Mémoire morte est, à mes yeux, l’œuvre la plus accessible de l’auteur. Les métaphores sont limpides et le scénario, malgré de savoureux et traditionnels accents d’absurdité, est d’une logique implacable. Dépeignant une cité fantasmatique infinie au décorum à mi-chemin entre Kafka et Orwell, il nous entraîne dans une alléchante parabole sociotechnologique. Assimilable à un immense réseau (les plans aériens nous dévoilent d’ailleurs un trompe-l'œil révélateur), la ville se comporte comme un système informationnel boulimique alimenté, bon gré, mal gré, par chacun de ses citoyens. Dépendants, incapables d’imaginer et privé de leur libre arbitre, ils se suffisent des déversements lénifiants du trop-plein de la « machine » pour régler facilement leurs problèmes existentiels ou plus prosaïques. Leur froide et sombre quiétude va vite être brisée par les apparitions arbitraires de murs qui, petit à petit, cloisonnent les rues et restreignent la liberté de mouvement jusqu’à l’immobilisme. Comme autant de symboles du dysfonctionnement de la communication, ces transformations urbaines s’accompagneront d’une épidémie d’amnésie chez la population et de la disparition progressive du langage. Paralysie physique, paralysie spirituelle. Firmin Houffe, le seul personnage qui affichera un semblant de volonté activiste (on pourrait même dire hacktiviste) dans une administration attentiste et fallacieuse, va incarner la dernière lueur d’espoir…
À l’ère contemporaine de l’électronique et de l’informatique où la célérité des ondes électromagnétiques dégomme les concepts d’espace et de temps, à l’heure des multimédias et d’un cyberespace dont les autoroutes de l’information nous abreuvent de leur flot incessant et immédiat, à l’orée du règne des télérencontres, de la télévente, du télétravail et bientôt du télétout, Marc Antoine Mathieu s’interroge et nous interpelle sur la dangerosité de cette interactivité devenue incontournable. Une amorce de réflexion talentueuse, quelque peu alarmiste, mais avant tout lucide : avant de fétichiser ce qui n’est encore qu’un outil et à l’aube d’une nouvelle réalité dont l’évolution reste conjecturale, il est urgent d’appréhender et d’apprivoiser le « monstre » avant qu’il nous dévore.
Sa vision réflexive évite le piège d’un abstrait trop rédhibitoire en se parant d’extravagance, d’onirisme et d’une beauté visuelle étourdissante (l’allégorie graphique finale est extraordinaire. Je vous invite à la découvrir). Plus je découvre le dessin de Marc Antoine Mathieu, plus je l’aime. Sa maîtrise de la lumière est exceptionnelle. Un clair-obscur qui sculpte littéralement les visages et surtout les architectures. Emprisonné dans un carcan d’horizontales et de verticales, étouffé par les foules ou pris de vertige devant la démesure de certains édifices, on éprouve entièrement toute l’oppression et l’angoisse que génèrent ses univers.
Une morale ? Bougez, rencontrez, parlez, écrivez, pensez ! 4,5/5
Franchement, j'adore cette série, d'abord parce que j'aime le football, mais je trouve que le foot 2 rue est encore mieux, les règles sont mieux...
Mais j'adore aussi les personnages, ils sont très bien dessinés et ont chacun un caractère différent que j'aime bien.
Je pense que le seul point noir au tableau est que ça manque un peu de texte, sinon je mettrais 5/5.
La meilleure série actuelle de Fluide Glacial ! Lorsque j'ai feuilleté le magazine à la bibliothèque, je suis tombé sur ça et je me suis dit 'Pas encore une Bd idiote sur un macho stéréotypé !'. Eh ben à la lecture, je me suis rendu compte que c'était plus complexe que ça !
Pascal Brutal est un personnage attachant qui peut faire preuve de sensibilité. On n'attend pas cela d'un personnage qui à l'air d'un gros macho ! Les histoires sont drôles, émouvantes et efficaces à chaque fois. Bon, il y a quelques histoires pas marrantes, mais elles sont très rares à mes yeux.
C'est même un coup de coeur !
C'est sur un salon que j'ai rencontré Laurent Libessart le dessinateur et que je me suis procuré son album atypique. On peut penser que cette maison d’édition ne propose que d’illustrer quelques pages de notre histoire de façon rigoureuse et scolaire !?
Mais le Casque d’Agris n’est pas du tout cela. C’est une belle aventure dans la lignée des Bois Maury, Shane, Légende ou Murena Très bien documentée et plaisante à lire.
Le graphisme et de très grande qualité la colorisation par Christophe Robakovski très réussi.
C’est un excellent album. Compliqué à se procurer je vous l’accorde mais mérite votre attention.
Laurent Libessart est un grand illustrateur et peut être destiné à une belle carrière. Ayant vu quelques planches du tome 2 : son trait s’affine encore, les détails sont impressionnants voir la bataille à paraître dans ce nouveau tome.
Pas facile de parler d’une bd quand on connaît (un peu) celui ou celle qui l’a faite.
Même quand on a aimé.
''Effleurés'', ce n’est pas une grosse baffe.
Non, c’est plus fin que ça.
Ce n’est pas la marque laissée par les doigts sur la peau de la joue.
Non, ça s’apparente plus à cette chaleur sous durale persistante, même une fois que la rougeur se soit estompée.
Isabelle Bauthian livre ici un scénario tout en finesse, nous proposant une histoire d’amour pas si éloignée des lieux communs, mais n’approchant jamais de près ou de loin les stéréotypes.
On croit en Fleur, en Christophe et leur histoire qui se construit au fil des pages, des situations et de leur découverte l’un de l’autre.
Ils s’apprivoisent, cherchant avec plus ou moins de succès à amener l’autre hors de son territoire et de ses habitudes.
Lui est « conventionnel » et surtout rassuré par ses habitudes de jeune cadre.
Elle vit sa vie au jour le jour, assumant pleinement ses idées et ses choix sans concession.
Il en ressort que le plus ouvert d’esprit des deux n’est pas forcement celui que l’on croit, que ces « efforts », ces excursions que l’on fait hors de ses frontières dans le territoire de l’autre par amour ne sont pas toujours gratuites, innocentes et sans risque.
On se laisse porter au fil des pages par cette tranche de vie et même si d’aucuns, comme je l’ai lu, considère que la conclusion de l’histoire est traitée rapidement, c’est à mon sens ce qui en fait sa force et sa justesse.
Au dessin, même si j’avoue ne pas avoir été complètement à l’aise avec son style au départ, Sylvain Limousi nous offre un dessin clair et original dans lequel j’ai fini par me fondre.
J’ai adoré le travail sur les couleurs et les lumières.
Le cadrage est habile. Les visages sont expressifs.
Graphiquement, je trouve que le dessin apporte une touche de naïveté à l’histoire.
Une naïveté nécessaire, inhérente à toute histoire d’amour pour qu’on y croie…
A lire donc.
J'ai découvert "V pour vendetta" par le Cinéma (merveilleuse Nathalie Portman...).
Ce film m'a enchanté. Je me suis donc dit que j'allais tenter l'expérience de l'oeuvre originale.
Et cela malgré le graphisme que je n'apprécie pas du tout (il me fait penser à Pichard --Paulette--) et surtout une colorisation blafarde et parfaitement inutile car le N&B aurait sans doute rendu un meilleur hommage aux dessins.
Finalement, ce graphisme particulier (sans "trait" apparent) je m'y suis fait. Mais pas à la couleur qui m'a continuellement gâché du plaisir...
J'ai retrouvé la même histoire bien sûr entre les 2 supports, mais pas les mêmes sensations.
J'avais trouvé le film emmené, sans longueur, un peu dense par moment et surtout assez lisse et magnifique, envoutant par ses images comme ses dialogues. J'ai envie de dire que j'ai trouvé tout le contraire dans le Comics. Un rythme lent mais inexorable, une profondeur plus importante et une lecture plus grande, amenant plus de réflexions mais un décorum moins attrayant, tant graphiquement que du point de vue du pessimisme général ou des dialogues.
Au final je trouve les 2 supports complémentaires tant ils racontent de façon différente une même histoire.
cette bd au découpage original en adéquation avec l'anarchie amenée par les chaos Riders menés par Ratko Jungic las de la décadence de l'univers utopique virtuel qu'il a crée via son IA nommée Cherry Red (représentée par la fille violée sur certaines planches) pour laquelle il porte une réelle affection.
On suit le récit de leurs aventures a postériori via une protagoniste de l'époque, Aminata Sari, qui assurait la sécurité sur ghostown city (la cité virtuelle) à l'époque des faits.
Vu la qualité du dessin et le temps qu'il faut pour réaliser des planches de cette qualité ça mérite le coup d’œil attentif.
Quant à savoir si la suite sortira un jour je ne sais pas et si quelqu'un avait des informations précises je suis preneur.
Dans la culture du Comic Book, on peut, en simplifiant, définir le superhéros comme l’incarnation fantasmatique de ce qu’il existe de meilleur chez l’Homme (une perspective assez naïve et superficielle j’en conviens). Droiture, bravoure, intelligence, abnégation, tolérance (et j’en passe), une surenchère de qualités et de valeurs nobles au service d’un altruisme sans faille. Hervé Bourhis propose une vision du mythe un peu plus dissonante et irrespectueuse. Un hommage en croc-en-jambe qui affiche les faux airs burlesques d’une parodie, mais lorgne également du côté de la satire sociologique.
Si son Comix Remix utilise bien une thématique Marvelienne, ses héros, en revanche, ne sont plus tout à fait de bons gars. Starifiés, mercantiles et arrogants, violents et égocentriques, ils prônent même le culte très aryen de la pureté physique. Sous le motif du maintien de l’ordre, ils outrepassent régulièrement leurs prérogatives, main (super) armée d’une « Corporation » qui dérive et laisse apparaître ses appétits de pouvoir derrière des doctrines fascisantes. Cette scénographie malsaine et angoissante exacerbe un anthropomorphisme révélateur (la nature humaine ne s’identifie que mieux quand elle s’expose sous ses plus mauvais atours) qui permet à l’auteur de pointer nos défauts avec intelligence. Plutôt que de les mettre en exergue, il extrapole sur leurs éventuelles conséquences en livrant une autopsie acerbe, mais lucide, de la politique et des problèmes de notre société « moderne ».
Bien qu’engagée, l’intrigue demeure très fictionnelle et divertissante. Dotée d’un vrai fil narratif, elle se révèle captivante (avec tout de même quelques variations dans l’intensité) et se pare d’une tonalité humoristique souvent grinçante et décalée. Bestiaire des « clandestins » savoureux (qui n’est pas sans évoquer Donjon par sa fraîcheur), bons mots, premiers degrés hilarants, clins d’œil malicieux à l’actualité du moment, alternance de références cinématographiques, littéraires ou encore historiques sont autant de récréations spirituelles qui engagent un détachement essentiel avec le propos noir et sérieux. Le style graphique, spontané et faussement brouillon, concourt à cette distanciation. Déconcertant au premier abord, il remplit à merveille son simple rôle de conteur de l’histoire, lui procurant au passage tout le dynamisme nécessaire. Un aspect jeté, nerveux et percutant, aux antipodes du réalisme, qui évite les écueils d’une emphase et d’une apathie rédhibitoires. Et si, par moments, il lui arrive de manquer de clarté, finalement, on s’adapte puis on l’apprécie très vite.
Le coup de fouet au genre d’une série originale, riche et bien équilibrée qui oscille entre plaisir, émotion et réflexion.
... ou les aventures du papi de Ken le survivant (que j'aime beaucoup). Bien évidemment, il est invincible et encore plus fort que son petit-fils du futur. Les premiers tomes sont parfaitement crétins (on voit que le scénariste de la série originelle n'est là qu'en "consultant") : malgré un dessin exceptionnellement beau (surtout quand on sait que Tetsuo Hara a une maladie de la cornée et n'y voit que d'un seul oeil), l'humour est vaseux, et les histoires pas vraiment à la hauteur de la première série.
Et puis, vers le tome 8, il se passe un truc, et là on retombe dans le vrai Ken : baston et émotions à fond, en même temps. Le scénariste a du revenir de vacances. C'est bien fichu, à la fois très dur, très sensible, et particulièrement gore.
Je me suis toujours refusé de suivre cette série jusqu'à présent, à cause des premiers tomes, mais la deuxième partie de la série vaut vraiment le détour.
Tomes 1 à 8 : entre 1/5 et 2/5
À partir du tome 8 : un bon 4/5 avec des pointes à 5/5 par moment.
Note globale jusqu'au tome 16 : entre 3,5/5 et 4/5
Enorme cette série.
Ne pas cherchez ailleurs, tout y est : dessin et scénario. Un ensemble si cohérent est difficile à trouver de nos jours et encore plus dans les séries à rallonge… tant d’ingéniosité, de poésie, de drôlerie, de jeux de mots, de trouvailles… pour avoir lu quasiment en même temps Cyrano de Bergerac (très bonne pièce de théâtre) cette série est un vibrant hommage à la littérature de cette époque. Les tomes se tiennent tous sans temps mort, sans baisse de régime. Beaucoup de références ponctuent De cape et de crocs, ce qui fait qu’une relecture est souvent nécessaire pour appréhender tous les aspects.
Une bande dessinée de qualité avec énormément de risques pris de la part des deux auteurs. L’idée de départ et sa réalisation n’est pas si évident qu’il n’y paraît : mettre 2 animaux (bientôt suivi d’autres) au 18e siècle, les faire partir à une chasse au trésor puis faites les atterrir sur la lune… hum... eh bien, présentez-vous avec ce dossier, je ne suis pas certain que vous serez publié ! Mais le résultat est simplement une pure merveille ! En plus la série bénéficie d’une faible concurrence. Eh oui, peu de bandes dessinées (et ce serait difficile) ont une même approche de la loufoquerie et une ambiance si particulière.
La multitude de personnages sont tous aussi bien construits les uns que les autres, extrêmement attachants et avec une psychologie bien déterminée.
On sourit, on se passionne, on suit avec avidité, on s’impatiente,… voilà ma lecture… (vous imaginez mon état à la fin). On passe un moment saisissant.
A recommander chaudement autour de vous. Dommage que la fin de la série soit relativement répétitive et un poil en dessous.
Le commentaire tient en UN seul mot : GéNiAl.
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Mémoire morte
Mémoire morte est, à mes yeux, l’œuvre la plus accessible de l’auteur. Les métaphores sont limpides et le scénario, malgré de savoureux et traditionnels accents d’absurdité, est d’une logique implacable. Dépeignant une cité fantasmatique infinie au décorum à mi-chemin entre Kafka et Orwell, il nous entraîne dans une alléchante parabole sociotechnologique. Assimilable à un immense réseau (les plans aériens nous dévoilent d’ailleurs un trompe-l'œil révélateur), la ville se comporte comme un système informationnel boulimique alimenté, bon gré, mal gré, par chacun de ses citoyens. Dépendants, incapables d’imaginer et privé de leur libre arbitre, ils se suffisent des déversements lénifiants du trop-plein de la « machine » pour régler facilement leurs problèmes existentiels ou plus prosaïques. Leur froide et sombre quiétude va vite être brisée par les apparitions arbitraires de murs qui, petit à petit, cloisonnent les rues et restreignent la liberté de mouvement jusqu’à l’immobilisme. Comme autant de symboles du dysfonctionnement de la communication, ces transformations urbaines s’accompagneront d’une épidémie d’amnésie chez la population et de la disparition progressive du langage. Paralysie physique, paralysie spirituelle. Firmin Houffe, le seul personnage qui affichera un semblant de volonté activiste (on pourrait même dire hacktiviste) dans une administration attentiste et fallacieuse, va incarner la dernière lueur d’espoir… À l’ère contemporaine de l’électronique et de l’informatique où la célérité des ondes électromagnétiques dégomme les concepts d’espace et de temps, à l’heure des multimédias et d’un cyberespace dont les autoroutes de l’information nous abreuvent de leur flot incessant et immédiat, à l’orée du règne des télérencontres, de la télévente, du télétravail et bientôt du télétout, Marc Antoine Mathieu s’interroge et nous interpelle sur la dangerosité de cette interactivité devenue incontournable. Une amorce de réflexion talentueuse, quelque peu alarmiste, mais avant tout lucide : avant de fétichiser ce qui n’est encore qu’un outil et à l’aube d’une nouvelle réalité dont l’évolution reste conjecturale, il est urgent d’appréhender et d’apprivoiser le « monstre » avant qu’il nous dévore. Sa vision réflexive évite le piège d’un abstrait trop rédhibitoire en se parant d’extravagance, d’onirisme et d’une beauté visuelle étourdissante (l’allégorie graphique finale est extraordinaire. Je vous invite à la découvrir). Plus je découvre le dessin de Marc Antoine Mathieu, plus je l’aime. Sa maîtrise de la lumière est exceptionnelle. Un clair-obscur qui sculpte littéralement les visages et surtout les architectures. Emprisonné dans un carcan d’horizontales et de verticales, étouffé par les foules ou pris de vertige devant la démesure de certains édifices, on éprouve entièrement toute l’oppression et l’angoisse que génèrent ses univers. Une morale ? Bougez, rencontrez, parlez, écrivez, pensez ! 4,5/5
Foot 2 rue
Franchement, j'adore cette série, d'abord parce que j'aime le football, mais je trouve que le foot 2 rue est encore mieux, les règles sont mieux... Mais j'adore aussi les personnages, ils sont très bien dessinés et ont chacun un caractère différent que j'aime bien. Je pense que le seul point noir au tableau est que ça manque un peu de texte, sinon je mettrais 5/5.
Pascal Brutal
La meilleure série actuelle de Fluide Glacial ! Lorsque j'ai feuilleté le magazine à la bibliothèque, je suis tombé sur ça et je me suis dit 'Pas encore une Bd idiote sur un macho stéréotypé !'. Eh ben à la lecture, je me suis rendu compte que c'était plus complexe que ça ! Pascal Brutal est un personnage attachant qui peut faire preuve de sensibilité. On n'attend pas cela d'un personnage qui à l'air d'un gros macho ! Les histoires sont drôles, émouvantes et efficaces à chaque fois. Bon, il y a quelques histoires pas marrantes, mais elles sont très rares à mes yeux.
Le Casque d'Agris
C'est même un coup de coeur ! C'est sur un salon que j'ai rencontré Laurent Libessart le dessinateur et que je me suis procuré son album atypique. On peut penser que cette maison d’édition ne propose que d’illustrer quelques pages de notre histoire de façon rigoureuse et scolaire !? Mais le Casque d’Agris n’est pas du tout cela. C’est une belle aventure dans la lignée des Bois Maury, Shane, Légende ou Murena Très bien documentée et plaisante à lire. Le graphisme et de très grande qualité la colorisation par Christophe Robakovski très réussi. C’est un excellent album. Compliqué à se procurer je vous l’accorde mais mérite votre attention. Laurent Libessart est un grand illustrateur et peut être destiné à une belle carrière. Ayant vu quelques planches du tome 2 : son trait s’affine encore, les détails sont impressionnants voir la bataille à paraître dans ce nouveau tome.
Effleurés
Pas facile de parler d’une bd quand on connaît (un peu) celui ou celle qui l’a faite. Même quand on a aimé. ''Effleurés'', ce n’est pas une grosse baffe. Non, c’est plus fin que ça. Ce n’est pas la marque laissée par les doigts sur la peau de la joue. Non, ça s’apparente plus à cette chaleur sous durale persistante, même une fois que la rougeur se soit estompée. Isabelle Bauthian livre ici un scénario tout en finesse, nous proposant une histoire d’amour pas si éloignée des lieux communs, mais n’approchant jamais de près ou de loin les stéréotypes. On croit en Fleur, en Christophe et leur histoire qui se construit au fil des pages, des situations et de leur découverte l’un de l’autre. Ils s’apprivoisent, cherchant avec plus ou moins de succès à amener l’autre hors de son territoire et de ses habitudes. Lui est « conventionnel » et surtout rassuré par ses habitudes de jeune cadre. Elle vit sa vie au jour le jour, assumant pleinement ses idées et ses choix sans concession. Il en ressort que le plus ouvert d’esprit des deux n’est pas forcement celui que l’on croit, que ces « efforts », ces excursions que l’on fait hors de ses frontières dans le territoire de l’autre par amour ne sont pas toujours gratuites, innocentes et sans risque. On se laisse porter au fil des pages par cette tranche de vie et même si d’aucuns, comme je l’ai lu, considère que la conclusion de l’histoire est traitée rapidement, c’est à mon sens ce qui en fait sa force et sa justesse. Au dessin, même si j’avoue ne pas avoir été complètement à l’aise avec son style au départ, Sylvain Limousi nous offre un dessin clair et original dans lequel j’ai fini par me fondre. J’ai adoré le travail sur les couleurs et les lumières. Le cadrage est habile. Les visages sont expressifs. Graphiquement, je trouve que le dessin apporte une touche de naïveté à l’histoire. Une naïveté nécessaire, inhérente à toute histoire d’amour pour qu’on y croie… A lire donc.
V pour Vendetta
J'ai découvert "V pour vendetta" par le Cinéma (merveilleuse Nathalie Portman...). Ce film m'a enchanté. Je me suis donc dit que j'allais tenter l'expérience de l'oeuvre originale. Et cela malgré le graphisme que je n'apprécie pas du tout (il me fait penser à Pichard --Paulette--) et surtout une colorisation blafarde et parfaitement inutile car le N&B aurait sans doute rendu un meilleur hommage aux dessins. Finalement, ce graphisme particulier (sans "trait" apparent) je m'y suis fait. Mais pas à la couleur qui m'a continuellement gâché du plaisir... J'ai retrouvé la même histoire bien sûr entre les 2 supports, mais pas les mêmes sensations. J'avais trouvé le film emmené, sans longueur, un peu dense par moment et surtout assez lisse et magnifique, envoutant par ses images comme ses dialogues. J'ai envie de dire que j'ai trouvé tout le contraire dans le Comics. Un rythme lent mais inexorable, une profondeur plus importante et une lecture plus grande, amenant plus de réflexions mais un décorum moins attrayant, tant graphiquement que du point de vue du pessimisme général ou des dialogues. Au final je trouve les 2 supports complémentaires tant ils racontent de façon différente une même histoire.
Ultima Parano
cette bd au découpage original en adéquation avec l'anarchie amenée par les chaos Riders menés par Ratko Jungic las de la décadence de l'univers utopique virtuel qu'il a crée via son IA nommée Cherry Red (représentée par la fille violée sur certaines planches) pour laquelle il porte une réelle affection. On suit le récit de leurs aventures a postériori via une protagoniste de l'époque, Aminata Sari, qui assurait la sécurité sur ghostown city (la cité virtuelle) à l'époque des faits. Vu la qualité du dessin et le temps qu'il faut pour réaliser des planches de cette qualité ça mérite le coup d’œil attentif. Quant à savoir si la suite sortira un jour je ne sais pas et si quelqu'un avait des informations précises je suis preneur.
Comix Remix
Dans la culture du Comic Book, on peut, en simplifiant, définir le superhéros comme l’incarnation fantasmatique de ce qu’il existe de meilleur chez l’Homme (une perspective assez naïve et superficielle j’en conviens). Droiture, bravoure, intelligence, abnégation, tolérance (et j’en passe), une surenchère de qualités et de valeurs nobles au service d’un altruisme sans faille. Hervé Bourhis propose une vision du mythe un peu plus dissonante et irrespectueuse. Un hommage en croc-en-jambe qui affiche les faux airs burlesques d’une parodie, mais lorgne également du côté de la satire sociologique. Si son Comix Remix utilise bien une thématique Marvelienne, ses héros, en revanche, ne sont plus tout à fait de bons gars. Starifiés, mercantiles et arrogants, violents et égocentriques, ils prônent même le culte très aryen de la pureté physique. Sous le motif du maintien de l’ordre, ils outrepassent régulièrement leurs prérogatives, main (super) armée d’une « Corporation » qui dérive et laisse apparaître ses appétits de pouvoir derrière des doctrines fascisantes. Cette scénographie malsaine et angoissante exacerbe un anthropomorphisme révélateur (la nature humaine ne s’identifie que mieux quand elle s’expose sous ses plus mauvais atours) qui permet à l’auteur de pointer nos défauts avec intelligence. Plutôt que de les mettre en exergue, il extrapole sur leurs éventuelles conséquences en livrant une autopsie acerbe, mais lucide, de la politique et des problèmes de notre société « moderne ». Bien qu’engagée, l’intrigue demeure très fictionnelle et divertissante. Dotée d’un vrai fil narratif, elle se révèle captivante (avec tout de même quelques variations dans l’intensité) et se pare d’une tonalité humoristique souvent grinçante et décalée. Bestiaire des « clandestins » savoureux (qui n’est pas sans évoquer Donjon par sa fraîcheur), bons mots, premiers degrés hilarants, clins d’œil malicieux à l’actualité du moment, alternance de références cinématographiques, littéraires ou encore historiques sont autant de récréations spirituelles qui engagent un détachement essentiel avec le propos noir et sérieux. Le style graphique, spontané et faussement brouillon, concourt à cette distanciation. Déconcertant au premier abord, il remplit à merveille son simple rôle de conteur de l’histoire, lui procurant au passage tout le dynamisme nécessaire. Un aspect jeté, nerveux et percutant, aux antipodes du réalisme, qui évite les écueils d’une emphase et d’une apathie rédhibitoires. Et si, par moments, il lui arrive de manquer de clarté, finalement, on s’adapte puis on l’apprécie très vite. Le coup de fouet au genre d’une série originale, riche et bien équilibrée qui oscille entre plaisir, émotion et réflexion.
Ken - Fist of the blue sky
... ou les aventures du papi de Ken le survivant (que j'aime beaucoup). Bien évidemment, il est invincible et encore plus fort que son petit-fils du futur. Les premiers tomes sont parfaitement crétins (on voit que le scénariste de la série originelle n'est là qu'en "consultant") : malgré un dessin exceptionnellement beau (surtout quand on sait que Tetsuo Hara a une maladie de la cornée et n'y voit que d'un seul oeil), l'humour est vaseux, et les histoires pas vraiment à la hauteur de la première série. Et puis, vers le tome 8, il se passe un truc, et là on retombe dans le vrai Ken : baston et émotions à fond, en même temps. Le scénariste a du revenir de vacances. C'est bien fichu, à la fois très dur, très sensible, et particulièrement gore. Je me suis toujours refusé de suivre cette série jusqu'à présent, à cause des premiers tomes, mais la deuxième partie de la série vaut vraiment le détour. Tomes 1 à 8 : entre 1/5 et 2/5 À partir du tome 8 : un bon 4/5 avec des pointes à 5/5 par moment. Note globale jusqu'au tome 16 : entre 3,5/5 et 4/5
De Cape et de Crocs
Enorme cette série. Ne pas cherchez ailleurs, tout y est : dessin et scénario. Un ensemble si cohérent est difficile à trouver de nos jours et encore plus dans les séries à rallonge… tant d’ingéniosité, de poésie, de drôlerie, de jeux de mots, de trouvailles… pour avoir lu quasiment en même temps Cyrano de Bergerac (très bonne pièce de théâtre) cette série est un vibrant hommage à la littérature de cette époque. Les tomes se tiennent tous sans temps mort, sans baisse de régime. Beaucoup de références ponctuent De cape et de crocs, ce qui fait qu’une relecture est souvent nécessaire pour appréhender tous les aspects. Une bande dessinée de qualité avec énormément de risques pris de la part des deux auteurs. L’idée de départ et sa réalisation n’est pas si évident qu’il n’y paraît : mettre 2 animaux (bientôt suivi d’autres) au 18e siècle, les faire partir à une chasse au trésor puis faites les atterrir sur la lune… hum... eh bien, présentez-vous avec ce dossier, je ne suis pas certain que vous serez publié ! Mais le résultat est simplement une pure merveille ! En plus la série bénéficie d’une faible concurrence. Eh oui, peu de bandes dessinées (et ce serait difficile) ont une même approche de la loufoquerie et une ambiance si particulière. La multitude de personnages sont tous aussi bien construits les uns que les autres, extrêmement attachants et avec une psychologie bien déterminée. On sourit, on se passionne, on suit avec avidité, on s’impatiente,… voilà ma lecture… (vous imaginez mon état à la fin). On passe un moment saisissant. A recommander chaudement autour de vous. Dommage que la fin de la série soit relativement répétitive et un poil en dessous. Le commentaire tient en UN seul mot : GéNiAl.