Les derniers avis (32322 avis)

Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Nuit des cendres
La Nuit des cendres

Il y a des gens, comme ça, qui vous touchent à tous les coups. C'est le cas, pour moi, avec Loïc Dauvillier, qui se place presque exclusivement dans le genre "roman graphique". Encore une fois, avec cette "Nuit des cendres", il propose un récit tout en sensibilité, avec des personnages touchants, écrits avec précision, dont la vie va peut-être basculer en une nuit. Une nuit qui est qualifiée de cendreuse, et on voit là aussi tout le talent de Dauvillier : les cendres sont bien sûr, celles des cigarettes que tous les protagonistes, sauf deux, vont fumer sur le balcon. Ces personnages voient tomber la neige au-dehors, une neige au bagage symbolique fort, puisqu'elle apparaît à un moment où des choses prennent fin, où d'autres renaissent (de leurs cendres, justement), dans l'appartement de Fred et Blandine. Fred et Blandine, dont le comportement intrigue leur entourage, qui tire des plans sur la comète. La galaxie Dauvillier s'enrichit d'un nouvel astre en la personne de Joël Legars, jusqu'à présent "cantonné" dans la BD jeunesse, et qui montre de belles dispositions avec un style fort expressif. Seul hic, le prix de cet album, d'une taille inférieure à l'habitude : 13,90 euros.

02/06/2008 (modifier)
Par hevydevy
Note: 4/5
Couverture de la série Poulet aux Prunes
Poulet aux Prunes

Poulet aux Prunes est la première BD de Majane Satrapi que je lis. Ayant néanmoins vu l’excellent Persepolis au cinéma, l’univers de la dessinatrice m’était un peu familier, et je me rends compte au fur et à mesure de mes explorations que je suis particulièrement sensible à son art et à son propos. Avec cette histoire j’ai pu donc retrouver tout ce qui m’avait plu dans le film d’animation : l’ambiance (n&b oblige), la qualité de la narration (style et rythme), et l’humour très bien distillé et qui fait toujours mouche. Je me suis donc régalé. D’autant qu’en bande dessinée, on peut mieux apprécier les coupures de rythme du à la mise en page (ces quelques dessins pleine page qui viennent agréablement ponctuer le récit). De transformer en flash back dont on connait l'issue, les huit derniers jours de Nasser Ali Khan est aussi une excellente idée de construction de récit. Enfin, le style « naïf » qui m’aurait rebuté il y a quelques années, contribue finalement beaucoup à l’immersion dans l’univers doux amer de l’auteur. Si Marjane Satrapi sait faire rire ou sourire, elle sait aussi me donner une certaine colère intérieure. Je n’ai jamais étudié l’histoire de l’Iran, mais tout ce que j’apprends par ses œuvres de l’histoire de ce pays m’attriste particulièrement au regard de l’image que l’on en a à l’heure actuelle. Et pourtant on entend presque tous les jours dans les médias des soit disant spécialistes nous narrer par le menu le pourquoi du comment des sources de tension entre l’Iran et le reste du monde, mais sans que jamais ne soit évoqué le passé hautement progressiste de ce pays, et les grandes puissances clairement responsables de son déclin. Les récits de l’auteur deviennent alors pour moi d’authentiques témoignages vivants de ce qu’aurait pu être l’Iran, un pays qui s’est peut être lui aussi laissé mourir et que l’on a laissé mourir.

02/06/2008 (modifier)
Couverture de la série Le Combat ordinaire
Le Combat ordinaire

J’ai relu les 3 premiers tomes, puis j’ai lu le 4ème, et j’ai ressenti des émotions tellement fortes qu’ensuite je me suis retrouvée complètement incapable d’aligner deux mots de suite. C’est donc avec quelques semaines de recul que je livre enfin mon ressenti sur cette série. Seulement, mon avis ne va pas avoir le dixième de la subtilité, de l’intelligence, de l’humour et de la poésie de l’œuvre de Larcenet. Il y a au sein de chaque planche -j’allais presque dire chaque case- une telle intensité, une telle richesse de sens, que synthétiser en quelques lignes ce qui fait que l’on aime lire -ET relire !- Le Combat ordinaire, est une sacrée gageure. Certains ont souligné que déjà rien que le titre interpelle et donne à réfléchir, et c’est vrai qu’il est à la fois simple et beau, et qu’il dit tout ! On rit, on pleure, on médite avec Marco, et ça fait du bien, et ça fait mal, aussi. Larcenet est un artiste parce que d’une vie banale, il sait faire un poème graphique aux mille facettes, à l’image de la vie. Il réussit le tour de force d’être toujours aussi juste, fort, crédible et touchant, qu’il parle des ouvriers du chantier naval condamné ou bien de la complexité des rapports humains. Quant au dessin, j’ai peu de choses à en dire, sinon qu’il me plait bien. Alors, pour résumer ma pensée, le Combat ordinaire c’est… un ensemble de choses qui rendent cette série extrêmement attachante et assez inoubliable : - de l’humour : "J’ai encore pas mal de choses à éclaircir si je ne veux pas être réincarné en plaque d’égout…" - de la profondeur et beaucoup de sensibilité, dans la façon subtile de décrire les relations humaines dans leurs non-dits comme dans leur moments de complicité - de la poésie : outre les titres, il y a ça et là des passages qu’on savoure, sur lesquels on s’attarde, et puis … "tout, tout est mieux avec toi que sans"

02/06/2008 (modifier)
Couverture de la série La Mémoire dans les poches
La Mémoire dans les poches

C’est une histoire dont on se demande longtemps où elle va nous conduire, tant Luc Brunschwig semble prendre un malin plaisir à nous prendre constamment à contre-pied. Il le fait par le biais d’une narration à tiroir, au gré des petits morceaux de papiers que le vieil homme, narrateur principal, extirpe du fond de ses poches et qui livrent ainsi les pièces éparses de ce récit. J’ai bien aimé cette façon de faire, je trouve le procédé original et habile, on n’est pas dans un scénario prévisible, on est constamment surpris, et, de ce fait, on referme ce premier tome avec déjà l’envie de connaître la suite. En outre, les personnages, dont le traitement psychologique est assez réaliste, sont sinon tous attachants, du moins tous crédibles, vraisemblables, et les dialogues sonnent juste. Je ne m’attarderai pas trop sur le dessin, très fin et expressif sans être extraordinaire, mais dans ce genre de série, ce n’est pas le plus important.

02/06/2008 (modifier)
Par Miranda
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série King David
King David

Note 4,5. Superbe est le premier mot qui me vient à la bouche ou plutôt sur les touches pour qualifier cette bd. Le dessin en couleurs directes - et quelles couleurs magnifiques ! - est un ravissement pour les yeux, enfin pour mes yeux, car j'entends déjà certains dire que ce n'est pas beau. Il y a un petit côté Bézian dans le trait et les visages, il y aura donc ceux qui aiment et ceux qui n'aiment pas. C'est donc l'histoire de David, petit gars vif et intelligent, qui monte qui monte sur l'échelle mafieuse, et comme toute échelle elle a ses barreaux défectueux. Il y a beaucoup de violence, de sang qui gicle, de cadavres, mais le tout toujours bien dosé avec cette petite pointe d'exagération qui donne tout son charme à l'histoire. L'intérêt de ce récit réside tout d'abord dans l'excellent lettrage tout en finesse et humour et dans le parallèle fait avec la légende de David et Goliath, c'est exagérément bon et très intelligent. Une seule chose me chagrine, c'est la fin, encore une fois ouverte, on aimerait savoir ce que va devenir David, "mais ça c'est une autre histoire" comme le dit l'auteur et j'espère que cette histoire sera également écrite.

02/06/2008 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Durango
Durango

Je suis toujours aussi impressionné par la qualité du dessin de Swolfs. C'est une pure merveille de précision au niveau des traits des personnages. On entre de plein pied dans des décors somptueux rappelant effectivement les grands films de western de la grande époque hollywoodienne avec John Wayne ou encore Clint Eastwood. Deux mots peuvent caractériser cette ambiance ultraviolente : dure et âpre. Je regrette juste que nous ayons encore droit à un de ces sempiternels héros qui défend la veuve et l'orphelin au nom de la Justice contre des ordures impitoyables. L'action est privilégiée au détriment de la psychologie propre des personnages. Toutefois, on passe un très agréable moment de lecture. Dans le genre, j'avoue quand même avoir ma préférence pour Bouncer. De manière générale, j'approuve les auteurs qui misent encore sur le western à une époque où celui-ci a presque totalement disparu des écrans. C'est vrai que cela manque. Alors, pouvoir replonger dans une bd d'une telle qualité ne peut que nous ravir !

01/06/2008 (modifier)
Par sky doll
Note: 4/5
Couverture de la série L'Histoire du Corbac aux Baskets
L'Histoire du Corbac aux Baskets

Je ne suis décidément pas déçue par les BD de Fred. Une fable moralisatrice sur les relations entre un étranger (le corbac aux basket) et le monde qui l'entoure. Le malheureux Armand qui se retrouve transformé en corbeau par un beau matin et est finalement rejeté de tout le monde et se rend finalement compte à quel point les gens sont hypocrites et lèche botte au possible. Une belle leçon de vie qui nous montre à quel point les gens peuvent être détestables. Les dialogues sont délectables avec ce fameux psychiatre qui devrait finalement se faire soigner à la place de son patient quand on y réfléchi bien ! La fin est vraiment sympa et pour ma part c'est la meilleure que l'auteur a pu trouver. Je me presse donc sans hésiter pour lire les autres petits bijoux tout aussi bien notés sur BDthèque de Fred...

01/06/2008 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Poulet aux Prunes
Poulet aux Prunes

Comment a t'elle fait? ... Je ne le sais pas. Toujours est 'il que ce poulet aux prunes est délicieux. Franchement, je ne croyais pas qu'après un chef d'oeuvre comme Persepolis, cet auteur pouvait faire aussi bien sinon mieux. J'ai adoré et j'en redemande! Cependant, c'est un plat qu'on ne savoure qu'une seule fois. Je suis trop gourmand! Je me suis habitué au trait si particulier de Satrapi. Je reconnais beaucoup de talent dans la narration. Cette histoire est beaucoup plus intimiste, beaucoup plus profonde. C'est un véritable message d'amour. Un homme se meurt et on ne sera que vers la fin des dernières pages ce qui se cache derrière ce grand désespoir. On ressent beaucoup de tristesse. Encore un chef d'oeuvre dans l'ombre de Persepolis !

01/06/2008 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Persepolis
Persepolis

J'ai réellement apprécié cette bande dessinée qui nous montre l'histoire d'un pays dont on ne sait pas grand chose finalement. Satrapi raconte en parallèle sa propre vie. On la voit vivre les grands bouleversements de son pays comme par exemple la révolution islamique. C'est vraiment émouvant et je n'ai pas réussi à reposer l'intégrale sans l'avoir finie ! Il y a tout de même un truc que je n'ai pas aimé. Dans le tome 3, l'auteure semble se prendre pour la personne la plus intelligente au monde et rabaisse les autres. C'est vraiment une attitude égoïste et cela a un peu gâché le plaisir que j'avais à lire 'Persopolis'. J'aurais mis 5/5 sans ce petit défaut.

01/06/2008 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série 300
300

Je n’aime pourtant pas du tout la violence gratuite, mais je suis toujours fasciné par les récits de grandes batailles antiques. Une fascination mêlée de dégoût et d’horreur, certes, mais une fascination quand même. Comment ne pas admirer le courage et l’honneur qui animent ces combattants promis à une mort certaine, poussés par un idéal, par un code d’honneur barbare et sans compromis. « 300 » est inspiré par la bataille de Thermopyles et par le film du même nom (paru en 1962) qui a paraît-il marqué Miller quand il était enfant. L’auteur a certes pris quelques libertés par rapport à l’Histoire, mais cela n’enlève rien à la puissance du récit. La narration est fluide, les textes sont superbes, et ma lecture a été un vrai plaisir. Non, je n’aime pas la violence gratuite, mais justement ici rien n’est gratuit. Chaque scène n’est que la représentation de l’humanité telle qu’elle était à l’époque. Qu’on le veuille ou non, notre monde et ses frontières ont été tracés à coup d’épées, de têtes coupées et de pauvres bougres étripés. Le dessin de Miller est superbe, et magnifiquement mis en couleur par Lynn Varley. Les scènes d’action sont toujours très lisibles, et certaines pleines pages sont vraiment belles. Voilà, si vous aimez les grandes batailles antiques, les muscles et la sueur, vous pouvez difficilement passer à coté de cette superbe BD, dont les scènes épiques vous rappelleront les grandes batailles des meilleurs romans fantasy, « le seigneur des anneaux » en tête.

01/06/2008 (modifier)