Les derniers avis (32040 avis)

Par Tomeke
Note: 4/5
Couverture de la série Before Watchmen - Rorschach
Before Watchmen - Rorschach

Bien qu’un tantinet décevant, cela reste un bon one-shot. Rorschach est le personnage par lequel tout commence, tout Watchmen j’entends. Ces confessions et ses états d’âme introduisent l’univers parallèle créé par Moore. Une nouvelle fois, il nous offre une plongée dans son journal et, une nouvelle fois, j’éprouve un immense plaisir à retrouver cet écorché-vif, avec toutes ses désillusions, sa misanthropie et son génie machiavélique : «il y a les victimes … et il y a moi». La déception ne vient donc pas du personnage mais plutôt du récit dans lequel il s’insère. Au final, nous nous retrouvons dans une guerre des gangs, agrémentée de l’œuvre d’un tueur en série. Beaucoup moins développé que l’épisode Before Watchmen - Minutemen, l’album demeure agréable à lire bien qu’il se termine rapidement. J’aurais dès lors voulu quelque chose de plus profond, de plus complexe autour de Rorschach. Enfin bon, c’est pas comme si je m’étais emmerdé, non, ça reste hyper dynamique ! Quant aux dessins et à la colorisation, comme pour Joker, Lee Bermejo nous donne une véritable claque visuelle. Détails et réalisme donnent à son trait un caractère exceptionnel ! La colorisation n’est pas en reste puisqu’elle arrive à éveiller notre sens de l’odorat : les rues poisseuses de New-York, le sang, la vermine et les rats. La conclusion de tout ça ? Bien que légèrement anecdotique, je ne me vois pas attribuer à cet album une cote sous le 4/5, à la fois pour l’aspect graphique qui est réussi et maîtrisé mais aussi pour ce bâton de dynamique que l’on prend bien profond dans le c** et franchement, ça fait du bien !

01/05/2014 (modifier)
Couverture de la série Les Plus Grands Super-Heros du Monde
Les Plus Grands Super-Heros du Monde

Je n'ai pu lire que l'album Guerre au Crime, ça tombait bien, j'ai toujours eu un faible pour Batounet. C'est assez surprenant pour un gars de ma génération de découvrir du comics de super-héros dans un tel format, ça change vraiment des "petits" Strange et autres pockets Arédit de ma jeunesse ; passé cet effet de surprise, je ne peux qu'être en admiration devant un tel travail sublimé par le grand format d'album et l'épaisseur du papier qui donnent une force peu commune à ces pages superbes d'Alex Ross, un illustrateur dont le style hyperréaliste a fait sa renommée, c'est comme des peintures, c'est vraiment du grand art. C'est comme un poème pictural à l'ambiance gothico-urbaine où seule la force des illustrations parle, puisque l'album est quasiment dénué de textes, le genre d'album qui pourrait s'auto-suffire rien qu'avec sa beauté graphique, mais l'histoire n'est pas tout à fait négligée, surtout que Batman n'a pas de super-pouvoirs, il est donc plus humain avec ses failles et ses doutes, mais ça rentre quand même bien dans le moule du politiquement correct, avec une Amérique qui veut se donner bonne conscience, le message est typiquement ricain

01/05/2014 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?
Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ?

Pour qui connaît l’univers de Zidrou, il ne sera pas dépaysé. Il ne sera pas blasé non plus. Tout le talent de l’auteur se résume en une phrase : arriver à jouer sur les sentiments en évitant de tomber dans le pathétique. Tout est donc une question de dosage des plus subtiles. Et cette tranche de vie racontée en toute simplicité est des plus touchantes. On suit le quotidien d’une maman (qui à l’âge d’une mamy) qui se dévoue corps et âme pour son fils handicapé. Le récit est une succession de scènes anodines qui fait la part belle à l’expression de sentiments contrastés mais si vrais. A noter que le trait de Roger accompagne à merveille ce récit. Bref, sensibilité et tendresse au rendez-vous. Laissez-vous aussi porter cette histoire … A déguster par exemple avec un Whisky Glenrothes select reserve (simple mais attachant).

01/05/2014 (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les 7 vies de l'épervier
Les 7 vies de l'épervier

Ce petit coup de cœur pourrait, je l’espère, remettre en avant la qualité de cette série vieille de trente ans ! Par-ailleurs, je ne lui trouve pas de vrai défaut, si ce n’est une légère baisse de rythme dans l’un ou l’autre volume. Du reste, cette série est un exemple de récit de capes et d’épées. Tandis que le background historique se plante habilement, le récit se développe quant à lui au travers de personnages évoluant au fil des monarques et des prédictions d’une voyante. Qu’est-ce que c’est bien foutu ! Le graphisme s'améliore aussi au fil des albums, s’affine et devient de plus en plus précis. Malgré l’âge de l’album, je trouve le trait dans son ensemble très précis et détaillé, en parfaite adéquation avec le thème. Au final, cette série figure parmi les fers de lance de la collection Vécu chez Glénat même si sa suite, vue au travers d’une deuxième et troisième époque, a trouvé preneur chez Dargaud. Une grande réussite, tout simplement !

01/05/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Kairos
Kairos

C'est avec un réel plaisir que j'ai découvert "Kairos". Une très bonne surprise dans un registre qu'on aurait pu croire un peu éculé de la part d'un auteur que je découvre avec cette série. Du côté de l'histoire, tout commence tranquillement dans notre univers, avec Nills et Anaëlle qui semblent bien partis pour se passer un week end en amoureux à la campagne. Pourtant, on sent rapidement que la demoiselle n'est pas aussi enthousiaste que Nills et qu'il y a anguille sous roche... Et la nuit va être rapidement écourtée par l'arrivée de soldats dragons venus s'emparer d'Anaëlle sortis d'une sorte de portail magique apparu dans la cheminée. La vie de Nills bascule alors car pour sauver sa dulcinée, il va plonger dans ce portail et se retrouver dans un autre monde... D'une part l'histoire que nous a concocté Ulysse Malassagne est vraiment sympa et rythmée, et par ailleurs, j'ai vraiment craqué sur son graphisme, à la fois très personnel et très inspiré. Ça transpire le Miyazaki ou l'animé japonais si on veut rester plus général, tout en distillant ce coup de patte nerveux, sombre et graphique qui donne sa marque de fabrique à cette série. Car ce qui m'a plu énormément dans ces deux premiers albums, c'est la cohabitation de cette légèreté et de ce côté par moment très sombre, tant dans les ambiances qu'à travers les personnages. La couverture du second tome en est le meilleur exemple : j'adore ! Alors j'espère que le troisième et dernier tome annoncé pour clore cette série saura le faire de la meilleure des façons, car jusqu'ici, on a vraiment une petite pépite entre les mains que je conseille à tous, à partir de 10 ans.

30/04/2014 (modifier)
Couverture de la série Flor de Luna
Flor de Luna

En feuilletant le premier album, je sens tout de suite que c'est le genre d'aventure qui va me plaire... et ça commence fort par une mutinerie, puis ça embraye vers le gros mélo historique et romanesque tel qu'on en voyait dans certains feuilletons télé des années 80, un peu comme pour Le Fer et le Feu des mêmes Stalner. Les éléments sont classiques : un ruffian spoliateur, parvenu et ignoble, une pauvre fille au bonheur bafoué, un père dépassé par les événements, un brave type aventurier qui souhaite oublier son passé en se rachetant une conduite...le tout dans un décor exotique ; mais tout ceci est fort bien agencé pour aboutir sur des situations tendues et inextricables au sein d'un drame familial, porté de façon magistrale par la perfidie de Portero qui campe un méchant intégral avec délectation, relayé par sa fille qui devient une belle garce se montrant à sa hauteur. On en apprend un peu plus sur la culture du tabac, mais ce n'est que l'arbre qui cache la forêt, le sujet principal étant les rapports humains dans ce Cuba du XIXème siècle, c'est ce que les auteurs ont élaboré sur un ton très romanesque, passé l'épisode du bateau, y compris les relations entre Créoles et Espagnols, et la condition des esclaves dans cette île, qui prend ici une petite tournure façon " Racines ". La série est fort bien conçue en jouant la carte de l'évasion pour atténuer la partie dramatique. D'autre part, l'interaction entre le passé et la partie contemporaine fonctionne plutôt bien. Le dessin limpide et propre sert encore une fois parfaitement l'histoire, c'est exactement ce qu'il faut pour m'intéresser à ce genre de récit ; j'aime le style de Stalner qui s'améliore à chacune de ses séries, quels progrès depuis Les Poux. Le style léché de Lambert m'a aussi toujours séduit, et je crois que c'est lui qui domine dans la partie dessin, Stalner étant plus habitué à la partie scénaristique ; la colorisation superbe colle parfaitement avec l'ambiance exotique. Le début du second cycle a l'air d'être bien parti avec un enchaînement de situations sensationnelles et violentes, mais je ne sais pas encore si j'ai envie de continuer, le premier cycle m'ayant laissé une telle impression positive ; j'ai peur qu'en tirant trop sur la corde, elle se casse et que ça vire à de la resucée... ce serait dommage. Une très belle série.

30/04/2014 (modifier)
Couverture de la série La Fantaisie des Dieux (Rwanda 1994)
La Fantaisie des Dieux (Rwanda 1994)

Cet album revient sur le génocide perpétré au Rwanda par des Hutus extrémistes contre des Tutsis, mais aussi sur l’attitude plus que controversée de la France dans cette affaire. C’est en fait un réquisitoire contre la passivité – en fait une sorte de complicité de la France, qui a « laissé faire » plusieurs mois les massacres (perpétrés par des hommes parfois ayant été entraînés par des Français) avant d’envoyer des troupes qui n’ont en fait rien empêché et ont permis à la plupart des tortionnaires de s’enfuir au Congo voisin. Les auteurs montrent bien aussi le désarroi de certains soldats français, placés parfois dans une situation impossible par leur hiérarchie. L’album est bâti autour de reportages réalisés sur le terrain en 1994 par divers journalistes (et surtout Patrick de Saint-Exupéry, l'un des deux auteurs), au moment du génocide, et d’autres plus récents, sur les lieux des crimes, avec quelques témoins survivants. Quelques photos sont intercalées parmi les planches dessinées, mais on a surtout un dessin en aquarelle, je pense, que j’ai trouvé très beau (y compris dans les scènes de rêve – ou de cauchemar). Les 92 pages se lisent relativement vite (peu de texte), mais les tenants et aboutissants de ce scandale sont clairement présentés. Et en fin de volume, une double page présente la vingtaine de protagonistes de l’histoire – de la victime rescapée au président Mitterrand, en passant par quelques militaires français ou des tortionnaires hutus (juste quelques lignes pour chacun, c’est sobre, mais cela les situe très bien dans le contexte de l’histoire relatée). Au final, c’est un album réussi, auquel j’accorde quatre étoiles car il relève du témoignage nécessaire au moment où le vingtième anniversaire de ce génocide a remis sur le devant de la scène des événements que certains auraient préféré voir oublier. Le dirigeant actuel du Rwanda n’est sûrement pas un grand démocrate, mais lorsqu’on regarde les faits – et /ou qu’on lit des témoignages tels que ceux repris dans cet album, on peut reconnaître que ses dernières envolées contre la France ne manquent pas d’explications. Et que les réactions des officiels français (d’aujourd’hui ou de l’époque) – reprises sans sourciller par la quasi-totalité des médias français (à l’exception notable du Monde diplomatique) ne sont pas loin du foutage de gueule.

30/04/2014 (modifier)
Couverture de la série Le Crépuscule des Dieux
Le Crépuscule des Dieux

C'est une vision personnelle des sagas et de la mythologie germano-scandinave, mais très conforme aux légendes connues ; c'est là-dessus que s'est appuyé Wagner pour écrire sa Tétralogie. Passionné par cette mythologie, je savais à peu près que j'allais passer un bon moment, et c'est gagné ! Dès la seconde double page, avec le royaume souterrain des Nibelungen qui apparaît dans une vision dantesque, je comprends que je suis tombé dans un univers que j'aime et tel que je l'avais imaginé d'après ce que j'en connaissais par les opéras de Wagner et des lectures sur ce sujet. Le film de Fritz Lang, les Nibelungen tourné en 1924, juste avant Metropolis, est paraît-il très fidèle à la légende, ainsi qu'une autre version : un film allemand réalisé en 1967 par Harald Reinl, grosse production en 2 parties : La Vengeance de Siegfried, et Le Massacre des Burgondes. Tout démarre avec le Nibelung Albéric, c'est pourquoi le tome 0 réalisé après le début de la saga s'imposait pour connaître les fondements du récit. L'intrigue est dense, il y a beaucoup de personnages, d'événements qui se recoupent avec des faits historiques, et il n'est peut-être pas superflu pour le lecteur peu familier de cette légende fabuleuse de s'initier sur Internet ou dans des bouquins pour avoir une idée de l'ensemble ; visionner le film très complet de 1967 peut aussi aider à mieux comprendre cette saga dessinée. Tout est donc bien respecté, les différentes étapes de la légende sont conformes à ce que j'ai lu ou vu ailleurs. Là-dessus, comme le réclamait ce sujet, il fallait un dessin qui puisse retranscrire tout cet imaginaire clinquant et évocateur, cette fantasy germanique fascinante pleine de poésie et de fureur ; le but est atteint : c'est du lourd, du grand et bel art graphique, policé et précis qui correspond exactement à l'histoire contée et à la vision qu'on s'en fait. De nombreuses images rappellent le Seigneur des Anneaux, c'est là qu'on comprend où Tolkien a puisé ses sources, ne serait-ce qu'avec l'Anneau qui possède des pouvoirs presque similaires ; Tolkien est un copieur mais en bien, il a enrichi sa propre oeuvre, et après tout, les légendes appartiennent à tout le monde. En résumé, au risque de me répéter, cette formidable saga correspond exactement à mon attente et m'a fait oublier très vite la déception rencontrée avec le Siegfried d'Alice.

29/04/2014 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Rouge comme la neige
Rouge comme la neige

Christian de Metter signe là une histoire prenante d'un bout à l'autre et (ce n'est pas surprenant) remarquablement mise en images. Au niveau des couleurs, on reste dans le même ton marron rouge pendant tout l'album. C'est certes pas joyeux, par contre niveau ambiance c'est très efficace. Ça reste hyper lisible et on est happé par l'atmosphère qui se dégage des planches. Au niveau du trait, il se passe aussi quelque chose, surtout au niveau des expressions des personnages. Bref visuellement on a une BD percutante. L'histoire aussi m'a tenu en haleine. Dès le départ, ça fonctionne : on s’intéresse à cette femme et à sa famille. Il n'y a pas d'introduction inutile, on rentre rapidement dans le vif du sujet. Une fois plongé au coeur de l'histoire, il y a juste ce qu'il faut de rebondissements pour donner une tournure inattendue à l'intrigue.Ces péripéties ne tombent pas dans la surenchère inutile. L'histoire est prenante, cohérente et crédible du début à la fin. Le final est cruel mais là aussi ça sonne très juste. Chaudement recommandé !

28/04/2014 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5
Couverture de la série Seton, le naturaliste qui voyage
Seton, le naturaliste qui voyage

On suit les aventures du naturaliste Seton au travers de quatre récits à différents moments de sa vie. Les albums, bien que formant un ensemble cohérent, peuvent se lire se façon indépendante. A chaque fois, Seton se trouve au prise avec un animal sauvage différent, brillant par son caractère exceptionnel. En parallèle, les auteurs travaillent au maximum le personnage du naturaliste en développant son parcours, sa pensée, ses échecs, ses rencontres marquantes et sa volonté de vivre en accord avec ses principes. Les animaux, loin de servir de faire-valoir, sont également très développés et sont vus comme des personnages à part entière. Cette série est aussi un hymne à la nature et aux grands espaces nord-américains dont le caractère et la beauté sont menacés par l'homme. Les auteurs évitent le piège du manichéisme et proposent des intrigues crédibles et passionnantes. Le travail graphique de Taniguchi est une fois encore remarquable. Les décors, les animaux et les personnages sont à la fois magnifiques et réalistes. La lecture des quatre tomes m'a beaucoup plu et je ne peux que vous conseiller de découvrir rapidement Seton.

28/04/2014 (modifier)