Midnight est une oeuvre dans la droite lignée de Black Jack, du même auteur. Il y a même deux histoires dans lesquelles le plus célèbre des médecins marron apparaît.
On pourra regretter une fin un peu vite expédiée (au bout de seulement 4 tomes !), alors que le format correspondait parfaitement à ce que Tezuka avait déjà réalisé sur Black Jack : une succession de petites histoires sans grand rapport les unes avec les autres (sauf concernant un certain fil conducteur que l'on retrouvait de temps à autre).
Le niveau de ces histoires est d'ailleurs très variable : on côtoie souvent le moyen, pour atteindre quelques fois l'excellent. Peut-être est-ce cette inégalité qui a fait de Midnight une série en si peu de tomes. Dommage, car on en redemanderait sans soucis, le talent de conteur de Tezuka transpirant toujours dans chaque page !
D'emblée, la bd attire l'œil par sa couverture chatoyante et une fois ouverte on est pas déçu par le dessin. Style original mais au coup de crayon bien soigné. Les couleurs quant à elles sont souvent dans des nuances chaudes (rouge/orange) ou au contraire dans des tons froids et bleutés et donnent un réel dynamisme dans l'action. Morgann le dessinateur se permet aussi par moment de nous faire "voir" le monde par les yeux des drogués ce qui a pour résultat certaines situations cocasses.
Le scénario pour sa part tient très bien la route et mélange humour, action et policier sans passer par les clichés habituels. Il nous fait voyager dans le monde underground des dealers et du trafic de drogue.
Une série intéressante, à suivre avec intérêt.
L'originalité du dessin et des textes nous donne une mise en page et une mise en scène uniques et épiques ! Encore une fois, Sfar se révèle un auteur à l'imagination débordante, dont le répertoire continuera à nous impressionner. Chapeau !
La bonne, et fausse (on connaît le talent du scénariste), surprise de cette collection. Beaucoup d’humour, de jeux de mots et de comiques de situations. Bref, on aurait pu avoir quelques doutes sur le scénario d’Ayroles, mais décidément, c’est un auteur de talent qui sait s’affranchir des contraintes imposées par l’exercice du thème "Sept".
Et puis, à la différence des autres titres lus pour l’instant, les sept personnages ont une identité et un rôle important dans l’histoire. Pas de laisser pour compte, chacun est identifiable facilement. On se prend au jeu de savoir s’ils vont réussir leur mission, il faut signaler qu’ils partent avec de gros handicap !
Ce qui différencie des autres "Sept, c’est une liberté de ton qu’emploie Ayroles. Tout en facilitant la lecture, il impose un rythme assez soutenu mais pas contraignant.
Le dessin est aussi un des points fort de l’album, agréable et réussi, il enrichit un scénario attractif. L’expression des visages, les paysages, les petits détails,… rien n’est laissé de côté. Donc que du bon pour ce one-shot.
Le savoir-faire des deux auteurs n’est plus à prouver et ils ont su créer une aventure attrayante. J’aurai aimé une histoire déclinée sous plusieurs tomes pour s’imprégner plus fortement des personnages et de l’univers. Mais bon le format de la collection « sept » ne permet pas cette initiative et délimite des règles plutôt contraignantes au vu des histoires proposées.
Au niveau du scénario, nous sommes dans de l’héroïc-fantasy pure (ça m’a fait fortement penser à Bilbo le Hobbit) où une troupe de guerrier s’en va à la recherche d’un trésor. L’agencement de l’humour, des scènes d’actions et des rebondissements est parfaitement orchestré, permettant de passer un agréable moment.
Le dessin de Lereculey, que j’apprécie par ailleurs, est au sommet de sa forme. C’est beau, dynamique, et sous un certain classicisme dans le choix des cadrages, le dessinateur maîtrise son sujet.
Superbe histoire qui mêle le fantastique (avec la sorcellerie) à un univers un peu inquiétant avec sa panoplie de personnages au fort charisme.
Le dessin peut être rebutant pour certains au départ car assez original (moi personnellement j'ai bien aimé mais c'est affaire de goût).
Néanmoins, on passe vite sur ce détail au regard du scénario qui est vraiment original et bien posé.
La personnalité des villageois est inquiétante donc vraiment prenante. Le récit est axé en arrière plan sur la confrontation entre deux religions (chrétienne et païenne) et il s'agira de faire un choix pour la future maman de l'histoire... D'étranges évènements se produisent tout au long du récit et c'est un vrai régal car on ne s'ennuie pas une seconde !
Une vraie bonne surprise découverte grâce à BDtheque.
Paroles de poilus était d'abord et surtout un ouvrage de Jean-Pierre Guéno et de Yves Laplume vendu à plus de 1.5 millions d'exemplaires. Un succès tel qu'il fait partie aujourd'hui des programmes scolaires. On y apprend des faits nouveaux qui étaient jusqu'ici cachés, grâce à ces témoignages du passé.
L'univers de la bande dessinée permettant de toucher des publics plus larges, le chef d'oeuvre y fut adapté dans ce format en sollicitant une vingtaine de dessinateurs en leur donnant carte blanche. Chaque auteur a choisi l'une des vingt plus belles lettres de paroles de poilus pour donner un sens à ces mots écrits dans la boue des tranchées de la Première Guerre Mondiale.
Les auteurs ne sont pas des moindres : Bajram, Guarnido, Herenguel, Gimenez, Lepage... La plupart sont de l'écurie Soleil qui a produit cette adaptation. Ce n'est pourtant pas le genre de la maison. On pourrait aller vite en besogne pour les accuser d'opportunisme. Au vu du résultat et même sur le procédé, je ne suis pas d'accord avec ce point de vue.
J'éprouve aujourd'hui beaucoup de compassion pour ces hommes qui étaient des millions de mobilisés qu'on envoyait à la mort. Parallèlement, j'ai beaucoup de haine pour ces états-majors incompétents qui n'hésitaient pas à se servir de la propagande pour masquer la cruelle vérité. On doit avoir un devoir de mémoire pour ne jamais permettre à certains gouvernants avisés de précipiter les plus grandes démocraties du monde dans des guerres monstrueuses.
Certaines lettres m'ont fait pleurer tant cette guerre était effroyable de bêtise humaine. D'autres nous poussent à mener une véritable réflexion. Il y a un véritable effort sur le dessin qui colle à cette triste réalité. Je préviens d'avance qu'on a du mal à digérer une telle oeuvre... trop d'émotion. J'ai été captivé, ému et troublé par ces lettres. Je recommande cette lecture.
Voilà une oeuvre bien originale dans la longue liste de bd déjà réalisées par Didier Tronchet. On se souviendra par exemple du fameux Houppeland dont l'humour était disons-le très particulier.
En l'espèce, nous avons une oeuvre beaucoup plus réaliste dans le milieu de la prostitution des filles des pays de l'Est ou je devrais dire plutôt de l'esclavage sexuel pour être exact. L'humour y est présent mais en toute petite quantité. C'est surtout un long récit dramatique qui m'a bien plu.
La première partie est très originale car on ne sait pas vers où l'auteur nous entraîne. En effet, cela commence par un jeu avec cette question : jusqu'où iriez-vous par amour ? Petit à petit, l'ambiance va virer au vrai polar avec course-poursuite. Le ton reste positif grâce à la personnalité des deux héros très attachants au demeurant: un gynécologue désoeuvré à la cinquantaine coincée et un éleveur de chien détestant le département de la Drôme à cause d'une coutume particulière !
J'ai découvert surtout que c'est bien un auteur qui sait se renouveler en abordant une histoire d'une autre manière et dans un style totalement différent. On retrouve des allusions, voir des critiques par rapport à la politique menée contre les sans-papiers dans le pays soi-disant champion des droits de l'homme.
Le dessin n'est pas le point fort de cette bd : c'est dit. Le graphisme est trop caricatural avec un trait épais pour ce type d'histoire. Malgré cela, j'ai été pris dans une formidable aventure faite d'amour et d'amitié allant au-delà de la simple farce. Bref, nous avons là un album très captivant sur fond de drame social à découvrir de toute urgence !
Pour ce qui est du dessin, j'avoue qu'il m'a fallu du temps à l'apprécier. C'est un style très humoristique et caricatural, mais parfois, on se demande si les erreurs de proportions sont volontaires ou pas. En revanche, les décors sont toujours très beaux et minutieusement dessinés. Aussi, j'ai eu l'impression que le dessin s'améliorait d'un album à l'autre, ce qui n'est pas rare dans toute série de plus de 6 épisodes.
Pour ce qui est de l'histoire, c'est un peu n'importe quoi. Bon, on n'est pas là pour s'en plaindre, c'est une série complètement loufoque qui ne recherche pas le bon sens. Mais après 7 épisodes, je me sentais un peu étourdi. C'est ce seul aspect qui me fait donner 4 au lieu de 5.
Parce que j'arrive maintenant au meilleur aspect de cette série, le texte ! C'est un délice de lire chaque réplique page après page. C'est d'ailleurs l'élément le plus drôle de la série, sans aucun doute. J'ai rarement autant ri qu'en lisant les paroles des pirates effrayés par le petit lapin. Noyés blêmes au rictus ourlé de polypes ! C'est du génie.
Bref, tout le monde gagnerait à lire cette série, ne serait-ce que pour apprendre de nouveaux mots de vocabulaire ou simplement pour rire un bon coup.
À la première lecture de cette bd, j'avoue que je n'ai pas réussi à aller plus loin que le deuxième tome. Je n'avais pas accroché à l'histoire ni au personnage d'Isa.
Deux ans plus tard, je décide de m'y remettre, et là, rien à voir, j'ai tout lu d'un trait et trouvé ça génial.
Quelque chose d'original apporté par cette bd (surtout présent dans le premier tome mais pas seulement), c'est la description des conditions de vie à bord d'un bateau à cette époque. Comme toujours les traits inimitables de Bourgeon et le souci du détail apportent beaucoup à cette série.
À travers les aventures d'Isa et Hoel, nous allons découvrir l'époque du colonialisme avec son fameux commerce triangulaire comme base du récit de cette série. Mais beaucoup d'autres thèmes sont abordés tout au long, des thèmes qui pour l'époque étaient assez rare : esclavagisme, racisme, homosexualité, jalousie, religion, torture...
Bref, c'est une série assez riche que je conseille donc très fortement.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Midnight
Midnight est une oeuvre dans la droite lignée de Black Jack, du même auteur. Il y a même deux histoires dans lesquelles le plus célèbre des médecins marron apparaît. On pourra regretter une fin un peu vite expédiée (au bout de seulement 4 tomes !), alors que le format correspondait parfaitement à ce que Tezuka avait déjà réalisé sur Black Jack : une succession de petites histoires sans grand rapport les unes avec les autres (sauf concernant un certain fil conducteur que l'on retrouvait de temps à autre). Le niveau de ces histoires est d'ailleurs très variable : on côtoie souvent le moyen, pour atteindre quelques fois l'excellent. Peut-être est-ce cette inégalité qui a fait de Midnight une série en si peu de tomes. Dommage, car on en redemanderait sans soucis, le talent de conteur de Tezuka transpirant toujours dans chaque page !
L'Ivresse des fantômes
D'emblée, la bd attire l'œil par sa couverture chatoyante et une fois ouverte on est pas déçu par le dessin. Style original mais au coup de crayon bien soigné. Les couleurs quant à elles sont souvent dans des nuances chaudes (rouge/orange) ou au contraire dans des tons froids et bleutés et donnent un réel dynamisme dans l'action. Morgann le dessinateur se permet aussi par moment de nous faire "voir" le monde par les yeux des drogués ce qui a pour résultat certaines situations cocasses. Le scénario pour sa part tient très bien la route et mélange humour, action et policier sans passer par les clichés habituels. Il nous fait voyager dans le monde underground des dealers et du trafic de drogue. Une série intéressante, à suivre avec intérêt.
Petrus Barbygère
L'originalité du dessin et des textes nous donne une mise en page et une mise en scène uniques et épiques ! Encore une fois, Sfar se révèle un auteur à l'imagination débordante, dont le répertoire continuera à nous impressionner. Chapeau !
Sept Missionnaires
La bonne, et fausse (on connaît le talent du scénariste), surprise de cette collection. Beaucoup d’humour, de jeux de mots et de comiques de situations. Bref, on aurait pu avoir quelques doutes sur le scénario d’Ayroles, mais décidément, c’est un auteur de talent qui sait s’affranchir des contraintes imposées par l’exercice du thème "Sept". Et puis, à la différence des autres titres lus pour l’instant, les sept personnages ont une identité et un rôle important dans l’histoire. Pas de laisser pour compte, chacun est identifiable facilement. On se prend au jeu de savoir s’ils vont réussir leur mission, il faut signaler qu’ils partent avec de gros handicap ! Ce qui différencie des autres "Sept, c’est une liberté de ton qu’emploie Ayroles. Tout en facilitant la lecture, il impose un rythme assez soutenu mais pas contraignant. Le dessin est aussi un des points fort de l’album, agréable et réussi, il enrichit un scénario attractif. L’expression des visages, les paysages, les petits détails,… rien n’est laissé de côté. Donc que du bon pour ce one-shot.
Sept voleurs
Le savoir-faire des deux auteurs n’est plus à prouver et ils ont su créer une aventure attrayante. J’aurai aimé une histoire déclinée sous plusieurs tomes pour s’imprégner plus fortement des personnages et de l’univers. Mais bon le format de la collection « sept » ne permet pas cette initiative et délimite des règles plutôt contraignantes au vu des histoires proposées. Au niveau du scénario, nous sommes dans de l’héroïc-fantasy pure (ça m’a fait fortement penser à Bilbo le Hobbit) où une troupe de guerrier s’en va à la recherche d’un trésor. L’agencement de l’humour, des scènes d’actions et des rebondissements est parfaitement orchestré, permettant de passer un agréable moment. Le dessin de Lereculey, que j’apprécie par ailleurs, est au sommet de sa forme. C’est beau, dynamique, et sous un certain classicisme dans le choix des cadrages, le dessinateur maîtrise son sujet.
La Belette
Superbe histoire qui mêle le fantastique (avec la sorcellerie) à un univers un peu inquiétant avec sa panoplie de personnages au fort charisme. Le dessin peut être rebutant pour certains au départ car assez original (moi personnellement j'ai bien aimé mais c'est affaire de goût). Néanmoins, on passe vite sur ce détail au regard du scénario qui est vraiment original et bien posé. La personnalité des villageois est inquiétante donc vraiment prenante. Le récit est axé en arrière plan sur la confrontation entre deux religions (chrétienne et païenne) et il s'agira de faire un choix pour la future maman de l'histoire... D'étranges évènements se produisent tout au long du récit et c'est un vrai régal car on ne s'ennuie pas une seconde ! Une vraie bonne surprise découverte grâce à BDtheque.
Paroles de poilus
Paroles de poilus était d'abord et surtout un ouvrage de Jean-Pierre Guéno et de Yves Laplume vendu à plus de 1.5 millions d'exemplaires. Un succès tel qu'il fait partie aujourd'hui des programmes scolaires. On y apprend des faits nouveaux qui étaient jusqu'ici cachés, grâce à ces témoignages du passé. L'univers de la bande dessinée permettant de toucher des publics plus larges, le chef d'oeuvre y fut adapté dans ce format en sollicitant une vingtaine de dessinateurs en leur donnant carte blanche. Chaque auteur a choisi l'une des vingt plus belles lettres de paroles de poilus pour donner un sens à ces mots écrits dans la boue des tranchées de la Première Guerre Mondiale. Les auteurs ne sont pas des moindres : Bajram, Guarnido, Herenguel, Gimenez, Lepage... La plupart sont de l'écurie Soleil qui a produit cette adaptation. Ce n'est pourtant pas le genre de la maison. On pourrait aller vite en besogne pour les accuser d'opportunisme. Au vu du résultat et même sur le procédé, je ne suis pas d'accord avec ce point de vue. J'éprouve aujourd'hui beaucoup de compassion pour ces hommes qui étaient des millions de mobilisés qu'on envoyait à la mort. Parallèlement, j'ai beaucoup de haine pour ces états-majors incompétents qui n'hésitaient pas à se servir de la propagande pour masquer la cruelle vérité. On doit avoir un devoir de mémoire pour ne jamais permettre à certains gouvernants avisés de précipiter les plus grandes démocraties du monde dans des guerres monstrueuses. Certaines lettres m'ont fait pleurer tant cette guerre était effroyable de bêtise humaine. D'autres nous poussent à mener une véritable réflexion. Il y a un véritable effort sur le dessin qui colle à cette triste réalité. Je préviens d'avance qu'on a du mal à digérer une telle oeuvre... trop d'émotion. J'ai été captivé, ému et troublé par ces lettres. Je recommande cette lecture.
La Gueule du loup
Voilà une oeuvre bien originale dans la longue liste de bd déjà réalisées par Didier Tronchet. On se souviendra par exemple du fameux Houppeland dont l'humour était disons-le très particulier. En l'espèce, nous avons une oeuvre beaucoup plus réaliste dans le milieu de la prostitution des filles des pays de l'Est ou je devrais dire plutôt de l'esclavage sexuel pour être exact. L'humour y est présent mais en toute petite quantité. C'est surtout un long récit dramatique qui m'a bien plu. La première partie est très originale car on ne sait pas vers où l'auteur nous entraîne. En effet, cela commence par un jeu avec cette question : jusqu'où iriez-vous par amour ? Petit à petit, l'ambiance va virer au vrai polar avec course-poursuite. Le ton reste positif grâce à la personnalité des deux héros très attachants au demeurant: un gynécologue désoeuvré à la cinquantaine coincée et un éleveur de chien détestant le département de la Drôme à cause d'une coutume particulière ! J'ai découvert surtout que c'est bien un auteur qui sait se renouveler en abordant une histoire d'une autre manière et dans un style totalement différent. On retrouve des allusions, voir des critiques par rapport à la politique menée contre les sans-papiers dans le pays soi-disant champion des droits de l'homme. Le dessin n'est pas le point fort de cette bd : c'est dit. Le graphisme est trop caricatural avec un trait épais pour ce type d'histoire. Malgré cela, j'ai été pris dans une formidable aventure faite d'amour et d'amitié allant au-delà de la simple farce. Bref, nous avons là un album très captivant sur fond de drame social à découvrir de toute urgence !
De Cape et de Crocs
Pour ce qui est du dessin, j'avoue qu'il m'a fallu du temps à l'apprécier. C'est un style très humoristique et caricatural, mais parfois, on se demande si les erreurs de proportions sont volontaires ou pas. En revanche, les décors sont toujours très beaux et minutieusement dessinés. Aussi, j'ai eu l'impression que le dessin s'améliorait d'un album à l'autre, ce qui n'est pas rare dans toute série de plus de 6 épisodes. Pour ce qui est de l'histoire, c'est un peu n'importe quoi. Bon, on n'est pas là pour s'en plaindre, c'est une série complètement loufoque qui ne recherche pas le bon sens. Mais après 7 épisodes, je me sentais un peu étourdi. C'est ce seul aspect qui me fait donner 4 au lieu de 5. Parce que j'arrive maintenant au meilleur aspect de cette série, le texte ! C'est un délice de lire chaque réplique page après page. C'est d'ailleurs l'élément le plus drôle de la série, sans aucun doute. J'ai rarement autant ri qu'en lisant les paroles des pirates effrayés par le petit lapin. Noyés blêmes au rictus ourlé de polypes ! C'est du génie. Bref, tout le monde gagnerait à lire cette série, ne serait-ce que pour apprendre de nouveaux mots de vocabulaire ou simplement pour rire un bon coup.
Les Passagers du vent
À la première lecture de cette bd, j'avoue que je n'ai pas réussi à aller plus loin que le deuxième tome. Je n'avais pas accroché à l'histoire ni au personnage d'Isa. Deux ans plus tard, je décide de m'y remettre, et là, rien à voir, j'ai tout lu d'un trait et trouvé ça génial. Quelque chose d'original apporté par cette bd (surtout présent dans le premier tome mais pas seulement), c'est la description des conditions de vie à bord d'un bateau à cette époque. Comme toujours les traits inimitables de Bourgeon et le souci du détail apportent beaucoup à cette série. À travers les aventures d'Isa et Hoel, nous allons découvrir l'époque du colonialisme avec son fameux commerce triangulaire comme base du récit de cette série. Mais beaucoup d'autres thèmes sont abordés tout au long, des thèmes qui pour l'époque étaient assez rare : esclavagisme, racisme, homosexualité, jalousie, religion, torture... Bref, c'est une série assez riche que je conseille donc très fortement.