Ils avaient été nombreux, les lecteurs du premier tome de la série avortée Après l'Incal, à n'avoir pas été convaincu par cette reprise de l'univers de l'incal. Le scénario trop délirant, l'intrigue peu crédible et son déroulement à mi-chemin entre farce et envolée mystique avaient brisé le charme des deux séries précédentes, Avant l'Incal et L'Incal. Moebius lui-même avait perdu la foi et la motivation d'aller au-delà de ce seul premier tome.
Tant et si bien que, huit ans plus tard, Jodorowsky, ne voulant pas s'avouer vaincu, a décidé de reprendre les choses en main : on prend les mêmes et on recommence. Final Incal présente la même intrigue qu'Après l'Incal mais cette fois de manière complètement retravaillée, avec les défauts en moins et avec une nouvelle densité et une nouvelle crédibilité en plus. Et cette fois, je suis nettement plus convaincu ! Et enfin j'attends la suite avec impatience !
Le dessin de Ladrönn est purement excellent !
S'inspirant forcément du style et des décors de Moebius mais aussi de Janjetov, il offre des planches très travaillées et très belles. Ses personnages sont nettement plus sérieux et manquent un peu de fantaisie, mais le reste du dessin est presque le meilleur à mes yeux de la série des Incal. Les décors sont souvent grandioses et très réalistes.
Qui plus est, la colorisation est vraiment très bonne. L'outil informatique est parfaitement maîtrisé pour offrir des couleurs qu'on croirait peintes, pleines de densité et de force malgré leur palette un peu terne.
C'est très beau et en même temps très efficace.
Quant au scénario, c'est à la fois le même qu'Après l'Incal et un nouveau. Après vérification, on retrouve des scènes quasiment identiques, les scènes les plus réussies de la série précédente. Mais on évite tout ce qui m'était apparu à l'époque comme des défauts. Plus d'ambiance de farce grotesque avec un prez métallique, méchant rigolard et fumeur de cigare, plus de créature métamorphe étrange, plus de retrouvailles peu crédibles avec un Kolbo V qui était sensé avoir disparu depuis Avant l'Incal.
Et même la touche mystique, sans qui les scénarios de Jodorowsky ne seraient plus les mêmes, passe étonnamment bien. Cela grâce à la mise davantage en avant de l'excellent personnage de John Difool, héros/antihéros dont la psychologie à la fois tellement minable et tellement humaine permet de contrebalancer avec délice les envolées illuminées de son créateur, Jodo.
En outre, le récit du premier tome de Final Incal va au-delà de celui d'Après l'Incal, plongeant davantage le lecteur dans une trame faisant appel à toutes les autres séries de l'univers de l'incal et ouvrant la porte à une suite en lien direct avec les derniers évènements de Avant l'Incal. A tel point qu'en fin d'album, j'attends désormais avec impatience la rencontre entre le(s) nouveau(x) Difool, le pirate Kaimann et la belle Luz.
A ceux qui ont aimé L'Incal, Avant l'Incal et le meilleur de Jodorowsky, sachez que voilà enfin une suite à la hauteur de ses ambitions.
Lorsqu’un ami possesseur du premier cycle du « Tueur » m’a proposé de lire cette série, je me régalais d’avance d’y passer un excellent moment de lecture au vu des avis bédéphiles élogieux sur cette bd.
Aussitôt chez moi, je me suis mis à lire les cinq tomes d’un coup… alors ? bd culte ? Non… très bonne série ? Oui !
Premier point positif sur « Le tueur » : J’aime bien le dessin, enfin, disons que j’apprécie énormément la mise en couleurs !
En fait, le dessinateur, Jacamon est, à mon avis, doué pour mettre des ambiances. Ainsi, le lecteur découvrira de nombreuses planches à dominante verte ou bleue. Ces tons sont judicieusement choisis car ils donnent une ambiance froide à ce thriller « psychologique ».
« Le tueur » n’est pas à proprement dit une bd essentiellement basée sur l’action, d’abondantes séquences montrent le personnage principal à huis clos plongé dans ses pensées et guettant sa « proie ».
Le scénario met en scène un (anti ?)héros implacable et de nature pessimiste vis-à-vis de l’homme. Ce personnage se met sans remord à la disposition de tous hommes ou femmes ayant des comptes à rendre pourvu ça lui rapporte gros ! Mais, un jour, alors qu’il faisait son boulot, il se retrouve sur une sale affaire…
Les auteurs semblent avoir eu comme référence le film « Léon » pour concevoir cette bd. Je trouve que le personnage principal ressemble physiquement à Jean Reno.
La narration est essentiellement basée sur la voix off, elle traduit les pensées du tueur… qui sont loin d’être optimiste sur la nature humaine ! C’est le deuxième point fort de la bd ! Celui qui m’a fait accrocher aux deux premiers tomes de la série mais… c’est aussi paradoxalement un des points faibles de la bd !
Dans les trois derniers tomes du premier cycle, cette voix-off m’a agacé et lassé car elle a tendance à répéter à chaque fois la même chose. De plus, je trouve qu’en gardant qu’une partie de ce système narratif, la bd aurait bien pu se terminer au bout de trois tomes au lieu de cinq sans que cela soit préjudice à ce premier cycle.
Quant à la trame de cette histoire, elle m’a semblé assez classique puisqu’elle met en scène des flics et politiciens ripoux, des dealers et j’en passe !
Finalement, j’ai été un peu déçu de la lecture de cette série, je crois que j’en attendais un peu trop !
En relativisant, « Le tueur » est tout de même une très bonne bd grâce notamment au dessin efficace et l’excellente mise en couleurs de Jacamon.
Elle le doit aussi à la narration qui nous permet de suivre les pensées du personnage principal mais qui, à la longue, m’a agacé et qui a, à mon avis, rallongé un peu trop la série (je trouve qu’il y a au moins un tome de trop).
Note finale : 3,5/5
Du "Soleil" un peu moins classique que les habituels. L'histoire est basée sur une quête contre un vampire assez puissant. Trahisons et retournements de situation en font une bd agréable à lire même si le scénario reste dans la ligne classique des thèmes Soleil, on ne s'ennuie pas (il n'y a pas de temps mort).
J'aime beaucoup les dessins et les couleurs qui sont dans le ton de l'histoire (sombre et rouge).
Une quête initiatique dans un monde post-apocalyptique qui, à l'époque de son début, était très original. Même si ça commence à vieillir un peu et à traîner en longueur, le scénario est bien construit et nous donne toujours envie d'en savoir plus.
On suit le personnage principal depuis (presque) sa naissance et on découvre le monde grâce à ses aventures. Au moins un nouveau personnage secondaire est découvert à chaque bd ce qui laisse du temps pour développer ces personnages secondaires.
Les couleurs sont un peu ternes mais ça va bien avec le thème.
Bref, il faut au moins avoir lu quelques bds de cette série et éventuellement, je le conseille à l'achat.
J’ai commencé à lire ce manga en attendant la suite de Nana qui se laissait désirer…
L'éditeur ayant eu la bonne idée de faire patienter les fans en publiant cette petite série de 3 tomes qui, dans le pays de l’auteur, avait été publiée avant Nana et Paradise Kiss.
Et je n’ai pas été déçue ! Très agréablement surprise par l’histoire plus adulte que dans les autres séries du même auteur. J’aime ce genre de livre avec une enquête un peu fantastique, avec du mystère et beaucoup de suspens. Les personnages sont attachants et on est surpris par les découvertes qu’ils font tout au long des 3 tomes.
Et puis étant frustrée par ces longues séries de manga qui n’en finissent pas… ici au moins on sait que l’histoire se termine au 3ème tome. Et du coup on est un peu déçu de devoir quitter ces personnages et cette jolie histoire… (J’suis une fille et donc jamais contente... mdr)
Après la lecture des 4 premiers tomes.
Cette série évolue clairement au fil des tomes tant sur le graphisme que sur le scénario.
La psychologie des personnages est très poussée, c'est ce qui donne toute sa force à cette série. Au delà des histoires indépendantes, les personnages réagissent et interagissent avec des situations difficiles et irrationnelles pour eux. Le marquis d'Anaon apporte une touche de rationnel mais ne peut pas toujours faire grand chose contre les démons intérieurs et la bêtise humaine.
C'est sombre et profond. J’ai adoré le 4ème tome où les 2 personnages principaux s'aident à affronter leurs problèmes, la traque de la bête passant même au second plan à mes yeux.
Le dessin est efficace, il progresse clairement. Les couleurs manquent de nuances et de dégradés. Mais cela doit être voulu pour accentuer le côté sombre des scénarios.
Un premier tome acheté en occas grâce au dessin qui m’avait tapé dans l’œil, et les suivants idem après quelques mois de recherches...
Donc tout d’abord j’adore ce dessin stylé, désinvolte, expressif, s’étalant (sans se répandre… il faut savoir s’étendre sans se…) avec sobriété sur des grandes cases colorées. Inutile de chercher la petite bête, c’est tout simplement la classe ! Ravi de constater que les avis ci dessous le mentionnent aussi. Le style du dessinateur n’est pas le même sur d’autres séries et j’avoue que j’adore moins. Ensuite concernant les couleurs j’aime plutôt bien le style. Et concernant les histoires elles sont fort sympathiques.
Dieter est un aventurier séducteur qui se la pète gentiment. Il essuie quelques revers de situations, il est un peu cynique, et il vit des aventures absolument abracadabrantes. Le tout se lit en prenant son temps. L’action n’est pas trépidante du fait du découpage en petites histoires, l’ambiance est raffinée voir un peu surfaite -sans se prendre au sérieux ce qui fait son charme-, et les scénarios atypiques sont au rendez vous. A noter que les multiples personnages secondaires qui sont tous plus fous les uns que les autres ajoutent à l’attrait de la série.
Le dernier tome est différent puisqu’il présente une seule et longue histoire avec une pirouette finale qui ne manque pas d’humour et nous fait découvrir un héros un peu mythomane. Ce tome accentue encore le ton décalé de la série. Concernant l’achat je me doute que cela ne plaira pas à tout le monde mais si par hasard vous aimez Rosco –Rosso- Stenton ou même Corto ou encore Mérite Maritime ? Vous pouvez y jetez un coup d’œil quand même. Pour ma part c'est : un bon « pas mal » pour l’histoire et un coup de cœur pour le dessin. Et en tout cas une BD à part et qui a sa place dans ma biblio.
Une question me titille : l’onglet « série » mentionne 4 tomes. Je n’avais pas cherché le T1 parce que l’album « caraïbes » comporte déjà l’histoire « le poignard d’Istanbul » et qu’aucun de mes 3 tomes ne mentionne ce fameux T1. Mais quelles sont les autres histoires éditées dans le T1 ? Ont elles toutes été ré-éditées dans le T3 ? La seule info que j’ai pioché sur Bdtheque est que le T3 comporte des histoires éditées dans le T1 et qu’elles avaient été re-coloriées !
C'est bien la première fois que je découvre un véritable western argentin. Les plaines de Patagonie remplacent l'Ouest américain. Quelques différences cependant avec le Far-West : en Argentine, ce sont des élevages de moutons et de chevaux. Cependant, les hommes sont pareilles: cupides au point de voler la terre du voisin. Contre ces hors-la-loi, il faut s'unir et se battre à mort.
Cette histoire n'est pas très originale au fond mais ce qui en fait l'attrait, ce sont les caractéristiques de ces européens qui ont tout quitté pour s'installer sur des terres arides et pas très hospitalières. On en apprend sur leur origine avec toujours cette nostalgie de la vieille Europe qui les a abandonnée. La force de ce récit résident justement dans des personnages plus vrais que natures qui sont véritablement attachants. C'est une véritable chronique de moeurs assez passionnante.
La préface est signée Christian Perrissin, l'auteur d'un Cap Horn inachevé. Les dessins en noir et blanc sont particulièrement soignés dans une ligne claire et finalement très efficace car d'une grande lisibilité. Rio Negro est un western dépaysant et authentique à découvrir absolument ! Une oeuvre également très sincère par un auteur pas très prolifique.
Je trouve cet album incroyablement bien maîtrisé pour une première production et première introduction dans le monde de la bande dessinée, suivie peu après d'autres titres confirmant le talent de Dillies. L'ensemble est bien réussi, de la couverture (je la trouve particulièrement chouette) à la réalisation finale.
Triste histoire à laquelle j'ai totalement adhéré, me prenant au jeu de la mélancolie du personnage principal. On s'immerge facilement dans cette histoire au point de se tenir à côté de Rice dans sa quête de réconfort. C'est simple mais touchant et émouvant sans être larmoyant. Beaucoup de bons sentiments parsèment l'album, mais la tendance principale est plutôt à la morosité, si vous voyiez la vie en noir, ne vous jetez pas sur l'album, laissez passer quelques jours...
Et puis, j'apprécie énormément le trait de l'auteur, qui arrive à rendre compte des émotions de ses personnages avec 2-3 coups de crayons. La colorisation, et il faut le signaler, est admirablement bien adaptée à son dessin et donne un côté encore plus agréable à ce style graphique. Bref que du bon.
Chaude recommandation.
Déjà, c'est un plaisir de voir Convard utiliser son talent dans autre chose que de l'ésotérique et de passer dans un excellent polar.
Je trouve le scénario, bien que assez prévisible, bien fait et prenant : on a envie de savoir ce qui va se passer et la bd se lit assez bien. Les dessins sont classiques (du Falque avec des dessins de personnage assez particuliers) mais qui ne gêne pas la lecture.
Je mets pour l'instant un 4/5 en attendant le deuxième tome en espérant que le suite sera à la hauteur.
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Final Incal
Ils avaient été nombreux, les lecteurs du premier tome de la série avortée Après l'Incal, à n'avoir pas été convaincu par cette reprise de l'univers de l'incal. Le scénario trop délirant, l'intrigue peu crédible et son déroulement à mi-chemin entre farce et envolée mystique avaient brisé le charme des deux séries précédentes, Avant l'Incal et L'Incal. Moebius lui-même avait perdu la foi et la motivation d'aller au-delà de ce seul premier tome. Tant et si bien que, huit ans plus tard, Jodorowsky, ne voulant pas s'avouer vaincu, a décidé de reprendre les choses en main : on prend les mêmes et on recommence. Final Incal présente la même intrigue qu'Après l'Incal mais cette fois de manière complètement retravaillée, avec les défauts en moins et avec une nouvelle densité et une nouvelle crédibilité en plus. Et cette fois, je suis nettement plus convaincu ! Et enfin j'attends la suite avec impatience ! Le dessin de Ladrönn est purement excellent ! S'inspirant forcément du style et des décors de Moebius mais aussi de Janjetov, il offre des planches très travaillées et très belles. Ses personnages sont nettement plus sérieux et manquent un peu de fantaisie, mais le reste du dessin est presque le meilleur à mes yeux de la série des Incal. Les décors sont souvent grandioses et très réalistes. Qui plus est, la colorisation est vraiment très bonne. L'outil informatique est parfaitement maîtrisé pour offrir des couleurs qu'on croirait peintes, pleines de densité et de force malgré leur palette un peu terne. C'est très beau et en même temps très efficace. Quant au scénario, c'est à la fois le même qu'Après l'Incal et un nouveau. Après vérification, on retrouve des scènes quasiment identiques, les scènes les plus réussies de la série précédente. Mais on évite tout ce qui m'était apparu à l'époque comme des défauts. Plus d'ambiance de farce grotesque avec un prez métallique, méchant rigolard et fumeur de cigare, plus de créature métamorphe étrange, plus de retrouvailles peu crédibles avec un Kolbo V qui était sensé avoir disparu depuis Avant l'Incal. Et même la touche mystique, sans qui les scénarios de Jodorowsky ne seraient plus les mêmes, passe étonnamment bien. Cela grâce à la mise davantage en avant de l'excellent personnage de John Difool, héros/antihéros dont la psychologie à la fois tellement minable et tellement humaine permet de contrebalancer avec délice les envolées illuminées de son créateur, Jodo. En outre, le récit du premier tome de Final Incal va au-delà de celui d'Après l'Incal, plongeant davantage le lecteur dans une trame faisant appel à toutes les autres séries de l'univers de l'incal et ouvrant la porte à une suite en lien direct avec les derniers évènements de Avant l'Incal. A tel point qu'en fin d'album, j'attends désormais avec impatience la rencontre entre le(s) nouveau(x) Difool, le pirate Kaimann et la belle Luz. A ceux qui ont aimé L'Incal, Avant l'Incal et le meilleur de Jodorowsky, sachez que voilà enfin une suite à la hauteur de ses ambitions.
Le Tueur
Lorsqu’un ami possesseur du premier cycle du « Tueur » m’a proposé de lire cette série, je me régalais d’avance d’y passer un excellent moment de lecture au vu des avis bédéphiles élogieux sur cette bd. Aussitôt chez moi, je me suis mis à lire les cinq tomes d’un coup… alors ? bd culte ? Non… très bonne série ? Oui ! Premier point positif sur « Le tueur » : J’aime bien le dessin, enfin, disons que j’apprécie énormément la mise en couleurs ! En fait, le dessinateur, Jacamon est, à mon avis, doué pour mettre des ambiances. Ainsi, le lecteur découvrira de nombreuses planches à dominante verte ou bleue. Ces tons sont judicieusement choisis car ils donnent une ambiance froide à ce thriller « psychologique ». « Le tueur » n’est pas à proprement dit une bd essentiellement basée sur l’action, d’abondantes séquences montrent le personnage principal à huis clos plongé dans ses pensées et guettant sa « proie ». Le scénario met en scène un (anti ?)héros implacable et de nature pessimiste vis-à-vis de l’homme. Ce personnage se met sans remord à la disposition de tous hommes ou femmes ayant des comptes à rendre pourvu ça lui rapporte gros ! Mais, un jour, alors qu’il faisait son boulot, il se retrouve sur une sale affaire… Les auteurs semblent avoir eu comme référence le film « Léon » pour concevoir cette bd. Je trouve que le personnage principal ressemble physiquement à Jean Reno. La narration est essentiellement basée sur la voix off, elle traduit les pensées du tueur… qui sont loin d’être optimiste sur la nature humaine ! C’est le deuxième point fort de la bd ! Celui qui m’a fait accrocher aux deux premiers tomes de la série mais… c’est aussi paradoxalement un des points faibles de la bd ! Dans les trois derniers tomes du premier cycle, cette voix-off m’a agacé et lassé car elle a tendance à répéter à chaque fois la même chose. De plus, je trouve qu’en gardant qu’une partie de ce système narratif, la bd aurait bien pu se terminer au bout de trois tomes au lieu de cinq sans que cela soit préjudice à ce premier cycle. Quant à la trame de cette histoire, elle m’a semblé assez classique puisqu’elle met en scène des flics et politiciens ripoux, des dealers et j’en passe ! Finalement, j’ai été un peu déçu de la lecture de cette série, je crois que j’en attendais un peu trop ! En relativisant, « Le tueur » est tout de même une très bonne bd grâce notamment au dessin efficace et l’excellente mise en couleurs de Jacamon. Elle le doit aussi à la narration qui nous permet de suivre les pensées du personnage principal mais qui, à la longue, m’a agacé et qui a, à mon avis, rallongé un peu trop la série (je trouve qu’il y a au moins un tome de trop). Note finale : 3,5/5
Nocturnes rouges
Du "Soleil" un peu moins classique que les habituels. L'histoire est basée sur une quête contre un vampire assez puissant. Trahisons et retournements de situation en font une bd agréable à lire même si le scénario reste dans la ligne classique des thèmes Soleil, on ne s'ennuie pas (il n'y a pas de temps mort). J'aime beaucoup les dessins et les couleurs qui sont dans le ton de l'histoire (sombre et rouge).
Neige
Une quête initiatique dans un monde post-apocalyptique qui, à l'époque de son début, était très original. Même si ça commence à vieillir un peu et à traîner en longueur, le scénario est bien construit et nous donne toujours envie d'en savoir plus. On suit le personnage principal depuis (presque) sa naissance et on découvre le monde grâce à ses aventures. Au moins un nouveau personnage secondaire est découvert à chaque bd ce qui laisse du temps pour développer ces personnages secondaires. Les couleurs sont un peu ternes mais ça va bien avec le thème. Bref, il faut au moins avoir lu quelques bds de cette série et éventuellement, je le conseille à l'achat.
Last Quarter
J’ai commencé à lire ce manga en attendant la suite de Nana qui se laissait désirer… L'éditeur ayant eu la bonne idée de faire patienter les fans en publiant cette petite série de 3 tomes qui, dans le pays de l’auteur, avait été publiée avant Nana et Paradise Kiss. Et je n’ai pas été déçue ! Très agréablement surprise par l’histoire plus adulte que dans les autres séries du même auteur. J’aime ce genre de livre avec une enquête un peu fantastique, avec du mystère et beaucoup de suspens. Les personnages sont attachants et on est surpris par les découvertes qu’ils font tout au long des 3 tomes. Et puis étant frustrée par ces longues séries de manga qui n’en finissent pas… ici au moins on sait que l’histoire se termine au 3ème tome. Et du coup on est un peu déçu de devoir quitter ces personnages et cette jolie histoire… (J’suis une fille et donc jamais contente... mdr)
Le Marquis d'Anaon
Après la lecture des 4 premiers tomes. Cette série évolue clairement au fil des tomes tant sur le graphisme que sur le scénario. La psychologie des personnages est très poussée, c'est ce qui donne toute sa force à cette série. Au delà des histoires indépendantes, les personnages réagissent et interagissent avec des situations difficiles et irrationnelles pour eux. Le marquis d'Anaon apporte une touche de rationnel mais ne peut pas toujours faire grand chose contre les démons intérieurs et la bêtise humaine. C'est sombre et profond. J’ai adoré le 4ème tome où les 2 personnages principaux s'aident à affronter leurs problèmes, la traque de la bête passant même au second plan à mes yeux. Le dessin est efficace, il progresse clairement. Les couleurs manquent de nuances et de dégradés. Mais cela doit être voulu pour accentuer le côté sombre des scénarios.
Dieter Lumpen
Un premier tome acheté en occas grâce au dessin qui m’avait tapé dans l’œil, et les suivants idem après quelques mois de recherches... Donc tout d’abord j’adore ce dessin stylé, désinvolte, expressif, s’étalant (sans se répandre… il faut savoir s’étendre sans se…) avec sobriété sur des grandes cases colorées. Inutile de chercher la petite bête, c’est tout simplement la classe ! Ravi de constater que les avis ci dessous le mentionnent aussi. Le style du dessinateur n’est pas le même sur d’autres séries et j’avoue que j’adore moins. Ensuite concernant les couleurs j’aime plutôt bien le style. Et concernant les histoires elles sont fort sympathiques. Dieter est un aventurier séducteur qui se la pète gentiment. Il essuie quelques revers de situations, il est un peu cynique, et il vit des aventures absolument abracadabrantes. Le tout se lit en prenant son temps. L’action n’est pas trépidante du fait du découpage en petites histoires, l’ambiance est raffinée voir un peu surfaite -sans se prendre au sérieux ce qui fait son charme-, et les scénarios atypiques sont au rendez vous. A noter que les multiples personnages secondaires qui sont tous plus fous les uns que les autres ajoutent à l’attrait de la série. Le dernier tome est différent puisqu’il présente une seule et longue histoire avec une pirouette finale qui ne manque pas d’humour et nous fait découvrir un héros un peu mythomane. Ce tome accentue encore le ton décalé de la série. Concernant l’achat je me doute que cela ne plaira pas à tout le monde mais si par hasard vous aimez Rosco –Rosso- Stenton ou même Corto ou encore Mérite Maritime ? Vous pouvez y jetez un coup d’œil quand même. Pour ma part c'est : un bon « pas mal » pour l’histoire et un coup de cœur pour le dessin. Et en tout cas une BD à part et qui a sa place dans ma biblio. Une question me titille : l’onglet « série » mentionne 4 tomes. Je n’avais pas cherché le T1 parce que l’album « caraïbes » comporte déjà l’histoire « le poignard d’Istanbul » et qu’aucun de mes 3 tomes ne mentionne ce fameux T1. Mais quelles sont les autres histoires éditées dans le T1 ? Ont elles toutes été ré-éditées dans le T3 ? La seule info que j’ai pioché sur Bdtheque est que le T3 comporte des histoires éditées dans le T1 et qu’elles avaient été re-coloriées !
Rio Negro
C'est bien la première fois que je découvre un véritable western argentin. Les plaines de Patagonie remplacent l'Ouest américain. Quelques différences cependant avec le Far-West : en Argentine, ce sont des élevages de moutons et de chevaux. Cependant, les hommes sont pareilles: cupides au point de voler la terre du voisin. Contre ces hors-la-loi, il faut s'unir et se battre à mort. Cette histoire n'est pas très originale au fond mais ce qui en fait l'attrait, ce sont les caractéristiques de ces européens qui ont tout quitté pour s'installer sur des terres arides et pas très hospitalières. On en apprend sur leur origine avec toujours cette nostalgie de la vieille Europe qui les a abandonnée. La force de ce récit résident justement dans des personnages plus vrais que natures qui sont véritablement attachants. C'est une véritable chronique de moeurs assez passionnante. La préface est signée Christian Perrissin, l'auteur d'un Cap Horn inachevé. Les dessins en noir et blanc sont particulièrement soignés dans une ligne claire et finalement très efficace car d'une grande lisibilité. Rio Negro est un western dépaysant et authentique à découvrir absolument ! Une oeuvre également très sincère par un auteur pas très prolifique.
Betty Blues
Je trouve cet album incroyablement bien maîtrisé pour une première production et première introduction dans le monde de la bande dessinée, suivie peu après d'autres titres confirmant le talent de Dillies. L'ensemble est bien réussi, de la couverture (je la trouve particulièrement chouette) à la réalisation finale. Triste histoire à laquelle j'ai totalement adhéré, me prenant au jeu de la mélancolie du personnage principal. On s'immerge facilement dans cette histoire au point de se tenir à côté de Rice dans sa quête de réconfort. C'est simple mais touchant et émouvant sans être larmoyant. Beaucoup de bons sentiments parsèment l'album, mais la tendance principale est plutôt à la morosité, si vous voyiez la vie en noir, ne vous jetez pas sur l'album, laissez passer quelques jours... Et puis, j'apprécie énormément le trait de l'auteur, qui arrive à rendre compte des émotions de ses personnages avec 2-3 coups de crayons. La colorisation, et il faut le signaler, est admirablement bien adaptée à son dessin et donne un côté encore plus agréable à ce style graphique. Bref que du bon. Chaude recommandation.
Le Protocole du tueur
Déjà, c'est un plaisir de voir Convard utiliser son talent dans autre chose que de l'ésotérique et de passer dans un excellent polar. Je trouve le scénario, bien que assez prévisible, bien fait et prenant : on a envie de savoir ce qui va se passer et la bd se lit assez bien. Les dessins sont classiques (du Falque avec des dessins de personnage assez particuliers) mais qui ne gêne pas la lecture. Je mets pour l'instant un 4/5 en attendant le deuxième tome en espérant que le suite sera à la hauteur.