Les derniers avis (32287 avis)

Couverture de la série Akki - Le Clan disparu
Akki - Le Clan disparu

J'ai trouvé cette série pour la jeunesse charmante. Pierre-Emmanuel Desquet conduit les jeunes lecteurs-trices sur un scénario qui mêle changement climatique, adaptation et acceptation de l'étranger. Ce sont des thèmes assez courants mais en les positionnant dans une préhistoire animalière un peu nounours, l'auteur peut toucher un large public. Akki est un enfant "immigré" sorte de mineur isolé qui ne doit son acceptation qu'à la bienveillance d'Olma la chamane sorte d'assistante sociale de la préhistoire. Ici le clan fait face à une glaciation qui impose de s'adapter pour survivre. Ainsi ceux qui restent sur leurs anciens schémas sont destinés à rejoindre "la grande nuit". Le scénario qui vise des enfants jeunes met en avant les valeurs de courage, d'initiative et d'écoute. C'est très bien amené sans naïveté ni faiblesse. Akki et Olma traversent des épreuves vaincues sans super pouvoir mais avec ingéniosité et persévérance. Le graphisme de Desquet est vraiment très réussi. Les dessins sont beaux et très travaillés à la fois pour les personnages ainsi que pour les magnifiques décors de la steppe glacée. Une très belle série pour les enfants +/- 8 ans qui m'a beaucoup plu.

10/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Fables amères
Fables amères

Je me suis laissé porter par la poésie du graphisme de Chabouté dans toutes ces histoires courtes. J'ai eu l'impression de lire un recueil de nouvelles où l'ambiance générale du récit était bouleversée par la chute des dernières lignes. Bouleversé je l'ai été moi-même à de nombreux endroits ; à commencer par la première histoire qui nous accroche pleinement dans l'ouvrage. Quelle merveille et quelle ingéniosité que ce passage où l'on croit longtemps au drame des parents endormis pour toujours pour finir par cette image de tendresse et d'amour. C'est incroyable ce que l'auteur a su faire passer dans cette scène sans presque aucun texte. Les autres histoires ne sont pas toutes du même niveau, quoique, mais c'est à chaque fois l'occasion de se positionner en profondeur quand la chute est proposée. Certaines histoires sont un peu plus convenues (sur les migrants par exemple) mais c'est traité avec un tel brio de mise en scène et d'expression graphique que l'on ne peut que s'incliner devant cette réalisation. Le graphisme de Chabouté est un chef d'oeuvre d'expressivité dans la simplicité des situations. Chabouté réussit à en retirer toutes les nuances du vécu et des sentiments. Comment résister avec autant d'amour et de sensibilité à chaque page. Une oeuvre qui parle à l'âme d'une grande virtuosité malgré son apparente simplicité. Vraiment pas loin du 5

10/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 4/5
Couverture de la série Imaginaire
Imaginaire

... Je ne me rappelle pas d'un contexte "post-apocalyptique" ?! Mais, de toutes façons, ces histoires n'ont que peu ou prou à voir avec ce dernier : il s'agit avant tout d'une illustration de l'omniprésence des médias au sein d'une société toujours plus avide de sensations fortes, pourvu qu'elles demeurent le plus possible "virtuelles" pour leur audience... Ça semble léger aujourd'hui -on en a vu d'autres !- mais ça l'était moins au moment de la publication originelle, même si le sujet avait déjà été exploré auparavant. Bon : le rythme rapide empêche une réelle immersion dans chacun des chapitres, qui voient le reporter improvisé essayer de suivre les désidérata de son directeur de chaîne, tout en gardant une certaine distance professionnelle avec les différents drames dont il est fatalement témoin. il possède les mêmes traits que le héros récurrent mis en scène dans la série "Fictionnaire" ; j'ai donc envie de prêter d'avantage de profondeur de caractère -et surtout d'empathie !- à ce débrouillard opportuniste... Mais il est vrai que l'action est privilégiée dans les pages de ses tribulations en quête de scoop, et son implication demeure donc objectivement très limitée. Tant pis ! C'est vraiment du beau travail quand même, loin d'un simple prétexte à filles légèrement vêtues -même si on en croise pas mal !- ; mais elles sont toutes si jolies -et si logiquement amenées dans le récit- que ça n'est en rien un handicap pour le déroulement de l'histoire... Ce que c'est que le talent, quand même ! Le dessin est encore une fois sans faille -la colorisation, très "réaliste", toute en transparence, est superbe d'efficacité !- et la mise en page, parfaitement maitrisée, offre un plaisir de lecture très dynamique. L'exploration du sujet reste légère, mais la BD en elle-même est très réussie ; l'esprit de l'Auteur/Artiste, bien connu pour ses récits où alternent les réalités les plus sombres avec l'humour le plus humain, est bien présent et, comme à l'accoutumé, contribue à séduire les amateurs du genre, dont je suis.

09/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Ivo a mis les voiles
Ivo a mis les voiles

Un beau récit qui entremêle le dernier voyage d'un quinquagénaire avec celui d'un jeune homme à sa poursuite dans un Brésil chaud et vivant. Difficile d'en parler sans spoiler. Alors on va rester vague... On croise beaucoup de personnages, chacun apportant sa touche d'humanité à l'ensemble. On est dans un road-movie exotique traversé de douleurs, de beauté, de jeunesse, de violence, de temps mort, d'amour... C'est simple et subtile. Pas de grande démonstrations philosophiques, plutôt un récit de multiples vies qui défilent. Charge à chaque lecteur d'en apprécier la valeur. Au-delà de la narration et du rythme qui collent parfaitement à l'histoire, les cadrages, les dessins et les couleurs sont d'une incroyable justesse. Tout se lit et se comprend instantanément. Je suis impatient de découvrir les autres oeuvres de cet auteur (et de relire encore cette quête d'Ivo)

09/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Noxolo
Noxolo

C'est un récit qui ne peut pas laisser insensible. Jean-Christophe Morandeau avec la documentation d'Amnesty International s'empare d'un thème sensible. L'homosexualité en Afrique qu'elle soit homme ou femme est souvent très mal perçue. La postface de Marc Levy rappelle combien l'homophobie est enracinée profondément dans les mentalités. Noxolo une jeune femme lesbienne vivait en Afrique du Sud un pays à la législation est théoriquement protectrice des homosexuel(le)s. Mère de deux enfants on ne pouvait même pas lui reprocher de ne pas accomplir son rôle de femme-maman. Pourtant une horde barbare au cri de " On va te montrer que tu es une femme" a pensé "soigner" la jeune femme à coup de pierres et de viol collectif. L'auteur met alors en scène une jeune policière qui tombe sur ce cold case que son chef voudrait geler définitivement. La narration de Morandeau est fluide et met en avant la double injustice que subit Noxolo et à sa suite toutes les victimes de ces crimes à qui on refuse la notion même de justice post mortem. L'intensité dramatique augmente au fil du récit jusqu'à cette scène qui se résume malheureusement par "I have a dream". Il y a parfois du Pratt dans le N&B de Morandeau ainsi que dans ses personnages qui rappellent les Ethiopiques. Les dessins sont tout en contraste d'une réalité quotidienne qui ne colle pas avec la législation. Une lecture rapide mais qui remue tellement elle éclaire les horreurs de l'ignorance et de la bêtise.

09/12/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Valérian - L'Armure du Jakolass
Valérian - L'Armure du Jakolass

Pour l'apprécier, pas besoin d'être expert en Valérian (et Laureline!) c'est de la bonne poilade véritablement intergalactique. Bien sûr, vous rigolerez moins à chaque intervention des Shingouzs mais tout ce bestiaire, ces noms de planètes tordus (et bien trouvés, comme "Spidbol 3"), ces gouvernements et sectes intergalactiques sont passe-partout (on pourrait être dans un univers Star Wars, Jupiter, Fondation, Incal ou autres). Bref, on a la croisée d'un bel hommage à la SF des années 80 et d'un bon délire des Fluide glacial des années 90. D'ailleurs, une pelleté de potes (et pas des moindres) participent à l'album pour glisser un personnage par-ci par-là. Très bien vu, ça donne une occasion de le relire une seconde fois d'affilée. La colorisation est magnifique et tranche parfois avec le graphisme volontairement brouillon de Larcenet dans certaines cases. Etrange mais ça passe bien. En fait, le seul point noir, c'est le comique sur les alcooliques un peu trop redondant qui n'apporte plus rien au récit arrivé au milieu. Bref, un très bon moment de (re)lecture et qui donne envie de se replonger dans les aventures de nos 2 agents sptio-temporels favoris.

09/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Barracuda
Barracuda

J'ai relu plusieurs fois cette série avant de l'aviser. Parfois je me laisse porter par l'ambiance du récit de Dufaux et parfois j'y trouve des longueurs et des digressions superflues. Il faut reconnaître que Dufaux n'a pas cherché la facilité avec ce Barracuda que l'on voit assez peu voguer sous la conduite de son capitaine. En effet ce sont les personnages secondaires qui prennent vite le devant de la scène sur une île turbulente mais administrée en bonne mère de famille. La recherche du gros diamant s'efface derrière des histoires d'amour un peu à l'eau de rose entre beaucoup trop de personnages. Dufaux en profite pour y adjoindre des thèmes dans l'air du temps (homosexualité, esclavagisme, femme au pouvoir) qui éloignent encore du genre. Cette tendance à l'éparpillement est une faiblesse de la série à mes yeux. Toutefois les dialogues restent toujours d'un bon niveau ce qui donne une belle profondeur aux personnages. De plus le rythme reste bon même quand l'auteur s'égare dans des voies de traverse. Par contre j'ai trouvé le graphisme de toute beauté. Dans un style réaliste Jeremy nous renvoie au meilleur de l'école Delaby. Aucun détail n'est négligé même pour les personnages insignifiants. Les expressions sont travaillées à merveilles et donnent beaucoup de crédibilité au récit. J'ai beaucoup apprécié la touche (prononcée) d'érotisme qui traverse la série. Les scènes d'actions sont brutales mais dans l'esprit des combats que l'on peut imaginer pour de telles aventures. Cela sonne juste et le graphisme est souvent une aide très forte pour oublier certaines petites faiblesses du scénario. Une série assez envoûtante pour son ambiance graphique mais qui se perd un peu dans des actions sentimentales trop présentes. 3.5

08/12/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Béa Wolf
Béa Wolf

En 1 mot: Epique En 2 mots: trop chouette !!! Oui car ce récit grave à hauteur d'enfant peut faire s'émouvoir adultes et jeunes fougueux. Boulet a observé les enfants qui grandissent, son blog en regorgeaient, et arrive à coucher sur papier ce que tout le monde a vécu et ensuite pratiquement perdu, volontairement ou non. Et il accompagne un execellent scénariste qui sait analyser les chansons de légende par leurs côtés mythique mais aussi littéraire. On a donc ici un excellent récit adaptant l'ancienne ballade de Beowulf, offrant un récit en voix off de haute tenue linguistique et un graphisme à la Billy Brouillard. Chaque page dégage de la grandeur et reflète l'importance que révêtent les petites choses de la vie pour les enfants d'environ début de primaire: les bonbons comme symbole de richesse, le bariolement vestimentaire obligatoire, le camp des barbares incarnés par les ados... C'est jouissif mais on peut avoir honte d'en rigoler face à sérieux affiché par ces enfants luttant de toutes leurs forces pour chaque espace de liberté que les adultes ne leur ont pas encore accaparé. C'est beau et c'est fortement recommandé.

08/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Giovannissima (Giovanna)
Giovannissima (Giovanna)

Je mets à jour mon avis, après lecture de la récente intégrale publiée par Dynamite (intégrale qui reprend les 3 premiers albums: Oh ! Giovanna; Giovanna ! Si !; et Giovanna ! Ah !, c'est à dire les histoires en couleurs, le tout complété par une galerie de pin-up). Giovanna Casotto possède un immense talent pour dessiner les femmes (ce qui est important pour un genre dont les lecteurs sont avant tout des voyeurs !), dans des postures très aguichantes. Se prenant parfois comme modèle (je ne sais pas jusqu'où la copie rejoint l'originale en matière de sexualité), Casotto n'hésite pas à s'écarter des canons habituels en proposant des femmes biens en chair (sans être obèses non plus bien sûr). Elle développe, dans ces très courtes histoires, un fétichisme exacerbé, avec dessous noirs, chaussures (souvent des mules) à talons hauts, et surtout les pieds. Toujours est-il que le réel point fort de ses albums est ce dessin, ultra réaliste, au rendu parfois proche de la photo retouchée (même si ce côté là me convient peut-être un peu moins, je lui trouve parfois un côté froid). Par contre j'avoue préférer son travail en Noir et Blanc (comme je l'avais découvert dans ses albums parus chez Selen), et j'aime moins les touches de couleur qu'elle ajoute (couleurs tapantes en plus). Si c'est globalement un plaisir pour les yeux, les scénarios sont un peu moins emballants. Ce n'est pas qu'une succession de scènes de cul, il y a un réel effort pour trouver des chutes comiques parfois. Si Casotto signe un scénario, les autres sont signés par Fernando Caretta, et surtout M. Grady. Ça fleure bon les pseudos, et je ne serais pas étonné que se cachent sous ces noms Casotto elle-même, et surtout son compagnon, Franco Saudelli, avec lequel elle partage pas mal de choses en matière d'illustration érotique, et en particulier le fétichisme des pieds déjà cité. En tout cas Casotto est une auteure intéressante, et cette série quasi anthologique de son travail vaut le détour. Des histoires pas toujours réussies (avec des chutes moins réussies que dans certains albums d'Histoires en Noir et Blanc comme Chambre 179 et Mauvaises habitudes). Mais visuellement, c'est plus qu'émoustillant, et rien que le dessin vaut le détour ! Les amateurs du genre ne peuvent ignorer cette auteure. Note réelle 3,5/5.

27/01/2016 (MAJ le 08/12/2023) (modifier)
Couverture de la série Oum Kalthoum - Naissance d'une diva
Oum Kalthoum - Naissance d'une diva

C'est une très belle initiative des deux autrices Chadia Loueslati et Nadia Hathroubi-Safsaf de nous rappeler les origines et le talent de cette chanteuse, véritable légende du monde arabe. Le scénario est classiquement structuré autour d'une interview de la diva en 67 après sa représentation à l'Olympia où elle a eu un succès phénoménal. La "rossignol" du Caire était adulée par tout le sud de la Méditerranée et admirée par tout le nord. Le récit installe la future diva dans son petit village du delta du Nil avec sa famille très pauvre où les filles s'occupaient de la maison et du coton. Grâce à une voix exceptionnelle et une interprétation qui transcendent les textes sacrés ou profanes, Oum va vite devenir une grande vedette dans les capitales arabes. Elle était aussi un symbole d'une identité culturelle arabe dans des pays encore sous domination Française ou Britannique. C'est un récit très touchant qui montre un visage différent du vedettariat avec une jeune fille puis une femme libre et attachée à ses origines familiales et cultuelles. Le saut dans le passé que propose les autrices est aussi un choc si l'on compare avec la situation dans les mêmes pays aujourd'hui. Le graphisme est réaliste pour se rapprocher de l'image des différents intervenants de la biographie. C'est clair et agréable à lire avec ce trait simple et précis. L'auteure a choisi un N&B au teintes gris-bleuté ou sépia ce qui donne une ambiance rétro qui colle au récit. Une lecture agréable pour sortir des artistes occidentaux et ouvrir les jeunes à d'autres cultures.

07/12/2023 (modifier)