J'aime pas la chanson française

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Vous ne supportez pas plus la « nouvelle chanson française » pour bobos des années 2000 que la variété siglée ORTF des années 70 ? Vous verriez bien Vincent Delerm enfermé dans son piano à queue ? Vous trouvez la coupe de cheveux de Mathieu Chedid horripilante et vous rêvez d’expédier Bénabar sur la Lune avec pour seule compagnie les cercueils de Maritie et Gilbert Carpentier ? Réjouissez-vous, cette bédé est faite pour vous !


Format à l’italienne Musique

Pétrie de soucis existentiels, la chanson française affiche la mauvaise mine de l'ado émergeant d'une longue nuit blanche : textes lénifiants, mélodies souffreteuses et vois agonisantes. Il y a de quoi s'insurger ! Ce que fait Luz en toute insolence. Il était grand temps car la chanson française est vraiment de retour : à la télé, à la radio, au supermarché, au resto, chez les copains et copines et même chez pépé et mémé... Impossible d'échapper aux gargarismes de Vincent Delerm, Bénabar ou Jean-Louis Murat, aux cris de canard de Cali, au nouveau look de Pascal Obispo ! Sans compter les hommages aux hululements de Piaf et la solidarité staracadémisée des Enfoirés... Aujourd'hui avec Luz on relève les oreilles. La résistance des tympans s'organise. Ce livre en est le premier coton-tige.

Scénariste
Luz
Dessinateur
Luz
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 08 Mars 2007
Statut histoire Strips - gags 1 tome paru
Couverture de la série J'aime pas la chanson française
Les notes (1)
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21/12/2012 | Blue boy
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Par Blue boy
Note: 4/5
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C’est sûr, on se dit, il y va parfois un peu fort le père Luz… mais ses crobards sont aussi vachards qu’irrésistibles. On ne peut s’empêcher de pouffer de rire, tout en se disant qu’on n’aimerait pas être à la place des vedettes brocardées. Certaines plus que d’autres, d’ailleurs. J’ai nommé Vincent Delerm, guest star de cet ouvrage, dont on ne sait toujours pas à l’heure qu’il est s’il s’est rabiboché avec son nombril Bibile… En tous cas, je ne sais pas ce qui suscite chez l’auteur cette haine radicale de la chanson française (moi qui ne suis vraiment pas porté sur le genre, je trouve pourtant que sa posture n’est pas dénuée d’une certaine mauvaise foi, comment peut-on prétendre que tout est à jeter aux orties ?). A croire qu’il a été traumatisé dans sa tendre enfance par les atroces refrains de Michel Sardou ou de Mireille Mathieu. Peut-être cet exutoire servira-t-il au moins à conjurer l’hypothèse d’un renforcement des quotas de chansons francophones sur les radios « gauloises » (comme l’impose la pathétique loi du 1er février 1994). Curieusement, cette galeries des « horreurs » se termine sur une sorte d’hommage à la fois tendre et grinçant (Luz reste Luz) à Yvette Horner la reine de l’accordéon, dont l’auteur, après avoir assisté à un spectacle, est obligé d’admettre un peu penaud qu’elle « envoie bien le steak. ». Et puis son principal argument à elle, c’est qu’ « elle ne chante pas » !

21/12/2012 (modifier)