nous décrit son salon comme un espace de tolérance intergénérationnelle. En outre l'ouvrage de Cabot a la bonne idée de nous rappeler et de valoriser l'importance de l'apprentissage dans ce type de métiers essentiels pour le lien social. J'ai trouvé le personnage de Michel particulièrement attachant dans une naïveté sexuelle qui rappelle une époque ante-internet. Sa découverte de l'autre sexe peut faire sourire certains ados d'aujourd'hui mais elle emprunte d'un romantisme qui manque beaucoup de nos jours. Le graphisme de Sylvain Cabot est assez simple mais contribue à la tendresse du récit. Les situations sont bien exprimées avec justesse et douceur. La mise en couleur est très classique et agréable. J'ai passé un très joli moment de lecture dans ce salon qui mérite qu'on s'y attarde un peu.
Bagnard de guerre
Je n’ai pas lu Pinard de guerre, qui faisait découvrir aux lecteurs le personnage de Ferdinand Tirancourt, mais de toute façon cet album se lit comme un one-shot (seule une vague allusion en fin d’album les relie formellement). J’ai trouvé l’histoire intéressante et bien menée, Pelaez détaillant très bien le milieu carcéral de Cayenne, ultra violent et nihiliste. Un univers déjà pas mal vu en BD (par exemple dans Paco les mains rouges que j’ai lu – et apprécié – récemment). La narration est fluide et agréable, et l’histoire est très crédible, même si la fin est un peu alambiquée. En tout cas on s’attache aux personnages, y compris à Tirancourt, pourtant assez froid de prime abord. Le cadre du bagne de Cayenne à lui seul garantit des montées de tension et permet de maintenir un rythme assez soutenu : le danger (jungle, animaux, mais surtout hommes – qu’ils soient détenus ou mâtons) est omniprésent. Quant au dessin, il est lui aussi agréable. Note réelle 3,5/5.