Lorsqu'on évoque la Première Guerre Mondiale, on se souvient de cette sale guerre qui a duré 4 ans. On se souvient des tranchées et du nombre impressionnant de pertes en vies humaines. Cependant, il y a eu également les blessés et les mutilés. Le thème traité par cette bd est celui des gueules cassées. En effet, il y a eu 500.000 cas de mutilations et de visages ravagés. Notre héros qui fut jadis un bel homme revient dans son village natal des Pyrénées quelques mois après l'Armistice. Il va avoir du mal à s'intégrer ne serait-ce que dans sa propre famille. On va ressentir toute la rage qu'il contient. Il a perdu tous ses amis dans ce conflit.
Ce premier tome est particulièrement réussi. Cependant, la fin arrive trop vite. Cela semble se terminer sur un coup d'éclat mais on devine qu'il y a autre chose qui se cache. Cette chronique intime est doublée d'une enquête policière sur un tueur d'animaux. On se demande comment les deux histoires vont se rejoindre et quel est le lien avec notre poilu. C'est en tout cas traité avec subtilité, pudeur et intelligence. Comme quoi chez l'éditeur Bambou, il peut y avoir de bonnes surprises...
La seconde partie qui clos ce diptyque nous apporte une révélation de taille qu'on n'avait pas vu venir. L'ambiance sera tout aussi tendu. L'enquête policière avance et son dénouement tiendra ses promesses. J'ai bien aimé cette bd pour son thème de la crise d'identité avec pour décors les belles montagnes et vallées des Pyrénées. Il est clair que les horreurs de la guerre change radicalement la perception d'un homme. C'est une oeuvre qui semble bien ancré dans le réel pour faire passer une certaine émotion. Bref, une réussite du genre.
Excellent, ce premier tome de Hell School !! Je n’ai qu’une seule envie : connaitre la suite.
Pourtant, à voir la couverture, je ne m’attendais à rien de particulier. Je craignais même de tomber sur une histoire déjà mille fois lue, avec des démons voire des vampires tellement à la mode actuellement. Mais je me fourrais bien profondément le doigt dans l’œil (ouille !) Je n’avais pas tenu compte du nom des auteurs… déjà responsables du très bon « Les Démons d'Alexia », et j’avais tort.
Nous nous retrouvons ici au cœur d’une école chic et select isolée du monde. Rien de vraiment particulier en apparence sinon que, comme dans bien des écoles, un bizutage attend les nouveaux arrivants. Et c’est là que tout s’enflamme car, vous vous en doutez, quelques fortes têtes vont s’opposer à cette tradition… et c’est très mal vu.
Le thème central est donc le rapport à l’autorité des adolescents. Et qu’ils s’y opposent ou qu’ils s’y plient, ces jeunes sont soumis à forte pression. Ajoutez un mystère omniprésent, de nombreux rôles importants (outre nos trois rebelles, un directeur complice, un président de bizutage bouffé par la pression, une élève étrange, un prof de math charmeur, et j’en passe), un récit en constante progression et vous obtenez ce très accrocheur premier tome.
J’ai aimé :
- l’originalité du scénario ;
- le crescendo avec lequel l’angoisse est amenée ;
- le fait que de multiples zones d’ombre viennent titiller la curiosité du lecteur ;
- un excellent dessin dans la plus pure tradition du franco-belge (dans la même lignée qu’un Gazzotti, par exemple) ;
- la complémentarité du trio vedette, dont chacun conserve une part de mystère ;
- la richesse de ce premier tome, qui ne se contente pas de nous introduire le concept ;
- le fait que la série nous soit annoncée d’emblée en trois tomes.
Voici donc une série que je rapprocherais tant au niveau de la qualité d’ensemble, du public visé que de l’ambiance étrange créée de « Seuls ». Et, cerise sur le gâteau, ce n’en est pas un clone !!! Franchement, ce serait dommage de passer à côté.
Après lecture du deuxième tome, ma bonne impression se confirme et j'attends déjà avec impatience le troisième et dernier volet de ce thriller en milieu estudiantin.
J'ai relu mon avis à la fin du premier tome et je ne vois rien à y changer. C'est du tout bon dans ce genre grand public ! De plus, en ciblant une partie de la thématique sur les baptêmes estudiantins, les auteurs ont on ne peut plus tapé dans le mille, puisque le sujet est au cœur de l'actualité (le recteur de l'ULG vient en effet de suspendre les activités de baptême suite à un accident ayant entrainé un oedème cérébral chez une étudiante de médecine vétérinaire).
Moderne et efficace. Prenant dans son intrigue. Truffé de personnages aux profils psychologiques intéressants. A ne pas rater ! Vraiment !
Ce n'est que moi...
C'est le titre du premier chapitre de ce formidable album et il résume parfaitement son personnage principal, cette gentille vieille maman, modeste et présente, humble héroïne oubliée. Une héroïne qui s'ignore tant son fils occupe ses pensées, tant il squatte son quotidien.
Cet album, c'est avant tout un souffle de vie, simple avec ses bons et ses mauvais côtés mais surtout beaucoup de respect et d'humanité. Pourtant, jamais on ne bascule dans le mélodrame fleur bleue. Le récit est magistralement maîtrisé et ces courtes tranches de vie, ces petits passages tout en retenue, tout en pudique simplicité sont d'une justesse émouvante.
Et puis quel positivisme ! Quelle leçon de vie !
Le risque de se planter était pourtant grand, lorsqu'on ose aborder des sujets aussi délicats que la sexualité chez la personne handicapée mentale ou le refus (légitime) d'un frère ou d'une sœur de s'occuper d'une personne handicapée après la disparition des parents. Zidrou ne contourne pas l'obstacle. Il le traite avec une justesse désarmante, rendant simplement humains ces sujets pourtant encore fort tabous.
Et le dessin de Roger ne fait que renforcer notre immersion dans ce quotidien. Michel, cagoule bien accrochée sur sa tête, pourrait paraître ridicule. Il ne l'est aucunement car ses proches l'acceptent ainsi. Catherine, petite vieille croquée par l'artiste dans un style très caricatural, n'est pas une caricature. C'est Catherine ! Un personnage que je ne suis pas prêt d'oublier. Les émotions passent mais tout est exposé avec retenue et respect.
Les regards que s'échangent ces personnages changent notre propre regard. C'est en cela que nous avons entre nos mains un très grand album.
Simple, juste, humaine, positive, touchante, une œuvre à ne pas manquer !
Difficile d'adapter Dostoïevski en bande dessinée. En effet, comment retranscrire l'analyse approfondie qu'a fait le grand écrivain russe de la psychologie humaine et des tourments de l'âme russe? Toute adaptation littérale aurait été vouée à l'échec. Plutôt que de s'attarder sur la psychologie du joueur de casino, les auteurs se sont attachés à nous dépeindre une triste galerie de personnages, ruinés ou en manque d'argent, largement endettés et calculateurs qui, tous, effectuent des courbettes devant ceux qui pourront les renflouer ou contribuer au rétablissement de leurs finances. Regardez donc ces femmes qui s'offrent à des vieillards libidineux mais fortunés, repoussant par là même les avances d'Alexei Ivanovitch, un héros séduisant mais sans le sous. Regardez vous ce neveu qui attend la décès de sa grand mère afin d'hériter de sa fortune et se décompose lorsqu'il s'aperçoit qu'elle n'est pas encore passée de vie à trépas, et que mieux elle joue sa fortune au Casino.
Ce récit est celui de l'avilissement des hommes et des femmes devant l'argent, une constante du genre humain, un comportement intemporel.
Les auteurs nous brossent le portrait de personnages peu reluisants, dont l'humeur varie en fonction de cet argent qui vous tend les bras ou au contraire qui s'éloigne de vous.
Le dessin de Godart, à mi chemin entre le réalisme et la caricature a le mérite de faire ressortir cette noirceur de l'âme humaine, et la folie qui s'empare des hommes, que les mots seuls de Dostoïevski pouvaient retranscrire.
Les couleurs sont également superbes.
Une belle adaptation de ce classique de la littérature russe, qui mérite incontestablement d'être lue.
Comme herve , le premier posteur de cet agréable one shot, j'ai préféré attendre la sortie du tirage limité dans la collection Les Toilés de Canal BD pour me lancer dans cette aventure.
Je ne regrette absolument pas ce choix car l'objet est splendide. La couverture est à mon goût plus accrocheuse que celle de la version classique et que dire de ce magnifique ex-libris. Bref j'adore cette collection qui nous permet d'avoir des tirages limités pour un prix plus que correct.
Bon maintenant venons-en aux faits, penchons nous sur ce one-shot traitant d'une partie de la vie du célèbre Victor Hugo. Le récit s'attarde sur la période de l'exil de Victor Hugo et sur la recherche de la vérité sur la mort de sa fille dix ans plus tôt.
Les auteurs nous livrent une enquête menée par le célèbre poète écrivain lui-même. Ils mêlent réalité historique et fiction avec brio. On peut même trouver un peu de fantastique dans ce récit d'aventure qui nous permet de croiser des personnages célèbres des romans de Victor Hugo et d'autres qui ont inspiré l'auteur . Je pense bien sûr à Vidocq qui deviendra l'inspecteur Javert dans Les Misérables.
L'histoire est bien trouvée et très prenante. Elle nous replonge dans le Paris du Second Empire d'une manière quasi-parfaite . Esther Gil s'est énormément documenté pour nous livrer cette œuvre qui réussit à nous faire remonter le temps grâce aux nombreux détails historiques y figurant.
Le dessin de Laurent Paturaud est très agréable et parfaitement en accord avec ce récit riche en rebondissements . Les planches nous faisant découvrir le Paris de cette époque sont époustouflantes.
Je n'en dirai donc pas plus, en espérant que mon avis réussira à vous convaincre d'investir dans ce très bel objet. Avec une préférence pour le tirage Canal BD comme je l'ai déjà signalé.
Voilà longtemps que je ne m'étais pas fait surprendre dans de si bons termes par une BD jeunesse !
"Karma", c'est avant tout une imagination débridée et un univers miroir qui permet aux auteurs de donner libre cours à leur imagination pour notre plus grand plaisir !
Car ici, ce sont plutôt les monstres "les gentils" et les anges "les méchants". Karma, notre petit héros aux allures de diablotin, se réfugie dans le monde du dessus dans le cirque Zombini (chez les humains) car sa famille a été décimée par les anges...
Mais il continue au fil des albums à naviguer entre les deux mondes, et Outrelieu révèle un bestiaire que j'ai particulièrement apprécié. entre délires graphiques et jeux de mots pour les nommer Jean-Louis Janssen au scénario et Borrini au dessin s'en donnent à cœur joie ! Ça fuse et c'est rythmé !
Et le dessin de Borrini très coloré et expressif donne corps à tout ça de la plus belle des façons.
Un très agréable moment de lecture qui plaira certainement tout autant aux plus jeunes qu'aux adultes curieux.
Comme dans L'exilé du Kalevala, du même auteur, on retrouve ici des personnages enclins au doute à un tournant de leur existence. Le dessin de Ville Ranta, en s'éclaircissant, a restreint sa part de suggestion, mais cela devrait sans doute lui permettre de trouver un plus large public.
Les dialogues sont très soignés, très denses malgré leur apparente futilité, les personnages sont réalistes et subtils. Leurs réactions parfois déroutantes paraissent cependant découler naturellement de leur être profond.
Les lecteurs qui avaient apprécié L'exilé du Kalevala seront heureux de retrouver ici quelques personnages, au premier rang desquels le poète Elias Lönnrot.
Et je continue sur ma lancée Carabas et ses p'tit chats anguleux !
Ici c'est Dawid qui reprends le personnage qu'il avait illustré avec Mickaël Roux.
On se retrouve à suivre ce petit jardinier coiffé comme Sangoku qui se retrouve confronté à un drôle d'animal qui en plus d'absorber les couleurs de tout ce qu'il touche, les fait également dépérir...
Petite fable écologique sans texte, Le Mange-Couleur fait passer son message en douceur et ravira nos têtes blondes.
Et puis, le travail couleur/noir et blanc est intéressant, le découpage dynamique et le dessin simple mais franc de Dawid donne à l'ensemble une très bonne tenue !
Avis sur Valentine :
Encore un très bon album dans cette collection "Les petits chats carrés" que j'affectionne particulièrement.
Amandine et Tomatias nous narrent ici, toujours sans paroles (marque de fabrique de la collection oblige !) une idylle de cour de récré. Mais loin de tombé dans le gnangnan d'une courte BD jeunesse, c'est tout simplement frais, gai et réussi.
Narration et dessin sont très réussis, tout en simplicité pour donner à cette histoire une compréhension immédiate : du tout bon qu'apprécieront autant les plus jeunes que les adultes !
Avis sur Ils vécurent heureux... :
TAdaaamm ! Quand on aime on ne compte pas ! Et encore du Carabas, et de nouveau avec Amandine et Tomatias qui cette fois-ci, après Valentine et son amourette, s'attaquent au couple Prince & Princesse...
On retrouve un graphisme coloré, tout en rondeur qui sied parfaitement à leurs petites histoires, et les bulles illustrées sont plus qu'expressives ! Et oui, un Prince et une Princesse, passé la rencontre forcément due à une histoire d'enlèvement, de lutte et de dragon, ça retombe vite dans la routine et ça n'aspire pas forcément aux même choses... C'est drôle et bien amené. Y'a juste le passage où la Princesse s'est endormie et où elle rêve (?) qui ne me parait pas très clair.
Encore un bon petit album pour découvrir la BD quand on ne sait pas encore lire les mots...
Avec cette quête mystique et insolite qui se veut une version tragique et pessimiste du mythe chrétien, les créateurs de Thorgal s'échappent un temps de leur série fétiche mais restent dans un univers fantastique assez proche, et inventent un personnage singulier, J'on le Chninkel, une sorte de gnome chétif aux yeux globuleux, qui ne paie pas de mine et qui ressemble à un farfadet des campagnes bretonnes. Il va pourtant devenir un héros au tragique destin.
Cette fable épique d'heroic fantasy aux personnages étonnants et aux qualités inventives permet à Rosinski de dessiner un univers presque aussi étrange que celui de Thorgal, bourré de trouvailles, et à Van Hamme de brosser l'un de ses récits les plus ambitieux. Egalement conte philosophique à la vision sombre, où pointe l'humour, c'est de la fantasy qui interpelle le lecteur sur les fondements de la race humaine, et où Van Hamme puise de nombreuses références dans la Bible ou chez Tolkien.
C'est aussi ce récit qui a conditionné et inspiré beaucoup d'autres séries qui suivront, et ça tient encore la route depuis 1986, année où je l'avais découvert timidement dans le magazine A Suivre, et où j'avais hésité avant de le lire. N'ayant pas vu l'édition couleurs, je recommande toutefois la version noir et blanc qui est sans doute mieux adaptée à ce type de récit et qui fait ressortir la prouesse graphique de Rosinski.
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Lorsqu'on évoque la Première Guerre Mondiale, on se souvient de cette sale guerre qui a duré 4 ans. On se souvient des tranchées et du nombre impressionnant de pertes en vies humaines. Cependant, il y a eu également les blessés et les mutilés. Le thème traité par cette bd est celui des gueules cassées. En effet, il y a eu 500.000 cas de mutilations et de visages ravagés. Notre héros qui fut jadis un bel homme revient dans son village natal des Pyrénées quelques mois après l'Armistice. Il va avoir du mal à s'intégrer ne serait-ce que dans sa propre famille. On va ressentir toute la rage qu'il contient. Il a perdu tous ses amis dans ce conflit. Ce premier tome est particulièrement réussi. Cependant, la fin arrive trop vite. Cela semble se terminer sur un coup d'éclat mais on devine qu'il y a autre chose qui se cache. Cette chronique intime est doublée d'une enquête policière sur un tueur d'animaux. On se demande comment les deux histoires vont se rejoindre et quel est le lien avec notre poilu. C'est en tout cas traité avec subtilité, pudeur et intelligence. Comme quoi chez l'éditeur Bambou, il peut y avoir de bonnes surprises... La seconde partie qui clos ce diptyque nous apporte une révélation de taille qu'on n'avait pas vu venir. L'ambiance sera tout aussi tendu. L'enquête policière avance et son dénouement tiendra ses promesses. J'ai bien aimé cette bd pour son thème de la crise d'identité avec pour décors les belles montagnes et vallées des Pyrénées. Il est clair que les horreurs de la guerre change radicalement la perception d'un homme. C'est une oeuvre qui semble bien ancré dans le réel pour faire passer une certaine émotion. Bref, une réussite du genre.
Hell School
Excellent, ce premier tome de Hell School !! Je n’ai qu’une seule envie : connaitre la suite. Pourtant, à voir la couverture, je ne m’attendais à rien de particulier. Je craignais même de tomber sur une histoire déjà mille fois lue, avec des démons voire des vampires tellement à la mode actuellement. Mais je me fourrais bien profondément le doigt dans l’œil (ouille !) Je n’avais pas tenu compte du nom des auteurs… déjà responsables du très bon « Les Démons d'Alexia », et j’avais tort. Nous nous retrouvons ici au cœur d’une école chic et select isolée du monde. Rien de vraiment particulier en apparence sinon que, comme dans bien des écoles, un bizutage attend les nouveaux arrivants. Et c’est là que tout s’enflamme car, vous vous en doutez, quelques fortes têtes vont s’opposer à cette tradition… et c’est très mal vu. Le thème central est donc le rapport à l’autorité des adolescents. Et qu’ils s’y opposent ou qu’ils s’y plient, ces jeunes sont soumis à forte pression. Ajoutez un mystère omniprésent, de nombreux rôles importants (outre nos trois rebelles, un directeur complice, un président de bizutage bouffé par la pression, une élève étrange, un prof de math charmeur, et j’en passe), un récit en constante progression et vous obtenez ce très accrocheur premier tome. J’ai aimé : - l’originalité du scénario ; - le crescendo avec lequel l’angoisse est amenée ; - le fait que de multiples zones d’ombre viennent titiller la curiosité du lecteur ; - un excellent dessin dans la plus pure tradition du franco-belge (dans la même lignée qu’un Gazzotti, par exemple) ; - la complémentarité du trio vedette, dont chacun conserve une part de mystère ; - la richesse de ce premier tome, qui ne se contente pas de nous introduire le concept ; - le fait que la série nous soit annoncée d’emblée en trois tomes. Voici donc une série que je rapprocherais tant au niveau de la qualité d’ensemble, du public visé que de l’ambiance étrange créée de « Seuls ». Et, cerise sur le gâteau, ce n’en est pas un clone !!! Franchement, ce serait dommage de passer à côté.
Après lecture du deuxième tome, ma bonne impression se confirme et j'attends déjà avec impatience le troisième et dernier volet de ce thriller en milieu estudiantin. J'ai relu mon avis à la fin du premier tome et je ne vois rien à y changer. C'est du tout bon dans ce genre grand public ! De plus, en ciblant une partie de la thématique sur les baptêmes estudiantins, les auteurs ont on ne peut plus tapé dans le mille, puisque le sujet est au cœur de l'actualité (le recteur de l'ULG vient en effet de suspendre les activités de baptême suite à un accident ayant entrainé un oedème cérébral chez une étudiante de médecine vétérinaire). Moderne et efficace. Prenant dans son intrigue. Truffé de personnages aux profils psychologiques intéressants. A ne pas rater ! Vraiment !
Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?
Ce n'est que moi... C'est le titre du premier chapitre de ce formidable album et il résume parfaitement son personnage principal, cette gentille vieille maman, modeste et présente, humble héroïne oubliée. Une héroïne qui s'ignore tant son fils occupe ses pensées, tant il squatte son quotidien. Cet album, c'est avant tout un souffle de vie, simple avec ses bons et ses mauvais côtés mais surtout beaucoup de respect et d'humanité. Pourtant, jamais on ne bascule dans le mélodrame fleur bleue. Le récit est magistralement maîtrisé et ces courtes tranches de vie, ces petits passages tout en retenue, tout en pudique simplicité sont d'une justesse émouvante. Et puis quel positivisme ! Quelle leçon de vie ! Le risque de se planter était pourtant grand, lorsqu'on ose aborder des sujets aussi délicats que la sexualité chez la personne handicapée mentale ou le refus (légitime) d'un frère ou d'une sœur de s'occuper d'une personne handicapée après la disparition des parents. Zidrou ne contourne pas l'obstacle. Il le traite avec une justesse désarmante, rendant simplement humains ces sujets pourtant encore fort tabous. Et le dessin de Roger ne fait que renforcer notre immersion dans ce quotidien. Michel, cagoule bien accrochée sur sa tête, pourrait paraître ridicule. Il ne l'est aucunement car ses proches l'acceptent ainsi. Catherine, petite vieille croquée par l'artiste dans un style très caricatural, n'est pas une caricature. C'est Catherine ! Un personnage que je ne suis pas prêt d'oublier. Les émotions passent mais tout est exposé avec retenue et respect. Les regards que s'échangent ces personnages changent notre propre regard. C'est en cela que nous avons entre nos mains un très grand album. Simple, juste, humaine, positive, touchante, une œuvre à ne pas manquer !
Le Joueur
Difficile d'adapter Dostoïevski en bande dessinée. En effet, comment retranscrire l'analyse approfondie qu'a fait le grand écrivain russe de la psychologie humaine et des tourments de l'âme russe? Toute adaptation littérale aurait été vouée à l'échec. Plutôt que de s'attarder sur la psychologie du joueur de casino, les auteurs se sont attachés à nous dépeindre une triste galerie de personnages, ruinés ou en manque d'argent, largement endettés et calculateurs qui, tous, effectuent des courbettes devant ceux qui pourront les renflouer ou contribuer au rétablissement de leurs finances. Regardez donc ces femmes qui s'offrent à des vieillards libidineux mais fortunés, repoussant par là même les avances d'Alexei Ivanovitch, un héros séduisant mais sans le sous. Regardez vous ce neveu qui attend la décès de sa grand mère afin d'hériter de sa fortune et se décompose lorsqu'il s'aperçoit qu'elle n'est pas encore passée de vie à trépas, et que mieux elle joue sa fortune au Casino. Ce récit est celui de l'avilissement des hommes et des femmes devant l'argent, une constante du genre humain, un comportement intemporel. Les auteurs nous brossent le portrait de personnages peu reluisants, dont l'humeur varie en fonction de cet argent qui vous tend les bras ou au contraire qui s'éloigne de vous. Le dessin de Godart, à mi chemin entre le réalisme et la caricature a le mérite de faire ressortir cette noirceur de l'âme humaine, et la folie qui s'empare des hommes, que les mots seuls de Dostoïevski pouvaient retranscrire. Les couleurs sont également superbes. Une belle adaptation de ce classique de la littérature russe, qui mérite incontestablement d'être lue.
Victor Hugo, Aux frontières de l'exil
Comme herve , le premier posteur de cet agréable one shot, j'ai préféré attendre la sortie du tirage limité dans la collection Les Toilés de Canal BD pour me lancer dans cette aventure. Je ne regrette absolument pas ce choix car l'objet est splendide. La couverture est à mon goût plus accrocheuse que celle de la version classique et que dire de ce magnifique ex-libris. Bref j'adore cette collection qui nous permet d'avoir des tirages limités pour un prix plus que correct. Bon maintenant venons-en aux faits, penchons nous sur ce one-shot traitant d'une partie de la vie du célèbre Victor Hugo. Le récit s'attarde sur la période de l'exil de Victor Hugo et sur la recherche de la vérité sur la mort de sa fille dix ans plus tôt. Les auteurs nous livrent une enquête menée par le célèbre poète écrivain lui-même. Ils mêlent réalité historique et fiction avec brio. On peut même trouver un peu de fantastique dans ce récit d'aventure qui nous permet de croiser des personnages célèbres des romans de Victor Hugo et d'autres qui ont inspiré l'auteur . Je pense bien sûr à Vidocq qui deviendra l'inspecteur Javert dans Les Misérables. L'histoire est bien trouvée et très prenante. Elle nous replonge dans le Paris du Second Empire d'une manière quasi-parfaite . Esther Gil s'est énormément documenté pour nous livrer cette œuvre qui réussit à nous faire remonter le temps grâce aux nombreux détails historiques y figurant. Le dessin de Laurent Paturaud est très agréable et parfaitement en accord avec ce récit riche en rebondissements . Les planches nous faisant découvrir le Paris de cette époque sont époustouflantes. Je n'en dirai donc pas plus, en espérant que mon avis réussira à vous convaincre d'investir dans ce très bel objet. Avec une préférence pour le tirage Canal BD comme je l'ai déjà signalé.
Karma
Voilà longtemps que je ne m'étais pas fait surprendre dans de si bons termes par une BD jeunesse ! "Karma", c'est avant tout une imagination débridée et un univers miroir qui permet aux auteurs de donner libre cours à leur imagination pour notre plus grand plaisir ! Car ici, ce sont plutôt les monstres "les gentils" et les anges "les méchants". Karma, notre petit héros aux allures de diablotin, se réfugie dans le monde du dessus dans le cirque Zombini (chez les humains) car sa famille a été décimée par les anges... Mais il continue au fil des albums à naviguer entre les deux mondes, et Outrelieu révèle un bestiaire que j'ai particulièrement apprécié. entre délires graphiques et jeux de mots pour les nommer Jean-Louis Janssen au scénario et Borrini au dessin s'en donnent à cœur joie ! Ça fuse et c'est rythmé ! Et le dessin de Borrini très coloré et expressif donne corps à tout ça de la plus belle des façons. Un très agréable moment de lecture qui plaira certainement tout autant aux plus jeunes qu'aux adultes curieux.
Sept saisons
Comme dans L'exilé du Kalevala, du même auteur, on retrouve ici des personnages enclins au doute à un tournant de leur existence. Le dessin de Ville Ranta, en s'éclaircissant, a restreint sa part de suggestion, mais cela devrait sans doute lui permettre de trouver un plus large public. Les dialogues sont très soignés, très denses malgré leur apparente futilité, les personnages sont réalistes et subtils. Leurs réactions parfois déroutantes paraissent cependant découler naturellement de leur être profond. Les lecteurs qui avaient apprécié L'exilé du Kalevala seront heureux de retrouver ici quelques personnages, au premier rang desquels le poète Elias Lönnrot.
Le Mange-Couleurs
Et je continue sur ma lancée Carabas et ses p'tit chats anguleux ! Ici c'est Dawid qui reprends le personnage qu'il avait illustré avec Mickaël Roux. On se retrouve à suivre ce petit jardinier coiffé comme Sangoku qui se retrouve confronté à un drôle d'animal qui en plus d'absorber les couleurs de tout ce qu'il touche, les fait également dépérir... Petite fable écologique sans texte, Le Mange-Couleur fait passer son message en douceur et ravira nos têtes blondes. Et puis, le travail couleur/noir et blanc est intéressant, le découpage dynamique et le dessin simple mais franc de Dawid donne à l'ensemble une très bonne tenue !
Valentine et Valentin
Avis sur Valentine : Encore un très bon album dans cette collection "Les petits chats carrés" que j'affectionne particulièrement. Amandine et Tomatias nous narrent ici, toujours sans paroles (marque de fabrique de la collection oblige !) une idylle de cour de récré. Mais loin de tombé dans le gnangnan d'une courte BD jeunesse, c'est tout simplement frais, gai et réussi. Narration et dessin sont très réussis, tout en simplicité pour donner à cette histoire une compréhension immédiate : du tout bon qu'apprécieront autant les plus jeunes que les adultes ! Avis sur Ils vécurent heureux... : TAdaaamm ! Quand on aime on ne compte pas ! Et encore du Carabas, et de nouveau avec Amandine et Tomatias qui cette fois-ci, après Valentine et son amourette, s'attaquent au couple Prince & Princesse... On retrouve un graphisme coloré, tout en rondeur qui sied parfaitement à leurs petites histoires, et les bulles illustrées sont plus qu'expressives ! Et oui, un Prince et une Princesse, passé la rencontre forcément due à une histoire d'enlèvement, de lutte et de dragon, ça retombe vite dans la routine et ça n'aspire pas forcément aux même choses... C'est drôle et bien amené. Y'a juste le passage où la Princesse s'est endormie et où elle rêve (?) qui ne me parait pas très clair. Encore un bon petit album pour découvrir la BD quand on ne sait pas encore lire les mots...
Le Grand Pouvoir du Chninkel
Avec cette quête mystique et insolite qui se veut une version tragique et pessimiste du mythe chrétien, les créateurs de Thorgal s'échappent un temps de leur série fétiche mais restent dans un univers fantastique assez proche, et inventent un personnage singulier, J'on le Chninkel, une sorte de gnome chétif aux yeux globuleux, qui ne paie pas de mine et qui ressemble à un farfadet des campagnes bretonnes. Il va pourtant devenir un héros au tragique destin. Cette fable épique d'heroic fantasy aux personnages étonnants et aux qualités inventives permet à Rosinski de dessiner un univers presque aussi étrange que celui de Thorgal, bourré de trouvailles, et à Van Hamme de brosser l'un de ses récits les plus ambitieux. Egalement conte philosophique à la vision sombre, où pointe l'humour, c'est de la fantasy qui interpelle le lecteur sur les fondements de la race humaine, et où Van Hamme puise de nombreuses références dans la Bible ou chez Tolkien. C'est aussi ce récit qui a conditionné et inspiré beaucoup d'autres séries qui suivront, et ça tient encore la route depuis 1986, année où je l'avais découvert timidement dans le magazine A Suivre, et où j'avais hésité avant de le lire. N'ayant pas vu l'édition couleurs, je recommande toutefois la version noir et blanc qui est sans doute mieux adaptée à ce type de récit et qui fait ressortir la prouesse graphique de Rosinski.