Sujet douloureux, dessin moderne, narration généralement en voie off... et pourtant c'est réussi.
Le dessin est gras avec des couleurs franches, mates, sans teintes. Et pourtant l'ensemble reste homogène et colle bien à l'histoire et son rythme lent.
J'ai surtout été impressionné par la construction de la narration. C'est original, sensible, prenant...
Donc à lire, mais pour un publique averti.
"Le voyage en occident", ou l'histoire du Roi des Singes confronté aux divinités Chinoises, voilà un récit antique qu'il me tardait de voir brillamment adapté en bande-dessinée. Il s'agit là en effet d'une légende célèbre dont je ne connaissais que des bribes et dont j'avais d'autant plus entendu parler qu'elle a largement inspiré les aventures de SanGoku dans les débuts de Dragon Ball.
L'adaptation en manhua de Chen Weidong et Peng Chao est à mes yeux une vraie réussite. La légende est retranscrite dans son intégralité, modernisée dans sa narration, ses dialogues et le comportement de ses personnages, mais fidèle, à ce qu'il me semble, à sa complexité et à son contenu authentique.
Ce récit est complexe car il met en scène les divinités de la religion chinoise au 16e siècle, or celle-ci étant un joyeux mélange de Taoïsme, Confucianisme et Bouddhisme : les dragons côtoient donc les bouddhas, les empereurs du ciel et les saints immortels dans un panthéon aussi varié que confus aux yeux d'un néophyte.
Et le Roi Singe, au milieu de tout cela, n'est ni tout à fait une divinité ni tout à fait un mortel, création presque accidentelle du Ciel et de la Terre. Ingénu et turbulent, rappelant les personnages de Peter Pan ou de SanGoku, il est également arrogant et très imbu de son pouvoir qui parait sans limite. A tel point qu'il tient tête à tous les dieux et seul le grand Bouddha originel est en mesure de lui dicter ses sages ordres.
Ce manhua bénéficie d'un dessin excellent. Typé manga, il est maîtrisé, clair, dynamique et agréable à lire comme à regarder.
Les couvertures contrastent un peu avec le contenu des albums. Elles représentent en effet un Roi Singe aux allures presque démoniaques et brutales. Brutal, il peut l'être, oui, mais il n'a d'un démon que le désordre qu'il crée avec le sourire autour de lui.
Le récit est fluide et plutôt prenant. Le Roi Singe y est à la fois attachant par son ingénuité et la façon dont il bouscule la stricte société divine, mais aussi énervant par sa suffisance, sa hargne et sa réussite.
Le scénario m'a semblé un petit peu trop guerrier lors des deux premiers tomes sortis actuellement, mais à ma connaissance, c'est fidèle à la légende originelle. Cet aspect combatif pourrait rebuter les allergiques aux mangas shonens, mais quand on y regarde bien, la plupart des récits divins comportent leurs lots de combats titanesques. Ceux-ci passent plutôt bien et s'intègrent tout à fait dans l'ambiance mythologique.
J'ai lu ce manhua avec tout l'intérêt que je peux porter à une légende ancienne adaptée avec brio et modernisme en BD. L'intrigue un peu échevelée me fait cependant craindre une certaine lassitude au fil des tomes, la série étant sensée en comporter 20. Mais pour le moment, c'est une réussite et il me tarde de voir le turbulent Roi Singe confronté aux principes sages et posés du Bouddhisme.
Etant moi-même infirmière, j'adore cette série où ils parlent de ce beau métier et de ses petits désagréments. C'est souvent très drôle, même si certaines situations semblent droit sortie de l'imagination des auteurs et sont invraisemblables.
Dans la veine des meilleurs Stephen King, ce comics a pour décor l'Amérique profonde où de superbes créatures (des gonzesses à poil :) ) sont apparues de nulle part et ne sont pas très sympathiques avec la gente féminine que nous connaissons...
Sous des dessins peu flatteurs et une colorisation informatique pas très belle, le scénario est suffisamment accrocheur pour passer un très bon moment et surtout pour nous donner envie de connaître la suite au plus vite.
Au départ, même si j'adore Raffaele et son génialissime Fragile, je me suis dit que la couverture n'était pas extraordinaire, banale même. Allais-je me retrouver devant une série B complètement ringarde ? Difficile à croire avec Bec au scénario...
Et puis on plonge dans l'album. Tiens, l'ambiance est plutôt lourde, on s'accroche au fauteuil, c'est une manière originale de mêler "Le Sixième Sens" avec un peu de "Chroniques de Blackstone". Au bout de l'album, rien à redire... Un dessin maîtrisé d'un bout à l'autre, un trait qui vous donne à frémir et un scénario qui ne laisse pas le lecteur dans l'ennui, mais qui, au contraire, le rend hagard.
Pandemonium est à recommander à tous ceux qui aiment le genre...
"Spider-Man Marvel Knights" ou un super héros qui doute...
Un vilain connaît l’identité secrète de Spider-Man et s’en prend à ses proches. Millar signe là un scénario très intéressant. Tout d’abord parce que l’histoire est divertissante et que les rebondissements sont captivants. Mais aussi parce qu’il n’y a pas besoin de connaître l’univers de Spider-Man pour en comprendre le déroulement. Je dirai même plus que c’est une excellente collection pour prendre le train en marche car on rencontre pleins de personnages amis ou ennemis ayant un lourd passif qui nous est bien expliqué. Ces descriptifs ne sont pas rébarbatifs car bien intégrés dans la trame de l’histoire.
Le super héros fragilisé est sans cesse en danger et en prend plein la tronche. Attention, petit bémol pour ceux qui n’aime pas trop le blabla, car l’homme araignée est très introspectif et a tendance à énormément réfléchir au sens de sa vie, de sa mission et à se remettre continuellement en question quoi qu’il soit en train de faire. La voix off de sa pensé est quasiment toujours présente. Je trouve ça enrichissant mais ce genre de narration peut agacer et en déranger certains.
J’aime beaucoup les planches de Dodson, elles ont un côté grands spectacles hollywoodiens. Son Spider-Man est parfait et ses donzelles à coquer. En revanche, je ne suis pas aussi enthousiaste pour la partie faite pas Cho, son style est trop épuré selon moi, et ses personnages en ressortent trop vide. Bon, ce n’est pas mauvais, loin de là, mais la différence entre les deux dessinateurs est tellement flagrante que ça saute aux yeux.
Les couleurs informatiques de Martin et Hannin des studios Avalon, sont tout ce qu’il y a de plus classique en comics ces dernière années. On aime ou pas, c’est très brillant et lisse, il y a beaucoup d’effets qui jouent avec la lumière.
Très bonne bd de western...
Les dessins sont très bons, même s'il faut aimer le style, et le scénario bien que certains le considèrent comme classique, est bien mené.
Le héros, qui me fait beaucoup penser à Sean Connery, soit dit en passant, évolue au fil de l'histoire et change du tout au tout du début à la fin.
Bref, si vous aimez les westerns, ou tout simplement les bonnes bd, foncez !
Note approximative : 3.5/5
Sans doute la meilleure découverte à mes yeux parmi les récits issus du ShogunMag.
Son scénario mélange deux thématiques qui s'imbriquent assez peu au départ.
D'un côté, une jeune chanteuse à succès, Lolita HR (pour Human Resistance), rebelle et s'opposant aux majors de la musique et à leurs robots-chanteurs formatés.
Et d'un autre côté une population contaminée par une maladie étrange et contagieuse et parquée dans des ghettos, ghettos où vit le jeune Mehdi, jeune fauché que la maladie n'a pas encore visiblement impacté.
Lolita HR offre un dessin sympathique, travaillé et relativement original même s'il n'est pas exempt de certains petits défauts amateurs. La narration n'est pas mauvaise, les personnages sont attachants et le scénario est original et bien raconté. Car les évènements de départ vont rapidement révéler des surprises, la jeune Lolita se trouvant au coeur d'une intrigue qui touche à sa nature même, et le jeune Mehdi verra le sort et une grosse surprise s'abattre sur lui. Nul doute que l'un et l'autre seront amenés à se rencontrer dès le début du second tome, mais quand, comment et quel en sera le résultat, c'est encore un mystère pour moi.
Malgré une narration un peu rapide et un peu confuse à la toute fin du premier tome, voilà un récit bien mené, intéressant, intelligent et même assez original, ce qui ne gâche rien. Je le suivrai avec attention.
PS : A noter que le premier tome offre en fin d'album quelques planches de la version originale de cette histoire initialement pensée pour être réalisée au format franco-belge classique : la comparaison entre les deux versions "manga à l'européenne" et franco-belge est assez intéressante.
Une bédé à découvrir. Par son côté un peu loufoque, elle me fait quelque peu penser à La Nef des fous, mais en plus gentil... Bref, il s'agit, comme le titre le dit, d'une histoire d'un voyage dans un "autre monde", un peu comme dans le magicien d'Oz. C'est souvent mignon et parfois un peu louftingue, mais dans l'ensemble bien sympathique.
Le dessin est très joli.
Un bon petit 4/5.
Etonnant. Le ton donné dans les premières planches laisse penser à une chronique ordinaire de la solitude et de la misère affective. Hors, c’est à tout autre chose que nous convie Jason.
Il n’y a aucun temps mort, mais au contraire un bon tempo, et l’on glisse, d’une planche à l’autre, dans une histoire de plus en plus déjantée et surprenante, où l’absurde le dispute au macabre, pour notre plus grand plaisir.
Pas de doute possible, on est bien dans la collection “Sang” d’Atrabile ! :D
A noter que les dialogues sont quasiment absents, mais que cela n’entrave nullement la compréhension. En cela, le pouvoir narratif de son dessin pourtant très sobre est assez euh... éloquent. Bon, il faut dire aussi que le scénario n’est pas d’une grande complexité, mais bon nombre d’auteurs se seraient pourtant sans doute cru obligés d’en mettre.
Jason sait bien préparer ses effets pour mieux ménager le suspense, et la fin... pas forcément celle que l’on attendait, conclue joliment ce drôle d’album.
Un petit bémol, toutefois : ça se lit très très vite. Ma vraie note est plutôt 3.5 pour cette raison.
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Elle ne pleure pas, elle chante
Sujet douloureux, dessin moderne, narration généralement en voie off... et pourtant c'est réussi. Le dessin est gras avec des couleurs franches, mates, sans teintes. Et pourtant l'ensemble reste homogène et colle bien à l'histoire et son rythme lent. J'ai surtout été impressionné par la construction de la narration. C'est original, sensible, prenant... Donc à lire, mais pour un publique averti.
Le Voyage en Occident
"Le voyage en occident", ou l'histoire du Roi des Singes confronté aux divinités Chinoises, voilà un récit antique qu'il me tardait de voir brillamment adapté en bande-dessinée. Il s'agit là en effet d'une légende célèbre dont je ne connaissais que des bribes et dont j'avais d'autant plus entendu parler qu'elle a largement inspiré les aventures de SanGoku dans les débuts de Dragon Ball. L'adaptation en manhua de Chen Weidong et Peng Chao est à mes yeux une vraie réussite. La légende est retranscrite dans son intégralité, modernisée dans sa narration, ses dialogues et le comportement de ses personnages, mais fidèle, à ce qu'il me semble, à sa complexité et à son contenu authentique. Ce récit est complexe car il met en scène les divinités de la religion chinoise au 16e siècle, or celle-ci étant un joyeux mélange de Taoïsme, Confucianisme et Bouddhisme : les dragons côtoient donc les bouddhas, les empereurs du ciel et les saints immortels dans un panthéon aussi varié que confus aux yeux d'un néophyte. Et le Roi Singe, au milieu de tout cela, n'est ni tout à fait une divinité ni tout à fait un mortel, création presque accidentelle du Ciel et de la Terre. Ingénu et turbulent, rappelant les personnages de Peter Pan ou de SanGoku, il est également arrogant et très imbu de son pouvoir qui parait sans limite. A tel point qu'il tient tête à tous les dieux et seul le grand Bouddha originel est en mesure de lui dicter ses sages ordres. Ce manhua bénéficie d'un dessin excellent. Typé manga, il est maîtrisé, clair, dynamique et agréable à lire comme à regarder. Les couvertures contrastent un peu avec le contenu des albums. Elles représentent en effet un Roi Singe aux allures presque démoniaques et brutales. Brutal, il peut l'être, oui, mais il n'a d'un démon que le désordre qu'il crée avec le sourire autour de lui. Le récit est fluide et plutôt prenant. Le Roi Singe y est à la fois attachant par son ingénuité et la façon dont il bouscule la stricte société divine, mais aussi énervant par sa suffisance, sa hargne et sa réussite. Le scénario m'a semblé un petit peu trop guerrier lors des deux premiers tomes sortis actuellement, mais à ma connaissance, c'est fidèle à la légende originelle. Cet aspect combatif pourrait rebuter les allergiques aux mangas shonens, mais quand on y regarde bien, la plupart des récits divins comportent leurs lots de combats titanesques. Ceux-ci passent plutôt bien et s'intègrent tout à fait dans l'ambiance mythologique. J'ai lu ce manhua avec tout l'intérêt que je peux porter à une légende ancienne adaptée avec brio et modernisme en BD. L'intrigue un peu échevelée me fait cependant craindre une certaine lassitude au fil des tomes, la série étant sensée en comporter 20. Mais pour le moment, c'est une réussite et il me tarde de voir le turbulent Roi Singe confronté aux principes sages et posés du Bouddhisme.
Les Femmes en blanc
Etant moi-même infirmière, j'adore cette série où ils parlent de ce beau métier et de ses petits désagréments. C'est souvent très drôle, même si certaines situations semblent droit sortie de l'imagination des auteurs et sont invraisemblables.
Girls
Dans la veine des meilleurs Stephen King, ce comics a pour décor l'Amérique profonde où de superbes créatures (des gonzesses à poil :) ) sont apparues de nulle part et ne sont pas très sympathiques avec la gente féminine que nous connaissons... Sous des dessins peu flatteurs et une colorisation informatique pas très belle, le scénario est suffisamment accrocheur pour passer un très bon moment et surtout pour nous donner envie de connaître la suite au plus vite.
Pandemonium
Au départ, même si j'adore Raffaele et son génialissime Fragile, je me suis dit que la couverture n'était pas extraordinaire, banale même. Allais-je me retrouver devant une série B complètement ringarde ? Difficile à croire avec Bec au scénario... Et puis on plonge dans l'album. Tiens, l'ambiance est plutôt lourde, on s'accroche au fauteuil, c'est une manière originale de mêler "Le Sixième Sens" avec un peu de "Chroniques de Blackstone". Au bout de l'album, rien à redire... Un dessin maîtrisé d'un bout à l'autre, un trait qui vous donne à frémir et un scénario qui ne laisse pas le lecteur dans l'ennui, mais qui, au contraire, le rend hagard. Pandemonium est à recommander à tous ceux qui aiment le genre...
Spider-Man - Le Dernier Combat
"Spider-Man Marvel Knights" ou un super héros qui doute... Un vilain connaît l’identité secrète de Spider-Man et s’en prend à ses proches. Millar signe là un scénario très intéressant. Tout d’abord parce que l’histoire est divertissante et que les rebondissements sont captivants. Mais aussi parce qu’il n’y a pas besoin de connaître l’univers de Spider-Man pour en comprendre le déroulement. Je dirai même plus que c’est une excellente collection pour prendre le train en marche car on rencontre pleins de personnages amis ou ennemis ayant un lourd passif qui nous est bien expliqué. Ces descriptifs ne sont pas rébarbatifs car bien intégrés dans la trame de l’histoire. Le super héros fragilisé est sans cesse en danger et en prend plein la tronche. Attention, petit bémol pour ceux qui n’aime pas trop le blabla, car l’homme araignée est très introspectif et a tendance à énormément réfléchir au sens de sa vie, de sa mission et à se remettre continuellement en question quoi qu’il soit en train de faire. La voix off de sa pensé est quasiment toujours présente. Je trouve ça enrichissant mais ce genre de narration peut agacer et en déranger certains. J’aime beaucoup les planches de Dodson, elles ont un côté grands spectacles hollywoodiens. Son Spider-Man est parfait et ses donzelles à coquer. En revanche, je ne suis pas aussi enthousiaste pour la partie faite pas Cho, son style est trop épuré selon moi, et ses personnages en ressortent trop vide. Bon, ce n’est pas mauvais, loin de là, mais la différence entre les deux dessinateurs est tellement flagrante que ça saute aux yeux. Les couleurs informatiques de Martin et Hannin des studios Avalon, sont tout ce qu’il y a de plus classique en comics ces dernière années. On aime ou pas, c’est très brillant et lisse, il y a beaucoup d’effets qui jouent avec la lumière.
L'Etoile du Désert
Très bonne bd de western... Les dessins sont très bons, même s'il faut aimer le style, et le scénario bien que certains le considèrent comme classique, est bien mené. Le héros, qui me fait beaucoup penser à Sean Connery, soit dit en passant, évolue au fil de l'histoire et change du tout au tout du début à la fin. Bref, si vous aimez les westerns, ou tout simplement les bonnes bd, foncez !
Lolita HR (A.Doll.A)
Note approximative : 3.5/5 Sans doute la meilleure découverte à mes yeux parmi les récits issus du ShogunMag. Son scénario mélange deux thématiques qui s'imbriquent assez peu au départ. D'un côté, une jeune chanteuse à succès, Lolita HR (pour Human Resistance), rebelle et s'opposant aux majors de la musique et à leurs robots-chanteurs formatés. Et d'un autre côté une population contaminée par une maladie étrange et contagieuse et parquée dans des ghettos, ghettos où vit le jeune Mehdi, jeune fauché que la maladie n'a pas encore visiblement impacté. Lolita HR offre un dessin sympathique, travaillé et relativement original même s'il n'est pas exempt de certains petits défauts amateurs. La narration n'est pas mauvaise, les personnages sont attachants et le scénario est original et bien raconté. Car les évènements de départ vont rapidement révéler des surprises, la jeune Lolita se trouvant au coeur d'une intrigue qui touche à sa nature même, et le jeune Mehdi verra le sort et une grosse surprise s'abattre sur lui. Nul doute que l'un et l'autre seront amenés à se rencontrer dès le début du second tome, mais quand, comment et quel en sera le résultat, c'est encore un mystère pour moi. Malgré une narration un peu rapide et un peu confuse à la toute fin du premier tome, voilà un récit bien mené, intéressant, intelligent et même assez original, ce qui ne gâche rien. Je le suivrai avec attention. PS : A noter que le premier tome offre en fin d'album quelques planches de la version originale de cette histoire initialement pensée pour être réalisée au format franco-belge classique : la comparaison entre les deux versions "manga à l'européenne" et franco-belge est assez intéressante.
L'Autre Monde
Une bédé à découvrir. Par son côté un peu loufoque, elle me fait quelque peu penser à La Nef des fous, mais en plus gentil... Bref, il s'agit, comme le titre le dit, d'une histoire d'un voyage dans un "autre monde", un peu comme dans le magicien d'Oz. C'est souvent mignon et parfois un peu louftingue, mais dans l'ensemble bien sympathique. Le dessin est très joli. Un bon petit 4/5.
Des morts et des vivants
Etonnant. Le ton donné dans les premières planches laisse penser à une chronique ordinaire de la solitude et de la misère affective. Hors, c’est à tout autre chose que nous convie Jason. Il n’y a aucun temps mort, mais au contraire un bon tempo, et l’on glisse, d’une planche à l’autre, dans une histoire de plus en plus déjantée et surprenante, où l’absurde le dispute au macabre, pour notre plus grand plaisir. Pas de doute possible, on est bien dans la collection “Sang” d’Atrabile ! :D A noter que les dialogues sont quasiment absents, mais que cela n’entrave nullement la compréhension. En cela, le pouvoir narratif de son dessin pourtant très sobre est assez euh... éloquent. Bon, il faut dire aussi que le scénario n’est pas d’une grande complexité, mais bon nombre d’auteurs se seraient pourtant sans doute cru obligés d’en mettre. Jason sait bien préparer ses effets pour mieux ménager le suspense, et la fin... pas forcément celle que l’on attendait, conclue joliment ce drôle d’album. Un petit bémol, toutefois : ça se lit très très vite. Ma vraie note est plutôt 3.5 pour cette raison.