Ce n'est qu'en découvrant l'autocollant sur la couverture du second tome que j'ai appris que cette série que je venais d'emprunter au hasard portait sur la vie de Pablo Picasso. Le seul titre et la couverture ne le laissaient en effet pas deviner tout seul. Du coup, craignant qu'il s'agisse d'une biographie classique comme on en trouve beaucoup en bande dessinée, j'avais l'appréhension de lire un récit qui, aussi détaillé ou instructif qu'il puisse être, allait risquer de m'ennuyer un peu.
Mais j'ai trouvé en Pablo une biographie très vivante donnant vie et poésie avec beaucoup d'émotion et de beauté au Paris du tout début du XXe siècle.
Pablo poursuit deux parcours narratifs. Il y a d'une part la vie de Pablo Picasso lui-même à partir de sa première arrivée à Paris avec d'autres artistes espagnols puis sa rencontre avec les poètes Max Jacob et Guillaume Appolinaire et son séjour au Bateau-Lavoir, ce refuge d'artistes dans le quartier de Montmartre. Et d'autre part, il y a la vie de celle qu'on connaîtra plus tard sous le nom de Fernande Olivier et qui deviendra la compagne et la muse de Picasso pendant plusieurs années.
L'histoire n'est pas présentée du tout comme une suite d'évènements chronologiques et de faits historiques. C'est plutôt un roman graphique mêlant vie privée, carrière artistique, frasques de jeunes adultes rebelles et romances amoureuses. A priori, j'ai le sentiment que tout ce qui est raconté est rigoureusement authentique sur le plan historique et vis-à-vis de la biographie des personnages, mais je n'ai jamais eu l'impression de lire une biographie ennuyeuse, plutôt une aventure humaine belle et prenante.
J'ai beaucoup aimé la façon dont les auteurs donnent vie à la ville de Paris et au Montmartre du début du siècle dernier. On y sent un grand engouement plein d'espoir et d'esprit artistique. Le tout est en outre agréablement mis en image et surtout j'ai trouvé les couleurs très belles.
J'ai été transporté dans l'ambiance de l'époque qui, malgré la pauvreté et l'âpreté de certaines conditions de vie, m'a presque donné envie d'y être et de vivre tout ça avec Pablo et les artistes qui l'entourent.
Une "série" qui nous fait voir les super héros sous un jour différent.
Le scénario est plutôt sombre, addictif mais surtout très bien ficelé. Nous voilà devant une sorte d'enquète policière au déroulement atypique puisque menée sous la forme d'une alternance de moments passés et présents.
Chaque personnage y joue un role prépondérant et ils possèdent tous une psychologie propre et recherchée.
Le thème colle bien avec l'actualité de l'époque (milieu des années 80), cette peur de l'apocalypse nucléaire en pleine guerre froide qui traduit une sorte de sentiment de malaise que l'on ressent souvent dans les oeuvres de Moore.
Le seul défaut réside pour moi dans les dessins qui ne s'avèrent au demeurant pas mauvais mais d'un style assez vieillot et avec des couleurs beaucoup trop "flashy" à mon goût.
Bref, nous voilà devant une histoire de super héros aussi époustouflante que peu banale et comme seul Alan Moore sait les écrire. Un ensemble qui aurait pu atteindre la perfection si les dessins avaient été à la hauteur de ce scénario tout simplement génial du début à la fin.
Cet album est intéressant à plus d’un titre.
Tout d’abord, il y a la démarche. Se rendre volontairement à Tchernobyl demande un certain courage : celui de dépasser la crainte que ce site provoque, même inconsciemment. Ce sera le thème de la première partie de ce reportage en bandes dessinées. Entre compte-rendu et témoignages écrits des personnes ayant vécu la catastrophe, Emmanuel Lepage se dresse sa propre idée, nous fait part de ses craintes et de celles de son entourage. Il y a donc là toute une réflexion sur l’engagement politique d’un artiste qui est loin d’être inintéressante. J’ai particulièrement apprécié la corrélation qui nait entre les problèmes de santé de l’auteur et ses doutes quant à la pertinence de se rendre sur le site de la catastrophe.
Ensuite vient le voyage en lui-même. La découverte du site donne droit à quelques belles illustrations. La découverte des gens qui vivent sur place ouvre les yeux du lecteur. Tchernobyl n’apparait plus comme un cimetière mais bien comme une zone hors normes. La vie y est possible,… la mort omniprésente. A nouveau, les problèmes de santé d’Emmanuel Lepage jouent un rôle d’importance dans cette partie du récit puisqu’ils s’effacent, s’estompent naturellement face à l’urgence de la situation.
Puis viennent des réflexions plus artistiques : comment dessiner l’invisible ? Comment rendre l’angoisse produite par la radioactivité lorsque soi-même on oublie parfois l’omniprésence du danger ? A nouveau, la thématique est intéressante et Emmanuel Lepage trouve au problème une solution a contrario… plutôt bien tapée.
Vient enfin une réflexion plus philosophique qui pourrait se résumer dans l'idée que cette humanité qui, après avoir été chassée du Paradis pour une pomme, pourrait bien s’exclure elle-même de la Terre pour un atome.
A la fin de cet album, je reste sur un sentiment étrange. D’une part, je viens de lire un album très bien conçu. D’autre part, je n’ai pas été spécialement ému par les personnages et leurs destins. D’une part, je le trouve intéressant à plus d’un titre. D’autre part, il ne m’a pas touché, émotionnellement parlant. Emmanuel Lepage n'est pas parvenu à me faire partager l'humanité qui s'est dégagée de ses rencontres, même si j'ai apprécié ses réflexions et même s'il n'oublie pas les habitants de la zone dans son récit (bien au contraire).
Ce qui me vient finalement à l’esprit, c’est que ce témoignage me conforte dans cette idée que le pire fléau de la Terre, c’est l’homme… que la nature est apte à se redresser de bien des catastrophes quand l’homme fuit ses conneries.
Très certainement à lire. Au moins une fois. Personnellement, je ne le possède pas et ne désire pas spécialement l’acheter. Une lecture me parait en effet suffisante et je ne vois pas quel passage pourrait m’apporter un plus lors d’une relecture.
Que voilà une petite série résolument sympathique à lire !
Le ton employé est proche de la perfection, pour moi, tant il est baigné de tendre ironie. Larcenet et Ferri se moquent d’eux-mêmes, de leurs proches et de leurs voisins avec une telle tendresse qu’ils parviennent à me faire aimer le genre humain jusque dans ses travers.
La structure hybride (des gags en demies planches s’enchainent pour construire une histoire suivie) est parfaitement maitrisée et peut servir de référence dans ce domaine.
Le dessin est simple et expressif. Un soin tout particulier semble avoir été accordé aux expressions du visage, et c’est important.
Au fil des tomes, la galerie s’enrichit de seconds rôles savoureux.
Avec un concept aussi étriqué (la vie quotidienne d’un auteur de bandes dessinées qui décide de s’installer à la campagne), le risque de rapidement tourner en rond était grand. Pourtant les auteurs parviennent constamment à me surprendre. Bien sûr, certains gags sont faciles, d’autres n’atteignent pas leur cible, mais la majorité d’entre eux m’a touché, tantôt en me faisant rire, tantôt par la tendresse qui s’en dégage.
Enfin, mention spéciale et pensée émue à Francis Cabrel, victime innocente de la série…
Franchement bien !!
Tome 1
Grandiose ce nouveau cycle du troisième testament.
Pourtant, j'ai eu peur en débutant la lecture : cela commencait comme "Quo Vadis", le roman de Henryk Sienkiewicz (le triomphe d'un général à Rome, l'idée de brûler la Rome éternelle , faire porter la responsabilité aux chrétiens....) puis se transformait en "Ben-Hur" avec la déchéance de Julius, le tout sur un fond de naissance du christianisme, sans oublier la fille naïve... bref que du déjà vu.
Mais le scénario de Dorison et d'Alex Alice vient tellement apporter de méandres dans ce récit qu'on en oublie les références à ces péplums pour évoluer plus vers une histoire mystérieuse que vers une aventure classique.
Et que dire des dessins de Robin Recht à la fois si proche de l'ambiance défini par Alex Alice dans le précédent cycle mais aussi très personnel. Quelques scènes font d'ailleurs écho à certaines situations du livre IV du Troisième Testament : le combat sur le pic de Nigmigiv et celui de Julius avec l'énigmatique et imperturbable chrétien. Le dessin de Recht est beaucoup moins sombre que dans Totendom, avec des décors et personnages beaucoup plus travaillés.
Je vous invite à dévorer ces 80 premières pages d'une saga qui, avec ce premier volume, sera aussi fascinante que le précédent cycle.
Tome 2
Je suis un inconditionnel du « Troisième testament », que je relis régulièrement depuis des années. Aussi, je me suis précipité vers le pré quel dès sa parution.
J’avoue que j’ai eu du mal à m’habituer au dessin de Thimothée Montaigne, après celui de Robin Recht , dessinateur du premier volume: un encrage plus épais, un dessin moins fouillé mais au fil des pages, j’ai oublié ces petites imperfections et la comparaison avec le trait de Recht, pour me concentrer sur l’histoire. En effet, grâce aux couleurs de François Lapierre, les différences finissent par s’estomper.
En outre, des mises en pages originales et soignées (l’entrée dans Babylone, par exemple) rappellent les mises en scène osées de « Julius #1 »
Avec ce second volume, intitulé bizarrement « la révélation 1/2 », nous suivons la quête de Sar Ha Sarim à travers le désert. Certes, nous n’avançons pas beaucoup dans cette recherche du « Troisième testament » mais cette errance dans le désert nous permet de faire le parallèle entre la vie de Jésus et de ce (nouveau ?) Prophète. Le scénario est assez intrigant pour nous donner envie de connaitre la suite.
Pour autant, il a fallu que les éditions Glénat lancent un coffret réunissant l’album et le making-of de 108 pages pour me convaincre d’acheter cette deuxième partie (le changement de dessinateur, le changement de pagination, et sans doute un nombre d’albums encore non définis pour clore cette série m’ayant à première vue refroidit), grand collectionneur devant l’éternel et admirateur de crayonnés en noir et blanc que je suis !
Car c’est un supplément de grande qualité édité par Glénat, avec page de gauche le storyboard d’Alex Alice, et page de droite, les recherches et crayonnés de Thimothée Montaigne.
Un régal pour les yeux , un must pour les collectionneurs
Une agréable lecture.
Après ma grosse déception sur Habibi, j'avais un peu peur de me lancer dans cette entreprise.
En fait, ce pavé de près de 600 pages est très fluide à lire, et d'ailleurs je l'ai lu sur une seule journée.
L'histoire est touchante, pas toujours passionnante sur certains passages, mais on sent bien le côté authentique et autobiographique de cette tranche de vie de Craig Thompson.
Je me suis identifié à lui sur certains sentiments: la cruauté des enfants/ados à l'école, la remise en cause des écrits religieux, avec une très belle phrase en fin d'ouvrage (page 549 si je me souviens bien), qui signifie qu'il est très peu probable que la pensée de Dieu soit transmise sous une forme matérielle.
Les sentiments sont bien exprimés, soit sous forme de dialogue, soit plus finement, et souvent remarquablement, sous forme imagée.
Graphiquement, c'est un superbe noir et blanc, qui ressemble beaucoup au trait que l'on peut voir dans Habibi, avec des effets graphiques sur des doubles-pages, des arabesques, des dessins de vitraux d'église.
Une franche réussite, qui me réconcilie avec cet auteur.
(194)
3.5
Un recueil d'histoires d'Osamu Tezuka que j'ai vraiment aimé. Le dessin est le même que dans 'Debout l'humanité' et je trouve que cela va bien avec le style satirique de la plupart des histoires présentes dans cet album. Les histoires tournent autour du sexe (quoique une ou deux n'en contiennent pas et sont un peu hors-sujet) et l'auteur réussit à faire des gags très drôles sur ce thème sans être lourd. D'ailleurs, le sexe est présenté de manière soft. N'allez pas croire que Tezuka fait du hentai.
La plupart des histoires ont pour protagoniste Fusuke, une caricature du Japonais moyen qui a des problèmes avec les femmes. Il est tellement pathétique qu'il en devient attachant.
La qualité des histoires est bonne sans que cela soit la meilleure chose que Tezuka ait faite. Globalement, la qualité est égale quoique deux ou trois histoires sont un peu moins bonnes que les autres.
À lire si on aime Tezuka car je ne sais pas si ceux qui ne l'aiment pas habituellement peuvent apprécier ces récits.
Cela faisait longtemps que j'avais lu une série aussi drôle ! Bon, j'avoue que j'ai un peu moins accroché au deuxième tome (qui contient tout de même des moments sympathiques), mais le premier tome est tellement génial que je m'en fiche pas mal car cela faisait longtemps que je n'avais pas rigolé comme ça.
J'aime surtout la manière dont l'auteur montre la différence entre ce que montre Hollywood et la réalité. C'est à la fois drôle, éducatif et rempli d'imagination. Je ne savais jamais quel serait le prochain sujet abordé et j'aime être surpris.
Le dessin est franchement bon et le personnage de la scientifique avec une moustache est très drôle. Vraiment une des meilleures bandes dessinées humoristiques de ces dernières années.
4,5/5
Une excellente BD d'heroic fantasy, au scénario bien ficelé, et qui plus est original, dans le sens où, ce n'est pas qu'une simple histoire de "gentils" qui se battent contre des "méchants".
La qualité reste assez constante tout au long des 3 volumes, même si j'ai été un poil déçu par la fin...
[SPOILER]
Si Ssîn a la capacité d'attirer la pierre magique noire vers lui, pourquoi ne l'a-t-il pas fait avant sachant que cela représente tant pour lui?
[/SPOILER]
Le dessin est lui aussi d'une grande qualité, de même que les couleurs, même si j'ai du me concentrer sur certaines cases pour bien les saisir car elles manquaient de lisibilité.
L'imaginaire est riche et le bestiaire utilisé dans cette histoire est bien développé et également original.
Côté dialogues, on est également bien servi, même s'il y a quelques fautes et ratés (un phylactère vide à la fin), mais qui ne gênent pas la lecture et qui se comptent sur les doigts d'une main.
Je ne regrette vraiment pas d'avoir acheté cette BD, à prix très modique en plus, sous forme d'intégrale grand format, même si je trouve que la couverture est un peu fadasse, décevante.
Je pense en effet qu'elle a sa place dans les "immanquables".
(193)
La couverture du marathon de Safia ne me donnait a priori pas d'envie à lire cette bd. Et pourtant, au ressortir de cette lecture, c'est une réelle bonne surprise. Je croyais que j'allais lire une oeuvre qui met l'accent sur une championne déjà connue dans le monde féminin des marathons. Il n'en est rien. D'ailleurs l'action commence le 20 mars 2013 soit dans notre futur pour se terminer en 2024. On pourrait se dire qu'il s'agit alors d'un récit de science-fiction mais cela ne sera pas le cas tant l'histoire est ancrée dans notre présent. Bref, l'horizon de ce marathon dépasse largement le cadre qu'on croyait fixé.
Sofia est une jeune fille d'origine maghrébine qui vit pauvrement dans une caravane avec sa famille. Elle aime courir mais son père reste attaché à de vieilles traditions obscurantistes où la place de la femme serait à la vaisselle. Le père travaille sur les chantiers de la construction d'un nouveau stade de France. La mère est femme de ménage dans les vestiaires de ce stade. J'ai apprécié le fait que certaines valeurs me parlaient véritablement comme la chasse au gaspillage. Et puis, et surtout, il ne s'agit pas d'une revanche sur la vie mais d'un défi pour faire évoluer une bonne cause.
On se rend compte également qu'à travers le sport, c'est une critique de la société tout entière. Le sport ne sera d'ailleurs pas épargné tant il y a eu des dérives commerciales notamment dans le football. Je ne suis d'ailleurs pas moi-même un adepte des matchs de foot où les hurlantes, le racisme, la débauche et la violence font honte aux sports. A cela, je me suis retrouvé dans le personnage du frère de Sofia. Il y a également une vraie réflexion sur la place des femmes dans le sport. Il faut dire qu'elles n'occupent pas une place privilégiée actuellement dans les hautes instances dirigeantes sportives. Bref, il y a encore beaucoup de boulot à réaliser !
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Pablo
Ce n'est qu'en découvrant l'autocollant sur la couverture du second tome que j'ai appris que cette série que je venais d'emprunter au hasard portait sur la vie de Pablo Picasso. Le seul titre et la couverture ne le laissaient en effet pas deviner tout seul. Du coup, craignant qu'il s'agisse d'une biographie classique comme on en trouve beaucoup en bande dessinée, j'avais l'appréhension de lire un récit qui, aussi détaillé ou instructif qu'il puisse être, allait risquer de m'ennuyer un peu. Mais j'ai trouvé en Pablo une biographie très vivante donnant vie et poésie avec beaucoup d'émotion et de beauté au Paris du tout début du XXe siècle. Pablo poursuit deux parcours narratifs. Il y a d'une part la vie de Pablo Picasso lui-même à partir de sa première arrivée à Paris avec d'autres artistes espagnols puis sa rencontre avec les poètes Max Jacob et Guillaume Appolinaire et son séjour au Bateau-Lavoir, ce refuge d'artistes dans le quartier de Montmartre. Et d'autre part, il y a la vie de celle qu'on connaîtra plus tard sous le nom de Fernande Olivier et qui deviendra la compagne et la muse de Picasso pendant plusieurs années. L'histoire n'est pas présentée du tout comme une suite d'évènements chronologiques et de faits historiques. C'est plutôt un roman graphique mêlant vie privée, carrière artistique, frasques de jeunes adultes rebelles et romances amoureuses. A priori, j'ai le sentiment que tout ce qui est raconté est rigoureusement authentique sur le plan historique et vis-à-vis de la biographie des personnages, mais je n'ai jamais eu l'impression de lire une biographie ennuyeuse, plutôt une aventure humaine belle et prenante. J'ai beaucoup aimé la façon dont les auteurs donnent vie à la ville de Paris et au Montmartre du début du siècle dernier. On y sent un grand engouement plein d'espoir et d'esprit artistique. Le tout est en outre agréablement mis en image et surtout j'ai trouvé les couleurs très belles. J'ai été transporté dans l'ambiance de l'époque qui, malgré la pauvreté et l'âpreté de certaines conditions de vie, m'a presque donné envie d'y être et de vivre tout ça avec Pablo et les artistes qui l'entourent.
Watchmen
Une "série" qui nous fait voir les super héros sous un jour différent. Le scénario est plutôt sombre, addictif mais surtout très bien ficelé. Nous voilà devant une sorte d'enquète policière au déroulement atypique puisque menée sous la forme d'une alternance de moments passés et présents. Chaque personnage y joue un role prépondérant et ils possèdent tous une psychologie propre et recherchée. Le thème colle bien avec l'actualité de l'époque (milieu des années 80), cette peur de l'apocalypse nucléaire en pleine guerre froide qui traduit une sorte de sentiment de malaise que l'on ressent souvent dans les oeuvres de Moore. Le seul défaut réside pour moi dans les dessins qui ne s'avèrent au demeurant pas mauvais mais d'un style assez vieillot et avec des couleurs beaucoup trop "flashy" à mon goût. Bref, nous voilà devant une histoire de super héros aussi époustouflante que peu banale et comme seul Alan Moore sait les écrire. Un ensemble qui aurait pu atteindre la perfection si les dessins avaient été à la hauteur de ce scénario tout simplement génial du début à la fin.
Un printemps à Tchernobyl
Cet album est intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord, il y a la démarche. Se rendre volontairement à Tchernobyl demande un certain courage : celui de dépasser la crainte que ce site provoque, même inconsciemment. Ce sera le thème de la première partie de ce reportage en bandes dessinées. Entre compte-rendu et témoignages écrits des personnes ayant vécu la catastrophe, Emmanuel Lepage se dresse sa propre idée, nous fait part de ses craintes et de celles de son entourage. Il y a donc là toute une réflexion sur l’engagement politique d’un artiste qui est loin d’être inintéressante. J’ai particulièrement apprécié la corrélation qui nait entre les problèmes de santé de l’auteur et ses doutes quant à la pertinence de se rendre sur le site de la catastrophe. Ensuite vient le voyage en lui-même. La découverte du site donne droit à quelques belles illustrations. La découverte des gens qui vivent sur place ouvre les yeux du lecteur. Tchernobyl n’apparait plus comme un cimetière mais bien comme une zone hors normes. La vie y est possible,… la mort omniprésente. A nouveau, les problèmes de santé d’Emmanuel Lepage jouent un rôle d’importance dans cette partie du récit puisqu’ils s’effacent, s’estompent naturellement face à l’urgence de la situation. Puis viennent des réflexions plus artistiques : comment dessiner l’invisible ? Comment rendre l’angoisse produite par la radioactivité lorsque soi-même on oublie parfois l’omniprésence du danger ? A nouveau, la thématique est intéressante et Emmanuel Lepage trouve au problème une solution a contrario… plutôt bien tapée. Vient enfin une réflexion plus philosophique qui pourrait se résumer dans l'idée que cette humanité qui, après avoir été chassée du Paradis pour une pomme, pourrait bien s’exclure elle-même de la Terre pour un atome. A la fin de cet album, je reste sur un sentiment étrange. D’une part, je viens de lire un album très bien conçu. D’autre part, je n’ai pas été spécialement ému par les personnages et leurs destins. D’une part, je le trouve intéressant à plus d’un titre. D’autre part, il ne m’a pas touché, émotionnellement parlant. Emmanuel Lepage n'est pas parvenu à me faire partager l'humanité qui s'est dégagée de ses rencontres, même si j'ai apprécié ses réflexions et même s'il n'oublie pas les habitants de la zone dans son récit (bien au contraire). Ce qui me vient finalement à l’esprit, c’est que ce témoignage me conforte dans cette idée que le pire fléau de la Terre, c’est l’homme… que la nature est apte à se redresser de bien des catastrophes quand l’homme fuit ses conneries. Très certainement à lire. Au moins une fois. Personnellement, je ne le possède pas et ne désire pas spécialement l’acheter. Une lecture me parait en effet suffisante et je ne vois pas quel passage pourrait m’apporter un plus lors d’une relecture.
Le Retour à la terre
Que voilà une petite série résolument sympathique à lire ! Le ton employé est proche de la perfection, pour moi, tant il est baigné de tendre ironie. Larcenet et Ferri se moquent d’eux-mêmes, de leurs proches et de leurs voisins avec une telle tendresse qu’ils parviennent à me faire aimer le genre humain jusque dans ses travers. La structure hybride (des gags en demies planches s’enchainent pour construire une histoire suivie) est parfaitement maitrisée et peut servir de référence dans ce domaine. Le dessin est simple et expressif. Un soin tout particulier semble avoir été accordé aux expressions du visage, et c’est important. Au fil des tomes, la galerie s’enrichit de seconds rôles savoureux. Avec un concept aussi étriqué (la vie quotidienne d’un auteur de bandes dessinées qui décide de s’installer à la campagne), le risque de rapidement tourner en rond était grand. Pourtant les auteurs parviennent constamment à me surprendre. Bien sûr, certains gags sont faciles, d’autres n’atteignent pas leur cible, mais la majorité d’entre eux m’a touché, tantôt en me faisant rire, tantôt par la tendresse qui s’en dégage. Enfin, mention spéciale et pensée émue à Francis Cabrel, victime innocente de la série… Franchement bien !!
Le Troisième Testament - Julius
Tome 1 Grandiose ce nouveau cycle du troisième testament. Pourtant, j'ai eu peur en débutant la lecture : cela commencait comme "Quo Vadis", le roman de Henryk Sienkiewicz (le triomphe d'un général à Rome, l'idée de brûler la Rome éternelle , faire porter la responsabilité aux chrétiens....) puis se transformait en "Ben-Hur" avec la déchéance de Julius, le tout sur un fond de naissance du christianisme, sans oublier la fille naïve... bref que du déjà vu. Mais le scénario de Dorison et d'Alex Alice vient tellement apporter de méandres dans ce récit qu'on en oublie les références à ces péplums pour évoluer plus vers une histoire mystérieuse que vers une aventure classique. Et que dire des dessins de Robin Recht à la fois si proche de l'ambiance défini par Alex Alice dans le précédent cycle mais aussi très personnel. Quelques scènes font d'ailleurs écho à certaines situations du livre IV du Troisième Testament : le combat sur le pic de Nigmigiv et celui de Julius avec l'énigmatique et imperturbable chrétien. Le dessin de Recht est beaucoup moins sombre que dans Totendom, avec des décors et personnages beaucoup plus travaillés. Je vous invite à dévorer ces 80 premières pages d'une saga qui, avec ce premier volume, sera aussi fascinante que le précédent cycle. Tome 2 Je suis un inconditionnel du « Troisième testament », que je relis régulièrement depuis des années. Aussi, je me suis précipité vers le pré quel dès sa parution. J’avoue que j’ai eu du mal à m’habituer au dessin de Thimothée Montaigne, après celui de Robin Recht , dessinateur du premier volume: un encrage plus épais, un dessin moins fouillé mais au fil des pages, j’ai oublié ces petites imperfections et la comparaison avec le trait de Recht, pour me concentrer sur l’histoire. En effet, grâce aux couleurs de François Lapierre, les différences finissent par s’estomper. En outre, des mises en pages originales et soignées (l’entrée dans Babylone, par exemple) rappellent les mises en scène osées de « Julius #1 » Avec ce second volume, intitulé bizarrement « la révélation 1/2 », nous suivons la quête de Sar Ha Sarim à travers le désert. Certes, nous n’avançons pas beaucoup dans cette recherche du « Troisième testament » mais cette errance dans le désert nous permet de faire le parallèle entre la vie de Jésus et de ce (nouveau ?) Prophète. Le scénario est assez intrigant pour nous donner envie de connaitre la suite. Pour autant, il a fallu que les éditions Glénat lancent un coffret réunissant l’album et le making-of de 108 pages pour me convaincre d’acheter cette deuxième partie (le changement de dessinateur, le changement de pagination, et sans doute un nombre d’albums encore non définis pour clore cette série m’ayant à première vue refroidit), grand collectionneur devant l’éternel et admirateur de crayonnés en noir et blanc que je suis ! Car c’est un supplément de grande qualité édité par Glénat, avec page de gauche le storyboard d’Alex Alice, et page de droite, les recherches et crayonnés de Thimothée Montaigne. Un régal pour les yeux , un must pour les collectionneurs
Blankets - Manteau de neige
Une agréable lecture. Après ma grosse déception sur Habibi, j'avais un peu peur de me lancer dans cette entreprise. En fait, ce pavé de près de 600 pages est très fluide à lire, et d'ailleurs je l'ai lu sur une seule journée. L'histoire est touchante, pas toujours passionnante sur certains passages, mais on sent bien le côté authentique et autobiographique de cette tranche de vie de Craig Thompson. Je me suis identifié à lui sur certains sentiments: la cruauté des enfants/ados à l'école, la remise en cause des écrits religieux, avec une très belle phrase en fin d'ouvrage (page 549 si je me souviens bien), qui signifie qu'il est très peu probable que la pensée de Dieu soit transmise sous une forme matérielle. Les sentiments sont bien exprimés, soit sous forme de dialogue, soit plus finement, et souvent remarquablement, sous forme imagée. Graphiquement, c'est un superbe noir et blanc, qui ressemble beaucoup au trait que l'on peut voir dans Habibi, avec des effets graphiques sur des doubles-pages, des arabesques, des dessins de vitraux d'église. Une franche réussite, qui me réconcilie avec cet auteur. (194)
L'homme qui aimait les fesses
3.5 Un recueil d'histoires d'Osamu Tezuka que j'ai vraiment aimé. Le dessin est le même que dans 'Debout l'humanité' et je trouve que cela va bien avec le style satirique de la plupart des histoires présentes dans cet album. Les histoires tournent autour du sexe (quoique une ou deux n'en contiennent pas et sont un peu hors-sujet) et l'auteur réussit à faire des gags très drôles sur ce thème sans être lourd. D'ailleurs, le sexe est présenté de manière soft. N'allez pas croire que Tezuka fait du hentai. La plupart des histoires ont pour protagoniste Fusuke, une caricature du Japonais moyen qui a des problèmes avec les femmes. Il est tellement pathétique qu'il en devient attachant. La qualité des histoires est bonne sans que cela soit la meilleure chose que Tezuka ait faite. Globalement, la qualité est égale quoique deux ou trois histoires sont un peu moins bonnes que les autres. À lire si on aime Tezuka car je ne sais pas si ceux qui ne l'aiment pas habituellement peuvent apprécier ces récits.
Tu mourras moins bête
Cela faisait longtemps que j'avais lu une série aussi drôle ! Bon, j'avoue que j'ai un peu moins accroché au deuxième tome (qui contient tout de même des moments sympathiques), mais le premier tome est tellement génial que je m'en fiche pas mal car cela faisait longtemps que je n'avais pas rigolé comme ça. J'aime surtout la manière dont l'auteur montre la différence entre ce que montre Hollywood et la réalité. C'est à la fois drôle, éducatif et rempli d'imagination. Je ne savais jamais quel serait le prochain sujet abordé et j'aime être surpris. Le dessin est franchement bon et le personnage de la scientifique avec une moustache est très drôle. Vraiment une des meilleures bandes dessinées humoristiques de ces dernières années.
Légendes des Contrées Oubliées
4,5/5 Une excellente BD d'heroic fantasy, au scénario bien ficelé, et qui plus est original, dans le sens où, ce n'est pas qu'une simple histoire de "gentils" qui se battent contre des "méchants". La qualité reste assez constante tout au long des 3 volumes, même si j'ai été un poil déçu par la fin... [SPOILER] Si Ssîn a la capacité d'attirer la pierre magique noire vers lui, pourquoi ne l'a-t-il pas fait avant sachant que cela représente tant pour lui? [/SPOILER] Le dessin est lui aussi d'une grande qualité, de même que les couleurs, même si j'ai du me concentrer sur certaines cases pour bien les saisir car elles manquaient de lisibilité. L'imaginaire est riche et le bestiaire utilisé dans cette histoire est bien développé et également original. Côté dialogues, on est également bien servi, même s'il y a quelques fautes et ratés (un phylactère vide à la fin), mais qui ne gênent pas la lecture et qui se comptent sur les doigts d'une main. Je ne regrette vraiment pas d'avoir acheté cette BD, à prix très modique en plus, sous forme d'intégrale grand format, même si je trouve que la couverture est un peu fadasse, décevante. Je pense en effet qu'elle a sa place dans les "immanquables". (193)
Le Marathon de Safia
La couverture du marathon de Safia ne me donnait a priori pas d'envie à lire cette bd. Et pourtant, au ressortir de cette lecture, c'est une réelle bonne surprise. Je croyais que j'allais lire une oeuvre qui met l'accent sur une championne déjà connue dans le monde féminin des marathons. Il n'en est rien. D'ailleurs l'action commence le 20 mars 2013 soit dans notre futur pour se terminer en 2024. On pourrait se dire qu'il s'agit alors d'un récit de science-fiction mais cela ne sera pas le cas tant l'histoire est ancrée dans notre présent. Bref, l'horizon de ce marathon dépasse largement le cadre qu'on croyait fixé. Sofia est une jeune fille d'origine maghrébine qui vit pauvrement dans une caravane avec sa famille. Elle aime courir mais son père reste attaché à de vieilles traditions obscurantistes où la place de la femme serait à la vaisselle. Le père travaille sur les chantiers de la construction d'un nouveau stade de France. La mère est femme de ménage dans les vestiaires de ce stade. J'ai apprécié le fait que certaines valeurs me parlaient véritablement comme la chasse au gaspillage. Et puis, et surtout, il ne s'agit pas d'une revanche sur la vie mais d'un défi pour faire évoluer une bonne cause. On se rend compte également qu'à travers le sport, c'est une critique de la société tout entière. Le sport ne sera d'ailleurs pas épargné tant il y a eu des dérives commerciales notamment dans le football. Je ne suis d'ailleurs pas moi-même un adepte des matchs de foot où les hurlantes, le racisme, la débauche et la violence font honte aux sports. A cela, je me suis retrouvé dans le personnage du frère de Sofia. Il y a également une vraie réflexion sur la place des femmes dans le sport. Il faut dire qu'elles n'occupent pas une place privilégiée actuellement dans les hautes instances dirigeantes sportives. Bref, il y a encore beaucoup de boulot à réaliser !