Les derniers avis (32099 avis)

Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le front
Le front

Je relis cet album, et je le trouve finalement très réussi... Le dessin est sublime... Nicolas Juncker a un trait souple, net et précis. Le noir et blanc permet un effet bien contrasté que j'apprécie beaucoup. Les personnages sont bien dessinés dans un style original. J'aimerais dire que le dessin est exempt de défaut... Cependant, les planches, bien qu'étant très esthétiques, sont souvent difficilement lisibles. Je ne sais pas si c'est le fait qu'il n'y a pas de texte, où que c'est du à certains effets de narration (les "zooms" ou autres), mais souvent, on perd un peu le fil de l'histoire, et on doit revenir quelques cases en arrière (ça m'a fait le même effet, récemment, pour une BD proche -du moins au niveau de la forme- qu'y est "3 secondes") Le récit est une succession de petites saynètes, emplies d'images très fortes. Bien que l'ensemble soit moins touchant que le travail d'autres auteurs sur le sujet (je pense à Tardi notamment), on ressent pas mal d'émotion à la lecture de l'album. Comme je l'ai dit la narration n'est pas géniale (c'est pour ça qu'on est pas super ému, car ça diminue la lisibilité de l'histoire et notre compréhension) mais il faut dire que Nicolas Junker se rajoute des contraintes avec ses exercices de styles... Malgré le fait que l'histoire soit dure et un peu pénible à suivre, j'apprécie beaucoup cette BD, qui m'a touché, pour son magnifique dessin semi-réaliste, ses images fortes et l'exercice de style qu'il nous propose. Ma note initiale était de 2/5, je la passe vers 3.5/5

03/03/2007 (MAJ le 07/02/2012) (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série Blood Song
Blood Song

Très bel album que ce Blood Song. On y suit l’odyssée moderne et muette d’une jeune fille fuyant la violence de son pays. C’est extrêmement touchant et immersif notamment grâce au talent graphique de Drooker. Non content de proposer un dessin de haut niveau, il excelle dans le cadrage et le mouvement des personnages. L’histoire est muette mais d’une très grande clarté pour le lecteur. Voici une BD originale et envoutante à découvrir absolument.

07/02/2012 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série A l'ombre du convoi
A l'ombre du convoi

Une nouvelle histoire sur la déportation des juifs inspirée de faits réels ? Oui c’est vrai encore une car ce sujet a été maintes fois abordé. Mais cette série en 2 tomes mérite un coup d’œil. Elle raconte 3 destinées qui vont se croiser et se recroiser. De leur tendre enfance, où la petite fille juive allemande joue dans le quartier avec un petit garçon allemand pure souche, à un âge plus adulte où elle sera déportée tandis que lui sera engagé dans les forces allemandes. Comment ces 2 enfants innocents se retrouvent bien malgré eux au cœur de ce massacre, c’est cette destinée qui nous est racontée dans le premier tome, le 3e personnage étant pour le moment en retrait. Cette histoire est touchante, les enfants sont attachants, les événements qui les secouent sont tragiques. Le récit est bien construit, l’alternance des scènes est réussie et captivante, entre enfance, âge adulte, point de vue du jeune homme, vécu de la jeune fille. Finalement ce qui est touchant c’est que cette histoire n’est pas larmoyante, mais juste sincère. On ne s’attarde pas forcément sur l’ampleur du génocide, ce n’est pas un documentaire, mais on assiste à une tranche de vie, et celle-ci est bien racontée. Le dessin est également soigné et détaillé, ce qui permet encore plus de se sentir impliqué dans cette aventure.

07/02/2012 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Suicide Island
Suicide Island

Suicide Island est l’une de ces séries comme Ikigami - Préavis de mort qui nous font découvrir une vision très noire et déprimante de la société japonaise d’un futur proche. On suit toujours un même mode opératoire : une analyse des possibles. L’impossibilité d’une île aurait pu être un autre titre choisi. Le Japon se place en tête des pays avec le plus fort taux de suicidés au monde. Près de 30.000 personnes par an choisissent leur mort volontairement. C’est triste d’en arriver là car il s’agit de milliers d’hommes et de femmes qui décident d’en finir avec la vie. Les commentateurs diront que ce sont les effets ravageurs d’une société devenue très rigide et qui a perdu progressivement les valeurs traditionnelles du passé. Les nouvelles générations sont totalement désorientées. Le manga en question traite surtout du suicide chez les jeunes ce qui est généralement un sujet tabou car cela renvoit à notre propre désaveu de ne pas avoir su bâtir une société suffisamment solidaire. Et qu’on ne vienne pas nous dire que c’est un problème typiquement asiatique. Le monde occidental n’est pas en reste. A l’heure où des politiques affirment que les civilisations ne se valent pas, il faut rétablir le sens de la vérité ! Suicide Island présente les choses d’une manière très choquante certainement pour marquer les esprits. La société japonaise expérimente un programme d’un nouveau genre : il s’agit de mettre tous les récidivistes sur une île déserte où ils sont abandonnés à leur sort comme une sorte de purgatoire. Par ailleurs, on efface toute trace de leur existence dans les documents officiels. On leur dénie le droit d’avoir existé car ils ont bafoué la valeur suprême qu’est la vie en choisissant d’y mettre un terme. Bref, on inflige une punition d’ordre légal. C’est le retour à la peine infligée aux suicidés comme cela existait autrefois au Moyen-âge où l’on les pendait pour les bannir à tout jamais. La comparaison de cette nouvelle série avec Ikigami - Préavis de mort est évidente. En effet, dans cette dernière, il s’agissait d’infliger un vaccin de la mort sur 1.000 naissances afin de créer une prise de conscience sur la valeur de la vie. Là encore, c’est la société qui prend l’initiative. Ce qui est monstrueux, c’est qu’elle dénie le droit d’exister à celui qui soi-disant ne respecte pas sa vie. On ne regarde pas les raisons qui ont poussé ces êtres à commettre l’acte du désespoir. Une évacuation des problèmes bien pratique alors qu’il s’agirait de rendre la société bien meilleure pour éviter cette somme de drames humains qui touchent généralement les plus faibles. Il y a un côté « Lost » dans ce manga car tous ces jeunes se trouvent sur une île bien mystérieuse. Il va falloir tenter de survivre, ce qui paraît un paradoxe. On va les priver de leur mort en les condamnant à vivre. Bref, c’est une série qui pose des questions très intéressantes et qui aborde le problème d’une manière fort originale. Il est dommage de voir tout le côté naïf ressurgir comme l’attirance du héros envers une belle suicidée comme une sorte de réponse à une sortie de crise dans l’amour. Trop beau pour être vrai. En tout cas, le lecteur réfléchira face à ses propres peurs à comment il aurait réagi dans une même mise en situation. En conclusion, l’impression laissée sera globalement positive car le concept de base est très intéressant. On jugera par la suite car cette série a du potentiel car l’œuvre peut être plus complexe qu’il n’y paraît. Il faut juste pousser plus loin l’analyse psychologique des différents personnages. On attend par conséquent une montée en puissance.

07/02/2012 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5
Couverture de la série Broderies
Broderies

Tiens ?! J'étais sûr d'avoir mis un avis sur cet album... Cet oubli est désormais rectifié. Cet album peut être vu comme un spin-off de Persepolis puisque M. Satrapi se remet en scène, entourée d'autres femmes (sa famille et ses amis) dont nous avons déjà vu certains personnages dans Persepolis ou Poulet aux Prunes... Si la forme est différente (plusieurs femmes vont parler de leurs connaissances ou de leurs expériences personnelles), le fond est assez proche des autres séries de Marjane Satrapi, même si c'est l'album le plus léger et le plus rigolo de son œuvre. Les thématiques y seront : le mariage, le divorce, l'amour, le sexe, l'émancipation... Pas que des sujets de femmes ! Culturellement et socialement, on collecte beaucoup d'informations sur la condition de la femme en Iran. Bref ! L'album est tendre, intéressant, avec des personnages attachants et surtout très rigolo (sans être trop léger). Le dessin est plus lâché et plus libre que dans Persepolis, même si le style reste très proche, moi je trouve ça joli. Un bon album.

06/02/2012 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Les Deux du balcon
Les Deux du balcon

A lire les avis précédents, je partais avec un a-priori négatif sur cet album. Mais après l'avoir lu je crois comprendre un peu mieux pourquoi Masse est admiré par beaucoup dont Menu ou Sfar. Son dessin est vraiment beau, de prime abord je ne l'ai pas trouvé génial. Mais à bien y regarder, Masse fait preuve d'une très belle maîtrise graphique. Après on peut accrocher ou non aux histoires loufoques de ces 2 hommes perchés sur leur balcon et débitant des anecdotes pseudo-scientifiques qui peuvent laisser songeur. J'ai beaucoup aimé notamment la théorie sur la néoténie du Mickey au fil du temps, c'est-à-dire cette façon de rendre le Mickey de moins en moins souris, mais de plus en plus mimi avec de grands yeux. Cela peut faire penser au même genre d'univers que Fred. Ce dernier et Francis Masse sont a peu près de la même génération de dessinateurs et ont depuis quasi arrêté tout deux de faire de la bande dessinée. Toujours est-il que ce premier contact en appelle d'autres, j'ai déjà La Mare aux Pirates sur le feu.

05/02/2012 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Les Ignorants
Les Ignorants

Les ignorants doit être l'un des titres de 2011 dont beaucoup de monde parle en bien. Je dois avouer que je n'ai pas été déçu de lire la rencontre entre un auteur de bande dessinée et un vigneron. Deux mondes bien différents, quand l'un reste enfermé penché sur sa planche à dessin, l'autre est tout le temps dehors à entretenir sa vigne ou chercher le meilleur fournisseur de fûts. Mais la passion pour leurs métiers respectifs se ressent à chaque page. L'objectif est de produire de la qualité mais aussi d'avoir du plaisir. Faire de son mieux chaque jour. Si la restitution de l'expérience qui dura plus d'un an est davantage axée en termes d'équilibre sur celle de Richard le vigneron, ce n'est pas un problème. Pour ce qui est du domaine de la bande dessinée, je n'ai pas appris grand chose, j'en sais par contre maintenant un peu plus sur le traitement de la vigne, la biodynamie, les labels, les agences de notation du vin etc. C'est donc un récit du réel. De plus Etienne Davodeau est dans sa meilleure forme au niveau de son dessin, on pourrait dire qu'il est arrivé à maturité. Avalé d'une seule traite, ce qui est rare chez moi pour un volume de près de 300 pages, il serait dommage de ne pas lire ce partage d'expérience de deux ignorants.

05/02/2012 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Une Vie dans les Marges
Une Vie dans les Marges

Ce manga est une belle réussite de la part de Tatsumi. L'auteur qui est reconnu comme un maître et fondateur du style gekiga nous raconte ses débuts en tant qu'auteur à travers son double Katsumi. On le voit faire ses premiers dessins, les poster à des magazines qui publient des strips en 4 cases et donnent des récompenses aux jeunes auteurs sélectionnés. Ce n'est pas grand chose mais cela ramène un peu d'argent à la maison pour aider ses parents. On le voit également rencontrer Tezuka alors que ce dernier est encore tout jeune et étudiant en médecine mais pour autant déjà adulé pour ses mangas. Puis Tatsumi arrive à faire éditer ses premières histoires longues et intègre l'atelier d'un mangaka. On ressent fortement la grande assiduité de l'auteur pour parvenir à son rêve de devenir mangaka. Il décrit également très bien la relation avec son frère aîné et comme une rivalité entre eux. Ce dernier est malade et jalouse beaucoup les succès naissants de son frère. Tout cela se lit sans ennui malgré des volumes conséquents de près de 500 pages. Bref, réalisé dans un style graphique épuré, cette vie dans les marges est passionnante pour donner un éclairage sur une époque qui accouchera des plus grands maîtres du manga.

05/02/2012 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série Aâma
Aâma

C'est un Frederik Peeters en grande forme qui nous revient avec cet album. En revenant à la science fiction, Peeters nous livre ici une aventure aussi mystérieuse que prenante. Cet album de 86 pages est axé sur les déboires de Verloc, homme paumé et raté qui se retrouve sur une planète abandonnée pour des raisons économiques, en compagnie de son frère et d'un garde du corps, Churchill, à la recherche d'une substance mystérieuse. Le scénario est très bien construit, mêlant habilement flash-back et aventures sur la planète. Le récit est dense, très dense mais je ne me suis pas ennuyé une seule minute à la lecture; et il fourmille de gadgets originaux ("le parapluie", "le filtre") Le personnage de Churchill, un robot-singe grand fumeur de cigare devant l'éternel, est assez énigmatique et très attachant et il me tarde de savoir ce qu'il lui est arrivé.

05/02/2012 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Paf & Hencule
Paf & Hencule

Ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha ahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !!! Cela résume bien l'état d'esprit dans lequel j'étais à la lecture de l'album. (Oui, comme vous allez le voir, mon avis est assez proche de celui de Cassidy). Paf & Hencule, le chien et le chat, parodie de Pif et Hercule est un monument d'humour trash et noir. Attention, ça ne va certainement pas plaire à tout le monde. Si blaguer sur les maladies incurables, le racisme, les pratiques sexuelles improbables, le nazisme, ne vous choque pas, alors je peux vous conseillez cette lecture. Encore faudrait-il que l'humour débilo-pipi-caca vous plaise aussi. En effet, cet album est un melting pot de gags touchant autant à l'absurde qu'au style plus tarte-à-la-crème, mais avec des strips limite dérangeants parfois (l'album a été censuré -ceci étant dit, je ne comprends pas pourquoi les gags censurés, que j'ai pu lire et qui touchent au racisme, l'ont été plus que d'autres de l'album, dans la même veine ?-), avec un humour soit fin, soit extrêmement gras et lourd. Attention, je ne dis pas que tous les strips font mouche, mais une grande majorité en tout cas. Goupil Acnéique a un dessin assez underground que je trouve bien réalisé ; ses personnages filiformes ont tous de bonnes têtes de cons. Il n'y a pas beaucoup de décors, mais le format du strip ne s'y prête pas bien non plus. Donc voilà moi la partie graphique de l'album me plaît bien. Après, l'album est parsemé de tout pleins de petits bonus (certains appelleront ça du remplissage), comme les "bonus femme à poil", la note de l'éditeur, Satin et Miloutre au Congo, les gags en une page où le mot de Victor Hugo, tous étant pas aussi drôle que les strips (à part les deux derniers cités) et font donc un peu baisser l'intérêt porté à l'album quelque fois, et m'empêche donc de mettre la note maximale (ça et aussi le fait que les strips se passant à l'hôpital, sont peut-être un peu nombreux et moins variés dans leurs situations que les 10 dernières pages, ils sont donc moins percutants sur la longueur), mais dans l'ensemble, "Paf & Hencule" est un album très drôle (bien que réservé à un public averti), très loin de tout ce que l'on peut lire aujourd'hui comme BD d'humour. Note : 4.5/5 (A noter : une préface dessinée de Bastien Vivès).

05/02/2012 (modifier)