Au vu de la couverture et des couleurs chatoyantes, on pourrait s’attendre à lire une BD pleine de poésie et de fraîcheur… détrompez-vous ! « Merci patron » est un album très dur duquel vous aurez bien du mal à cacher vos émotions !
L’histoire se passe au Portugal dans l’après-guerre. Elle met en scène une mère et sa fille adolescente qui vivent dans une maison dont le propriétaire n’est autre que le patron. La trame de cette histoire est essentiellement basée sur les relations entre ce patron et ses ouvriers à travers une époque où personne ne pouvait contester les décisions du patronat (du moins au Portugal). Mais la vraie force de ce livre est de nous emmener doucement et irrévocablement d’un récit que l’on croit sujet au bonheur et à la joie de vivre vers un drame horrible qui m’a irrémédiablement pris dans les tripes ! Bon, il faut avouer que le drame est prévisible mais je suis tout de même admiratif envers le scénario qui m’est apparu très bien construit et qui met en scène un dénouement assez surprenant.
Le dessin est très agréable à contempler, il est simple et rehaussé par une mise en couleurs parfaitement adaptée au récit. Je ne peux que reprocher la représentation des personnages qui m’a semblé un peu trop caricaturale. A part ça, le découpage et la mise en page me sont apparues excellentes. Graphiquement, cette BD est une vraie réussite !
« Merci patron » est finalement une BD qui m’a pris à la gorge, c’est le premier album d’un auteur portugais dont j’ai énormément apprécié son dessin et sa narration. « Merci patron » fait partie de la collection « Blandice » dont l’éditeur veut en faire la jumelle de la collection « Aire libre » de chez les éditions « Dupuis ». Avec les albums de Renaud Dillies et ceux des autres jeunes auteurs très prometteurs, cette collection est bien partie pour être une référence !
Avis pour le tome1 « Anges et pigeons »
Composée d’histoires courtes mettant en scène une mamie très sympathique, la nouvelle série « Mamette » est à mon avis une des plus belles BD de l’année 2006.
Nob était un auteur inconnu pour moi, il a pourtant réalisé une autre série chez Glénat intitulée Bogzzz (non lue à ce jour). Apparemment, il s’est beaucoup inspiré de Titeuf pour la mise en page et le traitement colorisé de sa série, impression confirmée par la présence du logo de « Tchô ! Le magazine » au 4ème plat du livre.
J’ai adoré le dessin de Nob. C’est devenu (presque) une maladie pour moi de feuilleter les pages de l’album régulièrement rien que pour admirer la beauté des planches. Je me demande à chaque fois comment il arrive à ce résultat en n’utilisant que de la gouache (probablement retouché par la suite par ordinateur sinon il devient carrément, à ma connaissance, le meilleur coloriste du monde !). Le trait de l’auteur n’est pas en reste : les personnages sont très expressifs et les décors fourmillent de nombreux détails. Le découpage m’est apparu excellent.
En fait, seul le format m’est apparu trop réduit pour ce type de BD étant donné la petitesse des cases et l’utilisation de 4 bandes difficilement adaptables au format 18x24 cm. J’espère vivement à l’avenir que l’éditeur aura l’excellente idée de commercialiser une version agrandie de cette nouvelle série pour qu’on puisse admirer davantage le formidable travail graphique de Nob !
Le personnage central de la série est une anti-mamie Danielle (film mettant en scène une grand-mère fort antipathique) en puissance ! Elle semble animée d’une jeunesse de l’esprit extraordinaire et d’une joie de vivre très communicative. Pour moi, Mamette est une personne âgée très attachante et qui pourrait devenir rapidement un héros phare des éditions Glénat. J’ai également apprécié la présence de nombreux personnages secondaires comme le discret monsieur Bruneau, l’abonnée à la médecine du nom de madame Vidal, le gamin turbulent, les amies de Mamette dont les noms m’échappent et… j’en passe !
Le livre comporte des récits courts mais qui se suivent très bien chronologiquement, à tel point qu’arriver à la fin de l’album, j’ai eu l’impression de lire un album complet. La plupart des histoires sont humoristiques avec une chute parfois très surprenante, je me suis plié en deux pour le récit se passant au zoo par exemple. J’ai également ressenti beaucoup de tendresse dans certaines séquences comme celles se situant dans le cimetière.
Pour moi, « Mamette » est la BD coup de cœur de l’année 2006. C’est un album plein de tendresse sur les personnes âgées dans lequel on ne s’ennuie à aucun moment. A découvrir d’urgence !
Note finale : 4,5/5
Heureuse initiative de ma part d’avoir lu cet album de Baudouin après ma déception de « Crazyman », le seul album en solo de cet auteur que j’ai pu feuilleter jusqu’à ce jour. « Les quatre fleuves » n’a rien à voir avec la thématique de Crazyman, cette BD se résume à un récit d’un jeune paumé doublé d’une enquête policière.
Cette fois-ci, je n’ai pas été déçu par le traitement graphique d’un album de Baudouin. Son trait gras et sombre m’a semblé bien adapté à l’ambiance de cette BD. Son style est très personnel et par conséquent donne un cachet notable à cet album. J’ai apprécié également la situation du récit dans Paris et ses environs où j’ai pu reconnaître de nombreux lieux.
Le scénario est une histoire assez sympa à lire à mi-chemin entre l’enquête policière et le road-movie agrémentée d’une pincée d’ésotérisme. Néanmoins, ne vous attendez pas à lire un polar « noir » de chez « noir », l’histoire n’est pas si horrible que ça et la résolution des énigmes m'est apparue cohérente dans l’ensemble.
La narration est très accrocheuse malgré l’emploi de longs commentaires et de planches qui s’apparentent plus à un roman illustré qu’à une BD. L’un des points forts des « quatre fleuve » est dans l’attachement que j’ai pu ressentir pour les personnages de Grégoire et de l’enquêteur.
« Les quatre fleuves » est, à mon avis, une BD très agréable à lire. L’enquête policière est intéressante à suivre et les personnages, surtout celui de Grégoire, sont attachants. « Les quatre fleuves » est un album que je relirai avec grand plaisir lors d’une soirée, bien campé dans un bon fauteuil.
Lorsque j’ai lu ce titre et que j’ai feuilleté le début de la BD, je m’attendais à découvrir une histoire basée sur le plaisir que procure la pêche aux personnes âgées… eh bien, non, le scénario est à la fois plus complexe et plus simple que ça.
« Les petits ruisseaux » est une histoire qui sort des sentiers battus par rapport à la plupart des récits qui mettent en scène la vieillesse. Dans cette BD, le personnage principal, qui possède une bonne santé, va vivre des péripéties assez similaires à celles qu’il avait certainement connu dans sa jeunesse. On le découvre ainsi goûter pleinement aux petits plaisirs de la vie, faire des choses dont la plupart des enfants ne verraient pas d’un bon œil de la part d’un parent veuf et âgé… « Les petits ruisseaux » est un de ces livres dont je suis ressorti plus optimiste vis-à-vis des personnes âgées. C’est une BD qui m’est apparue très tolérante envers nos « vieux » et dont on se dit que finalement ils ont bien le droit de vivre encore pleinement comme ils l’entendent…
Juste une petite remarque en passant, je m’interroge et je m’inquiète beaucoup en ce moment sur la présence de plus en plus fréquente de scènes dans les BD où l’on voit des jeunes fumés des « pétards »… comme si le must d’une bamboula, de nos jours, est de la terminer avec un joint entre les lèvres. Fin de la parenthèse.
Le trait de Rabaté m’est apparu parfaitement adapté à cette histoire, il est fin et rehaussé par une mise en couleurs simple et chaleureuse. Le tout forme une ambiance apaisante et poétique qui sied à merveille avec ce scénario. La narration est excellente, la mise en page et le découpage me semble exempt de tout reproche. La lecture est vraiment captivante et très agréable.
« Les petits ruisseaux » est finalement une des BD qui m’ont le plus marqué depuis le début de cette année. Je trouve très agréable et très rassurant de voir qu’un auteur comme Rabaté n’est pas tombé dans la caricature facile de la personne âgée qui n’arrête pas de râler et qui n’attend que sa mort… C’est vrai quoi, moi, je les aime bien mes vieux et ils ont tout de même le droit de profiter pleinement de leurs jours jusqu’à la fin de leur vie surtout lorsque leurs santés le permettent ! Sans blague !
J’avoue que sans ce titre, je pense que je n’aurai jamais feuilleté ce livre. En effet, le nom de cette BD me rappelle beaucoup les aventures des « une et mille nuits » de ma jeunesse que j’apprécie tant. Alors en le feuilletant, je m’attendais à revoir des scènes où les héros s’affrontent sur des tapis volants ou un génie sortant d’une lampe magique… mais rien de tout cela dans « les cinq conteurs de Bagdad ». Et pourtant, malgré l’absence de ces séquences, j’ai été charmé par cette histoire.
L'album met en scène 5 personnages qui s'ignorent plus ou moins et qui vont s'affronter sur un concours de contes (ça, je crois que vous l'avez déjà deviné...). Mais un jeune homme, fils du calife de Bagdad, va rencontrer ces conteurs qui figurent comme grands favoris de l'épreuve, il va leur proposer en échange de pécules de se réunir pour voyager afin de raconter à la fin du périple ce qu'ils ont vécu chacun à leur façon.
Ce scénario a l'air classique comme ça, c'était sans compter sur la grande originalité des petits récits racontés par les différents personnages que vont rencontrer les conteurs lors du voyage. De plus, les principaux protagonistes se révèlent très attachants et ont chacun leur propre personnalité : du gentil garçonnet jusqu'à l'inquiétant vieillard en passant par une femme au caractère trempé. Bref, même si le récit ne comporte pas des scènes issues des « mille et une nuits », l’album est suffisamment féerique, aventureux, plein d’humours et poétique pour nous captiver jusqu’au bout. De plus, les dialogues jonglant avec l’ironie et la philosophie sont un vrai régal.
Le dessin de Duchazeau n’est pas vraiment un style que j’aime énormément, il a le mérite d’être assez personnel. La mise en couleurs est adaptée au récit, elle reproduit bien les ambiances.
Ce one-shot figure, à mon avis, comme l’un des plus beaux contes de cette année. Le récit est original, captivant, drôle et intelligent grâce à ses dialogues savoureux. L’histoire se situe dans un univers riche et énigmatique qui –je suis sûr- me passionnera de nouveau lors de la relecture. A découvrir !
Avis pour le tome 7 « Au nom du père »
En moins de 7 tomes, « Le scorpion » est devenu incontestablement un classique de la BD franco-belge. A mon avis, ceci est devenu possible grâce au scénario accrocheur de Desberg et surtout grâce au magnifique dessin de Marini.
L’histoire se déroule au XVIIIème siècle à Rome, elle met en scène le combat d’un jeune homme libertin dit « le scorpion » pour déchoir le cardinal Trébaldi qui vient d’être élu comme pape. Le scénario est assez captivant même si on peut regretter certains raccourcis lors de la résolution des énigmes, un héros tombeur qui s’en sort toujours et une intrigue qui a tendance à traîner en longueur. D’après le sticker, le 7ème tome inaugure un nouveau cycle basé sur la recherche des origines du « scorpion » et (toujours et encore…) sur sa confrontation avec Trébaldi. Après lecture, ce n’est pas vraiment le cas : l’album m’est apparu comme une suite logique du premier cycle dont le dénouement au 6ème tome avait laissé sans réponse certains mystères.
Et pourtant, il est dommage de laisser tomber cette série suite à ces invraisemblances car l’histoire est fort distrayante et figure, à mon avis, parmi les meilleures BD de capes et d’épées que j’ai pu lire jusqu’à maintenant.
J’ai peur de ne pas avoir assez de recul pour juger le dessin de Marini. Il est, à mon avis, l’un des meilleurs dessinateurs de la BD franco-belge. Ses cadrages sont impressionnants car très cinématographiques. Ses couleurs directes sont incroyables de beautés avec cette utilisation de tons chauds mélangés à des tons froids. Avec Enrico Marini, je suis toujours sûr de me retrouver face à de supers dessins et qui correspondent exactement à mon panthéon du graphisme. De plus, je suis bluffé par la rapidité de parution de ses albums qui mettent moins d’un an pour paraître sans que le dessin en soit pâti, à comparer avec Juanjo Guarnido (dessinateur que j’apprécie beaucoup aussi) qui réalise un album tous les 2-3 ans !
Malgré une intrigue qui a tendance à traîner en longueur, « Le scorpion » est, à mon avis, une série de capes et d’épées incontournable. Avec cette série, je suis pratiquement sûr de passer un bon moment distrayant de lecture à chaque parution d’un nouveau tome… d’autant que j’adore le dessin de Marini !
Note finale : 4/5
J’ai feuilleté cette BD sans avoir lu son descriptif ni les avis des bédéphiles… ce qui a pour conséquence que j’ai fini ma lecture abasourdi par cette version de l’affaire Landru au point de me dire qu’il faudra que je fasse moi-même des recherches pour en connaître le vrai et le faux !
Je m’explique : Chabouté à travers sa BD donne une version totalement inédite de la vie de Henri Désiré Landru, l’un des plus grands meurtriers de l’histoire de France. Franchement, il y a de quoi être déconcerté par cette interprétation de Chabouté !
Le seul et l’unique conseil que je peux vous donner avant d’aborder la lecture de cet album est de NE PAS LIRE LE DESCRIPTIF ET LES AVIS trop « spoilés » des autres lecteurs !... au risque de perdre une partie des surprises de ce scénario.
N’empêche que j’ai vachement envie de relire cette BD d’autant plus que le noir et blanc de Chabouté est somptueux et sied à merveille à cette époque ayant pour cadre la première guerre mondiale et son après.
Le découpage est exempt de reproche, il participe beaucoup à la facilité de lecture que j’ai pu ressentir d’autant plus que le scénario est diaboliquement captivant et… réaliste !
« Henri Désiré Landru » est un des albums que j’ai le plus apprécié cette année. Le scénario est vraiment passionnant malgré tout ce que je « croyais » connaître de cette affaire. Le dessin de Chabouté est magnifique, son découpage parfait contribue beaucoup au plaisir de lecture que j’ai pu ressentir. A découvrir d’urgence !
Les histoires de sirènes, tout le monde en connaît et la plupart des récits se résument à la noyade d’un marin lorsque l’une d’entre elles se mettait à chanter. Avec « La sirène des pompiers » et bien que la thématique tourne encore une fois sur ces créatures mythiques, les auteurs ont réussi le tour de force de nous proposer un récit original, surprenant et diablement plaisant à lire !
Il m’est assez difficile de parler de l’histoire sans en dévoiler des spoilers alors je m’abstiendrai d’en dire plus. Sachez que le scénario de ce conte est plein de surprises et se révèle assez touchant par moment.
J’ai apprécié l’évolution de la psychologie des personnages principaux où la naïveté laisse la place à la méfiance et où le snobisme prend le pas sur la modestie.
J’ai également aimé la situation de ce récit dans le Paris du XIXème siècle où la capitale attirait des amateurs du monde entier dans les galeries d’art. Les auteurs en ont d’ailleurs profité pour y glisser une critique ironique du monde des artistes.
La narration est irréprochable, j’ai été tout de suite captivé par l’histoire jusqu’à ne plus vouloir décrocher par la suite. Le découpage et la mise en page me sont apparus excellents. J’ai été agréablement surpris par la diversité de styles de Zanzim dont les lecteurs peuvent avoir un aperçu des peintures à l’huile à la fin de l’ouvrage.
« La sirène des pompiers » est un de mes coups de cœur de l’année. Les auteurs ont réussi à réaliser une histoire passionnante sur les sirènes avec originalité et humour. Chapeau bas messieurs !
L’histoire termine par un « Ah Ah Ah », un rire que je m’imagine triste, faussement joyeux, ironique qui me laisse goût amer face cette histoire et qui me résonne encore dans ma tête bien que j’eus terminé la lecture depuis des mois et des mois. Je suis à la fois gêné et écoeuré de voir comment ce récit malheureusement réel se termine. Il y a dans ce dénouement une grande injustice pour la victime qui n’est autre la fille d’un père qui l’a humiliée, salie et gâchée sa vie. Je pense que vous l’avez compris, cet album parle de l’inceste.
Le dessin n’est pas exceptionnel, les cadrages sont classiques… alors pourquoi je considère cette BD comme un excellent album ? Peut-être parce que ce sujet grave est abordé ici avec simplicité, sans que le scénariste n’ait eu le besoin d’avoir recours à des scènes mélodramatiques ridicules que l’on rencontre souvent au cinéma lorsqu’un récit de ce type est raconté. Peut-être aussi parce que ce traitement graphique simple sied à merveille avec ce scénario, ici, pas d’ombrage excessif pour accentuer jusqu’à l’écoeurement les scènes dramatiques. Peut-être aussi parce que la narration est faite pratiquement en voie off et que celle-ci me fait ressentir la détresse d’une femme qui ne demande que justice, en tout cas, il m’a été difficile de décrocher de cette lecture.
Cette BD n’est certainement pas un album que je relirai de sitôt parce que l’histoire est tout de même très émouvante et que ce n’est assurément pas un récit fait pour nous distraire. Mais, la BD fait partie, à mon avis, de celles qu’il faut absolument lire au moins une fois dans sa vie ne serait rien que pour le témoignage qu’elle apporte.
Au vu de la couverture du premier tome, j’ai eu l’impression que la BD serait un remake de « Alien », l’un des plus grands films de Science-fiction. Je m’attendais donc à revivre les effets de surprise et l’ambiance malsaine qui régnaient dans ce long métrage. Après lecture, « Cryozone » ne réunit pas vraiment tous ces ingrédients qui ont fait le succès d’ « Alien ». Cependant, la série m’a franchement plue par le dynamisme des scènes d’action et par son humour.
Après un début assez rocambolesque qui sert plus à situer l’histoire et à passer tout de suite à l’intrigue principale, le scénario m’est apparu intéressant et original.
Il y a une chose qui fait la patte de Cailleteau (le scénariste) dans toutes ses séries, c’est bien dans sa façon de stéréotyper ses personnages en deux catégories bien distinctes : les bons et les méchants… point final ! « Cryozone » ne fait pas exception à cette règle et je trouve que ce n’est pas plus mal car cela nous permet de passer rapidement à l’action. Le résultat donne une histoire très dynamique en 2 tomes dont je n’ai eu aucun sentiment d’ennui jusqu’au dénouement final. J’ai apprécié l’humour qui y régnait surtout par l’intermédiaire du personnage de Kopp. Cependant, bien que le récit se situe dans l’espace, ne vous attendez pas à voir des combats intersidérales à la « star wars » mais un huis clos dans un gigantesque vaisseau spatial.
« Cryozone » est la première série de Denis Bajram en tant que dessinateur. Dès la première planche, je pense que de nombreux lecteurs verront tout de suite des similitudes entre le personnage principal de cette très courte introduction et Mario de l’autre série de Bajram Universal War One.
Le trait très dynamique de Bajram m’est apparu bien adapté à cette BD, je l’ai senti parfaitement à l’aise dans ce récit de science-fiction. D’ailleurs, le dessinateur y a glissé de nombreux clins d’œil discrets et sympathiques (A vous de les trouver !), signe que l’auteur s’est bien éclaté pour réaliser « Cryozone ».
A mon avis « Cryozone » est finalement une BD de science-fiction très divertissante. Le scénario m’a semblé original et intéressant en dépit d’une introduction invraisemblable mais qui sert à passer rapidement à l’intrigue principale. Cette série est la première de Bajram et m’est apparue comme un bon entraînement pour lui quand on voit sa bibliographie (n’oublions pas qu’il a ensuite réalisé Universal War One !). En tout cas, au vu de l’humour employé et les nombreux clins d’œil glissés ça et là dans cette BD, j’ai senti que les auteurs se sont bien marrés pour réaliser « Cryozone ». Défoulant !
Note finale : 4/5
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Au vu de la couverture et des couleurs chatoyantes, on pourrait s’attendre à lire une BD pleine de poésie et de fraîcheur… détrompez-vous ! « Merci patron » est un album très dur duquel vous aurez bien du mal à cacher vos émotions ! L’histoire se passe au Portugal dans l’après-guerre. Elle met en scène une mère et sa fille adolescente qui vivent dans une maison dont le propriétaire n’est autre que le patron. La trame de cette histoire est essentiellement basée sur les relations entre ce patron et ses ouvriers à travers une époque où personne ne pouvait contester les décisions du patronat (du moins au Portugal). Mais la vraie force de ce livre est de nous emmener doucement et irrévocablement d’un récit que l’on croit sujet au bonheur et à la joie de vivre vers un drame horrible qui m’a irrémédiablement pris dans les tripes ! Bon, il faut avouer que le drame est prévisible mais je suis tout de même admiratif envers le scénario qui m’est apparu très bien construit et qui met en scène un dénouement assez surprenant. Le dessin est très agréable à contempler, il est simple et rehaussé par une mise en couleurs parfaitement adaptée au récit. Je ne peux que reprocher la représentation des personnages qui m’a semblé un peu trop caricaturale. A part ça, le découpage et la mise en page me sont apparues excellentes. Graphiquement, cette BD est une vraie réussite ! « Merci patron » est finalement une BD qui m’a pris à la gorge, c’est le premier album d’un auteur portugais dont j’ai énormément apprécié son dessin et sa narration. « Merci patron » fait partie de la collection « Blandice » dont l’éditeur veut en faire la jumelle de la collection « Aire libre » de chez les éditions « Dupuis ». Avec les albums de Renaud Dillies et ceux des autres jeunes auteurs très prometteurs, cette collection est bien partie pour être une référence !
Mamette
Avis pour le tome1 « Anges et pigeons » Composée d’histoires courtes mettant en scène une mamie très sympathique, la nouvelle série « Mamette » est à mon avis une des plus belles BD de l’année 2006. Nob était un auteur inconnu pour moi, il a pourtant réalisé une autre série chez Glénat intitulée Bogzzz (non lue à ce jour). Apparemment, il s’est beaucoup inspiré de Titeuf pour la mise en page et le traitement colorisé de sa série, impression confirmée par la présence du logo de « Tchô ! Le magazine » au 4ème plat du livre. J’ai adoré le dessin de Nob. C’est devenu (presque) une maladie pour moi de feuilleter les pages de l’album régulièrement rien que pour admirer la beauté des planches. Je me demande à chaque fois comment il arrive à ce résultat en n’utilisant que de la gouache (probablement retouché par la suite par ordinateur sinon il devient carrément, à ma connaissance, le meilleur coloriste du monde !). Le trait de l’auteur n’est pas en reste : les personnages sont très expressifs et les décors fourmillent de nombreux détails. Le découpage m’est apparu excellent. En fait, seul le format m’est apparu trop réduit pour ce type de BD étant donné la petitesse des cases et l’utilisation de 4 bandes difficilement adaptables au format 18x24 cm. J’espère vivement à l’avenir que l’éditeur aura l’excellente idée de commercialiser une version agrandie de cette nouvelle série pour qu’on puisse admirer davantage le formidable travail graphique de Nob ! Le personnage central de la série est une anti-mamie Danielle (film mettant en scène une grand-mère fort antipathique) en puissance ! Elle semble animée d’une jeunesse de l’esprit extraordinaire et d’une joie de vivre très communicative. Pour moi, Mamette est une personne âgée très attachante et qui pourrait devenir rapidement un héros phare des éditions Glénat. J’ai également apprécié la présence de nombreux personnages secondaires comme le discret monsieur Bruneau, l’abonnée à la médecine du nom de madame Vidal, le gamin turbulent, les amies de Mamette dont les noms m’échappent et… j’en passe ! Le livre comporte des récits courts mais qui se suivent très bien chronologiquement, à tel point qu’arriver à la fin de l’album, j’ai eu l’impression de lire un album complet. La plupart des histoires sont humoristiques avec une chute parfois très surprenante, je me suis plié en deux pour le récit se passant au zoo par exemple. J’ai également ressenti beaucoup de tendresse dans certaines séquences comme celles se situant dans le cimetière. Pour moi, « Mamette » est la BD coup de cœur de l’année 2006. C’est un album plein de tendresse sur les personnes âgées dans lequel on ne s’ennuie à aucun moment. A découvrir d’urgence ! Note finale : 4,5/5
Les Quatre Fleuves
Heureuse initiative de ma part d’avoir lu cet album de Baudouin après ma déception de « Crazyman », le seul album en solo de cet auteur que j’ai pu feuilleter jusqu’à ce jour. « Les quatre fleuves » n’a rien à voir avec la thématique de Crazyman, cette BD se résume à un récit d’un jeune paumé doublé d’une enquête policière. Cette fois-ci, je n’ai pas été déçu par le traitement graphique d’un album de Baudouin. Son trait gras et sombre m’a semblé bien adapté à l’ambiance de cette BD. Son style est très personnel et par conséquent donne un cachet notable à cet album. J’ai apprécié également la situation du récit dans Paris et ses environs où j’ai pu reconnaître de nombreux lieux. Le scénario est une histoire assez sympa à lire à mi-chemin entre l’enquête policière et le road-movie agrémentée d’une pincée d’ésotérisme. Néanmoins, ne vous attendez pas à lire un polar « noir » de chez « noir », l’histoire n’est pas si horrible que ça et la résolution des énigmes m'est apparue cohérente dans l’ensemble. La narration est très accrocheuse malgré l’emploi de longs commentaires et de planches qui s’apparentent plus à un roman illustré qu’à une BD. L’un des points forts des « quatre fleuve » est dans l’attachement que j’ai pu ressentir pour les personnages de Grégoire et de l’enquêteur. « Les quatre fleuves » est, à mon avis, une BD très agréable à lire. L’enquête policière est intéressante à suivre et les personnages, surtout celui de Grégoire, sont attachants. « Les quatre fleuves » est un album que je relirai avec grand plaisir lors d’une soirée, bien campé dans un bon fauteuil.
Les Petits Ruisseaux
Lorsque j’ai lu ce titre et que j’ai feuilleté le début de la BD, je m’attendais à découvrir une histoire basée sur le plaisir que procure la pêche aux personnes âgées… eh bien, non, le scénario est à la fois plus complexe et plus simple que ça. « Les petits ruisseaux » est une histoire qui sort des sentiers battus par rapport à la plupart des récits qui mettent en scène la vieillesse. Dans cette BD, le personnage principal, qui possède une bonne santé, va vivre des péripéties assez similaires à celles qu’il avait certainement connu dans sa jeunesse. On le découvre ainsi goûter pleinement aux petits plaisirs de la vie, faire des choses dont la plupart des enfants ne verraient pas d’un bon œil de la part d’un parent veuf et âgé… « Les petits ruisseaux » est un de ces livres dont je suis ressorti plus optimiste vis-à-vis des personnes âgées. C’est une BD qui m’est apparue très tolérante envers nos « vieux » et dont on se dit que finalement ils ont bien le droit de vivre encore pleinement comme ils l’entendent… Juste une petite remarque en passant, je m’interroge et je m’inquiète beaucoup en ce moment sur la présence de plus en plus fréquente de scènes dans les BD où l’on voit des jeunes fumés des « pétards »… comme si le must d’une bamboula, de nos jours, est de la terminer avec un joint entre les lèvres. Fin de la parenthèse. Le trait de Rabaté m’est apparu parfaitement adapté à cette histoire, il est fin et rehaussé par une mise en couleurs simple et chaleureuse. Le tout forme une ambiance apaisante et poétique qui sied à merveille avec ce scénario. La narration est excellente, la mise en page et le découpage me semble exempt de tout reproche. La lecture est vraiment captivante et très agréable. « Les petits ruisseaux » est finalement une des BD qui m’ont le plus marqué depuis le début de cette année. Je trouve très agréable et très rassurant de voir qu’un auteur comme Rabaté n’est pas tombé dans la caricature facile de la personne âgée qui n’arrête pas de râler et qui n’attend que sa mort… C’est vrai quoi, moi, je les aime bien mes vieux et ils ont tout de même le droit de profiter pleinement de leurs jours jusqu’à la fin de leur vie surtout lorsque leurs santés le permettent ! Sans blague !
Les Cinq Conteurs de Bagdad
J’avoue que sans ce titre, je pense que je n’aurai jamais feuilleté ce livre. En effet, le nom de cette BD me rappelle beaucoup les aventures des « une et mille nuits » de ma jeunesse que j’apprécie tant. Alors en le feuilletant, je m’attendais à revoir des scènes où les héros s’affrontent sur des tapis volants ou un génie sortant d’une lampe magique… mais rien de tout cela dans « les cinq conteurs de Bagdad ». Et pourtant, malgré l’absence de ces séquences, j’ai été charmé par cette histoire. L'album met en scène 5 personnages qui s'ignorent plus ou moins et qui vont s'affronter sur un concours de contes (ça, je crois que vous l'avez déjà deviné...). Mais un jeune homme, fils du calife de Bagdad, va rencontrer ces conteurs qui figurent comme grands favoris de l'épreuve, il va leur proposer en échange de pécules de se réunir pour voyager afin de raconter à la fin du périple ce qu'ils ont vécu chacun à leur façon. Ce scénario a l'air classique comme ça, c'était sans compter sur la grande originalité des petits récits racontés par les différents personnages que vont rencontrer les conteurs lors du voyage. De plus, les principaux protagonistes se révèlent très attachants et ont chacun leur propre personnalité : du gentil garçonnet jusqu'à l'inquiétant vieillard en passant par une femme au caractère trempé. Bref, même si le récit ne comporte pas des scènes issues des « mille et une nuits », l’album est suffisamment féerique, aventureux, plein d’humours et poétique pour nous captiver jusqu’au bout. De plus, les dialogues jonglant avec l’ironie et la philosophie sont un vrai régal. Le dessin de Duchazeau n’est pas vraiment un style que j’aime énormément, il a le mérite d’être assez personnel. La mise en couleurs est adaptée au récit, elle reproduit bien les ambiances. Ce one-shot figure, à mon avis, comme l’un des plus beaux contes de cette année. Le récit est original, captivant, drôle et intelligent grâce à ses dialogues savoureux. L’histoire se situe dans un univers riche et énigmatique qui –je suis sûr- me passionnera de nouveau lors de la relecture. A découvrir !
Le Scorpion
Avis pour le tome 7 « Au nom du père » En moins de 7 tomes, « Le scorpion » est devenu incontestablement un classique de la BD franco-belge. A mon avis, ceci est devenu possible grâce au scénario accrocheur de Desberg et surtout grâce au magnifique dessin de Marini. L’histoire se déroule au XVIIIème siècle à Rome, elle met en scène le combat d’un jeune homme libertin dit « le scorpion » pour déchoir le cardinal Trébaldi qui vient d’être élu comme pape. Le scénario est assez captivant même si on peut regretter certains raccourcis lors de la résolution des énigmes, un héros tombeur qui s’en sort toujours et une intrigue qui a tendance à traîner en longueur. D’après le sticker, le 7ème tome inaugure un nouveau cycle basé sur la recherche des origines du « scorpion » et (toujours et encore…) sur sa confrontation avec Trébaldi. Après lecture, ce n’est pas vraiment le cas : l’album m’est apparu comme une suite logique du premier cycle dont le dénouement au 6ème tome avait laissé sans réponse certains mystères. Et pourtant, il est dommage de laisser tomber cette série suite à ces invraisemblances car l’histoire est fort distrayante et figure, à mon avis, parmi les meilleures BD de capes et d’épées que j’ai pu lire jusqu’à maintenant. J’ai peur de ne pas avoir assez de recul pour juger le dessin de Marini. Il est, à mon avis, l’un des meilleurs dessinateurs de la BD franco-belge. Ses cadrages sont impressionnants car très cinématographiques. Ses couleurs directes sont incroyables de beautés avec cette utilisation de tons chauds mélangés à des tons froids. Avec Enrico Marini, je suis toujours sûr de me retrouver face à de supers dessins et qui correspondent exactement à mon panthéon du graphisme. De plus, je suis bluffé par la rapidité de parution de ses albums qui mettent moins d’un an pour paraître sans que le dessin en soit pâti, à comparer avec Juanjo Guarnido (dessinateur que j’apprécie beaucoup aussi) qui réalise un album tous les 2-3 ans ! Malgré une intrigue qui a tendance à traîner en longueur, « Le scorpion » est, à mon avis, une série de capes et d’épées incontournable. Avec cette série, je suis pratiquement sûr de passer un bon moment distrayant de lecture à chaque parution d’un nouveau tome… d’autant que j’adore le dessin de Marini ! Note finale : 4/5
Henri Désiré Landru
J’ai feuilleté cette BD sans avoir lu son descriptif ni les avis des bédéphiles… ce qui a pour conséquence que j’ai fini ma lecture abasourdi par cette version de l’affaire Landru au point de me dire qu’il faudra que je fasse moi-même des recherches pour en connaître le vrai et le faux ! Je m’explique : Chabouté à travers sa BD donne une version totalement inédite de la vie de Henri Désiré Landru, l’un des plus grands meurtriers de l’histoire de France. Franchement, il y a de quoi être déconcerté par cette interprétation de Chabouté ! Le seul et l’unique conseil que je peux vous donner avant d’aborder la lecture de cet album est de NE PAS LIRE LE DESCRIPTIF ET LES AVIS trop « spoilés » des autres lecteurs !... au risque de perdre une partie des surprises de ce scénario. N’empêche que j’ai vachement envie de relire cette BD d’autant plus que le noir et blanc de Chabouté est somptueux et sied à merveille à cette époque ayant pour cadre la première guerre mondiale et son après. Le découpage est exempt de reproche, il participe beaucoup à la facilité de lecture que j’ai pu ressentir d’autant plus que le scénario est diaboliquement captivant et… réaliste ! « Henri Désiré Landru » est un des albums que j’ai le plus apprécié cette année. Le scénario est vraiment passionnant malgré tout ce que je « croyais » connaître de cette affaire. Le dessin de Chabouté est magnifique, son découpage parfait contribue beaucoup au plaisir de lecture que j’ai pu ressentir. A découvrir d’urgence !
La Sirène des pompiers
Les histoires de sirènes, tout le monde en connaît et la plupart des récits se résument à la noyade d’un marin lorsque l’une d’entre elles se mettait à chanter. Avec « La sirène des pompiers » et bien que la thématique tourne encore une fois sur ces créatures mythiques, les auteurs ont réussi le tour de force de nous proposer un récit original, surprenant et diablement plaisant à lire ! Il m’est assez difficile de parler de l’histoire sans en dévoiler des spoilers alors je m’abstiendrai d’en dire plus. Sachez que le scénario de ce conte est plein de surprises et se révèle assez touchant par moment. J’ai apprécié l’évolution de la psychologie des personnages principaux où la naïveté laisse la place à la méfiance et où le snobisme prend le pas sur la modestie. J’ai également aimé la situation de ce récit dans le Paris du XIXème siècle où la capitale attirait des amateurs du monde entier dans les galeries d’art. Les auteurs en ont d’ailleurs profité pour y glisser une critique ironique du monde des artistes. La narration est irréprochable, j’ai été tout de suite captivé par l’histoire jusqu’à ne plus vouloir décrocher par la suite. Le découpage et la mise en page me sont apparus excellents. J’ai été agréablement surpris par la diversité de styles de Zanzim dont les lecteurs peuvent avoir un aperçu des peintures à l’huile à la fin de l’ouvrage. « La sirène des pompiers » est un de mes coups de cœur de l’année. Les auteurs ont réussi à réaliser une histoire passionnante sur les sirènes avec originalité et humour. Chapeau bas messieurs !
Elle ne pleure pas, elle chante
L’histoire termine par un « Ah Ah Ah », un rire que je m’imagine triste, faussement joyeux, ironique qui me laisse goût amer face cette histoire et qui me résonne encore dans ma tête bien que j’eus terminé la lecture depuis des mois et des mois. Je suis à la fois gêné et écoeuré de voir comment ce récit malheureusement réel se termine. Il y a dans ce dénouement une grande injustice pour la victime qui n’est autre la fille d’un père qui l’a humiliée, salie et gâchée sa vie. Je pense que vous l’avez compris, cet album parle de l’inceste. Le dessin n’est pas exceptionnel, les cadrages sont classiques… alors pourquoi je considère cette BD comme un excellent album ? Peut-être parce que ce sujet grave est abordé ici avec simplicité, sans que le scénariste n’ait eu le besoin d’avoir recours à des scènes mélodramatiques ridicules que l’on rencontre souvent au cinéma lorsqu’un récit de ce type est raconté. Peut-être aussi parce que ce traitement graphique simple sied à merveille avec ce scénario, ici, pas d’ombrage excessif pour accentuer jusqu’à l’écoeurement les scènes dramatiques. Peut-être aussi parce que la narration est faite pratiquement en voie off et que celle-ci me fait ressentir la détresse d’une femme qui ne demande que justice, en tout cas, il m’a été difficile de décrocher de cette lecture. Cette BD n’est certainement pas un album que je relirai de sitôt parce que l’histoire est tout de même très émouvante et que ce n’est assurément pas un récit fait pour nous distraire. Mais, la BD fait partie, à mon avis, de celles qu’il faut absolument lire au moins une fois dans sa vie ne serait rien que pour le témoignage qu’elle apporte.
Cryozone
Au vu de la couverture du premier tome, j’ai eu l’impression que la BD serait un remake de « Alien », l’un des plus grands films de Science-fiction. Je m’attendais donc à revivre les effets de surprise et l’ambiance malsaine qui régnaient dans ce long métrage. Après lecture, « Cryozone » ne réunit pas vraiment tous ces ingrédients qui ont fait le succès d’ « Alien ». Cependant, la série m’a franchement plue par le dynamisme des scènes d’action et par son humour. Après un début assez rocambolesque qui sert plus à situer l’histoire et à passer tout de suite à l’intrigue principale, le scénario m’est apparu intéressant et original. Il y a une chose qui fait la patte de Cailleteau (le scénariste) dans toutes ses séries, c’est bien dans sa façon de stéréotyper ses personnages en deux catégories bien distinctes : les bons et les méchants… point final ! « Cryozone » ne fait pas exception à cette règle et je trouve que ce n’est pas plus mal car cela nous permet de passer rapidement à l’action. Le résultat donne une histoire très dynamique en 2 tomes dont je n’ai eu aucun sentiment d’ennui jusqu’au dénouement final. J’ai apprécié l’humour qui y régnait surtout par l’intermédiaire du personnage de Kopp. Cependant, bien que le récit se situe dans l’espace, ne vous attendez pas à voir des combats intersidérales à la « star wars » mais un huis clos dans un gigantesque vaisseau spatial. « Cryozone » est la première série de Denis Bajram en tant que dessinateur. Dès la première planche, je pense que de nombreux lecteurs verront tout de suite des similitudes entre le personnage principal de cette très courte introduction et Mario de l’autre série de Bajram Universal War One. Le trait très dynamique de Bajram m’est apparu bien adapté à cette BD, je l’ai senti parfaitement à l’aise dans ce récit de science-fiction. D’ailleurs, le dessinateur y a glissé de nombreux clins d’œil discrets et sympathiques (A vous de les trouver !), signe que l’auteur s’est bien éclaté pour réaliser « Cryozone ». A mon avis « Cryozone » est finalement une BD de science-fiction très divertissante. Le scénario m’a semblé original et intéressant en dépit d’une introduction invraisemblable mais qui sert à passer rapidement à l’intrigue principale. Cette série est la première de Bajram et m’est apparue comme un bon entraînement pour lui quand on voit sa bibliographie (n’oublions pas qu’il a ensuite réalisé Universal War One !). En tout cas, au vu de l’humour employé et les nombreux clins d’œil glissés ça et là dans cette BD, j’ai senti que les auteurs se sont bien marrés pour réaliser « Cryozone ». Défoulant ! Note finale : 4/5