C'est vrai que c'est un peu chérot pour le temps de lecture. Mais quel joli objet, notamment au niveau de l'édition! Je ne suis pas du tout déçu de mon achat.
Voici un type d'oeuvre qui ne pourrait pas exister sur un autre support que la bd. Le dessin de Larcenet est assez épuré et très complexe à la fois, les attitudes des chiens en général parfaitement décrites, avec l'humour comme fil conducteur de l'oeuvre.
Bon, je ne vais pas crier au génie et attribuer 5/5, ce serait un peu exagéré, mais il s'agit vraiment d'une petite prouesse, une démonstration de bd.
Lorsque l'on parle d'auteurs que l'on adore, on est forcément moins objectif. C'est un fait. Et Nicolas Dumontheuil fait partie de cela. Tout comme De Crecy, Baudouin et bien d'autres, il a son univers, sa patte, celle que l'on reconnaît immédiatement. Donc, en achetant le dernier album de Dumontheuil, je me suis dit que j'allais une nouvelle fois passer un agréable moment.
Et bien, le moins que l'on puisse dire c'est que j'ai effectivement passé un moment délicieux.
L'auteur abandonne un tout petit peu son registre de prédilection, celui de l'absurde (enfin pas tellement au final), pour créer un western bien structuré ou les personnages, en plus d'être très drôles sont terriblement attachants.
L'album construit avec plusieurs chapitres de trois ou quatre pages, raconte l'histoire farfelue de deux cow-boys engagés pour retrouver la soeur dune indienne au charme ravageur. Simple mission pour ces deux as de la gâchette sauf que nos deux héros vont rencontrer un problème de poids: le big foot. En plus, Ned, l'hyper sensible, n'arrive plus à tuer et se retrouve un p'pa qui a la malédiction du braquemard...
Bref, si l'on aime quand les albums de Dumontheuil partent dans tous les sens pour finalement en donner un cohérent, on apprécie aussi cette bd pleine de sensibilité, d'humour et d'aventures. J'attends le deuxième volume pour, j'espère classer cette série dans la catégorie culte.
Cette série est assez particulière, combinant adroitement le Japon médiéval et le fantastique.
Les histoires de cet auteur sont bien ficelées. Dessin et encrage très aboutis avec des décors très détaillés. Le début du deuxième cycle est vraiment prometteur avec une grande épopée à travers les montagnes...
Ca alors, un manga Batman, et de qualité qui plus est. Mais est-ce vraiment une surprise, quand l’auteur avoue dans l’interview présente en fin de bouquin que Rire et Mourir, Dark Knight ou encore Un long Halloween font partie de ses histoires de Batman préférées ?… Monsieur a bon goût :)
Le scénario est suffisamment captivant, complexe et bien construit pour garder le lecteur en haleine, même si quelques longueurs se font sentir (notamment lors du duel final). Tous les thèmes propres à Batman sont présents (réflexion sur la justice, sur le crime…) et il est intéressant de les voir traités par un mangaka (non, on n’échappe pas aux gouttes de sueur sur le front ou aux dialogues parfois un peu grandiloquents).
Le dessin n’est pas fantastique, on est loin du niveau de détail de Otomo (Akira) ou du dynamisme de Tetsuya Tsutsui (Duds Hunt, Manhole, Reset), mais il sert bien l’action, dans un style très différent des versions américaines (on est loin du style de Tim Sale et de son magnifique travail sur Un Long Halloween).
Un bon Batman, pas le meilleur, mais suffisamment intéressant pour que tout fan se donne la peine de s’y intéresser. Moi, je suis bien content de l’avoir dans ma collection :)
Panier de singe est une bd inclassable, une oeuvre qui repousse les limites du neuvième art. Les très originaux auteurs ont su, par l'intermédiaire de plusieurs courts récits, créer une ambiance particulièrement... bizarre. A l'issue de la lecture, on ne sait pas trop quoi en penser ; certains crieront au génie, argumentant sur la structure même de l'album, d'autres pourront dire que c'est un grand n'importe quoi... En tout cas, le livre ne laisse pas indifférent et, à l'instar de films de certains réalisateurs qui exploitent d'autres pistes de travail que les bons vieux codes du cinéma traditionnel, la bd fait parler d'elle de part son côté unique en son genre.
Cette oeuvre est donc très intéressante dans la mesure où l'on se range d'un côté, on aime ou on déteste, mais on choisit d'apprécier ou pas l'humour plus que noir, les dialogues crus et le dessin quasi expérimental. Et puis, finalement n’est-ce pas le but de toute création artistique que de dérouter le spectateur ? De lui demander de faire un effort pour pénétrer dans son univers ? De l'aduler ou de la haïr ? Moi j'ai fait mon choix : c'est nouveau, fort et donc très bon. Peut-être un futur classique du genre ? (Mais de quel genre ?) Comme vous pouvez le voir, l'album suscite moultes interrogations...
Très belle série ayant pour cadre le Moyen-Âge, elle possède une documentation séduisante sur les cathares et se révèle d'une très grande richesse.
La galerie de personnages est variée, on y trouve notamment des rôles de femmes fortes, ainsi que toutes sortes de caractères car le scénariste sait créer des personnalités fouillées et intéressantes. Les intrigues sont bien bâties et variées, basée de façon très rigoureuse sur la réalité.
Le dessin est lui-même documenté, très réaliste et recherché. Les deux premiers tomes ont un trait un peu raide, mais il s'améliore nettement et il se montre plein de vigueur pour illustrer des histoires pleines de bruits et de fureurs menées de main de maître sans temps morts. Comme le texte, le graphisme est suffisamment personnel pour éviter une impression de déjà vu et donne une oeuvre de grande qualité.
Un clin d'oeil prouve sur cette série l'influence des "Tours de Bois-Maury", mais le travail de Jarbinet ne se hisse pas au niveau de son modèle pour ce qui est des dialogues, un peu classiques peut-être.
Détail mineur au vu des qualités de ces "Mémoires de cendres", série à découvrir qui respecte un certain classisme conjugué au caractère du travail de Jarbinet qui s'affirme ici. Bref, du beau travail.
Le troisième testament est un texte qui contient la parole de Dieu. Quoi d'extraordinaire me direz-vous ? C'est vrai on a la bible, etc. Et bien cette parole n'est pas comme dans les autres textes religieux. Ici, ce n'est pas l'homme qui l'a interprétée. Elle est retranscrite directement !! On comprend dès lors que de nombreux hommes soient prêts à tuer pour l'obtenir. Elle contient la vérité du monde tout simplement !
Dorison est visiblement un très bon scénariste. Il présente son sujet en distillant petit à petit la solution des énigmes qu'il pose en chemin. Nous suivons deux personnages principaux : Elizabeth d'Elsenor (s'il vous plaît madame puis-je embrasser votre grain de beauté sur le sein droit ??? :D ) et Conrad de Marbourg grand inquisiteur déchu qui a combattu le malin toute sa vie. Ils suivent les traces du troisième testament et tente tant bien que mal d'échapper aux templiers et aux hordes des guerriers corbeaux de Sayn (je doute sur l'orthographe). Je tiens d'ailleurs à dire que les guerriers corbeaux sont très réussis. Ils ont tout : le charisme, le look, la puissance et une touche de fantastique qui les rend tellement plus terrifiants que des combattants conventionnels.
Le récit tourne autour du troisième testament. C'est une histoire qui ressemble à celle du Da Vinci Code pour ce qui est de la vérité mystique ignorée de tous que seul une poignée d'initiés tente de retrouver. J'aime d'ailleurs beaucoup ces scénarii qui nous présente l'histoire autrement. Tout ça pourrait être vrai se prend-t-on à penser !! En tout cas moi ça me fait réfléchir et rêver.
Le dessin est très bon. Le trait est fin et retranscrit parfaitement l'ambiance du récit. Les couleurs sont très sombres avec une grande dominance de gris et de noir ce qui colle bien à l'atmosphère médiévale fantastique. Le découpage des planches est intéressant et plutôt varié dans l'ensemble.
Petit bémol : les deux premiers albums sont incroyables. Un 5/5 absolu ! Les deux suivants sont moins rythmés. J'ai l'impression que l'histoire ralentit un peu. De plus la fin est un peu abrupte bien que de qualité.
En résumé une excellente BD qui mérite sans hésitation l'achat. Je vous conseille d'ailleurs le coffret qui contient quelques ex libris fort sympathiques.
Après avoir (re)découvert en noir et blanc l'univers de Spirou et Fantasio grâce aux premiers tomes des éditions Niffle, l'envie m'est venue de me replonger dans l'univers burlesque de ces deux héros. L'évolution des personnages et des intrigues se fait bien sentir au fil des scénaristes et/ou dessinateurs. Tout n'est bien entendu pas du même niveau et n'est donc pas forcément bon à posséder (les quelques albums de Cauvin & Nick ayant le moins de charme, les albums de Tome & Janry étant très portés sur l'action), mais dans l'ensemble, ces histoires pleines d'aventures et de rebondissements loufoques vous entraînement assez facilement hors du morne quotidien.
Notes par série :
Franquin : 4/5
Fournier : 3.5/5
Cauvin & Nick : 2.5/5
Tome & Janry : 4.5/5
Morvan & Munurea : 4/5
Spirou et Fantasio est une série qui cherche à se renouveler sans cesse, de manière plus ou moins subtile. L'esprit de Franquin n'ayant jamais réussi à disparaître totalement, on reste finalement tout de même attaché à ces héros, malgré les années qui passent.
J'ai mis « achat conseillé » mais je préviens d'emblé que juste le tome 1 et 4, 5 sont suffisants.
L'idée est originale et intéressante. Les dragons déforment ceux qui les entourent à l'exception des vierges. Un ordre de chevalier composé de femmes vierges et entraînées a donc été crée afin de tuer ces dragons.
Le scénariste aurait pu en faire une grande histoire mais il a préféré faire des "one shots". Pas de problèmes sur le découpage mais répéter 3 fois la même histoire (tome 1, 2 et 3) ça devient lassant. L'univers est plaisant et il aurait été possible de faire pleins d'autres choses avec.
Cependant les histoires sont agréables et se dévorent très vite.
Coté dessins ont a le droit aux courbes des filles soleil très largement inspirées par les comics américain. Personnellement j'adore.
A l’annonce d’une série parallèle sur le reste de la famille Sambre, j’avoue avoir eu un peu peur… Peur parce que ces volumes allaient être dessinés par d’autres dessinateurs, peur parce qu’il existe une loi générale en bd qui se vérifie quasiment à chaque fois : les séries parallèles sont moins intéressantes que celles d’origine.
La lecture de ce premier tome de la Guerre des Sambre dissipe une partie de ces craintes. Tout d’abord, au niveau du dessin, Yslaire semble avoir plutôt bien choisi ses collaborateurs. Bastide et Mezil s’inscrivent clairement dans la veine d’Yslaire sans tomber dans l’imitation pure ou la caricature.
D’autre part, l’histoire ne manque pas d’intérêt, l’axe résolument romantique est respecté. J’avoue quand même me poser encore quelques questions sur l’utilité d’aller éclairer l’histoire de Hugo Sambre. Dans la série initiale, l’histoire du père Sambre reste bien énigmatique, et cette énigme, à la frontière du fantastique est un des moteurs de l’intrigue de la série initiale. Son caractère ésotérique est assez plaisant et il ne faudrait pas que cette deuxième série vienne éclairer de manière trop rationnelle la chose… ou qu’elle surcharge inutilement un mystère sans fond véritable.
Une chose me parait amusante, après avoir déliré sur les révolutions françaises, Yslaire jette des ponts ici avec les symboles de la révolution belge… et fait allusion à la pièce (La muette de Portici) qui déclencha le début des hostilité dans la Belgique naissante. Le risque est que si les lecteurs français d’Yslaire étaient familiers avec le tableau de Delacroix auquel il faisait référence dans la série Sambre, je doute qu’ils soient aussi familiers avec les symboles de l’histoire belge, que même les Belges d'ailleurs, connaissent souvent mal...
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C'est vrai que c'est un peu chérot pour le temps de lecture. Mais quel joli objet, notamment au niveau de l'édition! Je ne suis pas du tout déçu de mon achat. Voici un type d'oeuvre qui ne pourrait pas exister sur un autre support que la bd. Le dessin de Larcenet est assez épuré et très complexe à la fois, les attitudes des chiens en général parfaitement décrites, avec l'humour comme fil conducteur de l'oeuvre. Bon, je ne vais pas crier au génie et attribuer 5/5, ce serait un peu exagéré, mais il s'agit vraiment d'une petite prouesse, une démonstration de bd.
Big Foot
Lorsque l'on parle d'auteurs que l'on adore, on est forcément moins objectif. C'est un fait. Et Nicolas Dumontheuil fait partie de cela. Tout comme De Crecy, Baudouin et bien d'autres, il a son univers, sa patte, celle que l'on reconnaît immédiatement. Donc, en achetant le dernier album de Dumontheuil, je me suis dit que j'allais une nouvelle fois passer un agréable moment. Et bien, le moins que l'on puisse dire c'est que j'ai effectivement passé un moment délicieux. L'auteur abandonne un tout petit peu son registre de prédilection, celui de l'absurde (enfin pas tellement au final), pour créer un western bien structuré ou les personnages, en plus d'être très drôles sont terriblement attachants. L'album construit avec plusieurs chapitres de trois ou quatre pages, raconte l'histoire farfelue de deux cow-boys engagés pour retrouver la soeur dune indienne au charme ravageur. Simple mission pour ces deux as de la gâchette sauf que nos deux héros vont rencontrer un problème de poids: le big foot. En plus, Ned, l'hyper sensible, n'arrive plus à tuer et se retrouve un p'pa qui a la malédiction du braquemard... Bref, si l'on aime quand les albums de Dumontheuil partent dans tous les sens pour finalement en donner un cohérent, on apprécie aussi cette bd pleine de sensibilité, d'humour et d'aventures. J'attends le deuxième volume pour, j'espère classer cette série dans la catégorie culte.
Okko
Cette série est assez particulière, combinant adroitement le Japon médiéval et le fantastique. Les histoires de cet auteur sont bien ficelées. Dessin et encrage très aboutis avec des décors très détaillés. Le début du deuxième cycle est vraiment prometteur avec une grande épopée à travers les montagnes...
Batman - L'enfant des rêves
Ca alors, un manga Batman, et de qualité qui plus est. Mais est-ce vraiment une surprise, quand l’auteur avoue dans l’interview présente en fin de bouquin que Rire et Mourir, Dark Knight ou encore Un long Halloween font partie de ses histoires de Batman préférées ?… Monsieur a bon goût :) Le scénario est suffisamment captivant, complexe et bien construit pour garder le lecteur en haleine, même si quelques longueurs se font sentir (notamment lors du duel final). Tous les thèmes propres à Batman sont présents (réflexion sur la justice, sur le crime…) et il est intéressant de les voir traités par un mangaka (non, on n’échappe pas aux gouttes de sueur sur le front ou aux dialogues parfois un peu grandiloquents). Le dessin n’est pas fantastique, on est loin du niveau de détail de Otomo (Akira) ou du dynamisme de Tetsuya Tsutsui (Duds Hunt, Manhole, Reset), mais il sert bien l’action, dans un style très différent des versions américaines (on est loin du style de Tim Sale et de son magnifique travail sur Un Long Halloween). Un bon Batman, pas le meilleur, mais suffisamment intéressant pour que tout fan se donne la peine de s’y intéresser. Moi, je suis bien content de l’avoir dans ma collection :)
Panier de singe
Panier de singe est une bd inclassable, une oeuvre qui repousse les limites du neuvième art. Les très originaux auteurs ont su, par l'intermédiaire de plusieurs courts récits, créer une ambiance particulièrement... bizarre. A l'issue de la lecture, on ne sait pas trop quoi en penser ; certains crieront au génie, argumentant sur la structure même de l'album, d'autres pourront dire que c'est un grand n'importe quoi... En tout cas, le livre ne laisse pas indifférent et, à l'instar de films de certains réalisateurs qui exploitent d'autres pistes de travail que les bons vieux codes du cinéma traditionnel, la bd fait parler d'elle de part son côté unique en son genre. Cette oeuvre est donc très intéressante dans la mesure où l'on se range d'un côté, on aime ou on déteste, mais on choisit d'apprécier ou pas l'humour plus que noir, les dialogues crus et le dessin quasi expérimental. Et puis, finalement n’est-ce pas le but de toute création artistique que de dérouter le spectateur ? De lui demander de faire un effort pour pénétrer dans son univers ? De l'aduler ou de la haïr ? Moi j'ai fait mon choix : c'est nouveau, fort et donc très bon. Peut-être un futur classique du genre ? (Mais de quel genre ?) Comme vous pouvez le voir, l'album suscite moultes interrogations...
Mémoire de cendres
Très belle série ayant pour cadre le Moyen-Âge, elle possède une documentation séduisante sur les cathares et se révèle d'une très grande richesse. La galerie de personnages est variée, on y trouve notamment des rôles de femmes fortes, ainsi que toutes sortes de caractères car le scénariste sait créer des personnalités fouillées et intéressantes. Les intrigues sont bien bâties et variées, basée de façon très rigoureuse sur la réalité. Le dessin est lui-même documenté, très réaliste et recherché. Les deux premiers tomes ont un trait un peu raide, mais il s'améliore nettement et il se montre plein de vigueur pour illustrer des histoires pleines de bruits et de fureurs menées de main de maître sans temps morts. Comme le texte, le graphisme est suffisamment personnel pour éviter une impression de déjà vu et donne une oeuvre de grande qualité. Un clin d'oeil prouve sur cette série l'influence des "Tours de Bois-Maury", mais le travail de Jarbinet ne se hisse pas au niveau de son modèle pour ce qui est des dialogues, un peu classiques peut-être. Détail mineur au vu des qualités de ces "Mémoires de cendres", série à découvrir qui respecte un certain classisme conjugué au caractère du travail de Jarbinet qui s'affirme ici. Bref, du beau travail.
Le Troisième Testament
Le troisième testament est un texte qui contient la parole de Dieu. Quoi d'extraordinaire me direz-vous ? C'est vrai on a la bible, etc. Et bien cette parole n'est pas comme dans les autres textes religieux. Ici, ce n'est pas l'homme qui l'a interprétée. Elle est retranscrite directement !! On comprend dès lors que de nombreux hommes soient prêts à tuer pour l'obtenir. Elle contient la vérité du monde tout simplement ! Dorison est visiblement un très bon scénariste. Il présente son sujet en distillant petit à petit la solution des énigmes qu'il pose en chemin. Nous suivons deux personnages principaux : Elizabeth d'Elsenor (s'il vous plaît madame puis-je embrasser votre grain de beauté sur le sein droit ??? :D ) et Conrad de Marbourg grand inquisiteur déchu qui a combattu le malin toute sa vie. Ils suivent les traces du troisième testament et tente tant bien que mal d'échapper aux templiers et aux hordes des guerriers corbeaux de Sayn (je doute sur l'orthographe). Je tiens d'ailleurs à dire que les guerriers corbeaux sont très réussis. Ils ont tout : le charisme, le look, la puissance et une touche de fantastique qui les rend tellement plus terrifiants que des combattants conventionnels. Le récit tourne autour du troisième testament. C'est une histoire qui ressemble à celle du Da Vinci Code pour ce qui est de la vérité mystique ignorée de tous que seul une poignée d'initiés tente de retrouver. J'aime d'ailleurs beaucoup ces scénarii qui nous présente l'histoire autrement. Tout ça pourrait être vrai se prend-t-on à penser !! En tout cas moi ça me fait réfléchir et rêver. Le dessin est très bon. Le trait est fin et retranscrit parfaitement l'ambiance du récit. Les couleurs sont très sombres avec une grande dominance de gris et de noir ce qui colle bien à l'atmosphère médiévale fantastique. Le découpage des planches est intéressant et plutôt varié dans l'ensemble. Petit bémol : les deux premiers albums sont incroyables. Un 5/5 absolu ! Les deux suivants sont moins rythmés. J'ai l'impression que l'histoire ralentit un peu. De plus la fin est un peu abrupte bien que de qualité. En résumé une excellente BD qui mérite sans hésitation l'achat. Je vous conseille d'ailleurs le coffret qui contient quelques ex libris fort sympathiques.
Spirou et Fantasio
Après avoir (re)découvert en noir et blanc l'univers de Spirou et Fantasio grâce aux premiers tomes des éditions Niffle, l'envie m'est venue de me replonger dans l'univers burlesque de ces deux héros. L'évolution des personnages et des intrigues se fait bien sentir au fil des scénaristes et/ou dessinateurs. Tout n'est bien entendu pas du même niveau et n'est donc pas forcément bon à posséder (les quelques albums de Cauvin & Nick ayant le moins de charme, les albums de Tome & Janry étant très portés sur l'action), mais dans l'ensemble, ces histoires pleines d'aventures et de rebondissements loufoques vous entraînement assez facilement hors du morne quotidien. Notes par série : Franquin : 4/5 Fournier : 3.5/5 Cauvin & Nick : 2.5/5 Tome & Janry : 4.5/5 Morvan & Munurea : 4/5 Spirou et Fantasio est une série qui cherche à se renouveler sans cesse, de manière plus ou moins subtile. L'esprit de Franquin n'ayant jamais réussi à disparaître totalement, on reste finalement tout de même attaché à ces héros, malgré les années qui passent.
La Geste des Chevaliers Dragons
J'ai mis « achat conseillé » mais je préviens d'emblé que juste le tome 1 et 4, 5 sont suffisants. L'idée est originale et intéressante. Les dragons déforment ceux qui les entourent à l'exception des vierges. Un ordre de chevalier composé de femmes vierges et entraînées a donc été crée afin de tuer ces dragons. Le scénariste aurait pu en faire une grande histoire mais il a préféré faire des "one shots". Pas de problèmes sur le découpage mais répéter 3 fois la même histoire (tome 1, 2 et 3) ça devient lassant. L'univers est plaisant et il aurait été possible de faire pleins d'autres choses avec. Cependant les histoires sont agréables et se dévorent très vite. Coté dessins ont a le droit aux courbes des filles soleil très largement inspirées par les comics américain. Personnellement j'adore.
La Guerre des Sambre - Hugo & Iris
A l’annonce d’une série parallèle sur le reste de la famille Sambre, j’avoue avoir eu un peu peur… Peur parce que ces volumes allaient être dessinés par d’autres dessinateurs, peur parce qu’il existe une loi générale en bd qui se vérifie quasiment à chaque fois : les séries parallèles sont moins intéressantes que celles d’origine. La lecture de ce premier tome de la Guerre des Sambre dissipe une partie de ces craintes. Tout d’abord, au niveau du dessin, Yslaire semble avoir plutôt bien choisi ses collaborateurs. Bastide et Mezil s’inscrivent clairement dans la veine d’Yslaire sans tomber dans l’imitation pure ou la caricature. D’autre part, l’histoire ne manque pas d’intérêt, l’axe résolument romantique est respecté. J’avoue quand même me poser encore quelques questions sur l’utilité d’aller éclairer l’histoire de Hugo Sambre. Dans la série initiale, l’histoire du père Sambre reste bien énigmatique, et cette énigme, à la frontière du fantastique est un des moteurs de l’intrigue de la série initiale. Son caractère ésotérique est assez plaisant et il ne faudrait pas que cette deuxième série vienne éclairer de manière trop rationnelle la chose… ou qu’elle surcharge inutilement un mystère sans fond véritable. Une chose me parait amusante, après avoir déliré sur les révolutions françaises, Yslaire jette des ponts ici avec les symboles de la révolution belge… et fait allusion à la pièce (La muette de Portici) qui déclencha le début des hostilité dans la Belgique naissante. Le risque est que si les lecteurs français d’Yslaire étaient familiers avec le tableau de Delacroix auquel il faisait référence dans la série Sambre, je doute qu’ils soient aussi familiers avec les symboles de l’histoire belge, que même les Belges d'ailleurs, connaissent souvent mal...