J'ai pris beaucoup de plaisir à lire les quatre épisodes de cette série pour jeunes ados. Le scénario de Frédéric Maupomé bâtit autour d'une recherche de ses origines y mêlant une partie fantastique réussit à proposer originalité, fraîcheur et humour autour de thèmes pourtant bien utilisés.
Il faut dire que Sixtine, accompagnée d'une part par son copain Martin et son amie Sophie et d'autre part par un trio de pirates hauts en couleur et au vocabulaire bien drôle est une héroïne très attachante. Le récit est fluide et dynamique proposant des rebondissements qui gardent l'intérêt pour les péripéties du récit à un bon niveau.
L'histoire se déroule classiquement sur le plan du collège et celui du surnaturel d'une façon bien aboutie. Les auteurs proposent d'aller au delà des apparences pour conclure sur un final happy end qui donne à la série un caractère bon enfant et paisible.
Le graphisme de Aude Soleilhac travaille dans un esprit humoristique très dynamique avec quelques (sans plus) postures manga sur certaines expressivités des visages ce qui donne un aspect moderne à la série. J'ai apprécié le travail pour différencier les deux mondes qui coexistent souvent autour de Sixtine
Une belle lecture très agréable pour un très large public.
Enfant, j’aurais adoré qu’on me propose un récit de ce genre. Fondamentalement inquiétant, terrifiant même par certains aspects, mais toujours fascinant voire amusant. Ce n’est pas la première fois que Séverine Gauthier et Jérémie Almanza s’associent -et j’avais déjà été charmé par leurs précédentes collaborations- mais c’est la première fois que ce duo réalise une bande dessinée avec dialogues (les précédentes proposaient plutôt un long récitatif illustré). On aurait pu craindre que cette formule convienne moins au dessinateur mais il n’en est rien : les planches sont superbes, fourmillent de détails, débordent d’expressivité, foisonnent de personnages étranges et attachants (enfin, pas tous ! La mort fait quand même pas mal flipper). Quant au scénario de Séverine Gauthier ? Il propose ce qu’on attend d’un récit jeunesse traitant de la mort : du suspense, de l’étrange, de l’humour, de l’action… et des personnages hautement attachants. En soi, les ingrédients sont très classiques mais mariés avec talent, dosés avec sagesse et distillés avec ce qu’il faut de retenue pour nous pousser à tourner la page, puis la suivante et la suivante encore… jusqu’à la dernière.
Mais s’il est une chose que j’adore dans ce récit, ce sont les introductions de chapitres. Nous mettre des morceaux choisis parmi les plus sombres d’œuvres d’Appolinaire ou de Théophile Gauthier, c’est à la fois culotté pour un livre destiné prioritairement aux jeunes lecteurs… et on ne peut plus pertinent !
Si ce premier tome offre une histoire complète, il sert avant tout de mise en bouche. A la fin de celui-ci, bien des questions restent sans réponses et j’ai un peu le sentiment que l’histoire va enfin réellement pouvoir commencer. Pourtant ce premier tome est tout sauf vide, les péripéties ne manquent pas alors que l’univers et sa richesse potentielle nous ont été bien suggérés. Je n’ai qu’une chose à dire : vivement la suite !
Un véritable uppercut au foie !
La neige était sale est l’adaptation d’un roman dur de Georges Simenon. Un roman extrêmement noir dans lequel le romancier nous livre le portrait d’un jeune homme au comportement destructeur (pour lui comme pour son entourage) et en quête de rédemption. Une rédemption qu’il est convaincu de ne pouvoir atteindre que dans la mort.
Si vous cherchez un chouette truc à lire au coin du feu, un enfant posé sur les genoux, je pense que ça ne va pas le faire. Par contre, si vous voulez fouiller l’âme sombre de l’être humain, vous enfoncer dans la fange ad nauseam. Là, clairement, vous avez fait une bonne pioche !
Les atouts sont multiples. Il y a tout d’abord le talent de Georges Simenon pour créer ce type de profil. Frank, fils d’une mère maquerelle, fasciné puis dégouté par le caïd local, s’enfonce progressivement dans la violence et le dégoût de lui-même. C’est le portrait puissant d’une petite racaille qui ne peut s’imaginer un avenir heureux, au point de préférer s’autodétruire (tout en détruisant son entourage).
Il y a ensuite l’adaptation de Fromental, avec cette narration tutoyée dont on ne sait si elle provient d’un narrateur extérieur ou s’il s’agit de la conscience de Frank venue le torturer. A moins qu’il ne s’agisse simplement de nous, lecteurs voyeurs qui assistons avec un dégoût jubilatoire à ce plongeon sans fin dans l’abîme.
Enfin, il y a le dessin exceptionnel d’Yslaire. Son style et sa colorisation continuent de dégager un romantisme noir envoutant. De prime abord, je n’imaginais pas qu’il pouvait convenir pour ce type de récit mais, à la lecture, je trouve le résultat tout simplement parfait.
Alors, clairement, ce n’est pas l’histoire qui va vous donner le sourire, la pèche, espoir en l’humanité… mais quel uppercut !
Bonjour,
Dessin naïf, couleurs pastels; un vrai choix éditorial en corrélation avec l'âge des héros ou du futur lectorat...??? Nonobstant rien à dire sur le dessin ni la colorisation. Si l'ensemble parait plutôt cohérent dans le scénario, toutefois il permet au moins de parler de certaines petites choses historiques sur par exemple les minorités, et les croyances parfois rétablies là dans le texte à ces enfants naïfs...Mais ainsi le disait Einstein "les hommes sont de grands enfants"; ainsi en décrivant le contexte il semble que les auteurs parlent aux enfants; mais auxquels...???
Une BD à mettre entre les mains de tous les enfants, quel que soit leur âge... Même si tout n'est pas impérissable, cela retient l'attention...!!!
Plutôt une note de 3,8 à cause du manque d'un petit dossier historique en fin de livre sur certains sujets remis en ordre dans l'ouvrage.
Cordialement.
Bonjour,
Que dire de cet album; un dessin souple et délié comme l'histoire qu'il narre, une couleur un peu jaunie comme celle d'une vieille photo nous dit que c'était hier; qu'en serait-il aujourd'hui...???
C'est bien sûr une histoire belge qui aurait sûrement passé pour une calembredaine ainsi se dit en pays belge.
Une histoire à mettre entre toutes les mains...On ne sait pas assez combien les journaux ont été mis sous l'éteignoir, ni le pourquoi de leur titre...Dauphiné Libéré parce que pendant la guerre il était pro-allemand contrairement au Progrès de Lyon qui n'a pas changé de titre parce que ses propriétaires et journalistes ont choisi la clandestinité...Et pourtant Grenoble est une des 5 villes françaises à être honorée de la médaille de la résistance mais pas Lyon capitale de la résistance selon les gaullistes et De Gaulle...En histoire comme dans la vie, les questions sont plus importantes que les réponses, souvent...
Cordialement.
Bonjour,
Ce genre de BD, enfin plutôt dessin n'est vraiment pas "my cup of tea", tant je lui préfère le réalisme, l'épuré, le détaillé, et plutôt assez bizarrement j'ai tout de suite marché. Des femmes sans bouche montrant/marquant l’interdiction forcée et subie ou auto-décisionnelle...Un soldat allemand qui se marre et l'on voit l'autre soldat avec une bouche dessinée en râteau montre qu'il ratisse et adhère au propos...J'ai trouvé là un propos graphique à ce genre de détail qui n'est pas dans les propos mais les surlignent; plutôt bien vu, bien pensé tant artistiquement que justifiant et soutenant l'action sous nos yeux...
En cela vraiment top. Pour le reste, le témoignage est intéressant, comme le sont presque tous ceux qui sont véritables, et même tous tant ceux qui ne le sont ouvrent aussi à une certaine véracité et de pleins de vérité qui ne sont pas forcément en adéquation soit avec la "Vérité historique" ou la "Vérité nationale". La seule chose qui me dérange, non dans ce livre, mais dans tous ou presque tous les récits de résistances, ou ayant attrait à ces époques de guerre, c'est qu'ils arrivent souvent tard, très tard ou trop tardivement..Pour pleins de raisons, politiques, économiques, ect. Mais aussi, et c'est souvent cela qui me gène c'est qu'ils ne peuvent plus être contredit par d'autres qui sont vécu la même histoire...Et cela n'ouvre qu'à un témoignage avec tout ce qui est vrai, et une partie de croyance, soit imagée ou romancée et parfois basée sur un quiproquo ou une incompréhension.
Là, le dessin est à la hauteur du récit; et la BD me parait être d'un grand intérêt, malgré le côté unique et non recoupé du témoignage que je ne remet pas du tout en cause...Qui serais-je sinon...
Plus qu'à lire et emprunter, me semble-t-il
Courdialemen
Très belle rencontre avec Jean-Denis PENDANX a l’occasion du dernier festival d’Angoulême 2024, lors de la séance de dédicace de L’œil du Marabout, il a su me faire voyager au Soudan au milieu de nulle part dans cet énorme Camp de « Déplacés ».
J’ai continué le voyage pendant ou PENDANX la lecture de ce magnifique album.
À découvrir sans modération.
L’histoire s’inspire de celle d’un photographe américain qui a réellement mené cette enquête sur le travail des enfants au début du XXème siècle aux États-Unis – tout en prenant pas mal de libertés quant à la personnalité véritable de ce photographe, héros de cette histoire.
Du coup, le roman graphique a de furieux airs de documentaire, et donne à voir une réalité affreuse, une exploitation cynique de la misère et de l’enfance par un patronat peu gêné par les scrupules. Une vision très noire mais crédible de la société de l’époque.
Le récit gagne en densité et en force grâce à la personnalité de ce photographe. Dont la violence exacerbée, à fleur de peau, éclate de plus en plus. Un personnage qui reproduit sur les autres une partie de la violence qu’il a subie enfant de la part de son père. Un personnage qui au départ semblait jouer un rôle uniquement positif, et dont plusieurs aspects de sa personnalité rendent antipathique (sa vision des femmes, prostituées par exemple). Mais le récit est ainsi moins monocorde et manichéen.
Récit très agréable à suivre aussi grâce au dessin de Malès, que j’ai trouvé très bon, très beau (superbe colorisation, aux rendus de rouille et de sépia). A part un défaut – en tout cas une caractéristique « bizarre » – relativement récurrent chez Malès, des corps un peu filiformes, avec des visages qui paraissent un peu trop petits par rapport au reste du corps, j’aime vraiment beaucoup ce travail graphique. Qui plus est dans un chouette format à l’italienne.
Une lecture très plaisante.
A quoi ce joue un destin, une vie... A pas grand chose nous rappelle cette Bande Dessinée. Celle de Salvatore (dit Toto) Riina né en 1930, prédestiné à une agréable et paisible vie d'agriculteur à Corleone, prendra donc un tout autre tournant suite à l'accidentel explosion d'une bombe allemande (?) retrouvée "par chance" par sa famille (1943).
Devenu chef de famille de fait, Toto ne tardera pas à être attiré par "l'argent dit facile". De fil en aiguille, Toto gravira les échelons de la Cosa Nostra pour en devenir un des parrains les plus influents (de 82 à 93) et féroce (Surnom de "Fauve de Corleone").
JD Morvan ne nous épargne rien de l’ascension jusqu’à la chute de û Curtu (le petit => 1m53), autre surnom rattaché à Toto Riina. Basé sur un travail documenté, il construit un scénario solide et très prenant.
Coté illustration, j’avais déjà fortement apprécié le travail de Facundo Percio sur La Ferme de l'enfant-loup et je trouve le résultat sur ce "Fauve de Corleone" tout aussi emballant avec un jeu de couleur particulièrement réussi.
Du tout bon.
Excellente BD. Dessins, couleurs et scénario : tout est très bon. Je recommande chaudement. La seule chose qui m’empêche de mettre 5 est l’invraisemblance du début de l’histoire où, en quelques heures, le héros principal se fait attaquer par des brigands, perd sa femme, abandonne son nouveau-né la nuit dans la neige (celui-ci est quasi instantanément recueilli), trouve ensuite un refuge confortable dans une grotte en plein bois et devient l’amant de son hôtesse. D’accord, tout cela respecte sans doute bien le scénario original de Ken Follett mais cela rend l’histoire peu crédible.
Et pourtant, le reste de l’histoire m’a paru très crédible tant au niveau historique qu’au niveau de la psychologie de différents protagonistes.
Au final, je mettrais 4,5 si cela était possible.
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Sixtine
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire les quatre épisodes de cette série pour jeunes ados. Le scénario de Frédéric Maupomé bâtit autour d'une recherche de ses origines y mêlant une partie fantastique réussit à proposer originalité, fraîcheur et humour autour de thèmes pourtant bien utilisés. Il faut dire que Sixtine, accompagnée d'une part par son copain Martin et son amie Sophie et d'autre part par un trio de pirates hauts en couleur et au vocabulaire bien drôle est une héroïne très attachante. Le récit est fluide et dynamique proposant des rebondissements qui gardent l'intérêt pour les péripéties du récit à un bon niveau. L'histoire se déroule classiquement sur le plan du collège et celui du surnaturel d'une façon bien aboutie. Les auteurs proposent d'aller au delà des apparences pour conclure sur un final happy end qui donne à la série un caractère bon enfant et paisible. Le graphisme de Aude Soleilhac travaille dans un esprit humoristique très dynamique avec quelques (sans plus) postures manga sur certaines expressivités des visages ce qui donne un aspect moderne à la série. J'ai apprécié le travail pour différencier les deux mondes qui coexistent souvent autour de Sixtine Une belle lecture très agréable pour un très large public.
Les Royaumes muets
Enfant, j’aurais adoré qu’on me propose un récit de ce genre. Fondamentalement inquiétant, terrifiant même par certains aspects, mais toujours fascinant voire amusant. Ce n’est pas la première fois que Séverine Gauthier et Jérémie Almanza s’associent -et j’avais déjà été charmé par leurs précédentes collaborations- mais c’est la première fois que ce duo réalise une bande dessinée avec dialogues (les précédentes proposaient plutôt un long récitatif illustré). On aurait pu craindre que cette formule convienne moins au dessinateur mais il n’en est rien : les planches sont superbes, fourmillent de détails, débordent d’expressivité, foisonnent de personnages étranges et attachants (enfin, pas tous ! La mort fait quand même pas mal flipper). Quant au scénario de Séverine Gauthier ? Il propose ce qu’on attend d’un récit jeunesse traitant de la mort : du suspense, de l’étrange, de l’humour, de l’action… et des personnages hautement attachants. En soi, les ingrédients sont très classiques mais mariés avec talent, dosés avec sagesse et distillés avec ce qu’il faut de retenue pour nous pousser à tourner la page, puis la suivante et la suivante encore… jusqu’à la dernière. Mais s’il est une chose que j’adore dans ce récit, ce sont les introductions de chapitres. Nous mettre des morceaux choisis parmi les plus sombres d’œuvres d’Appolinaire ou de Théophile Gauthier, c’est à la fois culotté pour un livre destiné prioritairement aux jeunes lecteurs… et on ne peut plus pertinent ! Si ce premier tome offre une histoire complète, il sert avant tout de mise en bouche. A la fin de celui-ci, bien des questions restent sans réponses et j’ai un peu le sentiment que l’histoire va enfin réellement pouvoir commencer. Pourtant ce premier tome est tout sauf vide, les péripéties ne manquent pas alors que l’univers et sa richesse potentielle nous ont été bien suggérés. Je n’ai qu’une chose à dire : vivement la suite !
La Neige était sale
Un véritable uppercut au foie ! La neige était sale est l’adaptation d’un roman dur de Georges Simenon. Un roman extrêmement noir dans lequel le romancier nous livre le portrait d’un jeune homme au comportement destructeur (pour lui comme pour son entourage) et en quête de rédemption. Une rédemption qu’il est convaincu de ne pouvoir atteindre que dans la mort. Si vous cherchez un chouette truc à lire au coin du feu, un enfant posé sur les genoux, je pense que ça ne va pas le faire. Par contre, si vous voulez fouiller l’âme sombre de l’être humain, vous enfoncer dans la fange ad nauseam. Là, clairement, vous avez fait une bonne pioche ! Les atouts sont multiples. Il y a tout d’abord le talent de Georges Simenon pour créer ce type de profil. Frank, fils d’une mère maquerelle, fasciné puis dégouté par le caïd local, s’enfonce progressivement dans la violence et le dégoût de lui-même. C’est le portrait puissant d’une petite racaille qui ne peut s’imaginer un avenir heureux, au point de préférer s’autodétruire (tout en détruisant son entourage). Il y a ensuite l’adaptation de Fromental, avec cette narration tutoyée dont on ne sait si elle provient d’un narrateur extérieur ou s’il s’agit de la conscience de Frank venue le torturer. A moins qu’il ne s’agisse simplement de nous, lecteurs voyeurs qui assistons avec un dégoût jubilatoire à ce plongeon sans fin dans l’abîme. Enfin, il y a le dessin exceptionnel d’Yslaire. Son style et sa colorisation continuent de dégager un romantisme noir envoutant. De prime abord, je n’imaginais pas qu’il pouvait convenir pour ce type de récit mais, à la lecture, je trouve le résultat tout simplement parfait. Alors, clairement, ce n’est pas l’histoire qui va vous donner le sourire, la pèche, espoir en l’humanité… mais quel uppercut !
Les Enfants de la Résistance
Bonjour, Dessin naïf, couleurs pastels; un vrai choix éditorial en corrélation avec l'âge des héros ou du futur lectorat...??? Nonobstant rien à dire sur le dessin ni la colorisation. Si l'ensemble parait plutôt cohérent dans le scénario, toutefois il permet au moins de parler de certaines petites choses historiques sur par exemple les minorités, et les croyances parfois rétablies là dans le texte à ces enfants naïfs...Mais ainsi le disait Einstein "les hommes sont de grands enfants"; ainsi en décrivant le contexte il semble que les auteurs parlent aux enfants; mais auxquels...??? Une BD à mettre entre les mains de tous les enfants, quel que soit leur âge... Même si tout n'est pas impérissable, cela retient l'attention...!!! Plutôt une note de 3,8 à cause du manque d'un petit dossier historique en fin de livre sur certains sujets remis en ordre dans l'ouvrage. Cordialement.
Le Faux Soir
Bonjour, Que dire de cet album; un dessin souple et délié comme l'histoire qu'il narre, une couleur un peu jaunie comme celle d'une vieille photo nous dit que c'était hier; qu'en serait-il aujourd'hui...??? C'est bien sûr une histoire belge qui aurait sûrement passé pour une calembredaine ainsi se dit en pays belge. Une histoire à mettre entre toutes les mains...On ne sait pas assez combien les journaux ont été mis sous l'éteignoir, ni le pourquoi de leur titre...Dauphiné Libéré parce que pendant la guerre il était pro-allemand contrairement au Progrès de Lyon qui n'a pas changé de titre parce que ses propriétaires et journalistes ont choisi la clandestinité...Et pourtant Grenoble est une des 5 villes françaises à être honorée de la médaille de la résistance mais pas Lyon capitale de la résistance selon les gaullistes et De Gaulle...En histoire comme dans la vie, les questions sont plus importantes que les réponses, souvent... Cordialement.
Chroniques de Francine R. résistante et déportée
Bonjour, Ce genre de BD, enfin plutôt dessin n'est vraiment pas "my cup of tea", tant je lui préfère le réalisme, l'épuré, le détaillé, et plutôt assez bizarrement j'ai tout de suite marché. Des femmes sans bouche montrant/marquant l’interdiction forcée et subie ou auto-décisionnelle...Un soldat allemand qui se marre et l'on voit l'autre soldat avec une bouche dessinée en râteau montre qu'il ratisse et adhère au propos...J'ai trouvé là un propos graphique à ce genre de détail qui n'est pas dans les propos mais les surlignent; plutôt bien vu, bien pensé tant artistiquement que justifiant et soutenant l'action sous nos yeux... En cela vraiment top. Pour le reste, le témoignage est intéressant, comme le sont presque tous ceux qui sont véritables, et même tous tant ceux qui ne le sont ouvrent aussi à une certaine véracité et de pleins de vérité qui ne sont pas forcément en adéquation soit avec la "Vérité historique" ou la "Vérité nationale". La seule chose qui me dérange, non dans ce livre, mais dans tous ou presque tous les récits de résistances, ou ayant attrait à ces époques de guerre, c'est qu'ils arrivent souvent tard, très tard ou trop tardivement..Pour pleins de raisons, politiques, économiques, ect. Mais aussi, et c'est souvent cela qui me gène c'est qu'ils ne peuvent plus être contredit par d'autres qui sont vécu la même histoire...Et cela n'ouvre qu'à un témoignage avec tout ce qui est vrai, et une partie de croyance, soit imagée ou romancée et parfois basée sur un quiproquo ou une incompréhension. Là, le dessin est à la hauteur du récit; et la BD me parait être d'un grand intérêt, malgré le côté unique et non recoupé du témoignage que je ne remet pas du tout en cause...Qui serais-je sinon... Plus qu'à lire et emprunter, me semble-t-il Courdialemen
L'Oeil du marabout
Très belle rencontre avec Jean-Denis PENDANX a l’occasion du dernier festival d’Angoulême 2024, lors de la séance de dédicace de L’œil du Marabout, il a su me faire voyager au Soudan au milieu de nulle part dans cet énorme Camp de « Déplacés ». J’ai continué le voyage pendant ou PENDANX la lecture de ce magnifique album. À découvrir sans modération.
Mettez des mots sur votre colère
L’histoire s’inspire de celle d’un photographe américain qui a réellement mené cette enquête sur le travail des enfants au début du XXème siècle aux États-Unis – tout en prenant pas mal de libertés quant à la personnalité véritable de ce photographe, héros de cette histoire. Du coup, le roman graphique a de furieux airs de documentaire, et donne à voir une réalité affreuse, une exploitation cynique de la misère et de l’enfance par un patronat peu gêné par les scrupules. Une vision très noire mais crédible de la société de l’époque. Le récit gagne en densité et en force grâce à la personnalité de ce photographe. Dont la violence exacerbée, à fleur de peau, éclate de plus en plus. Un personnage qui reproduit sur les autres une partie de la violence qu’il a subie enfant de la part de son père. Un personnage qui au départ semblait jouer un rôle uniquement positif, et dont plusieurs aspects de sa personnalité rendent antipathique (sa vision des femmes, prostituées par exemple). Mais le récit est ainsi moins monocorde et manichéen. Récit très agréable à suivre aussi grâce au dessin de Malès, que j’ai trouvé très bon, très beau (superbe colorisation, aux rendus de rouille et de sépia). A part un défaut – en tout cas une caractéristique « bizarre » – relativement récurrent chez Malès, des corps un peu filiformes, avec des visages qui paraissent un peu trop petits par rapport au reste du corps, j’aime vraiment beaucoup ce travail graphique. Qui plus est dans un chouette format à l’italienne. Une lecture très plaisante.
Le Fauve de Corleone
A quoi ce joue un destin, une vie... A pas grand chose nous rappelle cette Bande Dessinée. Celle de Salvatore (dit Toto) Riina né en 1930, prédestiné à une agréable et paisible vie d'agriculteur à Corleone, prendra donc un tout autre tournant suite à l'accidentel explosion d'une bombe allemande (?) retrouvée "par chance" par sa famille (1943). Devenu chef de famille de fait, Toto ne tardera pas à être attiré par "l'argent dit facile". De fil en aiguille, Toto gravira les échelons de la Cosa Nostra pour en devenir un des parrains les plus influents (de 82 à 93) et féroce (Surnom de "Fauve de Corleone"). JD Morvan ne nous épargne rien de l’ascension jusqu’à la chute de û Curtu (le petit => 1m53), autre surnom rattaché à Toto Riina. Basé sur un travail documenté, il construit un scénario solide et très prenant. Coté illustration, j’avais déjà fortement apprécié le travail de Facundo Percio sur La Ferme de l'enfant-loup et je trouve le résultat sur ce "Fauve de Corleone" tout aussi emballant avec un jeu de couleur particulièrement réussi. Du tout bon.
Les Piliers de la Terre
Excellente BD. Dessins, couleurs et scénario : tout est très bon. Je recommande chaudement. La seule chose qui m’empêche de mettre 5 est l’invraisemblance du début de l’histoire où, en quelques heures, le héros principal se fait attaquer par des brigands, perd sa femme, abandonne son nouveau-né la nuit dans la neige (celui-ci est quasi instantanément recueilli), trouve ensuite un refuge confortable dans une grotte en plein bois et devient l’amant de son hôtesse. D’accord, tout cela respecte sans doute bien le scénario original de Ken Follett mais cela rend l’histoire peu crédible. Et pourtant, le reste de l’histoire m’a paru très crédible tant au niveau historique qu’au niveau de la psychologie de différents protagonistes. Au final, je mettrais 4,5 si cela était possible.