Note : 3.5/5
A la base, je n'étais pas trop convaincu par l'idée de cette BD. Je savais que Chabouté était capable de raconter des histoires assez fortes avec une narration muette comme Construire un feu et Tout seul. Mais à titre personnel, je tombe difficilement sous le charme d'une bande dessinée dont je tourne les pages à toute vitesse. Et les histoires muettes, aussi travaillées soient-elles, ont souvent tendance à m'ennuyer.
Aussi est-ce avec circonspection que j'ai entamé cette lecture, passant assez rapidement les premières pages sans être touché par ces images récurrentes d'un banc vide, de passants qui passent, de gens qui s'arrêtent et repartent... Passionnante la vie d'un banc...
Mais malgré mes appréhensions, j'ai fini par tomber sous le charme et l'émotion de cet ouvrage. Au travers de ce banc et de ceux qui s'y assoient, on va découvrir des moments touchants, heureux ou tristes, des moments d'un humour assez fin, des histoires qui s'étirent sur des mois ou des années. La narration muette ne m'a pas toujours permis de tout comprendre en détails, mais l'essentiel passe et présente plusieurs moments vraiment forts. Quelques-uns sont assez prévisibles mais passent bien quand même.
Bref, un très bel exercice narratif sur une idée pourtant pas si facile au départ.
Je dois bien avouer aux futurs lecteurs que la couverture de cette nouvelle série est fort trompeuse et finalement peu appropriée. On ne se doute pas de ce que l'on va y trouver. Non, on ne sera manifestement pas à l'époque des indiens d'Amérique mais bien plongé dans les royaumes mésopotamiens des premières civilisations humaines.
Par ailleurs, si la couverture est franchement hideuse dans la rigidité de la posthure et la difformité des proportions, le graphisme de la bd est lui très réussi. J'ai apprécié au premier coup d'oeil les dessins de par leur précision et dans son style réaliste avec une belle mise en couleur. J'avoue ne pas bien comprendre cet antagonisme.
Runberg quitte le monde de la science-fiction (Orbital) pour nous offrir une aventure digne de Conan le Barbare. On est tout de suite happé dans cet univers où il est question d'alliance entre les peuples pour faire face à un puissant ennemi commun. Il y a également une part de magie avec la présence des derniers survivants de l'Atlantide. Le scénario aurait sans doute dû aller plus loin que de laisser entrevoir des choses dont on ignore les enjeux. Combats et rituels semblent alterner pour le plaisir des lecteurs. Une belle fresque en perspective.
Je serais peut-être un peu long mais pas autant qu'il le faudrait pour vanter les mérites de cette superbe série.
Comme l'a dit sagera dans son post (un peu plus bas) il est rare que la collaboration soit abordée en bande dessinée . Mais pas seulement en bd , c'est souvent le cas dans tous les genres, on parle plus souvent de résistance à l'occupant que de collaboration(même si c'est un peu moins le cas aujourd'hui que dans les années 60 à 80 ).
Traiter de collaboration équivaut à faire resurgir dans les mémoires la période la plus noire de l'histoire de France. L'occupation, la collaboration,la participation française à la déportation des Juifs sont restées durant une longue période des "sujets tabous". Aujourd'hui encore ces faits peuvent embarrasser certaines personnes.
Joseph Joanovici est une personnalité qui a été accusée de collaboration , c'est donc un personnage controversé de l'histoire de France et c'est sans doute pour cela que cette série est intéressante à lire et je dirai même vivement conseillée (par moi même , la plupart des posteurs de ce site et même par la revue Historia).
Comme le rappelle Fabien Nury Joanovici a quand même aidé la résistance mais malheureusement il avait profité de l'occupation pour s'enrichir(comme beaucoup d'autres).
Cette série jette un pavé dans la mare car elle peut faire comprendre aux lecteurs qu'à cette époque il était difficile de choisir son camp et de survivre.
Henri Lafont (le chef de la Carlingue , surnom de la Gestapo française) a dit à un de ces avocats qu'il avait choisi la Gestapo car il ne connaissait pas de résistants et qu'il ne savait pas ce que c'était.
C'est sans doute pour cela que ce thème est encore aujourd'hui difficile à aborder car si la situation se reproduisait est ce que tous les Français choisiraient le "bon camp"?
La série écrite par l'excellent scénariste qu'est Fabien Nury est vraiment une réussite car elle nous permet de retourner dans cette France d'avant, pendant et d'aprés guerre avec toutes ces horreurs qu'elle a pu connaître , comme la collaboration, la déportation , l'épuration.
Il mêle l'histoire à la fiction avec brio, je pense en particulier aux scènes qui mettent en présence Joanovici au docteur Pétiot , elles sont absolument ahurissantes ( je ne suis pas sûr que ces deux personnages se soient plusieurs fois croisés , en tout cas je ne l'ai vu écrit nulle part, dans ce que j'ai lu bien sûr).
En ce qui concerne le dessin je ne pense pas qu'un autre style de dessin aurait aussi bien collé à l'histoire que celui de Sylvain Vallée. Les personnages sont tous d'un réalisme impressionnant.
Comment faire autrement que de conseiller la lecture et même l'achat de cette magnifique série qui n'est rien d'autre à mon sens qu'un remarquable travail de mémoire sur une période troublée et que tous doivent connaître.
C’est sûr, on se dit, il y va parfois un peu fort le père Luz… mais ses crobards sont aussi vachards qu’irrésistibles. On ne peut s’empêcher de pouffer de rire, tout en se disant qu’on n’aimerait pas être à la place des vedettes brocardées. Certaines plus que d’autres, d’ailleurs. J’ai nommé Vincent Delerm, guest star de cet ouvrage, dont on ne sait toujours pas à l’heure qu’il est s’il s’est rabiboché avec son nombril Bibile… En tous cas, je ne sais pas ce qui suscite chez l’auteur cette haine radicale de la chanson française (moi qui ne suis vraiment pas porté sur le genre, je trouve pourtant que sa posture n’est pas dénuée d’une certaine mauvaise foi, comment peut-on prétendre que tout est à jeter aux orties ?). A croire qu’il a été traumatisé dans sa tendre enfance par les atroces refrains de Michel Sardou ou de Mireille Mathieu. Peut-être cet exutoire servira-t-il au moins à conjurer l’hypothèse d’un renforcement des quotas de chansons francophones sur les radios « gauloises » (comme l’impose la pathétique loi du 1er février 1994).
Curieusement, cette galeries des « horreurs » se termine sur une sorte d’hommage à la fois tendre et grinçant (Luz reste Luz) à Yvette Horner la reine de l’accordéon, dont l’auteur, après avoir assisté à un spectacle, est obligé d’admettre un peu penaud qu’elle « envoie bien le steak. ». Et puis son principal argument à elle, c’est qu’ « elle ne chante pas » !
Je ne connaissais pas du tout Calvin & Hobbes, deux personnages de bédé US nés dans les années 80. Circonspect au début, j’ai fini par succomber à leur espièglerie… Les six premières pages m’ont laissé de glace. Puis j’ai commencé à sourire les six suivantes pour terminer par des fou-rires récurrents jusqu’à la fin… Pour moi, c’est vraiment le comic strip comme je l’aime, un croisement entre Charlie Brown le gamin philosophe et Garfield le chat le plus odieux de la Terre. Les gags reposent sur deux ressorts principaux : le fait que Calvin soit le seul à voir sa peluche comme un vrai tigre (ah ! le monde de l’enfance !), lequel redevient peluche au regard impassible en présence d’autres protagonistes. Et ça, c’est vraiment très bien trouvé et hilarant au possible ! Le deuxième ressort, c’est la capacité de Calvin de déployer une énergie considérable pour générer des catastrophes tout en les justifiant avec talent, recourant à une logique imparable qui finit par faire douter ses parents et à les ridiculiser. Ça cadre bien avec notre époque où l’enfant est devenu le centre de toutes les attentions et de toutes les inquiétudes de parents largués souvent jusqu’au ridicule. Calvin, lui, en profite et se moque allègrement de ses géniteurs jusqu’à les rendre chèvres. L’auteur nous tend ici un miroir extrêmement drôle de nos sociétés en quête de (re-)pères…
1h40 en semaine, la nuit… CETTE nuit… Plus un bruit dans ma rue, tout le monde semble endormi…
Alors que je devrais l’être également depuis longtemps, la curiosité d’ouvrir la belle intégrale du Réseau Bombyce obsède mes pensées…
J’y trouve beaucoup de similitudes… Dans ce Bordeaux intemporel aux accents industriels de début de XXème siècle, Eustache et Mouche, deux montes-en-l ’air discrets et doués, profitent de la sérénité de leur ville pour y commettre des larcins via un système de câblage unique reliant les bâtiments entre eux.
Malheureusement ce qu’ils sont sur le point de trouver va leur ramener plus d’ennuis que de monnaie trébuchante en poche.. Un film interdit où de respectables notables s’adonnent au viol collectif sur des demoiselles d’une autre classe sociale avant de les achever dans la plus vaine cruauté…
Dès lors les deux compagnons n’auront de cesse d’échapper à un complot tentaculaire qui va bouleverser leurs vies respectives. Le réseau Bombyce, comme la « rousse », cette police locale les surnomme, va devoir jouer serré pour déjouer les pièges tendus par un nombre incalculable de prédateurs quitte à faire ressurgir le passé et remettre leurs propres convictions en jeu …
Difficile d’en dire davantage sans déflorer un scénario original mais clairement basé sur le désespoir d’une lutte inégale. Ce qu’il faut retenir de cette aventure concocté par le doué Cecil adoubé par un Corbeyran pas encore très connu et reconnu pour l’époque de sa parution initiale, c’est la force d’un récit qui vous happe dans un univers inédit, imaginaire et merveilleux mais qui s’effrite dès qu’on en relève les porosités et autres vices cachés.
Le duo inhabituel du grand farfadet romantique, Eustache et du petit nain mutilé, Mouche fait justement… mouche. Les dialogues sont ciselés au couteau pour nous faire apprécier un énième buddy movie avec des personnages charismatiques auquel tout peut arriver, l’action comme l’inattendu sous des relents de violence mal maitrisés. On peut ressortir éprouvé de cette lecture qui ne laisse peu de chance au hasard tout comme au destin inéluctable de cette guerre sociale et sombre.
Ce mélange de sentiments, d’action et de vengeance s’articule dans un univers steampunk suggéré et omniprésent mais jamais pesant pour le lecteur. Corbeyran ayant quitté l’aventure à l’issue du second tome pour des divergences diverses avec Cecil, ce dernier rectifie le tir d’une histoire partie pour s’étaler en offrant un dernier opus qui règle les comptes, soulève quelques surprises et en profite pour parfaire ses dessins, ses couleurs et une histoire qu’il inscrit dans le marbre.
Car il est impossible de refermer le bouquin sans y repenser un seul moment, charmé ou horrifié de tant de péripéties qui sont finalement uniques au 9ème art. Œuvre malade ou amputée pour certains ou parfait coup de cœur graphique et narratif, le réseau Bombyce ne laisse personne indifférent et c’est bien là tout sa force. Un bel ouvrage définitif que j’aurais pu facilement zapper et qui peut rester dispensable mais qui a tout à fait sa place dans ma collection et que je ne regrette pas un moment d’avoir lu. Une seconde lecture approfondira ce ressenti, un ressenti digne du Peter Pan de Loisel et qui en fait une œuvre contrariée, peut-être, vivante et cruelle surement. A recommander sans hésitations, il est grand temps pour moi de me coucher dans l’espoir de retrouver un peu de la magie et de la poésie macabre du réseau Bombyce dans des ouvrages de cette qualité…
Finalement terriblement humain et pas formaté…
3.5
Le genre d'histoire de super-héros que j'aime lire. L'histoire est non seulement prenante, mais elle est aussi intelligente et tout semble crédible même si c'est une histoire d'un mec déguisé en super-héros qui combat des super-vilains ! D'ailleurs, j'ai trouvé les vilains plus intéressants que Spider-Man. Il y a certaines parties un peu moins captivantes (normal pour une histoire aussi longue, j'imagine), mais cela ne me dérange pas trop.
Le seul truc que je n'ai pas trop aimé est que la plupart des scènes d'actions m'ont laissé un peu indifférent comme c'est souvent le cas dans les histoires de super-héros. Je trouve que cela devient un peu trop répétitif. Enfin, ces scènes se laissent lire car la narration est fluide et me donnait envie de lire la suite.
Ce n'est qu'en découvrant l'autocollant sur la couverture du second tome que j'ai appris que cette série que je venais d'emprunter au hasard portait sur la vie de Pablo Picasso. Le seul titre et la couverture ne le laissaient en effet pas deviner tout seul. Du coup, craignant qu'il s'agisse d'une biographie classique comme on en trouve beaucoup en bande dessinée, j'avais l'appréhension de lire un récit qui, aussi détaillé ou instructif qu'il puisse être, allait risquer de m'ennuyer un peu.
Mais j'ai trouvé en Pablo une biographie très vivante donnant vie et poésie avec beaucoup d'émotion et de beauté au Paris du tout début du XXe siècle.
Pablo poursuit deux parcours narratifs. Il y a d'une part la vie de Pablo Picasso lui-même à partir de sa première arrivée à Paris avec d'autres artistes espagnols puis sa rencontre avec les poètes Max Jacob et Guillaume Appolinaire et son séjour au Bateau-Lavoir, ce refuge d'artistes dans le quartier de Montmartre. Et d'autre part, il y a la vie de celle qu'on connaîtra plus tard sous le nom de Fernande Olivier et qui deviendra la compagne et la muse de Picasso pendant plusieurs années.
L'histoire n'est pas présentée du tout comme une suite d'évènements chronologiques et de faits historiques. C'est plutôt un roman graphique mêlant vie privée, carrière artistique, frasques de jeunes adultes rebelles et romances amoureuses. A priori, j'ai le sentiment que tout ce qui est raconté est rigoureusement authentique sur le plan historique et vis-à-vis de la biographie des personnages, mais je n'ai jamais eu l'impression de lire une biographie ennuyeuse, plutôt une aventure humaine belle et prenante.
J'ai beaucoup aimé la façon dont les auteurs donnent vie à la ville de Paris et au Montmartre du début du siècle dernier. On y sent un grand engouement plein d'espoir et d'esprit artistique. Le tout est en outre agréablement mis en image et surtout j'ai trouvé les couleurs très belles.
J'ai été transporté dans l'ambiance de l'époque qui, malgré la pauvreté et l'âpreté de certaines conditions de vie, m'a presque donné envie d'y être et de vivre tout ça avec Pablo et les artistes qui l'entourent.
Une "série" qui nous fait voir les super héros sous un jour différent.
Le scénario est plutôt sombre, addictif mais surtout très bien ficelé. Nous voilà devant une sorte d'enquète policière au déroulement atypique puisque menée sous la forme d'une alternance de moments passés et présents.
Chaque personnage y joue un role prépondérant et ils possèdent tous une psychologie propre et recherchée.
Le thème colle bien avec l'actualité de l'époque (milieu des années 80), cette peur de l'apocalypse nucléaire en pleine guerre froide qui traduit une sorte de sentiment de malaise que l'on ressent souvent dans les oeuvres de Moore.
Le seul défaut réside pour moi dans les dessins qui ne s'avèrent au demeurant pas mauvais mais d'un style assez vieillot et avec des couleurs beaucoup trop "flashy" à mon goût.
Bref, nous voilà devant une histoire de super héros aussi époustouflante que peu banale et comme seul Alan Moore sait les écrire. Un ensemble qui aurait pu atteindre la perfection si les dessins avaient été à la hauteur de ce scénario tout simplement génial du début à la fin.
Cet album est intéressant à plus d’un titre.
Tout d’abord, il y a la démarche. Se rendre volontairement à Tchernobyl demande un certain courage : celui de dépasser la crainte que ce site provoque, même inconsciemment. Ce sera le thème de la première partie de ce reportage en bandes dessinées. Entre compte-rendu et témoignages écrits des personnes ayant vécu la catastrophe, Emmanuel Lepage se dresse sa propre idée, nous fait part de ses craintes et de celles de son entourage. Il y a donc là toute une réflexion sur l’engagement politique d’un artiste qui est loin d’être inintéressante. J’ai particulièrement apprécié la corrélation qui nait entre les problèmes de santé de l’auteur et ses doutes quant à la pertinence de se rendre sur le site de la catastrophe.
Ensuite vient le voyage en lui-même. La découverte du site donne droit à quelques belles illustrations. La découverte des gens qui vivent sur place ouvre les yeux du lecteur. Tchernobyl n’apparait plus comme un cimetière mais bien comme une zone hors normes. La vie y est possible,… la mort omniprésente. A nouveau, les problèmes de santé d’Emmanuel Lepage jouent un rôle d’importance dans cette partie du récit puisqu’ils s’effacent, s’estompent naturellement face à l’urgence de la situation.
Puis viennent des réflexions plus artistiques : comment dessiner l’invisible ? Comment rendre l’angoisse produite par la radioactivité lorsque soi-même on oublie parfois l’omniprésence du danger ? A nouveau, la thématique est intéressante et Emmanuel Lepage trouve au problème une solution a contrario… plutôt bien tapée.
Vient enfin une réflexion plus philosophique qui pourrait se résumer dans l'idée que cette humanité qui, après avoir été chassée du Paradis pour une pomme, pourrait bien s’exclure elle-même de la Terre pour un atome.
A la fin de cet album, je reste sur un sentiment étrange. D’une part, je viens de lire un album très bien conçu. D’autre part, je n’ai pas été spécialement ému par les personnages et leurs destins. D’une part, je le trouve intéressant à plus d’un titre. D’autre part, il ne m’a pas touché, émotionnellement parlant. Emmanuel Lepage n'est pas parvenu à me faire partager l'humanité qui s'est dégagée de ses rencontres, même si j'ai apprécié ses réflexions et même s'il n'oublie pas les habitants de la zone dans son récit (bien au contraire).
Ce qui me vient finalement à l’esprit, c’est que ce témoignage me conforte dans cette idée que le pire fléau de la Terre, c’est l’homme… que la nature est apte à se redresser de bien des catastrophes quand l’homme fuit ses conneries.
Très certainement à lire. Au moins une fois. Personnellement, je ne le possède pas et ne désire pas spécialement l’acheter. Une lecture me parait en effet suffisante et je ne vois pas quel passage pourrait m’apporter un plus lors d’une relecture.
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Un peu de bois et d'acier
Note : 3.5/5 A la base, je n'étais pas trop convaincu par l'idée de cette BD. Je savais que Chabouté était capable de raconter des histoires assez fortes avec une narration muette comme Construire un feu et Tout seul. Mais à titre personnel, je tombe difficilement sous le charme d'une bande dessinée dont je tourne les pages à toute vitesse. Et les histoires muettes, aussi travaillées soient-elles, ont souvent tendance à m'ennuyer. Aussi est-ce avec circonspection que j'ai entamé cette lecture, passant assez rapidement les premières pages sans être touché par ces images récurrentes d'un banc vide, de passants qui passent, de gens qui s'arrêtent et repartent... Passionnante la vie d'un banc... Mais malgré mes appréhensions, j'ai fini par tomber sous le charme et l'émotion de cet ouvrage. Au travers de ce banc et de ceux qui s'y assoient, on va découvrir des moments touchants, heureux ou tristes, des moments d'un humour assez fin, des histoires qui s'étirent sur des mois ou des années. La narration muette ne m'a pas toujours permis de tout comprendre en détails, mais l'essentiel passe et présente plusieurs moments vraiment forts. Quelques-uns sont assez prévisibles mais passent bien quand même. Bref, un très bel exercice narratif sur une idée pourtant pas si facile au départ.
Reconquêtes
Je dois bien avouer aux futurs lecteurs que la couverture de cette nouvelle série est fort trompeuse et finalement peu appropriée. On ne se doute pas de ce que l'on va y trouver. Non, on ne sera manifestement pas à l'époque des indiens d'Amérique mais bien plongé dans les royaumes mésopotamiens des premières civilisations humaines. Par ailleurs, si la couverture est franchement hideuse dans la rigidité de la posthure et la difformité des proportions, le graphisme de la bd est lui très réussi. J'ai apprécié au premier coup d'oeil les dessins de par leur précision et dans son style réaliste avec une belle mise en couleur. J'avoue ne pas bien comprendre cet antagonisme. Runberg quitte le monde de la science-fiction (Orbital) pour nous offrir une aventure digne de Conan le Barbare. On est tout de suite happé dans cet univers où il est question d'alliance entre les peuples pour faire face à un puissant ennemi commun. Il y a également une part de magie avec la présence des derniers survivants de l'Atlantide. Le scénario aurait sans doute dû aller plus loin que de laisser entrevoir des choses dont on ignore les enjeux. Combats et rituels semblent alterner pour le plaisir des lecteurs. Une belle fresque en perspective.
Il était une fois en France
Je serais peut-être un peu long mais pas autant qu'il le faudrait pour vanter les mérites de cette superbe série. Comme l'a dit sagera dans son post (un peu plus bas) il est rare que la collaboration soit abordée en bande dessinée . Mais pas seulement en bd , c'est souvent le cas dans tous les genres, on parle plus souvent de résistance à l'occupant que de collaboration(même si c'est un peu moins le cas aujourd'hui que dans les années 60 à 80 ). Traiter de collaboration équivaut à faire resurgir dans les mémoires la période la plus noire de l'histoire de France. L'occupation, la collaboration,la participation française à la déportation des Juifs sont restées durant une longue période des "sujets tabous". Aujourd'hui encore ces faits peuvent embarrasser certaines personnes. Joseph Joanovici est une personnalité qui a été accusée de collaboration , c'est donc un personnage controversé de l'histoire de France et c'est sans doute pour cela que cette série est intéressante à lire et je dirai même vivement conseillée (par moi même , la plupart des posteurs de ce site et même par la revue Historia). Comme le rappelle Fabien Nury Joanovici a quand même aidé la résistance mais malheureusement il avait profité de l'occupation pour s'enrichir(comme beaucoup d'autres). Cette série jette un pavé dans la mare car elle peut faire comprendre aux lecteurs qu'à cette époque il était difficile de choisir son camp et de survivre. Henri Lafont (le chef de la Carlingue , surnom de la Gestapo française) a dit à un de ces avocats qu'il avait choisi la Gestapo car il ne connaissait pas de résistants et qu'il ne savait pas ce que c'était. C'est sans doute pour cela que ce thème est encore aujourd'hui difficile à aborder car si la situation se reproduisait est ce que tous les Français choisiraient le "bon camp"? La série écrite par l'excellent scénariste qu'est Fabien Nury est vraiment une réussite car elle nous permet de retourner dans cette France d'avant, pendant et d'aprés guerre avec toutes ces horreurs qu'elle a pu connaître , comme la collaboration, la déportation , l'épuration. Il mêle l'histoire à la fiction avec brio, je pense en particulier aux scènes qui mettent en présence Joanovici au docteur Pétiot , elles sont absolument ahurissantes ( je ne suis pas sûr que ces deux personnages se soient plusieurs fois croisés , en tout cas je ne l'ai vu écrit nulle part, dans ce que j'ai lu bien sûr). En ce qui concerne le dessin je ne pense pas qu'un autre style de dessin aurait aussi bien collé à l'histoire que celui de Sylvain Vallée. Les personnages sont tous d'un réalisme impressionnant. Comment faire autrement que de conseiller la lecture et même l'achat de cette magnifique série qui n'est rien d'autre à mon sens qu'un remarquable travail de mémoire sur une période troublée et que tous doivent connaître.
J'aime pas la chanson française
C’est sûr, on se dit, il y va parfois un peu fort le père Luz… mais ses crobards sont aussi vachards qu’irrésistibles. On ne peut s’empêcher de pouffer de rire, tout en se disant qu’on n’aimerait pas être à la place des vedettes brocardées. Certaines plus que d’autres, d’ailleurs. J’ai nommé Vincent Delerm, guest star de cet ouvrage, dont on ne sait toujours pas à l’heure qu’il est s’il s’est rabiboché avec son nombril Bibile… En tous cas, je ne sais pas ce qui suscite chez l’auteur cette haine radicale de la chanson française (moi qui ne suis vraiment pas porté sur le genre, je trouve pourtant que sa posture n’est pas dénuée d’une certaine mauvaise foi, comment peut-on prétendre que tout est à jeter aux orties ?). A croire qu’il a été traumatisé dans sa tendre enfance par les atroces refrains de Michel Sardou ou de Mireille Mathieu. Peut-être cet exutoire servira-t-il au moins à conjurer l’hypothèse d’un renforcement des quotas de chansons francophones sur les radios « gauloises » (comme l’impose la pathétique loi du 1er février 1994). Curieusement, cette galeries des « horreurs » se termine sur une sorte d’hommage à la fois tendre et grinçant (Luz reste Luz) à Yvette Horner la reine de l’accordéon, dont l’auteur, après avoir assisté à un spectacle, est obligé d’admettre un peu penaud qu’elle « envoie bien le steak. ». Et puis son principal argument à elle, c’est qu’ « elle ne chante pas » !
Calvin et Hobbes
Je ne connaissais pas du tout Calvin & Hobbes, deux personnages de bédé US nés dans les années 80. Circonspect au début, j’ai fini par succomber à leur espièglerie… Les six premières pages m’ont laissé de glace. Puis j’ai commencé à sourire les six suivantes pour terminer par des fou-rires récurrents jusqu’à la fin… Pour moi, c’est vraiment le comic strip comme je l’aime, un croisement entre Charlie Brown le gamin philosophe et Garfield le chat le plus odieux de la Terre. Les gags reposent sur deux ressorts principaux : le fait que Calvin soit le seul à voir sa peluche comme un vrai tigre (ah ! le monde de l’enfance !), lequel redevient peluche au regard impassible en présence d’autres protagonistes. Et ça, c’est vraiment très bien trouvé et hilarant au possible ! Le deuxième ressort, c’est la capacité de Calvin de déployer une énergie considérable pour générer des catastrophes tout en les justifiant avec talent, recourant à une logique imparable qui finit par faire douter ses parents et à les ridiculiser. Ça cadre bien avec notre époque où l’enfant est devenu le centre de toutes les attentions et de toutes les inquiétudes de parents largués souvent jusqu’au ridicule. Calvin, lui, en profite et se moque allègrement de ses géniteurs jusqu’à les rendre chèvres. L’auteur nous tend ici un miroir extrêmement drôle de nos sociétés en quête de (re-)pères…
Le Réseau Bombyce
1h40 en semaine, la nuit… CETTE nuit… Plus un bruit dans ma rue, tout le monde semble endormi… Alors que je devrais l’être également depuis longtemps, la curiosité d’ouvrir la belle intégrale du Réseau Bombyce obsède mes pensées… J’y trouve beaucoup de similitudes… Dans ce Bordeaux intemporel aux accents industriels de début de XXème siècle, Eustache et Mouche, deux montes-en-l ’air discrets et doués, profitent de la sérénité de leur ville pour y commettre des larcins via un système de câblage unique reliant les bâtiments entre eux. Malheureusement ce qu’ils sont sur le point de trouver va leur ramener plus d’ennuis que de monnaie trébuchante en poche.. Un film interdit où de respectables notables s’adonnent au viol collectif sur des demoiselles d’une autre classe sociale avant de les achever dans la plus vaine cruauté… Dès lors les deux compagnons n’auront de cesse d’échapper à un complot tentaculaire qui va bouleverser leurs vies respectives. Le réseau Bombyce, comme la « rousse », cette police locale les surnomme, va devoir jouer serré pour déjouer les pièges tendus par un nombre incalculable de prédateurs quitte à faire ressurgir le passé et remettre leurs propres convictions en jeu … Difficile d’en dire davantage sans déflorer un scénario original mais clairement basé sur le désespoir d’une lutte inégale. Ce qu’il faut retenir de cette aventure concocté par le doué Cecil adoubé par un Corbeyran pas encore très connu et reconnu pour l’époque de sa parution initiale, c’est la force d’un récit qui vous happe dans un univers inédit, imaginaire et merveilleux mais qui s’effrite dès qu’on en relève les porosités et autres vices cachés. Le duo inhabituel du grand farfadet romantique, Eustache et du petit nain mutilé, Mouche fait justement… mouche. Les dialogues sont ciselés au couteau pour nous faire apprécier un énième buddy movie avec des personnages charismatiques auquel tout peut arriver, l’action comme l’inattendu sous des relents de violence mal maitrisés. On peut ressortir éprouvé de cette lecture qui ne laisse peu de chance au hasard tout comme au destin inéluctable de cette guerre sociale et sombre. Ce mélange de sentiments, d’action et de vengeance s’articule dans un univers steampunk suggéré et omniprésent mais jamais pesant pour le lecteur. Corbeyran ayant quitté l’aventure à l’issue du second tome pour des divergences diverses avec Cecil, ce dernier rectifie le tir d’une histoire partie pour s’étaler en offrant un dernier opus qui règle les comptes, soulève quelques surprises et en profite pour parfaire ses dessins, ses couleurs et une histoire qu’il inscrit dans le marbre. Car il est impossible de refermer le bouquin sans y repenser un seul moment, charmé ou horrifié de tant de péripéties qui sont finalement uniques au 9ème art. Œuvre malade ou amputée pour certains ou parfait coup de cœur graphique et narratif, le réseau Bombyce ne laisse personne indifférent et c’est bien là tout sa force. Un bel ouvrage définitif que j’aurais pu facilement zapper et qui peut rester dispensable mais qui a tout à fait sa place dans ma collection et que je ne regrette pas un moment d’avoir lu. Une seconde lecture approfondira ce ressenti, un ressenti digne du Peter Pan de Loisel et qui en fait une œuvre contrariée, peut-être, vivante et cruelle surement. A recommander sans hésitations, il est grand temps pour moi de me coucher dans l’espoir de retrouver un peu de la magie et de la poésie macabre du réseau Bombyce dans des ouvrages de cette qualité… Finalement terriblement humain et pas formaté…
Spider-Man - Le Dernier Combat
3.5 Le genre d'histoire de super-héros que j'aime lire. L'histoire est non seulement prenante, mais elle est aussi intelligente et tout semble crédible même si c'est une histoire d'un mec déguisé en super-héros qui combat des super-vilains ! D'ailleurs, j'ai trouvé les vilains plus intéressants que Spider-Man. Il y a certaines parties un peu moins captivantes (normal pour une histoire aussi longue, j'imagine), mais cela ne me dérange pas trop. Le seul truc que je n'ai pas trop aimé est que la plupart des scènes d'actions m'ont laissé un peu indifférent comme c'est souvent le cas dans les histoires de super-héros. Je trouve que cela devient un peu trop répétitif. Enfin, ces scènes se laissent lire car la narration est fluide et me donnait envie de lire la suite.
Pablo
Ce n'est qu'en découvrant l'autocollant sur la couverture du second tome que j'ai appris que cette série que je venais d'emprunter au hasard portait sur la vie de Pablo Picasso. Le seul titre et la couverture ne le laissaient en effet pas deviner tout seul. Du coup, craignant qu'il s'agisse d'une biographie classique comme on en trouve beaucoup en bande dessinée, j'avais l'appréhension de lire un récit qui, aussi détaillé ou instructif qu'il puisse être, allait risquer de m'ennuyer un peu. Mais j'ai trouvé en Pablo une biographie très vivante donnant vie et poésie avec beaucoup d'émotion et de beauté au Paris du tout début du XXe siècle. Pablo poursuit deux parcours narratifs. Il y a d'une part la vie de Pablo Picasso lui-même à partir de sa première arrivée à Paris avec d'autres artistes espagnols puis sa rencontre avec les poètes Max Jacob et Guillaume Appolinaire et son séjour au Bateau-Lavoir, ce refuge d'artistes dans le quartier de Montmartre. Et d'autre part, il y a la vie de celle qu'on connaîtra plus tard sous le nom de Fernande Olivier et qui deviendra la compagne et la muse de Picasso pendant plusieurs années. L'histoire n'est pas présentée du tout comme une suite d'évènements chronologiques et de faits historiques. C'est plutôt un roman graphique mêlant vie privée, carrière artistique, frasques de jeunes adultes rebelles et romances amoureuses. A priori, j'ai le sentiment que tout ce qui est raconté est rigoureusement authentique sur le plan historique et vis-à-vis de la biographie des personnages, mais je n'ai jamais eu l'impression de lire une biographie ennuyeuse, plutôt une aventure humaine belle et prenante. J'ai beaucoup aimé la façon dont les auteurs donnent vie à la ville de Paris et au Montmartre du début du siècle dernier. On y sent un grand engouement plein d'espoir et d'esprit artistique. Le tout est en outre agréablement mis en image et surtout j'ai trouvé les couleurs très belles. J'ai été transporté dans l'ambiance de l'époque qui, malgré la pauvreté et l'âpreté de certaines conditions de vie, m'a presque donné envie d'y être et de vivre tout ça avec Pablo et les artistes qui l'entourent.
Watchmen
Une "série" qui nous fait voir les super héros sous un jour différent. Le scénario est plutôt sombre, addictif mais surtout très bien ficelé. Nous voilà devant une sorte d'enquète policière au déroulement atypique puisque menée sous la forme d'une alternance de moments passés et présents. Chaque personnage y joue un role prépondérant et ils possèdent tous une psychologie propre et recherchée. Le thème colle bien avec l'actualité de l'époque (milieu des années 80), cette peur de l'apocalypse nucléaire en pleine guerre froide qui traduit une sorte de sentiment de malaise que l'on ressent souvent dans les oeuvres de Moore. Le seul défaut réside pour moi dans les dessins qui ne s'avèrent au demeurant pas mauvais mais d'un style assez vieillot et avec des couleurs beaucoup trop "flashy" à mon goût. Bref, nous voilà devant une histoire de super héros aussi époustouflante que peu banale et comme seul Alan Moore sait les écrire. Un ensemble qui aurait pu atteindre la perfection si les dessins avaient été à la hauteur de ce scénario tout simplement génial du début à la fin.
Un printemps à Tchernobyl
Cet album est intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord, il y a la démarche. Se rendre volontairement à Tchernobyl demande un certain courage : celui de dépasser la crainte que ce site provoque, même inconsciemment. Ce sera le thème de la première partie de ce reportage en bandes dessinées. Entre compte-rendu et témoignages écrits des personnes ayant vécu la catastrophe, Emmanuel Lepage se dresse sa propre idée, nous fait part de ses craintes et de celles de son entourage. Il y a donc là toute une réflexion sur l’engagement politique d’un artiste qui est loin d’être inintéressante. J’ai particulièrement apprécié la corrélation qui nait entre les problèmes de santé de l’auteur et ses doutes quant à la pertinence de se rendre sur le site de la catastrophe. Ensuite vient le voyage en lui-même. La découverte du site donne droit à quelques belles illustrations. La découverte des gens qui vivent sur place ouvre les yeux du lecteur. Tchernobyl n’apparait plus comme un cimetière mais bien comme une zone hors normes. La vie y est possible,… la mort omniprésente. A nouveau, les problèmes de santé d’Emmanuel Lepage jouent un rôle d’importance dans cette partie du récit puisqu’ils s’effacent, s’estompent naturellement face à l’urgence de la situation. Puis viennent des réflexions plus artistiques : comment dessiner l’invisible ? Comment rendre l’angoisse produite par la radioactivité lorsque soi-même on oublie parfois l’omniprésence du danger ? A nouveau, la thématique est intéressante et Emmanuel Lepage trouve au problème une solution a contrario… plutôt bien tapée. Vient enfin une réflexion plus philosophique qui pourrait se résumer dans l'idée que cette humanité qui, après avoir été chassée du Paradis pour une pomme, pourrait bien s’exclure elle-même de la Terre pour un atome. A la fin de cet album, je reste sur un sentiment étrange. D’une part, je viens de lire un album très bien conçu. D’autre part, je n’ai pas été spécialement ému par les personnages et leurs destins. D’une part, je le trouve intéressant à plus d’un titre. D’autre part, il ne m’a pas touché, émotionnellement parlant. Emmanuel Lepage n'est pas parvenu à me faire partager l'humanité qui s'est dégagée de ses rencontres, même si j'ai apprécié ses réflexions et même s'il n'oublie pas les habitants de la zone dans son récit (bien au contraire). Ce qui me vient finalement à l’esprit, c’est que ce témoignage me conforte dans cette idée que le pire fléau de la Terre, c’est l’homme… que la nature est apte à se redresser de bien des catastrophes quand l’homme fuit ses conneries. Très certainement à lire. Au moins une fois. Personnellement, je ne le possède pas et ne désire pas spécialement l’acheter. Une lecture me parait en effet suffisante et je ne vois pas quel passage pourrait m’apporter un plus lors d’une relecture.