«Peut-on rire de tout ? Oui, à condition de faire du fric avec !»
Cette petite phrase sur le quatrième plat donne le ton et sonne le glas d’une petite mise en garde claire et univoque.
Ce petit recueil, essentiellement composé de strips de 3 cases (hormis une petite histoire de quelques planches), m’a bien fait marrer. On est dans le registre du graveleux et du trash et ça, c’est bon ! Surtout quand c’est bien fait…
Le dessin est assez simple mais expressif et dynamique. Il colle (ben tiens:8 ) parfaitement à cet humour.
Alors certes, cela se lit assez vite, c’est pas très profond (quoique:8 ), l’humour est sans limite mais si vous adhérez à ce genre de trip bien barré, alors foncez ! Faites aussi un tour du côté de Monkey Bizness...
Pour les autres, vous êtes prévenus, on rigole de tout dans cet album... Je me demande cependant pourquoi on parle de censure pour cet album? On rigole de pas mal de choses un peu tabou, mais cela n'est pas non plus complètement immoral ! Juste obscène ; moi, j’adore et j’en redemande !
Hissez les voiles matelot ! Embarquez pour quatre tomes bourrés d’aventure !
L’auteur nous emmène dans l’histoire d’Achab, marin obsédé par sa quête inconditionnelle de Moby Dick. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le récit est dense. Il s’en passe des choses sur quatre tomes et je peux vous dire que le lecteur en a pour son argent. C’est très agréable de suivre la vie d’Achab car le récit est très bien construit, tant dans sa forme que dans son fond. C’est de l’aventure avec un grand A, je vous le dis !
Le dessin n’est pas en reste et présente une amélioration au fil des tomes. Hormis quelques petits plantages dans la mise en page au début, je n’ai rien à dire.
Vengeance, drame, histoire d’amour, exotisme, tout y est. Petit avertissement néanmoins : la fin n’est pas vraiment une fin mais un tremplin vers le roman. Soit, elle se suffit largement à elle-même et cela ne m’a pas dérangé.
Bref, vous l’aurez compris, j’ai été pleinement conquis par cette série. Je vous la conseille et puis vous dire qu’elle vaut le détour. Larguez les amarres et prenez le large, c'est ça la vie de marin!
Après la lecture de 6 albums.
Pour moi le concept du gars qui peut voir la future mort sur le visage des gens et qui, de par le fait, développe une phobie des miroirs n'est pas nouveau (déjà rencontré exactement la même histoire dans un épisode d'une trés vieille série intitulée la quatrième dimension).
Il n’empêche que l'aventure de notre héros n'en demeure pas moins haletante surtout dans le premier cycle où il s'aperçoit qu'il ne possède pas un don, comme on pourrait le penser, mais plutôt une malédiction vu que quoi qu'il fasse il ne peut empêcher la mort de frapper.
On assiste donc à un développement de la psychologie du héros suite à la confrontation de cette absurde fatalité et à la sensation d'un formidable sentiment d'impuissance. Le tout avec pour décor la guerre du VietNam.
Le deuxième cycle s'avère lui aussi de très bonne qualité. Une fois de plus notre héros, rentré au pays, doit non seulement faire face à ses démons mais joue aussi de malchance puisque impliqué malgré lui dans une sombre affaire politique. Une histoire dont il ne sortira pas indemne psychologiquement d’ailleurs.
Ce qui nous amène au troisième cycle où l'on retrouve Sam au bord de la folie (plutôt normal vu les épreuves qu'il a subi) une fois de plus embarqué malgré lui dans une sombre histoire d'espionnage. Un cycle que j'ai trouvé beaucoup moins réussi que les deux premiers au vu d'un scénario au final assez convenu et banal.
Un mot sur les dessins qui sont une totale réussite sur tous les albums.
En résumé, une série bien sympa racontant l'histoire d'un homme torturé le plus malchanceux du monde mais qui, hélas, accuse une baisse de niveau au fil des albums. J'en conseille toutefois la découverte, surtout des deux premiers cycles.
Un thriller étouffant et violent à la narration explosée et qui donne les clés de ses mystères dans son épilogue ? C'est vrai que c'est alléchant.
La quatrième de couverture parle aussi du livre/film "Orange Mecanique"... Bon de l'aveu de l'auteur (que j'ai eu la chance de rencontrer) et qui n'a pas vu le film, c'est juste une technique de commerce et de pub utilisée par l'éditeur, et c'est vrai que la ressemblance entre les deux œuvres est faible, mais le plaisir qu'on prend à les parcourir et quasiment égal (sachez que ce film est mon préféré).
A savoir, pour tous les amateurs de thriller, malsain, glauque et violent (physiquement et moralement), cette BD est faite pour vous.
Ça commence comme une banale enquête policière sur un tueur en série. Mais finalement, ce n'est pas l'enquête qui nous intéresse, mais le comportement du tueur.
Et puis, on enchaine sur un "deuxième" instinct ; l'instinct enfoui. La force du scénario est également que l'on peut lire les trois premiers chapitres dans l'ordre que l'on veut, puisqu'on comprendra leur lien seulement dans l'épilogue, jusqu'à avant, ils nous paraissent indépendant.
Ce deuxième chapitre nous narre l'histoire d'un adolescent qui pour gagner un peu d'argent, se vend à de vieux pervers... Encore plus étouffant, malsain et glauque, ce chapitre m'a retourné... Encore plus violent que le premier, mais jamais trop gratuitement.
Le troisième chapitre est différent, tout muet et plus onirique, avec une baisse de tension qui est le bienvenu. On ne le comprends pas tout de suite d'ailleurs, mais la fin nous éclairera encore une fois sur son contenu.
Et la conclusion est assez forte, et remuante aussi. Et elle nous montre que le scénario est très intelligemment écrit, une vraie réussite. Ma seule frustration, c'était de ne pas en savoir plus sur ce que sont devenu certains personnages après leur chapitre respectif (même si, comme la chronologie est chamboulée, on a quelques indices) mais l'album est déjà excellent dans sa forme.
Pour le dessin, Julien Parra possède un joli trait, à peine influencé par le manga (plus par le dynamisme de la mise en page et du découpage). L'encrage, assez gras et des fois, proche de l'esquisse, lui donne une forte personnalité, tout comme le choix des couleurs (une dominante pour chaque chapitres). Certaines cases, trahissent, du moins à l'époque, un petit manque de maturité (notamment au niveau de l'anatomie), mais dans l'ensemble, c'est très agréable à l'œil.
Un excellent album qui a réussi à totalement m'estomaquer juste après sa lecture... J'en redemande et vous le recommande.
Note : 4.5/5
Poursuivant mon exploration du travail de Renaud Dillies, c'est avec ce "Betty Blues" que je découvre vraiment le travail graphique de l'auteur.
Le Jardin d'hiver m'avait déjà sensibilisé à ses bulles mélancoliques et à son univers poétique, "Betty Blues" nous plonge dans les tréfonds enfumés des clubs de jazz, où Rice, trompettiste reconnu, évolue. Sauf que sa douce, Betty, se morfond au bar et finit par se laisser tenter par la vie facile que lui propose un riche client fréquentant le club. Jusqu'ici, vous me direz, rien de bien original...
Sauf que le traitement graphique que construit Dillies est vraiment bien foutu. Son coup de crayon alternant finesse et nervosité impose un style propre qui raisonne parfaitement avec le fond de son histoire. Et même moi qui suis loin d'être fan des "personnages animaliers" en BD, je me suis laissé bercer par ce récit que n'auraient pas renier les grands romantiques de la fin XIXe ou les tragédies grecques.
Bref, un album surprenant, envoutant, qui m'a conquit petit à petit et qui a attisé ma curiosité vis à vis du travail de cet auteur.
Une vraie mine d’or pour sociologues cette « vie des jeunes » !… D’ailleurs à mon avis, ce ne sont pas tant les jeunes que l’auteur a voulu représenter ici, car le titre est plutôt ironique, mais bien plutôt une certaine immaturité ou un certain crétinisme affectant sans distinction toutes les couches sociales… et puis de secret jamais il n’est question puisque la plupart du temps, dans les scènes décrites, les personnages parlent fort et semblent en représentation comme des acteurs face à leur public, jamais limités par un quelconque début de pudeur…
L’ouvrage est basé sur les observations de l’auteur dans la rue, le métro, etc. Les yeux et oreilles « indiscrètes » de Sattouf se sont alliés à ses mains pour produire quelque chose de décalé, inattendu, parfois incongru, souvent drôle, même si on ne sait pas toujours s’il faut rire ou pleurer… Rien n’est inventé, et ça se sent, on se dit qu’on aurait pu nous-mêmes assister à de telles scènes, les « dialogues » sonnent vrais et c’est par son seul trait minimaliste que l’auteur exprime ce qu’il ressent… et il le fait très bien… j’adore sa façon de traduire les expressions, chaque visage tout en étant stylisé semble vraiment unique, souvent grotesque ou hilarant. Certaines scènes paraissent proprement incroyables et pourtant…ça colle parfaitement à l’époque, une époque qui tend à encourager la bêtise et à disqualifier la réflexion (pour ses dialogues, Sattouf n’hésite d’ailleurs pas à recourir au langage SMS, ce cancer moderne de la pensée).
Je ne dis pas qu’on rit forcément aux éclats, car souvent c’est plutôt un rire jaune, acide ou horrifié, mais cela sera inévitablement un rire (ou un sourire) de complicité avec l’auteur. Donc un ovni, qui échappera complètement à certains sans aucun doute. Cette BD trouve son équivalent filmique avec le documentaire « Striptease », diffusé avec plus ou moins de régularité sur une chaîne du service public. Et quiconque a été fan appréciera forcément ces vies secrètes…
J'avoue qu'il s'agit d'un album assez particulier qui m'a dans l'ensemble bien plu. J'ai hésité avec 3/5, mais j'ai mis 4/5 car l'histoire est prenante et plutôt atypique.
Qui a tué l'idiot ? nous plonge dans un village fermé et étrange. L'ambiance est, dès les premières planches, plutôt glauque. Puis au fur et à mesure de l'histoire, l'auteur nous montre à quel point les habitants sont dérangés et combien leurs mœurs sont déstabilisantes.
Ici, l'ambiance est bien retranscrite, la phrase que l'on répète souvent en lisant est "mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?!". L'auteur a su tenir le lecteur en haleine jusqu'à la dernière planche et il a su faire preuve d'ingéniosité et d'humour (le Remordingue est une pure trouvaille à mes yeux).
Les personnages sont tous bien pensés et même si certains sont assez pénibles, la grande majorité est convaincante et fait mouche.
L'histoire ne souffre de presque aucune longueur malgré le volume de la BD et le côté fermé du cadre spatio-temporel.
Le dessin est agréable. Les personnages ont de vraies gueules de caricatures mais sans tomber dans l'excès. Mention spéciale aux couleurs qui sont variées et plaisantes. Les décors sont agréables.
Une BD originale, glauque et drôle qui doit se lire sans se prendre la tête. Il faut juste se laisser guider dans ce village déroutant sans aller chercher plus loin dans l'histoire.
Je conseille l'achat, mais je pense que ce genre d'ouvrage plutôt spécial mérite d'être emprunté avant pour éviter les surprises.
Au début, je trouvais le récit mièvre, sans saveur ni relief particuliers. Et puis d'un coup, lorsque le cancer de David est apparu, mais sans qu'on ne dise son nom, il est entré dans une autre dimension. L'attitude de ses parents devenait franchement suspecte, et David a dû en souffrir terriblement.
Ce qui m'a le plus frappé dans cette histoire, c'est l'état de solitude dans lequel se trouve presque en permanence le narrateur. La façon dont ses parents le traitent est presque criminelle, mais David Small, plutôt que d'épaissir le trait, éclaire leur attitude d'un jour nouveau avec de petites touches ; l'histoire de sa mère, sa double vie, l'indifférence de son père, jusqu'au soir où il lui révèle un secret, des années après son opération... Small nous montre que les familles parfaites n'existent pas, et que même dans un entourage apparemment très dur, il y a des choses qui viennent nuancer les impressions premières.
C'est très bien monté, l'auteur réussit plus d'une fois à partager son émotion avec le lecteur. Sutures vous marque.
Au début, je pensais que j'aillais trouver ce manga moyen car je n'ai pas accroché aux premiers chapitres, mais après avoir terminé le premier tome j'avais vraiment envie de savoir la suite ! La relation entre Takashi et Yamaoka est intéressante car on ne sait pas trop ce que le candidat à la présidence a en tête. En revanche, la relation amoureuse de Takashi est peu passionnante durant les premiers tomes et il a fallu le tome 6 pour que je trouve cette relation ait un peu d'intérêt.
Les meilleurs moments sont ceux ayant un rapport avec la machine politique. J'aime le fait que Yamaoko ne soit pas toujours présenté comme quelqu'un de noble. Il veut changer les choses, mais pour cela il est capable du pire comme créer un scandale pour se débarrasser d'un rival. J'ai pris du plaisir durant les différentes manipulations des politiciens (notamment le maire de New York) et cela fait parfois froid dans le dos de savoir ce qu'ils peuvent faire pour le pouvoir.
Les seuls défauts de l'œuvre sont des passages moins intéressants (ce qui est normal je suppose pour un manga comportant autant de tomes) et un dessin un peu bâclé de temps en temps.
Hey, belle découverte ça !
Dans une histoire qui oscille gentiment entre le récit un peu intimiste et le polar, Simon Hureau nous entraîne dans le fin fond de la Creuse, territoire un rien enclavé, pour une relecture un peu originale et moderne du mythe de la Bête du Gévaudan. Entre les introspections de Martial et sa confrontation à une population locale qui cache bien des secrets... Très vite on est pris dans les rêts de cette histoire, les personnages sonnent juste et Simon Hureau a -entre autres- le talent de happer son lecteur pour ne pas le laisser s'échapper.
Il a un style graphique un peu particulier, une ligne claire apparentée à du pointillisme à rapprocher de celui de Nancy Peña, qui travaille chez le même éditeur. C'est joli, extrêmement lisible en général.
Vraiment une chouette BD.
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Paf & Hencule
«Peut-on rire de tout ? Oui, à condition de faire du fric avec !» Cette petite phrase sur le quatrième plat donne le ton et sonne le glas d’une petite mise en garde claire et univoque. Ce petit recueil, essentiellement composé de strips de 3 cases (hormis une petite histoire de quelques planches), m’a bien fait marrer. On est dans le registre du graveleux et du trash et ça, c’est bon ! Surtout quand c’est bien fait… Le dessin est assez simple mais expressif et dynamique. Il colle (ben tiens:8 ) parfaitement à cet humour. Alors certes, cela se lit assez vite, c’est pas très profond (quoique:8 ), l’humour est sans limite mais si vous adhérez à ce genre de trip bien barré, alors foncez ! Faites aussi un tour du côté de Monkey Bizness... Pour les autres, vous êtes prévenus, on rigole de tout dans cet album... Je me demande cependant pourquoi on parle de censure pour cet album? On rigole de pas mal de choses un peu tabou, mais cela n'est pas non plus complètement immoral ! Juste obscène ; moi, j’adore et j’en redemande !
Achab
Hissez les voiles matelot ! Embarquez pour quatre tomes bourrés d’aventure ! L’auteur nous emmène dans l’histoire d’Achab, marin obsédé par sa quête inconditionnelle de Moby Dick. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le récit est dense. Il s’en passe des choses sur quatre tomes et je peux vous dire que le lecteur en a pour son argent. C’est très agréable de suivre la vie d’Achab car le récit est très bien construit, tant dans sa forme que dans son fond. C’est de l’aventure avec un grand A, je vous le dis ! Le dessin n’est pas en reste et présente une amélioration au fil des tomes. Hormis quelques petits plantages dans la mise en page au début, je n’ai rien à dire. Vengeance, drame, histoire d’amour, exotisme, tout y est. Petit avertissement néanmoins : la fin n’est pas vraiment une fin mais un tremplin vers le roman. Soit, elle se suffit largement à elle-même et cela ne m’a pas dérangé. Bref, vous l’aurez compris, j’ai été pleinement conquis par cette série. Je vous la conseille et puis vous dire qu’elle vaut le détour. Larguez les amarres et prenez le large, c'est ça la vie de marin!
Sam Lawry
Après la lecture de 6 albums. Pour moi le concept du gars qui peut voir la future mort sur le visage des gens et qui, de par le fait, développe une phobie des miroirs n'est pas nouveau (déjà rencontré exactement la même histoire dans un épisode d'une trés vieille série intitulée la quatrième dimension). Il n’empêche que l'aventure de notre héros n'en demeure pas moins haletante surtout dans le premier cycle où il s'aperçoit qu'il ne possède pas un don, comme on pourrait le penser, mais plutôt une malédiction vu que quoi qu'il fasse il ne peut empêcher la mort de frapper. On assiste donc à un développement de la psychologie du héros suite à la confrontation de cette absurde fatalité et à la sensation d'un formidable sentiment d'impuissance. Le tout avec pour décor la guerre du VietNam. Le deuxième cycle s'avère lui aussi de très bonne qualité. Une fois de plus notre héros, rentré au pays, doit non seulement faire face à ses démons mais joue aussi de malchance puisque impliqué malgré lui dans une sombre affaire politique. Une histoire dont il ne sortira pas indemne psychologiquement d’ailleurs. Ce qui nous amène au troisième cycle où l'on retrouve Sam au bord de la folie (plutôt normal vu les épreuves qu'il a subi) une fois de plus embarqué malgré lui dans une sombre histoire d'espionnage. Un cycle que j'ai trouvé beaucoup moins réussi que les deux premiers au vu d'un scénario au final assez convenu et banal. Un mot sur les dessins qui sont une totale réussite sur tous les albums. En résumé, une série bien sympa racontant l'histoire d'un homme torturé le plus malchanceux du monde mais qui, hélas, accuse une baisse de niveau au fil des albums. J'en conseille toutefois la découverte, surtout des deux premiers cycles.
3 Instincts
Un thriller étouffant et violent à la narration explosée et qui donne les clés de ses mystères dans son épilogue ? C'est vrai que c'est alléchant. La quatrième de couverture parle aussi du livre/film "Orange Mecanique"... Bon de l'aveu de l'auteur (que j'ai eu la chance de rencontrer) et qui n'a pas vu le film, c'est juste une technique de commerce et de pub utilisée par l'éditeur, et c'est vrai que la ressemblance entre les deux œuvres est faible, mais le plaisir qu'on prend à les parcourir et quasiment égal (sachez que ce film est mon préféré). A savoir, pour tous les amateurs de thriller, malsain, glauque et violent (physiquement et moralement), cette BD est faite pour vous. Ça commence comme une banale enquête policière sur un tueur en série. Mais finalement, ce n'est pas l'enquête qui nous intéresse, mais le comportement du tueur. Et puis, on enchaine sur un "deuxième" instinct ; l'instinct enfoui. La force du scénario est également que l'on peut lire les trois premiers chapitres dans l'ordre que l'on veut, puisqu'on comprendra leur lien seulement dans l'épilogue, jusqu'à avant, ils nous paraissent indépendant. Ce deuxième chapitre nous narre l'histoire d'un adolescent qui pour gagner un peu d'argent, se vend à de vieux pervers... Encore plus étouffant, malsain et glauque, ce chapitre m'a retourné... Encore plus violent que le premier, mais jamais trop gratuitement. Le troisième chapitre est différent, tout muet et plus onirique, avec une baisse de tension qui est le bienvenu. On ne le comprends pas tout de suite d'ailleurs, mais la fin nous éclairera encore une fois sur son contenu. Et la conclusion est assez forte, et remuante aussi. Et elle nous montre que le scénario est très intelligemment écrit, une vraie réussite. Ma seule frustration, c'était de ne pas en savoir plus sur ce que sont devenu certains personnages après leur chapitre respectif (même si, comme la chronologie est chamboulée, on a quelques indices) mais l'album est déjà excellent dans sa forme. Pour le dessin, Julien Parra possède un joli trait, à peine influencé par le manga (plus par le dynamisme de la mise en page et du découpage). L'encrage, assez gras et des fois, proche de l'esquisse, lui donne une forte personnalité, tout comme le choix des couleurs (une dominante pour chaque chapitres). Certaines cases, trahissent, du moins à l'époque, un petit manque de maturité (notamment au niveau de l'anatomie), mais dans l'ensemble, c'est très agréable à l'œil. Un excellent album qui a réussi à totalement m'estomaquer juste après sa lecture... J'en redemande et vous le recommande. Note : 4.5/5
Betty Blues
Poursuivant mon exploration du travail de Renaud Dillies, c'est avec ce "Betty Blues" que je découvre vraiment le travail graphique de l'auteur. Le Jardin d'hiver m'avait déjà sensibilisé à ses bulles mélancoliques et à son univers poétique, "Betty Blues" nous plonge dans les tréfonds enfumés des clubs de jazz, où Rice, trompettiste reconnu, évolue. Sauf que sa douce, Betty, se morfond au bar et finit par se laisser tenter par la vie facile que lui propose un riche client fréquentant le club. Jusqu'ici, vous me direz, rien de bien original... Sauf que le traitement graphique que construit Dillies est vraiment bien foutu. Son coup de crayon alternant finesse et nervosité impose un style propre qui raisonne parfaitement avec le fond de son histoire. Et même moi qui suis loin d'être fan des "personnages animaliers" en BD, je me suis laissé bercer par ce récit que n'auraient pas renier les grands romantiques de la fin XIXe ou les tragédies grecques. Bref, un album surprenant, envoutant, qui m'a conquit petit à petit et qui a attisé ma curiosité vis à vis du travail de cet auteur.
La Vie secrète des jeunes
Une vraie mine d’or pour sociologues cette « vie des jeunes » !… D’ailleurs à mon avis, ce ne sont pas tant les jeunes que l’auteur a voulu représenter ici, car le titre est plutôt ironique, mais bien plutôt une certaine immaturité ou un certain crétinisme affectant sans distinction toutes les couches sociales… et puis de secret jamais il n’est question puisque la plupart du temps, dans les scènes décrites, les personnages parlent fort et semblent en représentation comme des acteurs face à leur public, jamais limités par un quelconque début de pudeur… L’ouvrage est basé sur les observations de l’auteur dans la rue, le métro, etc. Les yeux et oreilles « indiscrètes » de Sattouf se sont alliés à ses mains pour produire quelque chose de décalé, inattendu, parfois incongru, souvent drôle, même si on ne sait pas toujours s’il faut rire ou pleurer… Rien n’est inventé, et ça se sent, on se dit qu’on aurait pu nous-mêmes assister à de telles scènes, les « dialogues » sonnent vrais et c’est par son seul trait minimaliste que l’auteur exprime ce qu’il ressent… et il le fait très bien… j’adore sa façon de traduire les expressions, chaque visage tout en étant stylisé semble vraiment unique, souvent grotesque ou hilarant. Certaines scènes paraissent proprement incroyables et pourtant…ça colle parfaitement à l’époque, une époque qui tend à encourager la bêtise et à disqualifier la réflexion (pour ses dialogues, Sattouf n’hésite d’ailleurs pas à recourir au langage SMS, ce cancer moderne de la pensée). Je ne dis pas qu’on rit forcément aux éclats, car souvent c’est plutôt un rire jaune, acide ou horrifié, mais cela sera inévitablement un rire (ou un sourire) de complicité avec l’auteur. Donc un ovni, qui échappera complètement à certains sans aucun doute. Cette BD trouve son équivalent filmique avec le documentaire « Striptease », diffusé avec plus ou moins de régularité sur une chaîne du service public. Et quiconque a été fan appréciera forcément ces vies secrètes…
Qui a tué l'idiot ?
J'avoue qu'il s'agit d'un album assez particulier qui m'a dans l'ensemble bien plu. J'ai hésité avec 3/5, mais j'ai mis 4/5 car l'histoire est prenante et plutôt atypique. Qui a tué l'idiot ? nous plonge dans un village fermé et étrange. L'ambiance est, dès les premières planches, plutôt glauque. Puis au fur et à mesure de l'histoire, l'auteur nous montre à quel point les habitants sont dérangés et combien leurs mœurs sont déstabilisantes. Ici, l'ambiance est bien retranscrite, la phrase que l'on répète souvent en lisant est "mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?!". L'auteur a su tenir le lecteur en haleine jusqu'à la dernière planche et il a su faire preuve d'ingéniosité et d'humour (le Remordingue est une pure trouvaille à mes yeux). Les personnages sont tous bien pensés et même si certains sont assez pénibles, la grande majorité est convaincante et fait mouche. L'histoire ne souffre de presque aucune longueur malgré le volume de la BD et le côté fermé du cadre spatio-temporel. Le dessin est agréable. Les personnages ont de vraies gueules de caricatures mais sans tomber dans l'excès. Mention spéciale aux couleurs qui sont variées et plaisantes. Les décors sont agréables. Une BD originale, glauque et drôle qui doit se lire sans se prendre la tête. Il faut juste se laisser guider dans ce village déroutant sans aller chercher plus loin dans l'histoire. Je conseille l'achat, mais je pense que ce genre d'ouvrage plutôt spécial mérite d'être emprunté avant pour éviter les surprises.
Sutures
Au début, je trouvais le récit mièvre, sans saveur ni relief particuliers. Et puis d'un coup, lorsque le cancer de David est apparu, mais sans qu'on ne dise son nom, il est entré dans une autre dimension. L'attitude de ses parents devenait franchement suspecte, et David a dû en souffrir terriblement. Ce qui m'a le plus frappé dans cette histoire, c'est l'état de solitude dans lequel se trouve presque en permanence le narrateur. La façon dont ses parents le traitent est presque criminelle, mais David Small, plutôt que d'épaissir le trait, éclaire leur attitude d'un jour nouveau avec de petites touches ; l'histoire de sa mère, sa double vie, l'indifférence de son père, jusqu'au soir où il lui révèle un secret, des années après son opération... Small nous montre que les familles parfaites n'existent pas, et que même dans un entourage apparemment très dur, il y a des choses qui viennent nuancer les impressions premières. C'est très bien monté, l'auteur réussit plus d'une fois à partager son émotion avec le lecteur. Sutures vous marque.
Eagle
Au début, je pensais que j'aillais trouver ce manga moyen car je n'ai pas accroché aux premiers chapitres, mais après avoir terminé le premier tome j'avais vraiment envie de savoir la suite ! La relation entre Takashi et Yamaoka est intéressante car on ne sait pas trop ce que le candidat à la présidence a en tête. En revanche, la relation amoureuse de Takashi est peu passionnante durant les premiers tomes et il a fallu le tome 6 pour que je trouve cette relation ait un peu d'intérêt. Les meilleurs moments sont ceux ayant un rapport avec la machine politique. J'aime le fait que Yamaoko ne soit pas toujours présenté comme quelqu'un de noble. Il veut changer les choses, mais pour cela il est capable du pire comme créer un scandale pour se débarrasser d'un rival. J'ai pris du plaisir durant les différentes manipulations des politiciens (notamment le maire de New York) et cela fait parfois froid dans le dos de savoir ce qu'ils peuvent faire pour le pouvoir. Les seuls défauts de l'œuvre sont des passages moins intéressants (ce qui est normal je suppose pour un manga comportant autant de tomes) et un dessin un peu bâclé de temps en temps.
Intrus à l'Etrange
Hey, belle découverte ça ! Dans une histoire qui oscille gentiment entre le récit un peu intimiste et le polar, Simon Hureau nous entraîne dans le fin fond de la Creuse, territoire un rien enclavé, pour une relecture un peu originale et moderne du mythe de la Bête du Gévaudan. Entre les introspections de Martial et sa confrontation à une population locale qui cache bien des secrets... Très vite on est pris dans les rêts de cette histoire, les personnages sonnent juste et Simon Hureau a -entre autres- le talent de happer son lecteur pour ne pas le laisser s'échapper. Il a un style graphique un peu particulier, une ligne claire apparentée à du pointillisme à rapprocher de celui de Nancy Peña, qui travaille chez le même éditeur. C'est joli, extrêmement lisible en général. Vraiment une chouette BD.