Ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha
ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha
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ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !!!
Cela résume bien l'état d'esprit dans lequel j'étais à la lecture de l'album. (Oui, comme vous allez le voir, mon avis est assez proche de celui de Cassidy).
Paf & Hencule, le chien et le chat, parodie de Pif et Hercule est un monument d'humour trash et noir. Attention, ça ne va certainement pas plaire à tout le monde.
Si blaguer sur les maladies incurables, le racisme, les pratiques sexuelles improbables, le nazisme, ne vous choque pas, alors je peux vous conseillez cette lecture. Encore faudrait-il que l'humour débilo-pipi-caca vous plaise aussi. En effet, cet album est un melting pot de gags touchant autant à l'absurde qu'au style plus tarte-à-la-crème, mais avec des strips limite dérangeants parfois (l'album a été censuré -ceci étant dit, je ne comprends pas pourquoi les gags censurés, que j'ai pu lire et qui touchent au racisme, l'ont été plus que d'autres de l'album, dans la même veine ?-), avec un humour soit fin, soit extrêmement gras et lourd.
Attention, je ne dis pas que tous les strips font mouche, mais une grande majorité en tout cas.
Goupil Acnéique a un dessin assez underground que je trouve bien réalisé ; ses personnages filiformes ont tous de bonnes têtes de cons. Il n'y a pas beaucoup de décors, mais le format du strip ne s'y prête pas bien non plus. Donc voilà moi la partie graphique de l'album me plaît bien.
Après, l'album est parsemé de tout pleins de petits bonus (certains appelleront ça du remplissage), comme les "bonus femme à poil", la note de l'éditeur, Satin et Miloutre au Congo, les gags en une page où le mot de Victor Hugo, tous étant pas aussi drôle que les strips (à part les deux derniers cités) et font donc un peu baisser l'intérêt porté à l'album quelque fois, et m'empêche donc de mettre la note maximale (ça et aussi le fait que les strips se passant à l'hôpital, sont peut-être un peu nombreux et moins variés dans leurs situations que les 10 dernières pages, ils sont donc moins percutants sur la longueur), mais dans l'ensemble, "Paf & Hencule" est un album très drôle (bien que réservé à un public averti), très loin de tout ce que l'on peut lire aujourd'hui comme BD d'humour. Note : 4.5/5
(A noter : une préface dessinée de Bastien Vivès).
Voici un très bon ouvrage qui malgré ses 300 pages est avalé relativement rapidement. En effet David Small a un style très aéré et pas mal de pages sont sans texte. Il reste que c'est très percutant et poignant. L'auteur raconte son enfance et les séances de radiothérapie prodiguées par son père médecin alors qu'on n'en maîtrisait pas encore les effets secondaires. C'est le récit d'une enfance douloureuse, d'une adolescence solitaire qui ne s'arrange pas lorsqu'il perd sa voix et surtout d'une mère incroyablement distante. C'est très fort à quel point l'auteur arrive à restituer l'absence d'affection qu'il ressentait durant toutes ses années.
Bref, un titre qui m'avait interpellé dès sa sortie et qui ne m'a pas déçu lorsque j'ai eu l'occasion de le lire 2 ans plus tard.
Folles passions décrit les moeurs du Japon au XIXème siècle, un peu à la manière de La Plaine du Kanto du même auteur. C'est une suite de petites histoires sur la vie au sein des baraques d'Edo dans lesquelles on trouve le maître Hokusai, le vieux fou de dessin. Mais contrairement au manga Hokusai de Ishinomori, Folles passions est assez peu centré sur la vie du maître. Ce n'est pas une biographie mais plus une retranscription de la vie assez miséreuse à l'époque il faut le dire et notamment celle de Sutehachi un disciple du maître qui ne pense qu'à faire la fête, s'enivrer et s'entourer de femmes au lieu de développer véritablement son talent d'artiste.
Ces trois tomes denses de 300 pages décrivent une vie de Bohême de Sutehachi qui réalise des dessins érotiques ne récoltant que le mépris de son père qui est lui un artiste reconnu. Nous croisons aussi O-Shichi une femme qui se laisse dévorer tragiquement par une passion après avoir goûté à l'amour avec Sutehachi. Il s'agit même d'une véritable auto-destruction au fur et à mesure allant jusqu'à provoquer un gigantesque incendie, métaphore du désir qui brûle en elle. Un doux mélange de vie et de mort, d'amour et de sexe, dans tous les cas une violence latente est instillée dans ses pages pour exploser par moments. C'est cru, c'est crade. On ne voit Hokusai que sur la fin de sa vie mais on peut penser que Sutehachi est à son image, le miroir d'une seconde jeunesse en quelque sorte.
Le trait du mangaka est dynamique, c'est loin d'être un débutant à ce niveau. Bref ce manga n'est pas ce qu'il y a de plus accessible mais est à découvrir.
Une belle couverture, des avis initiaux globalement enthousiastes, une interview fort sympathique, et me voilà à mon tour embarqué dans l'imaginaire d'Aurélien Maury.
Car figurez-vous que le jeune homme me semble bourré de talent. Il nous propose l'histoire de Larry, un jeune homme à la tête pleine d'étoiles et qui passe difficilement à l'âge adulte. A ce titre, l'utilisation du nounours comme allégorie de son enfance est plutôt bien mise en oeuvre, à défaut d'être réellement originale. J'ai bien aimé la façon dont le récit est mis en scène, tantôt du gaufrier, tantôt des illustrations pleine page (sachant que l'album est au format à l'italienne) ou encore quelques cases centrées -ou pas- sur la page. Un découpage au service de l'histoire, ce qui dénote une maturité narrative certaine.
J'aime beaucoup le dessin également, faussement épuré, largement inspiré du mouvement underground américain, à la mise en couleurs pastel de première bourre.
Un excellent premier album.
Mana Neyestani est un dessinateur de presse, d'obédience modérée. Un jour il a le malheur de mettre dans la "bouche" d'un de ses personnages, un cafard, un mot azéri, utilisé au quotidien dans l'argot iranien. Ce fait anodin est monté en épingle et provoque une vague de manifestations et de troubles chez cette minorité du nord du pays. Neyestani est donc devenu le bouc émissaire ; emprisonné, il doit subir les brimades (essentiellement verbales, si l'on en croit l'histoire) des autorités, qui leur permettraient de mettre au pas toute une frange de la presse. Mais Neyestani ne plie pas, se bornant à raconter des choses anodines. Son calvaire va durer plusieurs mois, avec pour seul compagnon Mehrdad, son rédacteur en chef, et sa conscience (ou sa culpabilité), représentée sous forme de cafard...
L'album est très intéressant, il montre comment se passe la censure en Iran dans les années 2005-2010, alors que le pays est maintenant plus fermé à l'extérieur. Sans en rajouter, notamment sur les brimades dont il a pu être victime, Neyestani place l'histoire récente de son pays sous un éclairage nouveau. Malgré la gravité de leur situation, il y a quelques moments plus légers, comme lorsqu'ils apprennent que l'équipe nationale de leur pays vient de marquer un but au Mexique en Coupe du Monde de foot. La mise en scène est dynamique, même si l'on sent l'origine du dessinateur. Son style un peu caricatural est très efficace, il est à rapprocher de celui de nombreux auteurs américains comparables, comme Joe Sacco.
Une lecture très intéressante. Il serait dommage qu'un tel ouvrage passe inaperçu.
Pour avoir écouté le ring de Wagner (14 h ... ) dans plusieurs versions différentes, voilà un des quatre volets qui le compose que je connaissais bien !
La BD a ses points forts et ses points faibles, n'est pas toujours très limpide, voire quasi confuse, dans ses développements scénaritiques par rapport à la trame de l'histoire, mais reste dans l'ensemble une belle épopée graphique qu'il serait dommage de se priver de par la magnificience du visuel.
Un 4 étoiles bien mérité pour ce triptyique dant le scénario est difficile à mettre en image, même si perfectible dans la narration manquant de transparence.
Leone Frollo, auteur de la série déjà remarquable et remarquée Casino ("maison close" en français) nous offre là de nouvelles aventures érotiques avec "Mona Street", publiée pour la première fois en 1988, aux éditions Dominique Leroy.
Cette superbe intégrale reprend l'ensemble de la vie de Mona, fausse ingénie mais vraie déesse vouée au sexe.
Tout d'abord, il faut souligner le dessin admirable de Frollo, un dessin plus fouillé et plus précis que celui employé sur Casino. D'ailleurs, contrairement à cette série, les décors, les détails, voire les dialogues sont plus riches. On rencontre même dans cet album, la dame patronne de "One Two Two", déjà présente dans Casino
Leone Frollo développe tout son talent dans cette édition définitive, en dessinant avec maestria les lingeries, et tenues du début du XXème siècle.
Plus proche des "Claudine" de Colette & Willy que de la bd pornographique, cette intégrale possède un charme désuet mais si magnifiquement mis en page, que l'on ne peut s'en détacher.
Alternant dessin encré et esquisse, cet album est, à mon avis, l'un des plus remarquables édités par Delcourt, dans la collection Erotix.
Une histoire toute simple, sans texte mais avec des bulles facilement compréhensibles par un jeune enfant. Une petite morale sur l’acceptation de l’autre et sur le fait que les apparences sont parfois trompeuses. De l’humour, de la poésie.
Un dessin rond, doux et expressif, rehaussé par une belle colorisation.
Une réussite en somme pour ce petit album adressé à un très jeune public. A découvrir car franchement sympathique !
Trinquons, chers amis à cette heureuse aventure et délectable idée que nous propose Etienne Davodeau avec cet album !
Oui, nous sommes tous des ignorants ! Peut-être des "spécialistes" dans un domaine... mais toujours ignorants dans tellement d'autres.
Et c'est cette idée simple qu'exploite avec brio Etienne Davodeau, croisant ses connaissances de la BD et celles d'un de ses amis viticulteur. Chacun maîtrise son art, mais reste un peu perdu dans le champ de prédilection de l'autre.
Tour à tour chacun s'immerge, découvre, goûte, doute, apprécie et s'initie petit à petit à l'univers de l'autre. Bel éloge de l'ouverture d'esprit à travers deux mondes que tout semblait opposer. Bravo môssieur Davodeau !
Car au delà du sujet, ce "petit" pavé est loin d'être bouchonné : ça se lit jusqu'à la lie ! Davodeau poursuit son travail graphique avec une grande maîtrise de la narration. C'est simple, efficace, expressif : tout sert son propos, sans en rajouter. Je noterai quand même quelques légères longueurs sur certains passages, histoire d'être critique, mais l'ensemble est vraiment bon et original dans la démarche.
A lire et/ou à boire sans modération, bien sûr !
Bon que dire?
Je viens de dévorer le premier tome, chose qui chez moi est très rare avec la bd américaine.
Je trouve qu'on accroche très vite à l'histoire. Pas besoin de lire 4 chapitres pour voir le commencement, bien au contraire on est direct dans le vif du sujet
Les dessins sont très beaux, un vrai coup de crayon ces auteurs.
Enfin c'est une bd que je conseille fortement et je me demande combien de tome ils nous réservent
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Paf & Hencule
Ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !!! Cela résume bien l'état d'esprit dans lequel j'étais à la lecture de l'album. (Oui, comme vous allez le voir, mon avis est assez proche de celui de Cassidy). Paf & Hencule, le chien et le chat, parodie de Pif et Hercule est un monument d'humour trash et noir. Attention, ça ne va certainement pas plaire à tout le monde. Si blaguer sur les maladies incurables, le racisme, les pratiques sexuelles improbables, le nazisme, ne vous choque pas, alors je peux vous conseillez cette lecture. Encore faudrait-il que l'humour débilo-pipi-caca vous plaise aussi. En effet, cet album est un melting pot de gags touchant autant à l'absurde qu'au style plus tarte-à-la-crème, mais avec des strips limite dérangeants parfois (l'album a été censuré -ceci étant dit, je ne comprends pas pourquoi les gags censurés, que j'ai pu lire et qui touchent au racisme, l'ont été plus que d'autres de l'album, dans la même veine ?-), avec un humour soit fin, soit extrêmement gras et lourd. Attention, je ne dis pas que tous les strips font mouche, mais une grande majorité en tout cas. Goupil Acnéique a un dessin assez underground que je trouve bien réalisé ; ses personnages filiformes ont tous de bonnes têtes de cons. Il n'y a pas beaucoup de décors, mais le format du strip ne s'y prête pas bien non plus. Donc voilà moi la partie graphique de l'album me plaît bien. Après, l'album est parsemé de tout pleins de petits bonus (certains appelleront ça du remplissage), comme les "bonus femme à poil", la note de l'éditeur, Satin et Miloutre au Congo, les gags en une page où le mot de Victor Hugo, tous étant pas aussi drôle que les strips (à part les deux derniers cités) et font donc un peu baisser l'intérêt porté à l'album quelque fois, et m'empêche donc de mettre la note maximale (ça et aussi le fait que les strips se passant à l'hôpital, sont peut-être un peu nombreux et moins variés dans leurs situations que les 10 dernières pages, ils sont donc moins percutants sur la longueur), mais dans l'ensemble, "Paf & Hencule" est un album très drôle (bien que réservé à un public averti), très loin de tout ce que l'on peut lire aujourd'hui comme BD d'humour. Note : 4.5/5 (A noter : une préface dessinée de Bastien Vivès).
Sutures
Voici un très bon ouvrage qui malgré ses 300 pages est avalé relativement rapidement. En effet David Small a un style très aéré et pas mal de pages sont sans texte. Il reste que c'est très percutant et poignant. L'auteur raconte son enfance et les séances de radiothérapie prodiguées par son père médecin alors qu'on n'en maîtrisait pas encore les effets secondaires. C'est le récit d'une enfance douloureuse, d'une adolescence solitaire qui ne s'arrange pas lorsqu'il perd sa voix et surtout d'une mère incroyablement distante. C'est très fort à quel point l'auteur arrive à restituer l'absence d'affection qu'il ressentait durant toutes ses années. Bref, un titre qui m'avait interpellé dès sa sortie et qui ne m'a pas déçu lorsque j'ai eu l'occasion de le lire 2 ans plus tard.
Folles passions
Folles passions décrit les moeurs du Japon au XIXème siècle, un peu à la manière de La Plaine du Kanto du même auteur. C'est une suite de petites histoires sur la vie au sein des baraques d'Edo dans lesquelles on trouve le maître Hokusai, le vieux fou de dessin. Mais contrairement au manga Hokusai de Ishinomori, Folles passions est assez peu centré sur la vie du maître. Ce n'est pas une biographie mais plus une retranscription de la vie assez miséreuse à l'époque il faut le dire et notamment celle de Sutehachi un disciple du maître qui ne pense qu'à faire la fête, s'enivrer et s'entourer de femmes au lieu de développer véritablement son talent d'artiste. Ces trois tomes denses de 300 pages décrivent une vie de Bohême de Sutehachi qui réalise des dessins érotiques ne récoltant que le mépris de son père qui est lui un artiste reconnu. Nous croisons aussi O-Shichi une femme qui se laisse dévorer tragiquement par une passion après avoir goûté à l'amour avec Sutehachi. Il s'agit même d'une véritable auto-destruction au fur et à mesure allant jusqu'à provoquer un gigantesque incendie, métaphore du désir qui brûle en elle. Un doux mélange de vie et de mort, d'amour et de sexe, dans tous les cas une violence latente est instillée dans ses pages pour exploser par moments. C'est cru, c'est crade. On ne voit Hokusai que sur la fin de sa vie mais on peut penser que Sutehachi est à son image, le miroir d'une seconde jeunesse en quelque sorte. Le trait du mangaka est dynamique, c'est loin d'être un débutant à ce niveau. Bref ce manga n'est pas ce qu'il y a de plus accessible mais est à découvrir.
Le Dernier Cosmonaute
Une belle couverture, des avis initiaux globalement enthousiastes, une interview fort sympathique, et me voilà à mon tour embarqué dans l'imaginaire d'Aurélien Maury. Car figurez-vous que le jeune homme me semble bourré de talent. Il nous propose l'histoire de Larry, un jeune homme à la tête pleine d'étoiles et qui passe difficilement à l'âge adulte. A ce titre, l'utilisation du nounours comme allégorie de son enfance est plutôt bien mise en oeuvre, à défaut d'être réellement originale. J'ai bien aimé la façon dont le récit est mis en scène, tantôt du gaufrier, tantôt des illustrations pleine page (sachant que l'album est au format à l'italienne) ou encore quelques cases centrées -ou pas- sur la page. Un découpage au service de l'histoire, ce qui dénote une maturité narrative certaine. J'aime beaucoup le dessin également, faussement épuré, largement inspiré du mouvement underground américain, à la mise en couleurs pastel de première bourre. Un excellent premier album.
Une Métamorphose iranienne
Mana Neyestani est un dessinateur de presse, d'obédience modérée. Un jour il a le malheur de mettre dans la "bouche" d'un de ses personnages, un cafard, un mot azéri, utilisé au quotidien dans l'argot iranien. Ce fait anodin est monté en épingle et provoque une vague de manifestations et de troubles chez cette minorité du nord du pays. Neyestani est donc devenu le bouc émissaire ; emprisonné, il doit subir les brimades (essentiellement verbales, si l'on en croit l'histoire) des autorités, qui leur permettraient de mettre au pas toute une frange de la presse. Mais Neyestani ne plie pas, se bornant à raconter des choses anodines. Son calvaire va durer plusieurs mois, avec pour seul compagnon Mehrdad, son rédacteur en chef, et sa conscience (ou sa culpabilité), représentée sous forme de cafard... L'album est très intéressant, il montre comment se passe la censure en Iran dans les années 2005-2010, alors que le pays est maintenant plus fermé à l'extérieur. Sans en rajouter, notamment sur les brimades dont il a pu être victime, Neyestani place l'histoire récente de son pays sous un éclairage nouveau. Malgré la gravité de leur situation, il y a quelques moments plus légers, comme lorsqu'ils apprennent que l'équipe nationale de leur pays vient de marquer un but au Mexique en Coupe du Monde de foot. La mise en scène est dynamique, même si l'on sent l'origine du dessinateur. Son style un peu caricatural est très efficace, il est à rapprocher de celui de nombreux auteurs américains comparables, comme Joe Sacco. Une lecture très intéressante. Il serait dommage qu'un tel ouvrage passe inaperçu.
Siegfried
Pour avoir écouté le ring de Wagner (14 h ... ) dans plusieurs versions différentes, voilà un des quatre volets qui le compose que je connaissais bien ! La BD a ses points forts et ses points faibles, n'est pas toujours très limpide, voire quasi confuse, dans ses développements scénaritiques par rapport à la trame de l'histoire, mais reste dans l'ensemble une belle épopée graphique qu'il serait dommage de se priver de par la magnificience du visuel. Un 4 étoiles bien mérité pour ce triptyique dant le scénario est difficile à mettre en image, même si perfectible dans la narration manquant de transparence.
Mona Street
Leone Frollo, auteur de la série déjà remarquable et remarquée Casino ("maison close" en français) nous offre là de nouvelles aventures érotiques avec "Mona Street", publiée pour la première fois en 1988, aux éditions Dominique Leroy. Cette superbe intégrale reprend l'ensemble de la vie de Mona, fausse ingénie mais vraie déesse vouée au sexe. Tout d'abord, il faut souligner le dessin admirable de Frollo, un dessin plus fouillé et plus précis que celui employé sur Casino. D'ailleurs, contrairement à cette série, les décors, les détails, voire les dialogues sont plus riches. On rencontre même dans cet album, la dame patronne de "One Two Two", déjà présente dans Casino Leone Frollo développe tout son talent dans cette édition définitive, en dessinant avec maestria les lingeries, et tenues du début du XXème siècle. Plus proche des "Claudine" de Colette & Willy que de la bd pornographique, cette intégrale possède un charme désuet mais si magnifiquement mis en page, que l'on ne peut s'en détacher. Alternant dessin encré et esquisse, cet album est, à mon avis, l'un des plus remarquables édités par Delcourt, dans la collection Erotix.
Sakura
Une histoire toute simple, sans texte mais avec des bulles facilement compréhensibles par un jeune enfant. Une petite morale sur l’acceptation de l’autre et sur le fait que les apparences sont parfois trompeuses. De l’humour, de la poésie. Un dessin rond, doux et expressif, rehaussé par une belle colorisation. Une réussite en somme pour ce petit album adressé à un très jeune public. A découvrir car franchement sympathique !
Les Ignorants
Trinquons, chers amis à cette heureuse aventure et délectable idée que nous propose Etienne Davodeau avec cet album ! Oui, nous sommes tous des ignorants ! Peut-être des "spécialistes" dans un domaine... mais toujours ignorants dans tellement d'autres. Et c'est cette idée simple qu'exploite avec brio Etienne Davodeau, croisant ses connaissances de la BD et celles d'un de ses amis viticulteur. Chacun maîtrise son art, mais reste un peu perdu dans le champ de prédilection de l'autre. Tour à tour chacun s'immerge, découvre, goûte, doute, apprécie et s'initie petit à petit à l'univers de l'autre. Bel éloge de l'ouverture d'esprit à travers deux mondes que tout semblait opposer. Bravo môssieur Davodeau ! Car au delà du sujet, ce "petit" pavé est loin d'être bouchonné : ça se lit jusqu'à la lie ! Davodeau poursuit son travail graphique avec une grande maîtrise de la narration. C'est simple, efficace, expressif : tout sert son propos, sans en rajouter. Je noterai quand même quelques légères longueurs sur certains passages, histoire d'être critique, mais l'ensemble est vraiment bon et original dans la démarche. A lire et/ou à boire sans modération, bien sûr !
Haunt
Bon que dire? Je viens de dévorer le premier tome, chose qui chez moi est très rare avec la bd américaine. Je trouve qu'on accroche très vite à l'histoire. Pas besoin de lire 4 chapitres pour voir le commencement, bien au contraire on est direct dans le vif du sujet Les dessins sont très beaux, un vrai coup de crayon ces auteurs. Enfin c'est une bd que je conseille fortement et je me demande combien de tome ils nous réservent