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Locas

Note: 4/5
(4/5 pour 6 avis)

Angoulême 2006 : prix du patrimoine BD. Cette série de récits plus ou moins longs, publiée à l'origine dans les pages du magazine Love & Rockets, de 1982 à 1996, suit le parcours de deux personnages principaux, Hopey et Maggie, sur quatorze années. Locas retrace la vie de Hopey et Maggie, leurs amours, leurs problèmes, leur détresse et leur joie.


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Maggie Chascarillo est une jeune californienne d'origine mexicaine rôdant dans la scène rock du début des années 1980, au moment ou l'explosion punk vient de lancer son assaut virulent et primitif contre les tours d'ivoire des dinosaures du rock. Adolescente, Maggie se trouve attirée par l'anarchie, l'énergie et l'idéalisme de la scène punk hardcore. Elle y rencontre Hopey Glass, une punkette téméraire et insolente. Hopey est une présence turbulente mais constante dans la vie de Maggie, combinant paradoxalement des convictions morales en béton armé et un tempérament irascible. L'amitié qui les lie est volcanique mais indéfectible.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Novembre 2005
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Locas

08/12/2005 | steamboy13
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Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur gruizzli

Put ... Punaise ! Je ne m'attendais vraiment pas à ça, mais alors pas du tout ! Ce pavé graphique m'a littéralement happé tout au long de ma lecture, pour finir par me déposer, hagard, environ deux jours plus tard. Un pavé comme ça, c'est du plaisir en barre, et je pèse mes mots. Un trait d'une virtuosité extraordinaire sur tellement de planches (certes, c'est du travail sur de nombreuses années, mais tout de même, c'est loin d'être dégueu dès le début). Tout est dans un noir et blanc léché, avec des magnifiques cases et des personnages féminins qui sont loin d'être moches aussi. En parlant du dessin, j'avais au début un gros problème pour me repérer dans la pléiade de personnages qui parsèment les pages des différents épisodes, mais très vite la lecture s'est faite plus fluide, je repérais les gueules et les personnages, les liens entre eux, et c'est pas simple vu le nombre qu'ils sont. Mais avouons-le, cette BD m'a séduit beaucoup plus par son scénario, qui est, lui, d'une inventivité remarquable. C'est l'habile mélange d'un futur un peu spécial, d'une Amérique moderne, de questions sexuelles, de problèmes d'argent et de racisme, de quartier, et surtout et enfin de l'amour. L'amour qui va centraliser tout dans cette BD. C'est vraiment curieux comme développement, partant de deux punkettes qui vivent à la fois une histoire d'amitié, mais aussi une histoire d'amour et une histoire de famille, tant on en viendrait parfois à les prendre pour deux soeurs. Mais Hopey et Maggy seront deux personnages qui resteront liées dans ma mémoire comme deux êtres qu'on ne pourrait séparer. J'ai trouvé, dans cette BD, beaucoup de choses qui m'ont bien plu, et je ne pourrais les lister toutes, mais déjà la présence prépondérantes des femmes (qui assument bien des choses d'ailleurs, contrairement aux hommes), les transformations physiques qui évoluent progressivement dans les tomes, les sujets qui sont traités à la fois légèrement (à grand coup de rango ou de poings !) et gravement (le deuxième tome est parfois presque tragique), la morale qui est largement foutue à la porte à grand coups de pieds, et bien entendu, le vaste panorama englobé dans l'ensemble de la BD. Vaste panorama, car c'est à la fois un beau morceau du territoire des Etats-Unis qui est pris en compte, mais également un vaste panel de l'humanité, entre hommes et femmes, familles, amis et amants, voisins et enfants. Tout ce joyeux monde se mêle dans plusieurs villes, dans un temps long. C'est vraiment très bien fait. Mais ce que j'ai encore plus adoré, c'est la découverte progressive des personnages, la façon dont on est amené à découvrir tout ce que chacun à en soi quand on les a connus, au tout début du premier tome. Les deux protagonistes principales, évidemment, mais aussi toutes leurs amies et leurs connaissances, avec parfois leurs aspirations et leurs amours secrets. A ce titre, plusieurs d'entre elles connaissent au final des histoires tragiques, ou simplement humaines, ce qui n'est pas pour me déplaire, l'auteur ayant évité un happy end classique pour tout le monde. J'aurais bien d'autres choses à dire sur l'ensemble de la BD, mais je vous la recommande tout simplement, une lecture longue et prenante, on a tout le temps de se fondre dans l'ambiance et la vie de ces personnages, tout le temps de s'y attacher également. C'est la vie qui est là, entre l'adolescence, la jeunesse et l'âge adulte. Un roman graphique dans un style que je n'avais encore jamais vu, cru et violent, drôle et tragique, beau et moche, émouvant aussi. Une bien belle BD, que j'ai lue avec grand plaisir et qui ne m'a pas déçu, tout en me scotchant jusqu'au bout. Il m'en est resté beaucoup, et avec du recul, je me rends compte que cette BD m'a vraiment marqué. A lire, et je vous la recommande hautement.

10/01/2015 (modifier)

Pour moi cette série est une des meilleures du monde de la bd ! Oui,oui ! Je m'explique, c'est un condensé de références et de liberté d'expression unique, sans compromis, sans sacrifices aux codes conventionnels qui sont ici dépassés parce que totalement maîtrisés. C'est pour moi l'exemple accompli de la bd comme médium, qui s’élève au rang d'art majeur. L’œuvre d'une vie : celle des frères Hernandez (ici Jaime, le meilleur dessinateur de la fratrie). Graphiquement, il n'y a pas d'effet de style, de tape à l’œil, juste de l'élégance qui s'étale sur des années de travail sans jamais sembler s'essouffler. En France personne n'a osé prendre cette série à bras le corps au bon moment, résultat, il y a un décalage dans les sujets d'actualité qui sont traités et les délires punk des personnages peuvent paraitre désuets à cette heure. Seul bémol, comme il est dit plus haut, ce n'est pas une intégrale.

07/05/2012 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

J'aurais mis une bonne semaine à lire ce pavé : rien à dire, au niveau qualité+quantité/prix, ce premier volume d'intégrale est une bonne affaire. Pourtant, j'ai moins accroché que je l'espérais. Au rang des qualités de cette BD se trouve tout d'abord le dessin. Jaime Hernandez a un style très clair, rappelant les comics de l'âge d'or mais dans un style plus moderne et dynamique, avec un encrage noir, épais et très fluide. J'aime beaucoup ce dessin. Il arrive en outre à donner des visages vraiment jolis aux personnages, notamment bien sûr aux deux héroïnes. Et pour l'exemple, même si elle devient très potelée à partir de la moitié de l'album, Maggie garde un véritable charme. Toujours au rang des qualités se trouve l'originalité de ce récit. Les premières histoires sont assez surprenantes car on ne sait comment les cataloguer. Le décor dans lequel évoluent nos deux héroïnes est en effet d'abord empli de super-héros et de personnages fantastiques, robots et autres véhicules futuristes comme un comics de super-héros. Les histoires tournent plutôt autour de l'humoristique au début. Puis au fur et à mesure, le récit tourne nettement plus vers le roman graphique, le décor devenant plus réaliste et les intrigues s'attachant aux complexes relations d'amour et de conflit entre les héroïnes et leurs proches, avec toujours une touche d'humour mais beaucoup plus de sentiments également. Hopey et Maggie sont attachantes. La première, petite gouine punk et rebelle, est du genre à ne jamais se laisser marcher sur les pieds et est la force dynamique du couple. L'autre, mécanicienne en voiture mais aussi fusées et robots, est plus douce et plus féminine et oscille entre ce qui est plus que de l'amitié pour Hopey et les différents hommes qu'elle va aimer au fil des histoires. Leur relation est difficile à cerner, quelque part entre la grande amitié, le véritable amour et le conflit larvé. Et autour d'eux, outre le décor un peu S-F du début, c'est surtout l'Amérique des immigrés mexicains qui est représentée, celle des "Cholos" Californiens vivant dans leurs petites villes de banlieue, tous cousins ou amis, amateurs de catch (Lucha Libre) et de rock. Un univers original dans le monde de la BD, et de mieux en mieux représenté au fil des histoires, surtout dans la plutôt longue histoire vers la fin (Vida Loca) proche d'une intrigue à la West Side Story. De l'humour, des personnages originaux et attachants, un décor intéressant, un beau dessin, voilà tout pour me plaire. Cependant, je n'ai pas toujours aussi bien accroché que je l'aurais aimé. Le rythme est en effet assez spécial. Il alterne déroulement rapide de l'histoire et moments lents, presque ennuyeux. Des ellipses ou flash-backs pas toujours évidents rendent la narration parfois un peu confuse. Et toutes les histoires, même si elles permettent toutes de mieux découvrir les personnages, ne sont pas aussi intéressantes les unes que les autres. Certaines m'ont laissé relativement de marbre. Et quand on lit un gros pavé comme l'intégrale de Locas parue en 2005, ce n'est pas évident de s'y mettre à fond et de tout lire d'une traite si certaines histoires ne vous captivent pas plus que ça. En outre, j'accroche moyennement à l'ambiance punk-rock à base de concerts, de personnages fauchés et rebelles, et surtout de pas mal de violence. Ceci dit, je ne regrette pas du tout mon achat, très bonne affaire que je vous conseille.

15/11/2006 (modifier)
Par Manu Temj
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Locas, ça part dans tous les sens, c’est haché (faute à la parution initiale par épisodes, mais surtout faute à l’imagination pléthorique de l’auteur), souvent outrancier, parfois grotesque, entre catch féminin, superhéros ratés, soap opéra surmaquillé, milliardaires excentriques, réparateurs de soucoupes volantes, exécutions sommaires, sourires ultra-brite et amour à plusieurs… D’abord, Locas, on se dit que c’est un pavé, et qu’on va y passer du temps. Et puis on se dit que ça n’a ni queue ni tête et que – peut-être – finalement, on va jeter l’éponge. Et puis on continue parce que lentement, un peu plus vite, presque étonnamment, il se passe quelque chose, qu’on comparerait facilement à de l’alchimie, mais qui n’est rien d’autre que l’effet du talent de l’auteur. Parce qu’au delà de ce feu d’artifice d’effets narratifs, de grimaces, de coiffures explosives et d’émotions à la truelle, ou plutôt grâce à ce feu d’artifice, s’échafaude page après page un petit monde populaire, modeste, complexe et attachant, qui ressemble à celui de nos quartiers, de nos villages et de nos lycées. Parce qu’au milieu de tout ça, comme au milieu de la photo mal cadrée d’un week-end en famille, il y a Hopey et Maggie, leur affection mutuelle et leurs questionnements profonds. Grâce soit rendue aux éditeurs de cette merveille d’intégrale de nous avoir permis de redécouvrir ce monument ! Patron, vite, la seconde partie !

22/03/2006 (modifier)
Par TonTon
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Bon là, je ne vais pas du tout être objectif ! J'avais couru après les premières éditions incomplètes (comix USA, je crois) des tribulations de Hopey et Maggie ! Enfin tout est édité ! Ca permet de mieux comprendre certains point obscurs des éditions précédentes. Certes, tout n'est pas de qualité égale mais il y a une telle densité dans le récit, ça n'est pas la BD que vous lisez en 10 minutes et que vous reposez à jamais dans votre bibliothèque. Les relations entre les protagonistes ! Le dessin clair qui fait penser à Aggie ou Lili mais en bien déjanté ! Jaime Hernandez a fait du très bon boulot.

05/01/2006 (modifier)

350 pages pour ce premier tome, est-ce pour autant un roman graphique dense et foisonnant? Oui et non, car si il est évident qu'il y a matière à s'émouvoir, s'amuser ou parfois s'ennuyer à la lecture de ces histoires plus ou moins courtes, il n'y a pas pour autant une vraie richesse. Les différentes histoires, qu'elles soient réelles, rêvées, fantasmées ou sublimées par l'effet flash-back, sont toutes liées et au bout du compte on s'y retrouve, mais il n'y a pas une vraie chronologie; du coup le tout parait parfois un peu confus. Lire Locas sous cette forme de gros pavé nuit peut-être à son aspect feuilletonesque. On n'a pas vraiment le temps de s'attacher à cet univers, de suivre l'évolution des personnages dans le temps. Heureusement il y a des qualités, une certaine originalité, des passages déjantés à la limite parfois de la science fiction. Bref, il y a de quoi sortir des sentiers battus. Un des points forts incontestable de cette BD, est la représentation des rapports qu'entretiennent Maggie et Hopey. Maggie est celle qui nous parait plus stable, plus terre à terre, le personnage auquel on s'identifie plus facilement. Pourtant Maggie à besoin d'Hopey, Hopey la caractérielle, Hopey la punkette déroutante et imprévisible est pourtant un personnage fort et rassurant pour Maggie. Leur relation dépasse d'ailleurs l'amitié, Maggie n'est pas bisexuelle pourtant elle entretient des rapports charnels avec Hopey. Hopey est indifféremment nommée Hopey ou Esperenzita, vu ce qu'elle représente pour Maggie, son nom n'est pas anodin. Un des autres points fort de cette BD, c'est la variété des personnages secondaires, entre la tante Vicky Glory championne de catch, Rand Race autant séducteur que formidable baiseur, Izzy et ses araignées au plafond et toute une riche galerie d'avatars aussi drôles qu'originaux, les situations cocasses et incongrues ont la part belle. Au niveau des dessins, le style de Jaime Hernandez n'évolue pas dans le temps, c'est un noir et blanc intense, sans trame et de bonne facture. L'apparence des personnages, par contre, change au fil du temps, Hopey collectionne les différentes coiffures, Maggie, même si elle reste jolie, prend pas mal de kilos. Au final, ce premier tome est une lecture fort correcte, qui contient assez d'éléments pour sortir du cadre du roman graphique lambda. Dommage que quelques baisses de rythme plombent parfois l'ensemble.

08/12/2005 (modifier)