Je suis un grand amateur de la série Tony Chu, enfin de l’univers barré mis en place, je regrette juste sa longueur.
Safrane Chu reprend les mêmes ingrédients, les amateurs ne seront pas surpris mais ne seront pas déçus pour autant.
Le scénariste renoue avec sa création en proposant les aventures d’un autre membre de la famille Chu, Safrane la petite sœur au caractère bien différent de Tony. Nous aurons toujours droit aux pouvoirs culinaires improbables et à ce monde sans poulets (nous verrons d’ailleurs le début de la pandémie) mais ça reste toujours plaisant et bien fait.
On retrouve bien la patte de l’auteur dans le séquençage, accrocheur et ponctué d’humour dans les voix off.
Le dessin de Dan Boultwood est sympa et convient bien à la série, même si je préfère le travail de Rob Guillory, moins rond mais plus fun. J’ai trouvé qu’ici il y avait moins de détails/clins d’œil secondaires dans les cases.
Donc voilà, rien de nouveau mais j’ai avalé les 2 tomes à ce jour avec grand plaisir. Je souhaite juste que ça s’éternise pas trop.
Voilà un bel album que la sortie sans tambour ni trompette aurait pu condamner à un anonymat éternel. C'est sa couverture qui m'a attiré, ainsi que le dessin, sorte de ligne claire souple servie par une mise en couleur intelligente et des effets de lumière très réussis. Ces effets associés aux paysages de landes et de forêt lui donne une atmosphère particulière. Cette BD constitue en outre ma première incursion sur les terres de Thomas Gilbert.
Et de fait, le ton de ce récit est particulier. Situé aux abords de l'an mil, quelque part vers St Cirq (Lapopie j'imagine), on fleurte avec le fantastique à travers les délires millénaristes du personnage de Othon, guerrier errant à la personnalité trouble. En outre, Thomas Gilbert ripoline le mythe des meneurs de loup au sujet desquels j'ignorais tout, jusqu'à leur existence.
La sauce prend. On navigue sur des eaux multi-référentielles. Je me suis en effet amusé à voir des allusions à Servais, Bourgeon (le Sortilège du bois des brumes), au Marquis d'Anaon également... Tout cela avance à un rythme soutenu, évoquant de ce point de vue la BD Furieuse, récent coup de cœur.
J'ai aimé les personnages, et notamment Brunehilde, notre meneuse de loups, jeune femme aguerrie pour ne pas dire assez "masculine", en ce sens en phase avec les nouveaux codes de l'époque. La personnalité de Brune est en particulier marquée par cette vilaine blessure sur le nez qui se met à saigner à nouveau à chaque contrariété, à la moindre menace, semblant ainsi l'affecter de manière disproportionnée. On sent ainsi parfaitement bien le caractère viscéral de Brune, et sans qu'il soit nécessaire de tout dire.
Quant au scénario, il reste assez classique finalement, quoique sans défaut, mais il accomplit largement son office. Bien construit et huilé, des surprises (Attention spoil ! : par exemple la mort totalement inattendue de l'un des personnages, compagnon de route de Brune) attendent néanmoins le lecteur au détour du chemin. La part de mystère y est également bien dosée. A la fin, les choses s'accomplissent, mais jamais totalement, ou pas de la manière attendue.
En bref : une BD qui sort du lot.
Dès les premières pages de ce diptyque, on est emporté dans un tourbillon de couleurs aux relents psychédéliques. C’est absolument splendide ! Des cases monochromes aux couleurs improbables aux doubles pages au dessin unique dans lequel se déplacent les personnages, tout est beau. Au-delà du dessin, il y a bien évidemment le scénario : un conte philosophico-politique racontant les malheurs de la princesse Tilda, privée de son trône par un usurpateur qui n’est autre que son frère. Aidée de ses loyaux et fidèles amis, Tankred et Bertil, Tilda va tout mettre en œuvre pour récupérer ce qui lui revient et rétablir justice et démocratie au sein de son royaume. Cette histoire est l’occasion de radiographier une société qui ressemble en de nombreux points au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui et d’examiner de près différents systèmes politiques : régime autoritaire, résistance, démocratie, anarchie, indépendantisme, place des femmes et lutte des classes. Le tome 1 est époustouflant et rythmé. Le tome 2 nous surprend forcément moins mais il nous emmène, avec quelques longueurs quand même, jusqu’à la fin de l’histoire. Une fin pour le moins inattendue. Tant qu’au titre, « L’Age d’Or », je vous laisse découvrir ce qu’il signifie.
Je découvre le travail graphique de Pauline Martin avec cet album. Simple, presque enfantin, je lui ai trouvé du charme, et une très bonne complémentarité avec le récit de David B. (et plus généralement avec le ton et le sujet : l’univers arthurien et la quête du Graal).
David B. réussit très bien à plonger le lecteur dans un univers à la fois onirique et mystique, une vision fabuleuse d’un horizon médiéval et presque intemporel.
C’est ici une dame, Leonora, qui remplace les habituels chevaliers dans une quête qui la voit affronter moult épreuves (il y a un peu de l’Odyssée dans ce récit et certaines de ces épreuves), des personnages merveilleux et dangereux, un bestiaire où tout semble possible.
David B. a évacué certains aspects des romans arthuriens : tout ce qui relève de l’héraldique, des valeurs chevaleresques. Mais aussi une partie du côté édifiant chrétien. Il n’en a gardé que l’exaltation de l’impossible possible, d’un merveilleux qui va de soi, et je trouve cette lecture très agréable, rafraichissante, car jamais cela ne devient naïf.
Note réelle 3,5/5.
Deuxième incursion dans les futurs de Liu Cixin, cet album m’a nettement plus emballé que « La terre transpercée ». Je trouve d’ailleurs que ces 2 histoires possèdent quelques similitudes, un concept improbable qu’il faut avaler pour un récit se déroulant sur de nombreuses décennies.
La terre vagabonde pousse le bouchon encore plus loin. Notre Soleil meurt, l’humanité (ou ce qu’il en reste) décide de déplacer notre planète vers une nouvelle constellation … un voyage de 2500 ans.
Passé cette idée folle et improbable, il faut accepter de voir la Terre voyager dans l’espace avec de gros réacteurs. Le déroulement et les thématiques du récit m’ont agréablement surpris, surtout la préparation et l’évolution de l’humanité avec ces futures générations sacrifiées pour assurer le trajet. Bref cette fois, la pilule est mieux passée.
Le plaisir de lecture découle aussi en grande partie grâce au travail de Stefano Raffaele, efficace et solide. C’est ponctué de chouettes images qui illustrent très bien la grandiloquence et la folie du scénario (cataclysmes, réacteurs …). De pleines, doubles (voir plus) pages du plus bel effet, à défaut les personnages sont toujours aussi peu charismatiques.
J’aurais sans doute des choses à redire, mais en l’état j’ai passé un très bon moment. Un bon cru, je vais continuer à papillonner dans cette collection.
Le dessin est fascinant. Chaque bulle est un tableau où tout est soigné, les lignes, les couleurs, les détails, tout évoque un univers extrêmement dépaysant et décalé dans le temps, l'espace, et l'ambiance unique d'un îlot dans un lointain archipel.
La compréhension nécessite plusieurs lectures attentives pour entrer dans les différences entre les 3 soeurs notamment, O Yu l'aînée, O Fumi la seconde, et O Hana la dernière. Les kimonos, les coiffures et les visages permettent d'identifier chacune, ainsi que leurs comportements respectifs.
Bon un rapide avis et qui ne dérogera pas à la moyenne haute de cette série. J’aime beaucoup ce one-shot, il se relit très bien.
Les auteurs nous proposent un petit polar à la française bien agréable, un braquage de fourgon mené par deux bras cassés, notre rocker est improbable et Simon est attachant.
La réussite de l’album va également sur sa construction et sa voix off astucieuse, c’est rempli de pensées ou d’anecdotes truculentes.
La partie graphique continue d’assurer l’immersion, des couleurs bien choisies et surtout un trait avec un certain cachet, j’apprécie beaucoup cette lisibilité agrémentée de nombreux détails dans les cases. Je ne connais que cette œuvre du dessinateur, dommage.
C’est fluide et on ne s’ennuie jamais, finalement le côté polar est plutôt secondaire, bref un chouette album.
Etant un afficionados des zombies, je ne pouvais pas ne pas me pencher sur cette série malgré l’accueil plutôt mitigé d’Alix. Bien évidemment nous sommes très éloignés de la série cultissime Walking Dead de Robert Kirkman mais franchement Benjamin Percy n’a pas à rougir. L’angle pris pour aborder ce thème déjà travaillé par tant de scénaristes est plutôt original. Les auteurs ne vont pas s’intéresser à un groupe de survivants dans un sous-sol ou à des marginaux qui sillonnent le pays. Non non pas de ça, là on fait dans le micro voire dans le macro mais cela reste le portrait d’un monde en ruine.
Le récit est rythmé à travers une succession de 3 4 planches d’un même personnage. On change et on revient dessus. Ces permutations cadencées accentuent le mouvement. C’est bien vu et j’ai adhéré immédiatement car cela ne perturbe pas la lecture, bien au contraire. On va lire des histoires empreintes d’espoir, d’abnégation … et de détresse.
Les zombies sont bien là mais in fine ce sont des personnes secondaires. L’approche est renouvelée et ça c’est déjà un petit exploit. Un grand bravo à benjamin Percy pour s’être démarqué de la masse quelques fois indigeste des albums sur ce thème. La narration est plutôt bien amenée. On se délecte des voix off de certains personnages. Du coup on s’attache aisément à eux en délaissant un peu les zombies. L’amour, la foi, la peur ou encore la paranoïa sont présents et c’est pourtant une série horreur !
Et si vous rajoutez un graphisme plutôt sympatoche ainsi qu’un découpage très agréable, vous comprenez que j’ai complétement kiffé ! je ne peux que recommander
A noter que le tome 1 et le tome 2 peuvent se lire séparément.
Une nouvelle série jeunesse pleine d'humour, avec un joli dessin, de jolies couleurs...
Les nouvelles séries jeunesse autour de la magie, ce n'est pas ce qui manque. En général, malheureusement, elles tombent souvent dans la facilité, que ce soit au niveau de la qualité du dessin, de la faiblesse du scénario, ou d'une mise en page faiblarde.
Si l'histoire de départ de "Brume" n'est pas des plus innovantes (la petite sorcière qui va se révéler), bravo aux deux auteurs d'avoir pu / su / voulu renouveler le genre.
Et puis notre petite Brume possède un caractère bien trempé, un humour insolent, qui plaira à tous les amateurs de Mortelle Adèle.
Franchement, tout est bien et à sa place dans cette bd.
Même si je ne me considère pas comme le public cible j'ai beaucoup aimé cette lecture au charme très féminin.
Je n'ai pas lu le roman d'Olivia Ruiz mais l'adaptation BD m'a renvoyé à mes lectures d'Hemingway dans sa période espagnole.
C'est dire si j'ai apprécié le scénario de Véronique Grisseaux qui manie fluidité et limpidité dans cette histoire de sororité sur plusieurs générations où il serait facile de se perdre.
Je suis sûr que beaucoup de femmes se retrouveront dans les thématiques choisies par les auteures. Le travail sur l'identité est central à la fois en termes d'identité historique mais aussi d'identité dans le couple quand la femme n'arrive pas/plus à capter l'attention de son conjoint.
Je pense que cela résonnera dans le vécu de nombreux couples avec une grande justesse. Paradoxalement malgré des épisodes dramatiques très forts le récit donne une impression de vigueur optimiste entrainante.
La narration est vraiment d'un très bon niveau et j'ai eu bien du plaisir à lire le texte proposé.
Le graphisme possède aussi cette touche de féminité pleine de douceur. C'est un contrepoids à la dureté de certain passage sans que l'on tombe jamais dans un sentimentalisme mièvre et facile. Les ambiances d'intimités sont très bien rendues.
Une lecture assez rapide, fraiche et très agréable. 3.5
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Safrane Chu
Je suis un grand amateur de la série Tony Chu, enfin de l’univers barré mis en place, je regrette juste sa longueur. Safrane Chu reprend les mêmes ingrédients, les amateurs ne seront pas surpris mais ne seront pas déçus pour autant. Le scénariste renoue avec sa création en proposant les aventures d’un autre membre de la famille Chu, Safrane la petite sœur au caractère bien différent de Tony. Nous aurons toujours droit aux pouvoirs culinaires improbables et à ce monde sans poulets (nous verrons d’ailleurs le début de la pandémie) mais ça reste toujours plaisant et bien fait. On retrouve bien la patte de l’auteur dans le séquençage, accrocheur et ponctué d’humour dans les voix off. Le dessin de Dan Boultwood est sympa et convient bien à la série, même si je préfère le travail de Rob Guillory, moins rond mais plus fun. J’ai trouvé qu’ici il y avait moins de détails/clins d’œil secondaires dans les cases. Donc voilà, rien de nouveau mais j’ai avalé les 2 tomes à ce jour avec grand plaisir. Je souhaite juste que ça s’éternise pas trop.
La Voix des bêtes, la faim des hommes
Voilà un bel album que la sortie sans tambour ni trompette aurait pu condamner à un anonymat éternel. C'est sa couverture qui m'a attiré, ainsi que le dessin, sorte de ligne claire souple servie par une mise en couleur intelligente et des effets de lumière très réussis. Ces effets associés aux paysages de landes et de forêt lui donne une atmosphère particulière. Cette BD constitue en outre ma première incursion sur les terres de Thomas Gilbert. Et de fait, le ton de ce récit est particulier. Situé aux abords de l'an mil, quelque part vers St Cirq (Lapopie j'imagine), on fleurte avec le fantastique à travers les délires millénaristes du personnage de Othon, guerrier errant à la personnalité trouble. En outre, Thomas Gilbert ripoline le mythe des meneurs de loup au sujet desquels j'ignorais tout, jusqu'à leur existence. La sauce prend. On navigue sur des eaux multi-référentielles. Je me suis en effet amusé à voir des allusions à Servais, Bourgeon (le Sortilège du bois des brumes), au Marquis d'Anaon également... Tout cela avance à un rythme soutenu, évoquant de ce point de vue la BD Furieuse, récent coup de cœur. J'ai aimé les personnages, et notamment Brunehilde, notre meneuse de loups, jeune femme aguerrie pour ne pas dire assez "masculine", en ce sens en phase avec les nouveaux codes de l'époque. La personnalité de Brune est en particulier marquée par cette vilaine blessure sur le nez qui se met à saigner à nouveau à chaque contrariété, à la moindre menace, semblant ainsi l'affecter de manière disproportionnée. On sent ainsi parfaitement bien le caractère viscéral de Brune, et sans qu'il soit nécessaire de tout dire. Quant au scénario, il reste assez classique finalement, quoique sans défaut, mais il accomplit largement son office. Bien construit et huilé, des surprises (Attention spoil ! : par exemple la mort totalement inattendue de l'un des personnages, compagnon de route de Brune) attendent néanmoins le lecteur au détour du chemin. La part de mystère y est également bien dosée. A la fin, les choses s'accomplissent, mais jamais totalement, ou pas de la manière attendue. En bref : une BD qui sort du lot.
L'Âge d'or
Dès les premières pages de ce diptyque, on est emporté dans un tourbillon de couleurs aux relents psychédéliques. C’est absolument splendide ! Des cases monochromes aux couleurs improbables aux doubles pages au dessin unique dans lequel se déplacent les personnages, tout est beau. Au-delà du dessin, il y a bien évidemment le scénario : un conte philosophico-politique racontant les malheurs de la princesse Tilda, privée de son trône par un usurpateur qui n’est autre que son frère. Aidée de ses loyaux et fidèles amis, Tankred et Bertil, Tilda va tout mettre en œuvre pour récupérer ce qui lui revient et rétablir justice et démocratie au sein de son royaume. Cette histoire est l’occasion de radiographier une société qui ressemble en de nombreux points au monde dans lequel nous vivons aujourd’hui et d’examiner de près différents systèmes politiques : régime autoritaire, résistance, démocratie, anarchie, indépendantisme, place des femmes et lutte des classes. Le tome 1 est époustouflant et rythmé. Le tome 2 nous surprend forcément moins mais il nous emmène, avec quelques longueurs quand même, jusqu’à la fin de l’histoire. Une fin pour le moins inattendue. Tant qu’au titre, « L’Age d’Or », je vous laisse découvrir ce qu’il signifie.
Leonora
Je découvre le travail graphique de Pauline Martin avec cet album. Simple, presque enfantin, je lui ai trouvé du charme, et une très bonne complémentarité avec le récit de David B. (et plus généralement avec le ton et le sujet : l’univers arthurien et la quête du Graal). David B. réussit très bien à plonger le lecteur dans un univers à la fois onirique et mystique, une vision fabuleuse d’un horizon médiéval et presque intemporel. C’est ici une dame, Leonora, qui remplace les habituels chevaliers dans une quête qui la voit affronter moult épreuves (il y a un peu de l’Odyssée dans ce récit et certaines de ces épreuves), des personnages merveilleux et dangereux, un bestiaire où tout semble possible. David B. a évacué certains aspects des romans arthuriens : tout ce qui relève de l’héraldique, des valeurs chevaleresques. Mais aussi une partie du côté édifiant chrétien. Il n’en a gardé que l’exaltation de l’impossible possible, d’un merveilleux qui va de soi, et je trouve cette lecture très agréable, rafraichissante, car jamais cela ne devient naïf. Note réelle 3,5/5.
La Terre Vagabonde
Deuxième incursion dans les futurs de Liu Cixin, cet album m’a nettement plus emballé que « La terre transpercée ». Je trouve d’ailleurs que ces 2 histoires possèdent quelques similitudes, un concept improbable qu’il faut avaler pour un récit se déroulant sur de nombreuses décennies. La terre vagabonde pousse le bouchon encore plus loin. Notre Soleil meurt, l’humanité (ou ce qu’il en reste) décide de déplacer notre planète vers une nouvelle constellation … un voyage de 2500 ans. Passé cette idée folle et improbable, il faut accepter de voir la Terre voyager dans l’espace avec de gros réacteurs. Le déroulement et les thématiques du récit m’ont agréablement surpris, surtout la préparation et l’évolution de l’humanité avec ces futures générations sacrifiées pour assurer le trajet. Bref cette fois, la pilule est mieux passée. Le plaisir de lecture découle aussi en grande partie grâce au travail de Stefano Raffaele, efficace et solide. C’est ponctué de chouettes images qui illustrent très bien la grandiloquence et la folie du scénario (cataclysmes, réacteurs …). De pleines, doubles (voir plus) pages du plus bel effet, à défaut les personnages sont toujours aussi peu charismatiques. J’aurais sans doute des choses à redire, mais en l’état j’ai passé un très bon moment. Un bon cru, je vais continuer à papillonner dans cette collection.
Tako
Le dessin est fascinant. Chaque bulle est un tableau où tout est soigné, les lignes, les couleurs, les détails, tout évoque un univers extrêmement dépaysant et décalé dans le temps, l'espace, et l'ambiance unique d'un îlot dans un lointain archipel. La compréhension nécessite plusieurs lectures attentives pour entrer dans les différences entre les 3 soeurs notamment, O Yu l'aînée, O Fumi la seconde, et O Hana la dernière. Les kimonos, les coiffures et les visages permettent d'identifier chacune, ainsi que leurs comportements respectifs.
Ma révérence
Bon un rapide avis et qui ne dérogera pas à la moyenne haute de cette série. J’aime beaucoup ce one-shot, il se relit très bien. Les auteurs nous proposent un petit polar à la française bien agréable, un braquage de fourgon mené par deux bras cassés, notre rocker est improbable et Simon est attachant. La réussite de l’album va également sur sa construction et sa voix off astucieuse, c’est rempli de pensées ou d’anecdotes truculentes. La partie graphique continue d’assurer l’immersion, des couleurs bien choisies et surtout un trait avec un certain cachet, j’apprécie beaucoup cette lisibilité agrémentée de nombreux détails dans les cases. Je ne connais que cette œuvre du dessinateur, dommage. C’est fluide et on ne s’ennuie jamais, finalement le côté polar est plutôt secondaire, bref un chouette album.
Year Zero
Etant un afficionados des zombies, je ne pouvais pas ne pas me pencher sur cette série malgré l’accueil plutôt mitigé d’Alix. Bien évidemment nous sommes très éloignés de la série cultissime Walking Dead de Robert Kirkman mais franchement Benjamin Percy n’a pas à rougir. L’angle pris pour aborder ce thème déjà travaillé par tant de scénaristes est plutôt original. Les auteurs ne vont pas s’intéresser à un groupe de survivants dans un sous-sol ou à des marginaux qui sillonnent le pays. Non non pas de ça, là on fait dans le micro voire dans le macro mais cela reste le portrait d’un monde en ruine. Le récit est rythmé à travers une succession de 3 4 planches d’un même personnage. On change et on revient dessus. Ces permutations cadencées accentuent le mouvement. C’est bien vu et j’ai adhéré immédiatement car cela ne perturbe pas la lecture, bien au contraire. On va lire des histoires empreintes d’espoir, d’abnégation … et de détresse. Les zombies sont bien là mais in fine ce sont des personnes secondaires. L’approche est renouvelée et ça c’est déjà un petit exploit. Un grand bravo à benjamin Percy pour s’être démarqué de la masse quelques fois indigeste des albums sur ce thème. La narration est plutôt bien amenée. On se délecte des voix off de certains personnages. Du coup on s’attache aisément à eux en délaissant un peu les zombies. L’amour, la foi, la peur ou encore la paranoïa sont présents et c’est pourtant une série horreur ! Et si vous rajoutez un graphisme plutôt sympatoche ainsi qu’un découpage très agréable, vous comprenez que j’ai complétement kiffé ! je ne peux que recommander A noter que le tome 1 et le tome 2 peuvent se lire séparément.
Brume
Une nouvelle série jeunesse pleine d'humour, avec un joli dessin, de jolies couleurs... Les nouvelles séries jeunesse autour de la magie, ce n'est pas ce qui manque. En général, malheureusement, elles tombent souvent dans la facilité, que ce soit au niveau de la qualité du dessin, de la faiblesse du scénario, ou d'une mise en page faiblarde. Si l'histoire de départ de "Brume" n'est pas des plus innovantes (la petite sorcière qui va se révéler), bravo aux deux auteurs d'avoir pu / su / voulu renouveler le genre. Et puis notre petite Brume possède un caractère bien trempé, un humour insolent, qui plaira à tous les amateurs de Mortelle Adèle. Franchement, tout est bien et à sa place dans cette bd.
La Commode aux tiroirs de couleurs
Même si je ne me considère pas comme le public cible j'ai beaucoup aimé cette lecture au charme très féminin. Je n'ai pas lu le roman d'Olivia Ruiz mais l'adaptation BD m'a renvoyé à mes lectures d'Hemingway dans sa période espagnole. C'est dire si j'ai apprécié le scénario de Véronique Grisseaux qui manie fluidité et limpidité dans cette histoire de sororité sur plusieurs générations où il serait facile de se perdre. Je suis sûr que beaucoup de femmes se retrouveront dans les thématiques choisies par les auteures. Le travail sur l'identité est central à la fois en termes d'identité historique mais aussi d'identité dans le couple quand la femme n'arrive pas/plus à capter l'attention de son conjoint. Je pense que cela résonnera dans le vécu de nombreux couples avec une grande justesse. Paradoxalement malgré des épisodes dramatiques très forts le récit donne une impression de vigueur optimiste entrainante. La narration est vraiment d'un très bon niveau et j'ai eu bien du plaisir à lire le texte proposé. Le graphisme possède aussi cette touche de féminité pleine de douceur. C'est un contrepoids à la dureté de certain passage sans que l'on tombe jamais dans un sentimentalisme mièvre et facile. Les ambiances d'intimités sont très bien rendues. Une lecture assez rapide, fraiche et très agréable. 3.5