Cet album relate, dans une enquête dépassionnée, l’une des plus grandes catastrophes ayant eu lieu dans les « pays noirs » du Nord de la France le 10 mars 1906, à Courrières.
Jean-Luc Loyer prend le temps de présenter le contexte, de placer les jalons précédant et entrainant cette catastrophe, puis tente – je veux dire réussit une terrible reconstitution de l’événement. De ses suites aussi, pour les mineurs survivants et leurs familles, pour le petit monde politique (où Clémenceau et Jaurès jouent leur partition) et, bien sûr, pour les dirigeants de la mine, qui finiront lavés de tout soupçon et de toute honte, comme de bien entendu…
Alors c’est sûr, c’est noir de chez noir, dans tous les sens du terme ! D’abord la colorisation (allant du Noir au Blanc en passant par toutes les nuances du Gris).
Ensuite le traitement du sujet. Ici, il n’y a pas les échappées poétiques et fantastiques que Loyer avait introduites dans Les Mangeurs de Cailloux (autre très belle série se déroulant dans les corons). L’atmosphère est presque aussi étouffante que pour les pauvres victimes piégées sous terre, et on sent monter la tension et la colère en soi comme pour les protagonistes.
Loyer rappelle dans cet album le prix à payer pour le développement industriel du pays (surtout quand ceux qui en tirent le plus de bénéfices ne sont pas ceux qui en payent le prix !)
En dehors de l’horreur des événements et du cynisme de certains, deux choses sont assez glaçantes je trouve :
- D’abord, le fait que cette catastrophe – à l’instar d’autres du même type d’ailleurs, ait été occultée, alors même – mais en fait justement parce que c’est le symptôme d’une société où ce qui n’a pas de prix ne semble pas être la vie humaine…
- Ensuite, comment ne pas faire le parallèle avec telle catastrophe identique plus récente : celle des mineurs bloqués sous terre au Pérou, avec des journaux aussi prompts à se mobiliser qu’à oublier les victimes une fois l’affaire moins vendable (et à oublier les questions qui fâchent, comme les conditions de travail des mineurs). Je trouve que l’effondrement l’été dernier au Bangladesh d’un immeuble, qui a tué environ le même nombre de personnes qu’à Courrières, et pour les mêmes basses raisons, montre que rien n’a véritablement changé depuis plus d’un siècle (mise à part la localisation des victimes). Et que les discours de Jaurès que Loyer cite abondamment restent – HELAS ! d’actualité…
Lecture bouleversante, et qui donne à réfléchir. Un salutaire hommage. A lire !
D'abord, j'en ai un peu assez de lire des critiques ironiques sur le style de dessin figé de Léo, son recours à la nudité et tout ça... Si un lecteur s'est farci Aldébaran puis Bételgeuse, et qu'il reste sur cette position, ce n'est pas la peine de continuer sur "Antarès" ou Kenya ; moi quand je lis une Bd où le dessin ne me plait pas, je ne continue pas, point final !
Ceci étant dit, soyons honnête : bon, étrangement, sur les autres cycles, ça ne m'avait pas dérangé parce que ce dessin me plait, mais ici étrangement, on dirait qu'il y a un aspect plus figé dans le graphisme ; c'est peut-être dû à des expressions faciales de certains personnages, les bouches ouvertes en grand ne sont pas très esthétiques il est vrai.
Ceci est pourtant secondaire, ce qui m'ennuie le plus, c'est que ce premier tome est long à démarrer ; il y a de longs dialogues autour de Kim qui doit se décider à partir pour Antarès, puis la découverte de son bébé, il n'y a pas d'action, pas de côté mystérieux... tout ça est un peu rasoir, et seuls les séquences en alternance avec Mei, Zao et Salif donnent quelques sensations d'inquiétude.
Le tome 2 est très tendu mais plus intéressant, le dessin redevient moins figé et l'intérêt rejoint celui de Bételgeuse dès le crash des navettes dans la jungle ; ça repart dans le ton exploration et dangers avec plein de bêtes incroyables, ça redevient aussitôt aventureux, les tomes s'enchaînent et on a envie de savoir la suite à chaque fois.
La série atteint un niveau de qualité qui s'harmonise bien avec les 2 précédents cycles Aldébaran et Bételgeuse, formant ainsi une belle unité, et même si quelques détails me gonflent un peu, tel le puritanisme exacerbé et d'un autre âge de Jebediah Thornton et du père de Lorna, ça met du piment dans l'histoire, et c'est une façon de dénoncer les fanatismes religieux.
La conclusion attendue au tome 5 (telle que prévue à l'origine) et qui n'arrive pas, me laisse un peu perplexe, voire légèrement désappointé parce que je trouve que Léo s'égare un peu en étirant trop son récit, en faisant miroiter au lecteur un 6ème tome, voire plus.
Malgré ça, dans son ensemble, cette série reste attractive, son message humaniste et écologiste transparaît au détour des pages, l'aventure est plaisante, le dessin de Léo me plaît toujours autant, en dépit de nombreuses critiques, et certains personnages sont attachants ; je suis donc partant pour continuer, à condition que ça ne finisse pas en eau de boudin et qu'on ait droit à une vraie conclusion.
Avis sur Dickie tome 3
Note : 3/5
Voilà une chouette série d'historiettes de Dickie, dont l'humour noir , pince sans rire, à froid, comme on veut, voire con, utilise sa silhouette rondouillarde et un rythme presque absent pour nous arracher sourire ou rire à propos de tout et de rien.
Sorte d'uchronie absurde, Dickie revisite quelques grands événements ou personnages, et c'est souvent drôle, voire même très drôle ! A noter qu'on retrouve ici quelques gags ou thématiques utilisés dans Le Fils d'Hitler, qui prouve que De Poortere est capable de nous faire rire de tout (d'Hitler ou du génocide, mais aussi en utilisant les idées des "où est Charlie ?").
C'est poilant et à lire !
Avis sur Dickie, le fils d'Hitler
Note : 4/5
Depuis longtemps nous savons qu'on peut rire de tout. A condition que ce soit drôle. Et bien ici c'est le cas.
L'auteur nous conte, dans son style particulier (j'ai lu d'autres livres de De Poortere chez les Requins ou Glénat, beaucoup plus inégaux à mon goût même si jamais dénués d'intérêt), avec des personnages muets à tête de T'choupi, une histoire horrible parce que vraie.
La variante racontée, allant jusqu'au bout du bout et du chemin vers Auschwitz, et de l'humour pince sans rire, est originale. Mêlant le désuet au gag osé, la récupération des "où est Charlie" au message engagé (cf. le recyclage des anciens nazis en Amérique du sud), l'auteur nous amène rapidement au bout du voyage vers ce qu'il ne faudrait jamais oublier. J'ai beaucoup ri, vraiment, et cela ne m'empêche pas d'y voir matière à réflexion. Un contre point à Maus. Plutôt un complément. A lire, vraiment.
Avis sur Dickie à Hollywood
Note : 3/5
C'est encore une lecture amusante que nous propose Pieter de Poortere. Des historiettes d'une page revisitent les grands classiques de Hollywood, dans un humour très personnel et décalé - décalage renforcé par la bobine des personnages (Dickie est une sorte de T'choupi moustachu), et l'absence de dialogues.
C'est inégal, tout ne m'a pas fait rire, et j'ai moins accroché que par Le Fils d'Hitler. Mais j'ai passé un bon moment avec Dickie et ça reste quand même un album à lire, et un auteur à découvrir, si ce n'est déjà fait !
**********************************
Avis sur Prince Dickie (note 3/5)
Je suis franchement amateur du personnage de Dickie, quelques soient les aventures dans lesquelles il se trouve embarqué.
Cet album est proche dans la construction et la colorisation de « Dickie à Hollywood ». Mais ici Dickie – et son pendant féminin Vickie, se mêlent aux personnages des contes et légendes.
Dickie se rêve prince charmant, et cherche donc sa princesse. Dickie vérifie surtout que les histoires d’amour finissent mal, en général. Surtout quand on est maladroit, malchanceux… ou imbécile.
Sans paroles, usant d’un graphisme simple, rondouillard (Dickie ressemble à un mixe de Tchoupie et d’un playmobil) et enfantin, cet album comme les autres de la série, est drôle. Un humour décalé, désuet, parfois con ou noir, mais jamais très marqué. Mais efficace je trouve.
Si l’on n’atteint pas ici les sommets du chef d’œuvre de la série qu’est « Le fils d’Hitler » (le plus marqué par l’humour noir), cet album est tout de même très recommandable et confirme le talent de De Poortere, dont le travail est plus qu’original.
En un, deux ou trois dessins l'auteur met en images les petits désagréments du quotidien. Des petits trucs tout bête mais qui arrivent tout le temps, à tout le monde, et qui ont le don de nous énerver. Des exemples il y en a plein : Quand tu ne te rappelles plus de quelle coté de ta voiture se situe la trappe d'essence et que tu te gares toujours du mauvais coté, quand tu essayes de composter ton billet SNCF sur toutes les faces et que finalement c'était la première la bonne, etc etc... Et plein, c'est plein : l'auteur a réussi à en compiler pendant 190 pages !
Ces situations communes sont tournées en dérision grâce à une bonne dose de second degré et un dessin simple, mais tout à fait efficace pour ce genre de gag. Le résultat est là : c'est souvent drôle, car ça rappelle beaucoup de situations déjà vécues. Et c'est bien là la réussite de cet album : il y a énormément de strips dans lesquels on se reconnait.
Le problème avec ces BD dont les gags sont tirés de blog, c’est que c'est pas forcément digeste d'en lire 150 à la suite. Mais ici le style étant assez minimaliste on peut en lire pas mal avant de se lasser. Au final le contrat est rempli car le mécanisme fonctionne bien et on sourit souvent.
C'est un bel hommage qui est rendu là au manager du plus grand groupe de rock de tous les temps. Les Beatles ne font pas partie de ma génération mais de celle de mes parents. Je ne connaissais pas l'histoire de Brian Epstein qui est mort très jeune (32 ans) après avoir réussi un exploit en les mettant sur la voie du succès planétaire. Le rôle des managers dans le succès d'un groupe est beaucoup plus important qu'on ne le pense. Cela passe également par le vestimentaire.
J'ai bien aimé le dessin ainsi que le découpage avec une audace de mise en scène lors de certains passages (je pense notamment à l'entrevue mémorable avec le manager d'Elvis Presley à savoir le colonel Parker). Il y aura des moments encore plus durs comme celui d'affronter l'antisémitisme ou l'homophobie. Malheureusement, les médicaments auront raison de ce visionnaire qui a certes commis quelques erreurs. Les Beatles, aussi talentueux soient-ils, ont toujours reconnu qu'ils n'auraient certainement pas été ce qu'ils furent sans Epstein. Voilà pourquoi il est qualifié comme le 5ème Beatles.
Attention attention !
Si les petits cochons ne le mangent pas, "Le Bois des Vierges" va faire son trou dans la bande dessinée !
En effet, à la lecture du premier tome, il est difficile de ne pas tomber sous le charme. Parlons du dessin tout d'abord. Ceux qui ont lu Fée et tendres Automates sont probablement tombés sous le charme du graphisme élégant, fin, racé de Béatrice Tillier. Après une longue éclipse ponctuée d'un album sympathique (Mon voisin le Père Noël), la voilà qui nous revient en très grande forme. Son dessin a encore -alors qu'il était déjà très fort dans ses deux premiers albums- évolué vers une maîtrise quasi parfaite. C'est bien simple, c'est tout simplement superbe. Ses humains ont tous une élégance, un port altier qui n'ont d'égal que la noblesse conférée aux animaux, les loups en particulier. Rendre expressif un faciès canin n'est pas chose aisée, et pourtant elle y arrive, et de façon éclatante. Seul petit bémol au niveau graphique : les décors ont parfois l'air d'être vus à travers un écran de fumée, pour placer les personnages en surimpression. L'intention de mettre l'accent sur eux est claire et compréhensible, mais je trouve un peu dommage de ne pas pouvoir profiter du talent de la dessinatrice également dans les paysages et les architectures. Et bien sûr, en maîtresse des couleurs, Béatrice Tillier accompagne à merveille son trait. Le tome 3 mer semble par contre un peu étrange de ce point de vue, la mise en couleurs me semble nettement plus sombre, comme si l'imprimeur avait un peu foiré sa balance...
Mais "Le Bois des Vierges" c'est également l'oeuvre peut-être majeure d'un scénariste qui ne l'est pas moins. Jean Dufaux nous a en effet déjà gratifiés de séries qui comptent. Je pense à Murena, Giacomo C., Voleurs d'Empires par exemple. La maîtrise et le goût du monsieur pour les récits historiques ne sont plus à démontrer, et avec "le Bois des Vierges", il s'aventure sur un terrain proche, mais encore vierge pour lui, celui du conte. Cela partait très fort, avec une intrigue assez dramatique, aux accents presque shakespeariens, et puis j'ai trouvé que cela piétinait un peu à la moitié de la série... Dufaux ne me semble pas aller au bout de son histoire, et le côté "happy end", plus proche de l'esprit Disney que des contes classiques, ne me plaît que partiellement...
Enthousiasmant, gouleyant et palpitant, même si en-deça des espérances du début.
Cette série cataloguée pour un public assez jeune, peut tout autant intéresser un public adulte par son ambiance victorienne bien recréée, son atmosphère constituée de plusieurs éléments typiques de cette époque : aspect crasseux des bas-fonds de Londres, sales bobines, grouillement et promiscuité auxquels nous ont habitué de nombreuses adaptations filmées de Sherlock Holmes. On a l'impression de bien connaître ces décors et cet univers propices à l'étrangeté. Il y a aussi du Dickens dans cette série.
Les auteurs jouent sur la fascination du célèbre limier de Baker Street, avec des allusions à Jack l'Eventreur et aux affaires dont Holmes s'est occupé, telle celle du chien des Baskerville ; le fameux appartement du 221 B où les jeunes héros viennent dévorer les cakes de Mme Hudson, est constellé de détails constituant la mythologie sherlockienne (casquette à carreaux, violon, pipe, flacons de cocaïne...), mais on y voit peu Holmes, plus souvent le Dr Watson, les vrais héros restant les 3 jeunes gens et leur chat qui évoluent pour leur compte dans cette cour des miracles londonienne qu'était l'East End dans les années 1890. Le concept s'appuie sur un détail bien réel dans les nouvelles de Conan Doyle : le recours de Holmes à ces informateurs atypiques que sont des gosses de quartier qui épient et sont à l'affût de tout ce qui se passe à Londres.
Cette optique de placer des héros autour d'un personnage ultra célèbre et très utilisé, est donc originale ici, et se met en place doucement, car après un premier tome d'introduction plutôt simple et classique, la suite qui s'articule en 1 récit par album (avec continuité), est plus élaborée.
L'intérêt est décuplé par une narration pleine de profondeur qui s'attache à camper des personnages consistants en la personne des 3 suppléants de Holmes qui aiment bien jouer les détectives en herbe, et de certains personnages secondaires tels le Dr Watson bien cerné, ou le méchant Bloody Percy, tandis que le dessin est vraiment beau, avec des décors précis et de bons cadrages en plongée ou contre-plongée qui sont un bon rendu du Londres victorien.
Une série à qui il manque un brin de mystère et d'étrangeté qui caractérise certaines enquêtes de Holmes, mais captivante et attachante.
Une histoire de marin, avec tout le cynisme et les injustices que l'on attend avec pourtant une fin qui m'a marqué. La mis en scène, les dessins et la colorisation donnent sur certaines planches les allures de tableau. C'est magnifique et cela donne envie d'aller lire le roman :)
Sans vous dévoiler l'intrigue, l'auteur a eu l'idée de ce roman suite (entre autre) au discours de Sarkozy sur les "vertus/conséquences" de Mai 68 où nous serions atteints de cynisme et incapable de différencier le bien du mal, ainsi que de sa vie perso où en tant que portier/voiturier/barman un certain nombre de loosers/petites frappes ont vidé leur sac sur leur vie.
Je pensais connaître la fin car on s'attend soit au polar qui dégénère soit à beaucoup d'action soit une fin bisounours. Rien de tout cela, c'est très bien construit et je me suis laissé prendre à l'histoire au côté du personnage principal et jusqu'à la dernière page.
Les dessins sont bien dans l'ambiance (la couverture est exactement le style que l'on trouve tout le long) avec une colorisation efficace. Les dialogues sont très stylés (même si ce n'est pas du audiart mais nous immerge bien dans l'ambiance aussi). Pour moi, le tout est cohérent pour une histoire bien humaine.
Superbe BD que voilà.
Premièrement on en a pour notre argent : un album, 136 pages au graphisme sublime (la colorisation notamment est particulièrement réussie).
Même si le héros et les divers personnages secondaires sont tous intéressants, le personnage qui fascine et irradie chaque planche de cette BD par sa présence est bien sur Loup Larsen. Sa "philosophie", son athéisme et son amoralisme donnent lieu à des monologues, dialogues, débats, engueulades énormes. Toutes ses discussions sur la religion, la morale et l'immortalité avec Hump, le héros, sont passionnantes. Le bougre est diablement convaincant et ses démonstrations ne manquent pas de saveur : il prouve la non-existence de l'immortalité de l'âme en faisant observer à Hump la manière dont son corps se débat pendant qu'il en train de l'étrangler, instinct de survie qui s'oppose avec la foi en l'immortalité de l'âme du héros. Cependant l'auteur ne cherche pas en faire un personnage sympathique comme c'est souvent le cas aujourd'hui avec l'archétype du type bourru et misanthrope qui cache en réalité un bon fond (style Dr House) : Loup Larsen est une ordure, un monstre presque dément et particulièrement violent qui laisse volontairement mourir deux marins qui cherchaient à échapper à son emprise alors qu'il pouvait les secourir. Malgré cela, sa philosophie fascine et Hump, tout en le craignant et le haïssant, évolue grâce à lui.
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Sang noir - La catastrophe de Courrières
Cet album relate, dans une enquête dépassionnée, l’une des plus grandes catastrophes ayant eu lieu dans les « pays noirs » du Nord de la France le 10 mars 1906, à Courrières. Jean-Luc Loyer prend le temps de présenter le contexte, de placer les jalons précédant et entrainant cette catastrophe, puis tente – je veux dire réussit une terrible reconstitution de l’événement. De ses suites aussi, pour les mineurs survivants et leurs familles, pour le petit monde politique (où Clémenceau et Jaurès jouent leur partition) et, bien sûr, pour les dirigeants de la mine, qui finiront lavés de tout soupçon et de toute honte, comme de bien entendu… Alors c’est sûr, c’est noir de chez noir, dans tous les sens du terme ! D’abord la colorisation (allant du Noir au Blanc en passant par toutes les nuances du Gris). Ensuite le traitement du sujet. Ici, il n’y a pas les échappées poétiques et fantastiques que Loyer avait introduites dans Les Mangeurs de Cailloux (autre très belle série se déroulant dans les corons). L’atmosphère est presque aussi étouffante que pour les pauvres victimes piégées sous terre, et on sent monter la tension et la colère en soi comme pour les protagonistes. Loyer rappelle dans cet album le prix à payer pour le développement industriel du pays (surtout quand ceux qui en tirent le plus de bénéfices ne sont pas ceux qui en payent le prix !) En dehors de l’horreur des événements et du cynisme de certains, deux choses sont assez glaçantes je trouve : - D’abord, le fait que cette catastrophe – à l’instar d’autres du même type d’ailleurs, ait été occultée, alors même – mais en fait justement parce que c’est le symptôme d’une société où ce qui n’a pas de prix ne semble pas être la vie humaine… - Ensuite, comment ne pas faire le parallèle avec telle catastrophe identique plus récente : celle des mineurs bloqués sous terre au Pérou, avec des journaux aussi prompts à se mobiliser qu’à oublier les victimes une fois l’affaire moins vendable (et à oublier les questions qui fâchent, comme les conditions de travail des mineurs). Je trouve que l’effondrement l’été dernier au Bangladesh d’un immeuble, qui a tué environ le même nombre de personnes qu’à Courrières, et pour les mêmes basses raisons, montre que rien n’a véritablement changé depuis plus d’un siècle (mise à part la localisation des victimes). Et que les discours de Jaurès que Loyer cite abondamment restent – HELAS ! d’actualité… Lecture bouleversante, et qui donne à réfléchir. Un salutaire hommage. A lire !
Antarès
D'abord, j'en ai un peu assez de lire des critiques ironiques sur le style de dessin figé de Léo, son recours à la nudité et tout ça... Si un lecteur s'est farci Aldébaran puis Bételgeuse, et qu'il reste sur cette position, ce n'est pas la peine de continuer sur "Antarès" ou Kenya ; moi quand je lis une Bd où le dessin ne me plait pas, je ne continue pas, point final ! Ceci étant dit, soyons honnête : bon, étrangement, sur les autres cycles, ça ne m'avait pas dérangé parce que ce dessin me plait, mais ici étrangement, on dirait qu'il y a un aspect plus figé dans le graphisme ; c'est peut-être dû à des expressions faciales de certains personnages, les bouches ouvertes en grand ne sont pas très esthétiques il est vrai. Ceci est pourtant secondaire, ce qui m'ennuie le plus, c'est que ce premier tome est long à démarrer ; il y a de longs dialogues autour de Kim qui doit se décider à partir pour Antarès, puis la découverte de son bébé, il n'y a pas d'action, pas de côté mystérieux... tout ça est un peu rasoir, et seuls les séquences en alternance avec Mei, Zao et Salif donnent quelques sensations d'inquiétude. Le tome 2 est très tendu mais plus intéressant, le dessin redevient moins figé et l'intérêt rejoint celui de Bételgeuse dès le crash des navettes dans la jungle ; ça repart dans le ton exploration et dangers avec plein de bêtes incroyables, ça redevient aussitôt aventureux, les tomes s'enchaînent et on a envie de savoir la suite à chaque fois. La série atteint un niveau de qualité qui s'harmonise bien avec les 2 précédents cycles Aldébaran et Bételgeuse, formant ainsi une belle unité, et même si quelques détails me gonflent un peu, tel le puritanisme exacerbé et d'un autre âge de Jebediah Thornton et du père de Lorna, ça met du piment dans l'histoire, et c'est une façon de dénoncer les fanatismes religieux. La conclusion attendue au tome 5 (telle que prévue à l'origine) et qui n'arrive pas, me laisse un peu perplexe, voire légèrement désappointé parce que je trouve que Léo s'égare un peu en étirant trop son récit, en faisant miroiter au lecteur un 6ème tome, voire plus. Malgré ça, dans son ensemble, cette série reste attractive, son message humaniste et écologiste transparaît au détour des pages, l'aventure est plaisante, le dessin de Léo me plaît toujours autant, en dépit de nombreuses critiques, et certains personnages sont attachants ; je suis donc partant pour continuer, à condition que ça ne finisse pas en eau de boudin et qu'on ait droit à une vraie conclusion.
Dickie
Avis sur Dickie tome 3 Note : 3/5 Voilà une chouette série d'historiettes de Dickie, dont l'humour noir , pince sans rire, à froid, comme on veut, voire con, utilise sa silhouette rondouillarde et un rythme presque absent pour nous arracher sourire ou rire à propos de tout et de rien. Sorte d'uchronie absurde, Dickie revisite quelques grands événements ou personnages, et c'est souvent drôle, voire même très drôle ! A noter qu'on retrouve ici quelques gags ou thématiques utilisés dans Le Fils d'Hitler, qui prouve que De Poortere est capable de nous faire rire de tout (d'Hitler ou du génocide, mais aussi en utilisant les idées des "où est Charlie ?"). C'est poilant et à lire ! Avis sur Dickie, le fils d'Hitler Note : 4/5 Depuis longtemps nous savons qu'on peut rire de tout. A condition que ce soit drôle. Et bien ici c'est le cas. L'auteur nous conte, dans son style particulier (j'ai lu d'autres livres de De Poortere chez les Requins ou Glénat, beaucoup plus inégaux à mon goût même si jamais dénués d'intérêt), avec des personnages muets à tête de T'choupi, une histoire horrible parce que vraie. La variante racontée, allant jusqu'au bout du bout et du chemin vers Auschwitz, et de l'humour pince sans rire, est originale. Mêlant le désuet au gag osé, la récupération des "où est Charlie" au message engagé (cf. le recyclage des anciens nazis en Amérique du sud), l'auteur nous amène rapidement au bout du voyage vers ce qu'il ne faudrait jamais oublier. J'ai beaucoup ri, vraiment, et cela ne m'empêche pas d'y voir matière à réflexion. Un contre point à Maus. Plutôt un complément. A lire, vraiment. Avis sur Dickie à Hollywood Note : 3/5 C'est encore une lecture amusante que nous propose Pieter de Poortere. Des historiettes d'une page revisitent les grands classiques de Hollywood, dans un humour très personnel et décalé - décalage renforcé par la bobine des personnages (Dickie est une sorte de T'choupi moustachu), et l'absence de dialogues. C'est inégal, tout ne m'a pas fait rire, et j'ai moins accroché que par Le Fils d'Hitler. Mais j'ai passé un bon moment avec Dickie et ça reste quand même un album à lire, et un auteur à découvrir, si ce n'est déjà fait ! ********************************** Avis sur Prince Dickie (note 3/5) Je suis franchement amateur du personnage de Dickie, quelques soient les aventures dans lesquelles il se trouve embarqué. Cet album est proche dans la construction et la colorisation de « Dickie à Hollywood ». Mais ici Dickie – et son pendant féminin Vickie, se mêlent aux personnages des contes et légendes. Dickie se rêve prince charmant, et cherche donc sa princesse. Dickie vérifie surtout que les histoires d’amour finissent mal, en général. Surtout quand on est maladroit, malchanceux… ou imbécile. Sans paroles, usant d’un graphisme simple, rondouillard (Dickie ressemble à un mixe de Tchoupie et d’un playmobil) et enfantin, cet album comme les autres de la série, est drôle. Un humour décalé, désuet, parfois con ou noir, mais jamais très marqué. Mais efficace je trouve. Si l’on n’atteint pas ici les sommets du chef d’œuvre de la série qu’est « Le fils d’Hitler » (le plus marqué par l’humour noir), cet album est tout de même très recommandable et confirme le talent de De Poortere, dont le travail est plus qu’original.
Encyclopédie des petits moments chiants
En un, deux ou trois dessins l'auteur met en images les petits désagréments du quotidien. Des petits trucs tout bête mais qui arrivent tout le temps, à tout le monde, et qui ont le don de nous énerver. Des exemples il y en a plein : Quand tu ne te rappelles plus de quelle coté de ta voiture se situe la trappe d'essence et que tu te gares toujours du mauvais coté, quand tu essayes de composter ton billet SNCF sur toutes les faces et que finalement c'était la première la bonne, etc etc... Et plein, c'est plein : l'auteur a réussi à en compiler pendant 190 pages ! Ces situations communes sont tournées en dérision grâce à une bonne dose de second degré et un dessin simple, mais tout à fait efficace pour ce genre de gag. Le résultat est là : c'est souvent drôle, car ça rappelle beaucoup de situations déjà vécues. Et c'est bien là la réussite de cet album : il y a énormément de strips dans lesquels on se reconnait. Le problème avec ces BD dont les gags sont tirés de blog, c’est que c'est pas forcément digeste d'en lire 150 à la suite. Mais ici le style étant assez minimaliste on peut en lire pas mal avant de se lasser. Au final le contrat est rempli car le mécanisme fonctionne bien et on sourit souvent.
Le Cinquième Beatles - L'Histoire de Brian Epstein
C'est un bel hommage qui est rendu là au manager du plus grand groupe de rock de tous les temps. Les Beatles ne font pas partie de ma génération mais de celle de mes parents. Je ne connaissais pas l'histoire de Brian Epstein qui est mort très jeune (32 ans) après avoir réussi un exploit en les mettant sur la voie du succès planétaire. Le rôle des managers dans le succès d'un groupe est beaucoup plus important qu'on ne le pense. Cela passe également par le vestimentaire. J'ai bien aimé le dessin ainsi que le découpage avec une audace de mise en scène lors de certains passages (je pense notamment à l'entrevue mémorable avec le manager d'Elvis Presley à savoir le colonel Parker). Il y aura des moments encore plus durs comme celui d'affronter l'antisémitisme ou l'homophobie. Malheureusement, les médicaments auront raison de ce visionnaire qui a certes commis quelques erreurs. Les Beatles, aussi talentueux soient-ils, ont toujours reconnu qu'ils n'auraient certainement pas été ce qu'ils furent sans Epstein. Voilà pourquoi il est qualifié comme le 5ème Beatles.
Le Bois des Vierges
Attention attention ! Si les petits cochons ne le mangent pas, "Le Bois des Vierges" va faire son trou dans la bande dessinée ! En effet, à la lecture du premier tome, il est difficile de ne pas tomber sous le charme. Parlons du dessin tout d'abord. Ceux qui ont lu Fée et tendres Automates sont probablement tombés sous le charme du graphisme élégant, fin, racé de Béatrice Tillier. Après une longue éclipse ponctuée d'un album sympathique (Mon voisin le Père Noël), la voilà qui nous revient en très grande forme. Son dessin a encore -alors qu'il était déjà très fort dans ses deux premiers albums- évolué vers une maîtrise quasi parfaite. C'est bien simple, c'est tout simplement superbe. Ses humains ont tous une élégance, un port altier qui n'ont d'égal que la noblesse conférée aux animaux, les loups en particulier. Rendre expressif un faciès canin n'est pas chose aisée, et pourtant elle y arrive, et de façon éclatante. Seul petit bémol au niveau graphique : les décors ont parfois l'air d'être vus à travers un écran de fumée, pour placer les personnages en surimpression. L'intention de mettre l'accent sur eux est claire et compréhensible, mais je trouve un peu dommage de ne pas pouvoir profiter du talent de la dessinatrice également dans les paysages et les architectures. Et bien sûr, en maîtresse des couleurs, Béatrice Tillier accompagne à merveille son trait. Le tome 3 mer semble par contre un peu étrange de ce point de vue, la mise en couleurs me semble nettement plus sombre, comme si l'imprimeur avait un peu foiré sa balance... Mais "Le Bois des Vierges" c'est également l'oeuvre peut-être majeure d'un scénariste qui ne l'est pas moins. Jean Dufaux nous a en effet déjà gratifiés de séries qui comptent. Je pense à Murena, Giacomo C., Voleurs d'Empires par exemple. La maîtrise et le goût du monsieur pour les récits historiques ne sont plus à démontrer, et avec "le Bois des Vierges", il s'aventure sur un terrain proche, mais encore vierge pour lui, celui du conte. Cela partait très fort, avec une intrigue assez dramatique, aux accents presque shakespeariens, et puis j'ai trouvé que cela piétinait un peu à la moitié de la série... Dufaux ne me semble pas aller au bout de son histoire, et le côté "happy end", plus proche de l'esprit Disney que des contes classiques, ne me plaît que partiellement... Enthousiasmant, gouleyant et palpitant, même si en-deça des espérances du début.
Les Quatre de Baker Street
Cette série cataloguée pour un public assez jeune, peut tout autant intéresser un public adulte par son ambiance victorienne bien recréée, son atmosphère constituée de plusieurs éléments typiques de cette époque : aspect crasseux des bas-fonds de Londres, sales bobines, grouillement et promiscuité auxquels nous ont habitué de nombreuses adaptations filmées de Sherlock Holmes. On a l'impression de bien connaître ces décors et cet univers propices à l'étrangeté. Il y a aussi du Dickens dans cette série. Les auteurs jouent sur la fascination du célèbre limier de Baker Street, avec des allusions à Jack l'Eventreur et aux affaires dont Holmes s'est occupé, telle celle du chien des Baskerville ; le fameux appartement du 221 B où les jeunes héros viennent dévorer les cakes de Mme Hudson, est constellé de détails constituant la mythologie sherlockienne (casquette à carreaux, violon, pipe, flacons de cocaïne...), mais on y voit peu Holmes, plus souvent le Dr Watson, les vrais héros restant les 3 jeunes gens et leur chat qui évoluent pour leur compte dans cette cour des miracles londonienne qu'était l'East End dans les années 1890. Le concept s'appuie sur un détail bien réel dans les nouvelles de Conan Doyle : le recours de Holmes à ces informateurs atypiques que sont des gosses de quartier qui épient et sont à l'affût de tout ce qui se passe à Londres. Cette optique de placer des héros autour d'un personnage ultra célèbre et très utilisé, est donc originale ici, et se met en place doucement, car après un premier tome d'introduction plutôt simple et classique, la suite qui s'articule en 1 récit par album (avec continuité), est plus élaborée. L'intérêt est décuplé par une narration pleine de profondeur qui s'attache à camper des personnages consistants en la personne des 3 suppléants de Holmes qui aiment bien jouer les détectives en herbe, et de certains personnages secondaires tels le Dr Watson bien cerné, ou le méchant Bloody Percy, tandis que le dessin est vraiment beau, avec des décors précis et de bons cadrages en plongée ou contre-plongée qui sont un bon rendu du Londres victorien. Une série à qui il manque un brin de mystère et d'étrangeté qui caractérise certaines enquêtes de Holmes, mais captivante et attachante.
Le Loup des Mers
Une histoire de marin, avec tout le cynisme et les injustices que l'on attend avec pourtant une fin qui m'a marqué. La mis en scène, les dessins et la colorisation donnent sur certaines planches les allures de tableau. C'est magnifique et cela donne envie d'aller lire le roman :)
Ma révérence
Sans vous dévoiler l'intrigue, l'auteur a eu l'idée de ce roman suite (entre autre) au discours de Sarkozy sur les "vertus/conséquences" de Mai 68 où nous serions atteints de cynisme et incapable de différencier le bien du mal, ainsi que de sa vie perso où en tant que portier/voiturier/barman un certain nombre de loosers/petites frappes ont vidé leur sac sur leur vie. Je pensais connaître la fin car on s'attend soit au polar qui dégénère soit à beaucoup d'action soit une fin bisounours. Rien de tout cela, c'est très bien construit et je me suis laissé prendre à l'histoire au côté du personnage principal et jusqu'à la dernière page. Les dessins sont bien dans l'ambiance (la couverture est exactement le style que l'on trouve tout le long) avec une colorisation efficace. Les dialogues sont très stylés (même si ce n'est pas du audiart mais nous immerge bien dans l'ambiance aussi). Pour moi, le tout est cohérent pour une histoire bien humaine.
Le Loup des Mers
Superbe BD que voilà. Premièrement on en a pour notre argent : un album, 136 pages au graphisme sublime (la colorisation notamment est particulièrement réussie). Même si le héros et les divers personnages secondaires sont tous intéressants, le personnage qui fascine et irradie chaque planche de cette BD par sa présence est bien sur Loup Larsen. Sa "philosophie", son athéisme et son amoralisme donnent lieu à des monologues, dialogues, débats, engueulades énormes. Toutes ses discussions sur la religion, la morale et l'immortalité avec Hump, le héros, sont passionnantes. Le bougre est diablement convaincant et ses démonstrations ne manquent pas de saveur : il prouve la non-existence de l'immortalité de l'âme en faisant observer à Hump la manière dont son corps se débat pendant qu'il en train de l'étrangler, instinct de survie qui s'oppose avec la foi en l'immortalité de l'âme du héros. Cependant l'auteur ne cherche pas en faire un personnage sympathique comme c'est souvent le cas aujourd'hui avec l'archétype du type bourru et misanthrope qui cache en réalité un bon fond (style Dr House) : Loup Larsen est une ordure, un monstre presque dément et particulièrement violent qui laisse volontairement mourir deux marins qui cherchaient à échapper à son emprise alors qu'il pouvait les secourir. Malgré cela, sa philosophie fascine et Hump, tout en le craignant et le haïssant, évolue grâce à lui.