En règle générale j'aime beaucoup le dessin de Panaccione, parce qu'il sait parfaitement représenter l'incertitude dans le regard ; et je me retrouve dans ce sentiment de ne pas maîtriser la marche du monde et d'être prise dedans à mon corps défendant. Donc ce petit volume m'attendait dans la sélection chrétienne des BD d'Angoulême, dans la cathédrale. J'en avais lu des avis contradictoires et je n'était pas enthousiaste a priori, mais en ouvrant sur une page avec ce vieux barbu aux arcades sourcilières fripées, j'ai presque cru reconnaître mon père, et je l'ai pris.
Ici, le héros solitaire et confronté à quelque chose d’invraisemblable, qu'il tente, le plus longtemps possible de rattacher au monde rationnel qu'il a habité jusque-là. Mais finalement, c'est peine perdue, il fait un pas vers une incertitude plus grande encore.
Plus j'y pense et plus je me dis que le mot Dieu n'est qu'un autre mot pour l'incertitude : celle à qui nous sommes tous à la fois soumis et reconnaissant. Un exemple de cette incertitude : commencer à contribuer à BDthèque et dix ans plus tard se retrouver avec 13 contributeurices dans un gîte près d'Angoulême à partager un chili. (J'ai peur que les églises, elles, oublient trop souvent ce nœud originel, et se laissent aller à la certitude.) Rien d'étonnant donc à retrouver Panaccione dans une cathédrale.
Ce volume m'a fait penser aux adaptations de Thierry Murat (Le Vieil Homme et la Mer et Les Larmes de l'assassin), le pitch tient en une ligne, mais l'intrigue narrative est tenue de bout en bout par la densité du dessin. Je comprends que certains puissent rester à la porte de l'album, et principalement parce qu'il ne faut pas s'y aventurer dans une salle d'attente, ou entre l'épluchage des oignons et le lavage de la cocotte. Il faut y consacrer un temps indéfini, libre de toute contrainte, sans bruit parasite.
Une bande dessinée qui demande toute notre attention.
Je n'ai pas grand chose à ajouter à l'avis de Paco, qui reflète complètement mon impression. Comme j'ai lu l'album juste après Ma famille imaginaire je suis tentée de faire une comparaison entre les deux parce qu'elles abordent toutes les deux le thème de la famille et des drames de la transmission, mais elles attrapent les choses avec un tempérament totalement inverse, et les deux m'ont séduite.
"Les fleurs aussi ont une saison" aborde la mort dans une tristesse contemplative, une acceptation du monde qui est établie par le dessin de façon magistrale. La cascade de deuils que sa famille est conduite à supporter est en plus une lignée de femmes. Grand-mère, mère, sœur, toutes les femmes de sa vie se sont évanouies. Les personnages sont à la fois précisément décrits, observés de leur vivant et leurs formes douces nous manquent aussi tellement le dessin est réussi. La narratrice, Cécile, s'adresse à ses enfants, et leur raconte ce passé récent comme une clef nécessaire à leur départ dans la vie. Le calme silencieux qui se dégage des dessins est admirable. Tout est beau et un petit humour bienveillant survole les pages.
Chez Edith Chambon, c'est tout le contraire. Le bruit, le mouvement, la colère et la peur se succèdent et investissent l'image et le son. Mais Edith est plutôt à la place de l'enfant, à qui personne n'a parlé. Être enfant, avoir des enfants. c'est un peu l'alpha et l'oméga de la femme. Chacune essaye de s'échapper de ce cadre, mais l'une dans une fureur colorée et décidée tandis que l'autre passe simplement le témoin de la vie, et se réalise dans un dessin de vair (comme la pantoufle)
Ce qui m'a plu c'est le mouvement dans le dessin et le culot dans les couleurs, et ce mouvement exprime aussi une sorte d'avidité à comprendre et d'agilité d'esprit qui est sympathique.
On pourrait présenter le pitch, en disant que c'est l'histoire d'une trentenaire qui commence une thérapie à la suite d'un cauchemar, et qui reconsidère sa famille à l'aune de ce nouvel élément. Mais dit comme ça, ça fait sérieux, ça ressemble à un voyage intérieur inaccessible.
Eh bien pas du tout : c'est là tout l'art de cet album, qui saute d'une mise en page à une autre en restant dans un univers commun dans la densité des surfaces colorées aux feutres. Parfois des pleines pages sans marges, parfois des cases biens quadrillées mais aux contours ondoyants, mais des personnages toujours en mouvement et en recherche. De mariages en funérailles et de gares en repas de famille, les pensées du personnage, souvent dans l'ironie, survolent les évènements, les souvenirs mais aussi les dialogues. Le grand-père, les parents, la cicatrice, et la couleur, sont les personnages principaux de cette enquête sur soi-même.
On se retrouve forcément dans cette observation de la famille, parce que les épisodes dramatiques sont juxtaposés avec la vie de tous les jours et c'est dans cet amoncellement que Edith cherche à reconstituer un passé inconnu et effrayant. Cette enquête perturbe la famille, et personne n'a envie de la laisser ressortir les macchabées du placard, et pourtant....
Quel soulagement de comprendre d'où l'on vient !
J’ai adoré cette promenade loufoque et onirique dans le monde intrigant de Bunkerville. Les décors steampunk et les scaphandres m’ont rappelé le jeu vidéo BioShock (le premier), même si les auteurs citent plutôt Jules Verne et Albert Robida comme influences. J’ai noté de nombreuses références (par exemple le nom de l’hôtel, « Bunkerville Palace Hotel », faisant écho au film de Bilal « Bunker Palace Hotel »). En tout cas l’histoire est prenante et intrigante, et le dénouement est réussi et parvient à fournir une explication logique et cohérente.
Le dessin réalisé entièrement en aquarelles est absolument magnifique, tout en restant parfaitement lisible… un délice pour les yeux. Et puis quelle couverture !
Une promenade onirique et steampunk parfaitement réalisée, que je recommande aux amateurs du genre.
Je m’y suis lancé un peu à reculons mais ça s’est transformé en une chouette surprise, un bon délire qui fait plaisir à voir.
DC a outrageusement pompé l’idée de Marvel avec Old man Logan. On est exactement sur la même trame, à savoir des versions 3eme âge de nos héros dans un monde plutôt dévasté. Sauf qu’ici, le résultat est bien plus fun et mieux construit que la version de la maison des idées (l’effet carte postale est moins flagrant).
L’histoire démarre sur les chapeaux de roue avec notre Harley attachée comme Mad Max à une voiture, une façon de montrer que dorénavant le monde est bien différent, le danger est constant sur les routes, elle sera poursuivie par des descendants de goat boy (?), puis du pingouin.
Ce n’est que la première étape de sa quête, monsieur J semble être revenu d’entre les morts. La suite est du même tonneau, nous allons découvrir de fil en aiguille un monde dévasté : invasion de zombies venant du Canada, grandes villes contrôlées par de grands noms de l’univers (Lex, Aquaman, Bane, Power girl …) et bien sûr Gotham avec un Batman surprenant.
Durant son périple, elle retrouvera certains de ces anciens acolytes pour mener à bien sa mission. Certains sont bien connus (Croc, Catwoman …), d’autres non comme Red Tool, une sorte de Deadpool version DC.
Au final, un cocktail survitaminé d’action et d’humour non stop, quelques flash-back autour de notre héroïne pour mieux comprendre son indépendance, des pages façon journal TV pour découvrir le bordel autour du monde etc …
J’ai trouvé le tout plutôt bien amené, plaisant à suivre et pleins d’idées saugrenues que je ne dévoilerai pas.
Même si une suite est possible, l’album se tient bien tout seul et se lit facilement sans avoir une grande connaissance de l’univers.
Rien de renversant (j’ai vu ailleurs que l’album se faisait pas mal descendre) mais pour ma part un résultat suffisamment barré pour que j’arrondisse au supérieur, j’ai bien rigolé de certains détails.
3,5
Bonjour,
C'est de lire vos avis qui m'auront fait découvrir ces deux opus, à les emprunter à la médiathèque. Bonne pioche. Le dessin est dynamique à souhait, les couleurs volubiles, hirsutes, défouraillent à tout va; ainsi le scénario. Il y a du cocasse ! Même si parfois quelques scènes amenées sont un peu "capillotractées" et d'autres fortement improbables dans la vie réelle...telle : la venue de l'infirmière et la virée au centre de jeu, l'entrée au parc d'attraction d'Amédée, etc. Puis d'autres situations que l'on découvre plus tard...telle la connivence, pour ne pas dévoiler l'intrigue, entre l'homme de loi et l'infirmière...Mais le petit miracle de cette histoire est que rien n'est vraiment totalement très choquant au moment de la lecture, probablement dû au dessin/couleurs criards qui d'entrée donne le ton...On est ici dans du Archimède le clochard/Gabin, mais sans le côté éduqué et plutôt dans la gaudriole au sens premier, et le côté physique qui s'en dégage. Bien sûr le tout sert de confrontation permanente : entre les personnages, même en leur attachement réciproque...Entre ceux qui représentent les institutions et ceux qui les subissent...Et assez bizarrement parti est pris de mettre tout le monde à égalité sur la question des trois religions ainsi que l'athéisme, tels seraient les trois mousquetaires...
Dans mon adolescence j'ai rencontré un clochard sous le pont de St-Jean à Lyon et chaque week-end j'allais le voir; il était ancien professeur de littérature à la Sorbonne et avait même été professeur à Barclay pendant 2 ans. Rien ne m'a choqué sur les dires pseudo-philosophiques ou religieux de ces SDF, cela ressemble bien aux discussions du café du commerce, au bagout mis en scène par Coluche, etc; il faut avoir vécu cela pour le savoir et y voir des analogies...
Donc rien de choquant, mais après coups sont plus choquant les quelques invraisemblances situationnelles qui permettent de raccorder le fil et continuer à le dérouler et parfois le tendre pour arriver à la fin de l'histoire. Histoire commencée et écrite par le début ou par la fin scénaristiquement parlant...???
Mais cela se lit magistralement et rien n'est rebutant au moment de la lecture...La farce est bonne, la peau quelques fois croustillante et épicée; un bon rôti du dimanche en somme avec un vin de dialogue assez gouleyant...Même, si bien sûr le postulat de départ est hautement improbable, une trisomique contre une maison, mais le reste est de la même veine; et pourtant ça fonctionne, tant il me semble le dessin et sa colorisation donnent le ton et tempo...Criard, coloré, outrancier...et ça fait tout passer, même les incohérences en comparaison du terre à terre...Cela reste une jolie fable, intéressante, et ouvrant un certain champ de réflexions, qui auraient être de plus amples sujets, et là mine de rien le 5/5 aurait été mérité...Mais un bon 4/5 semble assez cohérent pour ce bon moment de lecture qui demandera du temps avant une relecture tant un sujet particulièrement singulier a tendance à s'imprégner dans la mémoire...Il aurait fallu un scénario plus dense et touffus partant dans plus de directions pour avoir envie de le relire peu après. Peut-être que la même histoire sur 3, voire 4 tomes aurait été mieux servie; permettant des transitions plus souples alternées avec des plus abruptes et aurait permis une définition plus précise des situationnels et des personnages...Mais un bon moment de lecture...à plusieur niveaux et à plusieurs âges...
Cordialement.
L’aspect graphique surprend. En effet, il n’y a pas ici de dessins, mais uniquement des photos, prises par les auteurs durant leur longue enquête. Des photos retravaillées, avec une sorte de colorisation qui donne à l’ensemble une unité et un certain cachet esthétique.
Pour le reste, c’est un documentaire très intéressant, sur un sujet de plus en plus d’actualité : les vagues migratoires qui atteignent l’Europe. Mais aussi, en creux, la notion de frontière. Les deux auteurs se sont rendus, sur une durée de plusieurs moins, à peu près partout, aux frontières Sud, sud-est, est et nord-est de l’Union européenne.
Leur travail est intéressant. D’autant plus qu’il a été mené durant une période charnière, autour de 2015 surtout, au moment où les crises commencent à se succéder, et où les pays européens commencent aussi à durcir les conditions d’accès, et donc le contrôle aux frontières. Il serait d’ailleurs intéressant de mener la même enquête aujourd’hui, alors que l’UE « délègue » aux pays extérieurs (fussent-ils des dictatures ou tout le moins des États où les droits de l’Homme ne sont pas respectés – la Libye par exemple) ce contrôle, en subventionnant leur appareil sécuritaire, au détriment des droits des migrants.
Les auteurs montrent ici l’une des faces noires des accords de Schengen, pour ceux qui n’en font pas partie. Ils évoquent aussi la situation aux frontières avec la Russie sur la fin, ce qui est là aussi intéressant, en le remettant en perspective avec les événements plus récents.
Un bon documentaire, à la limite de la BD et du reportage illustré (même s’il y a bien une narration – uniquement un commentaire en off, pas de dialogues ou de bulles).
Note réelle 3,5/5.
Et dire qu'on a bien failli ne jamais lire cette BD !!! La faute à un voleur opportuniste qui s'est retrouvé à braquer les planches originales confiées au livreur. Fut-il pris de remords ? Allez savoir ! Toujours est-il qu'il a finalement restitué l'objet de son larcin.
Et quelle perte cela eut été ! Ces derniers jours de Robert Johnson sont une sorte d'apothéose, compilant thèmes et personnages déjà évoqués, parfois à peine effleurés, dans les œuvres précédentes de l'auteur : la musique bien entendu, et le Blues avant tout (on y croise d'ailleurs Meteor Slim), le Deep South et tout ce que charrie cet imaginaire... Il s'amuse également avec la légende qui colle à la peau de Robert Johnson, à savoir son fameux pacte avec le Diable ! Je ne dirai rien là-dessus afin de ne rien dévoiler, inutile d'insister, mais l'auteur revisite le mythe de manière tout à fait originale. Ce coup de ripolin lui confère au passage une profondeur psychologique qui trouve ici tout son sens.
Le récit prend la forme d'une déambulation et nous trimballe à travers le vieux sud, jusqu'à New York où notre bluesman compte bien décrocher la Lune, une déambulation croisée puisque le chemin de nos deux compères va justement croiser (mais juste croiser) deux blancs-becs du Carnegie Hall, précisément à la recherche de Robert Johnson afin de le produire sur scène. Au-delà de l'aspect géographique, c'est également une ballade temporelle dans les souvenirs de notre héros. Tout cela est très habile, peut-être même trop, car Duchazeau nous perd parfois dans cet écheveau. En outre, j'ai quelques fois eut du mal à reconnaître Johnson de son compagnon de route. Fort heureusement, notre homme porte des bretelles, et son compère une cravate. Ouf !
A cela près, l'auteur de Lomax et compagnie nous offre un sommet graphique. Son trait noir et poudreux a encore franchi un cap et c'est du pur plaisir esthétique. Chaque case ou presque est un petit tableau dont certaines nous offrent des saynètes imprégnées du parfum de l'époque. Tout est vivant, on entend la foule qui discute, les voitures, les guitares, l'harmonica... C'est somptueux, tout simplement.
L'avis de Noirdesir m'a invité à regarder l'album de plus près et je suis franchement d'accord avec lui (et d'ailleurs je rejoins aussi celui de Cacal), parce que je suis ressorti ravi de ma lecture !
Si je note un peu large dans ma lecture, c'est avant tout parce que le plaisir de lecture était là d'un bout à l'autre. Déjà rien que la couverture, épaisse et toilée, avec ce bleu magnifique et ce dessin qui attire l'œil à tout pour plaire. Mais le plaisir est aussi à l'intérieur, les dessins faisant la part belle aux environnements de SF faisant très années 60, avec des structures organiques et tout en courbe en tout sens. Le dessin, c'est le point fort du récit, puisqu'entre les couleurs, les inspirations et l'inventivité graphique de certaines planches, on en prend plein les mirettes !
Maintenant, la BD ne se contente pas de faire plaisir à l'œil et nous sert une intrigue certes assez rapidement lue (la BD possède une pagination importante mais aussi un rythme lent et contemplatif) mais qui ne se prive pas de quelques idées que j'ai personnellement bien aimé. Ca rappelle les scénarios de SF à la Barbarella, je trouve, où l'on explore des planètes inconnues peuplées de vie étrange. Il y a des idées autour de plantes, notamment, et bien sur les reines, dont on ne dévoile pas beaucoup de choses mais dont j'ai beaucoup apprécié le principe !
Bien sur, il y a quelques détails qui peuvent faire tiquer l'œil, notamment les talons aiguilles pour visiter des planètes hostiles, mais je trouve que ça accompagne bien le rendu global. Je tiens d'ailleurs à faire remarquer que malgré quelques scènes de sexe explicite, le récit est franchement plutôt soft et qu'il est dans la limite du strictement pour adulte, à mon gout.
En tout cas, je suis très friand de la BD qui m'avait tapé dans l'œil et dont je ne regrette pas un instant l'achat (et la dédicace !). Je verrais pour me procurer l'autre volume produit par l'auteur et j'espère qu'il continuera à produire des albums de SF dans ce style, parce que ça me plait beaucoup !
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire les quatre épisodes de cette série pour jeunes ados. Le scénario de Frédéric Maupomé bâtit autour d'une recherche de ses origines y mêlant une partie fantastique réussit à proposer originalité, fraîcheur et humour autour de thèmes pourtant bien utilisés.
Il faut dire que Sixtine, accompagnée d'une part par son copain Martin et son amie Sophie et d'autre part par un trio de pirates hauts en couleur et au vocabulaire bien drôle est une héroïne très attachante. Le récit est fluide et dynamique proposant des rebondissements qui gardent l'intérêt pour les péripéties du récit à un bon niveau.
L'histoire se déroule classiquement sur le plan du collège et celui du surnaturel d'une façon bien aboutie. Les auteurs proposent d'aller au delà des apparences pour conclure sur un final happy end qui donne à la série un caractère bon enfant et paisible.
Le graphisme de Aude Soleilhac travaille dans un esprit humoristique très dynamique avec quelques (sans plus) postures manga sur certaines expressivités des visages ce qui donne un aspect moderne à la série. J'ai apprécié le travail pour différencier les deux mondes qui coexistent souvent autour de Sixtine
Une belle lecture très agréable pour un très large public.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
La Petite Lumière
En règle générale j'aime beaucoup le dessin de Panaccione, parce qu'il sait parfaitement représenter l'incertitude dans le regard ; et je me retrouve dans ce sentiment de ne pas maîtriser la marche du monde et d'être prise dedans à mon corps défendant. Donc ce petit volume m'attendait dans la sélection chrétienne des BD d'Angoulême, dans la cathédrale. J'en avais lu des avis contradictoires et je n'était pas enthousiaste a priori, mais en ouvrant sur une page avec ce vieux barbu aux arcades sourcilières fripées, j'ai presque cru reconnaître mon père, et je l'ai pris. Ici, le héros solitaire et confronté à quelque chose d’invraisemblable, qu'il tente, le plus longtemps possible de rattacher au monde rationnel qu'il a habité jusque-là. Mais finalement, c'est peine perdue, il fait un pas vers une incertitude plus grande encore. Plus j'y pense et plus je me dis que le mot Dieu n'est qu'un autre mot pour l'incertitude : celle à qui nous sommes tous à la fois soumis et reconnaissant. Un exemple de cette incertitude : commencer à contribuer à BDthèque et dix ans plus tard se retrouver avec 13 contributeurices dans un gîte près d'Angoulême à partager un chili. (J'ai peur que les églises, elles, oublient trop souvent ce nœud originel, et se laissent aller à la certitude.) Rien d'étonnant donc à retrouver Panaccione dans une cathédrale. Ce volume m'a fait penser aux adaptations de Thierry Murat (Le Vieil Homme et la Mer et Les Larmes de l'assassin), le pitch tient en une ligne, mais l'intrigue narrative est tenue de bout en bout par la densité du dessin. Je comprends que certains puissent rester à la porte de l'album, et principalement parce qu'il ne faut pas s'y aventurer dans une salle d'attente, ou entre l'épluchage des oignons et le lavage de la cocotte. Il faut y consacrer un temps indéfini, libre de toute contrainte, sans bruit parasite. Une bande dessinée qui demande toute notre attention.
Les Fleurs aussi ont une saison
Je n'ai pas grand chose à ajouter à l'avis de Paco, qui reflète complètement mon impression. Comme j'ai lu l'album juste après Ma famille imaginaire je suis tentée de faire une comparaison entre les deux parce qu'elles abordent toutes les deux le thème de la famille et des drames de la transmission, mais elles attrapent les choses avec un tempérament totalement inverse, et les deux m'ont séduite. "Les fleurs aussi ont une saison" aborde la mort dans une tristesse contemplative, une acceptation du monde qui est établie par le dessin de façon magistrale. La cascade de deuils que sa famille est conduite à supporter est en plus une lignée de femmes. Grand-mère, mère, sœur, toutes les femmes de sa vie se sont évanouies. Les personnages sont à la fois précisément décrits, observés de leur vivant et leurs formes douces nous manquent aussi tellement le dessin est réussi. La narratrice, Cécile, s'adresse à ses enfants, et leur raconte ce passé récent comme une clef nécessaire à leur départ dans la vie. Le calme silencieux qui se dégage des dessins est admirable. Tout est beau et un petit humour bienveillant survole les pages. Chez Edith Chambon, c'est tout le contraire. Le bruit, le mouvement, la colère et la peur se succèdent et investissent l'image et le son. Mais Edith est plutôt à la place de l'enfant, à qui personne n'a parlé. Être enfant, avoir des enfants. c'est un peu l'alpha et l'oméga de la femme. Chacune essaye de s'échapper de ce cadre, mais l'une dans une fureur colorée et décidée tandis que l'autre passe simplement le témoin de la vie, et se réalise dans un dessin de vair (comme la pantoufle)
Ma famille imaginaire
Ce qui m'a plu c'est le mouvement dans le dessin et le culot dans les couleurs, et ce mouvement exprime aussi une sorte d'avidité à comprendre et d'agilité d'esprit qui est sympathique. On pourrait présenter le pitch, en disant que c'est l'histoire d'une trentenaire qui commence une thérapie à la suite d'un cauchemar, et qui reconsidère sa famille à l'aune de ce nouvel élément. Mais dit comme ça, ça fait sérieux, ça ressemble à un voyage intérieur inaccessible. Eh bien pas du tout : c'est là tout l'art de cet album, qui saute d'une mise en page à une autre en restant dans un univers commun dans la densité des surfaces colorées aux feutres. Parfois des pleines pages sans marges, parfois des cases biens quadrillées mais aux contours ondoyants, mais des personnages toujours en mouvement et en recherche. De mariages en funérailles et de gares en repas de famille, les pensées du personnage, souvent dans l'ironie, survolent les évènements, les souvenirs mais aussi les dialogues. Le grand-père, les parents, la cicatrice, et la couleur, sont les personnages principaux de cette enquête sur soi-même. On se retrouve forcément dans cette observation de la famille, parce que les épisodes dramatiques sont juxtaposés avec la vie de tous les jours et c'est dans cet amoncellement que Edith cherche à reconstituer un passé inconnu et effrayant. Cette enquête perturbe la famille, et personne n'a envie de la laisser ressortir les macchabées du placard, et pourtant.... Quel soulagement de comprendre d'où l'on vient !
Bunkerville
J’ai adoré cette promenade loufoque et onirique dans le monde intrigant de Bunkerville. Les décors steampunk et les scaphandres m’ont rappelé le jeu vidéo BioShock (le premier), même si les auteurs citent plutôt Jules Verne et Albert Robida comme influences. J’ai noté de nombreuses références (par exemple le nom de l’hôtel, « Bunkerville Palace Hotel », faisant écho au film de Bilal « Bunker Palace Hotel »). En tout cas l’histoire est prenante et intrigante, et le dénouement est réussi et parvient à fournir une explication logique et cohérente. Le dessin réalisé entièrement en aquarelles est absolument magnifique, tout en restant parfaitement lisible… un délice pour les yeux. Et puis quelle couverture ! Une promenade onirique et steampunk parfaitement réalisée, que je recommande aux amateurs du genre.
Harley Quinn - Old Lady Harley
Je m’y suis lancé un peu à reculons mais ça s’est transformé en une chouette surprise, un bon délire qui fait plaisir à voir. DC a outrageusement pompé l’idée de Marvel avec Old man Logan. On est exactement sur la même trame, à savoir des versions 3eme âge de nos héros dans un monde plutôt dévasté. Sauf qu’ici, le résultat est bien plus fun et mieux construit que la version de la maison des idées (l’effet carte postale est moins flagrant). L’histoire démarre sur les chapeaux de roue avec notre Harley attachée comme Mad Max à une voiture, une façon de montrer que dorénavant le monde est bien différent, le danger est constant sur les routes, elle sera poursuivie par des descendants de goat boy (?), puis du pingouin. Ce n’est que la première étape de sa quête, monsieur J semble être revenu d’entre les morts. La suite est du même tonneau, nous allons découvrir de fil en aiguille un monde dévasté : invasion de zombies venant du Canada, grandes villes contrôlées par de grands noms de l’univers (Lex, Aquaman, Bane, Power girl …) et bien sûr Gotham avec un Batman surprenant. Durant son périple, elle retrouvera certains de ces anciens acolytes pour mener à bien sa mission. Certains sont bien connus (Croc, Catwoman …), d’autres non comme Red Tool, une sorte de Deadpool version DC. Au final, un cocktail survitaminé d’action et d’humour non stop, quelques flash-back autour de notre héroïne pour mieux comprendre son indépendance, des pages façon journal TV pour découvrir le bordel autour du monde etc … J’ai trouvé le tout plutôt bien amené, plaisant à suivre et pleins d’idées saugrenues que je ne dévoilerai pas. Même si une suite est possible, l’album se tient bien tout seul et se lit facilement sans avoir une grande connaissance de l’univers. Rien de renversant (j’ai vu ailleurs que l’album se faisait pas mal descendre) mais pour ma part un résultat suffisamment barré pour que j’arrondisse au supérieur, j’ai bien rigolé de certains détails. 3,5
À coucher dehors
Bonjour, C'est de lire vos avis qui m'auront fait découvrir ces deux opus, à les emprunter à la médiathèque. Bonne pioche. Le dessin est dynamique à souhait, les couleurs volubiles, hirsutes, défouraillent à tout va; ainsi le scénario. Il y a du cocasse ! Même si parfois quelques scènes amenées sont un peu "capillotractées" et d'autres fortement improbables dans la vie réelle...telle : la venue de l'infirmière et la virée au centre de jeu, l'entrée au parc d'attraction d'Amédée, etc. Puis d'autres situations que l'on découvre plus tard...telle la connivence, pour ne pas dévoiler l'intrigue, entre l'homme de loi et l'infirmière...Mais le petit miracle de cette histoire est que rien n'est vraiment totalement très choquant au moment de la lecture, probablement dû au dessin/couleurs criards qui d'entrée donne le ton...On est ici dans du Archimède le clochard/Gabin, mais sans le côté éduqué et plutôt dans la gaudriole au sens premier, et le côté physique qui s'en dégage. Bien sûr le tout sert de confrontation permanente : entre les personnages, même en leur attachement réciproque...Entre ceux qui représentent les institutions et ceux qui les subissent...Et assez bizarrement parti est pris de mettre tout le monde à égalité sur la question des trois religions ainsi que l'athéisme, tels seraient les trois mousquetaires... Dans mon adolescence j'ai rencontré un clochard sous le pont de St-Jean à Lyon et chaque week-end j'allais le voir; il était ancien professeur de littérature à la Sorbonne et avait même été professeur à Barclay pendant 2 ans. Rien ne m'a choqué sur les dires pseudo-philosophiques ou religieux de ces SDF, cela ressemble bien aux discussions du café du commerce, au bagout mis en scène par Coluche, etc; il faut avoir vécu cela pour le savoir et y voir des analogies... Donc rien de choquant, mais après coups sont plus choquant les quelques invraisemblances situationnelles qui permettent de raccorder le fil et continuer à le dérouler et parfois le tendre pour arriver à la fin de l'histoire. Histoire commencée et écrite par le début ou par la fin scénaristiquement parlant...??? Mais cela se lit magistralement et rien n'est rebutant au moment de la lecture...La farce est bonne, la peau quelques fois croustillante et épicée; un bon rôti du dimanche en somme avec un vin de dialogue assez gouleyant...Même, si bien sûr le postulat de départ est hautement improbable, une trisomique contre une maison, mais le reste est de la même veine; et pourtant ça fonctionne, tant il me semble le dessin et sa colorisation donnent le ton et tempo...Criard, coloré, outrancier...et ça fait tout passer, même les incohérences en comparaison du terre à terre...Cela reste une jolie fable, intéressante, et ouvrant un certain champ de réflexions, qui auraient être de plus amples sujets, et là mine de rien le 5/5 aurait été mérité...Mais un bon 4/5 semble assez cohérent pour ce bon moment de lecture qui demandera du temps avant une relecture tant un sujet particulièrement singulier a tendance à s'imprégner dans la mémoire...Il aurait fallu un scénario plus dense et touffus partant dans plus de directions pour avoir envie de le relire peu après. Peut-être que la même histoire sur 3, voire 4 tomes aurait été mieux servie; permettant des transitions plus souples alternées avec des plus abruptes et aurait permis une définition plus précise des situationnels et des personnages...Mais un bon moment de lecture...à plusieur niveaux et à plusieurs âges... Cordialement.
La Fissure
L’aspect graphique surprend. En effet, il n’y a pas ici de dessins, mais uniquement des photos, prises par les auteurs durant leur longue enquête. Des photos retravaillées, avec une sorte de colorisation qui donne à l’ensemble une unité et un certain cachet esthétique. Pour le reste, c’est un documentaire très intéressant, sur un sujet de plus en plus d’actualité : les vagues migratoires qui atteignent l’Europe. Mais aussi, en creux, la notion de frontière. Les deux auteurs se sont rendus, sur une durée de plusieurs moins, à peu près partout, aux frontières Sud, sud-est, est et nord-est de l’Union européenne. Leur travail est intéressant. D’autant plus qu’il a été mené durant une période charnière, autour de 2015 surtout, au moment où les crises commencent à se succéder, et où les pays européens commencent aussi à durcir les conditions d’accès, et donc le contrôle aux frontières. Il serait d’ailleurs intéressant de mener la même enquête aujourd’hui, alors que l’UE « délègue » aux pays extérieurs (fussent-ils des dictatures ou tout le moins des États où les droits de l’Homme ne sont pas respectés – la Libye par exemple) ce contrôle, en subventionnant leur appareil sécuritaire, au détriment des droits des migrants. Les auteurs montrent ici l’une des faces noires des accords de Schengen, pour ceux qui n’en font pas partie. Ils évoquent aussi la situation aux frontières avec la Russie sur la fin, ce qui est là aussi intéressant, en le remettant en perspective avec les événements plus récents. Un bon documentaire, à la limite de la BD et du reportage illustré (même s’il y a bien une narration – uniquement un commentaire en off, pas de dialogues ou de bulles). Note réelle 3,5/5.
Les Derniers Jours de Robert Johnson
Et dire qu'on a bien failli ne jamais lire cette BD !!! La faute à un voleur opportuniste qui s'est retrouvé à braquer les planches originales confiées au livreur. Fut-il pris de remords ? Allez savoir ! Toujours est-il qu'il a finalement restitué l'objet de son larcin. Et quelle perte cela eut été ! Ces derniers jours de Robert Johnson sont une sorte d'apothéose, compilant thèmes et personnages déjà évoqués, parfois à peine effleurés, dans les œuvres précédentes de l'auteur : la musique bien entendu, et le Blues avant tout (on y croise d'ailleurs Meteor Slim), le Deep South et tout ce que charrie cet imaginaire... Il s'amuse également avec la légende qui colle à la peau de Robert Johnson, à savoir son fameux pacte avec le Diable ! Je ne dirai rien là-dessus afin de ne rien dévoiler, inutile d'insister, mais l'auteur revisite le mythe de manière tout à fait originale. Ce coup de ripolin lui confère au passage une profondeur psychologique qui trouve ici tout son sens. Le récit prend la forme d'une déambulation et nous trimballe à travers le vieux sud, jusqu'à New York où notre bluesman compte bien décrocher la Lune, une déambulation croisée puisque le chemin de nos deux compères va justement croiser (mais juste croiser) deux blancs-becs du Carnegie Hall, précisément à la recherche de Robert Johnson afin de le produire sur scène. Au-delà de l'aspect géographique, c'est également une ballade temporelle dans les souvenirs de notre héros. Tout cela est très habile, peut-être même trop, car Duchazeau nous perd parfois dans cet écheveau. En outre, j'ai quelques fois eut du mal à reconnaître Johnson de son compagnon de route. Fort heureusement, notre homme porte des bretelles, et son compère une cravate. Ouf ! A cela près, l'auteur de Lomax et compagnie nous offre un sommet graphique. Son trait noir et poudreux a encore franchi un cap et c'est du pur plaisir esthétique. Chaque case ou presque est un petit tableau dont certaines nous offrent des saynètes imprégnées du parfum de l'époque. Tout est vivant, on entend la foule qui discute, les voitures, les guitares, l'harmonica... C'est somptueux, tout simplement.
Lilith
L'avis de Noirdesir m'a invité à regarder l'album de plus près et je suis franchement d'accord avec lui (et d'ailleurs je rejoins aussi celui de Cacal), parce que je suis ressorti ravi de ma lecture ! Si je note un peu large dans ma lecture, c'est avant tout parce que le plaisir de lecture était là d'un bout à l'autre. Déjà rien que la couverture, épaisse et toilée, avec ce bleu magnifique et ce dessin qui attire l'œil à tout pour plaire. Mais le plaisir est aussi à l'intérieur, les dessins faisant la part belle aux environnements de SF faisant très années 60, avec des structures organiques et tout en courbe en tout sens. Le dessin, c'est le point fort du récit, puisqu'entre les couleurs, les inspirations et l'inventivité graphique de certaines planches, on en prend plein les mirettes ! Maintenant, la BD ne se contente pas de faire plaisir à l'œil et nous sert une intrigue certes assez rapidement lue (la BD possède une pagination importante mais aussi un rythme lent et contemplatif) mais qui ne se prive pas de quelques idées que j'ai personnellement bien aimé. Ca rappelle les scénarios de SF à la Barbarella, je trouve, où l'on explore des planètes inconnues peuplées de vie étrange. Il y a des idées autour de plantes, notamment, et bien sur les reines, dont on ne dévoile pas beaucoup de choses mais dont j'ai beaucoup apprécié le principe ! Bien sur, il y a quelques détails qui peuvent faire tiquer l'œil, notamment les talons aiguilles pour visiter des planètes hostiles, mais je trouve que ça accompagne bien le rendu global. Je tiens d'ailleurs à faire remarquer que malgré quelques scènes de sexe explicite, le récit est franchement plutôt soft et qu'il est dans la limite du strictement pour adulte, à mon gout. En tout cas, je suis très friand de la BD qui m'avait tapé dans l'œil et dont je ne regrette pas un instant l'achat (et la dédicace !). Je verrais pour me procurer l'autre volume produit par l'auteur et j'espère qu'il continuera à produire des albums de SF dans ce style, parce que ça me plait beaucoup !
Sixtine
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire les quatre épisodes de cette série pour jeunes ados. Le scénario de Frédéric Maupomé bâtit autour d'une recherche de ses origines y mêlant une partie fantastique réussit à proposer originalité, fraîcheur et humour autour de thèmes pourtant bien utilisés. Il faut dire que Sixtine, accompagnée d'une part par son copain Martin et son amie Sophie et d'autre part par un trio de pirates hauts en couleur et au vocabulaire bien drôle est une héroïne très attachante. Le récit est fluide et dynamique proposant des rebondissements qui gardent l'intérêt pour les péripéties du récit à un bon niveau. L'histoire se déroule classiquement sur le plan du collège et celui du surnaturel d'une façon bien aboutie. Les auteurs proposent d'aller au delà des apparences pour conclure sur un final happy end qui donne à la série un caractère bon enfant et paisible. Le graphisme de Aude Soleilhac travaille dans un esprit humoristique très dynamique avec quelques (sans plus) postures manga sur certaines expressivités des visages ce qui donne un aspect moderne à la série. J'ai apprécié le travail pour différencier les deux mondes qui coexistent souvent autour de Sixtine Une belle lecture très agréable pour un très large public.