Voilà une oeuvre faisant partie des classiques du chevalier noir. Et Frank Miller nous dépeint un héros fatigué et au bout de son combat.
Quel plaisir de lire cette oeuvre et de découvrir ce que pourrait devenir un héros après des années et des années de combat puis d'inactivité. La criminalité gangrène toujours Gotham et la police reste impuissante. Un nouveau gang fait la loi. Quel plaisir aussi de voir ce Joker amorphe reprendre vie en découvrant le retour du Batman. Et quelle fin bien amenée et construite par Miller. La présence de Superman et d'un autre personnage de l'univers DC font plaisir aussi surtout quand on voit le rôle de l'homme d'acier.
Le dessin ne m'a pas rebuté contrairement à certains je l'ai apprécié et le dynamisme de certains plans est magnifique. Les couleurs nécessittent une petite adaptation mais là encore j'ai aimé le style propre donné à l'ensemble. Mais j'avoue que c'est le dessin et les couleurs qui me font mettre 4 au lieu de 5.
L'édition d'urban est encore une fois magnifique que ce soit pour les bonus ou pour la présence de l'animé à un prix raisonnable.
Génial, à découvrir d'urgence
La lecture de ce récit sur les secrets de famille dans la campagne profonde a été fort divertissante avec un dessin que j’ai fort apprécié. L’originalité vient du fait que cela va se jouer sur deux plans : la génération passée et la génération future dans un même présent. Les flash-back ne seront pas très nombreux. J’avoue avoir quand même eu du mal à comprendre tous les rouages de cette histoire, là où Giraud réussit parfaitement dans la collection Secrets chez Dupuis.
Comme dit, il y a tous les ingrédients d’un bon polar à commencer par des lettres anonymes qui menacent la jeune génération. On se rendra compte que c’est plutôt les vieux qui nous pourrissent encore la vie. Dans un village clos, cela ne pardonne pas. Les terres agricoles ont souvent donné lieu à des passions dévastatrices. On n’échappera pas à la règle une fois encore. Rancœur, quand tu nous tiens…
Au final, on quitte ce roman avec un léger pincement au cœur car on aurait aimé que cela se termine autrement. Cependant, jusqu’à preuve du contraire, c’est toujours l’auteur qui est aux commandes. En l’occurrence, il s’agit d’une veille nouvelle que Didier Convart avait laissée dans sa cave et que Jean-Blaise Djian va adapter.
J’aime de toute façon les histoires qui cachent de terribles secrets de famille entre les silences profonds et malsains et les sous-entendus mystérieux. Le cadre est certes bucolique pour des vacances estivales mais cela fleure bon le purin. Bref, une saga campagnarde d’une violence morale à toute épreuve.
On est ici dans l’ambiance déconne chère aux publications de Fluide Glacial. Mais Goossens développe quand même une approche particulière de cet univers.
Les élucubrations de Louis, à peine tempérées par son compère, sont totalement délirantes, fumeuses, mais avancées avec un tel aplomb, la réalité est tellement distordue, qu’on en arrive presque à en oublier de réfléchir !
En tout cas, pour ce qui est de rigoler, on ne risque pas d’oublier, et pas besoin de beaucoup réfléchir avant de le faire.
Et, comme souvent chez Goossens, je trouve le dessin vraiment bon, au service de l’inspiration improbable de Louis.
Inégal, mais globalement très poilant !
Tome 1
Très bonne petite surprise de l'année.
Un dessin et une colorisation surprenants mais une intrigue finement amenée. L'ambiance des années 70 est parfaitement retranscrite.
D'ailleurs, rien n'y manque : des chansons de Joe Dassin, au méga-tube "porque te vas", jusqu'aux voitures (ne serait-ce pas des photos? voir la page 31 de sortie d'usine) ou encore les vêtements (le mythique T-shirt de l'AS St Etienne -allez les Verts !!- est même en couverture). J'avais 7 ans en 1976, et je me reconnais dans l'atmosphère décrite.
Sur fond de crise sociale et de drame humain, Cédric Rassat, à qui l'on doit déjà La Frontière et William Panama, nous offre un univers quasi familier avec des situations cocasses (le quasi running gag du capitaine de gendarmerie).
Un premier opus de présentation très riche et qui, dans ses dernières pages, laisse augurer un développement plus dramatique.
Bref un album intéressant à plus d'un titre et qui mérite vraiment d'être découvert surtout pour les dessins.
Longtemps, je suis passé à côté de cet album et il a fallu la pugnacité de mon libraire pour me décider, tout d'abord à l'acheter (mais je suis faible) mais surtout à le lire.
Sans aucune publicité aucune (je n'ai lu encore aucun article dans la presse spécialisée), je crois savoir que cet opus commence à trouver son public. Et c'est bon signe pour son dessinateur, Raphaël Gauthey qui, par son style (faut-il parler de dessin, tant l'on s'approche de la photo), illumine cette histoire, somme toute assez sombre.
Un régal pour les yeux,
un scénario plus qu'intéressant,
bref une bd originale dans un paysage éditorial assez morne, en ce semestre, à mes yeux.
Tome 2
Après 3 ans d'attente, je découvre enfin la seconde et dernière partie de cette aventure.
J'avoue que le dessin y est toujours aussi excellent voire remarquable. La couverture de cet album reprend en outre les mêmes personnages que ceux figurant sur le premier volume, mais dans des postures fort différentes.
J'ai retrouvé dans cette seconde partie, toute l'atmosphère des années 70: la canicule de 76, le célébre "pull over over rouge", les années Giscard, les syndicats, le débat sur la peine de mort, la conduite sans ceinture de sécurité.
J'avoue tout de même avoir été assez déboussolé par cette fin ouverte.
Mais ce dipthyque vaut surtout, je le rappelle, par le formidable dessin, lumineux, explicite, et surtout très réaliste de cette ambaince des années 70 (regardez les pages 58 à 60 qui sont formablement ancrées dans cette époque)
Je pense que cet album devrait recueillir les suffrages des lecteurs nés dans les années 70
Voilà une œuvre qui vous déroute puis qui vous touche au cœur.
Le trait est agréable, avec des coloris bien variés et bien en phase avec les chapitres. Les ambiances sont parfaitement servies à la fois par ce coup de crayon et par la palette de teintes choisies.
Rien de transcendant au niveau du découpage, c'est du classique, mais la lecture est fluide et vraiment agréable.
C'est un dessin que j'ai eu plaisir à parcourir.
Le récit lui est vraiment surprenant, décalé. Mais je l'ai trouvé terriblement efficace quant au discours porté en filigrane. Parler de la vie au travers de récits tragiques de morts, c'est vraiment habile et particulièrement émouvant.
Au départ j'ai cru qu'on retraçait la vie du héros. Puis on comprend ensuite ce qui se passe. Je ne décris pas trop, la surprise fait partie du plaisir de cette lecture je trouve même si j'en ai déjà peut-être trop dit. En tout cas, j'ai eu énormément d'empathie pour Bras, le personnage principal, mais cette empathie a grandi au fur et à mesure des chapitres, c'est la toute la force de l'histoire. Toutes ces fins, toutes ces époques visitées. Une mention spéciale pour un chapitre où l'on ne voit jamais Bras, et où pourtant l'émotion est justement la plus forte. J'ai trouvé ce chapitre vraiment poignant.
Bref, l'émotion était vraiment présente dans ma lecture au travers de toutes ses vies évoquées. Personnellement, j'en suis sorti en ne sachant pas trop où était la réalité, où était le rêve, où s'arrêtait le récit dans le récit. J'imagine que plusieurs interprétations sont possibles. Mais je sais déjà que je vais me replonger dedans pour voir si j'en ai une autre lecture.
J'ai bien envie de voir ce que ses auteurs, deux frères jumeaux, ont réalisé par ailleurs.
Et en conclusion, voilà un livre emprunté à la bibliothèque que je me vois tout à fait acheter rapidement pour la qualité globale de cette BD vraiment belle...
Les éditions Casterman ont eu l'excellente idée de rééditer dans une intégrale deux histoires parues dans le journal (À Suivre) dans les années 70. Cette intégrale comprend également une troisième histoire inédite en France, ainsi que les 25 premières planche d'un quatrième récit, hélas inachevé.
L'occasion nous est ainsi donnée de redécouvrir un auteur réaliste Espagnol, Victor De la Fuente, trop méconnu du grand public, dont le dessin réaliste et la virtuosité graphique reste remarquable.
De la Fuente fait notamment partie de cette école Italienne et Hispanique qui excelle dans le dessin en noir et blanc. Chaque planche comprend au maximum 5 à 6 cases, ce qui permet d'apprécier à, sa juste valeur le trait du dessinateur. Le tout est mis au service d'une série d'héroic-fantasy de très belle facture qui ravira les amateurs du genre. Malheureusement, celle ci ne connaitra pas une grande postérité et le quatrième tome ne sera pas achevé.
Une série à découvrir ou à redécouvrir
Cela fait largement plus de vingt ans que je suis cette série, et ce n’est que relativement récemment que j’ai ressenti un certain épuisement du filon d’où sont sorties pas mal de pépites.
Alors bon, c’est sûr, plusieurs albums ne sont pas au niveau de l’ensemble. C’est le cas du premier, qui a pris un coup de vieux dans tous les domaines et certains des derniers, comme la queue de la comète qui s’estompe… Quelques lourdeurs parfois, quelques redites, mais Van Hamme a ici moins qu’ailleurs tiré sur la corde du succès.
Et j’ai pris tellement de plaisir à lire et relire cette saga qu’avec une relative mauvaise foi j’en aurais presque "oublié" les faiblesses dans ma notation, qui a failli aller jusqu’aux 5 étoiles.
Car beaucoup d’albums, voire de cycles entiers (Qâ par exemple) sont vraiment prenants et supportent aisément la relecture.
Le mélange des genres (saga nordique, SF, médiéval), s’il n’est pas nouveau, est ici réussi et ne fait quasiment jamais gadget. L’idée de développer la petite famille et les aventures qui les impliquent est bonne – même si les spins offs récents risquent de lasser en jouant à fond la carte commerciale. A voir donc…
Le personnage de Thorgal est un héros quasi parfait, justicier à son corps défendant, et incarnation de l’homme, du mari et du père idéal. Sa force est peut-être la seule faiblesse de l’histoire ? Quelques fêlures quand même, Thorgal est moins lisse que Tintin. Et surtout il y a des trouvailles scénaristiques qui le mettent en danger, l’amènent aux frontières du mal.
Le mal, justement. Hitchcock disait je crois à propos des bons films qu’un bon méchant faisait la réussite d’une histoire. Avec Kriss de Valnor on en a la confirmation. Une jolie confirmation qui plus est… Et qui dynamise souvent le récit en laissant ses scrupules de côté. Même si dans ses dernières apparitions elle était devenue moins monolithique (ce que la série Les Mondes de Thorgal - Kriss de Valnor confirme).
Enfin, mais il aurait presque fallu commencer par ça, le dessin de Rosinski est vraiment excellent ! Et pas seulement du point de vue « technique ». C’est vraiment beau et il a très rapidement trouvé le trait juste dans la série.
Ultime qualité, et pas des moindres ! Thorgal est accessible pour de jeunes lecteurs comme pour les adultes, j’en ai fait l’expérience avec ma fille. L’enfant des étoiles en mériterait presque 5 !
Cette très belle biographie montre, s’il fallait encore une preuve, que la BD peut s’accommoder parfaitement avec le monde de l’écrit, constituant en outre une invitation à se plonger dans l’œuvre du philosophe allemand (c’est le cas pour moi qui n’ait jamais rien lu de lui). Maximilien Le Roy parvient à restituer une belle atmosphère sombre et mélancolique en recourant à une palette désaturée. Le dessin est souvent proche du croquis, ce qui colle bien à la personnalité fiévreuse et tourmentée d’un homme épris de vérité. On pourra peut-être reprocher aux personnages ce côté un peu figé, même s’il est clair qu’on est plus dans la réflexion que l’action…
Que l’on se reconnaisse ou non dans la pensée nietzschéenne, on ne pourra être que fasciné par le personnage, et le travail subtil de mise en page et en couleurs confère une part de mystère au récit. Dépeint comme un être passionné en quête de liberté, mais aussi constamment inquiet, sujet à des crises d’angoisse, on ressent de l’empathie pour ce philosophe de génie qui devait se sentir bien seul dans son rôle de défricheur dans une Europe sous l’influence écrasante du christianisme (« cette maladie qui nous invite au suicide lent »). A l’époque, ses écrits provoquaient l’effroi ou au mieux n’intéressaient personne, alors qu’ils ne visaient qu’à libérer l’Homme de son carcan moral. Se sentant incompris, il a alors très vite sombré dans la folie, s’enfermant dans un mutisme tragique. A sa façon, le dessinateur a parfaitement su rendre hommage au philosophe en distillant de la douceur et de la poésie, ce qui donne tout son équilibre à un récit qui sinon aurait pu être submergé par le désespoir et la tristesse.
C’est quand j’ai affaire à de la bande dessinée comme celle-là que mon attachement au genre s’en trouve renforcé… seule la BD a cette double capacité d’apporter une dimension à la fois artistique et ludique aux sujets les plus austères voire rebutants. En tout cas, celle-ci est une très bonne entrée en matière pour découvrir ce philosophe qui révolutionna la pensée occidentale du XIXème siècle et donna ses lettres de noblesse à l’athéisme. J’en sais désormais un peu plus sur Nietzsche que son célèbre « Dieu est mort » et son épaisse moustache derrière laquelle il paraissait se protéger et qui semblait en même temps l’avoir réduit au silence. Ce silence et la folie qui peut-être étaient le prix à payer pour qu’enfin sa pensée commence à se diffuser…
Cette bd est une vraie réussite qui mérite la plus grande attention de la part des lecteurs. On va suivre l'ascension d'un jeune boxeur d'origine tzigane qui va devenir un vrai champion mais on va lui enlever très rapidement son titre.
En effet, le pays où il vit est l'Allemagne qui devient nazie en 1933 lorsque Hitler accède à la chancellerie. Que de destins ont été tragiquement mis à mal par le racisme d'une idéologie malsaine et criminelle ! Un champion non d'origine aryenne n'était pas acceptable pour eux. Et s'il faut tricher pour y arriver, cela sera fait sans scrupule...
Je ne connaissais pas cette histoire qui mêle le sport à la politique. C'est une bonne idée que de l'avoir adaptée en bande dessinée afin d'illustrer le fait que les nazis se sont emparés de tous les aspects de la vie pour changer leur société. Bref, le sport n'a pas échappé à cette violence aveugle.
Par ailleurs, j'ai bien aimé le trait du dessin avec une belle mise en couleurs. Les planches sont magnifiques et les combats sont réellement bien retranscrits. Il y a également tout le charme qui se dégage de notre héros à travers sa liaison avec la belle Olga.
Zigeuner signifie tzigane en allemand. Ils ont été massacrés comme les juifs dans les camps de concentration. Juste en raison de la race. On attend par conséquent le second acte avec impatience. On sait que tout cela va mal finir comme une tragédie grecque. En tout cas, c'est un bel hommage qui est rendu à un homme très courageux qui porte ses racines sans se renier.
Voilà une bd québécoise bien surprenante à plus d'un titre. C'est un véritable récit fantastique comme je les aime. On va se faire mener en bateau par une belle sirène vivant dans un lac dans une partie froide et isolée du Québec au début du XXème siècle.
La fin de ce premier tome donne envie d'en savoir un peu plus sur la fameuse porte que garde la bête du lac. Il y a beaucoup d'originalité dans la mise en scène. Et pourtant, cela ne sautait pas tout de suite aux yeux. J'avoue avoir été bluffé. Voilà un conte qui mérite toute notre attention avec des dessins et des dialogues de qualité. Cela emprunte à la fois aux légendes celtiques et à celles des amérindiens.
On espère voir la suite car ce tome ne possède pas de numérotation. Et surtout, on espère que la suite sera du même niveau sinon plus... Il apparaît que la série a changé de nom suite à des ventes décevantes et que le vocabulaire a été adapté au public français avec des expressions moins québecoises.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Batman - The Dark Knight returns
Voilà une oeuvre faisant partie des classiques du chevalier noir. Et Frank Miller nous dépeint un héros fatigué et au bout de son combat. Quel plaisir de lire cette oeuvre et de découvrir ce que pourrait devenir un héros après des années et des années de combat puis d'inactivité. La criminalité gangrène toujours Gotham et la police reste impuissante. Un nouveau gang fait la loi. Quel plaisir aussi de voir ce Joker amorphe reprendre vie en découvrant le retour du Batman. Et quelle fin bien amenée et construite par Miller. La présence de Superman et d'un autre personnage de l'univers DC font plaisir aussi surtout quand on voit le rôle de l'homme d'acier. Le dessin ne m'a pas rebuté contrairement à certains je l'ai apprécié et le dynamisme de certains plans est magnifique. Les couleurs nécessittent une petite adaptation mais là encore j'ai aimé le style propre donné à l'ensemble. Mais j'avoue que c'est le dessin et les couleurs qui me font mettre 4 au lieu de 5. L'édition d'urban est encore une fois magnifique que ce soit pour les bonus ou pour la présence de l'animé à un prix raisonnable. Génial, à découvrir d'urgence
La Chenue
La lecture de ce récit sur les secrets de famille dans la campagne profonde a été fort divertissante avec un dessin que j’ai fort apprécié. L’originalité vient du fait que cela va se jouer sur deux plans : la génération passée et la génération future dans un même présent. Les flash-back ne seront pas très nombreux. J’avoue avoir quand même eu du mal à comprendre tous les rouages de cette histoire, là où Giraud réussit parfaitement dans la collection Secrets chez Dupuis. Comme dit, il y a tous les ingrédients d’un bon polar à commencer par des lettres anonymes qui menacent la jeune génération. On se rendra compte que c’est plutôt les vieux qui nous pourrissent encore la vie. Dans un village clos, cela ne pardonne pas. Les terres agricoles ont souvent donné lieu à des passions dévastatrices. On n’échappera pas à la règle une fois encore. Rancœur, quand tu nous tiens… Au final, on quitte ce roman avec un léger pincement au cœur car on aurait aimé que cela se termine autrement. Cependant, jusqu’à preuve du contraire, c’est toujours l’auteur qui est aux commandes. En l’occurrence, il s’agit d’une veille nouvelle que Didier Convart avait laissée dans sa cave et que Jean-Blaise Djian va adapter. J’aime de toute façon les histoires qui cachent de terribles secrets de famille entre les silences profonds et malsains et les sous-entendus mystérieux. Le cadre est certes bucolique pour des vacances estivales mais cela fleure bon le purin. Bref, une saga campagnarde d’une violence morale à toute épreuve.
Georges et Louis
On est ici dans l’ambiance déconne chère aux publications de Fluide Glacial. Mais Goossens développe quand même une approche particulière de cet univers. Les élucubrations de Louis, à peine tempérées par son compère, sont totalement délirantes, fumeuses, mais avancées avec un tel aplomb, la réalité est tellement distordue, qu’on en arrive presque à en oublier de réfléchir ! En tout cas, pour ce qui est de rigoler, on ne risque pas d’oublier, et pas besoin de beaucoup réfléchir avant de le faire. Et, comme souvent chez Goossens, je trouve le dessin vraiment bon, au service de l’inspiration improbable de Louis. Inégal, mais globalement très poilant !
On dirait le sud
Tome 1 Très bonne petite surprise de l'année. Un dessin et une colorisation surprenants mais une intrigue finement amenée. L'ambiance des années 70 est parfaitement retranscrite. D'ailleurs, rien n'y manque : des chansons de Joe Dassin, au méga-tube "porque te vas", jusqu'aux voitures (ne serait-ce pas des photos? voir la page 31 de sortie d'usine) ou encore les vêtements (le mythique T-shirt de l'AS St Etienne -allez les Verts !!- est même en couverture). J'avais 7 ans en 1976, et je me reconnais dans l'atmosphère décrite. Sur fond de crise sociale et de drame humain, Cédric Rassat, à qui l'on doit déjà La Frontière et William Panama, nous offre un univers quasi familier avec des situations cocasses (le quasi running gag du capitaine de gendarmerie). Un premier opus de présentation très riche et qui, dans ses dernières pages, laisse augurer un développement plus dramatique. Bref un album intéressant à plus d'un titre et qui mérite vraiment d'être découvert surtout pour les dessins. Longtemps, je suis passé à côté de cet album et il a fallu la pugnacité de mon libraire pour me décider, tout d'abord à l'acheter (mais je suis faible) mais surtout à le lire. Sans aucune publicité aucune (je n'ai lu encore aucun article dans la presse spécialisée), je crois savoir que cet opus commence à trouver son public. Et c'est bon signe pour son dessinateur, Raphaël Gauthey qui, par son style (faut-il parler de dessin, tant l'on s'approche de la photo), illumine cette histoire, somme toute assez sombre. Un régal pour les yeux, un scénario plus qu'intéressant, bref une bd originale dans un paysage éditorial assez morne, en ce semestre, à mes yeux. Tome 2 Après 3 ans d'attente, je découvre enfin la seconde et dernière partie de cette aventure. J'avoue que le dessin y est toujours aussi excellent voire remarquable. La couverture de cet album reprend en outre les mêmes personnages que ceux figurant sur le premier volume, mais dans des postures fort différentes. J'ai retrouvé dans cette seconde partie, toute l'atmosphère des années 70: la canicule de 76, le célébre "pull over over rouge", les années Giscard, les syndicats, le débat sur la peine de mort, la conduite sans ceinture de sécurité. J'avoue tout de même avoir été assez déboussolé par cette fin ouverte. Mais ce dipthyque vaut surtout, je le rappelle, par le formidable dessin, lumineux, explicite, et surtout très réaliste de cette ambaince des années 70 (regardez les pages 58 à 60 qui sont formablement ancrées dans cette époque) Je pense que cet album devrait recueillir les suffrages des lecteurs nés dans les années 70
Daytripper (au jour le jour)
Voilà une œuvre qui vous déroute puis qui vous touche au cœur. Le trait est agréable, avec des coloris bien variés et bien en phase avec les chapitres. Les ambiances sont parfaitement servies à la fois par ce coup de crayon et par la palette de teintes choisies. Rien de transcendant au niveau du découpage, c'est du classique, mais la lecture est fluide et vraiment agréable. C'est un dessin que j'ai eu plaisir à parcourir. Le récit lui est vraiment surprenant, décalé. Mais je l'ai trouvé terriblement efficace quant au discours porté en filigrane. Parler de la vie au travers de récits tragiques de morts, c'est vraiment habile et particulièrement émouvant. Au départ j'ai cru qu'on retraçait la vie du héros. Puis on comprend ensuite ce qui se passe. Je ne décris pas trop, la surprise fait partie du plaisir de cette lecture je trouve même si j'en ai déjà peut-être trop dit. En tout cas, j'ai eu énormément d'empathie pour Bras, le personnage principal, mais cette empathie a grandi au fur et à mesure des chapitres, c'est la toute la force de l'histoire. Toutes ces fins, toutes ces époques visitées. Une mention spéciale pour un chapitre où l'on ne voit jamais Bras, et où pourtant l'émotion est justement la plus forte. J'ai trouvé ce chapitre vraiment poignant. Bref, l'émotion était vraiment présente dans ma lecture au travers de toutes ses vies évoquées. Personnellement, j'en suis sorti en ne sachant pas trop où était la réalité, où était le rêve, où s'arrêtait le récit dans le récit. J'imagine que plusieurs interprétations sont possibles. Mais je sais déjà que je vais me replonger dedans pour voir si j'en ai une autre lecture. J'ai bien envie de voir ce que ses auteurs, deux frères jumeaux, ont réalisé par ailleurs. Et en conclusion, voilà un livre emprunté à la bibliothèque que je me vois tout à fait acheter rapidement pour la qualité globale de cette BD vraiment belle...
Haggarth
Les éditions Casterman ont eu l'excellente idée de rééditer dans une intégrale deux histoires parues dans le journal (À Suivre) dans les années 70. Cette intégrale comprend également une troisième histoire inédite en France, ainsi que les 25 premières planche d'un quatrième récit, hélas inachevé. L'occasion nous est ainsi donnée de redécouvrir un auteur réaliste Espagnol, Victor De la Fuente, trop méconnu du grand public, dont le dessin réaliste et la virtuosité graphique reste remarquable. De la Fuente fait notamment partie de cette école Italienne et Hispanique qui excelle dans le dessin en noir et blanc. Chaque planche comprend au maximum 5 à 6 cases, ce qui permet d'apprécier à, sa juste valeur le trait du dessinateur. Le tout est mis au service d'une série d'héroic-fantasy de très belle facture qui ravira les amateurs du genre. Malheureusement, celle ci ne connaitra pas une grande postérité et le quatrième tome ne sera pas achevé. Une série à découvrir ou à redécouvrir
Thorgal
Cela fait largement plus de vingt ans que je suis cette série, et ce n’est que relativement récemment que j’ai ressenti un certain épuisement du filon d’où sont sorties pas mal de pépites. Alors bon, c’est sûr, plusieurs albums ne sont pas au niveau de l’ensemble. C’est le cas du premier, qui a pris un coup de vieux dans tous les domaines et certains des derniers, comme la queue de la comète qui s’estompe… Quelques lourdeurs parfois, quelques redites, mais Van Hamme a ici moins qu’ailleurs tiré sur la corde du succès. Et j’ai pris tellement de plaisir à lire et relire cette saga qu’avec une relative mauvaise foi j’en aurais presque "oublié" les faiblesses dans ma notation, qui a failli aller jusqu’aux 5 étoiles. Car beaucoup d’albums, voire de cycles entiers (Qâ par exemple) sont vraiment prenants et supportent aisément la relecture. Le mélange des genres (saga nordique, SF, médiéval), s’il n’est pas nouveau, est ici réussi et ne fait quasiment jamais gadget. L’idée de développer la petite famille et les aventures qui les impliquent est bonne – même si les spins offs récents risquent de lasser en jouant à fond la carte commerciale. A voir donc… Le personnage de Thorgal est un héros quasi parfait, justicier à son corps défendant, et incarnation de l’homme, du mari et du père idéal. Sa force est peut-être la seule faiblesse de l’histoire ? Quelques fêlures quand même, Thorgal est moins lisse que Tintin. Et surtout il y a des trouvailles scénaristiques qui le mettent en danger, l’amènent aux frontières du mal. Le mal, justement. Hitchcock disait je crois à propos des bons films qu’un bon méchant faisait la réussite d’une histoire. Avec Kriss de Valnor on en a la confirmation. Une jolie confirmation qui plus est… Et qui dynamise souvent le récit en laissant ses scrupules de côté. Même si dans ses dernières apparitions elle était devenue moins monolithique (ce que la série Les Mondes de Thorgal - Kriss de Valnor confirme). Enfin, mais il aurait presque fallu commencer par ça, le dessin de Rosinski est vraiment excellent ! Et pas seulement du point de vue « technique ». C’est vraiment beau et il a très rapidement trouvé le trait juste dans la série. Ultime qualité, et pas des moindres ! Thorgal est accessible pour de jeunes lecteurs comme pour les adultes, j’en ai fait l’expérience avec ma fille. L’enfant des étoiles en mériterait presque 5 !
Nietzsche
Cette très belle biographie montre, s’il fallait encore une preuve, que la BD peut s’accommoder parfaitement avec le monde de l’écrit, constituant en outre une invitation à se plonger dans l’œuvre du philosophe allemand (c’est le cas pour moi qui n’ait jamais rien lu de lui). Maximilien Le Roy parvient à restituer une belle atmosphère sombre et mélancolique en recourant à une palette désaturée. Le dessin est souvent proche du croquis, ce qui colle bien à la personnalité fiévreuse et tourmentée d’un homme épris de vérité. On pourra peut-être reprocher aux personnages ce côté un peu figé, même s’il est clair qu’on est plus dans la réflexion que l’action… Que l’on se reconnaisse ou non dans la pensée nietzschéenne, on ne pourra être que fasciné par le personnage, et le travail subtil de mise en page et en couleurs confère une part de mystère au récit. Dépeint comme un être passionné en quête de liberté, mais aussi constamment inquiet, sujet à des crises d’angoisse, on ressent de l’empathie pour ce philosophe de génie qui devait se sentir bien seul dans son rôle de défricheur dans une Europe sous l’influence écrasante du christianisme (« cette maladie qui nous invite au suicide lent »). A l’époque, ses écrits provoquaient l’effroi ou au mieux n’intéressaient personne, alors qu’ils ne visaient qu’à libérer l’Homme de son carcan moral. Se sentant incompris, il a alors très vite sombré dans la folie, s’enfermant dans un mutisme tragique. A sa façon, le dessinateur a parfaitement su rendre hommage au philosophe en distillant de la douceur et de la poésie, ce qui donne tout son équilibre à un récit qui sinon aurait pu être submergé par le désespoir et la tristesse. C’est quand j’ai affaire à de la bande dessinée comme celle-là que mon attachement au genre s’en trouve renforcé… seule la BD a cette double capacité d’apporter une dimension à la fois artistique et ludique aux sujets les plus austères voire rebutants. En tout cas, celle-ci est une très bonne entrée en matière pour découvrir ce philosophe qui révolutionna la pensée occidentale du XIXème siècle et donna ses lettres de noblesse à l’athéisme. J’en sais désormais un peu plus sur Nietzsche que son célèbre « Dieu est mort » et son épaisse moustache derrière laquelle il paraissait se protéger et qui semblait en même temps l’avoir réduit au silence. Ce silence et la folie qui peut-être étaient le prix à payer pour qu’enfin sa pensée commence à se diffuser…
Zigeuner
Cette bd est une vraie réussite qui mérite la plus grande attention de la part des lecteurs. On va suivre l'ascension d'un jeune boxeur d'origine tzigane qui va devenir un vrai champion mais on va lui enlever très rapidement son titre. En effet, le pays où il vit est l'Allemagne qui devient nazie en 1933 lorsque Hitler accède à la chancellerie. Que de destins ont été tragiquement mis à mal par le racisme d'une idéologie malsaine et criminelle ! Un champion non d'origine aryenne n'était pas acceptable pour eux. Et s'il faut tricher pour y arriver, cela sera fait sans scrupule... Je ne connaissais pas cette histoire qui mêle le sport à la politique. C'est une bonne idée que de l'avoir adaptée en bande dessinée afin d'illustrer le fait que les nazis se sont emparés de tous les aspects de la vie pour changer leur société. Bref, le sport n'a pas échappé à cette violence aveugle. Par ailleurs, j'ai bien aimé le trait du dessin avec une belle mise en couleurs. Les planches sont magnifiques et les combats sont réellement bien retranscrits. Il y a également tout le charme qui se dégage de notre héros à travers sa liaison avec la belle Olga. Zigeuner signifie tzigane en allemand. Ils ont été massacrés comme les juifs dans les camps de concentration. Juste en raison de la race. On attend par conséquent le second acte avec impatience. On sait que tout cela va mal finir comme une tragédie grecque. En tout cas, c'est un bel hommage qui est rendu à un homme très courageux qui porte ses racines sans se renier.
Le Mangeur d'âmes (La Bête du lac)
Voilà une bd québécoise bien surprenante à plus d'un titre. C'est un véritable récit fantastique comme je les aime. On va se faire mener en bateau par une belle sirène vivant dans un lac dans une partie froide et isolée du Québec au début du XXème siècle. La fin de ce premier tome donne envie d'en savoir un peu plus sur la fameuse porte que garde la bête du lac. Il y a beaucoup d'originalité dans la mise en scène. Et pourtant, cela ne sautait pas tout de suite aux yeux. J'avoue avoir été bluffé. Voilà un conte qui mérite toute notre attention avec des dessins et des dialogues de qualité. Cela emprunte à la fois aux légendes celtiques et à celles des amérindiens. On espère voir la suite car ce tome ne possède pas de numérotation. Et surtout, on espère que la suite sera du même niveau sinon plus... Il apparaît que la série a changé de nom suite à des ventes décevantes et que le vocabulaire a été adapté au public français avec des expressions moins québecoises.