Un vrai coup de cœur pour cette nouveauté. J'ai ri aux éclats à plusieurs reprises, essentiellement dans la première partie de l'album. Les références abordées par l'auteur sont multiples et rentrent magnifiquement bien dans les miennes. C'est drôle et pertinent, tout simplement.
Le dessin est parfait pour l'album. J'adore quand l'auteur traduit graphiquement les invraisemblances qu'il relève dans le cinéma. C'est tout simplement génial !
L'exercice pourrait sembler facile mais détrompez-vous, le concept est parfaitement traité et maîtrisé. Vivement la suite !
Anita Blake Tueuse de Vampire est adapté de la série de romans éponyme par Laurell K. Hamilton. Je n’ai pas lu ces romans, mais ils semblent avoir connu un succès confirmé outre-atlantique, voire être, au moins partiellement, à l’origine de cette mode (qui m’échappe) qualifiée de fantasie urbaine, c'est-à-dire ces histoires improbables de jeunes filles insipides déchirées par leur attirance pour différentes bêtes à crocs (je ne fais que colporter des ragots de fâcheux).
Après une petite vingtaine de bouquins, la donzelle se trouve donc croquée en comic (jeu de mot pitoyable). Je commente cette série, qui me semble à un moment intéressant pour le lecteur français : Milady vient de publier un premier tome francisé, mais la série existe depuis 2006, et est donc collectée en V.O. à la fois en TBP (trade paperbooks, couvertures souples) et en HC (hard covers, couvertures rigides comme chez nous), dont les prix ont par ailleurs significativement baissé.
Bref, découvrable en V.O. ou en V.F. Mon opinion se base sur plusieurs tomes, en V.O. donc.
Pour dire simple, je ne comprends pas bien pourquoi j’ai aimé cette BD. Pour passer en revue toutes ces choses aberrantes que je devrais honnir :
Tout d’abord, je flaire des remugles de bodice-ripper, ces romans à l’eau pas rose, destinés à un public féminin qui survole distraitement le semblant de scénario pour arriver aux passage où le héros, viril comme il se doit, arrache avec les dents (les siennes de préférence) le chemisier de l’héroïne, vertueuse mais emportée comme il se doit. Pas de ça dans la BD, mais il est facile de sentir les occasions dans le roman original. Et à la vue des couvertures des romans, c’est tendance chaud-bouillant, voire léger BDSM.
Outre le fait que je ne comprends pas cette fascination romantique (c’est l’euphémisme conventionnel) des jeunes femmes pour les monstres de la Hammer (franchement, la sensualité torride d’un truc poilu d’un tiers de tonne qui arrache la jambe des gens au lieu de se frotter contre), ce type de littérature (j’utilise le mot dans un sens libéral) est plus connu pour ses scénarii gravables sur un grain de riz que pour son imagination exubérante.
Ensuite, Anita semble souffrir du syndrome Wismerhill : une quinzaine de niveaux dans chaque classe (sauf celles où il en a 30), en plus des pouvoirs psioniques et des compagnons démoniaques. Notre bonne Anita accumule les compétences paranormales aussi vite et surement qu’un véhicule garé dans la capitale se pare de papillons contraventionnels.
Les personnages sont semi-ridicules, avec une mention spéciale pour Jean-Claude, le Chippendale à chemise à jabot, et accessoirement vampire à gros coefficient de balézitude. Enfin, là, on est en plein territoire Ricien, la femme d’entretien des vampires.
Le dessin est moyen plus, mais s’améliore au fil des tomes vers un niveau franchement sympathique ; j’aime le choix des couleurs. Je ne suis pas un expert du domaine, et je laisserai d’éventuels autres disséquer plus avant. Le graphisme est réaliste, même si parfois, certains personnages ont des cuisses étonnement hypertrophiées. Au moins échappent-t-ils à cette angularité exagérée commune dans la production US, même si Anita est victime de la malédiction WonderBra. Ce qui n’est pas nécessairement déplaisant, d’autant que le dessinateur fait beaucoup d’effort pour éviter la bimboification. Amies lectrices, les mâles musclés parsèment les pages, mais pas leurs chemises.
Arrivé à ce point, et je devrais avoir perdu 90% du public passé la première page, on est en droit de se demander pourquoi cette note de 4 étoiles.
Et bien, j’ai aimé. J’aime cet usage du monologue interne (en même temps, j’aime Mickey Spillane malgré ses innombrables défauts), j’aime cette relation de faiblesse que l’héroïne entretient malgré tout avec son environnement (je ne parle pas non plus d’un retour aux racines de l’horreur gothique, mais juste un écart rafraichissant aux poncifs du héro costaud), j’aime les pingouins (et Anita aussi).
Les scénarii sont adéquates sans être fantastiques, mais les personnages, même secondaires (c'est-à-dire tous sauf Anita), ont des points de développement intéressants, et le monde dans lequel ils évoluent à une cohérence tout à fait engageante.
En bref (j’aime ce mot pour son son, j’en ignore le sens), et pour paraphraser le premier tome : Guilty Pleasures ! Anita Blake est pour moi un plaisir coupable, dont je ne recommande cependant pas l’achat : tout le monde ne partagera pas mon point de vue, mais je conseille d’y jeter un œil, on ne sait jamais.
Un album qu'il m'a fallu du temps à ouvrir... la couverture ne m'inspirait pas du tout. Je me suis quand même décidée, un soir où je cherchais quoi lire, et franchement je l'ai dévoré, je ne suis pas déçue !
Une histoire très belle qui m'a vraiment émue (parfois un peu trop de bons sentiments... mais ça fait du bien de temps en temps), des personnages attachants, humains. On a vraiment envie de savoir qui est celle que recherche Léonard et on espère jusqu'au bout qu'il va la retrouver.
Le dessin est tout simplement superbe avec ses couleurs chaudes, pastel qui le rendent le chaleureux.
Lecture grandement recommandée et achat conseillé, surtout si on aime les beaux albums :)
Quelle ambiance dans ce Pedrosa !!!
Il nous a époustouflé avec Trois ombres et bien fait rire avec Auto Bio. Il revient magistral avec une BD douce et mélancolique porté par un dessin superbe et des couleurs chaudes orangées qui collent parfaitement à l'ambiance !
Un récit semi-autobiographique très touchant et qui prend de la saveur au fur et à mesure des pages !
200 pages qui passent trop vite. On voudrait en garder encore un peu tellement on prend du plaisir à savourer cette Bd magnifique !
C’est quoi ce truc ? 68 Mo pour un torchon ? Comment je fais moi avec ma connexion à 512Ko pour le récupérer ???
Une nuit de téléchargement, pour m’apercevoir au petit matin que mon chat a joué avec la prise téléphone et que ma connexion s’est coupée…Pfuuuu fait chier, je recommencerai quand il fera froid. Avec l’année à la con qu’on a, je ne suis même pas sûr de l’avoir avant Noël.
Et mon patron, qui ne veut pas que le proxy me laisse aller sur le blog récupérer le fichier en moins de 30 secondes…On n’est vraiment pas aidé.
Bon, ce n’est pas encore complètement le cas par chez moi, mais les températures ont malgré tout baissé et toujours est-il que cette nuit, par miracle, j’ai réussi à récupérer enfin le précieux bout de papier numérique.
Alors si mon patron ne veut pas que je le télécharge, tiens, je profiterai néanmoins de ma pause de midi et du matériel mis à ma disposition pour le lire. Niark, je suis démoniaque. Et j’ose même prendre 5 minutes de mon temps rémunéré pour rédiger mon avis. Je suis un vrai rebelle.
Attends, je ne sais plus de quoi je voulais parler ?!
Ah oui. Le Truc.
Certes, je n’ai sûrement pas tout saisi, bien qu’étant l’un des plus anciens posteurs de ce site, je ne suis pas forcément l’un des plus actifs, ni même participatifs. Mais franchement, on ne peut que féliciter les équipes pour le travail accompli.
Critiquer le dessin, les couleurs, le découpage, la mise en page ou l’intérêt du scénario, je ne vois pas l’intérêt : cet album va bien au-delà de ces considérations terre à terre.
C’est plus le message qu’il transmet qu’il faut regarder. Un peu comme une œuvre d’art qui ne représente rien de concret mais qui réussit malgré tout à transmettre des émotions.
L’émotion d’une bande de membres qui aiment un site internet suffisamment pour le lui dire. Combien de webmasters peuvent se targuer d’avoir reçu un tel cadeau public ? Ou même seulement UN cadeau ?
Cette BD est le signe à toute nouvelle personne venant sur le site marron qu’il y a une âme derrière ces pixels.
Même si vous ne connaissez pas l’histoire de BDtheque, même si vous ne connaissez pas les membres, lisez cette œuvre, vous comprendrez.
J'avais adoré le livre de John Gray sorti il y a quelques années déjà. Amusant et utile, il m'avait appris pas mal de choses sur le fonctionnement parfois étrange de la gent masculine et mis le doigt sur certaines de mes réactions à moi qui pouvaient provoquer de la contrariété chez mon conjoint à mon insu et bien malgré moi...
C'est donc avec enthousiasme que je me suis plongée dans la lecture de cette adaptation en BD qui est fort bien réussie. On y retrouve l'essentiel de ce qui fait nos différences et génère souvent incompréhension et frustration ou agacement, le tout sur un ton drôle et léger. Le dessin de Nathalie Jomard est excellent, coloré et drôle et illustre fort bien le propos.
La BD dans son ensemble est instructive sans se prendre au sérieux, j'ai souri et ri souvent, je m'y suis beaucoup retrouvée et je prends bonne note de certains conseils qui peuvent être fort utiles même s'il faut pour cela ronger son frein ;)
Un BD à lire à deux, pour comprendre l'autre, dédramatiser certaines situations et rire de ses propres travers. A acheter ou offrir !
Je suis un lecteur assidu et amoureux de l'oeuvre de Pratt. Il me semble important de l'indiquer en préambule pour que chacun puisse nuancer l'appréciation qui suit à sa juste valeur. Pratt fait partie de ces auteurs qui pour certains touchent au merveilleux quand d'autres n'entrent pas dans l'oeuvre, que ce soit graphiquement ou par les scenarii.
Je ne reviens pas sur le dessin de l'artiste qui à mes yeux est véritablement magnifique, transposant par un jeu de noir et blanc, d'ombrages et d'encrages, une action ou un lieu, un sentiment, bref il arrive avec très peu d'effets à donner un visuel clair mais surtout, son trait demeurant "vague", il nous laisse notre part d'imagination pour poursuivre la scène. On se sent à mi chemin du roman où l'imaginaire tourne à plein, à nous de faire la moitié du chemin pour "visualiser" le contexte. J'adore, je conçois que l'on n'aime pas, mais pour moi, c'est du tout bon.
Comme l'ont dit plusieurs intervenants, cette histoire est une des plus accessibles de Pratt. J'aime cette simplicité dans les scènes et les rapports humains que met en avant Pratt et qui se marient merveilleusement bien au contexte historique, à une frontière où tout colon connait intimement les autochtones et les figures locales. La Guerre d'Indépendance, juste en démarrage, est une période charnière de la civilisation nord américaine, avec déjà un melting-pot et une pensée romantique moderne.
Trois écueils malgré tout sur cette histoire, d'importance malgré tout et qui baissent la note d'ensemble. D'abord le récit, bien construit, aurait mérité de fouiller certains passages quand d'autres ne semblent que trop secondaires. Ensuite, certains dialogues ou plutôt pensées. Kenton pensant à son amour en pleine fusillade et autres. Cette petite guimauve nuit au propos. Enfin, certains personnages ne sont que survolés quand on aimerait les voir développés. Je pense là à Wetzel, à Simon Kenton, à l'assasin qui "entraine" la guerre............
Voila, un bon 3.5/5, une bonne lecture, que je conseille malgré tout.
J'avais rencontré Franck Giroud il y a quelques temps dans une séance de dédicace et il m'avait assez longuement parlé de L'angélus alors que la série n'était encore qu'un projet. Il m'avait clairement mis l'eau à la bouche et comme j'aime bien la collection Secrets, je trouve que globalement les histoires y sont souvent de qualité, j'avais hâte de lire celle ci.
Et une nouvelle fois je ne suis pas déçu. En plus du traditionnel secret de famille qui sert de fil rouge à la collection, cette nouvelle série réussit le tour de force de mélanger le secret fictif du héros avec un mystère bien réel autour d'un personnage ayant vraiment existé, en l'occurrence Salvador Dali. Idée que je trouve tout à fait remarquable !
Ce mélange est habile et très intéressant. Le fait d'introduire cette part de vérité dans le récit change un peu la façon dont l'intrigue est menée. Pour une fois le secret fictif du héros n'est pas le centre du récit, mais il est parallèle à l'enquête sur Dali. Il n'y a pas une partie qui prend le pas sur l'autre, c'est bien équilibré. Et comme toujours avec Giroud, c'est très bien raconté, on rentre dans ce récit avec facilité et plaisir. Les dessins sont originaux et franchement jolis.
Confirmation dans le tome 2 ! Les révélations tiennent la route à merveille. Tant celles "historiques" autour de Dali que celles romancé autour du secret de famille du héros.
Indéniablement la meilleure histoire de la collection.
Le conte du joueur de flûte est certes bien connu, mais il est loin d'être le plus renommé de tous ou l'incontournable qu'on trouve dans toutes les familles. Du coup cette adaptation très réussie est une excellente piqûre de rappel.
L'histoire se lit d'une traite, on rentre dedans facilement et le récit est sans temps mort. D'ailleurs celui-ci est bien équilibré entre "l'opération dératisation" et la vengeance du musicien floué, les deux parties de l'intrigue sont aussi bien traitées l'une que l'autre.
Ce dessin au style médiéval a un petit côté vieillot, mais c'est tant mieux car il colle parfaitement à l'ambiance moyenâgeuse du récit.
Au final une adaptation réussie et un bon moment de lecture.
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Un vrai coup de cœur pour cette nouveauté. J'ai ri aux éclats à plusieurs reprises, essentiellement dans la première partie de l'album. Les références abordées par l'auteur sont multiples et rentrent magnifiquement bien dans les miennes. C'est drôle et pertinent, tout simplement. Le dessin est parfait pour l'album. J'adore quand l'auteur traduit graphiquement les invraisemblances qu'il relève dans le cinéma. C'est tout simplement génial ! L'exercice pourrait sembler facile mais détrompez-vous, le concept est parfaitement traité et maîtrisé. Vivement la suite !
Les Derniers jours d'un immortel
Bonne nouvelle : on a euthanasié la Camarde. Sous la baguette utopiste de la fée Science-Fiction, à coups de pouce salutaires d’un photocopieur organique, l’espèce humaine s’est offert la prospérité. L’esprit sauvegardé, immuablement dupliqué dans des carcasses flambant neuves : la machina ex Deus enfante les « échos » providentiels (des clones, façonnables et multipliables, possédant la faculté de fusionner) au besoin ou à l’envie. Homo aeternam ! Et pour rien ou quasi. Chaque transmigration impose une unique concession. L'abandon modeste d'une parcelle de souvenirs, gommage des plus séculaires empreintes jalonnant les coulisses de l’hippocampe. Ce Karma séducteur est invoqué dans un futur hors d’atteinte, esquissant une quincaille scientifico-technologique absconse, invraisemblable, et des ethnogenèses à portée extragalactique. Les promesses d’un champ des possibles déconcertant, illimité, néanmoins corseté dans une S. F. diaphane et aporétique (ma préférée) qui consacre ses effets à l’investigation de son animal favori. L’auscultation subtile d’un drôle de mammifère à deux pattes au sein de l’expression ludique du « Et si ? ». Les planches, muées en éprouvettes de papier, transposent, conjecturent et expérimentent. De spéculation anthropo-ontologique en prospective éthique, elles illustrent avec astuce les concepts d’identité et d’altérité. Un laboratoire captivant à arpenter minutieusement, bulle à bulle, case par case, dans les pas et l’intimité du charismatique Elijah, membre éminent de la police philosophique (je sais, ça pique un peu les tympans la première fois) qui use les guêtres gémellaires de ses nombreuses doublures aux quatre coins du cosmos. Tant sollicité Lije (© Isaac A.) ! Psychologue finaud nanti d’une empathie universelle, il exploite ses compétences hors normes dans la résolution d’intrigues scabreuses, de bisbilles planétaires ou diverses contingences nées de l’incompréhension. L’apposition de tous ces aliens hétéroclites aux mœurs discordantes, d’exo-personnalités aux conceptions intrinsèquement différentes, étaye une approche maline, délicieusement fantaisiste, qui travestit le reflet et dissémine les métaphores ironiques d'un miroir exacerbant la réalité. La remise en question affine sa résonance au cœur d’un monde dématérialisé, aseptisé. En supprimant la constante mort de l’équation existentielle, Sapiens a exhorté un hédonisme gavé aux surenchères artificielles. Une dénaturation insidieuse de l’individu dramatisée par le lent sacrifice de sa mémoire. Glissando silencieux, dérive inéluctable du Je, qui ôte à Elijah le goût de l’amusement. L’homme, soudain conscient, épuisé par cet Infini ne servant qu’un perpétuel autre lui, accable, interroge son humanitude. En filigrane de sa quête fondamentale, s’instille une curieuse et douce poésie, la surprenante mélancolie de notre condition présente. Je suis ravi. Comblé par cette oeuvre qui rend magistralement honneur à un genre trop martyrisé par le neuvième art. Fabien Vehlmann éploie une heuristique lancinante et magnétique, intelligente, inventive, se conjuguant idéalement à la symbolique de Gwenn De Bonneval et son esthétisme épuré. Un théâtre tout en abstraction, quasiment contemplatif, dont les personnages bizarroïdes et l’iconographie, un chouia kitch, soufflent un air de psychédélisme Seventies. Regretterais-je, dans cet afflux de ruminations, l’absence de réponse tangible ? Car, sans revendiquer de juge, j’espérais déceler un parti plus marqué (humilité des auteurs ?). Broutille. Je les sais gré de tous ces élans cognitifs… et de mon léger malaise : nous sommes encore tous mortels, mais l’aube de la biogénétique, des nanotechnologies, et l’avènement du virtuel sèment les germes de transhommes, de posthommes, racines d’un futur qui, en préméditant l’exécution de La Faucheuse, augure le crépuscule du club humanité. Mauvaise nouvelle ?
Anita Blake Tueuse de Vampires
Anita Blake Tueuse de Vampire est adapté de la série de romans éponyme par Laurell K. Hamilton. Je n’ai pas lu ces romans, mais ils semblent avoir connu un succès confirmé outre-atlantique, voire être, au moins partiellement, à l’origine de cette mode (qui m’échappe) qualifiée de fantasie urbaine, c'est-à-dire ces histoires improbables de jeunes filles insipides déchirées par leur attirance pour différentes bêtes à crocs (je ne fais que colporter des ragots de fâcheux). Après une petite vingtaine de bouquins, la donzelle se trouve donc croquée en comic (jeu de mot pitoyable). Je commente cette série, qui me semble à un moment intéressant pour le lecteur français : Milady vient de publier un premier tome francisé, mais la série existe depuis 2006, et est donc collectée en V.O. à la fois en TBP (trade paperbooks, couvertures souples) et en HC (hard covers, couvertures rigides comme chez nous), dont les prix ont par ailleurs significativement baissé. Bref, découvrable en V.O. ou en V.F. Mon opinion se base sur plusieurs tomes, en V.O. donc. Pour dire simple, je ne comprends pas bien pourquoi j’ai aimé cette BD. Pour passer en revue toutes ces choses aberrantes que je devrais honnir : Tout d’abord, je flaire des remugles de bodice-ripper, ces romans à l’eau pas rose, destinés à un public féminin qui survole distraitement le semblant de scénario pour arriver aux passage où le héros, viril comme il se doit, arrache avec les dents (les siennes de préférence) le chemisier de l’héroïne, vertueuse mais emportée comme il se doit. Pas de ça dans la BD, mais il est facile de sentir les occasions dans le roman original. Et à la vue des couvertures des romans, c’est tendance chaud-bouillant, voire léger BDSM. Outre le fait que je ne comprends pas cette fascination romantique (c’est l’euphémisme conventionnel) des jeunes femmes pour les monstres de la Hammer (franchement, la sensualité torride d’un truc poilu d’un tiers de tonne qui arrache la jambe des gens au lieu de se frotter contre), ce type de littérature (j’utilise le mot dans un sens libéral) est plus connu pour ses scénarii gravables sur un grain de riz que pour son imagination exubérante. Ensuite, Anita semble souffrir du syndrome Wismerhill : une quinzaine de niveaux dans chaque classe (sauf celles où il en a 30), en plus des pouvoirs psioniques et des compagnons démoniaques. Notre bonne Anita accumule les compétences paranormales aussi vite et surement qu’un véhicule garé dans la capitale se pare de papillons contraventionnels. Les personnages sont semi-ridicules, avec une mention spéciale pour Jean-Claude, le Chippendale à chemise à jabot, et accessoirement vampire à gros coefficient de balézitude. Enfin, là, on est en plein territoire Ricien, la femme d’entretien des vampires. Le dessin est moyen plus, mais s’améliore au fil des tomes vers un niveau franchement sympathique ; j’aime le choix des couleurs. Je ne suis pas un expert du domaine, et je laisserai d’éventuels autres disséquer plus avant. Le graphisme est réaliste, même si parfois, certains personnages ont des cuisses étonnement hypertrophiées. Au moins échappent-t-ils à cette angularité exagérée commune dans la production US, même si Anita est victime de la malédiction WonderBra. Ce qui n’est pas nécessairement déplaisant, d’autant que le dessinateur fait beaucoup d’effort pour éviter la bimboification. Amies lectrices, les mâles musclés parsèment les pages, mais pas leurs chemises. Arrivé à ce point, et je devrais avoir perdu 90% du public passé la première page, on est en droit de se demander pourquoi cette note de 4 étoiles. Et bien, j’ai aimé. J’aime cet usage du monologue interne (en même temps, j’aime Mickey Spillane malgré ses innombrables défauts), j’aime cette relation de faiblesse que l’héroïne entretient malgré tout avec son environnement (je ne parle pas non plus d’un retour aux racines de l’horreur gothique, mais juste un écart rafraichissant aux poncifs du héro costaud), j’aime les pingouins (et Anita aussi). Les scénarii sont adéquates sans être fantastiques, mais les personnages, même secondaires (c'est-à-dire tous sauf Anita), ont des points de développement intéressants, et le monde dans lequel ils évoluent à une cohérence tout à fait engageante. En bref (j’aime ce mot pour son son, j’en ignore le sens), et pour paraphraser le premier tome : Guilty Pleasures ! Anita Blake est pour moi un plaisir coupable, dont je ne recommande cependant pas l’achat : tout le monde ne partagera pas mon point de vue, mais je conseille d’y jeter un œil, on ne sait jamais.
Exauce-nous
Un album qu'il m'a fallu du temps à ouvrir... la couverture ne m'inspirait pas du tout. Je me suis quand même décidée, un soir où je cherchais quoi lire, et franchement je l'ai dévoré, je ne suis pas déçue ! Une histoire très belle qui m'a vraiment émue (parfois un peu trop de bons sentiments... mais ça fait du bien de temps en temps), des personnages attachants, humains. On a vraiment envie de savoir qui est celle que recherche Léonard et on espère jusqu'au bout qu'il va la retrouver. Le dessin est tout simplement superbe avec ses couleurs chaudes, pastel qui le rendent le chaleureux. Lecture grandement recommandée et achat conseillé, surtout si on aime les beaux albums :)
Portugal
Quelle ambiance dans ce Pedrosa !!! Il nous a époustouflé avec Trois ombres et bien fait rire avec Auto Bio. Il revient magistral avec une BD douce et mélancolique porté par un dessin superbe et des couleurs chaudes orangées qui collent parfaitement à l'ambiance ! Un récit semi-autobiographique très touchant et qui prend de la saveur au fur et à mesure des pages ! 200 pages qui passent trop vite. On voudrait en garder encore un peu tellement on prend du plaisir à savourer cette Bd magnifique !
Les Belles Histoires de l'Oncle Alix
C’est quoi ce truc ? 68 Mo pour un torchon ? Comment je fais moi avec ma connexion à 512Ko pour le récupérer ??? Une nuit de téléchargement, pour m’apercevoir au petit matin que mon chat a joué avec la prise téléphone et que ma connexion s’est coupée…Pfuuuu fait chier, je recommencerai quand il fera froid. Avec l’année à la con qu’on a, je ne suis même pas sûr de l’avoir avant Noël. Et mon patron, qui ne veut pas que le proxy me laisse aller sur le blog récupérer le fichier en moins de 30 secondes…On n’est vraiment pas aidé. Bon, ce n’est pas encore complètement le cas par chez moi, mais les températures ont malgré tout baissé et toujours est-il que cette nuit, par miracle, j’ai réussi à récupérer enfin le précieux bout de papier numérique. Alors si mon patron ne veut pas que je le télécharge, tiens, je profiterai néanmoins de ma pause de midi et du matériel mis à ma disposition pour le lire. Niark, je suis démoniaque. Et j’ose même prendre 5 minutes de mon temps rémunéré pour rédiger mon avis. Je suis un vrai rebelle. Attends, je ne sais plus de quoi je voulais parler ?! Ah oui. Le Truc. Certes, je n’ai sûrement pas tout saisi, bien qu’étant l’un des plus anciens posteurs de ce site, je ne suis pas forcément l’un des plus actifs, ni même participatifs. Mais franchement, on ne peut que féliciter les équipes pour le travail accompli. Critiquer le dessin, les couleurs, le découpage, la mise en page ou l’intérêt du scénario, je ne vois pas l’intérêt : cet album va bien au-delà de ces considérations terre à terre. C’est plus le message qu’il transmet qu’il faut regarder. Un peu comme une œuvre d’art qui ne représente rien de concret mais qui réussit malgré tout à transmettre des émotions. L’émotion d’une bande de membres qui aiment un site internet suffisamment pour le lui dire. Combien de webmasters peuvent se targuer d’avoir reçu un tel cadeau public ? Ou même seulement UN cadeau ? Cette BD est le signe à toute nouvelle personne venant sur le site marron qu’il y a une âme derrière ces pixels. Même si vous ne connaissez pas l’histoire de BDtheque, même si vous ne connaissez pas les membres, lisez cette œuvre, vous comprendrez.
Les Hommes viennent de Mars, les Femmes viennent de Venus
J'avais adoré le livre de John Gray sorti il y a quelques années déjà. Amusant et utile, il m'avait appris pas mal de choses sur le fonctionnement parfois étrange de la gent masculine et mis le doigt sur certaines de mes réactions à moi qui pouvaient provoquer de la contrariété chez mon conjoint à mon insu et bien malgré moi... C'est donc avec enthousiasme que je me suis plongée dans la lecture de cette adaptation en BD qui est fort bien réussie. On y retrouve l'essentiel de ce qui fait nos différences et génère souvent incompréhension et frustration ou agacement, le tout sur un ton drôle et léger. Le dessin de Nathalie Jomard est excellent, coloré et drôle et illustre fort bien le propos. La BD dans son ensemble est instructive sans se prendre au sérieux, j'ai souri et ri souvent, je m'y suis beaucoup retrouvée et je prends bonne note de certains conseils qui peuvent être fort utiles même s'il faut pour cela ronger son frein ;) Un BD à lire à deux, pour comprendre l'autre, dédramatiser certaines situations et rire de ses propres travers. A acheter ou offrir !
Fort Wheeling
Je suis un lecteur assidu et amoureux de l'oeuvre de Pratt. Il me semble important de l'indiquer en préambule pour que chacun puisse nuancer l'appréciation qui suit à sa juste valeur. Pratt fait partie de ces auteurs qui pour certains touchent au merveilleux quand d'autres n'entrent pas dans l'oeuvre, que ce soit graphiquement ou par les scenarii. Je ne reviens pas sur le dessin de l'artiste qui à mes yeux est véritablement magnifique, transposant par un jeu de noir et blanc, d'ombrages et d'encrages, une action ou un lieu, un sentiment, bref il arrive avec très peu d'effets à donner un visuel clair mais surtout, son trait demeurant "vague", il nous laisse notre part d'imagination pour poursuivre la scène. On se sent à mi chemin du roman où l'imaginaire tourne à plein, à nous de faire la moitié du chemin pour "visualiser" le contexte. J'adore, je conçois que l'on n'aime pas, mais pour moi, c'est du tout bon. Comme l'ont dit plusieurs intervenants, cette histoire est une des plus accessibles de Pratt. J'aime cette simplicité dans les scènes et les rapports humains que met en avant Pratt et qui se marient merveilleusement bien au contexte historique, à une frontière où tout colon connait intimement les autochtones et les figures locales. La Guerre d'Indépendance, juste en démarrage, est une période charnière de la civilisation nord américaine, avec déjà un melting-pot et une pensée romantique moderne. Trois écueils malgré tout sur cette histoire, d'importance malgré tout et qui baissent la note d'ensemble. D'abord le récit, bien construit, aurait mérité de fouiller certains passages quand d'autres ne semblent que trop secondaires. Ensuite, certains dialogues ou plutôt pensées. Kenton pensant à son amour en pleine fusillade et autres. Cette petite guimauve nuit au propos. Enfin, certains personnages ne sont que survolés quand on aimerait les voir développés. Je pense là à Wetzel, à Simon Kenton, à l'assasin qui "entraine" la guerre............ Voila, un bon 3.5/5, une bonne lecture, que je conseille malgré tout.
Secrets - L'Angélus
J'avais rencontré Franck Giroud il y a quelques temps dans une séance de dédicace et il m'avait assez longuement parlé de L'angélus alors que la série n'était encore qu'un projet. Il m'avait clairement mis l'eau à la bouche et comme j'aime bien la collection Secrets, je trouve que globalement les histoires y sont souvent de qualité, j'avais hâte de lire celle ci. Et une nouvelle fois je ne suis pas déçu. En plus du traditionnel secret de famille qui sert de fil rouge à la collection, cette nouvelle série réussit le tour de force de mélanger le secret fictif du héros avec un mystère bien réel autour d'un personnage ayant vraiment existé, en l'occurrence Salvador Dali. Idée que je trouve tout à fait remarquable ! Ce mélange est habile et très intéressant. Le fait d'introduire cette part de vérité dans le récit change un peu la façon dont l'intrigue est menée. Pour une fois le secret fictif du héros n'est pas le centre du récit, mais il est parallèle à l'enquête sur Dali. Il n'y a pas une partie qui prend le pas sur l'autre, c'est bien équilibré. Et comme toujours avec Giroud, c'est très bien raconté, on rentre dans ce récit avec facilité et plaisir. Les dessins sont originaux et franchement jolis. Confirmation dans le tome 2 ! Les révélations tiennent la route à merveille. Tant celles "historiques" autour de Dali que celles romancé autour du secret de famille du héros. Indéniablement la meilleure histoire de la collection.
Hamelin
Le conte du joueur de flûte est certes bien connu, mais il est loin d'être le plus renommé de tous ou l'incontournable qu'on trouve dans toutes les familles. Du coup cette adaptation très réussie est une excellente piqûre de rappel. L'histoire se lit d'une traite, on rentre dedans facilement et le récit est sans temps mort. D'ailleurs celui-ci est bien équilibré entre "l'opération dératisation" et la vengeance du musicien floué, les deux parties de l'intrigue sont aussi bien traitées l'une que l'autre. Ce dessin au style médiéval a un petit côté vieillot, mais c'est tant mieux car il colle parfaitement à l'ambiance moyenâgeuse du récit. Au final une adaptation réussie et un bon moment de lecture.