Cette série vous emporte très loin dans un monde imaginaire tout en ne cessant de confronter le lecteur aux grandes questions de notre société : le temps qui passe, le refus de vieillir, la vie et la mort, le pouvoir, nos repères dans l’espace… Je l’avais lue il y a longtemps et je me suis fait vraiment plaisir à la relire. Il faut se laisser emporter et voguer au gré des rencontres de personnages tous plus loufoques les uns que les autres. Conte moral ou fable basée sur l’absurde, Azimut est une série dont on sort étourdi. Tous ces royaumes, ces espaces, cette faune et cette flore, ces personnages mi-humains, mi-animaux, mi-robots qui peuplent les différents tomes et jusqu’au bout, le lecteur est tenu en haleine. Andreae offre ici un dessin magnifique, rempli de détails et d'idées originales et une composition des pages dynamique. Bref, c’est pas rien de perdre le nord !
Cet album m'a fait passer un très bon moment.
Franck Bouysse est un auteur de romans qui s'est fait un nom ces dernières années et dont il me semble que c'est la première BD. Cette histoire entre comédie, terroir et un petit côté "roman social" font le sel de l'histoire qui, sans être extraordinaire, est facile à lire et prenante sous forme de chapitres qui font que la lecture en est rapide.
Le trait de Daniel Cazanave et les couleurs de Claire Champion siéent parfaitement à l'histoire et nous plongent dans la bourgade et ses péripéties.
Pas la BD de l'année mais assurément un bon moment de lecture
Je viens de me rendre compte que je n'avais pas avisé cette BD.
Pour avoir mon avis je vous renvoie à celui de Spooky ci-dessous que je rejoins à 100%.
Je précise juste que j'ai eu la chance de rencontrer Anne-Perrine Couët sur un festival est qu'elle est très sympathique et disserte sur sa BD et tout le travail que cela lui a demandé
Je poursuis ma lecture des adaptations que Tanabe réalise à partir de l’œuvre de Lovecraft. Et c’est toujours une lecture plaisante, un beau travail, tout en sobriété, mais terriblement efficace.
Un chouette dessin, à la fois sombre et très lisible. Un style réaliste classique, des décors minutieusement représentés, un trait fin que j’aime bien.
Et une narration qui prend son temps pour installer le malaise, comme le faisait Lovecraft, pour que le lecteur ressente la montée de tension, l’angoisse qui étreint le narrateur, au fur et à mesure qu’il prend conscience – en plusieurs étapes – de ce qui s’est passé et se passe dans la petite ville d’Innsmouth. Le scénario va crescendo, jusqu’à un dénouement inéluctable.
On est là au cœur des écrits de Lovecraft, du monde de Cthulhu, c’est une histoire emblématique de l’auteur, très bien mise en images par Tanabe. Je regrette juste les « monstres » mi-hommes mi-poissons, en tout cas les visages. Je leur ai trouvé un je ne sais quoi de ridicule. Mais c’est sans doute parce que ce genre de chose prend plus de force en lisant le roman, en imaginant leur aspect, et que les « voir » leur enlève une part de mystère.
Mais bon, ces deux albums sont très bien fichus, c’est une lecture très recommandable.
Par rapport à mon ressenti personnel, j’arrondis au niveau supérieur, tant je trouve cet album très bien fichu pour le lectorat visé (autour de 10 ans).
Avec une suite de scènes plus ou moins longues, l’album s’attache à nous faire découvrir une jeune femme, Katherine Johnson, passionnée de mathématiques, espiègle et attachante. La narration est agréable, agrémentée d’humour, de quelques clins d’œil à des lecteurs plus adultes (un peu de « Little Nemo » chez Little Katherine avec ses rêves se finissant par une chute du lit, un épicier nommé Olesen ressemblant à son quasi homonyme de la Petite maison dans la prairie, etc.).
Les échanges entre Katherine et sa poule Lucinda sont aussi savoureux.
Tout au long de l’album sont disséminées de petites énigmes mathématiques, dont les solutions se trouvent en fin d’album. Fin d’album où se trouvent aussi d’autres énigmes, et surtout un petit dossier historique rappelant le rôle important joué par Katherine Johnson une fois adulte. Femme, noire qui plus est, elle est une « femme de l’ombre », dont le rôle dans la conquête spatiale a été occulté (les hommages sont venus bien plus tard et tardivement).
En tout cas un chouette album pour les plus jeunes, qui permet de faire découvrir une femme scientifique, en tout cas dans son enfance, tout en jouant avec les Maths. Agréable à lire, instructif, c’est vraiment un album recommandable, pour les bibliothèques de CM1 ou CM2, les CDI de collèges, et pour tous les enfants curieux.
Ugo Bienvenu a beaucoup de talent. Graphiquement j'aime beaucoup avec ces couleurs chatoyantes. Avec Paiement accepté, il plonge dans le milieu du 7ème art en mettant en scène un réalisateur plus proche de la fin que du début et sur le point de réaliser le film qui sera la confirmation de sa légende auréolée de plusieurs prix prestigieux. Sauf que les choses ne se passent pas comme prévu, il subit un accident et se retrouve à l'hôpital à jouer au Scrabble avec un voisin de chambre. Il devise avec son producteur de longue date et sa tête de Donald Trump.
On retrouve l'univers déjà vu dans Total, on est dans un futur à la fois proche mais très différent. Assez froid pour tout dire, aseptisé avec des robots partout. L'intrigue n'est pas toujours des plus limpides mais c'est une critique assez drôle et mordante de ce petit milieu du cinéma noyauté par l'argent.
Une BD qui ne vous laisse que deux choix, celui de vous emporter ou de vous laisser sur le quai à regarder s'éloigner le train de l'amitié.
Il ne s'agit pas d'un train, mais d'un cinéma de quartier sur le déclin, le Breakwater, dans la ville de Brighton en Angleterre. Et ses employés forment une petite famille. Il y a Chris, une quadragénaire renfermée sur elle-même, Craig un jeune garçon paumé qui a quitté l'école, Rose une vieille femme qui s'occupe de la billetterie, Ben un vieux grincheux préposé au stand boissons et friandises et enfin Ted le patron fantomatique qui aime taquiner la bouteille. Et puis un jour arrive Dan, un jeune homme gay, asiatique et traînant un mal de vivre. Chris et Dan vont se rapprocher et nouer une forte amitié.
Un récit intimiste, sur la vie des petites gens, qui prend le temps de cerner nos deux protagonistes avec une narration lente, où les cases sans texte disent plus que les mots. Katriona Chapman a su capter mon attention avec une histoire du quotidien qui sonne juste, axé sur les relations humaines et les non-dits. Tout doucement, on va voir évoluer Dan et ainsi découvrir où l'autrice veut en venir, à l'amitié toxique. Touchant et émouvant.
La partie graphique dans un style charbonneux et proche du fusain sied à merveille au récit. Il retranscrit avec force cette ambiance morose qui accompagne les personnages dans cette ville hors du temps.
J'aime beaucoup.
Un excellent moment de lecture.
Une nouveauté du genre pour ma part qui ne m'a pas déçue, loin de là.
Alors je ne dirais pas que les dessins sont magnifiques mais grogro à tout à fait raison : ils interpellent, c'est indéniable.
Ce qui est top, c'est qu'au travers des aspects informes ou à l'inverse très géométriques de certaines cases, le dessin laisse une grande place à l'interprétation ou du moins à la suggestion. Également, la bichromie du orange et du bleu incarne avec malice ces grands espaces forestiers canadiens (le Maine, donc USA, en réalité pour le récit).
D'autre part, les textes sont d'une telle légèreté et d'une douceur poétique qu'on se laisse sans grande difficulté bercer par le récit, telle l'eau découlant d'une rivière apaisée.
En résumé, j'ai passé un très agréable moment de lecture ! :)
Découvert il y a quelques années sur le stand de Sarbacane à Angoulême, j'avais acheté les 3 tomes sortis pour la médiathèque où je travaille, mais je n'avais jamais pris le temps d'aviser la série.
Je répare donc cet oubli, car cette série vaut plus que le détour ! Truffée de références littéraires se rapportant au Voyage et à l'Aventure, "Le chasseur de Rêves" ravira sans aucun doutes petits et grands ! C'est drôle, poétique, plein d'énergie et traversé par un souffle épique tout en jouant avec les personnages ou les oeuvres classiques du genre. Que ce soit Jules Verne, Cervantes, Lewis Caroll ou les 1001 nuits, Martin Desbat s'amuse à distiller intelligemment des références et des personnages de ces oeuvres au fil de ses histoires loufoques. Notre chasseur un peu bêta pourra toujours compter sur son serviteur dévoué tout en croisant le chapelier fou, Pinocchio, le baron de Münchhausen ou encore le capitaine Achab. N'oublions pas la talentueuse brochette de trophées qui trône dans la maison de notre chasseur, complice de son serviteur, qui nous réserve quelques fous rires pas piqués des hannetons.
Tout cela nous est servi par un dessin dynamique, moderne qui colle parfaitement à cet univers onirique dédié à l'Aventure.
Bref, une TRÈS bonne série jeunesse, mais qui par ses références et ses subtilités saura combler les plus grands de très belle manière
Très très bien.
La vague #metoo a permis de montrer au monde (enfin, de lui donner une idée) des dégâts causés par les hommes, par la société, par la culture du viol. Sous la ceinture se place dans ce mouvement, et nous montre une femme qui a décidé de se venger contre son violeur... avec ses armes, qui sont ses poings. Et sur son propre terrain, à savoir un ring, devant des caméras. Histoire que cette victoire soit totale et publique.
Sauf que bien sûr, cette victoire ne va pas tout à fait s'obtenir comme ça, et l'autrice Freaks place bien des écueils sur la route de Diane. j'ai été surpris par nombre d'évènements relatés dans l'album, mais pas, hélas, par le comportement de Fabrice, le bourreau de Diane. Le questionnement de soi, un sujet cher à Freaks si l'on en croit les infos données par son éditeur, est au centre de son oeuvre, et c'est bien évidemment le cas ici. Malgré ses peurs, malgré sa honte, Diane est bien entourée, et c'est la force de cet entourage qui va lui permettre de s'engager dans ce combat, au sens propre comme au sens figuré.
Malgré le style semi-réaliste, l'autrice met beaucoup de conviction et d'assurance dans son dessin, qui sont accompagnés d'une couleur bleue omniprésente, avec des touches de teintes de rouge.
Percutant.
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Azimut
Cette série vous emporte très loin dans un monde imaginaire tout en ne cessant de confronter le lecteur aux grandes questions de notre société : le temps qui passe, le refus de vieillir, la vie et la mort, le pouvoir, nos repères dans l’espace… Je l’avais lue il y a longtemps et je me suis fait vraiment plaisir à la relire. Il faut se laisser emporter et voguer au gré des rencontres de personnages tous plus loufoques les uns que les autres. Conte moral ou fable basée sur l’absurde, Azimut est une série dont on sort étourdi. Tous ces royaumes, ces espaces, cette faune et cette flore, ces personnages mi-humains, mi-animaux, mi-robots qui peuplent les différents tomes et jusqu’au bout, le lecteur est tenu en haleine. Andreae offre ici un dessin magnifique, rempli de détails et d'idées originales et une composition des pages dynamique. Bref, c’est pas rien de perdre le nord !
Eté brûlant à Saint-Allaire
Cet album m'a fait passer un très bon moment. Franck Bouysse est un auteur de romans qui s'est fait un nom ces dernières années et dont il me semble que c'est la première BD. Cette histoire entre comédie, terroir et un petit côté "roman social" font le sel de l'histoire qui, sans être extraordinaire, est facile à lire et prenante sous forme de chapitres qui font que la lecture en est rapide. Le trait de Daniel Cazanave et les couleurs de Claire Champion siéent parfaitement à l'histoire et nous plongent dans la bourgade et ses péripéties. Pas la BD de l'année mais assurément un bon moment de lecture
Bathory - La Comtesse maudite
Je viens de me rendre compte que je n'avais pas avisé cette BD. Pour avoir mon avis je vous renvoie à celui de Spooky ci-dessous que je rejoins à 100%. Je précise juste que j'ai eu la chance de rencontrer Anne-Perrine Couët sur un festival est qu'elle est très sympathique et disserte sur sa BD et tout le travail que cela lui a demandé
Le Cauchemar d'Innsmouth
Je poursuis ma lecture des adaptations que Tanabe réalise à partir de l’œuvre de Lovecraft. Et c’est toujours une lecture plaisante, un beau travail, tout en sobriété, mais terriblement efficace. Un chouette dessin, à la fois sombre et très lisible. Un style réaliste classique, des décors minutieusement représentés, un trait fin que j’aime bien. Et une narration qui prend son temps pour installer le malaise, comme le faisait Lovecraft, pour que le lecteur ressente la montée de tension, l’angoisse qui étreint le narrateur, au fur et à mesure qu’il prend conscience – en plusieurs étapes – de ce qui s’est passé et se passe dans la petite ville d’Innsmouth. Le scénario va crescendo, jusqu’à un dénouement inéluctable. On est là au cœur des écrits de Lovecraft, du monde de Cthulhu, c’est une histoire emblématique de l’auteur, très bien mise en images par Tanabe. Je regrette juste les « monstres » mi-hommes mi-poissons, en tout cas les visages. Je leur ai trouvé un je ne sais quoi de ridicule. Mais c’est sans doute parce que ce genre de chose prend plus de force en lisant le roman, en imaginant leur aspect, et que les « voir » leur enlève une part de mystère. Mais bon, ces deux albums sont très bien fichus, c’est une lecture très recommandable.
Les petits génies - Little Katherine Johnson
Par rapport à mon ressenti personnel, j’arrondis au niveau supérieur, tant je trouve cet album très bien fichu pour le lectorat visé (autour de 10 ans). Avec une suite de scènes plus ou moins longues, l’album s’attache à nous faire découvrir une jeune femme, Katherine Johnson, passionnée de mathématiques, espiègle et attachante. La narration est agréable, agrémentée d’humour, de quelques clins d’œil à des lecteurs plus adultes (un peu de « Little Nemo » chez Little Katherine avec ses rêves se finissant par une chute du lit, un épicier nommé Olesen ressemblant à son quasi homonyme de la Petite maison dans la prairie, etc.). Les échanges entre Katherine et sa poule Lucinda sont aussi savoureux. Tout au long de l’album sont disséminées de petites énigmes mathématiques, dont les solutions se trouvent en fin d’album. Fin d’album où se trouvent aussi d’autres énigmes, et surtout un petit dossier historique rappelant le rôle important joué par Katherine Johnson une fois adulte. Femme, noire qui plus est, elle est une « femme de l’ombre », dont le rôle dans la conquête spatiale a été occulté (les hommages sont venus bien plus tard et tardivement). En tout cas un chouette album pour les plus jeunes, qui permet de faire découvrir une femme scientifique, en tout cas dans son enfance, tout en jouant avec les Maths. Agréable à lire, instructif, c’est vraiment un album recommandable, pour les bibliothèques de CM1 ou CM2, les CDI de collèges, et pour tous les enfants curieux.
Paiement accepté
Ugo Bienvenu a beaucoup de talent. Graphiquement j'aime beaucoup avec ces couleurs chatoyantes. Avec Paiement accepté, il plonge dans le milieu du 7ème art en mettant en scène un réalisateur plus proche de la fin que du début et sur le point de réaliser le film qui sera la confirmation de sa légende auréolée de plusieurs prix prestigieux. Sauf que les choses ne se passent pas comme prévu, il subit un accident et se retrouve à l'hôpital à jouer au Scrabble avec un voisin de chambre. Il devise avec son producteur de longue date et sa tête de Donald Trump. On retrouve l'univers déjà vu dans Total, on est dans un futur à la fois proche mais très différent. Assez froid pour tout dire, aseptisé avec des robots partout. L'intrigue n'est pas toujours des plus limpides mais c'est une critique assez drôle et mordante de ce petit milieu du cinéma noyauté par l'argent.
Breakwater
Une BD qui ne vous laisse que deux choix, celui de vous emporter ou de vous laisser sur le quai à regarder s'éloigner le train de l'amitié. Il ne s'agit pas d'un train, mais d'un cinéma de quartier sur le déclin, le Breakwater, dans la ville de Brighton en Angleterre. Et ses employés forment une petite famille. Il y a Chris, une quadragénaire renfermée sur elle-même, Craig un jeune garçon paumé qui a quitté l'école, Rose une vieille femme qui s'occupe de la billetterie, Ben un vieux grincheux préposé au stand boissons et friandises et enfin Ted le patron fantomatique qui aime taquiner la bouteille. Et puis un jour arrive Dan, un jeune homme gay, asiatique et traînant un mal de vivre. Chris et Dan vont se rapprocher et nouer une forte amitié. Un récit intimiste, sur la vie des petites gens, qui prend le temps de cerner nos deux protagonistes avec une narration lente, où les cases sans texte disent plus que les mots. Katriona Chapman a su capter mon attention avec une histoire du quotidien qui sonne juste, axé sur les relations humaines et les non-dits. Tout doucement, on va voir évoluer Dan et ainsi découvrir où l'autrice veut en venir, à l'amitié toxique. Touchant et émouvant. La partie graphique dans un style charbonneux et proche du fusain sied à merveille au récit. Il retranscrit avec force cette ambiance morose qui accompagne les personnages dans cette ville hors du temps. J'aime beaucoup. Un excellent moment de lecture.
Les Pistes Invisibles
Une nouveauté du genre pour ma part qui ne m'a pas déçue, loin de là. Alors je ne dirais pas que les dessins sont magnifiques mais grogro à tout à fait raison : ils interpellent, c'est indéniable. Ce qui est top, c'est qu'au travers des aspects informes ou à l'inverse très géométriques de certaines cases, le dessin laisse une grande place à l'interprétation ou du moins à la suggestion. Également, la bichromie du orange et du bleu incarne avec malice ces grands espaces forestiers canadiens (le Maine, donc USA, en réalité pour le récit). D'autre part, les textes sont d'une telle légèreté et d'une douceur poétique qu'on se laisse sans grande difficulté bercer par le récit, telle l'eau découlant d'une rivière apaisée. En résumé, j'ai passé un très agréable moment de lecture ! :)
Le Chasseur de Rêves
Découvert il y a quelques années sur le stand de Sarbacane à Angoulême, j'avais acheté les 3 tomes sortis pour la médiathèque où je travaille, mais je n'avais jamais pris le temps d'aviser la série. Je répare donc cet oubli, car cette série vaut plus que le détour ! Truffée de références littéraires se rapportant au Voyage et à l'Aventure, "Le chasseur de Rêves" ravira sans aucun doutes petits et grands ! C'est drôle, poétique, plein d'énergie et traversé par un souffle épique tout en jouant avec les personnages ou les oeuvres classiques du genre. Que ce soit Jules Verne, Cervantes, Lewis Caroll ou les 1001 nuits, Martin Desbat s'amuse à distiller intelligemment des références et des personnages de ces oeuvres au fil de ses histoires loufoques. Notre chasseur un peu bêta pourra toujours compter sur son serviteur dévoué tout en croisant le chapelier fou, Pinocchio, le baron de Münchhausen ou encore le capitaine Achab. N'oublions pas la talentueuse brochette de trophées qui trône dans la maison de notre chasseur, complice de son serviteur, qui nous réserve quelques fous rires pas piqués des hannetons. Tout cela nous est servi par un dessin dynamique, moderne qui colle parfaitement à cet univers onirique dédié à l'Aventure. Bref, une TRÈS bonne série jeunesse, mais qui par ses références et ses subtilités saura combler les plus grands de très belle manière
Sous la ceinture
Très très bien. La vague #metoo a permis de montrer au monde (enfin, de lui donner une idée) des dégâts causés par les hommes, par la société, par la culture du viol. Sous la ceinture se place dans ce mouvement, et nous montre une femme qui a décidé de se venger contre son violeur... avec ses armes, qui sont ses poings. Et sur son propre terrain, à savoir un ring, devant des caméras. Histoire que cette victoire soit totale et publique. Sauf que bien sûr, cette victoire ne va pas tout à fait s'obtenir comme ça, et l'autrice Freaks place bien des écueils sur la route de Diane. j'ai été surpris par nombre d'évènements relatés dans l'album, mais pas, hélas, par le comportement de Fabrice, le bourreau de Diane. Le questionnement de soi, un sujet cher à Freaks si l'on en croit les infos données par son éditeur, est au centre de son oeuvre, et c'est bien évidemment le cas ici. Malgré ses peurs, malgré sa honte, Diane est bien entourée, et c'est la force de cet entourage qui va lui permettre de s'engager dans ce combat, au sens propre comme au sens figuré. Malgré le style semi-réaliste, l'autrice met beaucoup de conviction et d'assurance dans son dessin, qui sont accompagnés d'une couleur bleue omniprésente, avec des touches de teintes de rouge. Percutant.