Ce qui est particulièrement fort dans cette BD, c'est qu'à partir d'un thème extrêmement délicat et franchement casse-gueule, les auteurs parviennent à nous livrer une oeuvre passionnante, émouvante, touchante de sensibilité et de justesse.
L'histoire, racontée avec pudeur, et même avec grâce, nous embarque dans une relation enfant-adulte de confiance qui sombre dans la trahison, et qui mettra des années à exploser à la face de la victime, qui nous livre sans retenue toute la douleur qui l'assaille.
Réellement poignant, le drame est sublimé par le traitement graphique, qui dépasse le cadre du "dessin" traditionnel. Originale et parfaitement maîtrisée, la forme est à l'image du fond : une pleine réussite.
Voila une BD qui n'a pas fini de faire parler d'elle...
Figurez-vous que j’ai des origines Bulgares (et oui), et que du coup j’ai passé pas mal de temps dans ce bastion communiste dans ma jeunesse. Alors j’en ai des tas en stock, des anecdotes sur les files d’attente de 100 mètres pour acheter du sucre et du lait, sur les boutiques spéciales « touristes de l’ouest » vendant des produits de vils capitalistes (Coca Cola, Kinder Surprise…) avec vérification du passeport à l’entrée, et sur les coupures de courant ou d’eau courante (sympa de ne pas pouvoir tirer la chasse d’eau en plein été après un gros caca qui fouette). Bref, tout ça pour dire que ma lecture de Pyongyang m’a rappelé bien des souvenirs.
Et contrairement aux apparences (sujet un peu politique, nombre de pages conséquents), Pyongyang n’est pas du tout une BD austère ou fastidieuse à lire… bien au contraire ! Les déboires de l’auteur sont contés avec beaucoup d’humour, et j’ai très souvent rigolé de vive voix ! Il est absolument fascinant de découvrir les absurdités de ce pays au travers les yeux de « l’un des nôtres ».
Bon, vous pourrez toujours rétorquer que l’auteur ne s’est pas vraiment foulé… le dessin est tout bête, et l’histoire n’est qu’une liste d’anecdotes. C’est vrai que je pourrais presque sortir une BD nommée « Sofia » qui raconterait mes aventures en Bulgarie. Mais qu’importe, Pyongyang est une BD jubilatoire, fascinante et surtout très drôle, que je recommande à tout le monde…
Une fois de plus, Gregory Mardon nous offre, ici, un album de toute beauté, chose à laquelle l'auteur nous avait déjà habitués auparavant.
En lisant cette bd, j'ai eu l'impression de revivre un peu mon enfance tellement la justesse et le réalisme sont au rendez-vous.
Jean-Pierre et Cyril, les personnages principaux, nous font vivre des aventures qui ont un je ne sais quoi de familier. Les parfums de ma jeunesse me sont soudain revenus, pour mon plus grand bonheur.
Avec cet album, on partage les joies et les angoisses de ces gamins, on participe a leur découverte et on sourit à leurs bêtises.
Le scénario est pourtant très basique. Il ne s'y passe rien d'extraordinaire, mais on le laisse bercer au fil des pages par le ton sensible et non dénué de poésie du récit.
Niveau dessin, Mardon nous offre un graphisme réaliste, idéal pour ce genre d'histoire.
Cette "Leçon de Choses" est écrite avec pertinence, intelligence et sensibilité, une recette qui nous offre un album de toute beauté.
A conseiller et à lire !
Il y a déjà un bon bout de temps que je n'avais plus lu un Taniguchi de ce niveau.
Bien sûr, dans le scénario d'"Un Ciel Radieux", on retrouve une idée de base assez similaire à celle développée dans Quartier lointain. Ceci dit, on oublie très vite cette petite similitude tellement l'histoire est touchante.
Du début à la fin du récit, on est captivé par le destin de ces deux hommes qui ne se connaissent pas, mais qui vont partager leur vie d'une manière assez surréaliste.
Le ton du récit est, bien attendu, mélodramatique, mais malgré cela, l'auteur apporte une certaine touche de pudeur à l'histoire en évitant ainsi l'aspect racoleur qui est parfois lié à ce genre d'histoire. Les deux personnages principaux sont, quant à eux, très attachants et brûlants de vérité.
Le dessin de Taniguchi est superbe comme à son habitude.
"Un Ciel Radieux" est un très beau one-shot.
A NOTER : Je vous conseille de prévoir des mouchoirs car le ton est parfois très émouvant.
A lire sans modération !
Et une série SF.... une de plus... mais alors là, amis lecteurs, quelle formidable série ! Un fantastique space opera devenu un véritable classique du genre... mais que les moins de 40 ans ne peuvent (éventuellement) pas connaître...
Le scénariste, déjà, sort de l'ordinaire : c'est un prêtre ! ( le Révérend Marcus Morris). Doté d'une imagination fertile, il a transcrit sur papier une véritable saga populaire -dans le courant des grandes séries SF américaines, c'est vrai- mais avec un "quelque chose de plus" : le dessinateur.
Là, c'est tout bon. Frank Hampson ne se contente pas des cases standardisées et formatées "carré/rectangle" dans lesquelles s'ébattent souvent tristement des conquérants de l'espace. Non. Ici, ça éclate, ça déborde, ça explose. Même les planches "calmes" sont dotées de cases découpées, en partie arrondies, qui forcent -amicalement- le lecteur (dont je suis) à bien s'imprégner de la situation en cours.
La série est lancée dans le magasine "Eagle", n° 1, du 14 Avril 1950.
Succès immédiat, qui ne fera que s'amplifier au fur et à mesure des parutions.
La demande est telle que les deux auteurs, surpris par cette "Daremania", vont ouvrir leur propre studio et s'entourer d'illustrateurs parmi lesquelles on trouvera même quelques grandes "pointures" de l'époque (Frank Bellamy, Harold Jones).
Le Révérend Morris laissera également la "plume" à d'autres scénaristes ; lesquels suivront dans un style très proche celui du postulat de départ.
Les épisodes succèdent aux épisodes...
Dès 1964, Dan Dare paraît quotidiennement dans le journal "The People" et fait même l'objet d'un feuilleton radio sur Radio Luxembourg. C'est dire si cette série a débordé des frontières !...
J'ai découvert ce héros par hasard. Voici une vingtaine d'années, j'ai acheté -pour presque rien- les 12 "petits formats" parus chez LUG de 1962 à 1963. Curieusement, la dénomination en est "Dan DAIR".
Malgré le format, j'ai été de suite attiré par le baroque de cette série, les personnages attachants, les scénarios bien ficelés, le graphisme de Hampson (le créateur initial).
Très curieux aussi, la façon dont ces auteurs imaginaient le début des années 2000, nos années...
In fine :
Dès 1967, la série aura moins de succès. "Eagle", qui existe toujours à l'époque, n'édite plus que des anciennes histoires. Dan Dare s'y termine dans le dernier n° , le 991, du 26 Avril 1969.
Quasi 20 ans d'un succès jamais démenti.
Les albums :
2 opus chez les Humanoïdes associés, en 1977 et 1983.
2 opus chez DPE-Greantori en 1982.
Attention : en 1983, ce dernier éditeur sort une "intégrale". En réalité, il s'agit d'un gros album qui reprend les 2 tomes parus l'année d'avant. N'importe quoi !...
Si, un jour, vous avez l'occasion de "tomber" sur un de ces albums, ouvrez-le mais faites attention ; vous pourriez être happé et ne plus en sortir.
Dan Dare ?... "LE" space opera des années 50. Vraiment tout bon.
Complètement loufoque !...
J'ai découvert cette héroïne -avec un franc rire- dès le n° 734, du 29 Novembre 1973, de l'hebdo Pilote.
Dracurella ?... une véritable parodie des meilleures références du genre qui paraissait par épisodes complets.
Véritablement délirant par moments, on y trouve un "hommage" à Blanche Neige ; mais la maison des nains est devenue un hôtel, et les 7 gnomes sont ici des zombies !...
Décapant par le texte, lequel sert bien le dessin tout en finesse, lisible, aérien parfois, de Ribero.
Dracurella est un personnage attachant. Jolie, c'est une véritable midinette qui n'a absolument rien à voir avec sa lointaine cousine Vampirella.
J'ai pris un véritable plaisir à suivre ses aventures à (légers) rebondissements qui font la part belle à une "fantasy fantaisiste" la plus débridée.
Accaparé par sa grande série Le Vagabond des Limbes, Ribero délaissera pourtant assez rapidement cette héroïne qui trotte encore dans l'esprit de nombreux lecteurs.
Tonique et réjouissant.
Très bel album en effet, même si je le trouve inférieur à Dieu qui pue, Dieu qui pète, que les deux mêmes auteurs ont sorti tout récemment. Je trouve que l'articulation entre les petites histoires et le grand récit ne se fait pas toujours de manière harmonieuse et que l'album souffre de quelques petites baisses de régime. Mais il reste assez original, spirituel et envoûtant que pour prétendre être un des meilleurs albums de la rentrée. J’aime cet exotisme presque fantastique et cette audace qui consiste à prendre l’art du récit comme le sujet même du scénario. A ce titre, le chapitre concernant l’arbre sur l’île déserte est proprement génial.
Ca fait un bail que je n’avais pas pris mon pied comme ça avec un album de David B.
"Le jardin armé" est un de ses meilleurs albums, tout simplement. Il contient trois contes entre histoire, mythe et légendes, trois récits pleins de sang et de fureur, de fanatisme religieux et de coutumes barbares. En même temps, on sent poindre une pensée presque philosophique et des petits bouts de métaphysiques par-ci par-là, sans oublier l'humour et l'ironie nécessaire à ce genre de récit s'il ne veut pas tomber dans le pompeux.
Graphiquement, c'est très beau, très travaillé, avec ce style qui n'appartient qu'à David B. : corps désarticulés, effets d'aplats, perspectives écrasées. Un très très bel album. Presque culte... une relecture suffira peut-être à remonter ma note...
Joli plaidoyer là-dessous... Sans doute plus intéressant que l'avis très bref que je vais donner ici.
Comme dans Vitesse moderne, Blutch raconte une fausse histoire, plutôt une suite de situations absurdes destinées à nous procurer pas mal de sensations diverses. J'ai aimé l'aventure, j'aime ce néo-surréalisme audacieux, mais j'imagine très bien que l'on puisse trouver ça vain, ennuyeux ou incompréhensible et donc passer tout à fait à côté. Je pense même que ce sera le cas de la majorité de ceux qui liront ce livre, raison pour laquelle je ne conseille pas l'achat de ce livre aussi beau que dispensable, lisez-le avant de l'acheter, à 16,50 € l'album, cela me semble un sage conseil.
Si vous n’avez aucune attirance particulière ou pire, une répulsion pour le surréalisme en général, laissez carrément tomber.
Ayant découvert Sattouf peu de temps avant cet album avec Retour au collège, je me suis laissé tenter, l'appétit par ailleurs aiguisé par certains échos positifs sur la toile.
Enfourchant sa moto, ce personnage du futur est très marrant, complètement décalé et poussé à l'extrême dans la caricature. On le découvre également sensible, contrairement à l'image qu'on peut s'en faire, écouter du Diam's et autre décalage. Je ne suis pas convaincu qu'il faille être français et connaître les banlieues pour comprendre et apprécier. La voix "off" participe pour beaucoup à l'humour.
Bref j'ai apprécié, je ne pourrais pas faire un discours poussé sur mes raisons, toujours est-il que le fait de vraiment rire quasi tout le long avec une bd est assez rare chez moi.
Avis aux amateurs.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Pourquoi j'ai tué Pierre
Ce qui est particulièrement fort dans cette BD, c'est qu'à partir d'un thème extrêmement délicat et franchement casse-gueule, les auteurs parviennent à nous livrer une oeuvre passionnante, émouvante, touchante de sensibilité et de justesse. L'histoire, racontée avec pudeur, et même avec grâce, nous embarque dans une relation enfant-adulte de confiance qui sombre dans la trahison, et qui mettra des années à exploser à la face de la victime, qui nous livre sans retenue toute la douleur qui l'assaille. Réellement poignant, le drame est sublimé par le traitement graphique, qui dépasse le cadre du "dessin" traditionnel. Originale et parfaitement maîtrisée, la forme est à l'image du fond : une pleine réussite. Voila une BD qui n'a pas fini de faire parler d'elle...
Pyongyang
Figurez-vous que j’ai des origines Bulgares (et oui), et que du coup j’ai passé pas mal de temps dans ce bastion communiste dans ma jeunesse. Alors j’en ai des tas en stock, des anecdotes sur les files d’attente de 100 mètres pour acheter du sucre et du lait, sur les boutiques spéciales « touristes de l’ouest » vendant des produits de vils capitalistes (Coca Cola, Kinder Surprise…) avec vérification du passeport à l’entrée, et sur les coupures de courant ou d’eau courante (sympa de ne pas pouvoir tirer la chasse d’eau en plein été après un gros caca qui fouette). Bref, tout ça pour dire que ma lecture de Pyongyang m’a rappelé bien des souvenirs. Et contrairement aux apparences (sujet un peu politique, nombre de pages conséquents), Pyongyang n’est pas du tout une BD austère ou fastidieuse à lire… bien au contraire ! Les déboires de l’auteur sont contés avec beaucoup d’humour, et j’ai très souvent rigolé de vive voix ! Il est absolument fascinant de découvrir les absurdités de ce pays au travers les yeux de « l’un des nôtres ». Bon, vous pourrez toujours rétorquer que l’auteur ne s’est pas vraiment foulé… le dessin est tout bête, et l’histoire n’est qu’une liste d’anecdotes. C’est vrai que je pourrais presque sortir une BD nommée « Sofia » qui raconterait mes aventures en Bulgarie. Mais qu’importe, Pyongyang est une BD jubilatoire, fascinante et surtout très drôle, que je recommande à tout le monde…
Leçon de choses
Une fois de plus, Gregory Mardon nous offre, ici, un album de toute beauté, chose à laquelle l'auteur nous avait déjà habitués auparavant. En lisant cette bd, j'ai eu l'impression de revivre un peu mon enfance tellement la justesse et le réalisme sont au rendez-vous. Jean-Pierre et Cyril, les personnages principaux, nous font vivre des aventures qui ont un je ne sais quoi de familier. Les parfums de ma jeunesse me sont soudain revenus, pour mon plus grand bonheur. Avec cet album, on partage les joies et les angoisses de ces gamins, on participe a leur découverte et on sourit à leurs bêtises. Le scénario est pourtant très basique. Il ne s'y passe rien d'extraordinaire, mais on le laisse bercer au fil des pages par le ton sensible et non dénué de poésie du récit. Niveau dessin, Mardon nous offre un graphisme réaliste, idéal pour ce genre d'histoire. Cette "Leçon de Choses" est écrite avec pertinence, intelligence et sensibilité, une recette qui nous offre un album de toute beauté. A conseiller et à lire !
Un ciel radieux
Il y a déjà un bon bout de temps que je n'avais plus lu un Taniguchi de ce niveau. Bien sûr, dans le scénario d'"Un Ciel Radieux", on retrouve une idée de base assez similaire à celle développée dans Quartier lointain. Ceci dit, on oublie très vite cette petite similitude tellement l'histoire est touchante. Du début à la fin du récit, on est captivé par le destin de ces deux hommes qui ne se connaissent pas, mais qui vont partager leur vie d'une manière assez surréaliste. Le ton du récit est, bien attendu, mélodramatique, mais malgré cela, l'auteur apporte une certaine touche de pudeur à l'histoire en évitant ainsi l'aspect racoleur qui est parfois lié à ce genre d'histoire. Les deux personnages principaux sont, quant à eux, très attachants et brûlants de vérité. Le dessin de Taniguchi est superbe comme à son habitude. "Un Ciel Radieux" est un très beau one-shot. A NOTER : Je vous conseille de prévoir des mouchoirs car le ton est parfois très émouvant. A lire sans modération !
Dan Dare
Et une série SF.... une de plus... mais alors là, amis lecteurs, quelle formidable série ! Un fantastique space opera devenu un véritable classique du genre... mais que les moins de 40 ans ne peuvent (éventuellement) pas connaître... Le scénariste, déjà, sort de l'ordinaire : c'est un prêtre ! ( le Révérend Marcus Morris). Doté d'une imagination fertile, il a transcrit sur papier une véritable saga populaire -dans le courant des grandes séries SF américaines, c'est vrai- mais avec un "quelque chose de plus" : le dessinateur. Là, c'est tout bon. Frank Hampson ne se contente pas des cases standardisées et formatées "carré/rectangle" dans lesquelles s'ébattent souvent tristement des conquérants de l'espace. Non. Ici, ça éclate, ça déborde, ça explose. Même les planches "calmes" sont dotées de cases découpées, en partie arrondies, qui forcent -amicalement- le lecteur (dont je suis) à bien s'imprégner de la situation en cours. La série est lancée dans le magasine "Eagle", n° 1, du 14 Avril 1950. Succès immédiat, qui ne fera que s'amplifier au fur et à mesure des parutions. La demande est telle que les deux auteurs, surpris par cette "Daremania", vont ouvrir leur propre studio et s'entourer d'illustrateurs parmi lesquelles on trouvera même quelques grandes "pointures" de l'époque (Frank Bellamy, Harold Jones). Le Révérend Morris laissera également la "plume" à d'autres scénaristes ; lesquels suivront dans un style très proche celui du postulat de départ. Les épisodes succèdent aux épisodes... Dès 1964, Dan Dare paraît quotidiennement dans le journal "The People" et fait même l'objet d'un feuilleton radio sur Radio Luxembourg. C'est dire si cette série a débordé des frontières !... J'ai découvert ce héros par hasard. Voici une vingtaine d'années, j'ai acheté -pour presque rien- les 12 "petits formats" parus chez LUG de 1962 à 1963. Curieusement, la dénomination en est "Dan DAIR". Malgré le format, j'ai été de suite attiré par le baroque de cette série, les personnages attachants, les scénarios bien ficelés, le graphisme de Hampson (le créateur initial). Très curieux aussi, la façon dont ces auteurs imaginaient le début des années 2000, nos années... In fine : Dès 1967, la série aura moins de succès. "Eagle", qui existe toujours à l'époque, n'édite plus que des anciennes histoires. Dan Dare s'y termine dans le dernier n° , le 991, du 26 Avril 1969. Quasi 20 ans d'un succès jamais démenti. Les albums : 2 opus chez les Humanoïdes associés, en 1977 et 1983. 2 opus chez DPE-Greantori en 1982. Attention : en 1983, ce dernier éditeur sort une "intégrale". En réalité, il s'agit d'un gros album qui reprend les 2 tomes parus l'année d'avant. N'importe quoi !... Si, un jour, vous avez l'occasion de "tomber" sur un de ces albums, ouvrez-le mais faites attention ; vous pourriez être happé et ne plus en sortir. Dan Dare ?... "LE" space opera des années 50. Vraiment tout bon.
Dracurella
Complètement loufoque !... J'ai découvert cette héroïne -avec un franc rire- dès le n° 734, du 29 Novembre 1973, de l'hebdo Pilote. Dracurella ?... une véritable parodie des meilleures références du genre qui paraissait par épisodes complets. Véritablement délirant par moments, on y trouve un "hommage" à Blanche Neige ; mais la maison des nains est devenue un hôtel, et les 7 gnomes sont ici des zombies !... Décapant par le texte, lequel sert bien le dessin tout en finesse, lisible, aérien parfois, de Ribero. Dracurella est un personnage attachant. Jolie, c'est une véritable midinette qui n'a absolument rien à voir avec sa lointaine cousine Vampirella. J'ai pris un véritable plaisir à suivre ses aventures à (légers) rebondissements qui font la part belle à une "fantasy fantaisiste" la plus débridée. Accaparé par sa grande série Le Vagabond des Limbes, Ribero délaissera pourtant assez rapidement cette héroïne qui trotte encore dans l'esprit de nombreux lecteurs. Tonique et réjouissant.
Les Cinq Conteurs de Bagdad
Très bel album en effet, même si je le trouve inférieur à Dieu qui pue, Dieu qui pète, que les deux mêmes auteurs ont sorti tout récemment. Je trouve que l'articulation entre les petites histoires et le grand récit ne se fait pas toujours de manière harmonieuse et que l'album souffre de quelques petites baisses de régime. Mais il reste assez original, spirituel et envoûtant que pour prétendre être un des meilleurs albums de la rentrée. J’aime cet exotisme presque fantastique et cette audace qui consiste à prendre l’art du récit comme le sujet même du scénario. A ce titre, le chapitre concernant l’arbre sur l’île déserte est proprement génial.
Le Jardin armé et autres histoires
Ca fait un bail que je n’avais pas pris mon pied comme ça avec un album de David B. "Le jardin armé" est un de ses meilleurs albums, tout simplement. Il contient trois contes entre histoire, mythe et légendes, trois récits pleins de sang et de fureur, de fanatisme religieux et de coutumes barbares. En même temps, on sent poindre une pensée presque philosophique et des petits bouts de métaphysiques par-ci par-là, sans oublier l'humour et l'ironie nécessaire à ce genre de récit s'il ne veut pas tomber dans le pompeux. Graphiquement, c'est très beau, très travaillé, avec ce style qui n'appartient qu'à David B. : corps désarticulés, effets d'aplats, perspectives écrasées. Un très très bel album. Presque culte... une relecture suffira peut-être à remonter ma note...
La Volupté
Joli plaidoyer là-dessous... Sans doute plus intéressant que l'avis très bref que je vais donner ici. Comme dans Vitesse moderne, Blutch raconte une fausse histoire, plutôt une suite de situations absurdes destinées à nous procurer pas mal de sensations diverses. J'ai aimé l'aventure, j'aime ce néo-surréalisme audacieux, mais j'imagine très bien que l'on puisse trouver ça vain, ennuyeux ou incompréhensible et donc passer tout à fait à côté. Je pense même que ce sera le cas de la majorité de ceux qui liront ce livre, raison pour laquelle je ne conseille pas l'achat de ce livre aussi beau que dispensable, lisez-le avant de l'acheter, à 16,50 € l'album, cela me semble un sage conseil. Si vous n’avez aucune attirance particulière ou pire, une répulsion pour le surréalisme en général, laissez carrément tomber.
Pascal Brutal
Ayant découvert Sattouf peu de temps avant cet album avec Retour au collège, je me suis laissé tenter, l'appétit par ailleurs aiguisé par certains échos positifs sur la toile. Enfourchant sa moto, ce personnage du futur est très marrant, complètement décalé et poussé à l'extrême dans la caricature. On le découvre également sensible, contrairement à l'image qu'on peut s'en faire, écouter du Diam's et autre décalage. Je ne suis pas convaincu qu'il faille être français et connaître les banlieues pour comprendre et apprécier. La voix "off" participe pour beaucoup à l'humour. Bref j'ai apprécié, je ne pourrais pas faire un discours poussé sur mes raisons, toujours est-il que le fait de vraiment rire quasi tout le long avec une bd est assez rare chez moi. Avis aux amateurs.