L'histoire se passe en 2680 après JC. Les humains et les singes vivent en harmonie. Tous ont conscience que cette entente est fragile et qu'une provocation pourrait déclencher un conflit... Alors, quand un mystérieux tueur assassine "l'archonte", un primate respecté de tous, des émeutes éclatent entre les deux communautés.
La grande réussite de cette bande dessinée est le dessin et particulièrement les primates. Les planches qui les représentent sont belles, précises. Magno n'hésite pas à dessiner des plans difficiles avec des perspectives en contre-plongée et des angles de vue très cinématographiques. Chaque case est riche de détails et on a même droit à de somptueuses pleines pages. Les personnages humains sont un peu plus inégaux. Les visages féminins sont bien plus lumineux que ceux des hommes. Et même si les deux héroïnes de ce premier volet, Sullivan et Chaika, peuvent être extrêmement belles, leurs traits aussi sont quelques fois un peu incertains. Toutefois, c'est bien dans sa globalité qu'il faut appréhender cette BD. Le scénario n'est encore qu'une amorce mais il s'y passe déjà suffisamment de choses pour se régaler de cet album.
Étant une inconditionnellement du roman de Pierre Boulle et de la majorité des films et séries TV qui en ont découlé jusque dans le dernier film de Rupet Wyatt, La planète des singes : les origines, une préquelle franchement réussie, je ne sais pas si je suis très objective, mais globalement je trouve que c'est un bon début.
On trouve de magnifiques planches supplémentaires en bonus à la fin du comics, histoire de s'en mettre plein les yeux.
Peut être dans mon entourage un des seuls à avoir été épaté par ce fameux tome 0 de Metafukaz mis en scène en grande partie par Bicargo, nul doute que j’attendais sa véritable première œuvre avec impatience.
Il va sans dire qu’avec un titre fleurant bon les films d’auteurs français plus la touche de folie habituelle des éditions Ankama, on ne sait pas réellement à quoi s’attendre avec les pérénigrations de Deirdre, charmante jeune fille vivant sur un satellite artificiel et curieuse de ce monde qu’on appelle La Terre où elle ne rêve que de rencontrer son contact virtuel Karl et de voir à quoi ressemble la mer…
C’est sur un postulat aussi simple que naïf que Bicargo tente avec talent et tendresse de tisser une jolie odyssée sur un postulat de science-fiction qui n’est que prétexte à rêveries et espaces infinis…
Car la terre décrite par Bicargo est étrangement très proche du monde que nous connaissons actuellement, loin des considérations technologiques fantasmées (les voitures ne volent toujours pas dans le ciel déplore l’héroïne) et le cout de la vie anéantit rapidement la touriste devenue pour le coup une immigrée en situation pratiquement irrégulière.
Prétendre rencontrer son mystérieux amoureux va devenir un chemin de croix, il faut se lever, travailler pour financer un voyage qui la mènera de jolies rencontres au détour de la mer et d’une terre polluée et administrative pour lequel seul le fric règne et régit les lois,
Bicargo aurait pu opter pour une méthode aussi cynique que sombre pour dresser une métaphore de notre société actuelle. A contrario, son esthétique lorgne pour l’espoir et la poésie sans écarter pour autant les sujets aussi graves que réalistes comme la fin inattendue qui demeure aussi apaisante que respectueuse.
Pour ce faire, il utilise un graphisme très pop art rappelant autant Andy Warhol et ses Marylin qu’un esthétisme proche des années 50 mêlant graphismes carrés et kitsch mais toujours colorés et dépaysants.
Diverses couvertures et couvertures régalent l’œil et rythment cette aventure légère aux couleurs délicieusement kitsch. Voici un excellent petit bouquin qui se lit peut être trop vite mais qui donne envie de croquer la vie à pleines dents et de profiter du moment présent sans négliger certaines étapes cruciales et cruelles.
Bicargo a l’intelligence de ne pas juger ni de jouer aux moralistes ce qui donne encore plus de saveur au titre de ce joli album à posséder et à offrir. Merci.
Ca y est ! J’ai enfin lu ce grand classique du monde de la B.D. Ce pas je l’ai franchi grâce à la dernière intégrale en date, qui offre une nouvelle colorisation des deux premiers tomes. Jusque là, à chaque fois que je feuilletais les premières planches, j’étais complètement bloqué par les couleurs, vraiment trop vieillottes à mon goût, ce qui m’incitait toujours à reposer l’ouvrage.
Cette intégrale, par ailleurs enrobée dans une jaquette superbement illustrée, est donc une excellente initiative, en redonnant un coup de jeune à cette série, elle m’a permis de découvrir un univers et des personnages des plus emblématiques.
Cela commence doucement, la mise en place met un peu de temps, mais l’attrait va en grandissant au fil des tomes. Les deux derniers tomes sont d’ailleurs les plus intéressants et la conclusion est des plus originale et inattendue. L’univers créé est vraiment très bien construit et détaillé, les différents personnages ont un caractère fouillé et intéressant. Au fil de la lecture, ont comprend mieux leurs aspirations, et leurs évolutions pour certains s’avèrent assez surprenantes et inattendues. Comme beaucoup, j’ai vraiment été fasciné par le Rige, personnage mystérieux et charismatique, qui marque de son empreinte cette belle aventure.
Le dessin de grande qualité est à l’image du récit : plus on avance, plus il se bonifie. Nombreuses séries commencent sur les chapeaux de roue et ensuite ne tiennent pas toutes leurs promesses. C’est ici l’exact contraire, le plaisir de lecture se bonifie au fur à mesure de l’avancée de l’histoire.
J’avais peur que cette série soit trop datée, mais il n’en est rien, j’ai d’ailleurs pu constater qu’elle a inspiré de nombreuses séries plus modernes. Pour ma part j’en redemande et je vais me pencher rapidement vers le préquel « Avant la quête ».
Encore un chouette petit album réalisé par le tandem Dauvillier/Lizano, cette fois-ci pour les Editions de la Gouttière.
Une histoire toute simple, avec deux personnages auxquels la plupart des jeunes enfants peuvent s'identifier, et avec une narration très linéaire, mais qui garde un caractère poétique bienvenu. Du travail simple, dans le sens hyper-accessible.
Au niveau du dessin, Lizano est complètement dans son élément, avec son trait limpide et ses couleurs vives. La construction, qui compte jusqu'à 4 cases par planche, est elle aussi très accessible.
Bref, un album recommandé pour les 4-7 ans.
Doux, tendre, poétique, une vrai réussite que ce voyage dans l'imaginaire de cet enfant. J'ai été très touché par cette histoire tant le petit garçon me fait penser à mon ainé et sa relation fusionnelle avec son nin-nin me parle.
La mise en dessin est absolument superbe, chaque planche est un véritable plaisir pour les yeux, les couleurs à la fois tranchées et douces soulignent admirablement le propos.
Un petit bijou de la BD enfantine, assez loin dans son traitement de la production habituelle.
Une très belle découverte, je ne connaissais rien de l'auteur, rien de la collection, et ce type d'oeuvre n'est, à priori, pas dans ce que j'apprécie habituellement.
Mais que c'est bien fait. Comment arriver à nous transporter sans dialogues, en 4 cases par page, à l'image de ces "cinémascopes" anciens, dans un noir et blanc sublime de nuances? C'est véritablement bien fait, ça mérite la lecture et l'achat.
Nous sommes tiraillés entre l'absurde à la Kafka, l'anticipation, l'épouvante, les contes noirs, et on ressort de cette lecture avec le plaisir d'avoir vu quelque chose de neuf tant dans sa forme que dans son fond.
Bravo. Je vais chercher 73304-23-4153-6-96-8
3.5
J'ai vraiment apprécié ce one-shot quoique j'hésite entre mettre trois et quatre étoiles. Après réflexions, j'ai mis 4 étoiles car cela faisait longtemps que j'avais pas été aussi passionné du début jusqu'à la fin en lisant une bande dessinée.
J'ai bien aimé suivre la vie quotidienne de ce jeune chômeur même si c'est vrai qu'au final il ne se passe pas grand chose. J'ai trouvé plusieurs scènes amusantes et j'ai trouvé le personnage principal attachant ce qui explique pourquoi j'ai pris du plaisir à suivre sa vie. J'aurais toutefois aimé une fin un peu moins banale.
Le dessin est pas mal, mais j'aurais aimé voir à quoi cela aurait ressemblé si Rabaté avait été le dessinateur.
Après Un long destin de sang, Notre Mère la Guerre ou encore Mattéo, la guerre de 1914 n'en finit pas d'inspirer nos scénaristes, et non des moindres. Cothias rejoint en effet Bollée, Kriss et Gibrat dans la description de l'horreur humaine.
J'avais parcouru dans la presse spécialisée quelques pages de ce récit mais je n'avais guère été enthousiasmé, à première vue : je ne suis pas en effet un grand admirateur de Mounier et puis la Grande Guerre a fait l'objet de plusieurs adaptions en bande dessinée cette année.
Mais, devant l'insistance de mon libraire, j'ai bassement cédé (je sais , je suis faible) à l'achat pour deux raisons : primo, l'histoire est prévue en deux volumes ; secondo il me la proposait dans un tirage spécial, celui de "canalbd éditions".
Assez réservé donc sur cet album, j'ai rapidement été subjugué par cette histoire de médecin militaire connaissant son baptème du feu. La boucherie de 1916, vue du côté médical, c'est assez original et on s'attache à ce jeune lieutenant Louis-Charles Bouteloup à travers les flash-backs et son assurance dans les tranchées, face à ses nouveaux supérieurs et subordonnés.
L'épisode de la trève d'une heure, vers la fin de l'album, est poignant et le premier volume s'achève sur une case à la fois pleine d'espoir et d'horreur.
Un récit donc bien construit et très bien illustré par Mounier, assez éloigné de son univers habituel. Je suis ravi de retrouver un Cothias (en compagnie de Patrice Odras) qui signe là un scénario de grande qualité.
On peut légitimement rapprocher ce volume de l'incontournable série Notre Mère la Guerre de Kris et Maël (éditions Futuropolis), tout en restant assez différent.
Un récit original, haletant qu'il faut découvrir sans attendre.
Dans le tome 2 , toute l'absurdité de la guerre prend du relief avec la soit-disant "trahison" de Bouteloup, avec le comportement de son lieutenant-colonel de père et avec l'attaque de l'hôpital de campagne, enfin à ce qui peut en ressembler.
Le personnage de Charles Bouteloup prend de l'etoffe dans cet opus et j'avoue que m'y suis attaché.
L'ambiance décrite par Cothias retrace fort bien l'univers des tranchées et les endurances subies par les poilus. On est vraiment plongé dans l'enfer de la grande guerre.
Le dessin de Mounier, qui n'avait à ma connaissance pas abordé cette période, est réaliste.
Bref, une série agréable.
Seul bémol, s'il faut en trouver un, est que premeir cycle nous laisse vraiment sur notre faim, et ressemble plus à une fin d'album à suivre, qu'à une clôture de cycle.
Vivement la suite.
Les carnets de voyage restent un style particulièrement subjectif. Et quand Guy Delisle raconte ses voyages, j’accroche. Le ton me parle, le graphisme fait mouche alors que de prime abord je ne vois rien qui serait particulièrement brillant.
Dans cet opus voici notre voyageur embarqué pour l’un des coins les plus fermés de notre planète, un de ces endroits que quelques rares personnages pourront visiter. Enfin visiter, entendons nous…
Ce témoignage magnifique trouve un ton particulièrement pertinent. Pas question d’écrire un manifeste, notre auteur va raconter ce qui lui arrive sans fioritures. J’avoue un plaisir certain dans le prêt de 1984 au guide pour perfectionner son Français ! Cela et toutes les autres anecdotes décrites sur un ton libre fournissent au récit un intérêt à mi chemin entre l’humour et le reportage. Pour le contenu lisez le cela ne pourra que vous faire du bien !
Le graphisme épuré de l’auteur m’a toujours fasciné, de prime abord il parait simpliste et brouillon mais la fluidité du récit et la pertinence du propos rendent cette apparente simplicité suspecte ! Et une seconde lecture permet de voir un talent certain pour la mise en situation, la simplification et la transmission d’un concept.
Ce récit fournit un livre de chevet fortement agréable pendant la lecture, tout comme la relecture. Voici pourquoi je conseille l’achat au contraire des autres albums parus de l’auteur : parce que son subtil mélange de reporter neutre et d’humour trouve un très bel équilibre dans cet opus.
Glauque, triste, sombre. Un parfait mélange d'années folles et de modernisme, d'inventions toutes plus audacieuses et "crédibles" dans ce Bordeaux incroyablement Montmartre.
Le scénario est excellent, les implications se démontent avec un suspense bien senti, sur le bon tempo. Les dialogues sont de bonne facture, les 2 monte-en-l'air vraiment charismatiques, mention spéciale à Mouche. L'histoire Snuff movie du début du cinématographe est une trouvaille ma foi originale.
Côté graphisme, quel régal. Je ne connaissais pas et viens de m'avaler les 3 tomes, vraiment une superbe lecture à recommander chaudement.
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La Planète des Singes
L'histoire se passe en 2680 après JC. Les humains et les singes vivent en harmonie. Tous ont conscience que cette entente est fragile et qu'une provocation pourrait déclencher un conflit... Alors, quand un mystérieux tueur assassine "l'archonte", un primate respecté de tous, des émeutes éclatent entre les deux communautés. La grande réussite de cette bande dessinée est le dessin et particulièrement les primates. Les planches qui les représentent sont belles, précises. Magno n'hésite pas à dessiner des plans difficiles avec des perspectives en contre-plongée et des angles de vue très cinématographiques. Chaque case est riche de détails et on a même droit à de somptueuses pleines pages. Les personnages humains sont un peu plus inégaux. Les visages féminins sont bien plus lumineux que ceux des hommes. Et même si les deux héroïnes de ce premier volet, Sullivan et Chaika, peuvent être extrêmement belles, leurs traits aussi sont quelques fois un peu incertains. Toutefois, c'est bien dans sa globalité qu'il faut appréhender cette BD. Le scénario n'est encore qu'une amorce mais il s'y passe déjà suffisamment de choses pour se régaler de cet album. Étant une inconditionnellement du roman de Pierre Boulle et de la majorité des films et séries TV qui en ont découlé jusque dans le dernier film de Rupet Wyatt, La planète des singes : les origines, une préquelle franchement réussie, je ne sais pas si je suis très objective, mais globalement je trouve que c'est un bon début. On trouve de magnifiques planches supplémentaires en bonus à la fin du comics, histoire de s'en mettre plein les yeux.
Pourquoi j'ai voulu détruire ce monde
Peut être dans mon entourage un des seuls à avoir été épaté par ce fameux tome 0 de Metafukaz mis en scène en grande partie par Bicargo, nul doute que j’attendais sa véritable première œuvre avec impatience. Il va sans dire qu’avec un titre fleurant bon les films d’auteurs français plus la touche de folie habituelle des éditions Ankama, on ne sait pas réellement à quoi s’attendre avec les pérénigrations de Deirdre, charmante jeune fille vivant sur un satellite artificiel et curieuse de ce monde qu’on appelle La Terre où elle ne rêve que de rencontrer son contact virtuel Karl et de voir à quoi ressemble la mer… C’est sur un postulat aussi simple que naïf que Bicargo tente avec talent et tendresse de tisser une jolie odyssée sur un postulat de science-fiction qui n’est que prétexte à rêveries et espaces infinis… Car la terre décrite par Bicargo est étrangement très proche du monde que nous connaissons actuellement, loin des considérations technologiques fantasmées (les voitures ne volent toujours pas dans le ciel déplore l’héroïne) et le cout de la vie anéantit rapidement la touriste devenue pour le coup une immigrée en situation pratiquement irrégulière. Prétendre rencontrer son mystérieux amoureux va devenir un chemin de croix, il faut se lever, travailler pour financer un voyage qui la mènera de jolies rencontres au détour de la mer et d’une terre polluée et administrative pour lequel seul le fric règne et régit les lois, Bicargo aurait pu opter pour une méthode aussi cynique que sombre pour dresser une métaphore de notre société actuelle. A contrario, son esthétique lorgne pour l’espoir et la poésie sans écarter pour autant les sujets aussi graves que réalistes comme la fin inattendue qui demeure aussi apaisante que respectueuse. Pour ce faire, il utilise un graphisme très pop art rappelant autant Andy Warhol et ses Marylin qu’un esthétisme proche des années 50 mêlant graphismes carrés et kitsch mais toujours colorés et dépaysants. Diverses couvertures et couvertures régalent l’œil et rythment cette aventure légère aux couleurs délicieusement kitsch. Voici un excellent petit bouquin qui se lit peut être trop vite mais qui donne envie de croquer la vie à pleines dents et de profiter du moment présent sans négliger certaines étapes cruciales et cruelles. Bicargo a l’intelligence de ne pas juger ni de jouer aux moralistes ce qui donne encore plus de saveur au titre de ce joli album à posséder et à offrir. Merci.
La Quête de l'Oiseau du Temps
Ca y est ! J’ai enfin lu ce grand classique du monde de la B.D. Ce pas je l’ai franchi grâce à la dernière intégrale en date, qui offre une nouvelle colorisation des deux premiers tomes. Jusque là, à chaque fois que je feuilletais les premières planches, j’étais complètement bloqué par les couleurs, vraiment trop vieillottes à mon goût, ce qui m’incitait toujours à reposer l’ouvrage. Cette intégrale, par ailleurs enrobée dans une jaquette superbement illustrée, est donc une excellente initiative, en redonnant un coup de jeune à cette série, elle m’a permis de découvrir un univers et des personnages des plus emblématiques. Cela commence doucement, la mise en place met un peu de temps, mais l’attrait va en grandissant au fil des tomes. Les deux derniers tomes sont d’ailleurs les plus intéressants et la conclusion est des plus originale et inattendue. L’univers créé est vraiment très bien construit et détaillé, les différents personnages ont un caractère fouillé et intéressant. Au fil de la lecture, ont comprend mieux leurs aspirations, et leurs évolutions pour certains s’avèrent assez surprenantes et inattendues. Comme beaucoup, j’ai vraiment été fasciné par le Rige, personnage mystérieux et charismatique, qui marque de son empreinte cette belle aventure. Le dessin de grande qualité est à l’image du récit : plus on avance, plus il se bonifie. Nombreuses séries commencent sur les chapeaux de roue et ensuite ne tiennent pas toutes leurs promesses. C’est ici l’exact contraire, le plaisir de lecture se bonifie au fur à mesure de l’avancée de l’histoire. J’avais peur que cette série soit trop datée, mais il n’en est rien, j’ai d’ailleurs pu constater qu’elle a inspiré de nombreuses séries plus modernes. Pour ma part j’en redemande et je vais me pencher rapidement vers le préquel « Avant la quête ».
Hugo et Cagoule
Encore un chouette petit album réalisé par le tandem Dauvillier/Lizano, cette fois-ci pour les Editions de la Gouttière. Une histoire toute simple, avec deux personnages auxquels la plupart des jeunes enfants peuvent s'identifier, et avec une narration très linéaire, mais qui garde un caractère poétique bienvenu. Du travail simple, dans le sens hyper-accessible. Au niveau du dessin, Lizano est complètement dans son élément, avec son trait limpide et ses couleurs vives. La construction, qui compte jusqu'à 4 cases par planche, est elle aussi très accessible. Bref, un album recommandé pour les 4-7 ans.
Hyper l'hippo
Doux, tendre, poétique, une vrai réussite que ce voyage dans l'imaginaire de cet enfant. J'ai été très touché par cette histoire tant le petit garçon me fait penser à mon ainé et sa relation fusionnelle avec son nin-nin me parle. La mise en dessin est absolument superbe, chaque planche est un véritable plaisir pour les yeux, les couleurs à la fois tranchées et douces soulignent admirablement le propos. Un petit bijou de la BD enfantine, assez loin dans son traitement de la production habituelle.
Cinema Panopticum
Une très belle découverte, je ne connaissais rien de l'auteur, rien de la collection, et ce type d'oeuvre n'est, à priori, pas dans ce que j'apprécie habituellement. Mais que c'est bien fait. Comment arriver à nous transporter sans dialogues, en 4 cases par page, à l'image de ces "cinémascopes" anciens, dans un noir et blanc sublime de nuances? C'est véritablement bien fait, ça mérite la lecture et l'achat. Nous sommes tiraillés entre l'absurde à la Kafka, l'anticipation, l'épouvante, les contes noirs, et on ressort de cette lecture avec le plaisir d'avoir vu quelque chose de neuf tant dans sa forme que dans son fond. Bravo. Je vais chercher 73304-23-4153-6-96-8
Tartines de courant d'air
3.5 J'ai vraiment apprécié ce one-shot quoique j'hésite entre mettre trois et quatre étoiles. Après réflexions, j'ai mis 4 étoiles car cela faisait longtemps que j'avais pas été aussi passionné du début jusqu'à la fin en lisant une bande dessinée. J'ai bien aimé suivre la vie quotidienne de ce jeune chômeur même si c'est vrai qu'au final il ne se passe pas grand chose. J'ai trouvé plusieurs scènes amusantes et j'ai trouvé le personnage principal attachant ce qui explique pourquoi j'ai pris du plaisir à suivre sa vie. J'aurais toutefois aimé une fin un peu moins banale. Le dessin est pas mal, mais j'aurais aimé voir à quoi cela aurait ressemblé si Rabaté avait été le dessinateur.
L'Ambulance 13
Après Un long destin de sang, Notre Mère la Guerre ou encore Mattéo, la guerre de 1914 n'en finit pas d'inspirer nos scénaristes, et non des moindres. Cothias rejoint en effet Bollée, Kriss et Gibrat dans la description de l'horreur humaine. J'avais parcouru dans la presse spécialisée quelques pages de ce récit mais je n'avais guère été enthousiasmé, à première vue : je ne suis pas en effet un grand admirateur de Mounier et puis la Grande Guerre a fait l'objet de plusieurs adaptions en bande dessinée cette année. Mais, devant l'insistance de mon libraire, j'ai bassement cédé (je sais , je suis faible) à l'achat pour deux raisons : primo, l'histoire est prévue en deux volumes ; secondo il me la proposait dans un tirage spécial, celui de "canalbd éditions". Assez réservé donc sur cet album, j'ai rapidement été subjugué par cette histoire de médecin militaire connaissant son baptème du feu. La boucherie de 1916, vue du côté médical, c'est assez original et on s'attache à ce jeune lieutenant Louis-Charles Bouteloup à travers les flash-backs et son assurance dans les tranchées, face à ses nouveaux supérieurs et subordonnés. L'épisode de la trève d'une heure, vers la fin de l'album, est poignant et le premier volume s'achève sur une case à la fois pleine d'espoir et d'horreur. Un récit donc bien construit et très bien illustré par Mounier, assez éloigné de son univers habituel. Je suis ravi de retrouver un Cothias (en compagnie de Patrice Odras) qui signe là un scénario de grande qualité. On peut légitimement rapprocher ce volume de l'incontournable série Notre Mère la Guerre de Kris et Maël (éditions Futuropolis), tout en restant assez différent. Un récit original, haletant qu'il faut découvrir sans attendre. Dans le tome 2 , toute l'absurdité de la guerre prend du relief avec la soit-disant "trahison" de Bouteloup, avec le comportement de son lieutenant-colonel de père et avec l'attaque de l'hôpital de campagne, enfin à ce qui peut en ressembler. Le personnage de Charles Bouteloup prend de l'etoffe dans cet opus et j'avoue que m'y suis attaché. L'ambiance décrite par Cothias retrace fort bien l'univers des tranchées et les endurances subies par les poilus. On est vraiment plongé dans l'enfer de la grande guerre. Le dessin de Mounier, qui n'avait à ma connaissance pas abordé cette période, est réaliste. Bref, une série agréable. Seul bémol, s'il faut en trouver un, est que premeir cycle nous laisse vraiment sur notre faim, et ressemble plus à une fin d'album à suivre, qu'à une clôture de cycle. Vivement la suite.
Pyongyang
Les carnets de voyage restent un style particulièrement subjectif. Et quand Guy Delisle raconte ses voyages, j’accroche. Le ton me parle, le graphisme fait mouche alors que de prime abord je ne vois rien qui serait particulièrement brillant. Dans cet opus voici notre voyageur embarqué pour l’un des coins les plus fermés de notre planète, un de ces endroits que quelques rares personnages pourront visiter. Enfin visiter, entendons nous… Ce témoignage magnifique trouve un ton particulièrement pertinent. Pas question d’écrire un manifeste, notre auteur va raconter ce qui lui arrive sans fioritures. J’avoue un plaisir certain dans le prêt de 1984 au guide pour perfectionner son Français ! Cela et toutes les autres anecdotes décrites sur un ton libre fournissent au récit un intérêt à mi chemin entre l’humour et le reportage. Pour le contenu lisez le cela ne pourra que vous faire du bien ! Le graphisme épuré de l’auteur m’a toujours fasciné, de prime abord il parait simpliste et brouillon mais la fluidité du récit et la pertinence du propos rendent cette apparente simplicité suspecte ! Et une seconde lecture permet de voir un talent certain pour la mise en situation, la simplification et la transmission d’un concept. Ce récit fournit un livre de chevet fortement agréable pendant la lecture, tout comme la relecture. Voici pourquoi je conseille l’achat au contraire des autres albums parus de l’auteur : parce que son subtil mélange de reporter neutre et d’humour trouve un très bel équilibre dans cet opus.
Le Réseau Bombyce
Glauque, triste, sombre. Un parfait mélange d'années folles et de modernisme, d'inventions toutes plus audacieuses et "crédibles" dans ce Bordeaux incroyablement Montmartre. Le scénario est excellent, les implications se démontent avec un suspense bien senti, sur le bon tempo. Les dialogues sont de bonne facture, les 2 monte-en-l'air vraiment charismatiques, mention spéciale à Mouche. L'histoire Snuff movie du début du cinématographe est une trouvaille ma foi originale. Côté graphisme, quel régal. Je ne connaissais pas et viens de m'avaler les 3 tomes, vraiment une superbe lecture à recommander chaudement.