La couverture me faisait de l’œil depuis sa sortie, non pas qu’elle soit particulièrement réussie, mais j’aime bien les récits avec des animaux, et l’illustration associée au titre de l’album me titillait. Bref bien curieux de voir où ça allait nous emmener.
Je comprends complètement le ressenti de mes prédécesseurs, ça manque d’une ou deux péripéties pour dynamiser un peu plus, le coup du chasseur un peu trop redondant, un récit bien entre deux chaises jeunesse (lapin)/ adulte(loup) ….
Reste que j’ai vraiment aimé ma lecture, j’adore ce type d’univers un peu décalé (un lapin sous perf, un loup qui maîtrise la mécanique …), je me suis facilement laissé emporter dans le délire, notamment grâce au personnage du loup. Ce dernier est fort attachant et sa personnalité reste volontairement un peu floue, je trouve que ça fonctionne très bien ici.
J’avais un peu peur de la partie graphique au départ, un trait « simple » et je trouve les animaux pas tous réussis mais vite oublié, l’album est fluide, les expressions sont bien rendues et les couleurs sont sympathiques.
Au final, un bon petit road movie sur la maladie et l’amitié, j’ai aimé le côté feel good qui s’en dégage, il y a de chouettes passages (le bar des bikers, les loups …), l’humour fonctionne bien comme la relation entre nos 2 personnages.
Nous ne sommes pas au niveau des albums de Benjamin Renner, mais pour ma part une lecture fort agréable. En plus d’être une chouette découverte de la production allemande et féminine, je suivrai l’auteure.
3,5+
J'ai été très touché par ce livre témoignage qui éclaire les jours qui ont suivi la rafle du Vel'd'Hiv'. Arnaud Delalande est le porte-parole de Joseph Weismann pour nous livrer un récit authentique et bouleversant à hauteur de vue d'un enfant de onze ans. La série reprend le livre "Après la Rafle" pour proposer légitimement son message à un public plus large.
Le récit est d'une grande justesse et n'a pas besoin d'en rajouter dans la dramaturgie tellement plusieurs scènes sont déchirantes, même 80 ans après les faits. Les auteurs s'appuient sur l'histoire de la famille de Joseph pour montrer l'implication du système de Vichy dans le déroulement de cette ignominie.
En effet le récit montre comment les autorités allemandes ne sont pratiquement pas intervenues pour mettre en œuvre leurs directives criminelles. C'est avec effarement que l'on relit une fois de plus comment la chaîne de commandement qui part de Bousquet a pu aboutir à cette monstruosité.
Le récit se concentre sur l'aventure des deux Jo mais s'oriente aussi sur le travail de deuil qu'ont connu les survivants dans un état d'esprit de culpabilité.
Un ouvrage qui apporte sa pierre à l'édifice de mémoire sous une forme que je ne connaissais pas. Je n'avais pas vu le film ni lu le livre d'où la série est tirée. Je m'en félicite car cela donne une puissance émotionnelle forte au récit.
Le graphisme de Laurent Bidot travaille dans la sobriété qui convient à la narration. C'est expressif et très détaillé sans verser dans le sensationnalisme.
Une excellente lecture pour les ados et au-delà.
Ça n’est certes pas le meilleur Tardi, mais cet album se laisse lire. On y retrouve son intérêt pour les feuilletons à l’ancienne, qui fleurent bon l’angoisse surannée (voir Adèle Blanc-Sec entre autres), avec des savants fous mégalomanes et délirants. On y retrouve aussi, sur la fin, l’anti militarisme de l’auteur, en particulier dans le dernier texte, plein d’ironie.
Mais Tardi donne ici sa vision – respectueuse finalement – d’un univers Vernien. On peut presque y trouver un hommage à l’auteur nantais, tant les machines inventées par Gelati et Chapoutier (Ah, ces noms !) font penser à l’univers de « 20 000 lieues sous les mers ». Le navire dans lequel embarque Plumier, le héros, se nomme d’ailleurs le « Jules Vernez ».
La narration, surtout dans des textes en off sous les cases, et surtout le travail graphique, qui donne un rendu volontaire proche de reprise de gravures du XIXème siècle, tout concourt à nous ramener à Jules Verne.
La lecture est relativement rapide, et très agréable. Tardi a réussi à se réapproprier les références citées plus haut, et en tirer une aventure qu’il tire vers le loufoque parfois (les plans machiavéliques et le visage de Gelati surjouent la méchanceté basique), un humour discret (nom des personnages, personnalité grotesque de Gelati, etc.) pimentant l’intrigue.
Un récit agréable à lire donc, mais qui se termine de façon trop abrupte. Il manque une conclusion digne de ce nom ou, plutôt une suite, ce qui est quelque peu frustrant. Mais bon, si vous tombez sur cet album, jetez-y un coup d’œil, c’est une lecture plaisante.
Note réelle 3,5/5.
Une BD qui me faisait de l'œil depuis sa sortie et l'avis de Canarde a fini de me convaincre.
Le titre me rappelle un film , "Les 7 mercenaires" dans lequel Steve McQueen raconte cette histoire : C'est comme ce type qui s'est jeté d'un immeuble de dix étages. A chaque étage, les gens l'entendaient dire : "Jusqu'ici, ça va, jusqu'ici ça va". Un titre loin d'être anodin.
L'adaptation du roman de Gary D. Schmidt. Nous sommes aux États-Unis à la fin des années 60, une famille un peu paumée va quitter New-York pour la petite bourgade de Marysville, le père y a trouvé du travail. Douglas Swieteck, un jeune adolescent, est le plus jeune d'une fratrie de 3 garçons. Un garçon rebelle qui va devoir s'acclimater à son nouvel environnement, loin de l'agitation de la Grosse Pomme.
Un récit intimiste avec sa narration singulière puisqu'elle utilise des encarts noirs pour les pensées de Douglas et ce même s'il est en pleine conversation, on prend ainsi en pleine poire ses réflexions. Un personnage auquel je me suis attaché. Un récit réaliste, dur où l'art, avec les œuvres de Jean-Jacques Audubon, sera sa porte de sortie pour devenir une bonne personne. Et ce ne sera pas facile, surtout que le climat familial n'est pas des plus sain avec un père violent et menteur.
Un récit captivant qui prend le temps de se développer, sur fond de baseall avec Joe Pépitone des Yankees comme file rouge.
Une ribambelle de personnages, ils sont tous très bien campés et donnent de la profondeur à l'histoire, ils ont tous su me toucher, chacun à sa manière.
Un très joli noir et blanc, au trait fin, précis et expressif ou juste quelques planches sont en couleur pour les rares moments de bonheur. Nicolas Pitz utilise aussi la technique du fond noir où il dessine en blanc pour les parties se déroulant de nuit. Un ensemble qui retranscrit parfaitement l'ambiance pesante du récit.
Du très beau travail.
Vraiment, une très chouette lecture.
Voila un beau 3.5 que j'arrondis au supérieur pour l'ambiance qui se dégage de cette BD aux traits maitrisés. Je m'y attendais de la part de Jean Dytar, mais tout de même, quelle précision dans son dessin !
J'aime assez peu Verlaine et Rimbaud, trouvant les poèmes de Beaudelaire plus impactant à mon gout. Mais pour autant, cette BD arrive à transmettre le dynamisme et la fougue de l'impétueuse jeunesse de Rimbaud. La BD se découpe en histoires parallèles, plutôt faciles à suivre d'ailleurs, sur ces trois personnages qui vont se croiser autour du manuscrit des "Illuminations" de Rimbaud. Bien menée, cette histoire nous entraine dans les tourments de la vie des ces poètes, amoureux des mots et écorchés vifs. Le récit nous entraine dans les années que partagèrent Verlaine et Rimbaud, mais aussi Nouveau qui se lia d'amitié avec ce dernier. L'ensemble est magnifié par le dessin de Jean Dytar, qui en profite pour jouer sur un style proche des impressionnistes. J'ai l'impression qu'il a voulu capter cette idée de lumière, la façon dont elle accroche les environnements. C'est notamment perceptible dans les choix de couleurs qui marquent les environnements, entre le soleil de Provence, le ciel lourd de Bruxelles et le sombre brouillard de Londres.
La BD est franchement bien menée, donnant envie de lire la poésie de ces trois hommes mais aussi retraçant la fouge d'un Rimbaud qui influença sur les deux autres hommes. Si Rimbaud est au centre du récit, je trouve qu'il y a une volonté de replacer Germain Nouveau plus en avant que ses deux compères bien connus. Et j'aime bien la façon dont le récit explore les questionnements autour de la poésie et la publication, avec Nouveau finissant par dire que tout n'est qu'éphémère, la quête de gloire comme la richesse, et que seul le bonheur de vivre est important à ses yeux désormais. Une belle leçon que j'apprécie beaucoup !
C'est le genre de lecture que je pense garder pour revoir ces dessins et m’immerger à nouveau dans le récit qui est prenant et laisse un petit gout léger au final. C'est une histoire qui laisse sa petite patte, une légère sensation, comme un petit bout de poésie du monde ! Léger et agréable, très joli, une petite lecture rafraichissante.
Une bonne BD que j'ai bien aimée, même si elle a ne plaira pas à tous.
On entend de plus en plus parler de personne transgenre et transsexuelle, et je m'en réjouis personnellement. J'ai vu beaucoup de méfait du fait de l’assignation de genre à la naissance et beaucoup de condescendance de la part de personne qui n'ont jamais eu de problème avec ce fait. Entendre la voix de ceux pour qui cela a pu être une souffrance nous rends plus empathique.
De fait, l'autrice suit ici non pas une personne en transition, mais la mère qui est mise devant le fait. La transition aura lieu, elle doit l'accepter. Et j'ai beaucoup aimé la façon dont le récit révèle petit à petit la transphobie banalisée. La mère ne se cache pas d'un premier sentiment de répulsion, les questionnements et les peurs, la difficulté à changer de vision de son enfant (notamment le refus du nouveau prénom pendant plusieurs mois). Bref, une belle façon de montrer qu'un changement de genre n'est pas évident à faire comprendre et intégrer autour de soi. Mais pour autant, la découverte par la maman de tout ce monde qu'elle ne connaissait pas est très bien mené. Au-delà de la simple découverte de la notion de genre, des queers ou des genders fluides, la BD parle surtout de combat politique, de l'implication du patriarcat dans notre sexualité et nos définitions genrées. Bref, on a une BD qui n'est pas seulement didactique mais élargit le débat à beaucoup d'autres problématiques sociétales et je trouve que c'est une excellente approche qui permets à l'autrice de déborder le simple propos intimiste pour le rendre plus universel. Cette découverte de la question du genre remet en question beaucoup d'acquis de nos vies imposés par un patriarcat qui ne profite qu'a une minorité.
La BD joue sur quelques codes visuels qui expriment à la fois les émotions qui traversent la mère déboussolée par les évènements, mettant en scène dans différentes paginations les moments de doute, de tensions mais aussi les échanges et la compréhension progressive. J'ai bien aimé l'utilisation de couleurs arc-en-ciel qui s'ajoutent progressivement au récit dominé par des teintes de roses au début. Un rappel visuel des couleurs d'assignation à naissance et leur évolution dans le drapeau lgbt.
Une BD instructive, que j'ai trouvé bien faite et adressé au plus grand nombre, pour comprendre et informer. Les droits des personnes trans sont encore difficile à faire comprendre au plus grand nombre, et il est important de rappeler que ce ne sont pas des caprices d'enfants gâtés, des effets de mode ou des gens qui "se prennent trop la tête". Voir l'humain, la souffrance, le processus et le résultat permet de mieux comprendre. Une BD pour avoir envie de construire un monde meilleur pour tous, en somme !
J’ai vraiment aimé cet album qui tient la route du début à la fin. Pas facile de le lire après avoir vu « Oppenheimer » de Christopher Nolan. Mais les auteurs ont su trouver un angle intéressant à la fois évident et original, celui de l’uranium qui attend son heure de gloire. Hormis cette comparaison de circonstance, l’album est un concentré d’informations à la fois précises et faciles à comprendre, même quand il s’agit d’aspect purement physiques. Un très gros travail documentaire. Un autre intérêt de cet album est de donner une vraie place aux opposants à la bombe qu’ils aient ou non participé au projet. C’est en général assez peu développé de même que de prendre le temps de montrer la vie au Japon, dans une société militarisée avant que la bombe ne détruise tout. Bref, mêlant un peu de fiction et beaucoup d’histoire, cet album au dessin percutant est une vraie réussite.
Cette lecture m'a fortement enthousiasmé. Un scénario solide et maitrisé de bout en bout. A la lecture terminée, on ne décèle presque pas de faille à l'intrigue et à son déroulement incluant les motivations des différents protagonistes.
L'histoire aborde des thématiques maintes fois visitées et revisitées en Science-Fiction (SF), mais donne lieu ici à un angle et une mise en place salutaire et fort à propos => Bref présentation des personnages, leurs classifications et occupations à bord de l'Arca et même un plan succinct (mais suffisant) du vaisseau. Le cadre est planté et on s'y sent bien. Le dessin n'est pas impressionnant en tant que tel mais il a ce coté "Matt Kindt" que j'apprécie particulièrement, et qui sait se montrer ultra efficace, particulièrement dans le séquençage, la clarté des actions et l'identification des personnages.
Bien entendu, vous l'aurez compris, tout n'est pas rose sur Arca et on va vite déchanter pour ne plus lâcher le livre avant d'avoir compris le fin mot de l'histoire.
Je tiens à souligner la très grande qualité de l'impression proposé par "404 éditions", la maquette est juste superbe proposant un grain de couverture et de pages intérieurs fort agréable au toucher.
Petit Bémol, au moins deux/trois grosses typos m'ont particulièrement heurter la rétine.
Pour conclure néanmoins, fort probablement un des top 10 SF de 2024.
De la Science-Fiction haut de gamme.
Réédition d’un ouvrage paru chez La Découverte en 2017 (quelques pages ont été ajoutées), cet album est une excellente synthèse des relations entretenues entre la France (ses élites politiques et médiatiques) et Israël, durant la Vème République, de De Gaulle à Macron.
Ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, Alain Gresh est un spécialiste de la question (plusieurs de ses livres sont passionnants et complets sur le sujet). Il sait aussi être clair et didactique. J’avais failli le faire venir rencontrer mes élèves il y a une vingtaine d’années (mais ça ne s’était pas fait hélas).
Ici il ne fait que reprendre des propos publics ou rapportés dans la presse, et dresse un portrait sans concession de l’évolution des rapports entre les deux pays, dans lesquels les enjeux internes (à Israël et/ou à la France) jouent un rôle important.
Il montre aussi les changements de caps, les évolutions, jusqu’à l’alignement aveugle sur les positions américaines et israéliennes. Tout ceci éclaire le silence assourdissant de la France à propos des crimes commis en ce moment même par l’armée israélienne, sous les ordres d’un gouvernement extrémiste et raciste, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée.
En tout cas, c’est un récit documenté, complet et clair.
Le dessin d’Hélène Aldeguer est simple et stylisé. Je n’en suis pas forcément fan (en plus les personnages historiques ne sont pas hyper ressemblants – même si ça n’altère en rien la lisibilité et la compréhension). Mais ça passe et la lecture est fluide.
A noter Qu’elle n’utilise que les trois couleurs du drapeau français, ce qui accentue une certaine froideur.
Un ouvrage intéressant, jamais rébarbatif, à recommander aux lecteurs souhaitant mieux comprendre certains enjeux actuels. On est là proche de ce que le journaliste Charles Enderlin a pu écrire sur divers supports.
C'est avec curiosité que j'ai lu le triptyque de Richaud et Gil car j'avais beaucoup aimé le roman de Rambaud.
Je n'ai pas du tout été déçu. Frédéric Richaud et Ivan Gil réussissent très bien à transposer l'esprit du livre avec une force visuelle qui donne de la puissance aux événements.
Je suis toujours assez critique avec les fictions historiques mais ici je partage les choix scénaristiques.
La thématique la plus évidente est une virulente critique de la guerre (c'est classique) relayée par des poèmes de Victor Hugo pourtant admirateur de Napoléon I.
J'ai apprécié que Richaud et Gil aillent plus loin que Rambaud dans la désacralisation de l'image de Napoléon. Leur portrait est sévère et pose en creux une question posée dans la série : "Quelle image auront de nous les générations futures ?"
Des monstres ? C'est la réponse du livre à laquelle je souscris. Pourtant nos manuels d'histoires et nos avenues parmi les plus prestigieuses répondent différemment.
C'est le grand mérite du scénario de ne pas s'écarter d'un réalisme crédible que ce soit pour le haut commandement ou le gros de la troupe et des suiveurs tous rapaces si l'occasion se présente.
Les auteurs remisent l'imagerie épique à la cave car même le seul moment franchement héroïque de la construction des ponts par les hommes d'Eblé est tout juste évoquée dans une voix off qui accompagne une très belle double page.
Comme dans le roman, la série monte en intensité dramatique au fil des albums. Le choix de proposer un triptyque est excellent car il laisse le temps aux auteurs d'approfondir les différentes étapes de cette désastreuse entreprise.
Le graphisme de Gil atteint un sommet au tome 3 dans la narration visuelle avec cette suite de tableaux d'hommes et de chevaux réduits à rien par la volonté d'un seul.
Les visages émaciés tranchent avec un Napoléon rebondit et chaudement vêtu.
Ma seule réserve se trouve dans le fait que Richaud et Gil ont choisi d'ignorer la vision de Koutousov. Cela fluidifie le récit mais cela ne rend pas compte des dissensions sur certains choix côté russe. Que le Tsar donne l'ordre d'incendier Moscou, ville sainte, contre l'avis d'une partie de la noblesse n'était pas une option si évidente.
Une très belle lecture qui propose un excellent équilibre dans la narration par le texte et l'image.
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Voyage de malade
La couverture me faisait de l’œil depuis sa sortie, non pas qu’elle soit particulièrement réussie, mais j’aime bien les récits avec des animaux, et l’illustration associée au titre de l’album me titillait. Bref bien curieux de voir où ça allait nous emmener. Je comprends complètement le ressenti de mes prédécesseurs, ça manque d’une ou deux péripéties pour dynamiser un peu plus, le coup du chasseur un peu trop redondant, un récit bien entre deux chaises jeunesse (lapin)/ adulte(loup) …. Reste que j’ai vraiment aimé ma lecture, j’adore ce type d’univers un peu décalé (un lapin sous perf, un loup qui maîtrise la mécanique …), je me suis facilement laissé emporter dans le délire, notamment grâce au personnage du loup. Ce dernier est fort attachant et sa personnalité reste volontairement un peu floue, je trouve que ça fonctionne très bien ici. J’avais un peu peur de la partie graphique au départ, un trait « simple » et je trouve les animaux pas tous réussis mais vite oublié, l’album est fluide, les expressions sont bien rendues et les couleurs sont sympathiques. Au final, un bon petit road movie sur la maladie et l’amitié, j’ai aimé le côté feel good qui s’en dégage, il y a de chouettes passages (le bar des bikers, les loups …), l’humour fonctionne bien comme la relation entre nos 2 personnages. Nous ne sommes pas au niveau des albums de Benjamin Renner, mais pour ma part une lecture fort agréable. En plus d’être une chouette découverte de la production allemande et féminine, je suivrai l’auteure. 3,5+
Après la rafle
J'ai été très touché par ce livre témoignage qui éclaire les jours qui ont suivi la rafle du Vel'd'Hiv'. Arnaud Delalande est le porte-parole de Joseph Weismann pour nous livrer un récit authentique et bouleversant à hauteur de vue d'un enfant de onze ans. La série reprend le livre "Après la Rafle" pour proposer légitimement son message à un public plus large. Le récit est d'une grande justesse et n'a pas besoin d'en rajouter dans la dramaturgie tellement plusieurs scènes sont déchirantes, même 80 ans après les faits. Les auteurs s'appuient sur l'histoire de la famille de Joseph pour montrer l'implication du système de Vichy dans le déroulement de cette ignominie. En effet le récit montre comment les autorités allemandes ne sont pratiquement pas intervenues pour mettre en œuvre leurs directives criminelles. C'est avec effarement que l'on relit une fois de plus comment la chaîne de commandement qui part de Bousquet a pu aboutir à cette monstruosité. Le récit se concentre sur l'aventure des deux Jo mais s'oriente aussi sur le travail de deuil qu'ont connu les survivants dans un état d'esprit de culpabilité. Un ouvrage qui apporte sa pierre à l'édifice de mémoire sous une forme que je ne connaissais pas. Je n'avais pas vu le film ni lu le livre d'où la série est tirée. Je m'en félicite car cela donne une puissance émotionnelle forte au récit. Le graphisme de Laurent Bidot travaille dans la sobriété qui convient à la narration. C'est expressif et très détaillé sans verser dans le sensationnalisme. Une excellente lecture pour les ados et au-delà.
Le Démon des glaces
Ça n’est certes pas le meilleur Tardi, mais cet album se laisse lire. On y retrouve son intérêt pour les feuilletons à l’ancienne, qui fleurent bon l’angoisse surannée (voir Adèle Blanc-Sec entre autres), avec des savants fous mégalomanes et délirants. On y retrouve aussi, sur la fin, l’anti militarisme de l’auteur, en particulier dans le dernier texte, plein d’ironie. Mais Tardi donne ici sa vision – respectueuse finalement – d’un univers Vernien. On peut presque y trouver un hommage à l’auteur nantais, tant les machines inventées par Gelati et Chapoutier (Ah, ces noms !) font penser à l’univers de « 20 000 lieues sous les mers ». Le navire dans lequel embarque Plumier, le héros, se nomme d’ailleurs le « Jules Vernez ». La narration, surtout dans des textes en off sous les cases, et surtout le travail graphique, qui donne un rendu volontaire proche de reprise de gravures du XIXème siècle, tout concourt à nous ramener à Jules Verne. La lecture est relativement rapide, et très agréable. Tardi a réussi à se réapproprier les références citées plus haut, et en tirer une aventure qu’il tire vers le loufoque parfois (les plans machiavéliques et le visage de Gelati surjouent la méchanceté basique), un humour discret (nom des personnages, personnalité grotesque de Gelati, etc.) pimentant l’intrigue. Un récit agréable à lire donc, mais qui se termine de façon trop abrupte. Il manque une conclusion digne de ce nom ou, plutôt une suite, ce qui est quelque peu frustrant. Mais bon, si vous tombez sur cet album, jetez-y un coup d’œil, c’est une lecture plaisante. Note réelle 3,5/5.
Jusqu'ici tout va bien (Pitz)
Une BD qui me faisait de l'œil depuis sa sortie et l'avis de Canarde a fini de me convaincre. Le titre me rappelle un film , "Les 7 mercenaires" dans lequel Steve McQueen raconte cette histoire : C'est comme ce type qui s'est jeté d'un immeuble de dix étages. A chaque étage, les gens l'entendaient dire : "Jusqu'ici, ça va, jusqu'ici ça va". Un titre loin d'être anodin. L'adaptation du roman de Gary D. Schmidt. Nous sommes aux États-Unis à la fin des années 60, une famille un peu paumée va quitter New-York pour la petite bourgade de Marysville, le père y a trouvé du travail. Douglas Swieteck, un jeune adolescent, est le plus jeune d'une fratrie de 3 garçons. Un garçon rebelle qui va devoir s'acclimater à son nouvel environnement, loin de l'agitation de la Grosse Pomme. Un récit intimiste avec sa narration singulière puisqu'elle utilise des encarts noirs pour les pensées de Douglas et ce même s'il est en pleine conversation, on prend ainsi en pleine poire ses réflexions. Un personnage auquel je me suis attaché. Un récit réaliste, dur où l'art, avec les œuvres de Jean-Jacques Audubon, sera sa porte de sortie pour devenir une bonne personne. Et ce ne sera pas facile, surtout que le climat familial n'est pas des plus sain avec un père violent et menteur. Un récit captivant qui prend le temps de se développer, sur fond de baseall avec Joe Pépitone des Yankees comme file rouge. Une ribambelle de personnages, ils sont tous très bien campés et donnent de la profondeur à l'histoire, ils ont tous su me toucher, chacun à sa manière. Un très joli noir et blanc, au trait fin, précis et expressif ou juste quelques planches sont en couleur pour les rares moments de bonheur. Nicolas Pitz utilise aussi la technique du fond noir où il dessine en blanc pour les parties se déroulant de nuit. Un ensemble qui retranscrit parfaitement l'ambiance pesante du récit. Du très beau travail. Vraiment, une très chouette lecture.
Les Illuminés
Voila un beau 3.5 que j'arrondis au supérieur pour l'ambiance qui se dégage de cette BD aux traits maitrisés. Je m'y attendais de la part de Jean Dytar, mais tout de même, quelle précision dans son dessin ! J'aime assez peu Verlaine et Rimbaud, trouvant les poèmes de Beaudelaire plus impactant à mon gout. Mais pour autant, cette BD arrive à transmettre le dynamisme et la fougue de l'impétueuse jeunesse de Rimbaud. La BD se découpe en histoires parallèles, plutôt faciles à suivre d'ailleurs, sur ces trois personnages qui vont se croiser autour du manuscrit des "Illuminations" de Rimbaud. Bien menée, cette histoire nous entraine dans les tourments de la vie des ces poètes, amoureux des mots et écorchés vifs. Le récit nous entraine dans les années que partagèrent Verlaine et Rimbaud, mais aussi Nouveau qui se lia d'amitié avec ce dernier. L'ensemble est magnifié par le dessin de Jean Dytar, qui en profite pour jouer sur un style proche des impressionnistes. J'ai l'impression qu'il a voulu capter cette idée de lumière, la façon dont elle accroche les environnements. C'est notamment perceptible dans les choix de couleurs qui marquent les environnements, entre le soleil de Provence, le ciel lourd de Bruxelles et le sombre brouillard de Londres. La BD est franchement bien menée, donnant envie de lire la poésie de ces trois hommes mais aussi retraçant la fouge d'un Rimbaud qui influença sur les deux autres hommes. Si Rimbaud est au centre du récit, je trouve qu'il y a une volonté de replacer Germain Nouveau plus en avant que ses deux compères bien connus. Et j'aime bien la façon dont le récit explore les questionnements autour de la poésie et la publication, avec Nouveau finissant par dire que tout n'est qu'éphémère, la quête de gloire comme la richesse, et que seul le bonheur de vivre est important à ses yeux désormais. Une belle leçon que j'apprécie beaucoup ! C'est le genre de lecture que je pense garder pour revoir ces dessins et m’immerger à nouveau dans le récit qui est prenant et laisse un petit gout léger au final. C'est une histoire qui laisse sa petite patte, une légère sensation, comme un petit bout de poésie du monde ! Léger et agréable, très joli, une petite lecture rafraichissante.
Transitions - Journal d'Anne Marbot
Une bonne BD que j'ai bien aimée, même si elle a ne plaira pas à tous. On entend de plus en plus parler de personne transgenre et transsexuelle, et je m'en réjouis personnellement. J'ai vu beaucoup de méfait du fait de l’assignation de genre à la naissance et beaucoup de condescendance de la part de personne qui n'ont jamais eu de problème avec ce fait. Entendre la voix de ceux pour qui cela a pu être une souffrance nous rends plus empathique. De fait, l'autrice suit ici non pas une personne en transition, mais la mère qui est mise devant le fait. La transition aura lieu, elle doit l'accepter. Et j'ai beaucoup aimé la façon dont le récit révèle petit à petit la transphobie banalisée. La mère ne se cache pas d'un premier sentiment de répulsion, les questionnements et les peurs, la difficulté à changer de vision de son enfant (notamment le refus du nouveau prénom pendant plusieurs mois). Bref, une belle façon de montrer qu'un changement de genre n'est pas évident à faire comprendre et intégrer autour de soi. Mais pour autant, la découverte par la maman de tout ce monde qu'elle ne connaissait pas est très bien mené. Au-delà de la simple découverte de la notion de genre, des queers ou des genders fluides, la BD parle surtout de combat politique, de l'implication du patriarcat dans notre sexualité et nos définitions genrées. Bref, on a une BD qui n'est pas seulement didactique mais élargit le débat à beaucoup d'autres problématiques sociétales et je trouve que c'est une excellente approche qui permets à l'autrice de déborder le simple propos intimiste pour le rendre plus universel. Cette découverte de la question du genre remet en question beaucoup d'acquis de nos vies imposés par un patriarcat qui ne profite qu'a une minorité. La BD joue sur quelques codes visuels qui expriment à la fois les émotions qui traversent la mère déboussolée par les évènements, mettant en scène dans différentes paginations les moments de doute, de tensions mais aussi les échanges et la compréhension progressive. J'ai bien aimé l'utilisation de couleurs arc-en-ciel qui s'ajoutent progressivement au récit dominé par des teintes de roses au début. Un rappel visuel des couleurs d'assignation à naissance et leur évolution dans le drapeau lgbt. Une BD instructive, que j'ai trouvé bien faite et adressé au plus grand nombre, pour comprendre et informer. Les droits des personnes trans sont encore difficile à faire comprendre au plus grand nombre, et il est important de rappeler que ce ne sont pas des caprices d'enfants gâtés, des effets de mode ou des gens qui "se prennent trop la tête". Voir l'humain, la souffrance, le processus et le résultat permet de mieux comprendre. Une BD pour avoir envie de construire un monde meilleur pour tous, en somme !
La Bombe
J’ai vraiment aimé cet album qui tient la route du début à la fin. Pas facile de le lire après avoir vu « Oppenheimer » de Christopher Nolan. Mais les auteurs ont su trouver un angle intéressant à la fois évident et original, celui de l’uranium qui attend son heure de gloire. Hormis cette comparaison de circonstance, l’album est un concentré d’informations à la fois précises et faciles à comprendre, même quand il s’agit d’aspect purement physiques. Un très gros travail documentaire. Un autre intérêt de cet album est de donner une vraie place aux opposants à la bombe qu’ils aient ou non participé au projet. C’est en général assez peu développé de même que de prendre le temps de montrer la vie au Japon, dans une société militarisée avant que la bombe ne détruise tout. Bref, mêlant un peu de fiction et beaucoup d’histoire, cet album au dessin percutant est une vraie réussite.
Arca ou la nouvelle Eden
Cette lecture m'a fortement enthousiasmé. Un scénario solide et maitrisé de bout en bout. A la lecture terminée, on ne décèle presque pas de faille à l'intrigue et à son déroulement incluant les motivations des différents protagonistes. L'histoire aborde des thématiques maintes fois visitées et revisitées en Science-Fiction (SF), mais donne lieu ici à un angle et une mise en place salutaire et fort à propos => Bref présentation des personnages, leurs classifications et occupations à bord de l'Arca et même un plan succinct (mais suffisant) du vaisseau. Le cadre est planté et on s'y sent bien. Le dessin n'est pas impressionnant en tant que tel mais il a ce coté "Matt Kindt" que j'apprécie particulièrement, et qui sait se montrer ultra efficace, particulièrement dans le séquençage, la clarté des actions et l'identification des personnages. Bien entendu, vous l'aurez compris, tout n'est pas rose sur Arca et on va vite déchanter pour ne plus lâcher le livre avant d'avoir compris le fin mot de l'histoire. Je tiens à souligner la très grande qualité de l'impression proposé par "404 éditions", la maquette est juste superbe proposant un grain de couverture et de pages intérieurs fort agréable au toucher. Petit Bémol, au moins deux/trois grosses typos m'ont particulièrement heurter la rétine. Pour conclure néanmoins, fort probablement un des top 10 SF de 2024. De la Science-Fiction haut de gamme.
Un chant d'amour
Réédition d’un ouvrage paru chez La Découverte en 2017 (quelques pages ont été ajoutées), cet album est une excellente synthèse des relations entretenues entre la France (ses élites politiques et médiatiques) et Israël, durant la Vème République, de De Gaulle à Macron. Ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, Alain Gresh est un spécialiste de la question (plusieurs de ses livres sont passionnants et complets sur le sujet). Il sait aussi être clair et didactique. J’avais failli le faire venir rencontrer mes élèves il y a une vingtaine d’années (mais ça ne s’était pas fait hélas). Ici il ne fait que reprendre des propos publics ou rapportés dans la presse, et dresse un portrait sans concession de l’évolution des rapports entre les deux pays, dans lesquels les enjeux internes (à Israël et/ou à la France) jouent un rôle important. Il montre aussi les changements de caps, les évolutions, jusqu’à l’alignement aveugle sur les positions américaines et israéliennes. Tout ceci éclaire le silence assourdissant de la France à propos des crimes commis en ce moment même par l’armée israélienne, sous les ordres d’un gouvernement extrémiste et raciste, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée. En tout cas, c’est un récit documenté, complet et clair. Le dessin d’Hélène Aldeguer est simple et stylisé. Je n’en suis pas forcément fan (en plus les personnages historiques ne sont pas hyper ressemblants – même si ça n’altère en rien la lisibilité et la compréhension). Mais ça passe et la lecture est fluide. A noter Qu’elle n’utilise que les trois couleurs du drapeau français, ce qui accentue une certaine froideur. Un ouvrage intéressant, jamais rébarbatif, à recommander aux lecteurs souhaitant mieux comprendre certains enjeux actuels. On est là proche de ce que le journaliste Charles Enderlin a pu écrire sur divers supports.
Bérézina
C'est avec curiosité que j'ai lu le triptyque de Richaud et Gil car j'avais beaucoup aimé le roman de Rambaud. Je n'ai pas du tout été déçu. Frédéric Richaud et Ivan Gil réussissent très bien à transposer l'esprit du livre avec une force visuelle qui donne de la puissance aux événements. Je suis toujours assez critique avec les fictions historiques mais ici je partage les choix scénaristiques. La thématique la plus évidente est une virulente critique de la guerre (c'est classique) relayée par des poèmes de Victor Hugo pourtant admirateur de Napoléon I. J'ai apprécié que Richaud et Gil aillent plus loin que Rambaud dans la désacralisation de l'image de Napoléon. Leur portrait est sévère et pose en creux une question posée dans la série : "Quelle image auront de nous les générations futures ?" Des monstres ? C'est la réponse du livre à laquelle je souscris. Pourtant nos manuels d'histoires et nos avenues parmi les plus prestigieuses répondent différemment. C'est le grand mérite du scénario de ne pas s'écarter d'un réalisme crédible que ce soit pour le haut commandement ou le gros de la troupe et des suiveurs tous rapaces si l'occasion se présente. Les auteurs remisent l'imagerie épique à la cave car même le seul moment franchement héroïque de la construction des ponts par les hommes d'Eblé est tout juste évoquée dans une voix off qui accompagne une très belle double page. Comme dans le roman, la série monte en intensité dramatique au fil des albums. Le choix de proposer un triptyque est excellent car il laisse le temps aux auteurs d'approfondir les différentes étapes de cette désastreuse entreprise. Le graphisme de Gil atteint un sommet au tome 3 dans la narration visuelle avec cette suite de tableaux d'hommes et de chevaux réduits à rien par la volonté d'un seul. Les visages émaciés tranchent avec un Napoléon rebondit et chaudement vêtu. Ma seule réserve se trouve dans le fait que Richaud et Gil ont choisi d'ignorer la vision de Koutousov. Cela fluidifie le récit mais cela ne rend pas compte des dissensions sur certains choix côté russe. Que le Tsar donne l'ordre d'incendier Moscou, ville sainte, contre l'avis d'une partie de la noblesse n'était pas une option si évidente. Une très belle lecture qui propose un excellent équilibre dans la narration par le texte et l'image.