Là où le Vol du Corbeau s'enlisait dans une douce mièvrerie, Le Sursis arrive à nous prendre dans sa trame, grâce à un huis clos de grande qualité. On suit avec plaisir les pensées de cet anti héros que l'on va apprendre à aimer, malgré cet acte que l'on considère comme lâcheté. Ses réactions, ses remarques, ses observations, nous font prendre conscience d'une période d'occupation où tout acte pouvait avoir des répercutions terribles. On va découvrir la vie du village sous un angle assez inédit et c'est ne ce sens que Gibrat réussit ici ce qu'il n'avait que partiellement fait avec le Vol du Corbeau.
Graphiquement, c'est toujours aussi merveilleux, Gibrat arrive à faire revivre la France de cette époque avec une grande classe, à tel point qu'on se demande s'il n'existe pas chez lui une certaine nostalgie. C'est beau, documenté, travaillé. Du grand Art.
Je suis très friand d'histoire et pourtant cette période d'entre 2 guerres est de celles que je connais le moins. Pourtant, elle est riche d'évènements marquants et de personnalités fortes. Kiki de Montparnasse en est une.
J'ai pris beaucoup de plaisir à cette découverte du microcosme artistique de l'époque, des personnalités rencontrées et de leurs histoires. L'histoire peut paraître longuette à certains moments, mais c'est le lot de beaucoup de biographies. Le pavé se lit très bien, il est véritablement intéressant et on apprend beaucoup de choses sur cette période. Et cela m'a donné grandement envie de m'informer encore plus. Je trouve que le bouquin touche là un point fort puisqu'il permet de faire coincider BD et culture et amène à une reflexion sur une époque, un courant de pensée et implique le lecteur. M'avoir mis l'eau à la bouche pour partir plus avant à la recherche de ces artistes et auteurs est un vrai plus.
Graphiquement, c'est clair, agréable à suivre. Certes ce n'est pas exempt de défauts mais globalement le trait ne dessert pas l'ouvrage, au contraire, il fluidifie l'ensemble. J'ai bien aimé le who's who de fin d'album permettant de bien s'y retrouver. Une bonne lecture, enrichissante et intéressante.
Joli retour d'Alex Alice au premier plan !
Je ne referai pas le couplet sur Le Troisième Testament, il faut passer à autre chose. Le prodigieux dessinateur s'attaque donc à un mythe wagnérien, parmi les plus sombres, les plus ambitieux, et réputé inadaptable.
Eh bien pour l'heure l'adaptation me semble réussie. Tout d'abord et bien sûr sur le plan graphique, puisque Alice est avant tout dessinateur. Il crée tout au long de ce premier tome une ambiance très réussie, presque palpable. Certaines scènes, comme l'apparition d'Odin au début, ont une beauté sauvage, brutale, qu'il me semble difficile à égaler, sinon dans la peinture flamande, peut-être. Ah, que c'est frustrant de ne pas avoir une culture picturale plus étendue pour trouver des points de comparaison...
Sur le plan de l'histoire, on est un peu déconcerté par le début, où plusieurs trames semblent se croiser, ou plutôt se côtoyer. Et puis au fil de l'intrigue on arrive à nouer ces différents fils pour renouer l'écheveau de l'histoire. Il y a des moments d'humour qui semblent incongrus à première vue dans un tel récit, mais qui finalement permettent une respiration au milieu des 70 pages.
C'est tout de même du joli boulot, sur le plan pictural et de la mise en scène. Par contre la fin n'est pas forcément celle qu'on attend, c'est un peu dommage, mais l'oeuvre reste magistrale.
C’est en lisant ce genre d’album que je me rends compte à quel point Zidrou est devenu un pro du scénario.
Ici, il nous livre une histoire très classique de mafia et de vengeance, une variation sur un thème déjà vu et revu… mais pas moyen pour moi de lâcher l’album avant d’avoir lu le mot fin. Pourtant, ce récit n’a rien d’extraordinaire mais, voilà : c’est bien écrit, c’est vivant, c’est bien dosé, c’est bien construit, c’est touchant.
Le dessin d’Oriol est déroutant, dans un premier temps. Très caricatural avec des nez dignes de masques de Carnaval, il use de la hachure, ce qui lui donne un côté sec et nerveux. Ce style, qui de prime abord ne cadre pas vraiment avec le récit, s’est avéré des plus efficaces. Il est expressif et doté d’une réelle personnalité.
Au final, voici donc un bon album, pas surprenant mais bien construit et qui nous permet de découvrir un nouvel auteur espagnol de talent.
4/5 parce que je n'ai pas su arrêter ma lecture avant la dernière page, et même si le manque d'originalité du propos m'aurait plutôt incité à n'accorder qu'un 3/5, de prime abord.
Une agréable surprise que ce 7 survivants.
En fait, je me suis cru dans une vieille nouvelle de Stephen King ou dans un épisode de la Twilight Zone (mais en version trash). Et ce sont là deux compliments !
La problématique de la présentation des personnages (contrainte très handicapante de la collection) est bien résolue avec cette rapide présentation de 6 d’entre eux. Quant au septième, je ne sais toujours pas de qui il s’agit avec certitude… mais je m’en fiche…
Le récit est prenant, l’ambiance angoissante et fantastique est bien présente et on comprend rapidement que ces 7 survivants… ne survivront pas tous.
Le final est classique et conforme à mes attentes. Pas vraiment moral, pas vraiment innovant, mais plaisant.
Le dessin me faisait peur, de prime abord. Il est fort influencé par les comics américains, avec un encrage très présent et, donc, de grandes ombres noires à gauche et à droite. Mais ce style convient bien au récit et s’est donc avéré efficace à défaut de séduisant.
Un bon album, au final.
Bonjour,
Une série que j'encourage à lire de par les graphismes, les couleurs, le rythme de l'histoire et le scenario.
Je n'ai qu'une envie c'est que la suite sorte bientôt pour savoir ce qui va arriver aux différents personnages.
En tout cas ceux qui aiment la période des conquêtes des Amériques par les Espagnols (on va retrouver Cortes) seront ravis. Cette série nous montre que cette période était aussi un génocide du peuple amérindien.
Le manga culte pour beaucoup, et c'est bien compréhensible : un scénario excellent, des personnages bien développés et de très beaux dessins.
Le style graphique est très différent des mangas classiques, sortant des codes habituels, avec des traits fins, bien plus réalistes. L'action et les mouvements sont bien représentés et très "fluides" d'une case à l'autre.
La narration est divisée en 2 grands axes principaux : 1ère partie palpitante, très action, légèrement futuriste. La 2ème partie est post apocalyptique, très fouillée (un peu trop peut-être).
Il y a cependant des petits bémols, qui font perdre une étoile :
Tout d'abord la longueur de la 2ème partie, trop de détails, avec un ou deux tomes superflus et des pans de l'histoire qui se révèlent inutiles.
Ensuite la complexité du combat final, qui se perd dans des réflexions métaphysiques et ramollissent le rythme.
Mais globalement cela entache très peu l’œuvre mythique de Katsuhiro Otomo. On perd un peu de plaisir devant les blabla de la fin, mais Akira demeure un réel monument de la littérature manga.
Incontournable
Le droit chemin est une de ces bd qui s'apprécie au fil de la lecture tel de délicieux mets qui allèchent nos papilles. Après un démarrage introductif certes un peu lent, on va s'attarder sur les péripéties nocturnes de 4 gamins pupilles de la nation dans un lycée agricole dans la campagne française de l'entre-deux-guerre. La discipline est de rigueur et le goût de la transgression des règles ne manque pas à l'appel. L'insouciance de la jeunesse et les frasques vont donner le ton à ce récit qui ne manquera pas de rythme.
En effet, les personnages ont du caractère et notamment les deux protagonistes principaux Jeanne et Jules. Bref, on va apprécier des situations plutôt cocasses. Entre un surveillant d'internat défiguré par la première guerre et une aviatrice aux moeurs légères sans compter sur une comtesse féministe et artiste de nu, il y a une belle brochette psychologiquement intéressante.
Le scénariste Wilfrid Lupano qui nous avait gratifié d'un excellent Alim le tanneur, maîtrise totalement son histoire qui prend de l'ampleur au vu des évènements du monde extérieur. Il réussit dans le second tome à donner une certaine épaisseur après un premier chapitre plutôt léger. Par ailleurs, le dessin nous donne une vue assez dynamique de l'ensemble avec des cadrages plutôt réussis. La colorisation est également de qualité.
Au final, c'est une série sympathique à l'image d'une jeunesse turbulente dans une campagne insouciante avec un portrait assez fin de cette époque révolue. Une comédie sociale prometteuse ! Le droit chemin semble prendre la bonne route !
Etienne Davodeau, familier de la BD documentaire, raconte ici l’histoire du projet autoroutier Angers-La Roche-sur-Yon vu depuis un petit coin de campagne, insignifiant aux yeux des promoteurs, un projet absurde impliquant un tracé aux étranges sinuosités dont les causes pourraient bien être liées à la politique locale… C’est l’éternelle fable du progrès qui est décrite, avec deux visions antagonistes qui s’affrontent : la lenteur et la qualité de vie contre la vitesse et les nuisances environnementales. Evitant l’écueil de la culpabilisation du lecteur et en suivant de jeunes paysans tournés vers le bio, Davodeau tente avec subtilité de susciter la réflexion autour d’une problématique : dans quelle société voulons-nous vivre ? Sommes-nous prêts à ce qu’un paysage et ses habitants soient sacrifiés pour nous permettre de gagner dix minutes de temps de trajet ?
Davodeau a parfaitement réussi avec cette enquête qu’il a menée autant comme journaliste que dessinateur, allant au contact de ces gens, héros du quotidien, et partageant leur repas à la bonne franquette. Il y a intégré sa sensibilité d’artiste, mêlant humilité, humour et poésie, insufflant ainsi une certaine légèreté à un sujet grave et a priori pas très exaltant…Pas de doute, Davodeau sait raconter les histoires, tout en faisant appel à l’intelligence et à l’humanisme de ses lecteurs.
Une BD d'héroic fantasy, sans surprise chez ... Soleil. Oui mais voilà, au milieu des tombereaux de séries HF toutes plus faibles les unes que les autres chez cet éditeur, voici la petite perle qui sauve (presque) tout.
Alors certes, l'auteur ne réinvente pas le genre mais bon ... à part messieurs Sfar et Trondheim, j'ai pas souvenir d'un truc qui ait vraiment dynamité la fantasy depuis une décennie. On est ici dans un univers hyper codifié, fait de pouvoirs magiques et de luttes fratricides entre plusieurs frères mais ça fonctionne formidablement, sans aucun temps mort et avec une intrigue qui ne lasse pas alors qu'on aurait pu craindre un essoufflement après le formidable premier tome.
Le tout est servi par un dessin superbe d'un nouveau venu dans le monde de la BD qui, s'il tient parfois plus de l'illustration et manque un poil de mouvement, n'en reste pas pour le moins, la plupart du temps, époustouflant.
Au final, une référence que je conseille même aux non-aficionados du genre. Je serais à deux doigts de mettre 5 étoiles s'il y avait un tantinet plus de cul :)
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Le Sursis
Là où le Vol du Corbeau s'enlisait dans une douce mièvrerie, Le Sursis arrive à nous prendre dans sa trame, grâce à un huis clos de grande qualité. On suit avec plaisir les pensées de cet anti héros que l'on va apprendre à aimer, malgré cet acte que l'on considère comme lâcheté. Ses réactions, ses remarques, ses observations, nous font prendre conscience d'une période d'occupation où tout acte pouvait avoir des répercutions terribles. On va découvrir la vie du village sous un angle assez inédit et c'est ne ce sens que Gibrat réussit ici ce qu'il n'avait que partiellement fait avec le Vol du Corbeau. Graphiquement, c'est toujours aussi merveilleux, Gibrat arrive à faire revivre la France de cette époque avec une grande classe, à tel point qu'on se demande s'il n'existe pas chez lui une certaine nostalgie. C'est beau, documenté, travaillé. Du grand Art.
Kiki de Montparnasse
Je suis très friand d'histoire et pourtant cette période d'entre 2 guerres est de celles que je connais le moins. Pourtant, elle est riche d'évènements marquants et de personnalités fortes. Kiki de Montparnasse en est une. J'ai pris beaucoup de plaisir à cette découverte du microcosme artistique de l'époque, des personnalités rencontrées et de leurs histoires. L'histoire peut paraître longuette à certains moments, mais c'est le lot de beaucoup de biographies. Le pavé se lit très bien, il est véritablement intéressant et on apprend beaucoup de choses sur cette période. Et cela m'a donné grandement envie de m'informer encore plus. Je trouve que le bouquin touche là un point fort puisqu'il permet de faire coincider BD et culture et amène à une reflexion sur une époque, un courant de pensée et implique le lecteur. M'avoir mis l'eau à la bouche pour partir plus avant à la recherche de ces artistes et auteurs est un vrai plus. Graphiquement, c'est clair, agréable à suivre. Certes ce n'est pas exempt de défauts mais globalement le trait ne dessert pas l'ouvrage, au contraire, il fluidifie l'ensemble. J'ai bien aimé le who's who de fin d'album permettant de bien s'y retrouver. Une bonne lecture, enrichissante et intéressante.
Siegfried
Joli retour d'Alex Alice au premier plan ! Je ne referai pas le couplet sur Le Troisième Testament, il faut passer à autre chose. Le prodigieux dessinateur s'attaque donc à un mythe wagnérien, parmi les plus sombres, les plus ambitieux, et réputé inadaptable. Eh bien pour l'heure l'adaptation me semble réussie. Tout d'abord et bien sûr sur le plan graphique, puisque Alice est avant tout dessinateur. Il crée tout au long de ce premier tome une ambiance très réussie, presque palpable. Certaines scènes, comme l'apparition d'Odin au début, ont une beauté sauvage, brutale, qu'il me semble difficile à égaler, sinon dans la peinture flamande, peut-être. Ah, que c'est frustrant de ne pas avoir une culture picturale plus étendue pour trouver des points de comparaison... Sur le plan de l'histoire, on est un peu déconcerté par le début, où plusieurs trames semblent se croiser, ou plutôt se côtoyer. Et puis au fil de l'intrigue on arrive à nouer ces différents fils pour renouer l'écheveau de l'histoire. Il y a des moments d'humour qui semblent incongrus à première vue dans un tel récit, mais qui finalement permettent une respiration au milieu des 70 pages. C'est tout de même du joli boulot, sur le plan pictural et de la mise en scène. Par contre la fin n'est pas forcément celle qu'on attend, c'est un peu dommage, mais l'oeuvre reste magistrale.
La Peau de l'ours
C’est en lisant ce genre d’album que je me rends compte à quel point Zidrou est devenu un pro du scénario. Ici, il nous livre une histoire très classique de mafia et de vengeance, une variation sur un thème déjà vu et revu… mais pas moyen pour moi de lâcher l’album avant d’avoir lu le mot fin. Pourtant, ce récit n’a rien d’extraordinaire mais, voilà : c’est bien écrit, c’est vivant, c’est bien dosé, c’est bien construit, c’est touchant. Le dessin d’Oriol est déroutant, dans un premier temps. Très caricatural avec des nez dignes de masques de Carnaval, il use de la hachure, ce qui lui donne un côté sec et nerveux. Ce style, qui de prime abord ne cadre pas vraiment avec le récit, s’est avéré des plus efficaces. Il est expressif et doté d’une réelle personnalité. Au final, voici donc un bon album, pas surprenant mais bien construit et qui nous permet de découvrir un nouvel auteur espagnol de talent. 4/5 parce que je n'ai pas su arrêter ma lecture avant la dernière page, et même si le manque d'originalité du propos m'aurait plutôt incité à n'accorder qu'un 3/5, de prime abord.
Sept survivants
Une agréable surprise que ce 7 survivants. En fait, je me suis cru dans une vieille nouvelle de Stephen King ou dans un épisode de la Twilight Zone (mais en version trash). Et ce sont là deux compliments ! La problématique de la présentation des personnages (contrainte très handicapante de la collection) est bien résolue avec cette rapide présentation de 6 d’entre eux. Quant au septième, je ne sais toujours pas de qui il s’agit avec certitude… mais je m’en fiche… Le récit est prenant, l’ambiance angoissante et fantastique est bien présente et on comprend rapidement que ces 7 survivants… ne survivront pas tous. Le final est classique et conforme à mes attentes. Pas vraiment moral, pas vraiment innovant, mais plaisant. Le dessin me faisait peur, de prime abord. Il est fort influencé par les comics américains, avec un encrage très présent et, donc, de grandes ombres noires à gauche et à droite. Mais ce style convient bien au récit et s’est donc avéré efficace à défaut de séduisant. Un bon album, au final.
Conquistador
Bonjour, Une série que j'encourage à lire de par les graphismes, les couleurs, le rythme de l'histoire et le scenario. Je n'ai qu'une envie c'est que la suite sorte bientôt pour savoir ce qui va arriver aux différents personnages. En tout cas ceux qui aiment la période des conquêtes des Amériques par les Espagnols (on va retrouver Cortes) seront ravis. Cette série nous montre que cette période était aussi un génocide du peuple amérindien.
Akira
Le manga culte pour beaucoup, et c'est bien compréhensible : un scénario excellent, des personnages bien développés et de très beaux dessins. Le style graphique est très différent des mangas classiques, sortant des codes habituels, avec des traits fins, bien plus réalistes. L'action et les mouvements sont bien représentés et très "fluides" d'une case à l'autre. La narration est divisée en 2 grands axes principaux : 1ère partie palpitante, très action, légèrement futuriste. La 2ème partie est post apocalyptique, très fouillée (un peu trop peut-être). Il y a cependant des petits bémols, qui font perdre une étoile : Tout d'abord la longueur de la 2ème partie, trop de détails, avec un ou deux tomes superflus et des pans de l'histoire qui se révèlent inutiles. Ensuite la complexité du combat final, qui se perd dans des réflexions métaphysiques et ramollissent le rythme. Mais globalement cela entache très peu l’œuvre mythique de Katsuhiro Otomo. On perd un peu de plaisir devant les blabla de la fin, mais Akira demeure un réel monument de la littérature manga. Incontournable
Le Droit Chemin
Le droit chemin est une de ces bd qui s'apprécie au fil de la lecture tel de délicieux mets qui allèchent nos papilles. Après un démarrage introductif certes un peu lent, on va s'attarder sur les péripéties nocturnes de 4 gamins pupilles de la nation dans un lycée agricole dans la campagne française de l'entre-deux-guerre. La discipline est de rigueur et le goût de la transgression des règles ne manque pas à l'appel. L'insouciance de la jeunesse et les frasques vont donner le ton à ce récit qui ne manquera pas de rythme. En effet, les personnages ont du caractère et notamment les deux protagonistes principaux Jeanne et Jules. Bref, on va apprécier des situations plutôt cocasses. Entre un surveillant d'internat défiguré par la première guerre et une aviatrice aux moeurs légères sans compter sur une comtesse féministe et artiste de nu, il y a une belle brochette psychologiquement intéressante. Le scénariste Wilfrid Lupano qui nous avait gratifié d'un excellent Alim le tanneur, maîtrise totalement son histoire qui prend de l'ampleur au vu des évènements du monde extérieur. Il réussit dans le second tome à donner une certaine épaisseur après un premier chapitre plutôt léger. Par ailleurs, le dessin nous donne une vue assez dynamique de l'ensemble avec des cadrages plutôt réussis. La colorisation est également de qualité. Au final, c'est une série sympathique à l'image d'une jeunesse turbulente dans une campagne insouciante avec un portrait assez fin de cette époque révolue. Une comédie sociale prometteuse ! Le droit chemin semble prendre la bonne route !
Rural !
Etienne Davodeau, familier de la BD documentaire, raconte ici l’histoire du projet autoroutier Angers-La Roche-sur-Yon vu depuis un petit coin de campagne, insignifiant aux yeux des promoteurs, un projet absurde impliquant un tracé aux étranges sinuosités dont les causes pourraient bien être liées à la politique locale… C’est l’éternelle fable du progrès qui est décrite, avec deux visions antagonistes qui s’affrontent : la lenteur et la qualité de vie contre la vitesse et les nuisances environnementales. Evitant l’écueil de la culpabilisation du lecteur et en suivant de jeunes paysans tournés vers le bio, Davodeau tente avec subtilité de susciter la réflexion autour d’une problématique : dans quelle société voulons-nous vivre ? Sommes-nous prêts à ce qu’un paysage et ses habitants soient sacrifiés pour nous permettre de gagner dix minutes de temps de trajet ? Davodeau a parfaitement réussi avec cette enquête qu’il a menée autant comme journaliste que dessinateur, allant au contact de ces gens, héros du quotidien, et partageant leur repas à la bonne franquette. Il y a intégré sa sensibilité d’artiste, mêlant humilité, humour et poésie, insufflant ainsi une certaine légèreté à un sujet grave et a priori pas très exaltant…Pas de doute, Davodeau sait raconter les histoires, tout en faisant appel à l’intelligence et à l’humanisme de ses lecteurs.
Arawn
Une BD d'héroic fantasy, sans surprise chez ... Soleil. Oui mais voilà, au milieu des tombereaux de séries HF toutes plus faibles les unes que les autres chez cet éditeur, voici la petite perle qui sauve (presque) tout. Alors certes, l'auteur ne réinvente pas le genre mais bon ... à part messieurs Sfar et Trondheim, j'ai pas souvenir d'un truc qui ait vraiment dynamité la fantasy depuis une décennie. On est ici dans un univers hyper codifié, fait de pouvoirs magiques et de luttes fratricides entre plusieurs frères mais ça fonctionne formidablement, sans aucun temps mort et avec une intrigue qui ne lasse pas alors qu'on aurait pu craindre un essoufflement après le formidable premier tome. Le tout est servi par un dessin superbe d'un nouveau venu dans le monde de la BD qui, s'il tient parfois plus de l'illustration et manque un poil de mouvement, n'en reste pas pour le moins, la plupart du temps, époustouflant. Au final, une référence que je conseille même aux non-aficionados du genre. Je serais à deux doigts de mettre 5 étoiles s'il y avait un tantinet plus de cul :)