Ma seule connaissance de l'oeuvre de Stieg Larsson se résume pour l'heure au remake américain du premier film (réalisé par David Fincher, tout de même), et à la BD-docu Stieg Larsson avant Millenium. C'est donc relativement sans a priori que j'ai abordé cette lecture.
Et encore une fois j'ai été happé par le récit. Pourtant il ne se passe pas grand-chose dans ce premier tome. On assiste à l'installation d'un enquêteur dans un milieu familial un brin décalé, tandis que des scènes brèves, presque subliminales, nous montrent des crimes atroces. On se doute que tout est lié, mais on reste encore dans la brume. L'ensemble prend la forme d'un puzzle complexe, pourtant on ne décroche pas, cela reste fluide. Le deuxième tome, comme on s'en doute, raccroche les morceaux, encore une fois de belle façon.
Avec le second diptyque commence une nouvelle affaire, cette fois-ci impliquant directement Lisbeth, qui va devoir revenir aux heures les plus sombres de sa courte et tumultueuse existence. Pourtant je trouve que c'est moins fort que le premier diptyque, ça me semble démarrer d'une façon plus classique. Mais là encore, on est accroché.
Bravo à Sylvain Runberg d'avoir su respecter et retranscrire ces qualités de cohérence.
Le choix de José Homs, avec son style qui déforme légèrement les visages, un peu à la Guillaume Sorel, peut sembler surprenant dans un thriller glaçant comme "Millenium", pourtant cela fonctionne de bout en bout, grâce également aux ambiances, judicieusement colorées par touches. Pour le deuxième diptyque c'est Man, autre dessinateur espagnol, qui s'y colle. Son trait est un peu différent de Homs, mais il y a un sacré boulot sur les ambiances et les cadrages ; je suis moins convaincu par les visages des personnages, en particulier féminins, mais cela reste très agréable.
Le premier diptyque est bouclé, j'ai hâte de lire la suite.
Eh bien moi je ne connaissais pas le roman de Camilla Läckberg. C'est donc sans a priori que je me suis lancé dans ce one shot qui ne m'a pas déplu, bien au contraire. Je vais même rajouter que je ne connais absolument pas les polars suédois car je n'ai jamais lu la série de romans Millénium ni même regardé ses adaptations cinématographiques. Vous pouvez donc me croire quand je vous dis que je n'ai pas de point de comparaison en ce qui concerne ce récit étonnant et très plaisant.
Je commence à apprécier de plus en plus les polars en bande dessinée et celui-là m'a particulièrement plu car j'ai trouvé l'intrigue très originale et les personnages attachants.
Le guide des personnages au début de l'album m'a beaucoup aidé durant ma lecture, il n'est donc pas inutile.
L'histoire en plus d'être prenante est très intéressante même si elle reprend la plupart des codes du polar à savoir un assassinat déguisé en suicide, des histoires de famille qui ont un lien avec le meurtre, des proches de la victimes menant l'enquête etc...
En plus de ces éléments l'auteur utilise également l'humour pour nous livrer un thriller très bien pensé du début à la fin, car le dénouement est surprenant.
Le dessin est simple mais réussi ainsi que la colorisation. J'avoue que ce style de graphisme , même si ce n'est pas celui-ci que j'affectionne le plus, s'accorde plutôt bien au récit.
Alors je ne peux que rester dans la moyenne de la BDthèque en ce qui concerne ma note et conseiller la lecture et même l'achat de ce sympathique one-shot.
Cette BD est effectivement assez émouvante dans la mesure où elle montre une vieille dame qui s’occupe de son fils handicapé par un accident de la circulation. On oublie souvent les ravages causés par les accidents de la route. Fort heureusement, le nombre de morts a fortement diminué au cours de ces dernières années à coup de matraquage de sérial radars encore que le lien de causalité serait à prouver...
Le lecteur voit le quotidien sous forme de chronique de cette relation particulière entre une mère aimante et son enfant. On se pose la question de savoir ce qui se passera quand la vieille dame ne sera bientôt plus là. Il faut dire que la sœur ne veut pas s’en encombrer et on peut aisément la comprendre malgré une certaine forme d’égoïsme caractérisant notre société occidentale. On laisse souvent sur le bord de la route les plus démunis en fustigeant le fait qu’on n’est pas responsable de toute la misère du monde. Oui, mais la famille ?
Bref, cette BD pousse à la réflexion. Elle est absolument bien traitée, bien dosée sans tomber dans un excès de sentimentalisme qui aurait jeté l’opprobre dessus. Les auteurs ont su viser juste. Les 4 étoiles sont amplement méritées.
Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.25/5
Tome 1 :
Leone Frollo a dessiné cette série de 1985 à 1987. Il relate l'histoire d'un bordel parisien, en s'inspirant du célèbre "one two two" .
Dans un style très élégant, Frollo relate, le plus souvent sous une forme humoristique, et à travers de courtes histoires, les exploits des pensionnaires de Madame Georgette, tenancière du bordel.
Un dessin épuré, sans décor, qui permet d'admirer les courbes de ces dames....
Outre ces pensionnaires, Frollo nous offre une belle galerie de portraits de la bourgeoisie du début du 20ième siècle, fréquentant les maisons closes.
Même si certaines cases sont très explicites, je n'arrive pas à classer cette bande dessinée dans la catégorie "pornographique".
Malgré ses 330 pages et à raisons de deux vignettes par page, ce petit pavé se lit un peu trop vite.
C'est plaisant, élégant sans aucune trivialité, ni vulgarité, bref classieux .
Tome 2 :
Leone Frollo continue dans ce deuxième volume à nous faire découvrir la vie d'un bordel parisien. L'ambiance début du 20ème siècle est fort bien retracée. Même si les scènes sont plus explicites dans le présent volume, le dessin est toujours aussi soigné. Leone Frollo nous offre les penchants et perversités des clients du "One Two Two",à travers des petites histoires dont certaines parfois "limites" (lisez celle consacrée à Monsieur Glandu, vous comprendrez), d'autres assez drôles ("meules d'or"), voire dérangeantes (Huguette et son anarchiste). Une bande dessinée évidement à ne pas mettre entre toutes les mains et réservée à un public averti. Les éditions Delcourt, avec leur collection Erotix, ont le mérite de ressusciter des petits bijoux oubliés voire censurés.
Tome 3 :
Enfin, le troisième volume de "Casino" vient de paraitre.
Avec 3 histoires se déroulant toujours au désormais célèbre "One Two two", Leone Frollo nous livre là tout son talent de dessinateur, et de scénariste.
Les détails des personnages et des décors sont certes moins travaillés que pour son autre chef d'oeuvre Mona Street , mais le ton enjoueur, drôle et amusé font de cette série un incontournable du genre.
Le premier récit " Enfer et plaisir" relève à la fois du théâtre de boulevard et de l’érotisme. La deuxième histoire intitulée "Une espionne entre les jambes" s'ancre dans le patriotisme du début du XXème siècle et la troisième histoire "pour l'amour d'une putain" s'inspire , un peu, de Nana (un aristocrate s'éprend d'une pensionnaire du "one two two"), un thème également repris dernièrement dans la très belle série de canal + "Maison close".
Un divertissement fort bien réalisé et encore une réussite des éditions "Delcourt" dans sa collection "Erotix"
Tome 4 :
Toujours aussi agréable, cette série signée Leone Frollo, que je classe parmi les plus grands dessinateurs en matière d'érotisme.
Dans ce quatrième opus, nous poursuivons les aventures des pensionnaires du One Two Two, bordel parisien où se déroulent de drôles d'aventures.
Avec humour, mais aussi ironie, Frollo nous présente une histoire qui, à l'époque de sa parution , avait subi les foudres de la censure : "le coeur d'une mère", histoire d'inceste entre une mère et son grand dadais de fils.
L'aventure suivante,"une chatte pour le roi" oscille entre le cirque et le bordel.
Enfin, "cri d'amour" revient sur un ton plus grave sur les dangers que peuvent rencontrer ces prostituées, même de luxe.
Trois histoires, trois approches différentes d'un monde que Frollo nous fait revivre avec talent.
Un dessin impeccable, des femmes fort bien mises en valeur.
Bref, une bande dessinée de qualité, encore une fois
Tome 5
Au fil des albums, on finit par suivre les aventures des pensionnaires du désormais célèbre " One Two Two ", comme celle d’une famille. Et cette fois-ci, c’est la mère-maquerelle, la tenancière du bordel, Mme Georgette, qui occupe le principal rôle dans ce cinquième volume.
Avec son esprit de "sacrifice", elle rend un immense service à cette nouvelle cendrillon, étrangement dénommée Cosette, qu’elle accueille sous son toit et qui se révèlera une recrue hors paire dans l’histoire intitulée "la belle envoutée".
Par contre, elle devient la principale protagoniste de " Mme Georgette tombe amoureuse " où intrigue sentimentale et jeu d’argent font mauvais ménage….je vous laisse le soin de découvrir la suite.
Enfin, avec "la millième passe ", Frollo nous offre une histoire plus classique,certes, mais assez drôle d’un client habituel (Monsieur Clivet) voulant épouser une des pensionnaires du One Two Two.
Frollo nous offre, comme à l’habitude, un dessin simple, dépouillé, mais très explicite, servi par un scénario original et , il faut le reconnaitre, souvent drôle
Ce qui m'a largement plu, dans cette BD, il faut bien l'avouer, c'est le scénario. Et si je souligne cela, c'est que le dessin ne m'a franchement pas attiré. En fait, ce n'est tout simplement pas ma tasse de thé. La façon de représenter les personnages, les couleurs, les têtes, ce n'est pas ce que je préfère comme façon de représenter. Cela dit, le dessin cadre très bien avec le style de l'histoire.
En revanche, le scénario a été mitonné aux petits oignons ! Une véritable perle scénaristique, qui nous fait explorer la mort prochaine d'un banquier qui exige qu'elle soit rentable et donne plein pouvoir à ses deux principaux successeurs pour cela. Le gagnant pourra récupérer la banque.
Outre tous les échos qu'on retrouvera à des situations actuelles, entre recherche de profit permanent et incursion de la banque dans tous les domaines qui sont possibles et imaginables, le scénariste nous propose aussi une vision intéressante de la mort et sur la mort. Il y a comme un pied de nez qui est fait à ce monde de l'ultra-finance, pour lequel tout s'achète et tout se vend (tiens, ça me rappelle une phrase de 99F ça ...).
La lecture se fait très bien, avec de nombreux et successifs rebondissements qui rehaussent progressivement l'intérêt jusqu'au dénouement, assez inattendu avec un Deus Ex Machina qui intervient pour une morale plutôt intéressante. Faire des affaires avec la mort, ce n'est pas si simple ...
Le scénario est vraiment très bon, inventif et surtout très proche d'une actualité qu'on connait. Aujourd'hui tout est construit autour de l'argent, sauf la mort (et encore, quand on voit les frais de croque-mort !), mais cela peut ne plus durer ... Une bonne mise en garde donc contre tout ce qui peut arriver dans quelques années. Méfiez-vous d'un monde d'argent aussi rapace. Ils chercheront toujours autre chose à vendre. La BD a le mérite de nous le rappeler.
Violent comme lecture. Enfin, d'une violence particulière, mais marquante.
C'est le genre de livre sur lequel je n'avais aucun préjugé, qui trainait dans ma liste d'achats éventuels depuis un moment. Je me le suis pris sur un coup de folie, et je me suis laissé aller à le lire sans même savoir de quoi ça parlait (j'avais juste lu la quatrième de couverture). Et franchement, c'est une baffe que je me suis pris !
Ce récit autobiographique est rehaussé d'un superbe trait, qui va d'un bout à l'autre du livre nous plonger dans les émotions et les sensations du héros. La mise en image est superbe, contenant tellement de petits détails intéressants (le psy en lapin, la tête de la mère) et qui en plus sait être extrèmement précis et pointilleux. Sans parler des ombres, des formes, des pages muettes ... Un véritable régal pour les yeux.
Et cette histoire ... Malsaine, glauque, et pourtant réelle. Un enfant pris entre deux parents, qui développe un cancer. C'est horrible d'assister à cette jeunesse. Plus d'un passage est juste glaçant (avec la grand-mère notamment) et plus d'une fois je me sentais estomaqué par le contenu. L'auteur joue d'ailleurs à merveille avec de nombreux passages muets qui se comprennent sans phylactères. Et nom de dieu, qu'est-ce que certains passages sont tristes !
Curieusement, ce livre m'a interpellé, sur la façon dont le personnage principal parle de ses problèmes de communication. Problème inhérent à tellement d'humains ... Mais c'est également un récit familial, un récit sur la jeunesse d'un auteur et sur sa façon de s'en sortir. Un mélange parfaitement dosé, superbement mis en image, avec ce qu'il faut d'émotions et de sensibilité. Une véritable pépite que ce comics.
J'appréhendais un peu la lecture de cette série dont les protagonistes ne sont que des animaux. Ajoutez à cela l'absence totale de texte et ma perplexité n'en était que plus prononcée.
C'est malgré ces a priori une très bonne lecture et surprise au final que me laisse la lecture de ces 2 tomes sortis à ce jour. Que ce soit "Le Tigre" ou "Le Renard", le graphisme assez époustouflant et vivant de Federico Bertolucci nous immerge complètement dans les récits de son comparse Frédéric Brrémaud. Ses couleurs et ses lumières sont tout simplement magnifiques.
C'est beau, c'est vivant, truffé de détails et d'une richesse sur le règne animal que j'avais rarement pu admirer de cette façon : une ode assez merveilleuse et originale qui place l'espèce animale au centre du récit. Le second tome est d'ailleurs à mon goût encore plus réussi, tant graphiquement que scénaristiquement. Le cadre isolé de cette île soumise aux caprices de la nature et le rythme haletant qui nous est imposé donne une intensité impressionnante à cette histoire.
Alors n'hésitez pas à vous faire plaisir, ou à faire partager cette lecture tant aux adultes qu'aux plus jeunes, car cette série vaut le détour, ne serait-ce que pour la beauté des animaux et de la nature dans laquelle ils évoluent.
*** Après lecture du tome 3***
Après le tigre de l'Inde, le renard d'une île, voici les aventures d'un lion au milieu de la savane.
C'est un déçu que je sors de la lecture de ce 3e tome.
Si le graphisme de Federico Bertolucci reste toujours aussi exceptionnel, j'avoue avoir peiné par moment dans ma lecture. La narration est parfois un peu confuse à cause de la difficulté que j'ai rencontré à identifier les protagonistes. J'ai du m'y reprendre à plusieurs fois, chercher les détails pour comprendre à qui arrivait quoi. Là, ça pause quand même problème... Frédéric Brrémaud m'avait habitué dans les 2 tomes précédents à une narration impeccable, qui ne laissait pas de place au doute, malgré le fait qu'il n'y ait pas de texte. C'est là la grosse faiblesse de ce 3e album à mon goût.
Rien ne ressemble plus à un lion qu'un autre lion...
Sorti de ce problème, on prends par contre toujours autant de plaisir à croiser les chemins de traverse d'une faune toujours aussi variée et dont la vie ne tient à pas grand chose...
Un régal pour les yeux !
Malgré, cette faiblesse du dernier album, je laisse ma note de 4 pour la qualité de l'ensemble de la série.
Death note a été une bonne surprise pour moi. J'ai acheté le premier tome pour "tester" et en fin de compte je les ai tous chez moi.
Thriller psychologique et machiavélisme morbide se jouent entre 2 intelligences estudiantines.
L (et ses successeurs) et Light font une partie d'échec stressante, nerveuse et avec de multiples rebondissements. Tour à tour ils se manipulent et poussent leur réflexion dans leurs derniers retranchements.
J'ai lu la "black" édition qui donne encore un peu plus de profondeur à la noirceur de l'histoire : qui a le droit de tuer qui sous prétexte de créer un monde idéal sans crime ?
Kira et la police veulent la même chose mais les moyens pour y arriver sont différents, l'un tue manipule et abuse de la confiance des autres; tandis que l'autre reste dans les clous de la loi.
Au moment où la partie va se terminer, un pat s'annonce clairement avec beaucoup de sang à la clef. Mais c'était sans oublier les dieux de la mort, leur instabilité psychologique et la fin de leur partie à eux. Cette fin, bien que logique et annoncée depuis le début du premier tome, a réussi à me surprendre et à me faire penser que la manipulation n'était pas qu'entre les personnages de l'histoire mais était celle du lecteur aussi.
Bravo !
Quand Moore rencontre Lovecraft, on ne peut que penser qu'il va y avoir du lourd ... et il y a du lourd :)
Tout y est ! Atmosphère lugubre, peur visible sur les personnages et ambiance glauque. Le scénario est à l'image de ce que HPL aurait pu faire, une longue introduction très bien mise en scène qui ne laisse pas deviner ce qui va se passer. Les surprises sont au rendez-vous et la pression monte au fur et à mesure que les pages se tournent. Aucun personnage n'est épargné et le dessin est un plaisir à découvrir avec sa lecture. Les couleurs et les traits sont bien adaptés à la terreur et les interrogations des protagonistes, sa finesse transmet autant de sensations à ces derniers que chez le lecteur.
Ils ont du prendre beaucoup de plaisir à créer cet album et j'ai eu beaucoup de plaisir à le lire.
Si cette époque de « Donjon » m’a insensiblement moins touchée, je ne peux pas la dissocier des autres et ne peux que lui accorder à elle aussi la note maximale.
Pour ce qui fâche, tout d’abord il y a le graphisme des deux premiers tomes, qui est, il faut bien l’avouer, assez raté, ce n’est pas loin d’être du gribouillage, un trait épais et tremblotant, agrémenté de couleurs assez laides. Le troisième tome n’a plus rien à voir, affiné et joliment colorisé il est quant à lui, réussi. Quant au style de Karascoët qui prend la suite, il me convient, je l’apprécie comme j’ai apprécié tous les autres dessinateurs qui se sont attelés à cette fabuleuse série qu’est « Donjon ».
Côte scénario c’est très différent des autres épisodes, la nostalgie prend place car on nous narre la fin de l’histoire, c’est triste, mais j’aime le principe des époques et j’ai tout autant été conquise par cette partie que par les autres, j’aime ce que Sfar et Trondheim ont décidé pour l’avenir de leurs personnages, vraiment uniques dans le monde de la bd. Ce qui m’a légèrement dérangée, c’est que j’ai parfois eu l’impression que les auteurs avançaient à tâtons, je précise tout de même que tout se tient, c‘est juste que ce récit m‘a paru un peu décousu par rapport aux autres donjons.
Le rythme des sorties a beaucoup ralenti et c’est finalement la seule chose qui me chagrine vraiment.
Suite et fin
Même si certaines choses m'échappent car je n'ai pas relu tous les tomes précédents avant de me jeter dans ces deux derniers, je dirais qu'en tant que fin de "crépuscule" ça me convient.
Par contre je passe ma note de culte à 4/5 car malgré sa grande richesse, cette série reste intrinsèquement inachevée. Par série j'entends absolument TOUS les donjons, car les différencier n'a pas de sens à mes yeux, même les Donjon monsters et ses histoires au tome par tome.
Bref, ça laisse un goût amer qui aura du mal à passer, car la relecture sera très frustrante sachant tout ce qu'on ne saura jamais.
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Millenium
Ma seule connaissance de l'oeuvre de Stieg Larsson se résume pour l'heure au remake américain du premier film (réalisé par David Fincher, tout de même), et à la BD-docu Stieg Larsson avant Millenium. C'est donc relativement sans a priori que j'ai abordé cette lecture. Et encore une fois j'ai été happé par le récit. Pourtant il ne se passe pas grand-chose dans ce premier tome. On assiste à l'installation d'un enquêteur dans un milieu familial un brin décalé, tandis que des scènes brèves, presque subliminales, nous montrent des crimes atroces. On se doute que tout est lié, mais on reste encore dans la brume. L'ensemble prend la forme d'un puzzle complexe, pourtant on ne décroche pas, cela reste fluide. Le deuxième tome, comme on s'en doute, raccroche les morceaux, encore une fois de belle façon. Avec le second diptyque commence une nouvelle affaire, cette fois-ci impliquant directement Lisbeth, qui va devoir revenir aux heures les plus sombres de sa courte et tumultueuse existence. Pourtant je trouve que c'est moins fort que le premier diptyque, ça me semble démarrer d'une façon plus classique. Mais là encore, on est accroché. Bravo à Sylvain Runberg d'avoir su respecter et retranscrire ces qualités de cohérence. Le choix de José Homs, avec son style qui déforme légèrement les visages, un peu à la Guillaume Sorel, peut sembler surprenant dans un thriller glaçant comme "Millenium", pourtant cela fonctionne de bout en bout, grâce également aux ambiances, judicieusement colorées par touches. Pour le deuxième diptyque c'est Man, autre dessinateur espagnol, qui s'y colle. Son trait est un peu différent de Homs, mais il y a un sacré boulot sur les ambiances et les cadrages ; je suis moins convaincu par les visages des personnages, en particulier féminins, mais cela reste très agréable. Le premier diptyque est bouclé, j'ai hâte de lire la suite.
La Princesse des Glaces
Eh bien moi je ne connaissais pas le roman de Camilla Läckberg. C'est donc sans a priori que je me suis lancé dans ce one shot qui ne m'a pas déplu, bien au contraire. Je vais même rajouter que je ne connais absolument pas les polars suédois car je n'ai jamais lu la série de romans Millénium ni même regardé ses adaptations cinématographiques. Vous pouvez donc me croire quand je vous dis que je n'ai pas de point de comparaison en ce qui concerne ce récit étonnant et très plaisant. Je commence à apprécier de plus en plus les polars en bande dessinée et celui-là m'a particulièrement plu car j'ai trouvé l'intrigue très originale et les personnages attachants. Le guide des personnages au début de l'album m'a beaucoup aidé durant ma lecture, il n'est donc pas inutile. L'histoire en plus d'être prenante est très intéressante même si elle reprend la plupart des codes du polar à savoir un assassinat déguisé en suicide, des histoires de famille qui ont un lien avec le meurtre, des proches de la victimes menant l'enquête etc... En plus de ces éléments l'auteur utilise également l'humour pour nous livrer un thriller très bien pensé du début à la fin, car le dénouement est surprenant. Le dessin est simple mais réussi ainsi que la colorisation. J'avoue que ce style de graphisme , même si ce n'est pas celui-ci que j'affectionne le plus, s'accorde plutôt bien au récit. Alors je ne peux que rester dans la moyenne de la BDthèque en ce qui concerne ma note et conseiller la lecture et même l'achat de ce sympathique one-shot.
Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?
Cette BD est effectivement assez émouvante dans la mesure où elle montre une vieille dame qui s’occupe de son fils handicapé par un accident de la circulation. On oublie souvent les ravages causés par les accidents de la route. Fort heureusement, le nombre de morts a fortement diminué au cours de ces dernières années à coup de matraquage de sérial radars encore que le lien de causalité serait à prouver... Le lecteur voit le quotidien sous forme de chronique de cette relation particulière entre une mère aimante et son enfant. On se pose la question de savoir ce qui se passera quand la vieille dame ne sera bientôt plus là. Il faut dire que la sœur ne veut pas s’en encombrer et on peut aisément la comprendre malgré une certaine forme d’égoïsme caractérisant notre société occidentale. On laisse souvent sur le bord de la route les plus démunis en fustigeant le fait qu’on n’est pas responsable de toute la misère du monde. Oui, mais la famille ? Bref, cette BD pousse à la réflexion. Elle est absolument bien traitée, bien dosée sans tomber dans un excès de sentimentalisme qui aurait jeté l’opprobre dessus. Les auteurs ont su viser juste. Les 4 étoiles sont amplement méritées. Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.25/5
Casino
Tome 1 : Leone Frollo a dessiné cette série de 1985 à 1987. Il relate l'histoire d'un bordel parisien, en s'inspirant du célèbre "one two two" . Dans un style très élégant, Frollo relate, le plus souvent sous une forme humoristique, et à travers de courtes histoires, les exploits des pensionnaires de Madame Georgette, tenancière du bordel. Un dessin épuré, sans décor, qui permet d'admirer les courbes de ces dames.... Outre ces pensionnaires, Frollo nous offre une belle galerie de portraits de la bourgeoisie du début du 20ième siècle, fréquentant les maisons closes. Même si certaines cases sont très explicites, je n'arrive pas à classer cette bande dessinée dans la catégorie "pornographique". Malgré ses 330 pages et à raisons de deux vignettes par page, ce petit pavé se lit un peu trop vite. C'est plaisant, élégant sans aucune trivialité, ni vulgarité, bref classieux . Tome 2 : Leone Frollo continue dans ce deuxième volume à nous faire découvrir la vie d'un bordel parisien. L'ambiance début du 20ème siècle est fort bien retracée. Même si les scènes sont plus explicites dans le présent volume, le dessin est toujours aussi soigné. Leone Frollo nous offre les penchants et perversités des clients du "One Two Two",à travers des petites histoires dont certaines parfois "limites" (lisez celle consacrée à Monsieur Glandu, vous comprendrez), d'autres assez drôles ("meules d'or"), voire dérangeantes (Huguette et son anarchiste). Une bande dessinée évidement à ne pas mettre entre toutes les mains et réservée à un public averti. Les éditions Delcourt, avec leur collection Erotix, ont le mérite de ressusciter des petits bijoux oubliés voire censurés. Tome 3 : Enfin, le troisième volume de "Casino" vient de paraitre. Avec 3 histoires se déroulant toujours au désormais célèbre "One Two two", Leone Frollo nous livre là tout son talent de dessinateur, et de scénariste. Les détails des personnages et des décors sont certes moins travaillés que pour son autre chef d'oeuvre Mona Street , mais le ton enjoueur, drôle et amusé font de cette série un incontournable du genre. Le premier récit " Enfer et plaisir" relève à la fois du théâtre de boulevard et de l’érotisme. La deuxième histoire intitulée "Une espionne entre les jambes" s'ancre dans le patriotisme du début du XXème siècle et la troisième histoire "pour l'amour d'une putain" s'inspire , un peu, de Nana (un aristocrate s'éprend d'une pensionnaire du "one two two"), un thème également repris dernièrement dans la très belle série de canal + "Maison close". Un divertissement fort bien réalisé et encore une réussite des éditions "Delcourt" dans sa collection "Erotix" Tome 4 : Toujours aussi agréable, cette série signée Leone Frollo, que je classe parmi les plus grands dessinateurs en matière d'érotisme. Dans ce quatrième opus, nous poursuivons les aventures des pensionnaires du One Two Two, bordel parisien où se déroulent de drôles d'aventures. Avec humour, mais aussi ironie, Frollo nous présente une histoire qui, à l'époque de sa parution , avait subi les foudres de la censure : "le coeur d'une mère", histoire d'inceste entre une mère et son grand dadais de fils. L'aventure suivante,"une chatte pour le roi" oscille entre le cirque et le bordel. Enfin, "cri d'amour" revient sur un ton plus grave sur les dangers que peuvent rencontrer ces prostituées, même de luxe. Trois histoires, trois approches différentes d'un monde que Frollo nous fait revivre avec talent. Un dessin impeccable, des femmes fort bien mises en valeur. Bref, une bande dessinée de qualité, encore une fois Tome 5 Au fil des albums, on finit par suivre les aventures des pensionnaires du désormais célèbre " One Two Two ", comme celle d’une famille. Et cette fois-ci, c’est la mère-maquerelle, la tenancière du bordel, Mme Georgette, qui occupe le principal rôle dans ce cinquième volume. Avec son esprit de "sacrifice", elle rend un immense service à cette nouvelle cendrillon, étrangement dénommée Cosette, qu’elle accueille sous son toit et qui se révèlera une recrue hors paire dans l’histoire intitulée "la belle envoutée". Par contre, elle devient la principale protagoniste de " Mme Georgette tombe amoureuse " où intrigue sentimentale et jeu d’argent font mauvais ménage….je vous laisse le soin de découvrir la suite. Enfin, avec "la millième passe ", Frollo nous offre une histoire plus classique,certes, mais assez drôle d’un client habituel (Monsieur Clivet) voulant épouser une des pensionnaires du One Two Two. Frollo nous offre, comme à l’habitude, un dessin simple, dépouillé, mais très explicite, servi par un scénario original et , il faut le reconnaitre, souvent drôle
Mort d'un Banquier
Ce qui m'a largement plu, dans cette BD, il faut bien l'avouer, c'est le scénario. Et si je souligne cela, c'est que le dessin ne m'a franchement pas attiré. En fait, ce n'est tout simplement pas ma tasse de thé. La façon de représenter les personnages, les couleurs, les têtes, ce n'est pas ce que je préfère comme façon de représenter. Cela dit, le dessin cadre très bien avec le style de l'histoire. En revanche, le scénario a été mitonné aux petits oignons ! Une véritable perle scénaristique, qui nous fait explorer la mort prochaine d'un banquier qui exige qu'elle soit rentable et donne plein pouvoir à ses deux principaux successeurs pour cela. Le gagnant pourra récupérer la banque. Outre tous les échos qu'on retrouvera à des situations actuelles, entre recherche de profit permanent et incursion de la banque dans tous les domaines qui sont possibles et imaginables, le scénariste nous propose aussi une vision intéressante de la mort et sur la mort. Il y a comme un pied de nez qui est fait à ce monde de l'ultra-finance, pour lequel tout s'achète et tout se vend (tiens, ça me rappelle une phrase de 99F ça ...). La lecture se fait très bien, avec de nombreux et successifs rebondissements qui rehaussent progressivement l'intérêt jusqu'au dénouement, assez inattendu avec un Deus Ex Machina qui intervient pour une morale plutôt intéressante. Faire des affaires avec la mort, ce n'est pas si simple ... Le scénario est vraiment très bon, inventif et surtout très proche d'une actualité qu'on connait. Aujourd'hui tout est construit autour de l'argent, sauf la mort (et encore, quand on voit les frais de croque-mort !), mais cela peut ne plus durer ... Une bonne mise en garde donc contre tout ce qui peut arriver dans quelques années. Méfiez-vous d'un monde d'argent aussi rapace. Ils chercheront toujours autre chose à vendre. La BD a le mérite de nous le rappeler.
Sutures
Violent comme lecture. Enfin, d'une violence particulière, mais marquante. C'est le genre de livre sur lequel je n'avais aucun préjugé, qui trainait dans ma liste d'achats éventuels depuis un moment. Je me le suis pris sur un coup de folie, et je me suis laissé aller à le lire sans même savoir de quoi ça parlait (j'avais juste lu la quatrième de couverture). Et franchement, c'est une baffe que je me suis pris ! Ce récit autobiographique est rehaussé d'un superbe trait, qui va d'un bout à l'autre du livre nous plonger dans les émotions et les sensations du héros. La mise en image est superbe, contenant tellement de petits détails intéressants (le psy en lapin, la tête de la mère) et qui en plus sait être extrèmement précis et pointilleux. Sans parler des ombres, des formes, des pages muettes ... Un véritable régal pour les yeux. Et cette histoire ... Malsaine, glauque, et pourtant réelle. Un enfant pris entre deux parents, qui développe un cancer. C'est horrible d'assister à cette jeunesse. Plus d'un passage est juste glaçant (avec la grand-mère notamment) et plus d'une fois je me sentais estomaqué par le contenu. L'auteur joue d'ailleurs à merveille avec de nombreux passages muets qui se comprennent sans phylactères. Et nom de dieu, qu'est-ce que certains passages sont tristes ! Curieusement, ce livre m'a interpellé, sur la façon dont le personnage principal parle de ses problèmes de communication. Problème inhérent à tellement d'humains ... Mais c'est également un récit familial, un récit sur la jeunesse d'un auteur et sur sa façon de s'en sortir. Un mélange parfaitement dosé, superbement mis en image, avec ce qu'il faut d'émotions et de sensibilité. Une véritable pépite que ce comics.
Love (Brrémaud)
J'appréhendais un peu la lecture de cette série dont les protagonistes ne sont que des animaux. Ajoutez à cela l'absence totale de texte et ma perplexité n'en était que plus prononcée. C'est malgré ces a priori une très bonne lecture et surprise au final que me laisse la lecture de ces 2 tomes sortis à ce jour. Que ce soit "Le Tigre" ou "Le Renard", le graphisme assez époustouflant et vivant de Federico Bertolucci nous immerge complètement dans les récits de son comparse Frédéric Brrémaud. Ses couleurs et ses lumières sont tout simplement magnifiques. C'est beau, c'est vivant, truffé de détails et d'une richesse sur le règne animal que j'avais rarement pu admirer de cette façon : une ode assez merveilleuse et originale qui place l'espèce animale au centre du récit. Le second tome est d'ailleurs à mon goût encore plus réussi, tant graphiquement que scénaristiquement. Le cadre isolé de cette île soumise aux caprices de la nature et le rythme haletant qui nous est imposé donne une intensité impressionnante à cette histoire. Alors n'hésitez pas à vous faire plaisir, ou à faire partager cette lecture tant aux adultes qu'aux plus jeunes, car cette série vaut le détour, ne serait-ce que pour la beauté des animaux et de la nature dans laquelle ils évoluent. *** Après lecture du tome 3*** Après le tigre de l'Inde, le renard d'une île, voici les aventures d'un lion au milieu de la savane. C'est un déçu que je sors de la lecture de ce 3e tome. Si le graphisme de Federico Bertolucci reste toujours aussi exceptionnel, j'avoue avoir peiné par moment dans ma lecture. La narration est parfois un peu confuse à cause de la difficulté que j'ai rencontré à identifier les protagonistes. J'ai du m'y reprendre à plusieurs fois, chercher les détails pour comprendre à qui arrivait quoi. Là, ça pause quand même problème... Frédéric Brrémaud m'avait habitué dans les 2 tomes précédents à une narration impeccable, qui ne laissait pas de place au doute, malgré le fait qu'il n'y ait pas de texte. C'est là la grosse faiblesse de ce 3e album à mon goût. Rien ne ressemble plus à un lion qu'un autre lion... Sorti de ce problème, on prends par contre toujours autant de plaisir à croiser les chemins de traverse d'une faune toujours aussi variée et dont la vie ne tient à pas grand chose... Un régal pour les yeux ! Malgré, cette faiblesse du dernier album, je laisse ma note de 4 pour la qualité de l'ensemble de la série.
Death Note
Death note a été une bonne surprise pour moi. J'ai acheté le premier tome pour "tester" et en fin de compte je les ai tous chez moi. Thriller psychologique et machiavélisme morbide se jouent entre 2 intelligences estudiantines. L (et ses successeurs) et Light font une partie d'échec stressante, nerveuse et avec de multiples rebondissements. Tour à tour ils se manipulent et poussent leur réflexion dans leurs derniers retranchements. J'ai lu la "black" édition qui donne encore un peu plus de profondeur à la noirceur de l'histoire : qui a le droit de tuer qui sous prétexte de créer un monde idéal sans crime ? Kira et la police veulent la même chose mais les moyens pour y arriver sont différents, l'un tue manipule et abuse de la confiance des autres; tandis que l'autre reste dans les clous de la loi. Au moment où la partie va se terminer, un pat s'annonce clairement avec beaucoup de sang à la clef. Mais c'était sans oublier les dieux de la mort, leur instabilité psychologique et la fin de leur partie à eux. Cette fin, bien que logique et annoncée depuis le début du premier tome, a réussi à me surprendre et à me faire penser que la manipulation n'était pas qu'entre les personnages de l'histoire mais était celle du lecteur aussi. Bravo !
Neonomicon
Quand Moore rencontre Lovecraft, on ne peut que penser qu'il va y avoir du lourd ... et il y a du lourd :) Tout y est ! Atmosphère lugubre, peur visible sur les personnages et ambiance glauque. Le scénario est à l'image de ce que HPL aurait pu faire, une longue introduction très bien mise en scène qui ne laisse pas deviner ce qui va se passer. Les surprises sont au rendez-vous et la pression monte au fur et à mesure que les pages se tournent. Aucun personnage n'est épargné et le dessin est un plaisir à découvrir avec sa lecture. Les couleurs et les traits sont bien adaptés à la terreur et les interrogations des protagonistes, sa finesse transmet autant de sensations à ces derniers que chez le lecteur. Ils ont du prendre beaucoup de plaisir à créer cet album et j'ai eu beaucoup de plaisir à le lire.
Donjon Crépuscule
Si cette époque de « Donjon » m’a insensiblement moins touchée, je ne peux pas la dissocier des autres et ne peux que lui accorder à elle aussi la note maximale. Pour ce qui fâche, tout d’abord il y a le graphisme des deux premiers tomes, qui est, il faut bien l’avouer, assez raté, ce n’est pas loin d’être du gribouillage, un trait épais et tremblotant, agrémenté de couleurs assez laides. Le troisième tome n’a plus rien à voir, affiné et joliment colorisé il est quant à lui, réussi. Quant au style de Karascoët qui prend la suite, il me convient, je l’apprécie comme j’ai apprécié tous les autres dessinateurs qui se sont attelés à cette fabuleuse série qu’est « Donjon ». Côte scénario c’est très différent des autres épisodes, la nostalgie prend place car on nous narre la fin de l’histoire, c’est triste, mais j’aime le principe des époques et j’ai tout autant été conquise par cette partie que par les autres, j’aime ce que Sfar et Trondheim ont décidé pour l’avenir de leurs personnages, vraiment uniques dans le monde de la bd. Ce qui m’a légèrement dérangée, c’est que j’ai parfois eu l’impression que les auteurs avançaient à tâtons, je précise tout de même que tout se tient, c‘est juste que ce récit m‘a paru un peu décousu par rapport aux autres donjons. Le rythme des sorties a beaucoup ralenti et c’est finalement la seule chose qui me chagrine vraiment. Suite et fin Même si certaines choses m'échappent car je n'ai pas relu tous les tomes précédents avant de me jeter dans ces deux derniers, je dirais qu'en tant que fin de "crépuscule" ça me convient. Par contre je passe ma note de culte à 4/5 car malgré sa grande richesse, cette série reste intrinsèquement inachevée. Par série j'entends absolument TOUS les donjons, car les différencier n'a pas de sens à mes yeux, même les Donjon monsters et ses histoires au tome par tome. Bref, ça laisse un goût amer qui aura du mal à passer, car la relecture sera très frustrante sachant tout ce qu'on ne saura jamais.