Les derniers avis (32284 avis)

Par Montane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Fidèles
Les Fidèles

Je me retrouve totalement dans l’avis précédent. Voilà le 3e album de cet auteur Flamand, et c’est la encore une vraie réussite. On retrouve les caractéristiques de Ben Gijemans. Avec des thèmes peu faciles. Après avoir abordé la solitude avec Hubert et l’homosexualité avec Aaron, voilà qu’il aborde en même temps la piété et l’éveil à la sexualité. L’histoire est assez simple: deux frères qui fréquent assidûment l’église et s’ennuie à mourir en vacances chez leurs grands parents découvrent un jour une vidéo porno graphique qui va engendrer bien des fantasmes chez nos deux compères. Ce qui change chez Gijemans c’est le traitement de l’histoire. Jusqu’à présent il se rapprochait très clairement d’un Chris Ware avec des successions de cases où les personnages sont quasi immobiles et qui caractérisent une forme de lenteur et de monotonie. On retrouve quelque peu cette forme de récit mais de manière très marginale. En effet il n’y a quasiment pas de case dans cette bd. Gijemans se contente de montrer les visages des différents interlocuteurs sur un fond blanc ( les planches sont elles même en noir et blanc). On voit aussi souvent les enfants allongés dans leur lit. Le lecteur devine ainsi leur intimité. On a parfois des dessins plus grands avec un aspect symbolique évident. Bref le dessinateur a véritablement innové avec ce nouvel album. Bien sûr le thème abordé n’est pas très «  grand public », bien sûr cet album est plutôt destiné à un public a un public adulte, quoi que les adolescents pourront très bien se sentir concernés. La critique de la religion qui semble incapable de traiter de la sexualité n’échappera pas aux lecteurs. Et dans un contexte ou les scandales nombreux ont éclaté au sein de l’église catholique, on se dit que Ben Gijemans a visé juste. Quoi qu’on pense de ce type d’histoire, on ne peut nier que cet auteur tente vraiment de renouveler le 9 art, et il mérite largement d’être salué pour ça.

04/02/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mycelium Wassonii
Mycelium Wassonii

Je découvre cet auteur avec cet album. Brian Blomerth est illustrateur, musicien et "strip-teaseur de bandes dessinées", il a passé des années à combiner des styles d'art underground classiques avec son esprit visuel irrévérencieusement mordant dans les zines, les bandes dessinées et les couvertures d'albums. Il vit et travaille à Brooklyn et ce "Mycelium Wassonii" est sa première BD publiée en France et c'est une très belle surprise. Je vais commencer par souligner le très beau travail éditorial de Rackham, c'est vraiment un très bel objet, et la jolie préface de Paul Stamets, mycologue et écrivain américain. On va découvrir la biographie de Valentina Pavlovna Wasson et de Gordon Wasson. Elle est née en 1901 en Russie, un pays éminemment mycophile, lui est né en 1898 dans le Montana. Elle est pédiatre, lui banquier. Tout commence en 1927 lors de leur voyage de noce dans les montagnes Catskill, elle cherchait des champignons comestibles et c'est à ce moment que tout va basculer. Surpris par la différence des attitudes culturelles envers le champignon en Russie et aux États-Unis, le couple commence ses recherches.  Des recherches qui vont initier un nouveau champ disciplinaire, l'ethnomycologie, lorsque que Gordon arrive à participer à un rituel Mazatèque dirigé par Maria Sabina, une chamane, avec des champignons hallucinogènes. Ce comics met en évidence le rôle majeur de Valentina Wasson, trop tôt disparue. Un titre qui prend tout son sens. Une lecture rapide malgré la pagination importante, très peu de texte, mais une lecture instructive, captivante et tout public avec une pointe d'humour. La partie graphique est enchanteresse. Une narration qui repose énormément sur le visuel, dans un style qui rappelle le génialissime Tex Avery pour la gestuelle des personnages. Les personnages ont des têtes de chien, pas trop mon truc, mais là j'ai aimé ce choix, il apporte ce côté surréaliste qui plaira à toutes les générations. J'ai tout aimé, de la créativité de la mise en page aux superbes couleurs chatoyantes en passant par la richesse des nombreux détails. Même les champignons ont leurs phylactères et leur langage. Prenez le temps de savourer chaque planche. J'ai adoré. L'album se termine avec les confessions de l'auteur sur la réalisation de ce comics. Instructif. Une très très belle découverte sur deux pionniers oubliés.

04/02/2024 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Pauline à Paris
Pauline à Paris

Je sais que le roman photo est un sujet épineux à l'intérieur de Bdthèque puisque les planches ne sont pas à proprement parler dessinées, le problème se retrouvera pour les scénaristes qui vont utiliser l'Intelligence Artificielle (qu'on ferait mieux d'appeler image algorithmique) d'ailleurs. Mais après lecture de cet opus, je reconnais une certaine puissance graphique au choix des photos et des dessins et carte postales d'archives voire de journaux découpés, et à la manière de les agencer. L'utilisation des photos d'écorce du platane (personnage de l'histoire) en particulier m'ont parues très habiles. Ce n'est pas une grille toute bête, il y a des effets de symétrie, de contraste, de répétition. C'est riche. Ensuite le scénario est bien construit. L'interview de la grand-mère est très bien retranscrit et découpé, les silences, les expressions de la vieille dame au moment où elle arête de parler vont vous rappeler la vôtre c'est sûr, le rythme des phrases et les expressions un peu désuètes aussi. Ce premier passage est ensuite suivi d'une sorte d'interrogation du narrateur sur la véracité du récit, il relève des incohérences, les clichés, se pose des questions sur comment elle a appris ces faits. Bref cela devient une enquête. Une recherche d'archive, un questionnement de la famille, des voisins, etc... En tout cas, j'ai été happée par le récit et surtout par sa narratrice qui est finalement une simple dame née en 1910, qui nous transmet les rêves et les lieux communs de son époque. J'avoue que c'était le premier roman-photo que je lisais, et pour une première, c'est concluant !

04/02/2024 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série En marche ou grève
En marche ou grève

De la part d’un bédéiste qui sort des cases, il est assez logique de ne pas mettre de case dans sa bédé. En effet, David Snug refuse autant les étiquettes que le système, et à cet égard, il n’y a guère qu’avec l’anarchisme, le gros mot qui fait peur au bourgeois, qu’il pouvait se trouver des affinités. Car le bourgeois, tout comme la meute d'électeurs acquise aux bienfaits d’un système qui en vérité la méprise, n’aime pas les tire-au-flanc. Et David Snug en est un, et même un magnifique spécimen ! Un brin décalé, totalement décomplexé, non-violent revendiqué, plus wawache que black bloc, et qui plus est a l’outrecuidance de faire marrer son audience ! Notre sympathique anar égrène à travers ses strips à longueur variable son aversion pour le système et la bêtise, avec un sens de l’autodérision et de la punchline irrésistibles. S’il s’en prend avec une nonchalance caustique à Macron, Darmanin, Borne et consorts, le reste de la classe politique n’est pas épargné, tout comme les médias détenus par Bolloré et ses chiens de garde Praud et Hanouna. Mais Snug aborde aussi les thèmes de l’époque, l’écologie, la bouffe, la consommation et les panneaux publicitaires, mais aussi sa détestation du sport et des JO à venir (« L’important c’est de ne pas participer ! »), les gros festivals comme le Hellfest (« Dormir dans un camping avec des gens bourrés, ça me fait chier ») ou la fête de l’Huma (où l’on doit présenter un QR code à l’entrée) et Fabien Roussel (qui se déplace toujours avec ses gardes du corps), ou encore le film « Oppenheimer », qui attribue la célèbre formule de P.J. Proudhon, « La propriété c’est le vol », à Karl Marx (sic)… Mais la « star de la bédé underground de gauche » n’oublie pas de rappeler quelques vérités historiques et n’hésite pas à égratigner Mitterrand et son « gars sûr », Jacques Delors, à l’origine de la désindexation des salaires en 1983 ! Il confesse par ailleurs son admiration pour son « anar préféré », Elisée Reclus, géographe français du XIXe siècle, qui considérait l’anarchie comme « la plus haute expression de l’ordre. » David Snug ne sait pas « dessiner » mais il s’en fout. Ses personnages ont l’air statique, avec les mêmes postures un peu balourdes, bras raides et dos voûté. Son style est pourtant très adapté à un genre plus proche du dessin de presse que de Largo Winch ! Et puis on l’aime bien ce trait minimaliste net et sans bavures, avec ces mignons petits cacas qui essaiment à quasiment toutes les pages, ces oiseaux obèses au vol paresseux, tous ces animaux à la mine engourdie, ces arbres ronds et ces fleurs des champs disséminées un peu partout, bref, tout ça donne un dessin très vivant et joyeux qui vient équilibrer le sérieux du propos, avec un côté graphique pas déplaisant. Sans vouloir cataloguer l’auteur, on pourrait le placer quelque part entre Geluck (en moins consensuel) et Charb (en moins méchant). Quand on a terminé le livre, la première chose qu’on se dit est qu’on n’a pas perdu son temps ! « En marche ou grève » est à la fois drôle et instructif, branché sur une actualité pas très fun mais pas plombant pour autant car l’ensemble est plutôt hilarant. Certes, certaines vérités énoncées ne nous feront pas forcément plaisir en nous confrontant souvent à nos propres contradictions. On pourra aussi être déroutés par moments, par exemple quand il parle de Gaspard Proust comme du « nouveau comique d’extrême gauche », ou du fait que Thiéfaine, « star du show-biz » (sic), « aurait » été amené en hélicoptère à la fête de l’Huma, sans que l’on parvienne à deviner si c’est de l’humour (ou alors au 16e degré). Néanmoins, on ne saurait en vouloir à David Snug, qui avance quelques arguments irréfutables, frappés au coin du bon sens, certes pas toujours avec la meilleure foi du monde et pas toujours avec diplomatie (mais la diplomatie est-elle l’attitude la plus appropriée face au mépris désinvolte du pouvoir ?). Arguments auxquels les plus blasés ou les plus réactionnaires rétorqueront qu’il n’est qu’un doux rêveur. Mais par un processus étrange, le bougre a quelque chose de singulièrement attachant, non seulement parce qu’il est drôle mais aussi peut-être parce qu’il donne cette impression à travers son livre de nous parler comme si l’on était face à lui, accessoirement autour d’un verre. Avec « En marche ou grève », le camarade Snug prouve au moins qu’on peut être militant et pas chiant pour autant… C’est cocasse, non ?

04/02/2024 (modifier)
Par Tièri
Note: 4/5
Couverture de la série Abdallahi
Abdallahi

Bonjour, Sans ce site je n'aurai pas su l'existence de ce diptyque; emprunté à la médiathèque, mais qu'en dire? En premier lieu des dessins parfois dignes du pictural de la peinture, très colorée ; néanmoins il manque 2 ou 3 vraies planches style tableau comme celle des pélicans ou du dromadaire buvant au fleuve...Mais aussi une disparité dans les sculptures des visages "celle de la case page10 en bas à gauche est extraordinaire mais d'autre semblent bâclées ou d'un peu trop de lissé... Malgré tout le dessin emmène bien dans la lecture et les propos en off sont plutôt bien vus et en cohérence avec le récit et le complètent bien, le renforçant et, prenant parfois le ton sur le dessin par une certaine profondeur. Profondeur qui sied bien à ce genre de récit du désert et d'aventureux en celui-ci. Passe pour les dialogues, surtout ceux de Arafanba, parfois assez philosophiques, mais la rudesse des lieux et climats ainsi que l'expérience en de durs régions font souvent naître des propos alliant les sculptures des visages qui les prononcent; ce qui n'est pas le cas d'Arafanba, tantôt curieux adolescent de caractère et parfois solennel d'une grande sagesse...Cela laisse un peu perplexe une fois les 2 tomes refermés, mais ne gêne pas la lecture au moment tant le dessin/peinture et le reste du texte impriment une marche dans cette épopée en ce désert. Personnellement tout a bien fonctionné...M'a emballé...Jusqu'à la longue et lancinante fièvre et quête de soi/mission/évènements/sentiments...Dans le style de ce qu'à pu éprouver un certain Lawrence, bien mieux décrit "poétiques/précisions" dans "les sept piliers de la sagesse"...Là c'est moi qui me suis perdu et ai lâché...Il s'agissait de bien montrer toute la folie et toutes les ambiguïtés personnelles de l'aventurier, toutes les dualités voire ""triolisme"/"trialités" "...Il me semblait que cela était plutôt assez bien traité et intelligible déjà, et que d'y passer moins de pages aurait aéré l'ensemble sans ses répartir de sa gravité de propos, et "gravité centrale" du récit...Et en me promenant dans la campagne entourant ma maison, avec ma chienne, après lecture, en voyant quelques garde-boeufs en équilibre sur des moutons...Je pensait au "Sept piliers de la sagesse" de Lawrence "dit d'Arabie" par un journal américain; et me disait que le désert de rené caillé dans ce diptyque manquait de solitude...Enfant je fuguais des colonies pénitentiaires, qui n'existaient pas selon l'officiel, et chassais et dormais dans des criques dites "Sauvages" par les hommes et leur société...Et dans ces criques sauvages, le poids de la solitude se ressent ainsi le souffle du vent...Même lorsqu'il se trouve y venir des gens, cela devient ambivalent; il souffle alors un drôle qui fait de chaque sentiment un oui et non, quelque chose qui vous pousse et vous retient à la fois : l'envie et la crainte, l’excitation première et la pudeur, l'espoir et la peur, etc. Certains de ces sentiments sont présents dans certaines situations mais pas dans d'autres... Mais probablement cela est trop demandé de voir être retransmis des sentiments et des situations qui ainsi que le vent ne peuvent être perçus que lorsque tu vis la situation...Aucun livre, aucun mot, ne sauraient te dire ce que tu ressens en caressant une raie pastenague "sauvage" en Méditerranée française "sauvage", un mérou, une murène; il faut l'avoir vu, vécu et avoir caressé...Donc ne demandons par l'impossible à ce diptyque qui montre assez bien parfois bien une bonne partie des ambiguïtés qui traverse le héros : réhabilitation solaire/futur statu vain, quête de réhabilitation/quête de soi par rapport à l'accolé son nom, reconnaissance personnelle/reconnaissance de son statu, reconnaissance et quête de l'être/quête sociale et sa reconnaissance, etc. Lawrence, Henri de Monfreid, par exemple sont dans ces quêtes, mais plus personnelles et à un moment de leur existence chacun tranche...Et là les auteurs prennent le parti de ne pas trancher... Malgré ces quelques petits reproches car ils ne sont que ça...Reste une bonne lecture, agréable, posant aussi quelques questions fondamentales sur l'être, sont devenir, ce qu'il représente en sa société d'origine et dans une autre qui est étrangère, les croyances des uns et des autres, celles des sociétés différentes, ce qui sous-tend à la volonté personnelle comme de celle de la société à laquelle chacun pense appartenir, le pensum individuel et celui prôné par le collectivisme, le poids des traditions fondées ou non, et de celles réellement traduite dans les actes ou non, etc. Un diptyque à voir et à lire assurément...Un bon 4,2/5 cordialement.

04/02/2024 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Naphtaline
Naphtaline

Encore une histoire de famille ! Je les ai collectionnées sans m'en rendre compte, pour cette première visite à Angoulême. Celle-ci est argentine, et plus construite que les précédentes. Le scénario crée un va-et-vient bien rythmé entre le présent d'une jeune fille qui commence sa vie d'adulte dans la maison de sa grand-mère, et des flash-back sur les racines de son arbre généalogique. Sa copine trouve quelle a bien de la chance d'avoir cette maison gratos, mais chaque objet, chaque pièce, la renvoie à des énigmes familiales qu'elle va essayer de résoudre, entrecoupée par les coups de fil agaçants de sa mère. Un ensemble de rouages très bien assemblés, qui tire son originalité du dessin, me semble-t-il. Peu de couleurs, pas du tout réalistes, très vives (mais dans une toute autre palette que Ecoute, Jolie Márcia, qui nous venait du Brésil) Les personnages, avec des ronds presque fushia à la place des joues, des corps en poupées de chiffon rebondies, prennent vie grâce à de bons dialogues. le passage présent/passé est très lisible, et il a fallu que je revienne dessus en vous écrivant pour comprendre le mécanisme : c'est juste le fond qui est soit blanc, soir vieux rose. (spoiler, si vous souhaitez en faire un cadeau, cela peut vous être utile) Le fond de l'affaire est une famille italienne dont le père est communiste, qui est obligée d'émigrer en Argentine, pour survivre. Et cet album décrit comment l'engagement politique d'un homme va contribuer à un déracinement difficile à assumer pour sa femme : elle va reporter toute sa frustration sur ses fils dont les destins en seront fortement imprégnés. Bref c'est une belle histoire, à la fois triste et qui ouvre sur des lendemains ouverts.

04/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Tsiganes
Tsiganes

Ce genre de publication est salutaire. Pour remettre en lumière un crime contre l’humanité dont ont été victimes les tziganes. Crime perpétré par les Nazis bien sûr, mais aussi et surtout, pour ce qui concerne cet album, crime perpétré par l’administration française. Car ce que montre bien cet album, c’est que l’administration française a fait preuve de racisme et a maltraité les tziganes avant l’invasion allemande, pendant au temps de la collaboration, mais aussi après. J’ai lu l’édition originale, avec une préface de Serge Klarsfeld. Et justement, le fait qu’il n’y ait pas eu de relais « médiatiques » comme cela a pu être le cas pour d’autres victimes de masse comme les juifs (des personnes comme Klarsfeld traquant les criminels, ou un État comme Israël pour servir d’asile et de bras armé pour d’éventuelles sanctions), a entrainé un oubli. Le grand public ne sait pas grand-chose de ces camps d’internements, de ce qu’ont vécu ici les tziganes, la France a « oublié », une bonne partie de ceux qui ont été les complices de ces actes étant restés en places (policiers, juges, etc.). Ce qui a permis à Manuel Valls de tenir des propos scandaleux à leur encontre il y a quelques années. Kkrist Mirror montre bien le traitement inhumain imposé aux tziganes dans les camps de concentration en France (pardon, camp d’internement). Mais aussi il met en avant un « juste » (pour reprendre une terminologie s’appliquant à ceux qui ont sauvé des juifs durant la guerre), un homme d’Église résistant, qui a tout fait pour lutter contre l’horreur qu’il voyait (alors même que certains opposants à l’occupation et à Vichy ne voyait aucun inconvénient dans le traitement subi par les Tziganes). Un album à lire, pour ne pas oublier. J’attends encore que la France – via les programmes scolaires par exemple – reconnaisse à son juste niveau sa responsabilité dans ce genre de crime, et fasse œuvre pédagogique sur cette question. Le racisme ordinaire, nourri de préjugés, n’était pas l’apanage des Nazis.

04/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Faut pas prendre les cons pour des gens
Faut pas prendre les cons pour des gens

J'ai beaucoup aimé les 3 tomes, chaque page présente une nouvelle idée, c'est vraiment riche en termes d'humour et de concepts. Bien sûr c'est de l'humour assez trash et c'est pas pour tout le monde, mais ça fait du bien parce que j'en vois rarement. Chômage, publicité, richesse, immigration, alimentation, animaux...ça tape sur tous les problèmes de notre société, et ça fait du bien. Un peu comme South Park, la BD tire sa cohérence de la diversité des sujets. A chaque fois, on part d'un problème de société (l'abandon d'animaux par exemple) pour le pousser à l'extrême, (une entreprise chargée de gérer les abandons) ce qui permet de mieux le dénoncer. C'est une structure qui permet de faire énormément de choses tout en gardant l'homogénéité sur toute la série. Au-delà de l'humour, l'esthétique copie le collage, le montage d'images récupérées sur internet, ça correspond parfaitement à l'absurdité des situations. J'ai eu l'occasion de lire Fabcaro juste après, et je préfère largement Faut pas prendre les cons pour des gens, que ce soit au niveau de l'humour ou de l'aspect visuel.

03/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Thorgal Saga - Adieu Aaricia
Thorgal Saga - Adieu Aaricia

Depuis 2013, je lis mais n’acquiers plus l’univers, un peu gavé de tous les dérivées, je m’étais fait une sorte de promesse… Aujourd’hui je dois avouer ma grande faiblesse, j’ai craqué sur l’objet et la perspective d’une série prometteuse. Après Spirou, Lucky Luke, Valérian et Laureline … notre héros vivra également des aventures uniques sous la houlette d’auteurs différents le temps d’un one shot. Robin Recht a la lourde tâche d’ouvrir le bal avec Adieu Aaricia. Disons le de go, ça a mis un peu du temps à me convaincre pleinement mais c’est plus que réussi. Un bien bel hommage de la part de l’auteur, on sent son plaisir et son amour pour les personnages, du beau boulot, et il amène de chouettes idées pour cette relecture. Aaricia est morte, on découvre un Thorgal vieillissant, auquel le serpent Nidhogg joue un dernier tour en lui proposant de revenir dans le passé et retrouver son aimé. Notre héros étant aussi faible que moi ;) il n’a pu s’empêcher d’accepter. La suite prend la tournure d’une aventure classique (époque Gandalf le fou), au programme kidnapping de notre jeune héroïne et mission suicide pour la délivrer. On se retrouve dans un univers familier et si l’histoire reste linéaire, l’auteur amène suffisamment d’ingrédients novateurs pour se démarquer. La vrai bonne idée est de confronter 2 Thorgal qui ont 70 ans d’écart dans la même aventure, et le traitement des personnages est fort réussi : Thorgal 3eme âge, Gandalf et un nouveau personnage féminin intéressant entre autre. De plus l’album est épais et permet à l’auteur de bien développer l’ambiance et son intrigue. Niveau graphisme, j’ai apprécié les couleurs de Gaëtan Georges mais j’avoue avoir été un poil déçu au début par le trait de Robin Recht. Le connaissant je m’attendais à plus de puissance, c’est loin d’être désagréable mais j’ai trouvé qu’il collait trop à l’œuvre originale, mais cette remarque c’est vite envolée tant le talent est là. Tout ça est classique mais fort plaisant jusqu’à un final malin qui emmène ce récit dans de nouvelles sphères. Bravo, un album qui met d’emblée la barre très haut pour la collection.

06/02/2023 (MAJ le 03/02/2024) (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Les Mots pour le dire
Les Mots pour le dire

J'avais bien apprécié le précédent ouvrage de l'auteure, "Sans un mot", et la découverte d'un nouveau volume à Angoulême m'a encouragé à le prendre et le lire. Les deux auteurs se sont retrouvés pour un deuxième album dans la lignée du premier, mais en ajoutant les dialogues cette fois-ci. Et ça marche tout aussi bien que dans le premier, mais avec cette touche de surprise qui me fait rehausser la note. C'est toujours aussi beau visuellement mais en plus les scénarios ont des idées et chutes intéressantes. C'est toujours dans le fantasme plutôt simple développé sur quelques pages, mais je trouve que le dessin invite au sensuel et les scénarios ne sont pas non plus truffés d'expression dégueulasse ni de mise en scène outrancière. Je suis donc très content de mon achat et je recommande ! Dans le catalogue Tabou, c'est clairement une des sorties récentes qui m'a le plus tapé dans l’œil. La note réelle serait plus vers les 3.5 mais je note large pour encourager à continuer.

03/02/2024 (modifier)