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Couverture de la série Missy
Missy

Fable sombre et stylisée, cette Missy m’a touché par son propos. Certes, il n’y a rien de spécialement original dans cette histoire puisque les auteurs nous proposent de suivre une stripteaseuse dans sa quête du grand amour, une quête malheureuse tant la belle s’attarde sur l’apparence plutôt que sur la profondeur des sentiments. Alors, pourquoi cette histoire m’a-t-elle touché ? Grace à un traitement graphique original et culotté. Missy est à la fois sensuelle et grosse (sans que j’aie vu là une manière de magnifier la femme ronde) : elle attire les hommes par un physique que, par ailleurs, elle déteste. C’est là tout son drame mais aussi celui de bien des femmes (grosses ou pas – si vous connaissez une femme heureuse de son physique, envoyez-là chez un psy : elle n’est pas normale). Je me suis donc retrouvé devant un personnage hors normes… auquel bien des personnes peuvent s’identifier. Ses problèmes viennent bien plus de la manière dont elle se voit que des autres. Sa mésestime d’elle-même la pousse dans les bras d’opportunistes en quête du coup d’un soir plutôt que vers celui qui l’aime… mais qui n’a pas la gueule qui convient. Le thème central du récit est donc bien l’apparence, la façon de se percevoir et de percevoir les autres… au risque de passer à côté… Un thème universel qui touchera plus d’un lecteur. Et l’identification sera d’autant plus facile que tous les personnages sont anonymes. Enfin, ils ont des noms… mais pas de visage. C’est la deuxième grosse audace graphique de l’album : des ovales vides à titre de visage. Ce traitement graphique original et le charisme de Missy -fragile et à côté de la plaque- ainsi qu’une fin qui évite le happy-end m’ont rendu cette lecture accrocheuse et plaisante. Franchement pas mal bien ! J’opte pour la cote supérieure pour l’originalité graphique.

13/02/2012 (modifier)
Couverture de la série It's not a Piece of Cake
It's not a Piece of Cake

C'est avec plaisir qu'on retrouve les personnages principaux de Tea Party pour un nouveau duel culinaire. Cette fois il s'agit de retrouver la recette des "fameux" black shortbreads de la duchesse de Montrose. J'ai eu un peu peur, en voyant l'introduction du personnage du frère de Victor, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, que l'intrigue soit un peu trop compliquée et que les personnages se mélangent. Mais heureusement, une petite caractéristique physique les différencie et les différents personnages sont facilement reconnaissables. Ce nouveau volume ne m'a donc pas déçue et j'ai même trouvé qu'il y avait plus de petites touches d'humour que dans les précédents. Le dessin de Nancy Peña me plait de plus en plus. Certaines planches sont superbes. Le rouge est toujours bien présent pour souligner les aspects fantastiques du récit et elle introduit une nouvelle couleur, le rose, pour tout ce qui est du domaine des souvenirs (comment être plus clairs pour séparer les différentes parties du récit ?). Bref, je suis toujours sous le charme. Reste maintenant à espérer qu'il y aura une suite et qu'on retrouvera ces personnages (ainsi que le chat du kimono) dans un prochain album :)

13/02/2012 (modifier)
Couverture de la série Tea Party
Tea Party

Même si ce deuxième tome de la trilogie de Nancy Peña peut se lire indépendamment, je pense qu'il est mieux d'avoir lu Le Chat du kimono avant pour bien comprendre certains passages. Après avoir reproché au Chat du kimono une intrigue trop fouillis, je trouve celle-ci beaucoup plus linéaire et intéressante (bon, c'est vrai, tout ce qui touche à la cuisine et la gastronomie m'intéresse). Le dessin s'améliore également. Le trait est de plus en plus fin et l'insertion de la couleur rouge pour souligner certains aspects fantastiques est des plus heureuses. Les décors sont de plus en plus fouillés et l'absence de lignes pour délimiter les cases donne une dynamique particulière à l'ensemble. A découvrir !

13/02/2012 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Enfant cachée
L'Enfant cachée

En voilà une surprise ! J’étais persuadé d'avoir lu de bonnes critiques de cette bd sur le site … Il faut croire que je les ai lues chez la concurrence vu son absence de la base de données. Qu’importe, voici l’oubli réparé ! Cette bd est une petite pépite dont le sujet porte sur une période sombre de l’histoire pourtant abondamment traitée dans divers médias (y compris la bd). Il s’agit d’un témoignage sur le quotidien des juifs durant la guerre 40-45. Mais les auteurs se démarquent des productions du même genre en axant leur récit sous le regard de Dounia, une petite fille juive de 8-10 ans. Et ça change tout ! La candeur et la naïveté du début cèdent rapidement la place à la peur suite à l’arrestation de ses parents par les Allemands. En 80 pages, ce one shot aborde bon nombre d’éléments indissociables au quotidien des juifs : discrimination par le port de l’étoile, interdiction d’exercer un métier, rafles, camps de concentration, cache des enfants, résistance, … Le plus surprenant est que ces faits, pourtant ignobles, ne destinent pas cette bd à un public averti. Bien au contraire, ce témoignage est tout public car il est raconté par les mots simples d’une petite fille et, finalement, les horreurs de la guerre sont davantage suggérées que montrées. Le trait rond, fin et disproportionné appuie avec justesse les propos du récit. Bref, voici une bd tout public sur un sujet qui ne l’est pas vraiment … Une belle leçon de pédagogie en somme !

13/02/2012 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sherlock Holmes & les Vampires de Londres
Sherlock Holmes & les Vampires de Londres

Belle opération de séduction de la part d’un éditeur en pleine rédemption, Sherlock Holmes et les Vampires de Londres avait pourtant tout du projet bancal et casse-gueules mais réunit suffisamment de qualités pour faire passer son scénario hautement peu crédible pour les fans du détective de Baker Street ainsi que les amateurs de vampires dont les codes ont été scrupuleusement respectés. La collection 1800 dont cette œuvre fait office de baptême du feu pour moi est une excellente méthode pour mixer habilement uchronies et surtout les boucler en deux tomes. Il ne faut pas croire pour autant que l’histoire est bâclée puisque cette histoire maintient toutes ses promesses en terme d’inventivité et de respect des mondes dont elle s’inspire. Première bonne idée, on a en effet affaire à un Sherlock Holmes qui relate dans un courrier intime à un Watson absent, mais plus que présent, ses déboires, suite à sa pseudo mort contre son ennemi juré Moriarty et les efforts qu’il consent pour masquer son identité. Plusieurs attentats d’ordre surnaturels vont le ramener à Londres contre son gré afin de lutter contre une communauté de vampires protégée par la reine Victoria. Faisant fi de ses talents de déduction, c’est dans l’urgence et l’apprentissage de nouvelles règles qu’il va devoir se plier pour contrer une menace politique peut être encore plus importante que les exactions d’un vampire psychopathe… Si rien ne parait clair à la lecture de ces quelques lignes, je rassure de suite l’amateur en l’incitant à s’immerger pleinement dans cette histoire haletante et relativement bien troussée. Un relent de Jack l’éventreur épaissi de quelques litres de sang à déguster plane sur ces deux tomes que j’ai dévorés pleinement. Les dessins ne sont pas en reste malgré quelques erreurs parfois grotesques (voir la façon amateur dont la mer est dessinée en plein mouvement !!!), et une fin peut-être un peu trop rapide n’entache en rien un récit tourné vers l’action et le mystère. Le dessin reste de bien belle facture et reconstitue avec minutie une ville de Londres aussi mystérieuse et ludique qu’un tel récit l’exige. Bref j’ai adoré et recommande pleinement cette aventure inédite du plus célèbre des détectives, qu’on l’apprécie ou pas. Les amateurs de vampires vont être eux pleinement comblés. Hâte de lire l’incursion de Conan Doyle chez Lovecraft par les mêmes auteurs. !

13/02/2012 (modifier)
Par fab11
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Billy Wild
Billy Wild

Billy Wild est une série hors norme, originale, magnifique et j'en passe. Ce n'est pas seulement le dessin de Guillaume Griffon qui me fait dire tout cela, il y a aussi le scénario qui faisait présager au départ un western classique et qui nous plonge rapidement dans le fantastique, le combat entre le bien et le mal, mais aussi dans une violence hallucinante. Hans Güt est un jeune garçon qui rêve de devenir un cow-boy, il fait la rencontre d'un personnage peu commun appelé Linus qui lui donne un curieux élixir qui va le rendre invulnérable. Ainsi naîtra Billy Wild le plus grand chasseur de primes de tous les temps. Pour en revenir au dessin il est très particulier. Je pense qu'il ne peut pas plaire à tout le monde. Mais il est vrai que le graphisme est d'une originalité assez rare. Les personnages ont des têtes et des corps difformes, ils sont pour beaucoup à la limite du "monstrueux". Mais il faut avouer ces personnages finissent par nous paraître normaux tant on est absorbé par l'histoire et la beauté du graphisme. Les doubles pages sont magnifiques, vu le nombre de détails que l'on peut y trouver, comme par exemple la tête de Guillaume Griffon accrochée au mur avec de nombreux autres trophées. Le noir et blanc s'adapte parfaitement au récit, la couleur aurait été de trop à mon avis. Mais pour moi qui adore le noir et blanc, quelle claque visuelle. Il y a un petit bémol quand même à la fin, c'est à dire la taille de Linus qui a sans doute rendu jaloux Godzilla, mais bon comme c'est un récit fantastique on n'y pensera plus. Je conseille donc vivement cette série ahurissante aux fans de westerns fantastiques et à ceux fans de dessins peu communs.

12/02/2012 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Années Pilote
Les Années Pilote

Quelle bonne idée a eue Glénat de publier ces inédits ! J'adore Reiser et son dessin qui semble si banal à première vue, mais qui devient magnifique si on regarde un peu mieux. Ses personnages sont très expressifs et il maîtrise le mouvement à la perfection. L'album est donc un regroupement des histoires qui sont parues dans Pilote et Pilote Pocket et qui ne sont jamais parues en album (quoique il me semble que deux ou trois histoires sont parues dans L'écologie). La plupart porte sur des sujets d'actualité (le concorde, le vote aux élections de 1969, l'armée, etc) , la plupart du temps un fait divers, que Reiser s'amuse à ridiculiser. L'humour est un peu moins corrosif que dans les autres œuvres de Reiser, mais il reste excellent. J'aime sa manière de déconner sur les sujets qu'il traite. Bien sûr, dans cet album il y a des trucs un peu moins marrants qui ne m'ont pas fait rire, mais globalement j'ai passé un excellent moment de détente. Je conseille cet album à tous les fans de Reiser quoique le prix est un peu élevé.

12/02/2012 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Ghost
Ghost

Attention aux faux-semblants. Contrairement à ce que peut laisser croire le titre, on n'est pas dans une bluette vaguement fantastique avec Demi Moore pétrissant sensuellement de l'argile. Ni même dans un récit de zombies, comme semble le suggérer la couverture. Mais plutôt dans un récit policier bien crade, avec un flic "à l'ancienne", bien loin des canons bien proprets et scientifiques dont nous abreuve la télévision actuelle. Loin des laboratoires, John Ghostman traîne le fantôme d'une ancienne bavure dans ses petits boulots de privé. Mais lorsque le FBI fait appel à ses talents d'ancien profileur classique, il ne peut s'empêcher de replonger... Andrea Mutti nous montre une autre facette de ses talents graphiques, avec un dessin plus "brut", "jeté" que dans Section financière, il montre à quel point un polar peut être sale. Dimitri Fogolin, qui a travaillé sur Alim le tanneur, y apporte une palette de couleurs maladives, glauques, qui collent bien à l'ambiance. Dans ce polar très bien mené, à la conclusion plutôt surprenante (je n'ai rien vu venir), l'amateur de polar classique prendra certainement son pied. C'est poisseux, c'est glauque, c'est suintant, c'est sombre. Un vrai polar, quoi.

12/02/2012 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Las Rosas
Las Rosas

"Western tortilla à l'eau de rose", annonce avec humour la couverture de l'album. J'aime bien cette dénomination. Western, parce que ça se passe dans un de ces déserts américain, dans une ambiance proche du film Bagdad Café. Tortilla, c'est pour la touche mexicaine en plus même si l'héroïne principale est aussi à moitié chinoise. Et l'eau de rose enfin, parce que cela parle beaucoup de sentiments, et puis aussi parce que ça finit bien. J'ai immédiatement été charmé par l'atmosphère de cette histoire, une atmosphère qu'elle partage certes avec de nombreux récits ou road-movies dans les décors ensoleillés et loin de la civilisation urbaine de ces déserts façon route 66, le côté paumé du désert de Mojave et autres. On est dès les premières pages imprégné dans une communauté de femmes vivant recluses dans un camping sauvage adossé à une station-service qui est leur dernier lien avec le reste du monde. Elles ont choisi de vivre ici pour se réfugier de la vie, pour éviter les troubles de leurs passés ou simplement pour se ressourcer. Le long premier chapitre de cet ouvrage est contemplatif. Aux côtés d'une jeune femme enceinte et rebelle qui vient d'échouer là, on découvre doucement les membres de cette communauté, les liens qu'ils partagent et les nombreux petits mystères qu'ils recèlent. Il fait chaud, le désert est poussiéreux, les routiers passent en klaxonnant et la nuit seules résonnent les discussions de femmes que la vie a amochées. Peu à peu se met en place un canevas de sentiments, amours et ressentiments, de secrets enfouis qu'il aurait mieux valu déterrer plus tôt pour leur éviter d'envenimer des situations malheureuses. Quand le fin mot de l'histoire se met en place, il apparait à la fois simple et complexe, très humain, touchant. Je suis tombé sous le charme. Les personnages sont tous excellents, avec des personnalités fortes et originales. Ils sont attachants malgré leur côté brûlé à vif. Le graphisme est dôté d'une âme qui s'accorde joliment avec l'intrigue. En quelques courbes, sans trop de détails, il suffit à mettre tout ce petit monde et ces décors en scène, laissant l'imaginaire combler ce que le trait économe évite parfois de représenter. Le rythme de la lecture est lent mais prenant, malgré une petite baisse de régime passée la moitié de l'ouvrage quand celui qu'on attendait finit par se montrer enfin. La fin est l'aboutissement agréable d'une intrigue bien menée depuis le début, tenant la route tout en étant assez émouvante à mon goût. C'est comme un bon film sentimental à ambiance, presque sans action mais avec de très bons personnages et un chouette décor.

11/02/2012 (modifier)
Par tolevau
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Pilote à l'Edelweiss
Le Pilote à l'Edelweiss

Encore une fois, c'est du très grand Hugault au dessin. Ayant montré dans ses précédents albums qu'il dominait parfaitement son sujet avec les warbirds de 39-45, cette fois c'est dans la première guerre mondiale qu'il nous plonge. Un aspect graphique majestueusement maîtrisé, des angles de vue nous plongeant au coeur de l'action, tout cela allié à un scénario simple mais efficace. Au final, on obtient un premier album magnifique et indispensable à tous les amateurs du genre, ainsi qu'à ceux qui apprécient simplement les belles BD.

11/02/2012 (modifier)