C'est du non sens, une histoire absurde. En tout cas seul le lecteur trouve absurdes ces histoires de bombes dont les protagonistes s'accomodent pourtant facilement.
C'est une histoire en Noir et Blanc (comme toutes les Pattes de mouche), mais ici le Noir domine franchement. La dernière page, qui laisse en suspens la fin, n'est pas très optimiste.
En tout cas, si l'action est en suspens, ce n'est pas le cas de la réflexion: on en tire les conclusions qu'on veut, mais il y a là une vision noire et critique des sociétés qui ne savent plus trop à qui et pourquoi elles font la guerre, et dont les populations ne se posent plus de questions à ce propos.
Le "tiens la voilà" et les simili sourires que j'ai cru déceler sur les lèvres des personnages dans cette dernière page, font froid dans le dos, malgré le petit côté comique et décalé...
Un très bon David B !
Je venais de lire Quotidien délirant du même Prado qui, malgré un ensemble inégal, m’avait donné l’envie d’en lire plus du même auteur.
Bien m’en a pris ! En effet, on retrouve dans "Chienne de vie" les mêmes ingrédients que dans Quotidien délirant, c'est-à-dire une vision critique, humoristique et absurde de la société moderne et de ses travers.
Mais ici le niveau est plus homogène, comme le dessin d’ailleurs. J’ai aimé la quasi-totalité des histoires.
Et je les ai trouvées plus incisives, plus mordantes, l’absurde est poussé plus loin. De l’humour, certes, mais d’une noirceur qui appelle la réflexion.
C’est de la bande dessinée qui transcende les genres : dans quelle catégorie la classer ? Peut-être dans celle qu’on a envie de relire…
Note réelle de 3,5/5 et conseil de lecture très positif donc.
Eh mais c'est vraiment pas mal du tout ça...
Il est difficile de faire rentrer cette histoire dans une case, dans un genre particulier, car on est aux frontières de la fantasy, du conte ou de l'aventure. Mais peu importe le calice, pourvu qu'on ait l'ivresse.
Koulou nous livre un univers un peu étrange, avec une société hors du temps, isolée, vivant dans des carapaces de tortues géantes, lesquelles tortues servent d'ailleurs aussi pour la nourriture, et comme bêtes de somme. Dans cette petite société dominée par trois chefs, nous suivons trois adolescents qui essaient de profiter de la vie. Les personnalités sont complexes, difficiles à caser, comme... des personnages réels. C'est assez surprenant avec ce graphisme assez enfantin de prime abord, ces personnages aux têtes cubiques et avec huit doigts...
Mais après la lecture des trois premiers tomes, mon enthousiasme et ma curiosité restent intacts. Titus et ses amis vivent des aventures surprenantes, aux prises avec des créatures énigmatiques, tout en essayant de grandir... Pour moi une série majeure.
Surprenant, amusant, énigmatique. A suivre.
Vinland Saga, écrit et dessiné par Makoto Yukimura (à qui l'on doit déjà la série Planètes), c'est l'histoire d'un désir de vengeance, celui de Thorfinn, jeune garçon originaire d'Islande, dont la famille a fui la Norvège des années auparavant. Son père, Thors, a été tué par Askeladd, un viking sanguinaire et depuis cet épisode tragique (qui nous est conté dans le tome 2) Thorfinn le suit partout espérant un jour l'affronter en duel et gagner avec les honneurs.
Le dessin est assez exceptionnel, précis, détaillé, dynamique, avec juste ce qu'il faut de visages caricaturaux pour le côté manga, mais pas trop. Les scènes de massacres (notamment celle des francs par les guerriers vikings d'Askeladd) sont très détaillées, le sang gicle à tout va, les bras, les têtes, les doigts volent de partout, les lances transpercent, les masses assomment, les chaînes étranglent, les carreaux font mouche, les haches tranchent dans le vif. Bref, ça ne fait pas dans la dentelle. Mais c'est tellement bien dessiné… Le deuxième tome, nettement moins violent, nous montre tout le talent du dessinateur pour faire passer les émotions intérieures, la prestance d'un guerrier, c'est du très bon. On peut tout de même déplorer quelques soucis de traduction, avec un "VIIIème siècle" devenu "XVIIIème siècle" (p84 du T1).
Ce qui est parfois assez détonnant dans cette série, c'est le placage de la mentalité nippone sur les comportements viking. Mais il n'empèche que j'aime vraiment beaucoup et à tous points de vue, j'attends impatiemment la suite !
Le tome 3 est toujours aussi agréable à lire avec cette tendance qui s'affirme : un Thorfinn violent et (presque) sans scrupule, avec un désir de vengeance exacerbé qui lui donne des ailes et un Askeladd "zen", voire presque "grand sage" qui finalement semble s'être pris d'affection pour celui qui souhaite tant sa mort. Humour, grands espaces et baston sont au rendez-vous avec un style de dessin qui me plait toujours autant.
Après un tome 4 un peu décevant qui donnait l'impression que l'auteur naviguait un peu à vue, le tome 5 m'a de nouveau bien plu, avec, sur une durée plutôt restreinte par rapport aux autres volumes, un concentré d'action pure et dure, avec sa dose d'humour bienvenue.
Le tome 8 est pour le moins inattendu et donne un tournant à l'intrigue un peu déstabilisant mais qui rompt efficacement la relative lenteur du début de l'aventure. Je suis assez perplexe, naviguant entre une impression de sabordage de la série et la curiosité de voir ce que cela va pouvoir donner par la suite... à suivre donc.
Le tome 11 tant attendu confirme selon moi la qualité de cette série, même si je me demande si l'auteur savait déjà qu'il irait là quand il l'a entamée... On voit peu notre héros du début pour faire un peu plus la lumière sur le roi Knut, qui a bien changé en quelques années. J'aime toujours autant l'histoire, le style et le dessin de Makoto Yukimura. Je me demande juste si l'auteur sait où il va... En tous les cas, moi je continuerai à le suivre encore.
Et pour répondre à la question "légitime" d'Erik sur le délai entre les tomes 13 et 14, je dirais "tsunami", non ?
Je ne connaissais pas Pedrosa avant de lire Portugal. A la lecture en diagonale des précédents avis, je suis surpris que personne ne fasse allusion au lien qui existe entre l'indécision du personnage principal et le manque de repères familiaux.
Par ailleurs, les personnages sont touchants, les dialogues très justes. La narration est certes nonchalante, mais qu'attendre d'autre d'un jeune homme qui se rend au Portugal à la recherche de lui-même!
C'est une lecture qui invite à des pauses, des réflexions. Quant au dessin, j'avoue que ce n'est pas ma préoccupation première. Je n'ai donc pas d'avis pertinent sur la question. J'apprécie néanmoins les couleurs qui évoquent pas leur ton pastel les sentiments des personnages ou l'ambiance des villes.
Enfin, un mot sur les phylactères en portugais. c'est comme chez Tarantino. Au Portugal, on parle portugais (français aussi) et c'est tant mieux!
Franchement, je trouve que cette série mériterait d'être plus connue.
Ce n'est pas la meilleure BD du monde, mais elle remplit parfaitement son rôle, à savoir faire rire le lecteur.
La série raconte les péripéties parfois abracadabrantes de Momo, et de ses amis Terance, Stouf et l'indien. Le pauvre Momo immature au possible, à qui il arrive les pires mésaventures cherche à conquérir le coeur de la Belle Barbara, mais il passe son temps à se ramasser, au propre comme au figuré.
Les gags sont souvent drôles et totalement déjantés.
Bref, le genre de série idéale pour égayer une journée quand on rentre éreinté le soir.
On dirait qu'il y a deux "Aquablue" : un avec Vatine, et l'autre avec Tota au dessin. Dans des styles différents, les deux portent la série vers les sommets de la SF en BD.
Pour moi Olivier Vatine est l'un des porte-drapeaux du renouveau de la bande dessinée d'aventure mâtinée de science-fiction. Du vrai space opera, en somme... Il faut dire que le scénario de Thierry Cailleteau est particulièrement prenant. Par la suite, Tota relève le gant avec classe, dommage qu'il ne soit pas resté plus longtemps, parti s'enferrer dans le monde de Troy chez Soleil...
vers les tomes 8 ou 9, les récits me semblent beaucoup plus tournés vers l'écologie, sans que l'atmosphère du début soit préservée... c'est bien dommage.
Cependant, ne vous y trompez pas, "Aquablue" est LA référence du genre !
Après la lecture des derniers tomes (jusqu'au n°11)
Aquablue, ce n'est plus ce que c'était, hein.
Déjà pour moi la série avait perdu une partie de son intérêt avec le "départ" d'Olivier Vatine. Et même si Tota n'a pas démérité, ce n'était plus pareil. L'arrivée de Siro n'a pas vraiment arrangé les choses, car je trouve son graphisme quand même un peu léger eu égard aux standards de la série. Désormais la seule prouesse réside dans les designs technologiques... réalisés par Fred Blanchard.
Quant au scenario... On est bien loin de l'ampleur épique du début, ce mélange de planet fantasy, d'aventure et de space opera qui en faisait la saveur si particulière.
Je n'aimais pas vraiment l'histoire de ce diptyque, peut-être parce qu'il met en scène des araignées, et que même en peinture, j'ai du mal à les regarder (oui je fais de l'arachnophobie). Ceci dit, même sans cet élément, je trouve l'histoire carrément inintéressante, plate et convenue. Alors avec une fin aussi mauvaise...
Nouveau virage dans la série avec la reprise par Régis Hautière du scenario, et du dessin par Reno, au tome 12. Il est bien sûr trop tôt pour réellement se prononcer mais ce "Retour aux sources", titre du tome, laisse augurer un recadrage bienvenu, au niveau narratif du moins. On revient sur la planète Aquablue, et sur les liens très particuliers quelle pourrait avoir avec la Terre. Une piste qu'avait abandonnée Thierry Cailleteau à l'époque, et qu'Hautière explore donc, et d'une façon qui me semble assez intéressante. Bien sûr plusieurs trames scénaristiques sont d'ores et déjà lancées, histoire que l'on n'ait pas la carte postale qu'on aurait pu craindre. Le graphisme est assuré par Reno, un sacré bon dessinateur. Ce n'est pas forcément lui que j'aurais vu dans ce rôle, mais pourquoi pas, finalement, même si je ne suis pas convaincu par ses humains, ni par certaines des incrustations 3D dans les paysages. Quelques réglages à faire sans doute.
Le tome 13 m'a presque totalement convaincu. Hautière a définitivement recadré l'histoire dans le cadre écolo (mais pas cucul) des débuts d'Aquablue, et ça fait du bien. Le parallèle avec ce qu'il s'est passé en Palestine par exemple est évident, et je suis curieux de lire la suite. Reno a progressé dans ses incrustations, je suis assez séduit à présent.
J'attends la suite...
Malgré une découverte récente de l'oeuvre de Will Eisner, je n'avais jamais eu l'occasion de lire cette série "The Spirit". Et voilà qu'Ankama remets le couvert avec une version dépoussiérée par le trio Mark Schultz, David Hine (scénario) et Moritat (dessin).
Si je me méfie souvent des come back et des reprises, je partais ici sans réel élément de comparaison possible vu mon ignorance totale concernant The Spririt. Et ma fois, c'est une très bonne surprise que nous propose Ankama !
J'aime bien le format souple qui fait très comics, et le découpage en chapitres introduits par une couv' alternative.
Graphiquement, beaucoup de qualités aussi. Le trait épais de Moritat rend grâce à la noirceur ambiante de Central City que parcourt The Spirit. Moritat maîtrise également parfaitement la composition de ses planches, très dynamiques, et mise en page de façon à exacerber nos émotions et intensifier les événements, n'hésitant pas quand certaines scènes le nécessitent à s'étaler sur une double page.
L'album est divisé en 7 chapitres, mais relate en fait 2 histoires complètes. Dans la première il va devoir affronter Angel Smerti, tueur à gage engagé pour débarrasser Central City du Spirit ; dans le second, il sera confronté à Carmine Kass, dealer de Frost pour l'organisation Octopus, dont le pourcentage d'over dose commence à inquiéter tout le monde...
Car du côté événementiel, c'est Cannes avant le Festival ! Pas le temps de s'ennuyer ! De l'action en veux-tu en voilà, des personnages secondaires intéressant(e)s et originaux (j'aime beaucoup le petit groupe de minettes qui servent d'indic' au Spirit et s'expiment en chanson), le tout distillé sur deux bonnes histoires au rythme et aux péripéties jamesbondesque.
Alors si vous aimez l'aventure avec un brin d'humour et les héros qui vous sortent la carte du 1000 bornes "Increvable" à tous les coups, cette série est faite pour vous !
C’est vrai que « Le Rêve du papillon » semble inspiré des œuvres de Miyazaki. L’intrigue et l’ambiance loufoque et onirique m’ont conquis, et je suis ressorti de ma lecture émerveillé. Le monde dans lequel se perd l’héroïne est intriguant et dépaysant à souhait, notamment grâce à un dessin et une colorisation des plus réussis. L’auteur fait preuve d’une imagination débordante tintée d’absurde (ah, l’usine hamstero-électrique !), et use de paraboles assez bien vues (comment ne pas reconnaître en ce monde inconnu certains aspects de notre société).
On nage en plein mystère sur les 2 premiers albums, mais des réponses commencent enfin à arriver dans le 3ème. Ces dernières ne m’ont pas déçu, j’aime beaucoup la tournure que prend l’histoire, et j’attends le dernier tome avec impatience.
Bon, je m'enflamme sûrement un peu... Pas tellement sur le coup de coeur, bien réel, mais plutôt sur la note d'ensemble, qu'il faudrait peut-être minorer avec les tomes 3 et 4 qui, sans être mauvais, m'ont paru un ton en dessous.
Mais j'ai franchement été emballé par les deux premiers ! Le dessin est très bon et les mimiques des protagonistes, qui surjouent souvent leurs émotions, dynamisent le récit.
Il y a de vraies enquêtes policières, avec retournements improbables à la fin, comme dans pas mal de livres ou de séries télé du genre. L'amateur - dont je ne suis pas forcément, peut y trouver de l'intérêt.
Mais ce qui fait la force de cette série, c'est l'humour, plus ou moins décalé, qui injecte de la vie dans les intrigues.
La société victorienne, ronronnante, est bien rendue, et rend d'autant plus loufoques les analyses de Holmes et ses rapports parfois tendus avec son "ami" Watson et avec Scotland Yard (l'inspecteur Lestrade - ridicule à souhait). Et la logeuse, alcoolique et cuisinière improbable grossit le trait caricatural...
Bref, une découverte récente (je n'ai lu que les quatre premiers tomes, mais je compte les fréquenter à nouveau). Lecture franchement conseillée !
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La Bombe familiale
C'est du non sens, une histoire absurde. En tout cas seul le lecteur trouve absurdes ces histoires de bombes dont les protagonistes s'accomodent pourtant facilement. C'est une histoire en Noir et Blanc (comme toutes les Pattes de mouche), mais ici le Noir domine franchement. La dernière page, qui laisse en suspens la fin, n'est pas très optimiste. En tout cas, si l'action est en suspens, ce n'est pas le cas de la réflexion: on en tire les conclusions qu'on veut, mais il y a là une vision noire et critique des sociétés qui ne savent plus trop à qui et pourquoi elles font la guerre, et dont les populations ne se posent plus de questions à ce propos. Le "tiens la voilà" et les simili sourires que j'ai cru déceler sur les lèvres des personnages dans cette dernière page, font froid dans le dos, malgré le petit côté comique et décalé... Un très bon David B !
Chienne de vie
Je venais de lire Quotidien délirant du même Prado qui, malgré un ensemble inégal, m’avait donné l’envie d’en lire plus du même auteur. Bien m’en a pris ! En effet, on retrouve dans "Chienne de vie" les mêmes ingrédients que dans Quotidien délirant, c'est-à-dire une vision critique, humoristique et absurde de la société moderne et de ses travers. Mais ici le niveau est plus homogène, comme le dessin d’ailleurs. J’ai aimé la quasi-totalité des histoires. Et je les ai trouvées plus incisives, plus mordantes, l’absurde est poussé plus loin. De l’humour, certes, mais d’une noirceur qui appelle la réflexion. C’est de la bande dessinée qui transcende les genres : dans quelle catégorie la classer ? Peut-être dans celle qu’on a envie de relire… Note réelle de 3,5/5 et conseil de lecture très positif donc.
Le Monde de Titus
Eh mais c'est vraiment pas mal du tout ça... Il est difficile de faire rentrer cette histoire dans une case, dans un genre particulier, car on est aux frontières de la fantasy, du conte ou de l'aventure. Mais peu importe le calice, pourvu qu'on ait l'ivresse. Koulou nous livre un univers un peu étrange, avec une société hors du temps, isolée, vivant dans des carapaces de tortues géantes, lesquelles tortues servent d'ailleurs aussi pour la nourriture, et comme bêtes de somme. Dans cette petite société dominée par trois chefs, nous suivons trois adolescents qui essaient de profiter de la vie. Les personnalités sont complexes, difficiles à caser, comme... des personnages réels. C'est assez surprenant avec ce graphisme assez enfantin de prime abord, ces personnages aux têtes cubiques et avec huit doigts... Mais après la lecture des trois premiers tomes, mon enthousiasme et ma curiosité restent intacts. Titus et ses amis vivent des aventures surprenantes, aux prises avec des créatures énigmatiques, tout en essayant de grandir... Pour moi une série majeure. Surprenant, amusant, énigmatique. A suivre.
Vinland Saga
Vinland Saga, écrit et dessiné par Makoto Yukimura (à qui l'on doit déjà la série Planètes), c'est l'histoire d'un désir de vengeance, celui de Thorfinn, jeune garçon originaire d'Islande, dont la famille a fui la Norvège des années auparavant. Son père, Thors, a été tué par Askeladd, un viking sanguinaire et depuis cet épisode tragique (qui nous est conté dans le tome 2) Thorfinn le suit partout espérant un jour l'affronter en duel et gagner avec les honneurs. Le dessin est assez exceptionnel, précis, détaillé, dynamique, avec juste ce qu'il faut de visages caricaturaux pour le côté manga, mais pas trop. Les scènes de massacres (notamment celle des francs par les guerriers vikings d'Askeladd) sont très détaillées, le sang gicle à tout va, les bras, les têtes, les doigts volent de partout, les lances transpercent, les masses assomment, les chaînes étranglent, les carreaux font mouche, les haches tranchent dans le vif. Bref, ça ne fait pas dans la dentelle. Mais c'est tellement bien dessiné… Le deuxième tome, nettement moins violent, nous montre tout le talent du dessinateur pour faire passer les émotions intérieures, la prestance d'un guerrier, c'est du très bon. On peut tout de même déplorer quelques soucis de traduction, avec un "VIIIème siècle" devenu "XVIIIème siècle" (p84 du T1). Ce qui est parfois assez détonnant dans cette série, c'est le placage de la mentalité nippone sur les comportements viking. Mais il n'empèche que j'aime vraiment beaucoup et à tous points de vue, j'attends impatiemment la suite ! Le tome 3 est toujours aussi agréable à lire avec cette tendance qui s'affirme : un Thorfinn violent et (presque) sans scrupule, avec un désir de vengeance exacerbé qui lui donne des ailes et un Askeladd "zen", voire presque "grand sage" qui finalement semble s'être pris d'affection pour celui qui souhaite tant sa mort. Humour, grands espaces et baston sont au rendez-vous avec un style de dessin qui me plait toujours autant. Après un tome 4 un peu décevant qui donnait l'impression que l'auteur naviguait un peu à vue, le tome 5 m'a de nouveau bien plu, avec, sur une durée plutôt restreinte par rapport aux autres volumes, un concentré d'action pure et dure, avec sa dose d'humour bienvenue. Le tome 8 est pour le moins inattendu et donne un tournant à l'intrigue un peu déstabilisant mais qui rompt efficacement la relative lenteur du début de l'aventure. Je suis assez perplexe, naviguant entre une impression de sabordage de la série et la curiosité de voir ce que cela va pouvoir donner par la suite... à suivre donc. Le tome 11 tant attendu confirme selon moi la qualité de cette série, même si je me demande si l'auteur savait déjà qu'il irait là quand il l'a entamée... On voit peu notre héros du début pour faire un peu plus la lumière sur le roi Knut, qui a bien changé en quelques années. J'aime toujours autant l'histoire, le style et le dessin de Makoto Yukimura. Je me demande juste si l'auteur sait où il va... En tous les cas, moi je continuerai à le suivre encore. Et pour répondre à la question "légitime" d'Erik sur le délai entre les tomes 13 et 14, je dirais "tsunami", non ?
Portugal
Je ne connaissais pas Pedrosa avant de lire Portugal. A la lecture en diagonale des précédents avis, je suis surpris que personne ne fasse allusion au lien qui existe entre l'indécision du personnage principal et le manque de repères familiaux. Par ailleurs, les personnages sont touchants, les dialogues très justes. La narration est certes nonchalante, mais qu'attendre d'autre d'un jeune homme qui se rend au Portugal à la recherche de lui-même! C'est une lecture qui invite à des pauses, des réflexions. Quant au dessin, j'avoue que ce n'est pas ma préoccupation première. Je n'ai donc pas d'avis pertinent sur la question. J'apprécie néanmoins les couleurs qui évoquent pas leur ton pastel les sentiments des personnages ou l'ambiance des villes. Enfin, un mot sur les phylactères en portugais. c'est comme chez Tarantino. Au Portugal, on parle portugais (français aussi) et c'est tant mieux!
Totale maîtrise
Franchement, je trouve que cette série mériterait d'être plus connue. Ce n'est pas la meilleure BD du monde, mais elle remplit parfaitement son rôle, à savoir faire rire le lecteur. La série raconte les péripéties parfois abracadabrantes de Momo, et de ses amis Terance, Stouf et l'indien. Le pauvre Momo immature au possible, à qui il arrive les pires mésaventures cherche à conquérir le coeur de la Belle Barbara, mais il passe son temps à se ramasser, au propre comme au figuré. Les gags sont souvent drôles et totalement déjantés. Bref, le genre de série idéale pour égayer une journée quand on rentre éreinté le soir.
Aquablue
On dirait qu'il y a deux "Aquablue" : un avec Vatine, et l'autre avec Tota au dessin. Dans des styles différents, les deux portent la série vers les sommets de la SF en BD. Pour moi Olivier Vatine est l'un des porte-drapeaux du renouveau de la bande dessinée d'aventure mâtinée de science-fiction. Du vrai space opera, en somme... Il faut dire que le scénario de Thierry Cailleteau est particulièrement prenant. Par la suite, Tota relève le gant avec classe, dommage qu'il ne soit pas resté plus longtemps, parti s'enferrer dans le monde de Troy chez Soleil... vers les tomes 8 ou 9, les récits me semblent beaucoup plus tournés vers l'écologie, sans que l'atmosphère du début soit préservée... c'est bien dommage. Cependant, ne vous y trompez pas, "Aquablue" est LA référence du genre ! Après la lecture des derniers tomes (jusqu'au n°11) Aquablue, ce n'est plus ce que c'était, hein. Déjà pour moi la série avait perdu une partie de son intérêt avec le "départ" d'Olivier Vatine. Et même si Tota n'a pas démérité, ce n'était plus pareil. L'arrivée de Siro n'a pas vraiment arrangé les choses, car je trouve son graphisme quand même un peu léger eu égard aux standards de la série. Désormais la seule prouesse réside dans les designs technologiques... réalisés par Fred Blanchard. Quant au scenario... On est bien loin de l'ampleur épique du début, ce mélange de planet fantasy, d'aventure et de space opera qui en faisait la saveur si particulière. Je n'aimais pas vraiment l'histoire de ce diptyque, peut-être parce qu'il met en scène des araignées, et que même en peinture, j'ai du mal à les regarder (oui je fais de l'arachnophobie). Ceci dit, même sans cet élément, je trouve l'histoire carrément inintéressante, plate et convenue. Alors avec une fin aussi mauvaise... Nouveau virage dans la série avec la reprise par Régis Hautière du scenario, et du dessin par Reno, au tome 12. Il est bien sûr trop tôt pour réellement se prononcer mais ce "Retour aux sources", titre du tome, laisse augurer un recadrage bienvenu, au niveau narratif du moins. On revient sur la planète Aquablue, et sur les liens très particuliers quelle pourrait avoir avec la Terre. Une piste qu'avait abandonnée Thierry Cailleteau à l'époque, et qu'Hautière explore donc, et d'une façon qui me semble assez intéressante. Bien sûr plusieurs trames scénaristiques sont d'ores et déjà lancées, histoire que l'on n'ait pas la carte postale qu'on aurait pu craindre. Le graphisme est assuré par Reno, un sacré bon dessinateur. Ce n'est pas forcément lui que j'aurais vu dans ce rôle, mais pourquoi pas, finalement, même si je ne suis pas convaincu par ses humains, ni par certaines des incrustations 3D dans les paysages. Quelques réglages à faire sans doute. Le tome 13 m'a presque totalement convaincu. Hautière a définitivement recadré l'histoire dans le cadre écolo (mais pas cucul) des débuts d'Aquablue, et ça fait du bien. Le parallèle avec ce qu'il s'est passé en Palestine par exemple est évident, et je suis curieux de lire la suite. Reno a progressé dans ses incrustations, je suis assez séduit à présent. J'attends la suite...
First Wave featuring The Spirit
Malgré une découverte récente de l'oeuvre de Will Eisner, je n'avais jamais eu l'occasion de lire cette série "The Spirit". Et voilà qu'Ankama remets le couvert avec une version dépoussiérée par le trio Mark Schultz, David Hine (scénario) et Moritat (dessin). Si je me méfie souvent des come back et des reprises, je partais ici sans réel élément de comparaison possible vu mon ignorance totale concernant The Spririt. Et ma fois, c'est une très bonne surprise que nous propose Ankama ! J'aime bien le format souple qui fait très comics, et le découpage en chapitres introduits par une couv' alternative. Graphiquement, beaucoup de qualités aussi. Le trait épais de Moritat rend grâce à la noirceur ambiante de Central City que parcourt The Spirit. Moritat maîtrise également parfaitement la composition de ses planches, très dynamiques, et mise en page de façon à exacerber nos émotions et intensifier les événements, n'hésitant pas quand certaines scènes le nécessitent à s'étaler sur une double page. L'album est divisé en 7 chapitres, mais relate en fait 2 histoires complètes. Dans la première il va devoir affronter Angel Smerti, tueur à gage engagé pour débarrasser Central City du Spirit ; dans le second, il sera confronté à Carmine Kass, dealer de Frost pour l'organisation Octopus, dont le pourcentage d'over dose commence à inquiéter tout le monde... Car du côté événementiel, c'est Cannes avant le Festival ! Pas le temps de s'ennuyer ! De l'action en veux-tu en voilà, des personnages secondaires intéressant(e)s et originaux (j'aime beaucoup le petit groupe de minettes qui servent d'indic' au Spirit et s'expiment en chanson), le tout distillé sur deux bonnes histoires au rythme et aux péripéties jamesbondesque. Alors si vous aimez l'aventure avec un brin d'humour et les héros qui vous sortent la carte du 1000 bornes "Increvable" à tous les coups, cette série est faite pour vous !
Le Rêve du papillon
C’est vrai que « Le Rêve du papillon » semble inspiré des œuvres de Miyazaki. L’intrigue et l’ambiance loufoque et onirique m’ont conquis, et je suis ressorti de ma lecture émerveillé. Le monde dans lequel se perd l’héroïne est intriguant et dépaysant à souhait, notamment grâce à un dessin et une colorisation des plus réussis. L’auteur fait preuve d’une imagination débordante tintée d’absurde (ah, l’usine hamstero-électrique !), et use de paraboles assez bien vues (comment ne pas reconnaître en ce monde inconnu certains aspects de notre société). On nage en plein mystère sur les 2 premiers albums, mais des réponses commencent enfin à arriver dans le 3ème. Ces dernières ne m’ont pas déçu, j’aime beaucoup la tournure que prend l’histoire, et j’attends le dernier tome avec impatience.
Baker Street
Bon, je m'enflamme sûrement un peu... Pas tellement sur le coup de coeur, bien réel, mais plutôt sur la note d'ensemble, qu'il faudrait peut-être minorer avec les tomes 3 et 4 qui, sans être mauvais, m'ont paru un ton en dessous. Mais j'ai franchement été emballé par les deux premiers ! Le dessin est très bon et les mimiques des protagonistes, qui surjouent souvent leurs émotions, dynamisent le récit. Il y a de vraies enquêtes policières, avec retournements improbables à la fin, comme dans pas mal de livres ou de séries télé du genre. L'amateur - dont je ne suis pas forcément, peut y trouver de l'intérêt. Mais ce qui fait la force de cette série, c'est l'humour, plus ou moins décalé, qui injecte de la vie dans les intrigues. La société victorienne, ronronnante, est bien rendue, et rend d'autant plus loufoques les analyses de Holmes et ses rapports parfois tendus avec son "ami" Watson et avec Scotland Yard (l'inspecteur Lestrade - ridicule à souhait). Et la logeuse, alcoolique et cuisinière improbable grossit le trait caricatural... Bref, une découverte récente (je n'ai lu que les quatre premiers tomes, mais je compte les fréquenter à nouveau). Lecture franchement conseillée !