Quel beau petit album !
J'étais passé à côté à l'époque de sa sortie, et pourtant je lisais tout ce que sortait Corbeyran, ou presque. D'ailleurs je pensais que c'était un récit pour gamins, et cela ne m'intéressait pas à l'époque. C'est sans compter sans la qualité de la collection Encrages, qui recèle quand même de belles perles. Et puis récemment j'ai lu et approuvé le tome 1 de Pest. J'ai donc eu envie de lire la première collaboration de l'un de mes scénaristes préférés avec celui qui semble un surdoué.
"Le Phalanstère du bout du monde" est un album sombre, autant dans son scénario que dans son dessin. Amaury Bouillez est pour moi au même niveau qu'Alfred à ses débuts, c'est à dire un auteur déjà très mature malgré son peu d'expérience, avec déjà un sens du cadrage, des ambiances et de l'architecture remarquable. Il n'y a pas ou peu de cases "ratées" dans cet album, c'est un véritable plaisir visuel, pour peu que l'on soit preneur de ce style il est vrai particulier.
A lire de toute façon.
Jazz Maynard est vraiment une bande dessinée étonnante.
On croit en effet pénétrer dans le monde du Jazz, ses sous-sols enfumés et ses musiciens allumés.
Que nenni ! Il s'agit bien là d'un polar pur et dur, malgré l'apparence posée mais trompeuse de la couverture.
Avec comme décors, Barcelone et New York, le lecteur est sans cesse désarçonné entre ses deux villes, entre les flash-back et entre les deux vies de Jazz Maynard. Le scénario est fort bien construit (malgré quelques raccords avec le passé assez difficiles à suivre) et surtout prenant.
On se prend vite de sympathie pour ce joueur de trompette qui sait bien cacher son jeu. Car cet homme tranquille, en apparence, est véritablement celui par qui le scandale arrive.
Une aventure sans temps mort, avec un dessin vif, qui ravira, je pense, les amateurs de bd et de polars. C'est violent, rapide, et sanglant bref c'est bien...
Une série en trois volumes à découvrir.
Mon coup de coeur du moment.
C'est pour le fun que j'ai lu cet album car je ne suis pas trop fan d'histoires de zombies et je ne m'attendais pas à une intrigue très intellectuelle dans un univers où tout le monde est transformé en bête sauvage anthropophage. C'est pour le fun car je voulais voir ce qu'allait donner Captain America, Spiderman, Iron-Man, les X-Men, Hulk et toute la clique Marvel transformés en zombies dans une histoire qui ne se prend pas au sérieux et joue la carte de l'action défoulatoire.
Et c'est vrai que c'est assez drôle. Drôle de voir les super-héros tous zombifiés papoter ensemble de qui ils vont bouffer maintenant et de faire des commentaires sur leurs chairs putréfiées et le fait qu'ils sentent leurs organes éclater mais que ça ne fait pas mal. Drôle de lire des dialogues comme "je refuse de te servir de nourriture. Et je suis très choqué que tu me demandes cela". Drôle de voir les super-héros se faire déchiqueter et perdre leurs membres sans s'en soucier. De voir tous les super-gentils se jeter sur Magnéto pour l'arracher en lambeaux et le bouffer tout entier. De voir les os de Wolverine s'arracher de son bras pourri quand il frappe trop fort le Silver Surfer...
Oui, car comme toutes les histoires de zombies, c'est gore, très gore. Alors si vous avez envie de voir le Crâne Rouge tripatouiller la cervelle de Captain America, la Panthère Noire porter sous son bras la tête encore vivante de La Guèpe, de voir le tibia de Magneto déchirer le ventre de Banner quand Hulk a trop mangé ou encore de voir Spiderman s'arracher son lambeau de jambe parce que bon perdue pour perdue autant se débarrasser de ce membre inutile, Marvel Zombies est pour vous.
Une lecture divertissante, défoulatoire et parfois bien bidonnante.
Mais ne cherchez vraiment pas de finesse, de réflexion intelligente voire même de cohérence parce que ce n'est vraiment qu'une lecture qui privilégie avant tout le fun bien bourrin.
La série Murena est vaste, elle est la peinture sanglante de la montée au pouvoir de l'empereur Néron et de sa future hégémonie sur son peuple. Comme beaucoup d'éléments ont été dits, il est difficile d'innover. Néanmoins, je pense que cette série est indispensable, et ce pour n'importe quel lecteur.
Premièrement parce qu'elle défit les lois de la fiction et s'inscrit avec brio dans l'histoire romaine. Ainsi, par cette toile de fond somptueuse et obscure de notre Histoire, nous pouvons constater l'ignominie de notre espèce et sa continuité. L'Histoire est un éternel recommencement, peut-être, mais ce qui est sûr c'est qu'il est primordial de comprendre le passé pour constater du présent.
La série Murena est plus qu'un simple résumé d'une histoire révolue, elle est un témoignage de notre humanité persistante. La bande dessinée devient ici un moyen parfait pour illustrer à une fin exceptionnelle, celle de la force d'une époque, qui coule encore le long du fleuve de notre existence.
J'ajouterai uniquement un bref commentaire sur le nouveau tome, "le sang des bêtes"
Il est clairement indispensable de rappeler le niveau talentueux des tomes précédents, cependant, il me semble intéressant de renouveler, ou de compléter, les avis sur cette série, une manière indubitable d'enrichir les différents aspects critiques et analytiques. Je dirais que ce sixième chapitre est une rupture dans la série, une clef de voûte entre les deux cycles. On ressent enfin la dimension du personnage, trop secondaire dans les tomes précédents de Murena. En effet, celui-ci va devoir quitter les tumultes de Rome pour rejoindre ceux de la Gaule pour prendre enfin sa réelle opacité. Il semblerait même que en une planche, Dufaux et Delaby nous font sentir ce passage, planche centrale de quatre vignettes parsemés de pont et de routes.
On a donc dans ce tome une nouvelle et agréable approche du personnage de Lucius Murena, il quitte son aspect débonnaire et passif, il entre dans un protagoniste singulier, qui acte. De plus, ce nouvel opus est le moyen d'affiner la dimension relationnelle des personnages, ceux-ci s'opposent et se rapprochent constamment, faisant naître par là même, des champs de vengeances où germent la haine et la jalousie. Un tome, donc, qui arrive incontestablement au bon moment dans la série, il vient enfin gonfler le galbe intérieur des personnages et mêmes des lieux (Rome devient vaste sous le dessin de Delaby, les cadres sont plus vastes et également les profondeurs de champs, ainsi, Rome semble plus élargie et menaçante).
La série prend un nouveau tournant, un virage attendu, qui annonce un chemin culte pour la suite…
Et si à force de passer notre vie devant un écran d’ordinateur, nous basculions dans un monde virtuel ? Un monde virtuel qui pourrait peut-être se confondre avec notre monde réel. Nous pourrions voir, approcher, parler avec des êtres, qui ne sont fait que de pixels, à n’importe quel endroit, n’importe quel moment et tout cela sans écrans LCD entre nous. Ce n’est peut-être pour demain pour nous lecteurs, mais pour Alvin Norge c’est déjà sa réalité.
Le scénario est particulièrement bien élaboré, avec surtout une grande cohérence entre les albums. J’aime beaucoup le trait précis du dessinateur et les modalisations 3D de certains personnages. Vivement l’album 6, le dernier ?
Très bonne série manga. Pourtant n'étant vraiment pas fan de ce style de dessin, ni d'histoire, celle ci m'a vraiment époustouflé par son intelligence et son suspens. L'histoire n'est pas du tout téléphonée, et des retournements de situations nous font voir que les scénaristes travaillent de manière intelligente et sérieuse.
Vraiment une très bonne bd, et a conseiller sans hésitation.
Cette nouvelle série de Glénat démarre sur les chapeaux de roues et tout va vraiment vite, un peu trop même.
Sur un scénario de Stalner et Boisserie, nous allons suivre une saga familiale dans le monde du cigare (Bill Clinton aimerait sûrement), digne des Maîtres de l'Orge dixit certains (Dès le premier opus, on sent poindre les démêlés familiaux issus de cette traversée fatale aux personnages principaux).
A mon goût, l'intrigue est trop rapide et, certainement, la situation voulue par les scénaristes, nous en savons trop ou pas assez sur les personnages principaux, à savoir Antoine Chatel pour la période contemporaine, et Castellano pour l'épisode au 19ème siècle.
Si cette double aventure entre passé et présent n'est certes pas nouvelle dans le monde de la bd (voir I.N.R.I, Le Triangle Secret), elle est parfaitement mise en relief par le dessin de Lambert et Stalner, dessin qui colle impeccablement au scénario.
Un dessin certes classique mais efficace, qui, époque oblige, n'est pas sans nous rappeler la formidable saga de Bourgeon, Les Passagers du vent (l'entrée dans la cale page 15 en est un parfait exemple).
Une série qui, par son rythme de parution (un album tous les 6 mois), est promise à un avenir prometteur.
Note : 3,5/5
Le courant intimiste prenant pour cadre la vie quotidienne est souvent visité depuis quelques années, de nombreux auteurs reconnus ont suivi cette vague, de nouveaux venus ont laissé éclater leur talent en exploitant cette voie.
Ce mouvement est aujourd'hui un genre à part entière à mes yeux (1).
J'ai abordé The Quitter avec circonspection, car si j'aime ce genre, je pensais benoîtement en avoir perçu la plupart des facettes... Quelle grossière erreur... Comme tout genre qui se respecte, il sait se renouveler, se laisser transcender, il suffit que les auteurs sachent se l'approprier avec talent.
Harvey Pekar, l'auteur de American Splendor (2) en a du talent, du courage aussi. Son histoire respire tant l'honnêteté qu'elle en devient parfois crue, Pekar se définit comme un dégonflé, un homme qui, depuis l'enfance, préfère fuir les difficultés plutôt que de les affronter. Un homme qui pour attirer l'attention sombre souvent dans la facilité et la violence... Combien sommes-nous à avoir agi de la sorte dans nos vies ? A avoir souvent préféré exutoire et échappatoire devant les obstacles de l'existence ?
The Quitter ne se limite pas à ces questions, finalement personnelles. The Quitter est aussi un livre remarquablement bien écrit, l'histoire est claire et plaisante, instructive sur certaines manières de vivre, révélatrices de moeurs des époques évoquées.
Et surtout, Pekar et Haspiel ne tombent jamais dans la complaisance, il n'y a aucune gratuité, tout est simple et intelligent, la lecture semble couler.
Les meilleures BD pour adultes n'exploitent pas forcément le sexe et la violence, The Quitter le démontre plutôt bien, et attention ! Ne vous attendez à un délire mou du genou, The Quitter est un choc, une bombe.
Les dessins d'Haspiel sont excellents. Si on est loin du réalisme, les personnages ont littéralement l'air de prendre vie dans les cases, il y a du mouvement et de la force dans ces traits. Il faut voir le regard d'Harvey dans la dernière case, c'est beau à en pleurer...
J'ai adoré cette BD et son histoire toute en simplicité, je la conseille à tout le monde, à ceux qui lisent ces lignes, à mes amis, à mon frère, aux gens que je sais passionnés et même aux autres... Je la conseille particulièrement à ceux qui sont désintéressés par les comics, ceux qui pensent que les comics véhiculent bien trop souvent l'esprit d'une Amérique WASP et sont superficiels.
The Quitter est à lire.
JJJ
(1) J'entends par là une des orientations fortes du Roman graphique, que l'on peut qualifier de sous-genre.
(2) Inédite à ce jour en France, l'oeuvre a fait l'objet d'une adaptation cinématographique. Certains chapitres ont été illustrés par le légendaire Robert Crumb, ou encore Richard Corben, qui est à mes yeux l'un des plus grands dessinateurs de BD.
En tant que dessinateur de la série, je ne peux que la trouver bien mais je tenais à vous la faire découvrir pour que vous puissiez me donner votre avis.
Le style de dessin est semi réaliste à tendance réaliste, et il s'agit d'une transposition de la seconde guerre mondiale en médiéval fantastique.
Le premier cycle est en trois tomes et le tome 2 est fini et en cours de colorisation, quant au tome 3 il est en cours de réalisation, déjà 25 pages finies.
Découvert par hasard... comme quoi le hasard fait bien les choses !
Un dessin impeccable, l'utilisation des personnages animaux est une originalité bienvenue et l'intrigue est bien ficelée même si elle reste très classique...
Bref une BD à découvrir sans attendre !
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Le phalanstère du bout du monde
Quel beau petit album ! J'étais passé à côté à l'époque de sa sortie, et pourtant je lisais tout ce que sortait Corbeyran, ou presque. D'ailleurs je pensais que c'était un récit pour gamins, et cela ne m'intéressait pas à l'époque. C'est sans compter sans la qualité de la collection Encrages, qui recèle quand même de belles perles. Et puis récemment j'ai lu et approuvé le tome 1 de Pest. J'ai donc eu envie de lire la première collaboration de l'un de mes scénaristes préférés avec celui qui semble un surdoué. "Le Phalanstère du bout du monde" est un album sombre, autant dans son scénario que dans son dessin. Amaury Bouillez est pour moi au même niveau qu'Alfred à ses débuts, c'est à dire un auteur déjà très mature malgré son peu d'expérience, avec déjà un sens du cadrage, des ambiances et de l'architecture remarquable. Il n'y a pas ou peu de cases "ratées" dans cet album, c'est un véritable plaisir visuel, pour peu que l'on soit preneur de ce style il est vrai particulier. A lire de toute façon.
Jazz Maynard
Jazz Maynard est vraiment une bande dessinée étonnante. On croit en effet pénétrer dans le monde du Jazz, ses sous-sols enfumés et ses musiciens allumés. Que nenni ! Il s'agit bien là d'un polar pur et dur, malgré l'apparence posée mais trompeuse de la couverture. Avec comme décors, Barcelone et New York, le lecteur est sans cesse désarçonné entre ses deux villes, entre les flash-back et entre les deux vies de Jazz Maynard. Le scénario est fort bien construit (malgré quelques raccords avec le passé assez difficiles à suivre) et surtout prenant. On se prend vite de sympathie pour ce joueur de trompette qui sait bien cacher son jeu. Car cet homme tranquille, en apparence, est véritablement celui par qui le scandale arrive. Une aventure sans temps mort, avec un dessin vif, qui ravira, je pense, les amateurs de bd et de polars. C'est violent, rapide, et sanglant bref c'est bien... Une série en trois volumes à découvrir. Mon coup de coeur du moment.
Marvel zombies
C'est pour le fun que j'ai lu cet album car je ne suis pas trop fan d'histoires de zombies et je ne m'attendais pas à une intrigue très intellectuelle dans un univers où tout le monde est transformé en bête sauvage anthropophage. C'est pour le fun car je voulais voir ce qu'allait donner Captain America, Spiderman, Iron-Man, les X-Men, Hulk et toute la clique Marvel transformés en zombies dans une histoire qui ne se prend pas au sérieux et joue la carte de l'action défoulatoire. Et c'est vrai que c'est assez drôle. Drôle de voir les super-héros tous zombifiés papoter ensemble de qui ils vont bouffer maintenant et de faire des commentaires sur leurs chairs putréfiées et le fait qu'ils sentent leurs organes éclater mais que ça ne fait pas mal. Drôle de lire des dialogues comme "je refuse de te servir de nourriture. Et je suis très choqué que tu me demandes cela". Drôle de voir les super-héros se faire déchiqueter et perdre leurs membres sans s'en soucier. De voir tous les super-gentils se jeter sur Magnéto pour l'arracher en lambeaux et le bouffer tout entier. De voir les os de Wolverine s'arracher de son bras pourri quand il frappe trop fort le Silver Surfer... Oui, car comme toutes les histoires de zombies, c'est gore, très gore. Alors si vous avez envie de voir le Crâne Rouge tripatouiller la cervelle de Captain America, la Panthère Noire porter sous son bras la tête encore vivante de La Guèpe, de voir le tibia de Magneto déchirer le ventre de Banner quand Hulk a trop mangé ou encore de voir Spiderman s'arracher son lambeau de jambe parce que bon perdue pour perdue autant se débarrasser de ce membre inutile, Marvel Zombies est pour vous. Une lecture divertissante, défoulatoire et parfois bien bidonnante. Mais ne cherchez vraiment pas de finesse, de réflexion intelligente voire même de cohérence parce que ce n'est vraiment qu'une lecture qui privilégie avant tout le fun bien bourrin.
Murena
La série Murena est vaste, elle est la peinture sanglante de la montée au pouvoir de l'empereur Néron et de sa future hégémonie sur son peuple. Comme beaucoup d'éléments ont été dits, il est difficile d'innover. Néanmoins, je pense que cette série est indispensable, et ce pour n'importe quel lecteur. Premièrement parce qu'elle défit les lois de la fiction et s'inscrit avec brio dans l'histoire romaine. Ainsi, par cette toile de fond somptueuse et obscure de notre Histoire, nous pouvons constater l'ignominie de notre espèce et sa continuité. L'Histoire est un éternel recommencement, peut-être, mais ce qui est sûr c'est qu'il est primordial de comprendre le passé pour constater du présent. La série Murena est plus qu'un simple résumé d'une histoire révolue, elle est un témoignage de notre humanité persistante. La bande dessinée devient ici un moyen parfait pour illustrer à une fin exceptionnelle, celle de la force d'une époque, qui coule encore le long du fleuve de notre existence. J'ajouterai uniquement un bref commentaire sur le nouveau tome, "le sang des bêtes" Il est clairement indispensable de rappeler le niveau talentueux des tomes précédents, cependant, il me semble intéressant de renouveler, ou de compléter, les avis sur cette série, une manière indubitable d'enrichir les différents aspects critiques et analytiques. Je dirais que ce sixième chapitre est une rupture dans la série, une clef de voûte entre les deux cycles. On ressent enfin la dimension du personnage, trop secondaire dans les tomes précédents de Murena. En effet, celui-ci va devoir quitter les tumultes de Rome pour rejoindre ceux de la Gaule pour prendre enfin sa réelle opacité. Il semblerait même que en une planche, Dufaux et Delaby nous font sentir ce passage, planche centrale de quatre vignettes parsemés de pont et de routes. On a donc dans ce tome une nouvelle et agréable approche du personnage de Lucius Murena, il quitte son aspect débonnaire et passif, il entre dans un protagoniste singulier, qui acte. De plus, ce nouvel opus est le moyen d'affiner la dimension relationnelle des personnages, ceux-ci s'opposent et se rapprochent constamment, faisant naître par là même, des champs de vengeances où germent la haine et la jalousie. Un tome, donc, qui arrive incontestablement au bon moment dans la série, il vient enfin gonfler le galbe intérieur des personnages et mêmes des lieux (Rome devient vaste sous le dessin de Delaby, les cadres sont plus vastes et également les profondeurs de champs, ainsi, Rome semble plus élargie et menaçante). La série prend un nouveau tournant, un virage attendu, qui annonce un chemin culte pour la suite…
Alvin Norge
Et si à force de passer notre vie devant un écran d’ordinateur, nous basculions dans un monde virtuel ? Un monde virtuel qui pourrait peut-être se confondre avec notre monde réel. Nous pourrions voir, approcher, parler avec des êtres, qui ne sont fait que de pixels, à n’importe quel endroit, n’importe quel moment et tout cela sans écrans LCD entre nous. Ce n’est peut-être pour demain pour nous lecteurs, mais pour Alvin Norge c’est déjà sa réalité. Le scénario est particulièrement bien élaboré, avec surtout une grande cohérence entre les albums. J’aime beaucoup le trait précis du dessinateur et les modalisations 3D de certains personnages. Vivement l’album 6, le dernier ?
Death Note
Très bonne série manga. Pourtant n'étant vraiment pas fan de ce style de dessin, ni d'histoire, celle ci m'a vraiment époustouflé par son intelligence et son suspens. L'histoire n'est pas du tout téléphonée, et des retournements de situations nous font voir que les scénaristes travaillent de manière intelligente et sérieuse. Vraiment une très bonne bd, et a conseiller sans hésitation.
Flor de Luna
Cette nouvelle série de Glénat démarre sur les chapeaux de roues et tout va vraiment vite, un peu trop même. Sur un scénario de Stalner et Boisserie, nous allons suivre une saga familiale dans le monde du cigare (Bill Clinton aimerait sûrement), digne des Maîtres de l'Orge dixit certains (Dès le premier opus, on sent poindre les démêlés familiaux issus de cette traversée fatale aux personnages principaux). A mon goût, l'intrigue est trop rapide et, certainement, la situation voulue par les scénaristes, nous en savons trop ou pas assez sur les personnages principaux, à savoir Antoine Chatel pour la période contemporaine, et Castellano pour l'épisode au 19ème siècle. Si cette double aventure entre passé et présent n'est certes pas nouvelle dans le monde de la bd (voir I.N.R.I, Le Triangle Secret), elle est parfaitement mise en relief par le dessin de Lambert et Stalner, dessin qui colle impeccablement au scénario. Un dessin certes classique mais efficace, qui, époque oblige, n'est pas sans nous rappeler la formidable saga de Bourgeon, Les Passagers du vent (l'entrée dans la cale page 15 en est un parfait exemple). Une série qui, par son rythme de parution (un album tous les 6 mois), est promise à un avenir prometteur. Note : 3,5/5
The Quitter
Le courant intimiste prenant pour cadre la vie quotidienne est souvent visité depuis quelques années, de nombreux auteurs reconnus ont suivi cette vague, de nouveaux venus ont laissé éclater leur talent en exploitant cette voie. Ce mouvement est aujourd'hui un genre à part entière à mes yeux (1). J'ai abordé The Quitter avec circonspection, car si j'aime ce genre, je pensais benoîtement en avoir perçu la plupart des facettes... Quelle grossière erreur... Comme tout genre qui se respecte, il sait se renouveler, se laisser transcender, il suffit que les auteurs sachent se l'approprier avec talent. Harvey Pekar, l'auteur de American Splendor (2) en a du talent, du courage aussi. Son histoire respire tant l'honnêteté qu'elle en devient parfois crue, Pekar se définit comme un dégonflé, un homme qui, depuis l'enfance, préfère fuir les difficultés plutôt que de les affronter. Un homme qui pour attirer l'attention sombre souvent dans la facilité et la violence... Combien sommes-nous à avoir agi de la sorte dans nos vies ? A avoir souvent préféré exutoire et échappatoire devant les obstacles de l'existence ? The Quitter ne se limite pas à ces questions, finalement personnelles. The Quitter est aussi un livre remarquablement bien écrit, l'histoire est claire et plaisante, instructive sur certaines manières de vivre, révélatrices de moeurs des époques évoquées. Et surtout, Pekar et Haspiel ne tombent jamais dans la complaisance, il n'y a aucune gratuité, tout est simple et intelligent, la lecture semble couler. Les meilleures BD pour adultes n'exploitent pas forcément le sexe et la violence, The Quitter le démontre plutôt bien, et attention ! Ne vous attendez à un délire mou du genou, The Quitter est un choc, une bombe. Les dessins d'Haspiel sont excellents. Si on est loin du réalisme, les personnages ont littéralement l'air de prendre vie dans les cases, il y a du mouvement et de la force dans ces traits. Il faut voir le regard d'Harvey dans la dernière case, c'est beau à en pleurer... J'ai adoré cette BD et son histoire toute en simplicité, je la conseille à tout le monde, à ceux qui lisent ces lignes, à mes amis, à mon frère, aux gens que je sais passionnés et même aux autres... Je la conseille particulièrement à ceux qui sont désintéressés par les comics, ceux qui pensent que les comics véhiculent bien trop souvent l'esprit d'une Amérique WASP et sont superficiels. The Quitter est à lire. JJJ (1) J'entends par là une des orientations fortes du Roman graphique, que l'on peut qualifier de sous-genre. (2) Inédite à ce jour en France, l'oeuvre a fait l'objet d'une adaptation cinématographique. Certains chapitres ont été illustrés par le légendaire Robert Crumb, ou encore Richard Corben, qui est à mes yeux l'un des plus grands dessinateurs de BD.
Les Lames de Yulinn
En tant que dessinateur de la série, je ne peux que la trouver bien mais je tenais à vous la faire découvrir pour que vous puissiez me donner votre avis. Le style de dessin est semi réaliste à tendance réaliste, et il s'agit d'une transposition de la seconde guerre mondiale en médiéval fantastique. Le premier cycle est en trois tomes et le tome 2 est fini et en cours de colorisation, quant au tome 3 il est en cours de réalisation, déjà 25 pages finies.
Blacksad
Découvert par hasard... comme quoi le hasard fait bien les choses ! Un dessin impeccable, l'utilisation des personnages animaux est une originalité bienvenue et l'intrigue est bien ficelée même si elle reste très classique... Bref une BD à découvrir sans attendre !