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Ce qu'il faut de terre à l'homme

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 6 avis)

Angoulême 2017 : Prix Spécial du Jury 2017 : Prix Tournesol Martin Veyron adapte une nouvelle de Tolstoï


1872 - 1899 : de la IIIe république à la fin du XIXe siècle Adaptations de romans en BD Angoulême 2017 : les gagnants ! Angoulême : récapitulatif des séries primées Prix Tournesol Russie

Ce qu'il faut de terre à l'homme est le nouvel album de Martin Veyron : une fable au thème universel et intemporel : la cupidité des hommes. Sur son lopin de terre de Sibérie, le paysan Pacôme vit avec sa femme et son fils. Il n'est pas riche mais il subvient aux besoins de sa famille. Cependant, Pacôme se sent à l'étroit. « Si seulement j'avais plus de terres, soupire-t-il en regardant par-delà la clôture, je pourrais être tout à fait heureux. » Un appétit, tant pour les terres que pour ce qu'elles rapportent, qui va aller grandissant... D'après une nouvelle de Léon Tolstoï. Texte : Dargaud

Scénaristes
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 22 Janvier 2016
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Ce qu'il faut de terre à l'homme
Les notes (6)
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29/06/2016 | ArzaK
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L'avatar du posteur Noirdésir

Les albums de Martin Veyron que j'ai eu l'occasion de lire avant celui-ci tournaient généralement autour de sujets sociétaux, que l'auteur traitait souvent avec de l'ironie, en y plaçant souvent (mais pas toujours) quelques touches d'érotisme. A priori, avec cette adaptation d'un roman russe du XIXème siècle, on est loin de tout ça ! Et d'ailleurs, le début m'a fait craindre un ennui que finalement je n'ai pas ressenti à la lecture. Car, par delà la présentation de la société rurale tsariste, très inégalitaire, avec des paysans encore proches du servages, Veyron a su faire ressortir les sujets qui l'intéressent. En effet, on a là une critique de la soif d'enrichissement, de la recherche de l'appropriation, du toujours plus qui sacrifie la collectivité sur l'autel de l'individualisme. De plus, la - longue - quête d'enrichissement de cet homme, qui traverse toute la Russie pour s'approprier des immensités cultivables, tourne au pathétique, et la chute, très ironique, donne du sel à cette histoire, et permet à Veyron de retrouver son mordant. Cette chute éclaire le titre d'une lumière dérisoire, avec un humour noir qui fait mouche. Une œuvre de moraliste un peu longue, parfois, pas toujours assez captivante, mais qui mérite un petit détour.

25/12/2017 (modifier)
Par canarde
Note: 3/5
L'avatar du posteur canarde

Martin Veyron est décidément plein de ressources. Je crois bien qu'il a eu le prix tournesol (remis par Yannick Jadot (il se passe des trucks des fois, on croit rêver) ce qui vous mettra surement la puce à l'oreille sur le sujet, alors que j'avais essayé de vous emmener sur une piste plus littéraire...) à Angoulême cette année... Des BD loufoques et sagement érotiques aux dessins de presses politiques, je le voyais en observateur mordant et parfois surréaliste des névroses de notre époque, et voici qu'il se lance dans l'adaptation d'un conte de Tolstoï ! Ici, pas d'ironie, pas de divagation surnaturelle, ni d'érotisme encore moins, apparemment. Les couleurs douces des premiers livres pour enfants, le trait rond et précis de Martin Veyron, la calligraphie régulière, bref, un univers rassurant. Des personnages typés avec des dialogues très justes et évocateurs. Mais c'est l'histoire qui porte l'effroi. L'habitude de l'auteur de la description des rapports de couple se continue dans une opposition où la femme a le beau rôle, dans son bon sens sage et l'homme représente l'excès dévastateur. Sans doute celui de notre époque. Bref Veyron quitte le retrait supérieur de l'ironie, et se jette dans le tragique !

28/11/2016 (MAJ le 31/01/2017) (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Je n'ai pas l'habitude de voir Martin Veyron mettre en scène un récit historique dans un cadre original comme le monde rural Russe du 19e siècle. Il m'a tellement familiarisé à ses décors habituels modernes et à ses personnages de vaudeville gentiment érotiques que j'ai mis quelques secondes à m'adapter au changement de décor. Mais c'est une bonne surprise et je trouve l'essai réussi. J'ai apprécié ce récit plutôt réaliste d'un paysan russe qui est tourmenté par des envies de grandeur et de voir comment les choses se passent, plus ou moins difficilement, pour lui permettre d'acheter de nouvelles terres et devenir à peu près riche. Le dessin convient bien et est agréable, de même que les couleurs sobres et élégantes. J'ai beaucoup aimé les scènes sous la neige notamment. Le rythme narratif est parfois un peu rapide avec des sauts dans le temps qui donnent un léger sentiment de superficialité et empêche de s'attacher vraiment aux personnages, mais ça va. Hélas pour moi, je ne sais plus où j'avais lu le résumé de la fin de cette histoire mais la connaître m'a gâché ma lecture car je voyais trop nettement que tout tendait vers cette morale finale. Cette fin ressemble à une fable pleine d'une sagesse bien terre à terre, c'est le cas de le dire, mais du coup je trouve que l'histoire est un peu le cul entre deux chaises, s'apparentant d'un côté à un récit historiquement réaliste emplissant la majorité de l'album et de l'autre côté à un conte moraliste qui tient sur la vingtaine de pages finales. Du coup, j'hésite à conseiller l'achat car quand on connait la fin, ou qu'on l'a déjà lu une fois, le plaisir de lecture ou de relecture est un peu gâché.

23/11/2016 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Nous suivons les aventures d’une famille de paysan russe à la fin du XIXème dont le patriarche se met à rêver à un agrandissement de son domaine agricole. Cette idée n’est pas venue tout de suite car il était heureux et auto-suffisant. Il aura fallu les arguments du beau-père baigné dans le capitalisme ou encore celui d’un entendant zélé n’hésitant pas à se servir du fouet. L’écrivain russe Léon Tolstoï nous montre dans cette nouvelle que ceux qui rêvent de changer le monde tombe finalement dans les mêmes travers que ceux qu’ils dénoncent. Nous avons malheureusement chaque jour des exemples à travers le monde. J’ai adoré la fin de ce conte moral car cela montre que la cupidité et l’ambition ont des limites. Certes, c’est très abrupt et pas très bien amené, mais c’est finalement assez salutaire. On comprendra aisément le titre à savoir ce qu’il faut de terre à l’homme. Une bd qui a finalement été bien adapté. Il est vrai que je ne connaissais pas l’œuvre de Tolstoï mais que ce nouveau format qu’est la bd apporte véritablement quelque chose. Maintenant et c’est ce que je dis, avoir de l’ambition n’est pas aussi mauvais que cela tout au contraire.

16/11/2016 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Gaston

Adaptation d'une nouvelle que je ne connais pas. Donc je ne peux pas dire à quel point cette BD est fidèle à la nouvelle, mais au moins j'ai l'avantage d'être surpris par une histoire que je ne connais pas du tout. Ça se passe chez les paysans russes. Dans une commune, les paysans sont heureux parce que la vieille riche les laisse faire ce qu'ils veulent sur ses terres, mais un jour le fils décide qu'il est temps qu'ils respectent sa mère et il engage un intendant qui punit tous ceux qui vont sur les terres ou qui laissent leurs animaux aller à cet endroit. Cette situation engendre plusieurs rebondissements et ça se termine de manière ironique et cruelle. L'histoire est prenante du début jusqu'à la fin et j'aime bien comment l'auteur décrit la vie dans cette commune. Les personnages sont humains et leur mauvais côté me fait demander si l'auteur ne voulait pas faire une satire. Le dessin est excellent et la narration est fluide. Un excellent album.

06/07/2016 (modifier)
Par ArzaK
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Martin Veyron nous surprend en adaptant une nouvelle de Tolstoï qui se déroule dans le monde agricole russe du 19e siècle. Un conte moral acide qui divertit par la mise en avant de la bonhomie, de la rudesse et de la mesquinerie de ses personnages. Le sens de la mise en scène, la précision des dialogues et l'évocation visuelle minutieuse de l'époque et du milieu en font un album magistral.

29/06/2016 (modifier)