Les derniers avis (32289 avis)

Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Trashed
Trashed

Pas fan de l'underground américain, j'ai adoré cette sorte d'autobiographie du passage de l'auteur dans le monde merveilleux des ordures. Le récit est ancré dans le local, une petite bourgade typique avec ses maisons individuelles, ses familles consanguines, ses bars d'afterwork etc. Mais comme il le souligne, que le ramassage des ordures soinet faits par des employés municipaux ou une grosse société privée ne change rien à la situation ni aux modes opératoires (le petit dossier technique et chiffré en fin d'album l'expose clairement et justement.) On se désole de la bêtise de ces employés errant dans une sorte de boucle temporelle façon "jour sans fin": qu'il pleuve ou fasse beau, chaque personnage répète les mêmes gestes et les mêmes phrases (seul l'inssaisisable Magee contredit cet axiome.) Mais on se prend aussi d'affection pour cette petite famille plus ou moins soudée, comprenant évidemment la Betty! On souffre avec eux lorsqu'ils découvrent des déchêts à se casser le dos ou des effluves des projections et on se repose lorsque leur dure journée se termine. Les coups-bas dans le service, les mesquineries de voisinage, les découvertes improbables, une galerie de tronches et personnalités (Marv!), tout est reproduit avec maestria. Un bravo à l'auteur qui décrit une situation sans être moralisateur et parvient me faire penché petit à petit du côté scandalisé à celui de blasé presque à-quoi-boniste.

11/10/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Ce qu'il faut de terre à l'homme
Ce qu'il faut de terre à l'homme

Tout comme Tomdelapampa, je suis surpris de voir aussi peu de 4* pour cette BD qui est une parfaite réussite. Si elle est vite lue, entre les pages muettes et les dessins qui sont souvent de grandes tailles, elle est claire, lisible et entrainante. Je suis resté dedans sans aucun temps mort, de cette ouverture d'un petit village de Russie et cette conclusion dans les grandes étendues des steppes russes. Adapté d'une nouvelle de Tolstoï qui semblait déjà très moderne dans son approche, le récit se concentre sur l'avarice de l'humain, l'appât du gain et surtout ce qui en découle. J'ai apprécié la façon dont tout ceci est mené, les chapitres se répondant bien l'un à l'autre. L'intrigue est linéaire et s'installe petit à petit, entre la vie de village et les habitants, puis la richesse de Pacôme et ce qu'elle entraine. La fin est pleine d'ironie et semble donner le message véritable de Tolstoï, sans doute inspiré à la fois de ses valeurs chrétienne mais aussi de la perception qu'il avait de son époque. En tout cas elle marche à merveille, donné ainsi, et semble être la fin parfaite pour un tel récit. Ce qui m'a également plu, c'est le dessin de l'auteur, que je ne connaissais pas. Il retranscrit à merveille l'ambiance d'un village russe, des datchas et des plaines, mais aussi dans les costumes et les éléments de ferme. C'est plaisant à lire et je dirais comme meilleur compliment que je n'ai jamais été arrêté par celui-ci. En tout cas il a réussi parfaitement bien son adaptation de la nouvelle, la Bd étant suffisante à elle seule. Mais je suis intrigué par Tolstoï désormais, et ça me plait bien !

11/10/2023 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Animan
Animan

Très bon album et étonnant qu'il n'y ait qu'un seul avis alors qu'il a été primé à Angoulême en 2023. Francis est un homme ordinaire doté d'un physique ordinaire, légèrement dégarni. Il vit avec une grenouille qui parle. Il peut se transformer en toute sorte d'animaux, comme dans la série Manimal. Son ennemi qui était son ami d'enfance est Objecto. Celui-ci peut se transformer en toute sorte d'objet. La lutte entre les deux superhéros va mener à tout un tas d'aventures et une histoire longue et cohérente. C'est drôle, c'est bien dessiné, enfin si on aime le style d'Anouk Ricard. Même la couverture est drôle.

10/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Au pied de la falaise
Au pied de la falaise

La lecture de cet album est plutôt sympathique. J’ai souvent eu l’impression de lire une sorte de « Kirikou » plus adulte, plus mature, mais avec la même fraicheur. L’histoire assemble plusieurs petites fables, où l’humour joue son rôle, le tout nous faisant découvrir un village, sa vie, et en particulier un personnage, d’abord jeune, puis vers la fin, au moment de son passage à l’âge adulte, lorsqu’il est question qu’il remplace son père comme chef du village. La narration est fluide, très agréable, on baigne dans un univers d’Afrique noire traditionnel, visiblement de la région du Sahel. Même si les paysages semi-désertiques, le sable dominant et la tension autour du manque d’eau apportent une certaine menace lancinante, il se dégage de l’ensemble quelque chose de frais et d‘optimiste. Quant au dessin, il est très chouette. Lui aussi fluide, clair, dynamique, il accompagne très bien ce récit que j’ai lu avec grand plaisir. Note réelle 3,5/5.

10/10/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Pilier du ciel
Le Pilier du ciel

Eh mais … C'est bien ! C'est même franchement bien comme BD, là ! Je ne m'attendais pas à lire ça, et pas à avoir un tel intérêt pour cette histoire. C'est assez dingue, dis donc. L'histoire est surprenante, en tout cas pour le genre. Un fonctionnaire du palais royal, écœuré d'être utilisé comme objet sexuel par la reine mère, forcée au régime sec question sexe par son veuvage, décide d'aller chercher un homme au braquemart exceptionnel pour qu'elle s'en satisfasse. Entre intrigues de cour, personnages truculents et bruits de cour, on est dans une intrigue de cour parfaitement bien menée. L'histoire semble se faire entre humour et sérieux tout au long des pages, jusqu'à un final surprenant de noirceur. C'est dur et violent, comme ça peut souvent l'être dans une histoire d'intrigue, mais je ne m'attendais pas à cette page finale qui fait presque décalage avec le ton léger et amusant de la BD. Je dirais que le gros point noir est le dessin, pas du tout adapté à une BD X à mon avis. C'est très peu intéressant sur ce point, alors que la BD est plus tourné autour de dialogues et d'intrigues, le sexe n'étant qu'une composante de l'histoire principale. De fait je pense qu'il est difficile d'être excité par la BD, qui d'ailleurs ne me semble pas vraiment essayer. Mais son histoire a franchement de l'intérêt et c'est ce que je retiendrais de cette lecture. Je suis sorti surpris, étonné par l'histoire et surtout sa fin : entre la noirceur de ce qui arrive et cette dernière phrase amenant à considérer l'histoire sous un point de vue presque féministe … Non, vraiment, je suis le premier étonné de ça, mais j'ai aimé !

10/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Loire
Loire

Une fois de plus, Etienne Davodeau parvient à me toucher en ne parlant de pas grand-chose. « Loire » s’inscrit dans la continuité de « Lulu Femme Nue » et de « Les Couloirs aériens ». Il s’agit d’une fiction dans laquelle doucement les personnes se révèlent, autant à elles-mêmes qu’au lecteur. Et si « Lulu femme nue » nous parlait de la crise de la quarantaine, si « Les Couloirs aériens » illustrait celle de la cinquantaine, « Loire » est l’occasion pour l’auteur de s’attarder sur le temps qui passe, sur la mort qui approche inexorablement, sur la trace qu’on laisse et celle qu’on aurait aimé laisser. Et quoi de plus symbolique qu’un fleuve pour nous parler du temps ? Face à lui, nous devenons voyageurs immobiles, observateurs de la vie des rives, laissant les saisons en modifier l’apparence. Cet album offre ainsi beaucoup de planches contemplatives desquelles se dégage une forme d’apaisement, de sérénité face à cet inévitable écoulement. Parallèlement à cela, Etienne Davodeau va nous faire partager la rencontre des anciens compagnons et compagne d’Agathe, en s’attardant plus particulièrement sur Louis. Louis qui dès le début du récit se laisse porter par le courant. Louis qui ne sait pas trop ce qu’il fait là mais n’a pas spécialement envie d’être ailleurs. Louis qui pense au temps qui passe, qui se voudrait père et même grand-père. Louis qui va se retrouver confronté à la fin de vie. Une fois de plus, les personnages mis en scène par Etienne Davodeau m’ont parlé. Une fois de plus le symbolisme qu’il emploie m’a semblé d’une grande justesse. Une fois de plus le caractère humain et l’ambiance apaisée qui se dégagent de son récit m’auront touché. A peine la lecture entamée, je savais que je ne lâcherais pas ce livre avant la dernière page. Alors, de fait, il ne se passe rien ou du moins pas grand-chose… mais qu’est-ce que ça me parle !

10/10/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Contrition
Contrition

3.5 Je peux comprendre les reproches d'Alix. C'est vrai que la narration est pas toujours claire par moment et franchement au début de ma lecture je pensais juste mettre 3 étoiles. En effet, j'ai trouvé le dessin pas mal et sans plus et l'enquête de cette journaliste pour découvrir la vérité derrière ce qui semblait être un banal incendie accidentel n'est pas des plus palpitantes. C'est pas mauvais, mais il y avait pas grand chose qui faisait sortir le scénario des milliers de polars dont l'action se passe aux États-Unis. J'ai vraiment accroché dans les chapitres qui mettaient en vedette les autres personnages principaux. J'ai trouvé qu'ils étaient plus intéressants et aussi les auteurs développent avec intelligence des sujets plutôt durs. J'ai même ressenti des émotions alors qu'avant je trouvais le dessin trop froid. Certaines scènes sont excellentes au niveau des dialogues et de la mise en scène. Bon ma note est peut-être sur-notée, mais j'ai vraiment envie de mettre 4 étoiles pour les parties que j'ai adorées. Un polar tordu et un peu malsain.

09/10/2023 (modifier)
Couverture de la série La Boite à musique
La Boite à musique

Cette série jeunesse est bien agréable et développe des belles valeurs pour un public d'une dizaine d'années. Ce premier cycle de 5 épisodes permet de bien poser la personnalité de la jeune Nola (8 ans) qui se retrouve dans un monde parallèle par l'entremise d'une boîte à musique léguée par sa défunte maman. Malgré elle, Nola se retrouve au pays de Pandorient où elle découvre que sa maman a beaucoup aidé à la paix de l'endroit. Dans ce cycle Nola n'a aucun pouvoir fantastique et elle va aider à la résolution de situations dangereuses grâce à son bon sens enfantin qui cloue le bec aux adultes. Avec ses amis Andréa et Igor elle se permet ainsi de sauver leur maman et le roi bienveillant. Elle fait face à une situation de racket, de mariage mixte ou de massacre d'animaux qu'elle résout grâce à son sens de l'amitié et du dialogue. C'est le plus de ce scénario où la violence n'est pas l'atout majeur pour faire avancer l'histoire. Pourtant la violence est inscrite en background du récit puisque le mystère plane sur une ancienne guerre qui a coûté la vie à sa maman. Ce parti pris des auteurs est une gageure car cela réduit beaucoup les scènes d'actions pour faire place à la diplomatie et à l'intelligence. Le graphisme est séduisant même s’il se rapproche un peu trop de l'animation pour mon goût. Le bestiaire est bien travaillé, les détails du monde parallèle assez foisonnants même si c'est assez classique comme ambiance. Par contre j'ai beaucoup aimé les couleurs qui donnent une très belle lumière à la série. Une lecture agréable qui invite à continuer sur le cycle 2 pour connaître la partie cachée du récit. 3.5

09/10/2023 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5
Couverture de la série Azimut
Azimut

Cette série vous emporte très loin dans un monde imaginaire tout en ne cessant de confronter le lecteur aux grandes questions de notre société : le temps qui passe, le refus de vieillir, la vie et la mort, le pouvoir, nos repères dans l’espace… Je l’avais lue il y a longtemps et je me suis fait vraiment plaisir à la relire. Il faut se laisser emporter et voguer au gré des rencontres de personnages tous plus loufoques les uns que les autres. Conte moral ou fable basée sur l’absurde, Azimut est une série dont on sort étourdi. Tous ces royaumes, ces espaces, cette faune et cette flore, ces personnages mi-humains, mi-animaux, mi-robots qui peuplent les différents tomes et jusqu’au bout, le lecteur est tenu en haleine. Andreae offre ici un dessin magnifique, rempli de détails et d'idées originales et une composition des pages dynamique. Bref, c’est pas rien de perdre le nord !

08/10/2023 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5
Couverture de la série Eté brûlant à Saint-Allaire
Eté brûlant à Saint-Allaire

Cet album m'a fait passer un très bon moment. Franck Bouysse est un auteur de romans qui s'est fait un nom ces dernières années et dont il me semble que c'est la première BD. Cette histoire entre comédie, terroir et un petit côté "roman social" font le sel de l'histoire qui, sans être extraordinaire, est facile à lire et prenante sous forme de chapitres qui font que la lecture en est rapide. Le trait de Daniel Cazanave et les couleurs de Claire Champion siéent parfaitement à l'histoire et nous plongent dans la bourgade et ses péripéties. Pas la BD de l'année mais assurément un bon moment de lecture

07/10/2023 (modifier)