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Couverture de la série 1984 (Nesti)
1984 (Nesti)

« 1984 » est un des romans les plus marquants jamais écrits, en tout cas un de ceux dont la lecture m’a le plus marqué (Orwell a publié pas mal d’autres livres très intéressants, mais « 1984 » garde une force quasi hypnotique sans égal). Tombé dans le domaine public il y a peu, tous les éditeurs fourbissaient leurs armes – et leur adaptation, plusieurs versions en BD sont sorties quasi simultanément. Je ne les ai pas encore toutes lues, mais la version de Nesti est en tout cas très réussie – dans les limites imparties par le médium BD. Le dessin de Nesti n’est a priori pas de ceux qui m’attirent, mais son trait simple, un peu brouillon et tremblant, se révèle quand même très lisible et adapté au récit. De même que la colorisation, forcément très sombre et métallique. Nesti a surtout très bien su faire passer le terrible désespoir, l’horrible et implacable froideur qui traverse le roman d’Orwell. Le personnage de Winston Smith qui, chez d’autres auteurs, aurait été le grain de sable faisant dévier la machine, semble jouer ce rôle jusqu’à être broyé. Le récit d’Orwell est d’une grande force. Il lui a été inspiré bien sûr par le dévoiement de la Révolution d’octobre et le Stalinisme. Mais on ne peut s’empêcher de lui trouver – hélas – une grande modernité pour comprendre le fonctionnement d’États totalitaires postérieurs, mais aussi les « démocraties », à l’heure où les instruments électroniques et le high-tech permettent aux entreprises et aux gouvernants de réaliser le cauchemar d’Orwell. Nesti a en tout cas été fidèle au roman (même si je vous recommande d’aller à la source), et les très nombreux lecteurs du livre d’Orwell connaissant le déroulé seront sans doute frustré d’une surprise à la lecture, mais c’est un album qui ne trahit pas le roman, et qui peut être une porte d’entrée à l’œuvre d’Orwell. Note réelle 3,5/5.

30/12/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Gaston Lagaffe (Delaf d'après Franquin)
Gaston Lagaffe (Delaf d'après Franquin)

J’ai moi aussi beaucoup aimé ce nouvel album de Gaston Lagaffe, avec qui j’avais appris à lire (en compagnie de Boule & Bill également). J’y ai retrouvé tous les ingrédients de l’époque : la galerie de personnages inoubliables, les expériences qui tournent mal, les contrats de Mesmaeker, les inventions débiles, la boule de bowling rouge… Je trouve que l’humour fait presque toujours mouche, et que Delaf a réussi à capturer l’essence de l’univers de Franquin (même si j’ai moins apprécié l’histoire plus longue en fin d’album). J’ai passé un excellent moment de lecture. Vivement le prochain tome.

29/12/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Dune - Maison Harkonnen
Dune - Maison Harkonnen

J’avais déjà beaucoup aimé la première préquelle, Dune - Maison Atréides, et j’ai retrouvé les mêmes qualités dans cette suite. On retrouve un scenario complexe mais bien structuré et raconté, des intrigues diplomatiques intéressantes, et les personnages iconiques de la série mère : le baron Harkonnen, Dunkan Idaho, le Duc Leto, et une Lady Jessica encore jeune mais remplie de promesses. J’ai trouvé l’intrigue prenante, et je suis impatient de lire la suite. La mise en image de Michael Shelfer (que je ne connaissais pas) est lisible et très moderne, ainsi que les couleurs de Patricio Delpeche. Un chouette premier tome. Je pousse la note à 4/5, en espérant que la suite tienne ses promesses.

29/12/2023 (modifier)
Par Cosme
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ramiro
Ramiro

Une des rares séries de Vance que je n’avais pas lues. Et bien c’est chose faite suite à la sortie en cette fin d’année 2023 d’une magnifique intégrale regroupant les 9 tomes publiés en albums, ainsi que les tomes 10 et 11 qui n’avaient été édités à ma connaissance qu’une seule foi dans l’intégrale "Tout Vance" sortie en 2011, il s’agit de "la Louve d'Arnac" et "la Tour d'Arnac". L’histoire ce place en pleine Reconquista espagnole, à la fin du XIIème siècle, et l’on suit les aventures d’un bâtard d’un des rois des royaumes chrétiens. À savoir que cette intégrale reprend les histoires telles qu’elles ont été publiées en albums, et non pas telles qu’elles ont été prépubliées dans le magazine Femme d’Aujourd’hui. Et elles ont été beaucoup remaniées. On note aussi l’absence totale des dossiers, dessins explicatifs qu’il y avait à l’origine. Lorsque je vois le petit mot de Greg dans la fiche de présentation de l’album, parlant d’un récit très historique, où tout est vrai, cela me faire sourire. Je m’explique. Je ne doute pas qu’à l’époque, dans les années 70, les séries historiques se faisaient rares. Et c’était assez novateur de faire ça. Et d’intégrer beaucoup de notes et de références au contexte dans lequel se passe l’intrigue. Mais honnêtement, dès le 1er cycle de plusieurs albums (donc le tome 3), on a quand même un Espagnol qui part en Amérique et en revient marié, et avec sa femme amérindienne… bon… même si théoriquement ce n’est pas impossible, on est loin de l’historique quand même… Sûrement que dans la version de Femme d’Aujourd’hui avec tous les à côtés qui donnaient des précisions, le sentiment et le ressenti devait être différent. Dans tous les cas, j’ai vraiment ressenti les prémices de ce qui donnera par la suite la collection Vécu chez Glénat qui dans les années 80 et 90 se spécialisera dans ce genre de récit. Le scénario est vraiment agréable à lire, mais surtout, le dessin de Vance est un pur plaisir, il atteint dans cette série une vraie maturité, sans fausse note, c’est un plaisir à chaque instant de se plonger dans ses planches. Je conseille vraiment à tous les amateurs du dessin de Vance, ou à tous les amateurs de BD d’aventure historique, mêlant la petite histoire et la grande histoire. J’aurais pu mettre 5 étoiles pour culte, mais Ramiro est clairement passé à côté de son public, alors que c’est une série pionnière dans son genre, aventure historique, avec une histoire à suivre sur plusieurs tomes. Elle est arrivée peut être trop tôt et au mauvais endroit (Femme d’Aujourd’hui n’était pas l’idéal pour se faire remarquer des lecteurs de BD).

28/12/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série L'Argent fou de la Françafrique
L'Argent fou de la Françafrique

Même si j'en ai déjà critiqué plusieurs, je n'ai jamais vraiment souligné à quel point l'apparition de La revue dessinée a été un changement profond dans la BD reportage en France. En apportant le travail journalistique dans le documentaire BD, elle a permis de nombreuses BD documentaire de qualité et portées par des engagements forts. Cette BD a eu l'occasion d'être publiée dedans sous forme d'article et la lecture de celui-ci m'avait enjoint à me procurer l'album, qui est une très bonne lecture. Portée par un dessin très simple mais efficace pour un documentaire, la BD est une introduction (bien lourde déjà) au cancer du sol africain : les fuites de capitaux par les riches de ce continent. Enrichi par le pétrole, plusieurs pays africains vivent le paradoxe de la richesse : leur sol immensément riche les rends plus pauvre par un accaparement au main des minorités dirigeantes, avec la complicité bienveillante des états occidentaux. La BD démontre l'enquête qui a été menée dans les années 2000 et jusqu'en 2017 pour un procès historique consistant à saisir en justice les biens mal acquis de Téodorin Obiang Nguema (alias TON). Cette longue enquête et ce travail de longue haleine par des bénévoles au sein de diverses associations pour tenter de dévoiler cette gigantesque mafia en col blanc est fascinante. Se concentrant sur quelques noms seulement, on découvre à quel point tout est pourri. Notre classe politique, leur classe politique, la banque et bien sur les paradis fiscaux, grands noms de la corruption mondiale. Le pire étant que, comme rappelé en couverture, tout le monde était au courant ! Ces procès font date dans l'histoire de la lutte contre la corruption et permettent d'espérer un avenir meilleur. Malheureusement, et par un hasard du calendrier, à l'heure où j'écris ces mots, l'association Anticor (mentionnée dans la BD) vient de perdre son droit à agir en justice. Une piqure de rappel que rien n'est figé dans ce ballet judiciaire constant, et la publication de cette BD est une bonne chose.

27/12/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Il faut flinguer Ramirez
Il faut flinguer Ramirez

Arrivé bien après la grosse vague des critiques positives sur cette série, je me suis enfin penché sur cette Bd aussi bien notée et qui a défrayé tout les chroniqueurs de l'époque. Et franchement, je suis totalement conquis ! La BD est un pur délire jouissif, autant graphiquement que scénaristiquement. Pleinement ancré dans la référence aux années 70, jouant sur les décors et les pages de pubs/journaux intégré à l'intérieur (et bourrés de détails à la con qui m'ont fait éclater de rire), c'est un film aux allures de block-buster de qualité. Sans vraiment prendre le temps de se poser, il nous fait explorer moultes situations qui sont à la fois des critiques de la marchandisation constante, du monde de l'entreprise, du poids des familles même, dénonçant au détour d'une page le sexisme et la sexualisation des stars. C'est disséminé de façon simple mais efficace dans le récit. Mais ce qui reste, c'est le scénario qui passe à toute vitesse sur les détails qui me bloquent habituellement : la crédibilité est inintéressante, on est là pour s'éclater ! Et j'adore cette sensation de se laisser porter dans une histoire absurde à base de réparateur d'aspirateur et de tueur à gage. C'est aussi une superbe série d'action, qui ne faiblit jamais. J'ai adoré le déroulé, l'humour qui s'invite en permanence à base de répliques choc, de situations absurdes et de plans badass (mais avec un aspirateur). C'est le genre de série que j'adore avoir rien que pour la relire ! Et je ne parle pas du plaisir virtuel au niveau des dessins. Les pages sont explosives dans tout les sens du terme, avec en plus l'idée géniale des fausses pubs complètement dans l'air de cette époque (ça m'évoque les vieux magazines Géo qui trainaient chez mes grands-parents). Bref, une excellente BD dont j'attends avec impatience la fin de la série ! J'ai adoré, j'en redemande !

27/12/2023 (modifier)
Couverture de la série La Vierge et la Putain
La Vierge et la Putain

Nicolas Juncker s'est fait une spécialité des séries nous montrant petits et hauts faits de l'Histoire de façon originale et/ou décalée (comme dans Malet, ou plus récemment dans "Dragon Dragon "). C'est encore le cas ici, toujours avec une belle réussite, même s'il ne s'attache (ou s'attaque) qu'à deux grandes figures historiques, et s'il ne prend finalement pas tant de libertés que ça avec ce que nous savons être la réalité. Présentés dans un beau coffret, les deux albums se complètent parfaitement, et l'on peut commencer la lecture par l'un ou l'autre au choix. Sur cette période charnière de l'Histoire de l'Angleterre, Juncker nous propose un diptyque plein de verve, de truculent, et bien sûr de violence et de visées machiavéliques. Sa narration est agréable, des pointes d'humour relevant un plat déjà épicé. J'ai vraiment bien aimé son récit et ses choix narratifs. Le dessin est lui aussi agréable, proche de celui de Tronchet parfois (la colorisation les rapprochent aussi). Je m'étonne qu'il y ait si peu d'avis sur cette série, qui mérite qu'on y jette un coup d'œil. Note réelle 3,5/5.

27/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 4/5
Couverture de la série Astro City - Héros Locaux
Astro City - Héros Locaux

... Mais quelle bonne idée ! Ha ! Il est malin, le Kurt Busiek : utiliser les carbones issus de près de cinquante années de publications Super-Héroïques (toutes maisons d'édition confondues !) pour rejouer, au goût du jour, les scènes-cultes qui ont rythmé nos coups de coeur (et sur la tête !) et bleus à l'âme lors de nos frivoles lectures d'adolescence. Il fallait y penser ! Quand j'ai entendu parler du concept, ma première réaction a été le scepticisme : quel intérêt ? Si, effectivement, les tribulations romantico-vestimentaires (!) de nos chers obsédés de la castagne en plein ciel ont définitivement pris un coup de vieux (chacun son tour ARF !) à la relecture quand on oublie de mettre le filtre "nostalgie", leurs historiettes originelles -à quelques rares exceptions près- me semblaient manquer de profondeur pour efficacement enrichir une resucée moderne. Surtout que j'imaginais mal, pour d'aussi nombreux concepts et personnages, une refonte radicale (à la Dark Knight) qui tienne la distance tout du long d'une continuité s'étalant sur plusieurs époques. Hé ben, heureusement que je suis pas dans le bizness : je me serais fait virer depuis longtemps ! C'est une grande réussite ! Bien qu'on reconnaisse sans peine tel ou tel autre célèbre Super-Héros "classique" sous les traits de ceux qui peuplent Astro-City (cité Américaine-cliché, directement issue de l'imaginaire collectif Occidental), chaque "réincarnation" offre au lecteur une mise à plat des problématiques majeures de leurs avatars originels, mais en s'offrant le luxe d'une analyse très poussée, sans aucune concession à l'habituelle logique commerciale "à suivre" de ce genre de parution. En effets : même si un personnage arrive au bout de l'exploitation/extrapolation de tout son potentiel scénaristique, ils sont si nombreux à attendre leur coup (encore !) de projecteur que les auteurs ne risquent pas de manquer de matériel. Samaritan, Winged Victory, Jack-In-The-Box, The Confessor, Etc... Autant de clones particulièrement bien retranscrits d'après les icônes ayant peuplé nos panthéons enfantins ; et qui, grâce à la ré-écriture très sensible de Busiek (et de Alex Ross, bien sûr) révèlent -enfin !- toute la richesse caractérielle de leurs doubles mythiques. Alex Ross, justement : fidèle à lui-même, il stylise avec un soucis du détail et de "la justesse" ces sur-hommes ; les incluant très habilement à l'époque où ils sont sensés évoluer tout en leur conservant systématiquement un petit côté rétro qui force l'attachement, quand on est un vieil amateur. Sous sa férule, Brent Anderson, avec son coup de crayon à la fois malhabile et efficace -car extrêmement lisible et honnête dans son rendu de la "réalité"- vient renforcer encore d'avantage l'atmosphère surannée de cet univers parallèle "futuriste" où, comme par miracle, Superman, Batman, Wonder-Woman, Spiderman et consorts peuvent enfin prendre le temps de se poser et, comme nous, apprécier tout le merveilleux (et le rigolo !) de l'existence au pays du lycra indestructible. À lire pour le fun et, aussi, si on veut s'offrir -en condensé- un survol très bien scénarisé des histoires les plus classiques des Super-Héros d’antan.

27/12/2023 (modifier)
Couverture de la série Tomino la maudite
Tomino la maudite

Maruo est un des rares mangakas qui m'attirent systématiquement, tant son œuvre est originale et forte. Ce diptyque est très représentatif de son travail. Il peut donc rebuter, mais j'y ai trouvé au contraire de grandes qualités. Maruo est un des grands maîtres de l'ero-guro. Si ici l'érotisme est moins présent, on y trouve par contre beaucoup de sadisme, une esthétique s'inspirant de l'expressionnisme, du surréalisme (tendance Bellmer). Mais aussi du cinéma noir et sadique, mais bourré de poésie de Tod Browning. C'est ainsi que toute la première partie se déroule dans l'univers des barraques de foire des cirques de freaks, qu'intègrent deux jumeaux, dont Tomino donc. Un monde pervers et violent. Mais la deuxième partie l'est tout autant, culminant dans l'apocalypse nucléaire de Nagasaki. L'histoire est difficile à résumer, et part dans tous les sens (en particulier Maruo ajoute à 'imagerie évoquée plus haut celle des chrétiens japonais), mais l'esthétique est emballante. Et, comme toujours, le trait très fin et précis, minutieux, de Maruo donne à ses personnages des airs de poupées de porcelaine (la encore Bellmer !), avec une fragilité qui contraste avec le gore, le malsain, l'étrange qui dominent et éclairent d'une lumière noire ces deux gros albums.

26/12/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Le Petit Frère
Le Petit Frère

3.5 Première œuvre autobiographique que je lis de l'auteur et c'est une belle réussite. Jean-Louip Tripp raconte un drame que pour l'instant je n'ai pas vécu personnellement jusqu'à présent et que j'espère ne jamais de ma vie: la perte d'un proche trop jeune pour mourir. Le pire est que Tripp est le dernier qui a parlé à son petit frère avant l'accident et ce qui reviendra souvent dans cet album est la culpabilité de l'auteur qui a lâché la main de son petit frère et qui va passer le reste de sa vie à ce dire que ce dernier serait encore en vie s'il avait agit différemment. Tripp parle de l'accident, du deuil et de ce qui est arrivé au fil des longs. Il n'y a pas de longueurs et on ne tombe pas dans du larmoyant facile. L'auteur est sincère et ne fait que raconter ce qui s'est passé et ce que lui et ses proches ont ressenties face à cette tragédie. J'ai bien aimé comment l'auteur est honnête et nous montre que sa mémoire à des défauts et qu'il ne veut représenter de ce qu'il se souvient. Il y a des réflexions très intéressantes et je ne me suis pas ennuyé à la lecture de cet album qui parle d'un sujet dur et délicat.

26/12/2023 (modifier)