Paroles de Verdun est une BD qui expose des lettres de la 1ère guerre mondiale, d'abord en texte, puis une nouvelle fois dans une courte histoire, avec un dessinateur différent à chaque fois.
C'est une lecture difficile, éprouvante, par la gravité de la guerre et les traumatismes des soldats, parfois conscients d'écrire leur dernière lettre. L'exemple de Henri Herduin est particulièrement poignant.
Jean Giono, qui est écrivain, a aussi participé à la guerre, et ses lettres sont donc particulièrement bien écrites.
On apprend des anecdotes terribles dont on parle peu en cours. Cet aspect humain aurait dû être au cœur de l'éducation scolaire.
Ça m'a donné envie de lire toutes les lettres (celles médiatisées bien sûr, puisqu'il y avait des millions de lettres par jour), dictées sur Radio France.
Par contre, je n'ai pas été convaincu par la BD en elle-même, je n'aime pas le mélange bouillonnant de dessinateurs, ça détériore la cohérence et la direction artistique.
D'autant plus que la redondance entre les lettres et leur équivalent en bulles ne donne pas envie de lire la BD. Au final, je ne lisais que les lettres.
C'est une bonne introduction à la bataille de Verdun, mais je ne la recommande pas en tant que BD.
Après Les Aventures de Lucky Luke d'après Morris , les derniers Blake et Mortimer ou Astérix un autre monstre sacré revient pour nous faire vivre de nouvelles histoires, Gaston Lagaffe! Oui, personne n'y croyait mais il est sorti, désormais entre les mains de jeunes et de moins jeunes, constatatant les catstrophes du serial gaffeur.
Comme beaucoup, j'ai senti le coup de marketing, pour surfer sur un nom qui parle à tout le monde et livrant du fan service. Et puis Delaf = Les Nombrils , la série qui doit faire d'jeun...
Mais sachant que cela sera lu par pas mal d'enfants ou adultes de passage chez moi, hop je l'embarque et le lis... et me retrouve des décennies en arrière, je crois entendre l'accordéon de Giscard derrière ma porte. Le sourire s'élargit et les ricanements débutent et les rires s'enchaînent. C'est génial, il a remporté le pari! Le temps est resté figé, les parcmètres, les cendars au bureau... back to the future. Et pourtant l'auteur glisse discrétement des référence aux tendances actuelles (comme l'aïe-phone ou le vélo électrique) moins pointées en gros comme les charettes lutéçoises du dernier Asterix par exemple.
Et puis arrivent en scène l'un après l'autre tous les personnages de la série, emblématiques ou secondaires, tous ayant droit à leurs 3 cases de gloire. Chapeau l'artiste!
Bref un sans faute pour la première partie. Car il y a la deuxième, sous forme de mini-histoire sur une douzaine de pages, séquencée par page pour respecter le quto de gag de fin de page. C'est intéressant... mais ça ne colle pas, à mon sens, à l'univers de Gaston. Gaston, c'est le bordel, le changement permanent, les choses n'y ont ni queue ni tête donc ni début ni fin. Mais la fin est heureusement belle et relativise la frustration. Et puis, cela renforce le respect que j'ai pour Delaf: reprendre une série iconique en respectant ses codes pour en faire une copie parfaite tout en y greffant ensuite une nouvelle manière de lecture, ça en impose.
Ahhh, retrouver Poe et son iconique Maison Usher dans un album très réussi, ça faisait longtemps !
C'est Jean Dufaux qu'on retrouve au scénario de cette libre adaptation ; s'il garde les grandes lignes de la nouvelle d'Edgar Poe, il s'amuse à y intégrer de façon savoureuse son créateur. On est d'abord surpris par cette intrusion, mais c'est plutôt bien amené et le clin d'oeil n'est pas gratuit.
Côté dessin, c'est Jaime Calderon qui s'y colle. Je l'avais découvert avec la très bonne série scénarisée par le couple Gloris Isabelle - La Louve de France. Son trait réaliste à la couleur directe insuffle toute la dramaturgie nécessaire à cette adaptation. Ses planches sont somptueuses, et la très bonne idée de Delcourt de publier cet album dans un grand format valorise parfaitement son travail (Notons au passage le très bon travail de maquette de l'album renforcé par un joli dos toilé violet du plus bel effet ! ).
Moi qui ai découvert la littérature fantastique grâce à Poe et aux auteurs romantiques et gothiques de la fin du XIXe, j'appréhende toujours de lire ces adaptations qui sont loin d'être toujours à la hauteur. Ici, pas de mauvaises surprises, nos auteurs, tout en sachant garder le fil rouge de la nouvelle d'origine trouvent des chemins de traverse originaux pour s'approprier et nous restituer un album de très bonne facture. Je note aussi au passage, la très bonne idée d'inclure à la fin la nouvelle originale de Poe.
J'ai été amené à découvrir cette série grâce à mon garçon de huit ans. Je l'en remercie car c'est une belle surprise. C'est la troisième série de Miss Prickly que je lis et je la préfère nettement dans le domaine des animaux que chez cette peste d'Adèle.
Elle s'appuie sur des scénarii merveilleux et écologiques où le petit Jack peut se transformer à volonté en animal de son choix. Bien que muet cela lui donne une relation privilégiée avec la nature (bois, montagne, faune et flore) où Jack habite.
Cela permet à Kid Toussaint d'introduire des passages pédagogiques sympa où il souligne certaines caractéristiques des animaux choisis par Jack (odorat, vitesse, vue...).
L'auteur élargit sa proposition en introduisant des personnages mythologiques d'horizons inconnus pour nous (le Liechi slave / le Busgosu des Asturies...).
Ce sont des thèmes dans l'air du temps qui touchent les enfants.
Le graphisme de Miss Prickly convient parfaitement à ce public. Son trait est très attractif, rond et simple pour créer des animaux doudous bien sympas. L'autrice réussit très bien à élever le niveau des détails de ses personnages quand elle dessine les personnages de légendes très bien rendus.
Une très belle série pour la jeunesse (+/- 8 ans) qui travaille sur de belles valeurs sans vulgarité ni niaiserie.
J'adore le trait et le style de Jean Dytar, dont j'ai moins apprécié Le Sourire des Marionnettes mais qui m'a ébloui avec son La Vision de Bacchus. Je n'ai pas encore lu les deux derniers volumes de sa main mais je l'attends avec impatience.
Très plongé dans l'Histoire, il se permets de nous disséquer des périodes de façon complète, s'attachant à décrire les hommes, les femmes, les politiques, les aspirations et les rêves d'une époque. Ici, c'est les grandes découvertes et l'effervescence d'une Europe qui devient terrain de guerres nouvelles (guerres d'empires et guerres de religion), avec au centre un rescapé d'une expédition en Floride et les questions de récits de voyage.
Mine de rien, l'ensemble est dense en thématiques, mais l'histoire se lit d'une traite. C'est une histoire qui va prendre à nouveau un personnage central de femme (comme dans La Vision de Bacchus) dans sa vie, parfois monotone et dans laquelle elle espère plus d'aventures. Aventures que son mari a vécu, violemment et brutalement, dans le Nouveau Monde, mais dont il ne parle jamais.
Je pense que l'attachement que j'ai aux BD de Jean Dytar est surtout dû à la précision qu'il met dans la documentation, et ça se sent. Tout son récit est accroché à des faits historiques précis, chacun étant non pas simplement mis dans la BD pour ancrer à une période, mais aussi pour détailler comment les personnages le comprennent. On décapite Marie Stuart, qu'en pensent les protestants anglais ? Ces questions diablement intéressantes à mon sens permettent à l'histoire racontée dans la BD de dépasser les cadres de sa propre histoire. On baigne ainsi dans une période, plutôt que de la regarder de loin. C'est immersif et surtout ça rajoute une densité à ce monde, qui semble exister en dehors de l'histoire des protagonistes.
J'adore donc le traitement, mais l'histoire m'a intéressée aussi : les premières expéditions en Floride, avec tout ce qu'il s'est passé sur place, mais aussi la vision en Europe de ces expéditions, l'attrait pour les merveilles du Nouveau Monde, les guerres qui commencent à ravager l'Europe avec le conflit protestant … Ces intrigues croisées placent les personnages au cœur de plusieurs intrigues passionnantes. Le récit cache pendant un long moment ce qu'il en fut de l'expédition en Floride, et lorsqu'il est raconté c'est d'une façon qui rappelle les récits de voyage publiés à posteriori.
Le récit est très complet sur son sujet et porte un regard assez sombre sur l'humain, comme le rappelle Jacques dans son échange final. Il y a aussi toute la question des imaginaires qui se créent, Jean Dytar semblant dire (dans plusieurs BD) que ce que nous imaginons, rêvons et pensons n'est qu'une déformation de la réalité qui fut. C'est ce qu'on nous a raconté, ce qui nous en est parvenu. Les planches finales sont assez explicites dessus (le texte en postface est éclairant aussi). Tout est factice, sans être complètement faux. Une morale que j'apprécie beaucoup mais surtout qui se veut très proche des conceptions qui animent un(e) historien(ne) : trouver ce qui fut vrai derrière ce qui est dit, comprendre ce que vivaient les humains de cette époque au-delà des faits.
Jean Dytar est décidément un auteur que j'apprécie beaucoup. Même ses BD que j'aime moins sont bonnes, et celles qui me plaisent me semblent excellentes !
Voici la toute dernière reprise de Bob Morane.
Après la tentative en 2015 avec Bob Morane Renaissance par Brunschwig, Ducoudray et Armand, qui a été arrêté au bout du premier diptyque et qui a été désavoué par Henri Vernes, c’est au tour de deux scénaristes très prolifiques de s’atteler à la tâche, Bec et Corbeyran.
C’est d’ailleurs presque 20 ans après que ces deux auteurs vont collaborer à nouveau ensemble (à ma connaissance) après leur premier album en commun (Pour Bec, son premier album et au dessin a ce moment là) Dragan.
Pour ce travail ils vont collaborer au dessin avec Paolo Grella.
Comme l’exercice est toujours difficile de reprendre une série, connus de tous et ayant eu du succès, elle est toujours attendu au tournant, entre les ayatollah qui sont contre toute forme de reprise, les maisons d’éditions qui rêvent de reprendre toute série ayant eu du succès, et les lecteurs toujours curieux de découvrir une nouvelle manière de traiter un héros. Ceux qui veulent complètement dépoussiérer l’œuvre originale et ceux qui veulent au contraire que cela reste dans la droite lignée de la création première, j’avoue que je n’aimerais pas être à la place des auteurs, car ils ont toutes les chances de faire plus de mécontents qu’autre chose, et ce qui est sûr, c’est qu’ils sont attendus au tournant.
Bec avait déjà failli reprendre Bob Morane il y a presque 10 ans, projet abandonné qui donna la série (diptyque) Lancaster, au vu de la piètre qualité de cette série, il a eu la bonne idée de s’adjoindre la collaboration de Corbeyran pour cette foi. (On peut lire en début du premier album Corbeyran remercier Bec de l’avoir invité sur ce projet).
Avec Bob Morane Renaissance, les auteurs avaient fait le partie prit de clairement moderniser et de rendre contemporain ce bon vieux Bob, ce qui clairement n’a pas marché.
Là au contraire, les auteurs ont clairement modernisé dans la manière d’écrire les scénarios, et de construire les planches, mais ont décidé de laisser Bob dans son jus, dans les années 1950, entouré de tous les personnages et lieux qu’on lui connaît.
C’est claire, on n’est pas dépaysé.
Dès le premier tome, on retrouve Bob, accompagné de son acolyte Bill Ballantine, qui fera face à un des plus célèbres méchant de la bande dessinée l’Ombre Jaune.
J’y ai retrouvé tous les éléments qui font que Bob est Bob, de l’aventure au bout du monde, de la science fiction, des histoires de clonages, d’extraterrestres avec un gros clin d’œil à Alien (le film), de l’action, le héros sans peur et sans reproche à qui tout sourit.
Dans le deuxième tome, on retrouve Sophia Paramount la journaliste, une aventure dans le temps, des dinosaures, son abbaye dans le massif central. Les belles voitures de l’époque, les références historiques qui vont avec (guerre d’Indochine, guerre d’Algerie)…
Ayant lu il y a peu les intégrales Bob Morane de Vernes, j’ai trouvé que la transition était parfaite (contrairement à Bob Morane Renaissance), c’est bien simple, j’avais le sentiment de lire un Bob Morane, et non pas une tentative de faire du…
Les auteurs ont fait le choix de tout de suite nous plonger dans un maximum de références qui font la série d’origine, et bien leur en a pris.
À mes yeux c’est une reprise parfaitement réussi, j’ai eu beaucoup de plaisir à me plonger dans leurs nouvelles aventures, ce sont clairement deux scénaristes qui savent ce qu’ils font, qui connaissent bien leurs personnages et leur univers.
Elle a le mérite d’être dans le prolongement parfait de la série d’origine, en revenant à l’essentiel et aux années 1950, tout en modernisant la manière de faire (oui la BD a évolué en 50 ans).
Paolo Grella nous offre un dessin tout à fait adapté à la série, beau, lisible, de belles planches et de belles grandes cases, qui finalement colle parfaitement au personnage, et fait un digne successeur des grand noms qui ont dessiné ses aventures avant lui.
Alors c’est vrai qu’avec le massacre d’Alien avec un lance flamme, la chute d’un astéroïde sur Terre, on sent fortement la touche de Bec et de Corbeyran au scénario, mais j’ai apprécié car finalement ils ce sont bien appropriés l’œuvre et y mettent une part d’eux mêmes.
Pour conclure, c’est une belle série d’aventures, qui m’aurait certainement beaucoup plu même si elle n’était pas estampillée Bob Morane, qui m’a fait passer un très bon moment, et qui a su reprendre un personnage emblématique de la bande dessinée, le dépoussiérer, le moderniser tout en gardant son essence d’origine, et tout en respectant l’œuvre d’origine.
Alors bravo à ces messieurs et à ce trio, pour moi cette reprise est un pari réussi, sur un exercice de style toujours très compliqué.
Je lirais la suite avec plaisir.
Note réel 3,5
Alors, j'ai deux avis, celui de quand j'étais le pré ados qui a découvert que ses parents faisaient une folie en achetant cette encyclopédie hors de prix pour l'époque mais qui m'a plongé à tout jamais dans la BD ! Je ne peux que donner une très forte qui n'est pas dans l’échelle.
Et un avis de l'homme que je suis, qui 40 ans plus tard pense encore à ces épisodes liés aux thèmes du livre auquel la BD était soudée ! Moins bonne car l'histoire, le scénario, a eu trop de données pour être libre, et surtout ne pas trop choquer avec du sang et des morts, le but était de faire apprendre des choses, pas de prendre le focus !!
Pour moi, c'est comme faire rentrer une histoire dans un tube, tu peux pas avoir d'angle, dommage, mais qu'importe, c'est à lire plusieurs fois dans sa vie !
Anecdote : J'ai dessiné pendant des années des vaisseaux à la Protéo !
ps : j'ai encore la collection complète !
:)
A l'approche de la date fatidique (sic...demain!!), il est de bon ton de se remémorer l'histoire et les origines de Saint-Nicolas...Thierry Van Asselt la/les modernise en la/les transposant dans notre environnement et thématiques actuels. Et je l'avoue, c'est brillant et à propos.
Quasi muette et malgré un dessin sec et rêche (Nullement un défaut à mes yeux), on enchaine les cases et les planches de cette bd à allure régulière et lente tant nos rétines sont en éveil et contemplation. Ça frappe juste, ça touche et ça questionne.
Punk à souhait.
Un immanquable de plus pour 2023.
Bien pensant s'abstenir.
Je découvre la collection (et les auteurs) avec cet album, je ne sais pas s’ils seront tous du même acabit mais une bien bonne entrée en matière.
Emprunté et lu au pifomètre, je ne savais pas trop sur quoi j’allais tomber, un bon moment de lecture comme je les aime.
Le graphisme est très agréable et c’est très bien raconté, on enquille les pages sans se rendre compte.
On se laisse bercer par Elisabeth Freeman, une femme de tous les combats. J’ignorais tout du personnage, des faits et de cette enquête, merci aux auteurs d’éclairer ma lanterne de si belle manière. Dorénavant elle ne me sera plus une inconnue.
Comme dit plus haut, c’est formidablement bien narré, les auteurs racontent une histoire vrai (et qui fait froid dans le dos) dans une petite bourgade américaine en 1916.
L’interview en fin d’album est un beau cadeau, on découvre que les auteurs ont légèrement romancé certains passages mais ça n’enlève en rien la force et le propos, bien au contraire. Le passage raconté avec les dessins d’enfants est magistral et bien trouvé pour dénoncer une telle horreur.
Cette Bd est carrément étonnante, et sans doute une des plus originale dans l'utilisation de l'art narratif séquentiel que j'ai lu (hors OuBaPo). Parce que l'auteur Tom Haugomat propose un parti pris unique qu'il tient jusqu'au bout, tout en arrivant à nous faire ressentir des émotions devant une histoire d'une simplicité déconcertante.
Cette proposition audacieuse de planches liées thématiquement par le regard que porte le personnage permets de mettre en lumière une situation précise à chaque page, à la fois dans ce qu'il se passe mais aussi dans ce qu'on ressent. Il est facile de simplement garder en tête la première page et ainsi comprendre ce qu'il arrive au personnage, mais c'est surtout cette seconde image, ce qu'il voit, qui aide à comprendre ce qu'il ressent. Ou ce qu'il vit. Comme l'a souligné Blue Boy, certaines images sont à elles seules suffisantes pour éclairer une situation. Et faire ressentir tout le poids de ce qu'il se passe devant nous : naissance, passion, amour, rancœur … Sans aucune parole, en images simples, l'auteur arrive à transmettre quelque chose de profond. J'ai d'ailleurs été surpris du temps que je prenais à regarder chaque image pour m'imprégner de la situation, mais aussi de la mise en relation des deux dessins à chaque fois qui est souvent intéressant de bien regarder. Et je suis presque certain que la relecture sera aussi plus lente, pour tout apprécier.
Il y a également quelques pages d'images assez saisissantes au milieu, qui sont saisissantes par rapport au format classique des autres pages. Ces images sont à la fois des moments importants dans la vie du personnage, mais aussi des détails qui importeront pour la suite. En effet, l'auteur a volontairement repris plusieurs éléments de pages en page pour faire comprendre le temps qui passe ou rappeler une émotion. C'est une utilisation habile de cette technique et je ne peux qu'apprécier !
En bref : cette BD est complètement originale dans son procédé et pourtant diablement efficace dans sa narration. Je recommande carrément d'y jeter un œil, parce que c'est assez étonnant comme façon de raconter une histoire et que les propositions innovantes sont toujours appréciables dans un média qui sait souvent rester dans des codes classiques. A lire !
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Paroles de Verdun
Paroles de Verdun est une BD qui expose des lettres de la 1ère guerre mondiale, d'abord en texte, puis une nouvelle fois dans une courte histoire, avec un dessinateur différent à chaque fois. C'est une lecture difficile, éprouvante, par la gravité de la guerre et les traumatismes des soldats, parfois conscients d'écrire leur dernière lettre. L'exemple de Henri Herduin est particulièrement poignant. Jean Giono, qui est écrivain, a aussi participé à la guerre, et ses lettres sont donc particulièrement bien écrites. On apprend des anecdotes terribles dont on parle peu en cours. Cet aspect humain aurait dû être au cœur de l'éducation scolaire. Ça m'a donné envie de lire toutes les lettres (celles médiatisées bien sûr, puisqu'il y avait des millions de lettres par jour), dictées sur Radio France. Par contre, je n'ai pas été convaincu par la BD en elle-même, je n'aime pas le mélange bouillonnant de dessinateurs, ça détériore la cohérence et la direction artistique. D'autant plus que la redondance entre les lettres et leur équivalent en bulles ne donne pas envie de lire la BD. Au final, je ne lisais que les lettres. C'est une bonne introduction à la bataille de Verdun, mais je ne la recommande pas en tant que BD.
Gaston Lagaffe (Delaf d'après Franquin)
Après Les Aventures de Lucky Luke d'après Morris , les derniers Blake et Mortimer ou Astérix un autre monstre sacré revient pour nous faire vivre de nouvelles histoires, Gaston Lagaffe! Oui, personne n'y croyait mais il est sorti, désormais entre les mains de jeunes et de moins jeunes, constatatant les catstrophes du serial gaffeur. Comme beaucoup, j'ai senti le coup de marketing, pour surfer sur un nom qui parle à tout le monde et livrant du fan service. Et puis Delaf = Les Nombrils , la série qui doit faire d'jeun... Mais sachant que cela sera lu par pas mal d'enfants ou adultes de passage chez moi, hop je l'embarque et le lis... et me retrouve des décennies en arrière, je crois entendre l'accordéon de Giscard derrière ma porte. Le sourire s'élargit et les ricanements débutent et les rires s'enchaînent. C'est génial, il a remporté le pari! Le temps est resté figé, les parcmètres, les cendars au bureau... back to the future. Et pourtant l'auteur glisse discrétement des référence aux tendances actuelles (comme l'aïe-phone ou le vélo électrique) moins pointées en gros comme les charettes lutéçoises du dernier Asterix par exemple. Et puis arrivent en scène l'un après l'autre tous les personnages de la série, emblématiques ou secondaires, tous ayant droit à leurs 3 cases de gloire. Chapeau l'artiste! Bref un sans faute pour la première partie. Car il y a la deuxième, sous forme de mini-histoire sur une douzaine de pages, séquencée par page pour respecter le quto de gag de fin de page. C'est intéressant... mais ça ne colle pas, à mon sens, à l'univers de Gaston. Gaston, c'est le bordel, le changement permanent, les choses n'y ont ni queue ni tête donc ni début ni fin. Mais la fin est heureusement belle et relativise la frustration. Et puis, cela renforce le respect que j'ai pour Delaf: reprendre une série iconique en respectant ses codes pour en faire une copie parfaite tout en y greffant ensuite une nouvelle manière de lecture, ça en impose.
La Maison Usher
Ahhh, retrouver Poe et son iconique Maison Usher dans un album très réussi, ça faisait longtemps ! C'est Jean Dufaux qu'on retrouve au scénario de cette libre adaptation ; s'il garde les grandes lignes de la nouvelle d'Edgar Poe, il s'amuse à y intégrer de façon savoureuse son créateur. On est d'abord surpris par cette intrusion, mais c'est plutôt bien amené et le clin d'oeil n'est pas gratuit. Côté dessin, c'est Jaime Calderon qui s'y colle. Je l'avais découvert avec la très bonne série scénarisée par le couple Gloris Isabelle - La Louve de France. Son trait réaliste à la couleur directe insuffle toute la dramaturgie nécessaire à cette adaptation. Ses planches sont somptueuses, et la très bonne idée de Delcourt de publier cet album dans un grand format valorise parfaitement son travail (Notons au passage le très bon travail de maquette de l'album renforcé par un joli dos toilé violet du plus bel effet ! ). Moi qui ai découvert la littérature fantastique grâce à Poe et aux auteurs romantiques et gothiques de la fin du XIXe, j'appréhende toujours de lire ces adaptations qui sont loin d'être toujours à la hauteur. Ici, pas de mauvaises surprises, nos auteurs, tout en sachant garder le fil rouge de la nouvelle d'origine trouvent des chemins de traverse originaux pour s'approprier et nous restituer un album de très bonne facture. Je note aussi au passage, la très bonne idée d'inclure à la fin la nouvelle originale de Poe.
Animal Jack
J'ai été amené à découvrir cette série grâce à mon garçon de huit ans. Je l'en remercie car c'est une belle surprise. C'est la troisième série de Miss Prickly que je lis et je la préfère nettement dans le domaine des animaux que chez cette peste d'Adèle. Elle s'appuie sur des scénarii merveilleux et écologiques où le petit Jack peut se transformer à volonté en animal de son choix. Bien que muet cela lui donne une relation privilégiée avec la nature (bois, montagne, faune et flore) où Jack habite. Cela permet à Kid Toussaint d'introduire des passages pédagogiques sympa où il souligne certaines caractéristiques des animaux choisis par Jack (odorat, vitesse, vue...). L'auteur élargit sa proposition en introduisant des personnages mythologiques d'horizons inconnus pour nous (le Liechi slave / le Busgosu des Asturies...). Ce sont des thèmes dans l'air du temps qui touchent les enfants. Le graphisme de Miss Prickly convient parfaitement à ce public. Son trait est très attractif, rond et simple pour créer des animaux doudous bien sympas. L'autrice réussit très bien à élever le niveau des détails de ses personnages quand elle dessine les personnages de légendes très bien rendus. Une très belle série pour la jeunesse (+/- 8 ans) qui travaille sur de belles valeurs sans vulgarité ni niaiserie.
Florida
J'adore le trait et le style de Jean Dytar, dont j'ai moins apprécié Le Sourire des Marionnettes mais qui m'a ébloui avec son La Vision de Bacchus. Je n'ai pas encore lu les deux derniers volumes de sa main mais je l'attends avec impatience. Très plongé dans l'Histoire, il se permets de nous disséquer des périodes de façon complète, s'attachant à décrire les hommes, les femmes, les politiques, les aspirations et les rêves d'une époque. Ici, c'est les grandes découvertes et l'effervescence d'une Europe qui devient terrain de guerres nouvelles (guerres d'empires et guerres de religion), avec au centre un rescapé d'une expédition en Floride et les questions de récits de voyage. Mine de rien, l'ensemble est dense en thématiques, mais l'histoire se lit d'une traite. C'est une histoire qui va prendre à nouveau un personnage central de femme (comme dans La Vision de Bacchus) dans sa vie, parfois monotone et dans laquelle elle espère plus d'aventures. Aventures que son mari a vécu, violemment et brutalement, dans le Nouveau Monde, mais dont il ne parle jamais. Je pense que l'attachement que j'ai aux BD de Jean Dytar est surtout dû à la précision qu'il met dans la documentation, et ça se sent. Tout son récit est accroché à des faits historiques précis, chacun étant non pas simplement mis dans la BD pour ancrer à une période, mais aussi pour détailler comment les personnages le comprennent. On décapite Marie Stuart, qu'en pensent les protestants anglais ? Ces questions diablement intéressantes à mon sens permettent à l'histoire racontée dans la BD de dépasser les cadres de sa propre histoire. On baigne ainsi dans une période, plutôt que de la regarder de loin. C'est immersif et surtout ça rajoute une densité à ce monde, qui semble exister en dehors de l'histoire des protagonistes. J'adore donc le traitement, mais l'histoire m'a intéressée aussi : les premières expéditions en Floride, avec tout ce qu'il s'est passé sur place, mais aussi la vision en Europe de ces expéditions, l'attrait pour les merveilles du Nouveau Monde, les guerres qui commencent à ravager l'Europe avec le conflit protestant … Ces intrigues croisées placent les personnages au cœur de plusieurs intrigues passionnantes. Le récit cache pendant un long moment ce qu'il en fut de l'expédition en Floride, et lorsqu'il est raconté c'est d'une façon qui rappelle les récits de voyage publiés à posteriori. Le récit est très complet sur son sujet et porte un regard assez sombre sur l'humain, comme le rappelle Jacques dans son échange final. Il y a aussi toute la question des imaginaires qui se créent, Jean Dytar semblant dire (dans plusieurs BD) que ce que nous imaginons, rêvons et pensons n'est qu'une déformation de la réalité qui fut. C'est ce qu'on nous a raconté, ce qui nous en est parvenu. Les planches finales sont assez explicites dessus (le texte en postface est éclairant aussi). Tout est factice, sans être complètement faux. Une morale que j'apprécie beaucoup mais surtout qui se veut très proche des conceptions qui animent un(e) historien(ne) : trouver ce qui fut vrai derrière ce qui est dit, comprendre ce que vivaient les humains de cette époque au-delà des faits. Jean Dytar est décidément un auteur que j'apprécie beaucoup. Même ses BD que j'aime moins sont bonnes, et celles qui me plaisent me semblent excellentes !
Bob Morane (2021)
Voici la toute dernière reprise de Bob Morane. Après la tentative en 2015 avec Bob Morane Renaissance par Brunschwig, Ducoudray et Armand, qui a été arrêté au bout du premier diptyque et qui a été désavoué par Henri Vernes, c’est au tour de deux scénaristes très prolifiques de s’atteler à la tâche, Bec et Corbeyran. C’est d’ailleurs presque 20 ans après que ces deux auteurs vont collaborer à nouveau ensemble (à ma connaissance) après leur premier album en commun (Pour Bec, son premier album et au dessin a ce moment là) Dragan. Pour ce travail ils vont collaborer au dessin avec Paolo Grella. Comme l’exercice est toujours difficile de reprendre une série, connus de tous et ayant eu du succès, elle est toujours attendu au tournant, entre les ayatollah qui sont contre toute forme de reprise, les maisons d’éditions qui rêvent de reprendre toute série ayant eu du succès, et les lecteurs toujours curieux de découvrir une nouvelle manière de traiter un héros. Ceux qui veulent complètement dépoussiérer l’œuvre originale et ceux qui veulent au contraire que cela reste dans la droite lignée de la création première, j’avoue que je n’aimerais pas être à la place des auteurs, car ils ont toutes les chances de faire plus de mécontents qu’autre chose, et ce qui est sûr, c’est qu’ils sont attendus au tournant. Bec avait déjà failli reprendre Bob Morane il y a presque 10 ans, projet abandonné qui donna la série (diptyque) Lancaster, au vu de la piètre qualité de cette série, il a eu la bonne idée de s’adjoindre la collaboration de Corbeyran pour cette foi. (On peut lire en début du premier album Corbeyran remercier Bec de l’avoir invité sur ce projet). Avec Bob Morane Renaissance, les auteurs avaient fait le partie prit de clairement moderniser et de rendre contemporain ce bon vieux Bob, ce qui clairement n’a pas marché. Là au contraire, les auteurs ont clairement modernisé dans la manière d’écrire les scénarios, et de construire les planches, mais ont décidé de laisser Bob dans son jus, dans les années 1950, entouré de tous les personnages et lieux qu’on lui connaît. C’est claire, on n’est pas dépaysé. Dès le premier tome, on retrouve Bob, accompagné de son acolyte Bill Ballantine, qui fera face à un des plus célèbres méchant de la bande dessinée l’Ombre Jaune. J’y ai retrouvé tous les éléments qui font que Bob est Bob, de l’aventure au bout du monde, de la science fiction, des histoires de clonages, d’extraterrestres avec un gros clin d’œil à Alien (le film), de l’action, le héros sans peur et sans reproche à qui tout sourit. Dans le deuxième tome, on retrouve Sophia Paramount la journaliste, une aventure dans le temps, des dinosaures, son abbaye dans le massif central. Les belles voitures de l’époque, les références historiques qui vont avec (guerre d’Indochine, guerre d’Algerie)… Ayant lu il y a peu les intégrales Bob Morane de Vernes, j’ai trouvé que la transition était parfaite (contrairement à Bob Morane Renaissance), c’est bien simple, j’avais le sentiment de lire un Bob Morane, et non pas une tentative de faire du… Les auteurs ont fait le choix de tout de suite nous plonger dans un maximum de références qui font la série d’origine, et bien leur en a pris. À mes yeux c’est une reprise parfaitement réussi, j’ai eu beaucoup de plaisir à me plonger dans leurs nouvelles aventures, ce sont clairement deux scénaristes qui savent ce qu’ils font, qui connaissent bien leurs personnages et leur univers. Elle a le mérite d’être dans le prolongement parfait de la série d’origine, en revenant à l’essentiel et aux années 1950, tout en modernisant la manière de faire (oui la BD a évolué en 50 ans). Paolo Grella nous offre un dessin tout à fait adapté à la série, beau, lisible, de belles planches et de belles grandes cases, qui finalement colle parfaitement au personnage, et fait un digne successeur des grand noms qui ont dessiné ses aventures avant lui. Alors c’est vrai qu’avec le massacre d’Alien avec un lance flamme, la chute d’un astéroïde sur Terre, on sent fortement la touche de Bec et de Corbeyran au scénario, mais j’ai apprécié car finalement ils ce sont bien appropriés l’œuvre et y mettent une part d’eux mêmes. Pour conclure, c’est une belle série d’aventures, qui m’aurait certainement beaucoup plu même si elle n’était pas estampillée Bob Morane, qui m’a fait passer un très bon moment, et qui a su reprendre un personnage emblématique de la bande dessinée, le dépoussiérer, le moderniser tout en gardant son essence d’origine, et tout en respectant l’œuvre d’origine. Alors bravo à ces messieurs et à ce trio, pour moi cette reprise est un pari réussi, sur un exercice de style toujours très compliqué. Je lirais la suite avec plaisir. Note réel 3,5
Protéo
Alors, j'ai deux avis, celui de quand j'étais le pré ados qui a découvert que ses parents faisaient une folie en achetant cette encyclopédie hors de prix pour l'époque mais qui m'a plongé à tout jamais dans la BD ! Je ne peux que donner une très forte qui n'est pas dans l’échelle. Et un avis de l'homme que je suis, qui 40 ans plus tard pense encore à ces épisodes liés aux thèmes du livre auquel la BD était soudée ! Moins bonne car l'histoire, le scénario, a eu trop de données pour être libre, et surtout ne pas trop choquer avec du sang et des morts, le but était de faire apprendre des choses, pas de prendre le focus !! Pour moi, c'est comme faire rentrer une histoire dans un tube, tu peux pas avoir d'angle, dommage, mais qu'importe, c'est à lire plusieurs fois dans sa vie ! Anecdote : J'ai dessiné pendant des années des vaisseaux à la Protéo ! ps : j'ai encore la collection complète ! :)
La Véritable Histoire de Saint-Nicolas
A l'approche de la date fatidique (sic...demain!!), il est de bon ton de se remémorer l'histoire et les origines de Saint-Nicolas...Thierry Van Asselt la/les modernise en la/les transposant dans notre environnement et thématiques actuels. Et je l'avoue, c'est brillant et à propos. Quasi muette et malgré un dessin sec et rêche (Nullement un défaut à mes yeux), on enchaine les cases et les planches de cette bd à allure régulière et lente tant nos rétines sont en éveil et contemplation. Ça frappe juste, ça touche et ça questionne. Punk à souhait. Un immanquable de plus pour 2023. Bien pensant s'abstenir.
Waco Horror - Elisabeth Freeman, l'infiltrée
Je découvre la collection (et les auteurs) avec cet album, je ne sais pas s’ils seront tous du même acabit mais une bien bonne entrée en matière. Emprunté et lu au pifomètre, je ne savais pas trop sur quoi j’allais tomber, un bon moment de lecture comme je les aime. Le graphisme est très agréable et c’est très bien raconté, on enquille les pages sans se rendre compte. On se laisse bercer par Elisabeth Freeman, une femme de tous les combats. J’ignorais tout du personnage, des faits et de cette enquête, merci aux auteurs d’éclairer ma lanterne de si belle manière. Dorénavant elle ne me sera plus une inconnue. Comme dit plus haut, c’est formidablement bien narré, les auteurs racontent une histoire vrai (et qui fait froid dans le dos) dans une petite bourgade américaine en 1916. L’interview en fin d’album est un beau cadeau, on découvre que les auteurs ont légèrement romancé certains passages mais ça n’enlève en rien la force et le propos, bien au contraire. Le passage raconté avec les dessins d’enfants est magistral et bien trouvé pour dénoncer une telle horreur.
A travers
Cette Bd est carrément étonnante, et sans doute une des plus originale dans l'utilisation de l'art narratif séquentiel que j'ai lu (hors OuBaPo). Parce que l'auteur Tom Haugomat propose un parti pris unique qu'il tient jusqu'au bout, tout en arrivant à nous faire ressentir des émotions devant une histoire d'une simplicité déconcertante. Cette proposition audacieuse de planches liées thématiquement par le regard que porte le personnage permets de mettre en lumière une situation précise à chaque page, à la fois dans ce qu'il se passe mais aussi dans ce qu'on ressent. Il est facile de simplement garder en tête la première page et ainsi comprendre ce qu'il arrive au personnage, mais c'est surtout cette seconde image, ce qu'il voit, qui aide à comprendre ce qu'il ressent. Ou ce qu'il vit. Comme l'a souligné Blue Boy, certaines images sont à elles seules suffisantes pour éclairer une situation. Et faire ressentir tout le poids de ce qu'il se passe devant nous : naissance, passion, amour, rancœur … Sans aucune parole, en images simples, l'auteur arrive à transmettre quelque chose de profond. J'ai d'ailleurs été surpris du temps que je prenais à regarder chaque image pour m'imprégner de la situation, mais aussi de la mise en relation des deux dessins à chaque fois qui est souvent intéressant de bien regarder. Et je suis presque certain que la relecture sera aussi plus lente, pour tout apprécier. Il y a également quelques pages d'images assez saisissantes au milieu, qui sont saisissantes par rapport au format classique des autres pages. Ces images sont à la fois des moments importants dans la vie du personnage, mais aussi des détails qui importeront pour la suite. En effet, l'auteur a volontairement repris plusieurs éléments de pages en page pour faire comprendre le temps qui passe ou rappeler une émotion. C'est une utilisation habile de cette technique et je ne peux qu'apprécier ! En bref : cette BD est complètement originale dans son procédé et pourtant diablement efficace dans sa narration. Je recommande carrément d'y jeter un œil, parce que c'est assez étonnant comme façon de raconter une histoire et que les propositions innovantes sont toujours appréciables dans un média qui sait souvent rester dans des codes classiques. A lire !