Je suis dans ma période "Cyril Bonin". Après L'Homme qui n'existait pas et La Belle Image, voici que je me délecte avec "Chambre obscure" (je sais, je prends ses productions à rebours).
Ce diptyque rend un hommage appuyé aux aventures policières du début 20e (Gaston Leroux et Maurice Leblanc en tête). Je pense qu’il s’agit du premier travail en solo de Cyril qui endosse les casquettes de scénariste, dessinateur et coloriste. Et le résultat est au rendez-vous avec une ambiance délicieusement surannée qui n’est pas sans rappeler les aventures de Rouletabille et de Lupin. Alors certes la trame narrative est d’une autre époque mais c’est justement ce qui fait tout le charme du récit. Le premier opus pose le cadre de l’enquête en multipliant les pistes pour mieux perdre le lecteur. Dans le second, l’enquête s’accélère avec un raisonnement digne d’un Sherlock Holmes ou d’un Columbo. Les planches présentent des tonalités brunes dominantes qui accentuent le cachet rétro et permettent au lecteur de s’immerger dans cette époque. Bref, le chef de la bande à Bonin a encore frappé . . . et frappé juste !
Une réussite, tout simplement !
D’aucuns diront que lorsqu’il s’agit de Sorel, je ne suis pas objectif, mais franchement quel bijou…
Le récit forme l’adaptation de la récente nouvelle sur la fin de vie de Stefan Zweig. L’exercice toujours particulièrement périlleux fournit rarement des albums inoubliables. Tantôt trop figée, tantôt trop loin du livre, l’adaptation révèle les talents.
Au niveau de ce roman graphique, l’exercice magistral laisse une place de choix dans les sorties de ce premier trimestre. Évidemment il faut apprécier le roman graphique, car nous ne trouverons guère d’action, d’espionnage, d’adrénaline ou de femmes en robe courte. En revanche question tension, confusion des sentiments vous serez servis. Gageons même que tellement pris par la force du dessin et l’habileté de l’adaptation, vos yeux seront humides en fin de récit. Toute la finesse de l’évolution de la décision, en particulier vis-à-vis de sa compagne se trouve parsemée dans un mouvement crescendo avant la chute inévitable. La mise en situation historique parfaitement maîtrisée fournit un canevas spirituel que le lecteur partage. Le lecteur ressent, il vit au cœur des personnages. Les rares dialogues entrecoupés de plans intelligemment scénarisés permettent une immersion sentimentale inouïe.
Graphiquement, le trait reconnaissable de Sorel fait merveille. Évidemment lorsqu’il s’agit d’illustrer la période glorieuse de Vienne, (lui qui a si magistralement participé au lonely planet dédié à Prague), le trait grandiose magnifie les non dits. Le carnaval nous semble sorti du soleil, et que dire de cette planche sublime d’autodafé… La fin tout en finesse laisse ce goût amer du libre choix si difficile à comprendre. Sobre, subtil, incertain, le trait magnifie le contenu et Sorel a su renouveler son habituel penchant tourmenté pour un faux calme particulièrement puissant.
Vous l’avez compris, ce récit fourmille de poésie et de non dits, talentueusement orchestrés par un duo scénariste – dessinateur particulièrement en verve sur ce one-shot. Si vous ne l’avez pas acheté courez en prendre une version originale. Et si l’avis élogieux ne donne pas dans le culte, c’est bien parce que ce récit est tout sauf grand public et que bon nombre de gens ne trouveront pas ce qu’ils cherchent dans la bande dessinée dans ce récit. Pour ma part, je suis comblé, la puissance se dégageant de ce récit en fait pour moi à ce stade la meilleure BD de l’année.
... Cet avis aura mis du temps à sortir au final.
Car j'ai longtemps hésité entre plusieurs notes.
Et après relecture complète et attentive, je met quand même 4 étoiles. Et ce pour diverses raisons :
-Le dessin, du Bilal tout craché, mais que j'ai adoré, avec un style totalement personnel mais que j'ai trouvé superbe (même si parfois j'ai trouvé les personnages un peu .... "figés"). Les touches d’originalité (la nuée d'insectes dans le tome 3 par exemple) sont les bienvenues, et on peut apprécier grandement les planches, dont certaines sont vraiment des petits bijoux.
-L'originalité du récit, qui mêle à la fois de la poésie, de l'humour, du sérieux, de la réflexion, du mystère, des délires... Des coupures de presse, des échelles, du récit intrinsèque, du récit externe, de l'amour, de la haine, des dieux égyptiens et un monde futuriste. Bref un beau mélange de genres qui passe, aussi incroyable que ça paraisse, parfaitement bien.
-Le récit en lui même. Avec trois parties distinctes, dont on sent qu'elles n'étaient pas forcément prévues avant leur sortie. Et chaque tome change tellement par rapport au précédent que la série semble curieusement aussi mélangée que son contenu.
-Le final, qui est juste incroyable par sa nature. En fait la fin de chaque tome surprend complètement, de plusieurs façons d'ailleurs.
-Et enfin les sensations dégagées par l’œuvre : on ne sait pas trop comment l'aborder, comment la comprendre. On est devant quelque chose d'incroyable et vraiment d'unique.
Après force de relecture, je me décide donc à donner une excellente note à cette œuvre, qui est vraiment quelque chose à part dans le monde de la bande-dessinée en général. On est face à quelque chose qui ne se comprend pas vraiment, que chacun prend à sa façon. Un ami m'a conclu cela d'une belle façon : "C'est du Bilal". Et tout est dit.
4/5, ça le vaut.
"En voila une BD qu'elle est bonne !"
Telle fut ma première réaction lorsque je refermais les pages de L'autre monde.
Car oui, cette BD est franchement très bien. Tout d'abord dans le dessin, que j'ai bien aimé (même si parfois je l'ai trouvé un peu mal fait), et surtout la colorisation qui est extraordinaire.
Ensuite, j'ai énormément apprécié le style de l'histoire, mélange de plusieurs traditions, de légendes de différentes sortes toute mélangées dans un même récit. Le monde surréaliste qui en ressort est plein de charme, plein de fraicheur et de spontanéité. On est vraiment sous le charme.
Et puis l'histoire, elle, est franchement bien campée. On suit avec de plus en plus d'intérêt ces protagonistes, leurs petites histoires et les soucis dans ce monde dont le ciel tombe.
En fait, je trouve que cette BD à réussi à créer un univers formidable, et vraiment charmant. Un vrai bouquet de fraicheur qui est offert lorsqu'on ouvre les pages. En clair : ça m'a beaucoup plu.
La lecture est un véritable plaisir, et on ne crache pas sur une petite relecture de ce bijou dans le domaine du fantastique.
4/5 et un bon gros conseil de lecture.
Après Dol, voici "Saison brune".
Ce qui ne devait être au départ qu'un chapitre de Dol, se révèle au final comme un album complet de... 500 pages !
Car avant de se plonger dans son travail pour nous en livrer le fruit, Philippe Squarzoni s'est sérieusement posé la question de ses connaissances sur le réchauffement climatique. Et c'est à force de creuser que ce nouvel album s'est imposé. Un chapitre n'y suffirait pas.
On sent d'ailleurs que la liberté et la confiance que lui a laissées Delcourt pour cette BD lui ont été profitables. Si le sujet est grave, il est bien développé et structuré. La narration et le traitement graphique sont plus aérés que le compact Dol. L'auteur a pris le temps d'élaborer ses chapitres et de construire son ouvrage en mêlant intelligemment son questionnement individuel et la présentation des faits. La forme est agréable, et son dessin s'est aussi affiné ; on sent que le temps imparti par l'éditeur a été profitable (6 ans pour venir à bout de cet album !)
Alors non, ce n'est pas le genre de BD qu'on s'avale d'une traite en 15 minutes. On passe ici dans la catégorie BD documentaire qui se laisse avaler et digérer tranquillement. Et digérer, reste un faible mot, car la pilule est plutôt amère...
Le constat que nous dresse Philippe Squarzoni sur le réchauffement climatique (sans mauvais jeu de mots, oui oui, je vous vois venir...) fait plutôt froid dans le dos. Sans non plus donner dans le catastrophisme, les arguments qu'il développe en s'appuyant sur des données scientifiques, finissent par dresser un tableau assez sombre de notre avenir.
Alors, s'il ne faut pas se voiler la face, une porte de sortie existe, mais qui se ferme inexorablement et lentement. Prendre cette porte, c'est s'engager dans des choix politiques qui vont souvent à l'encontre de nos modes de vie actuels. Mais ne pas la prendre maintenant, ce n'est que repousser l'irréversible et détourner le regard, pour devoir de toute façon plus tard agir dans l'urgence et la brutalité.
Oui, se retrouver le nez dans notre caca, ça n'est pas agréable. Et puis le réchauffement climatique, c'est "les autres"... Mais se positionner dans notre société et envisager un avenir pour tous, implique une prise de conscience et une modification de nos habitudes.
Voilà ce que nous propose Philippe Squarzoni à travers cet album qui m'a collé une bonne claque. On pense tous savoir de quoi il retourne avec le réchauffement climatique... On est loin du compte... Au sortir de cette lecture, vous ne pourrez plus dire qu'on ne savait pas ce qui nous attend.
Voilà un récit à la fois surprenant et captivant.
Surprenant car on découvre que c’est tiré d’un roman qui date de 1941 !
Captivant car on se demande comment cette curieuse aventure va se terminer.
On suit les avatars de Raoul Cérusier qui, de manière fortuite, va se retrouver avec une nouvelle tête. L’auteur ne s’attarde pas sur l’origine de cette transformation faciale inopinée. Ce n’est d’ailleurs pas le propos. L’objet est d’imaginer les multiples conséquences d’un tel phénomène sur la vie de Raoul, que ce soit sur le plan familial, professionnel ou encore amical. Bref, cette réflexion sur l’avant et après Raoul est bien menée. Elle pose en outre la question suivante : faut-il être dans la peau de quelqu’un d’autre pour se rendre compte réellement qui on est ? Le trait de Cyril Bonin est dans la lignée de Chambre Obscure et préfigure celui qu’on retrouve dans L'Homme qui n'existait pas.
Je me demande dans quelle mesure l’auteur n’a pas été inspiré par ce roman de Marcel Aymé pour imaginer L'Homme qui n'existait pas. Il y est également question d’un homme qui s’efface de la vie réelle pour prendre conscience de ce qu’il est vraiment.
Cette belle image est un bien bel album, assurément !
Pour moi cette série est une des meilleures du monde de la bd ! Oui,oui !
Je m'explique, c'est un condensé de références et de liberté d'expression unique, sans compromis, sans sacrifices aux codes conventionnels qui sont ici dépassés parce que totalement maîtrisés.
C'est pour moi l'exemple accompli de la bd comme médium, qui s’élève au rang d'art majeur. L’œuvre d'une vie : celle des frères Hernandez (ici Jaime, le meilleur dessinateur de la fratrie).
Graphiquement, il n'y a pas d'effet de style, de tape à l’œil, juste de l'élégance qui s'étale sur des années de travail sans jamais sembler s'essouffler.
En France personne n'a osé prendre cette série à bras le corps au bon moment, résultat, il y a un décalage dans les sujets d'actualité qui sont traités et les délires punk des personnages peuvent paraitre désuets à cette heure.
Seul bémol, comme il est dit plus haut, ce n'est pas une intégrale.
Après lecture des 9 premiers tomes "français"...
Je ne reviendrai pas sur les qualités indéniables décrites ailleurs (ce sont elles qui m'ont amené à lire cette série)...
Mais, je ne mets pas culte ; certains albums (ou chapitres) sont un peu en dessous de la qualité générale et certaines planches un peu bâclées à mon goût...
La tournure de l'histoire entre Bigby et Blanche a tendance un peu à m'agacer et je ne parle pas de leur "progéniture" qu'on a parfois envie de "noyer"... L'épisode des 1001 nuits ( tome 8 ) m'a laissé un relent désagréable sur le fond.
Sinon, le concept est génial et laisse plein de portes ouvertes pour de multiples aventures.
Je suis un peu manichéen et c'est vrai que la BD se veut réaliste dans le sens : "la vie c'est pas tout noir ou tout blanc"... Du coup, ça manque de "vrai méchant" charismatique qu'on adore détester (ou qu'on adore tout court) ; mais je vais continuer ma lecture malgré tout et j'attends d'être surpris...
Je suis venu aux comics grâce aux films qui sortent au ciné depuis maintenant plusieurs années. Mais étant un noob dans ce domaine (traduire : petit j'achetais plus les Tuniques bleues et Leonard que les histoires de Wolverine et ses potes) j'ai demandé conseil sur le net afin de trouver une série concernant les x-men sans être complêtement paumé. Car il faut bien le dire, les x-men, c'est un beau bordel avec tous les arcs naratifs, les dimensions parallèles, les perso morts qui reviennent etc...
Bref, on m'a conseillé Ultimate X-men, qui est un reboot et qui a le mérite de remettre tout à plat ! Parfait pour un débutant comme moi ;)
(C'est quand même plus facile de débuter par Ultimate X-men, que par l'intégrale des années 60 qui a quand même pris un méchant coup de vieux niveau dessin et ambiance)
Sinon coté histoire, comme c'est un reboot, on découvre ou re-découvre le recrutement des X-men, les relations qui se créent, c'est plutôt agréable à lire ! L'action est présente, l'histoire est plutôt bien rythmée (après sûrement que les puristes n'apprécieront pas la tournure des événements, mais qu'importe, je suis pas puriste).
Quant aux dessins, ils sont changeants, comme dans tous les comics, et moi qui ne suis pas habitué, j'avoue que je mets quelques pages à m'y faire, mais dans l'ensemble, c'est plutôt agréable. (C'est du comics moderne, ça pique pas comme ceux des années 60)
Bref, la série Ultimate (Ultimate X-men, Ultimate Spiderman, Ultimates etc...) est une bonne manière de rentrer dans l'univers Marvel, c'est cool :)
Forcément moi je suis très client de Goossens, Daniel de son prénom, encore plus quand il fait de l'humour sur Jésus. Rien que la couverture j'adore.
On commence avec les têtes connues, Georges et Louis, puis bien sûr arrive Jésus et ses apôtres Pierre, Atchoum, Simplet et les autres. Enfin les guests comme Clark Kent reporter au Daily Bible qui arrive au moment où ce pauvre Jésus allait se faire clouer sur sa croix avec ses 2 potes.
Je n'en rajouterai pas plus sur le dessin, toujours aussi bon. Bref, prenez et lisez-en tous.
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Chambre Obscure
Je suis dans ma période "Cyril Bonin". Après L'Homme qui n'existait pas et La Belle Image, voici que je me délecte avec "Chambre obscure" (je sais, je prends ses productions à rebours). Ce diptyque rend un hommage appuyé aux aventures policières du début 20e (Gaston Leroux et Maurice Leblanc en tête). Je pense qu’il s’agit du premier travail en solo de Cyril qui endosse les casquettes de scénariste, dessinateur et coloriste. Et le résultat est au rendez-vous avec une ambiance délicieusement surannée qui n’est pas sans rappeler les aventures de Rouletabille et de Lupin. Alors certes la trame narrative est d’une autre époque mais c’est justement ce qui fait tout le charme du récit. Le premier opus pose le cadre de l’enquête en multipliant les pistes pour mieux perdre le lecteur. Dans le second, l’enquête s’accélère avec un raisonnement digne d’un Sherlock Holmes ou d’un Columbo. Les planches présentent des tonalités brunes dominantes qui accentuent le cachet rétro et permettent au lecteur de s’immerger dans cette époque. Bref, le chef de la bande à Bonin a encore frappé . . . et frappé juste ! Une réussite, tout simplement !
Les Derniers Jours de Stefan Zweig
D’aucuns diront que lorsqu’il s’agit de Sorel, je ne suis pas objectif, mais franchement quel bijou… Le récit forme l’adaptation de la récente nouvelle sur la fin de vie de Stefan Zweig. L’exercice toujours particulièrement périlleux fournit rarement des albums inoubliables. Tantôt trop figée, tantôt trop loin du livre, l’adaptation révèle les talents. Au niveau de ce roman graphique, l’exercice magistral laisse une place de choix dans les sorties de ce premier trimestre. Évidemment il faut apprécier le roman graphique, car nous ne trouverons guère d’action, d’espionnage, d’adrénaline ou de femmes en robe courte. En revanche question tension, confusion des sentiments vous serez servis. Gageons même que tellement pris par la force du dessin et l’habileté de l’adaptation, vos yeux seront humides en fin de récit. Toute la finesse de l’évolution de la décision, en particulier vis-à-vis de sa compagne se trouve parsemée dans un mouvement crescendo avant la chute inévitable. La mise en situation historique parfaitement maîtrisée fournit un canevas spirituel que le lecteur partage. Le lecteur ressent, il vit au cœur des personnages. Les rares dialogues entrecoupés de plans intelligemment scénarisés permettent une immersion sentimentale inouïe. Graphiquement, le trait reconnaissable de Sorel fait merveille. Évidemment lorsqu’il s’agit d’illustrer la période glorieuse de Vienne, (lui qui a si magistralement participé au lonely planet dédié à Prague), le trait grandiose magnifie les non dits. Le carnaval nous semble sorti du soleil, et que dire de cette planche sublime d’autodafé… La fin tout en finesse laisse ce goût amer du libre choix si difficile à comprendre. Sobre, subtil, incertain, le trait magnifie le contenu et Sorel a su renouveler son habituel penchant tourmenté pour un faux calme particulièrement puissant. Vous l’avez compris, ce récit fourmille de poésie et de non dits, talentueusement orchestrés par un duo scénariste – dessinateur particulièrement en verve sur ce one-shot. Si vous ne l’avez pas acheté courez en prendre une version originale. Et si l’avis élogieux ne donne pas dans le culte, c’est bien parce que ce récit est tout sauf grand public et que bon nombre de gens ne trouveront pas ce qu’ils cherchent dans la bande dessinée dans ce récit. Pour ma part, je suis comblé, la puissance se dégageant de ce récit en fait pour moi à ce stade la meilleure BD de l’année.
La Trilogie Nikopol
... Cet avis aura mis du temps à sortir au final. Car j'ai longtemps hésité entre plusieurs notes. Et après relecture complète et attentive, je met quand même 4 étoiles. Et ce pour diverses raisons : -Le dessin, du Bilal tout craché, mais que j'ai adoré, avec un style totalement personnel mais que j'ai trouvé superbe (même si parfois j'ai trouvé les personnages un peu .... "figés"). Les touches d’originalité (la nuée d'insectes dans le tome 3 par exemple) sont les bienvenues, et on peut apprécier grandement les planches, dont certaines sont vraiment des petits bijoux. -L'originalité du récit, qui mêle à la fois de la poésie, de l'humour, du sérieux, de la réflexion, du mystère, des délires... Des coupures de presse, des échelles, du récit intrinsèque, du récit externe, de l'amour, de la haine, des dieux égyptiens et un monde futuriste. Bref un beau mélange de genres qui passe, aussi incroyable que ça paraisse, parfaitement bien. -Le récit en lui même. Avec trois parties distinctes, dont on sent qu'elles n'étaient pas forcément prévues avant leur sortie. Et chaque tome change tellement par rapport au précédent que la série semble curieusement aussi mélangée que son contenu. -Le final, qui est juste incroyable par sa nature. En fait la fin de chaque tome surprend complètement, de plusieurs façons d'ailleurs. -Et enfin les sensations dégagées par l’œuvre : on ne sait pas trop comment l'aborder, comment la comprendre. On est devant quelque chose d'incroyable et vraiment d'unique. Après force de relecture, je me décide donc à donner une excellente note à cette œuvre, qui est vraiment quelque chose à part dans le monde de la bande-dessinée en général. On est face à quelque chose qui ne se comprend pas vraiment, que chacun prend à sa façon. Un ami m'a conclu cela d'une belle façon : "C'est du Bilal". Et tout est dit. 4/5, ça le vaut.
L'Autre Monde
"En voila une BD qu'elle est bonne !" Telle fut ma première réaction lorsque je refermais les pages de L'autre monde. Car oui, cette BD est franchement très bien. Tout d'abord dans le dessin, que j'ai bien aimé (même si parfois je l'ai trouvé un peu mal fait), et surtout la colorisation qui est extraordinaire. Ensuite, j'ai énormément apprécié le style de l'histoire, mélange de plusieurs traditions, de légendes de différentes sortes toute mélangées dans un même récit. Le monde surréaliste qui en ressort est plein de charme, plein de fraicheur et de spontanéité. On est vraiment sous le charme. Et puis l'histoire, elle, est franchement bien campée. On suit avec de plus en plus d'intérêt ces protagonistes, leurs petites histoires et les soucis dans ce monde dont le ciel tombe. En fait, je trouve que cette BD à réussi à créer un univers formidable, et vraiment charmant. Un vrai bouquet de fraicheur qui est offert lorsqu'on ouvre les pages. En clair : ça m'a beaucoup plu. La lecture est un véritable plaisir, et on ne crache pas sur une petite relecture de ce bijou dans le domaine du fantastique. 4/5 et un bon gros conseil de lecture.
Saison brune
Après Dol, voici "Saison brune". Ce qui ne devait être au départ qu'un chapitre de Dol, se révèle au final comme un album complet de... 500 pages ! Car avant de se plonger dans son travail pour nous en livrer le fruit, Philippe Squarzoni s'est sérieusement posé la question de ses connaissances sur le réchauffement climatique. Et c'est à force de creuser que ce nouvel album s'est imposé. Un chapitre n'y suffirait pas. On sent d'ailleurs que la liberté et la confiance que lui a laissées Delcourt pour cette BD lui ont été profitables. Si le sujet est grave, il est bien développé et structuré. La narration et le traitement graphique sont plus aérés que le compact Dol. L'auteur a pris le temps d'élaborer ses chapitres et de construire son ouvrage en mêlant intelligemment son questionnement individuel et la présentation des faits. La forme est agréable, et son dessin s'est aussi affiné ; on sent que le temps imparti par l'éditeur a été profitable (6 ans pour venir à bout de cet album !) Alors non, ce n'est pas le genre de BD qu'on s'avale d'une traite en 15 minutes. On passe ici dans la catégorie BD documentaire qui se laisse avaler et digérer tranquillement. Et digérer, reste un faible mot, car la pilule est plutôt amère... Le constat que nous dresse Philippe Squarzoni sur le réchauffement climatique (sans mauvais jeu de mots, oui oui, je vous vois venir...) fait plutôt froid dans le dos. Sans non plus donner dans le catastrophisme, les arguments qu'il développe en s'appuyant sur des données scientifiques, finissent par dresser un tableau assez sombre de notre avenir. Alors, s'il ne faut pas se voiler la face, une porte de sortie existe, mais qui se ferme inexorablement et lentement. Prendre cette porte, c'est s'engager dans des choix politiques qui vont souvent à l'encontre de nos modes de vie actuels. Mais ne pas la prendre maintenant, ce n'est que repousser l'irréversible et détourner le regard, pour devoir de toute façon plus tard agir dans l'urgence et la brutalité. Oui, se retrouver le nez dans notre caca, ça n'est pas agréable. Et puis le réchauffement climatique, c'est "les autres"... Mais se positionner dans notre société et envisager un avenir pour tous, implique une prise de conscience et une modification de nos habitudes. Voilà ce que nous propose Philippe Squarzoni à travers cet album qui m'a collé une bonne claque. On pense tous savoir de quoi il retourne avec le réchauffement climatique... On est loin du compte... Au sortir de cette lecture, vous ne pourrez plus dire qu'on ne savait pas ce qui nous attend.
La Belle Image
Voilà un récit à la fois surprenant et captivant. Surprenant car on découvre que c’est tiré d’un roman qui date de 1941 ! Captivant car on se demande comment cette curieuse aventure va se terminer. On suit les avatars de Raoul Cérusier qui, de manière fortuite, va se retrouver avec une nouvelle tête. L’auteur ne s’attarde pas sur l’origine de cette transformation faciale inopinée. Ce n’est d’ailleurs pas le propos. L’objet est d’imaginer les multiples conséquences d’un tel phénomène sur la vie de Raoul, que ce soit sur le plan familial, professionnel ou encore amical. Bref, cette réflexion sur l’avant et après Raoul est bien menée. Elle pose en outre la question suivante : faut-il être dans la peau de quelqu’un d’autre pour se rendre compte réellement qui on est ? Le trait de Cyril Bonin est dans la lignée de Chambre Obscure et préfigure celui qu’on retrouve dans L'Homme qui n'existait pas. Je me demande dans quelle mesure l’auteur n’a pas été inspiré par ce roman de Marcel Aymé pour imaginer L'Homme qui n'existait pas. Il y est également question d’un homme qui s’efface de la vie réelle pour prendre conscience de ce qu’il est vraiment. Cette belle image est un bien bel album, assurément !
Locas
Pour moi cette série est une des meilleures du monde de la bd ! Oui,oui ! Je m'explique, c'est un condensé de références et de liberté d'expression unique, sans compromis, sans sacrifices aux codes conventionnels qui sont ici dépassés parce que totalement maîtrisés. C'est pour moi l'exemple accompli de la bd comme médium, qui s’élève au rang d'art majeur. L’œuvre d'une vie : celle des frères Hernandez (ici Jaime, le meilleur dessinateur de la fratrie). Graphiquement, il n'y a pas d'effet de style, de tape à l’œil, juste de l'élégance qui s'étale sur des années de travail sans jamais sembler s'essouffler. En France personne n'a osé prendre cette série à bras le corps au bon moment, résultat, il y a un décalage dans les sujets d'actualité qui sont traités et les délires punk des personnages peuvent paraitre désuets à cette heure. Seul bémol, comme il est dit plus haut, ce n'est pas une intégrale.
Fables
Après lecture des 9 premiers tomes "français"... Je ne reviendrai pas sur les qualités indéniables décrites ailleurs (ce sont elles qui m'ont amené à lire cette série)... Mais, je ne mets pas culte ; certains albums (ou chapitres) sont un peu en dessous de la qualité générale et certaines planches un peu bâclées à mon goût... La tournure de l'histoire entre Bigby et Blanche a tendance un peu à m'agacer et je ne parle pas de leur "progéniture" qu'on a parfois envie de "noyer"... L'épisode des 1001 nuits ( tome 8 ) m'a laissé un relent désagréable sur le fond. Sinon, le concept est génial et laisse plein de portes ouvertes pour de multiples aventures. Je suis un peu manichéen et c'est vrai que la BD se veut réaliste dans le sens : "la vie c'est pas tout noir ou tout blanc"... Du coup, ça manque de "vrai méchant" charismatique qu'on adore détester (ou qu'on adore tout court) ; mais je vais continuer ma lecture malgré tout et j'attends d'être surpris...
Ultimate X-Men
Je suis venu aux comics grâce aux films qui sortent au ciné depuis maintenant plusieurs années. Mais étant un noob dans ce domaine (traduire : petit j'achetais plus les Tuniques bleues et Leonard que les histoires de Wolverine et ses potes) j'ai demandé conseil sur le net afin de trouver une série concernant les x-men sans être complêtement paumé. Car il faut bien le dire, les x-men, c'est un beau bordel avec tous les arcs naratifs, les dimensions parallèles, les perso morts qui reviennent etc... Bref, on m'a conseillé Ultimate X-men, qui est un reboot et qui a le mérite de remettre tout à plat ! Parfait pour un débutant comme moi ;) (C'est quand même plus facile de débuter par Ultimate X-men, que par l'intégrale des années 60 qui a quand même pris un méchant coup de vieux niveau dessin et ambiance) Sinon coté histoire, comme c'est un reboot, on découvre ou re-découvre le recrutement des X-men, les relations qui se créent, c'est plutôt agréable à lire ! L'action est présente, l'histoire est plutôt bien rythmée (après sûrement que les puristes n'apprécieront pas la tournure des événements, mais qu'importe, je suis pas puriste). Quant aux dessins, ils sont changeants, comme dans tous les comics, et moi qui ne suis pas habitué, j'avoue que je mets quelques pages à m'y faire, mais dans l'ensemble, c'est plutôt agréable. (C'est du comics moderne, ça pique pas comme ceux des années 60) Bref, la série Ultimate (Ultimate X-men, Ultimate Spiderman, Ultimates etc...) est une bonne manière de rentrer dans l'univers Marvel, c'est cool :)
Sacré comique
Forcément moi je suis très client de Goossens, Daniel de son prénom, encore plus quand il fait de l'humour sur Jésus. Rien que la couverture j'adore. On commence avec les têtes connues, Georges et Louis, puis bien sûr arrive Jésus et ses apôtres Pierre, Atchoum, Simplet et les autres. Enfin les guests comme Clark Kent reporter au Daily Bible qui arrive au moment où ce pauvre Jésus allait se faire clouer sur sa croix avec ses 2 potes. Je n'en rajouterai pas plus sur le dessin, toujours aussi bon. Bref, prenez et lisez-en tous.