Voici une bd bien étrange.
Sous une banalité apparente (il n’y a pas vraiment d’intrigue), elle arrive à éveiller un sentiment de quiétude, de bien être, de plénitude. Pourtant, notre ami poète (et marin à l’insu de son plein gré) se fait quand même bien malmener. Ce one shot tire son épingle du jeu grâce à un format d’édition judicieusement choisi en fonction du découpage (une case par planche). L’ensemble forme ainsi quelque chose de cohérent qui sort de l’ordinaire. La narration n’est pas en reste avec un choix osé mais payant de placer quasi toutes les bulles (pourtant pas nombreuses) dans la première moitié d’album pour ensuite laisser le silence et la contemplation s’installer. Et que dire du dessin ? C’est du Popeye mais sans les épinards (et c’est rudement bon !).
Le final est une invitation au lecteur de mettre pied à terre, de refermer ce livre en gardant le souvenir d’une belle évasion . . .
J'ai été très agréablement surpris non seulement par la qualité graphique de cette bande dessinée mais aussi par l'originalité de son scénario. A ce jour, j'ai lu la série jusqu'à son quatrième tome et son niveau reste très bon.
Le dessin de Thierry Démarez fait aussitôt penser à celui de Rosinski et de Thorgal. Influence voulue pour une ambiance médiévale fantastique assez proche. Seules les couleurs, un peu plus vives, modifient légèrement l'atmosphère visuelle. Quoiqu'il en soit, c'est très plaisant à lire et à regarder. On croirait retrouver un grand classique de qualité.
Malgré la même paire d'auteur, une héroïne guerrière et un titre approchant, Marie des Dragons n'a rien à voir avec La Geste des Chevaliers Dragons. D'ailleurs, de dragons, il n'y en a point. Juste des créatures que l'empereur a nommées ainsi par décret.
Parlons-en de l'empereur justement. Il s'agit de l'Empire de France, une France parallèle, imaginaire, sensiblement différente de la France médiévale que l'on connait. Et une grande partie de l'intrigue joue justement là-dessus, sur l'existence de cet Empire de France dont certains habitants réalisent, par des visions, qu'il pourrait bien exister un autre monde, le nôtre, où l'Histoire n'a pas suivi le même cours, où eux-mêmes vivraient une autre vie. Quelle est cette hérésie ? Quel rapport avec ces monstres hideux venus d'ailleurs qui prennent parfois forme et que seuls certains initiés comme Marie peuvent voir et combattre ? Et quel rapport encore entre tout cela et les frères et soeurs de Marie tués ou peut-être enlevés alors qu'elle sortait à peine de l'enfance ?
Les énigmes s'amoncellent et captivent le lecteur que je suis.
Si bien que malgré un départ qui m'avait fait craindre un scénario de vengeance assez banal, l'intrigue emprunte rapidement un chemin novateur et très intriguant. La narration est bonne, dense et bien construite. Le monde mis en place est crédible et très intéressant. Les personnages sont charismatiques et on a une envie permanente de voir où le récit va les mener car alors même que les tomes avancent, rien n’apparaît comme prévisible ni déjà vu.
Une bien bonne surprise avec la possible promesse d'un futur classique de l'heroïc-fantasy.
Hamelin est certes une bd dont le titre ne laisse que peu de doutes sur l'histoire, mais elle la traite d'une main de maitre. Le dessin est excellent avec un trait fin et détaillé, le texte est quant à lui, crédible et adapté à l'époque.
Cette bd en un tome est sans contexte un excellent achat pour ceux qui ne connaissent cette fable que succinctement.
C’est la première adaptation de Melville et de son célèbre cachalot blanc que je lis. Comme mes prédécesseurs, j’ai bien apprécié ma lecture. Aux dires d’experts (Spooky en tête), le roman est pourtant difficile à s’approprier, ce qui génère bien souvent des adaptations pas à la hauteur.
L’intelligence de Mallet est de positionner son récit avant que ne débute celui de Melville. Cette série est quelque part la genèse du « Moby Dick » mondialement connu. Et je dois dire que c’est une réussite. La détermination de Achab et son désir de vengeance aveugle sont particulièrement bien palpables. Mallet remonte à l’enfance d’Achab, lorsque celui-ci perdit son père tué par un cachalot blanc. Ce fut le premier d’une longue série . . . Au-delà de cette histoire de vengeance, ce récit est l’occasion d’en apprendre davantage sur la vie à bord de baleiniers et de voyager un peu, notamment chez des tribus anthropophages. A noter que cette bd, tout comme le roman, est l’occasion de s’interroger sur la personnification du bien et du mal. Tout n’est pas blanc (excepté la baleine) ou noir, mais plutôt gris.
Une formidable épopée, bien que tragique . . .
J'avoue n'avoir jamais entendu parler de Joffo auparavant... Du coup, je ne savais pas trop à quoi m'attendre ; seulement à un récit autobiographique sur la seconde guerre mondiale (j'ai également lu une interview des auteurs avant de lire la BD).
J'en ai un peu marre des récits sur la seconde guerre car je trouve que la narration est souvent la même et je m'ennuie la plupart du temps.
Ici, la façon de raconter l'histoire est émouvante, intelligente et colle à tous les publics. En effet, la guerre n'est pas vraiment montrée comme quelque chose d'abominable et c'est là la force du récit : être en plein régime nazi, en pleine déportation et vivre une aventure périlleuse et forte émotionnellement avec les yeux plutôt candides de deux enfants juifs.
D'ailleurs, un passage que j'ai trouvé tout particulièrement réussi et fort est quand le père répond à son fils lorsque ce dernier lui demande ce que signifie être juif.
Suivre ces enfants est un régal car ils sont pleins d'énergie, vivent au jour le jour et restent heureux et optimistes malgré le contexte politico-social.
Là, j'ai adoré ! Car au final, cette lecture est amusante, distrayante et arrive même à faire oublier la guerre.
D'ailleurs, le régime totalitaire revient de temps en temps dans le récit (les patrouilles, les contrôles d'identité...) pour rappeler au lecteur et aux enfants (du récit) que la vie n'est pas rose comme leur périple qui se passe au final bien (du moins dans ce premier tome).
Le dessin est très agréable. Un trait précis et rond, qui connaît parfois quelques fausses notes mais qui dans la quasi-majorité du temps reste excellent. Les couleurs sont jolies, de beaux dégradés et des tons "plutôt joyeux".
Une lecture surprenante, agréable et touchante. Un dessin 'tout public' très bien réussi mettant en scène de beaux décors et des personnages hauts en couleurs.
L'ensemble se lit vite et avec grand plaisir.
Chapeau !
La première partie du diptyque est étonnante, et je me suis vraiment demandé vers quoi Giroud avait décidé de nous emmener. L’intrigue est finement menée et les personnages ont une part de mystère qui me les rend charismatiques.
Après, on retombe sur un secret de famille finalement assez classique, mais, voilà, le mal était fait ! Je devais savoir de quoi il en retournait. J’ai dévoré les deux tomes d’une traite sans songer une seconde à m’interrompre en cours de route.
Ce diptyque aurait donc été bon s’il ne s’était agi que d’un scénario. Mais, à côté de ça, apparait un dessin d’une qualité supérieure, encore rehaussée par une colorisation dans des teintes chaudes des plus plaisantes. Le trait réaliste de José Homs est parfait pour illustrer ce type d’histoire. C’est un « plus » aussi appréciable qu’incontestable.
Au final, voilà sans doute le récit de la collection qui m’aura le plus convaincu. Je l’ai acheté et ne le regrette pas…
Yes ! Ahhhhh de la (très) bonne SF ! Que c'est bon, que c'est doux, que ça grince... ça vous rend un peu fou. Une absinthe en puissance, quoi !
Luc Brunschwig relance sur les rails un projet qui trainait dans ses cartons depuis 12 ans. Il faut croire que l'âge bonifie le spiritueux qui nous est ici distillé de la plus belle des manières. Car le nouveau comparse qu'il s'est attaché pour nous servir son nectar fait des merveilles !
Roberto Ricci, que je découvre avec cet album, a un réel talent qui vous saute à la gueule dès la première planche. Le trait, l'ambiance, les personnages : 3 planches et l'immersion est totale ! Monplaisir est à nous, L'Happy Hour peut commencer !
Passé la première gorgée qui rode le gosier, vos papilles en redemandent ! Va falloir huiler le coude et que le service ne laisse pas à désirer. Heureusement A.L.I.C.E., en vrai Maitresse Artificielle de Cérémonie qui se respecte, a le sens du spectacle. Ça tombe bien, Monplaisir est faite pour ça ! Et pas de demi mesure s'il vous plait ! Là c'est tournée des grands ducs ! La bougresse sait y faire, quitte à couper quelques fils des pantins qui jouent sa partition pour ajouter un peu de piment à son cocktail médiatique.
Et puis y'a Zach'... Zach' et son héros imaginaire, genre Undertaker, avec qui il se tape la causette, parce que Zach' bah il débarque un peu dans cet univers de fête artificielle. Il intègre la police de Monplaisir et découvre un peu comme nous, le ciment décrépi qui sert de fondation à cette mégalopole de la jouissance où tout est régi, contrôlé et scénarisé.
Reste le noyau d'olive qui tombe parfois au fond du verre... Cet imprévu improbable qui va conduire notre Zach' au devant de la scène...
Mais ça, ça sera pour la prochaine tournée qu'on attend au plus vite !
En tout cas, ce premier tome est un pur régal. Espérons que la suite soit aussi belle et efficace que ce premier opus parfaitement muri et réalisé avec maestria.
Assez dubitatif quant au résultat que pouvait produire une BD à 4 mains, j'avoue avoir été complètement séduit par le résultat !
Nos quatre dessinateurs (Mathieu Lauffrey, Mario Alberti, Zhang Xiaoyu et Tirso) réussissent à donner une cohérence à l'ensemble du récit, qui s'éparpille pourtant entre le XVe et le XIXe siècle. Je ne sais pas si le choix de l'ordre des parties qu'ils ont illustrées a été pensé, mais j'ai trouvé qu'il était parfait et qu'il portait parfaitement la narration.
Car du côté du récit, c'est Nury qui reprend les rennes, nous replongeant dans le passé des personnages qu'il avait développés dans Je suis légion. Toujours aussi efficace, on se laisse porter par son histoire, passant d'un personnage, d'un continent ou d'un siècle à un autre, sans se sentir en rupture. On sent le talent !
Du coup, ce premier tome est une mise en bouche des plus réussies (plus que Je suis légion à mon goût), qui ne demande qu'à satisfaire notre curiosité aiguisée dans ce premier opus. Vivement la suite !
Marrant comme des lectures diamétralement différentes peuvent parfois se télescoper...
Je venais d'entamer la lecture du thriller de Mo Hayder "Tokyo" et après un passage en librairie, je me fais un petite pause BD avec cette "Balade de Yaya". Et voilà que je me retrouve à la croisée d'un nœud de hasard : Chine, 1937, en pleine invasion chinoise...
Etrange, comment des événements pourtant peu communs vous tombent dessus en cascade et viennent du coup se compléter à la façon d'un puzzle...
"La fugue", qui sert d'introduction à cette "Balade de Yaya", nous campe le décor et les personnages, ainsi que leur rencontre. Ou comment une petite fille aisée se retrouve à fuir en compagnie d'un orphelin à la rue, un Shanghai assailli par les japonais...
Rien de neuf sous le soleil levant, et si je voulais caricaturer en me servant de mes bonnes vieilles références en DA des années 80', ça nous donnerait la rencontre improbable de Sans Famille (ouais ! Rémi, le pauv' ch'ti malheureux) et "Princesse Sarah"...
Heureusement, Jean-Marie Omont, évite certains écueils en nous racontant tout cela sans tomber dans la mièvrerie ni la facilité. La guerre, c'est la guerre, même quand ce sont des enfants qui la vivent de plein fouet.
Ajoutez à cela ce dessin rond, doux et chaleureux qui contraste fortement avec ce que vivent nos protagonistes, et vous obtenez un album de très bonne facture, au format original (merci aux éditions Fei !) et qui ne demande qu'à confirmer cette très bonne première impression.
Un 3.5 mérité, qui ne demande qu'à devenir un 4 si la suite est du même tenant !
***Lecture du second tome***
Voici un second tome tout aussi réussi que le premier. Les dessins sont toujours aussi beaux (on a même le droit à plusieurs pleines pages magnifiques) et les aventures de nos deux jeunes héros toujours aussi trépidantes.
Espérons que la suite de cette série annoncée en 9 tomes nous procurera le même plaisir de lecture !
Cet album mérite autant son 4/5 que son prix de 15€. En effet Love est une BD magnifique sur 2 plans : la palette graphique et la mise en scène.
La palette graphique : chaque case est superbement colorée, on peut voir le tigre dans toutes les positions animales qu'il soit. Le rendu de la forêt tropicale est de toute beauté.
La mise en scène et les cadrages sont aussi superbes.
Au niveau du scénario, j'ai fortement apprécié les aventures de ce tigre, mais aussi toutes les petites histoires entre animaux (les escargots ou les paons par exemple), qui rajoutent à cet ouvrage une saveur particulière.
Je conseille vivement l'achat.
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En Mer
Voici une bd bien étrange. Sous une banalité apparente (il n’y a pas vraiment d’intrigue), elle arrive à éveiller un sentiment de quiétude, de bien être, de plénitude. Pourtant, notre ami poète (et marin à l’insu de son plein gré) se fait quand même bien malmener. Ce one shot tire son épingle du jeu grâce à un format d’édition judicieusement choisi en fonction du découpage (une case par planche). L’ensemble forme ainsi quelque chose de cohérent qui sort de l’ordinaire. La narration n’est pas en reste avec un choix osé mais payant de placer quasi toutes les bulles (pourtant pas nombreuses) dans la première moitié d’album pour ensuite laisser le silence et la contemplation s’installer. Et que dire du dessin ? C’est du Popeye mais sans les épinards (et c’est rudement bon !). Le final est une invitation au lecteur de mettre pied à terre, de refermer ce livre en gardant le souvenir d’une belle évasion . . .
Marie des Dragons
J'ai été très agréablement surpris non seulement par la qualité graphique de cette bande dessinée mais aussi par l'originalité de son scénario. A ce jour, j'ai lu la série jusqu'à son quatrième tome et son niveau reste très bon. Le dessin de Thierry Démarez fait aussitôt penser à celui de Rosinski et de Thorgal. Influence voulue pour une ambiance médiévale fantastique assez proche. Seules les couleurs, un peu plus vives, modifient légèrement l'atmosphère visuelle. Quoiqu'il en soit, c'est très plaisant à lire et à regarder. On croirait retrouver un grand classique de qualité. Malgré la même paire d'auteur, une héroïne guerrière et un titre approchant, Marie des Dragons n'a rien à voir avec La Geste des Chevaliers Dragons. D'ailleurs, de dragons, il n'y en a point. Juste des créatures que l'empereur a nommées ainsi par décret. Parlons-en de l'empereur justement. Il s'agit de l'Empire de France, une France parallèle, imaginaire, sensiblement différente de la France médiévale que l'on connait. Et une grande partie de l'intrigue joue justement là-dessus, sur l'existence de cet Empire de France dont certains habitants réalisent, par des visions, qu'il pourrait bien exister un autre monde, le nôtre, où l'Histoire n'a pas suivi le même cours, où eux-mêmes vivraient une autre vie. Quelle est cette hérésie ? Quel rapport avec ces monstres hideux venus d'ailleurs qui prennent parfois forme et que seuls certains initiés comme Marie peuvent voir et combattre ? Et quel rapport encore entre tout cela et les frères et soeurs de Marie tués ou peut-être enlevés alors qu'elle sortait à peine de l'enfance ? Les énigmes s'amoncellent et captivent le lecteur que je suis. Si bien que malgré un départ qui m'avait fait craindre un scénario de vengeance assez banal, l'intrigue emprunte rapidement un chemin novateur et très intriguant. La narration est bonne, dense et bien construite. Le monde mis en place est crédible et très intéressant. Les personnages sont charismatiques et on a une envie permanente de voir où le récit va les mener car alors même que les tomes avancent, rien n’apparaît comme prévisible ni déjà vu. Une bien bonne surprise avec la possible promesse d'un futur classique de l'heroïc-fantasy.
Hamelin
Hamelin est certes une bd dont le titre ne laisse que peu de doutes sur l'histoire, mais elle la traite d'une main de maitre. Le dessin est excellent avec un trait fin et détaillé, le texte est quant à lui, crédible et adapté à l'époque. Cette bd en un tome est sans contexte un excellent achat pour ceux qui ne connaissent cette fable que succinctement.
Achab
C’est la première adaptation de Melville et de son célèbre cachalot blanc que je lis. Comme mes prédécesseurs, j’ai bien apprécié ma lecture. Aux dires d’experts (Spooky en tête), le roman est pourtant difficile à s’approprier, ce qui génère bien souvent des adaptations pas à la hauteur. L’intelligence de Mallet est de positionner son récit avant que ne débute celui de Melville. Cette série est quelque part la genèse du « Moby Dick » mondialement connu. Et je dois dire que c’est une réussite. La détermination de Achab et son désir de vengeance aveugle sont particulièrement bien palpables. Mallet remonte à l’enfance d’Achab, lorsque celui-ci perdit son père tué par un cachalot blanc. Ce fut le premier d’une longue série . . . Au-delà de cette histoire de vengeance, ce récit est l’occasion d’en apprendre davantage sur la vie à bord de baleiniers et de voyager un peu, notamment chez des tribus anthropophages. A noter que cette bd, tout comme le roman, est l’occasion de s’interroger sur la personnification du bien et du mal. Tout n’est pas blanc (excepté la baleine) ou noir, mais plutôt gris. Une formidable épopée, bien que tragique . . .
Un sac de billes
J'avoue n'avoir jamais entendu parler de Joffo auparavant... Du coup, je ne savais pas trop à quoi m'attendre ; seulement à un récit autobiographique sur la seconde guerre mondiale (j'ai également lu une interview des auteurs avant de lire la BD). J'en ai un peu marre des récits sur la seconde guerre car je trouve que la narration est souvent la même et je m'ennuie la plupart du temps. Ici, la façon de raconter l'histoire est émouvante, intelligente et colle à tous les publics. En effet, la guerre n'est pas vraiment montrée comme quelque chose d'abominable et c'est là la force du récit : être en plein régime nazi, en pleine déportation et vivre une aventure périlleuse et forte émotionnellement avec les yeux plutôt candides de deux enfants juifs. D'ailleurs, un passage que j'ai trouvé tout particulièrement réussi et fort est quand le père répond à son fils lorsque ce dernier lui demande ce que signifie être juif. Suivre ces enfants est un régal car ils sont pleins d'énergie, vivent au jour le jour et restent heureux et optimistes malgré le contexte politico-social. Là, j'ai adoré ! Car au final, cette lecture est amusante, distrayante et arrive même à faire oublier la guerre. D'ailleurs, le régime totalitaire revient de temps en temps dans le récit (les patrouilles, les contrôles d'identité...) pour rappeler au lecteur et aux enfants (du récit) que la vie n'est pas rose comme leur périple qui se passe au final bien (du moins dans ce premier tome). Le dessin est très agréable. Un trait précis et rond, qui connaît parfois quelques fausses notes mais qui dans la quasi-majorité du temps reste excellent. Les couleurs sont jolies, de beaux dégradés et des tons "plutôt joyeux". Une lecture surprenante, agréable et touchante. Un dessin 'tout public' très bien réussi mettant en scène de beaux décors et des personnages hauts en couleurs. L'ensemble se lit vite et avec grand plaisir. Chapeau !
Secrets - L'Angélus
La première partie du diptyque est étonnante, et je me suis vraiment demandé vers quoi Giroud avait décidé de nous emmener. L’intrigue est finement menée et les personnages ont une part de mystère qui me les rend charismatiques. Après, on retombe sur un secret de famille finalement assez classique, mais, voilà, le mal était fait ! Je devais savoir de quoi il en retournait. J’ai dévoré les deux tomes d’une traite sans songer une seconde à m’interrompre en cours de route. Ce diptyque aurait donc été bon s’il ne s’était agi que d’un scénario. Mais, à côté de ça, apparait un dessin d’une qualité supérieure, encore rehaussée par une colorisation dans des teintes chaudes des plus plaisantes. Le trait réaliste de José Homs est parfait pour illustrer ce type d’histoire. C’est un « plus » aussi appréciable qu’incontestable. Au final, voilà sans doute le récit de la collection qui m’aura le plus convaincu. Je l’ai acheté et ne le regrette pas…
Urban
Yes ! Ahhhhh de la (très) bonne SF ! Que c'est bon, que c'est doux, que ça grince... ça vous rend un peu fou. Une absinthe en puissance, quoi ! Luc Brunschwig relance sur les rails un projet qui trainait dans ses cartons depuis 12 ans. Il faut croire que l'âge bonifie le spiritueux qui nous est ici distillé de la plus belle des manières. Car le nouveau comparse qu'il s'est attaché pour nous servir son nectar fait des merveilles ! Roberto Ricci, que je découvre avec cet album, a un réel talent qui vous saute à la gueule dès la première planche. Le trait, l'ambiance, les personnages : 3 planches et l'immersion est totale ! Monplaisir est à nous, L'Happy Hour peut commencer ! Passé la première gorgée qui rode le gosier, vos papilles en redemandent ! Va falloir huiler le coude et que le service ne laisse pas à désirer. Heureusement A.L.I.C.E., en vrai Maitresse Artificielle de Cérémonie qui se respecte, a le sens du spectacle. Ça tombe bien, Monplaisir est faite pour ça ! Et pas de demi mesure s'il vous plait ! Là c'est tournée des grands ducs ! La bougresse sait y faire, quitte à couper quelques fils des pantins qui jouent sa partition pour ajouter un peu de piment à son cocktail médiatique. Et puis y'a Zach'... Zach' et son héros imaginaire, genre Undertaker, avec qui il se tape la causette, parce que Zach' bah il débarque un peu dans cet univers de fête artificielle. Il intègre la police de Monplaisir et découvre un peu comme nous, le ciment décrépi qui sert de fondation à cette mégalopole de la jouissance où tout est régi, contrôlé et scénarisé. Reste le noyau d'olive qui tombe parfois au fond du verre... Cet imprévu improbable qui va conduire notre Zach' au devant de la scène... Mais ça, ça sera pour la prochaine tournée qu'on attend au plus vite ! En tout cas, ce premier tome est un pur régal. Espérons que la suite soit aussi belle et efficace que ce premier opus parfaitement muri et réalisé avec maestria.
Les Chroniques de Légion
Assez dubitatif quant au résultat que pouvait produire une BD à 4 mains, j'avoue avoir été complètement séduit par le résultat ! Nos quatre dessinateurs (Mathieu Lauffrey, Mario Alberti, Zhang Xiaoyu et Tirso) réussissent à donner une cohérence à l'ensemble du récit, qui s'éparpille pourtant entre le XVe et le XIXe siècle. Je ne sais pas si le choix de l'ordre des parties qu'ils ont illustrées a été pensé, mais j'ai trouvé qu'il était parfait et qu'il portait parfaitement la narration. Car du côté du récit, c'est Nury qui reprend les rennes, nous replongeant dans le passé des personnages qu'il avait développés dans Je suis légion. Toujours aussi efficace, on se laisse porter par son histoire, passant d'un personnage, d'un continent ou d'un siècle à un autre, sans se sentir en rupture. On sent le talent ! Du coup, ce premier tome est une mise en bouche des plus réussies (plus que Je suis légion à mon goût), qui ne demande qu'à satisfaire notre curiosité aiguisée dans ce premier opus. Vivement la suite !
La Balade de Yaya
Marrant comme des lectures diamétralement différentes peuvent parfois se télescoper... Je venais d'entamer la lecture du thriller de Mo Hayder "Tokyo" et après un passage en librairie, je me fais un petite pause BD avec cette "Balade de Yaya". Et voilà que je me retrouve à la croisée d'un nœud de hasard : Chine, 1937, en pleine invasion chinoise... Etrange, comment des événements pourtant peu communs vous tombent dessus en cascade et viennent du coup se compléter à la façon d'un puzzle... "La fugue", qui sert d'introduction à cette "Balade de Yaya", nous campe le décor et les personnages, ainsi que leur rencontre. Ou comment une petite fille aisée se retrouve à fuir en compagnie d'un orphelin à la rue, un Shanghai assailli par les japonais... Rien de neuf sous le soleil levant, et si je voulais caricaturer en me servant de mes bonnes vieilles références en DA des années 80', ça nous donnerait la rencontre improbable de Sans Famille (ouais ! Rémi, le pauv' ch'ti malheureux) et "Princesse Sarah"... Heureusement, Jean-Marie Omont, évite certains écueils en nous racontant tout cela sans tomber dans la mièvrerie ni la facilité. La guerre, c'est la guerre, même quand ce sont des enfants qui la vivent de plein fouet. Ajoutez à cela ce dessin rond, doux et chaleureux qui contraste fortement avec ce que vivent nos protagonistes, et vous obtenez un album de très bonne facture, au format original (merci aux éditions Fei !) et qui ne demande qu'à confirmer cette très bonne première impression. Un 3.5 mérité, qui ne demande qu'à devenir un 4 si la suite est du même tenant ! ***Lecture du second tome*** Voici un second tome tout aussi réussi que le premier. Les dessins sont toujours aussi beaux (on a même le droit à plusieurs pleines pages magnifiques) et les aventures de nos deux jeunes héros toujours aussi trépidantes. Espérons que la suite de cette série annoncée en 9 tomes nous procurera le même plaisir de lecture !
Love (Brrémaud)
Cet album mérite autant son 4/5 que son prix de 15€. En effet Love est une BD magnifique sur 2 plans : la palette graphique et la mise en scène. La palette graphique : chaque case est superbement colorée, on peut voir le tigre dans toutes les positions animales qu'il soit. Le rendu de la forêt tropicale est de toute beauté. La mise en scène et les cadrages sont aussi superbes. Au niveau du scénario, j'ai fortement apprécié les aventures de ce tigre, mais aussi toutes les petites histoires entre animaux (les escargots ou les paons par exemple), qui rajoutent à cet ouvrage une saveur particulière. Je conseille vivement l'achat.