Des orphelins et la guerre, voilà un sujet à priori bien rébarbatif à mon goût. Mais les auteurs de cette série ont réussi à en extraire un récit original, agréable et intéressant.
Déjà il y a le dessin qui est très sympa. Il pêche parfois un peu au niveau de la profondeur et des perspectives, ou encore au niveau de la constance des visages ou des anatomies, mais ce sont d'infimes défauts qui s'oublient très vite au profit d'une mise en page et d'un trait de très bonne facture et qui sert très bien l'histoire. Le style semi-réaliste, à la limite de la caricature à gros nez, permet en outre de garder un ton léger à un récit qui pourrait paraitre bien sombre autrement.
En effet, le fond l'histoire n'est pas drôle puisqu'il s'agit de suivre la survie débrouillarde de 4 orphelins et d'une petite fille, tous français, s'étant retrouvés accidentellement à l'arrière du front allemand durant la première guerre mondiale. Mais le ton ne tombe pas dans le sombre (pour le moment en tout cas) et le récit reste léger, piqueté d'un peu d'humour et d'espoir.
Et ce sont surtout les personnages que je trouve bien trouvés. Les jeunes héros sont en effet tous de fortes têtes, s'engueulant sans arrêt, mais qui forment également une vraie bande d'amis bien sympathique et dont les péripéties sont agréables à suivre.
C'est une bonne lecture mêlant aventure et histoire. J'espère que la série gardera le même niveau jusqu'à sa conclusion.
Cette histoire d'amour atypique échafaudée à partir d'un poème de Tristan Corbière écrit sur des cigarettes, est très original et d'une grande sensibilité. La narration, la mise en page constituée de cases larges, le dessin forment un tout en parfaite harmonie.
C'est une Bd intimiste au ton très mélancolique et plein d'amertume, avec des passages touchants, un acte de foi en la poésie et l'amour qui peuvent se dresser face à un pouvoir oppresseur et à la souffrance.
Le lieu n'est pas situé clairement, mais les décors urbains, des drapeaux, et le nom de Prague sur un plan de ville indiquent qu'on est dans l'ancienne Tchécoslovaquie, qui symbolise à elle seule tous les pays totalitaires où cette histoire aurait pu se dérouler.
J'aime bien le dessin de Pellejero, à la fois simplifié et net dans ses contours, limpide et lisse, avec un beau visage plein de charme de Laura quel que soit son âge, et ce malgré le trait épais.
Un récit émotionnel d'une grande beauté.
En ce moment, je dois être dans un trip Breton ; après Les Contes de l'Ankou puis Les Contes de Brocéliande, me voici lancé dans cette série dont le visuel me réjouit. Le dessin est très plaisant, et même carrément beau, détaillé, précis, avec de beaux visages, et il restitue bien l'ambiance bretonne avec les costumes, le calvaire, les petites maisons de granit, les carcasses de bateaux... qui s'ajoutent au langage bien utilisé.
La Bd joue avec les croyances, les peurs, les légendes de marins, de trépassés ancrées dans cette Bretagne très pieuse et très superstitieuse, qui craint l'Ankou et le diable. C'était encore comme ça au début du 20ème siècle ; faut pas oublier que cette région est l'une des plus particularistes de France, comme le Pays basque ou la Corse, elle a vécu pendant 10 siècles presque en autarcie, convoitée par les 2 royaumes les plus puissants au Moyen Age (France et Angleterre), et qu'elle n'a cédé que sous le règne de François Ier, lors du rattachement à la France. Le breton est une langue, pas un dialecte, qui était parlée bien avant le futur français, aussi, pour cette raison, je ne trouve pas que l'abondance de prénoms bretons détone dans ce récit ; des prénoms plus courants comme Jean, Paul ou Pierre et bien-sûr Yves ou Hervé, ont été utilisés plutôt à partir du milieu du XIXème siècle.
Il est question ici des naufrageurs, ces pilleurs d'épaves qui souvent provoquaient eux-mêmes les naufrages des navires avec des feux lumineux qui attiraient ceux-ci sur des brisants. J'ai lu des histoires sur ces naufrageurs, il y en avait beaucoup autour de la baie d'Audierne qui entre 1700 et 1800 venaient s'emparer de tous les débris des bateaux naufragés. Ici, le lieu n'est pas nommé, mais peu importe, cette Bd éclaire d'intéressante façon ces pratiques condamnables ; elle a un côté très documenté, même les rochers à forme étrange sont inspirés des Rochers sculptés de Rothéneuf, près de Saint-Malo, et d'ailleurs le personnage de la noble Hermine, porte ce nom.
Une excellente Bd, bien remplie, à l'ambiance très Breizh bien recréée, au souffle romanesque, aux nombreux rebondissements (peut-être même trop), et au traitement graphique de toute beauté. A déguster en buvant un bon cidre de Fouesnant...
Ric Hochet est l'un de mes héros favoris de la BD franco-belge.
Certes, comme l'ont signalé beaucoup de posteurs avant moi, la qualité de la série va en déclinant. Mais d'un autre côté, peu de héros peuvent se prévaloir d'une telle longévité !
Personnellement, je trouve que la qualité commence à décroître passés les 50 premiers tomes. Il y a quelques exceptions à relever (le doublet "Un million sans impôts"-"L'heure du kidnapping", très réussi) mais globalement, on perd l'aspect très accrocheur et créatif qui caractérise une bonne majorité des premiers albums.
En voulant faire entrer son héros dans la modernité, Duchâteau confère un ton plus sombre à la série qui selon moi ne lui convient pas. Je n'aime pas voir les criminels utiliser internet et les outils de communication actuels, je trouve un peu ridicule la façon dont les auteurs se représentent et se font intervenir dans certaines histoires ("BD Meurtres") et le fait de découvrir la face cachée de certains personnages que l'on a l'impression de connaître depuis toujours (l'inspecteur Ledru, qui se révèle bien amer et antipathique dans "Le contrat du siècle") s'avère finalement quelque peu décevant.
Mais selon moi, la série ne manque pas de points forts : un dessin très plaisant et clair, parfaitement adapté (Tibet est ici bien plus convaincant que dans son autre série, Chick Bill, qui s'adresse à un public plus jeune), une mise en couleurs propre, une galerie de méchants très variés et joliment troussés, des héros assez clichés mais très attachants malgré tout et surtout, un effort constant dans les scénarios pour placer Ric et ses lecteurs dans des atmosphères particulières et étranges. Bien qu'une explication rationnelle soit toujours au rendez-vous en fin de course, des tomes comme "Les Spectres de la Nuit" (mon préféré de la série), l'effrayant "Monstre de Noireville" ou le dramatique "La Nuit des Vampires" créent des ambiances gothiques et morbides qui sont en mesure de séduire aussi bien les fans de polars classiques que les amateurs de littérature fantastique. Les aventures qui flirtent avec ces mystères de l'indicible sont selon moi les plus réussies, même si certains tomes aux intrigues plus classiques et réalistes révèlent parfois des fins marquantes et surprenantes (je pense notamment aux "Témoins de Satan" ou à "La Liste mortelle").
Je suis étonné de voir que certains posteurs recommandent la série aux 8-12 ans. Des tomes comme "Le Maléfice Vaudou" ou "Le Disparu de l'Enfer" sont tout de même assez glauques et peuvent impressionner défavorablement un trop jeune public. De plus, certaines intrigues nécessitent un bon degré de compréhension pour être pleinement saisies. Selon moi, la série s'adresse plutôt aux adolescents.
Bref, Ric Hochet, malgré ses moments de faiblesse (en toute objectivité il y a aussi un peu de rebut sur les 50 premiers tomes) est une excellente série, qui mérite d'être redécouverte et se lit et relit avec un véritable plaisir. Personnellement, je ne m'en lasse pas et son côté désuet ne me gène pas le moins du monde, bien au contraire. Du divertissement oui, mais de très haute tenue !
Touche-à-tout génial récemment passé au cinéma, Riad Sattouf nous emmène à la découverte de son enfance et de son père. Il nous donne par la même occasion les clés de son inspiration foutraque et de son regard aigu, lucide mais distancié sur le monde.
Fils d’une bretonne et d’un syrien, Sattouf a passé une longue partie de son enfance en Libye puis dans le village syrien de sa famille, un coin particulièrement déshérité, y compris culturellement, où l’enfant aux jolis boucles blondes vit un rude choc des cultures. En Libye, il ne faut jamais quitter la maison tous en même temps, puisque le Guide suprême –Khadafi, qu’idolâtre le père- a décrété qu’une maison inoccupée appartient à celui qui la veut !
En Syrie, Riad subit les brimades de cousins bornés, analphabètes et bagarreurs, gavés d’idéologie antisémite. En Bretagne, est-ce un moindre mal, il navigue entre ses grands-parents divorcés : une grand-mère un peu dépressive, dont la voisine simplette vit avec un siècle de retard, et un grand-père libidineux, qui a décidé d’habiter dans une caravane.
Dans cet album en bichromie, une couleur est affectée à chaque pays, pour marquer les changements d’univers radicaux que vit le petit Riad, à la poursuite des chimères de son père. Devenu le seul intellectuel d’une famille qui s’est sacrifié pour lui payer des études, Abderrazak rêve d’une reconnaissance éclatante dans son pays d’origine, alors que les siens n’admettent déjà plus vraiment comme un des leurs ce demi-français lunaire trop cultivé. Sauf sa maman, la grand-mère de Riad, auprès de qui Abderrazak redevient un petit enfant.
Déchiré entre deux mondes, il élève Riad tantôt dans un esprit subversif, laïc et gauchiste, gavant le pauvre enfant de panarabisme mal compris, tantôt dans une sorte de tradition retrouvée, le Coran a la main. Quoi qu’il en soit, et bien que la définition de la chose change selon les pays et les moments, Abderrazak est bien déterminé à faire de son fils un « Arabe du futur » !
Quant à Clémentine, sa mère, elle suit dans le premier tome son fantasque mari avec un accablement résigné, regardée de travers en Libye, mal accueillie en Syrie, mais jamais capable de convaincre Abderrazak de s’installer définitivement en Europe.
Le dessin rond et fluide de Sattouf sert très bien cette histoire qui se dévore à la même vitesse qu’un Guy Delisle. Nous sommes là dans un nouveau genre : l’autobiographie BD, où le dessin sert avant tout à suggérer, à évoquer, à éviter les descriptions longuettes et se met entièrement au service du récit.
Trois vieux roudoudous, réunis pour l’enterrement de Lucette, l’épouse de l’un d'entre eux, se retrouvent embarqués dans une folle équipée vers l’Italie, à cause d’une histoire vieille de 50 ans, en compagnie de Sophie, petite-fille et sosie de Lucette, enceinte de 7 mois.
Antoine, le nouveau veuf de la bande, a passé sa vie à la tête de la section syndicale d’un gros laboratoire pharmaceutique. Émile cache une vie de bâton de chaise sous des dehors de papi respectable pour jardin public. Pierre, le plus brindezingue des trois, anime le collectif d’aveugles anarchistes « Ni Yeux ni maître ».
Malgré leur âge canonique, nos trois compères n’ont renoncé ni à leur esprit frondeur ni à leur goût pour les bêtises d’adolescents. Heureusement, Sophie veille sur eux. Une Sophie pas plus raisonnable que son grand-père pourtant, qui a quitté boulot et mec à Paris, pour venir reprendre le « Loup en slip », le théâtre de marionnettes itinérant de sa grand-mère, et qui est capable d’engueuler une bande de touristes septuagénaires sur une aire d’autoroute, en leur expliquant qu’ils sont la pire génération de toute l’histoire de l’humanité.
Dans la veine des Petits Ruisseaux ou du roman Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, les Vieux Fourneaux est une réjouissante pochade qui se moque des « seniors » sans tabous pour rappeler que la vie se déguste à tous les âges et que la vraie vieillesse, c’est de renoncer.
Le dessin très expressif de Cauuet, dans la veine de Lelong, rajoute de la vigueur à cette histoire très bien troussée.
Une de mes plus jolies découvertes de 2014 !
Roméo et Juliette chez Flash Gordon. Présentée comme ça, la comparaison pourrait faire fuir. Ne faites pas cette erreur, cette série est une belle réussite !
Depuis longtemps, les habitants de Continent font la guerre aux habitants de Couronne, la lune de leur planète. Par peur de détruire le fragile équilibre des deux astres, ils ont exporté leur conflit sur tous les mondes habitables des alentours.
Peu de choses distinguent les Luniens des Continentaux, sinon que ces derniers portent de petites ailes de libellule dans le dos, tandis que les premiers arborent des cornes de bouc sur la tête. Deux espèces différentes ? Même pas, puisqu’ils sont interfertiles.
C’est en tout cas ce que découvrent Alana, la fille de Continent, et Marko, le Lunien. Aucune des deux armées ne peut tolérer une telle trahison. Et les voilà désormais poursuivis par les deux camps à la fois, plus quelques chasseurs de primes.
L’histoire ne finira pas trop mal sans doute pour l’enfant de leur union, la petite Hazel, puisque c’est elle, en voix off, qui raconte toute l’aventure.
Si le scénario de base est assez simple –la cavale de deux amoureux-, l’univers déployé autour d’eux par Vaughan, scénariste de la série Lost, déborde d’imagination et de créatures féériques ou cauchemardesques : prince robot à tête de télévision, fusée vivante poussant comme un arbre, araignée à buste de femme... Peu d’univers de space opéra en bande dessinée avaient réussi à déployer une telle inventivité visuelle depuis Valérian et Laureline.
Le dessin de Fiona Staples, très réaliste –elle se photographie elle-même pour camper ses personnages féminins- sert magnifiquement cette histoire qu’on dévore sans voir passer les pages.
J’espère trouver les tomes 2 et 3 rapidement et j’attends le tome 4 avec impatience !
Le pauvre Charles IX a déclenché la Saint-Barthélémy pour faire plaisir à sa mère. Plusieurs autres de ses initiatives, pourtant louables, se sont soldées par des centaines de morts et il a fini fou après une douzaine d’années de règne sous la coupe maternelle. Mais il avait un bon fonds, rappelle la 4e de couverture…
Teulé et Guérineau en rajoutent un peu dans la description de ce que les psychiatres appelleraient aujourd’hui une famille pathologique : mère castratrice et peu aimante, fils cadet et préféré (le futur Henri III) méchant comme une teigne et vêtu comme un adepte de Cure mal sorti d’une adolescence torturée, fille carrément gothique qui se balade avec des crânes dans du formol sous le bras (la fameuse reine Margot).
Au milieu de cette bande de cinglés, le pauvre Charles, mal préparé à devenir roi à la place d’un grand frère mort trop tôt, tente tant bien que mal de s’en sortir. Plutôt mal que bien. Le souvenir de la Saint-Barthélémy, qui ouvre le récit, ne va pas l’y aider. L’histoire raconte en réalité les deux dernières années de règne –et de vie- de Charles IX, et sa plongée dans la folie, jusqu’à se mettre à chasser le cerf dans son château, nu comme un ver sur son cheval.
Guérineau n’y va pas avec le dos de la cuillère. Certes l’époque était assez gratinée. Mais le récit est souvent un poil démonstratif et les personnages trop caricaturaux. La farce macabre l’emporte sur l’étude de caractères.
Le dessin souple et nerveux, les personnages aux gueules marquées renforcent encore ce parti pris théâtral et outrancier. Il y a du Shakespeare dans cette histoire, la complexité et l’introspection en moins.
Bravo pour finir à la mise en page dynamique et aux couleurs très réussies.
Pas un chef d’œuvre impérissable mais un très bel album et une excellente surprise de ce millésime 2014.
Je ne pense pas prendre beaucoup de risques en « boostant » Storm Dogs , j’ai trouvé ce premier tome de SF excellent.
Le monde mis en place par les auteurs est débordant d’imagination, on retrouve sur Amarante, planète située aux confins de la civilisation, une faune et une flore très riches et très étonnantes. Une colonie terrienne peuplée d’aventuriers exploite le sous-sol de la lointaine planète.
Le scénario est solide et prenant, l’histoire débute avec une enquête policière orchestrée par le pouvoir central mais on bascule assez vite vers le fantastique, Amarante recèle de lourds secrets que les auteurs nous dévoilent pour l’instant à dose homéopathique.
Une histoire assez fouillée qui demande un minimum de concentration, néanmoins la lecture est passionnante.
Le dessin est très bien travaillé, les couleurs sont étonnantes mais l’ensemble est original et agréable.
La BD est munie d’un addendum expliquant de façon assez détaillée les caractéristiques des différents protagonistes, comme quoi les auteurs prennent à cœur le jeu des personnages.
Je m’attendais à trouver un récit austère et limite larmoyant avec ce sujet. J’ai trouvé tout le contraire. Les auteurs parviennent à rendre très vivante cette biographie d’une des plus grandes égéries de l’entre-deux-guerres. Le trait est alerte, vif, et les dialogues sont spontanés et sonnent juste.
Pourtant, de biographie il est bien question puisque l’on suivra Kiki de sa naissance jusqu’à sa mort. Mais le récit est très vivant, jamais lourd… parfois un peu longuet et répétitif mais ces deux petits reproches n’en sont pas vraiment puisqu’ils permettent au lecteur que je suis de mieux appréhender encore la trajectoire de cette sulfureuse personne.
Après La Casati - la Muse égoïste et Violette Nozière Vilaine chérie, c’est le troisième portrait de femme en quête d’admiration (et qui auraient pu se croiser dans la vie réelle puisque toutes trois furent actives dans l’entre-deux-guerres) que je lis. Les similitudes entre elles sont nombreuses (mœurs libérées, besoin de reconnaissance, destin tragique) mais Kiki est celle qui m’est apparue comme la plus sympathique, celle qui me semble s’être le mieux acceptée. Et le mérite en revient certainement aux auteurs.
Par ailleurs, cette biographie est un bon prétexte pour nous replonger dans les milieux artistiques de l’époque puisque le modèle croisera plus d’un artiste notoire.
Un chouette album, définitivement, pour un personnage que j’ai trouvé attachant et détestable à la fois, extrême dans ses choix de vie mais cohérente avec elle-même.
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La Guerre des Lulus
Des orphelins et la guerre, voilà un sujet à priori bien rébarbatif à mon goût. Mais les auteurs de cette série ont réussi à en extraire un récit original, agréable et intéressant. Déjà il y a le dessin qui est très sympa. Il pêche parfois un peu au niveau de la profondeur et des perspectives, ou encore au niveau de la constance des visages ou des anatomies, mais ce sont d'infimes défauts qui s'oublient très vite au profit d'une mise en page et d'un trait de très bonne facture et qui sert très bien l'histoire. Le style semi-réaliste, à la limite de la caricature à gros nez, permet en outre de garder un ton léger à un récit qui pourrait paraitre bien sombre autrement. En effet, le fond l'histoire n'est pas drôle puisqu'il s'agit de suivre la survie débrouillarde de 4 orphelins et d'une petite fille, tous français, s'étant retrouvés accidentellement à l'arrière du front allemand durant la première guerre mondiale. Mais le ton ne tombe pas dans le sombre (pour le moment en tout cas) et le récit reste léger, piqueté d'un peu d'humour et d'espoir. Et ce sont surtout les personnages que je trouve bien trouvés. Les jeunes héros sont en effet tous de fortes têtes, s'engueulant sans arrêt, mais qui forment également une vraie bande d'amis bien sympathique et dont les péripéties sont agréables à suivre. C'est une bonne lecture mêlant aventure et histoire. J'espère que la série gardera le même niveau jusqu'à sa conclusion.
Un peu de fumée bleue...
Cette histoire d'amour atypique échafaudée à partir d'un poème de Tristan Corbière écrit sur des cigarettes, est très original et d'une grande sensibilité. La narration, la mise en page constituée de cases larges, le dessin forment un tout en parfaite harmonie. C'est une Bd intimiste au ton très mélancolique et plein d'amertume, avec des passages touchants, un acte de foi en la poésie et l'amour qui peuvent se dresser face à un pouvoir oppresseur et à la souffrance. Le lieu n'est pas situé clairement, mais les décors urbains, des drapeaux, et le nom de Prague sur un plan de ville indiquent qu'on est dans l'ancienne Tchécoslovaquie, qui symbolise à elle seule tous les pays totalitaires où cette histoire aurait pu se dérouler. J'aime bien le dessin de Pellejero, à la fois simplifié et net dans ses contours, limpide et lisse, avec un beau visage plein de charme de Laura quel que soit son âge, et ce malgré le trait épais. Un récit émotionnel d'une grande beauté.
Le Sang des Porphyre
En ce moment, je dois être dans un trip Breton ; après Les Contes de l'Ankou puis Les Contes de Brocéliande, me voici lancé dans cette série dont le visuel me réjouit. Le dessin est très plaisant, et même carrément beau, détaillé, précis, avec de beaux visages, et il restitue bien l'ambiance bretonne avec les costumes, le calvaire, les petites maisons de granit, les carcasses de bateaux... qui s'ajoutent au langage bien utilisé. La Bd joue avec les croyances, les peurs, les légendes de marins, de trépassés ancrées dans cette Bretagne très pieuse et très superstitieuse, qui craint l'Ankou et le diable. C'était encore comme ça au début du 20ème siècle ; faut pas oublier que cette région est l'une des plus particularistes de France, comme le Pays basque ou la Corse, elle a vécu pendant 10 siècles presque en autarcie, convoitée par les 2 royaumes les plus puissants au Moyen Age (France et Angleterre), et qu'elle n'a cédé que sous le règne de François Ier, lors du rattachement à la France. Le breton est une langue, pas un dialecte, qui était parlée bien avant le futur français, aussi, pour cette raison, je ne trouve pas que l'abondance de prénoms bretons détone dans ce récit ; des prénoms plus courants comme Jean, Paul ou Pierre et bien-sûr Yves ou Hervé, ont été utilisés plutôt à partir du milieu du XIXème siècle. Il est question ici des naufrageurs, ces pilleurs d'épaves qui souvent provoquaient eux-mêmes les naufrages des navires avec des feux lumineux qui attiraient ceux-ci sur des brisants. J'ai lu des histoires sur ces naufrageurs, il y en avait beaucoup autour de la baie d'Audierne qui entre 1700 et 1800 venaient s'emparer de tous les débris des bateaux naufragés. Ici, le lieu n'est pas nommé, mais peu importe, cette Bd éclaire d'intéressante façon ces pratiques condamnables ; elle a un côté très documenté, même les rochers à forme étrange sont inspirés des Rochers sculptés de Rothéneuf, près de Saint-Malo, et d'ailleurs le personnage de la noble Hermine, porte ce nom. Une excellente Bd, bien remplie, à l'ambiance très Breizh bien recréée, au souffle romanesque, aux nombreux rebondissements (peut-être même trop), et au traitement graphique de toute beauté. A déguster en buvant un bon cidre de Fouesnant...
Ric Hochet
Ric Hochet est l'un de mes héros favoris de la BD franco-belge. Certes, comme l'ont signalé beaucoup de posteurs avant moi, la qualité de la série va en déclinant. Mais d'un autre côté, peu de héros peuvent se prévaloir d'une telle longévité ! Personnellement, je trouve que la qualité commence à décroître passés les 50 premiers tomes. Il y a quelques exceptions à relever (le doublet "Un million sans impôts"-"L'heure du kidnapping", très réussi) mais globalement, on perd l'aspect très accrocheur et créatif qui caractérise une bonne majorité des premiers albums. En voulant faire entrer son héros dans la modernité, Duchâteau confère un ton plus sombre à la série qui selon moi ne lui convient pas. Je n'aime pas voir les criminels utiliser internet et les outils de communication actuels, je trouve un peu ridicule la façon dont les auteurs se représentent et se font intervenir dans certaines histoires ("BD Meurtres") et le fait de découvrir la face cachée de certains personnages que l'on a l'impression de connaître depuis toujours (l'inspecteur Ledru, qui se révèle bien amer et antipathique dans "Le contrat du siècle") s'avère finalement quelque peu décevant. Mais selon moi, la série ne manque pas de points forts : un dessin très plaisant et clair, parfaitement adapté (Tibet est ici bien plus convaincant que dans son autre série, Chick Bill, qui s'adresse à un public plus jeune), une mise en couleurs propre, une galerie de méchants très variés et joliment troussés, des héros assez clichés mais très attachants malgré tout et surtout, un effort constant dans les scénarios pour placer Ric et ses lecteurs dans des atmosphères particulières et étranges. Bien qu'une explication rationnelle soit toujours au rendez-vous en fin de course, des tomes comme "Les Spectres de la Nuit" (mon préféré de la série), l'effrayant "Monstre de Noireville" ou le dramatique "La Nuit des Vampires" créent des ambiances gothiques et morbides qui sont en mesure de séduire aussi bien les fans de polars classiques que les amateurs de littérature fantastique. Les aventures qui flirtent avec ces mystères de l'indicible sont selon moi les plus réussies, même si certains tomes aux intrigues plus classiques et réalistes révèlent parfois des fins marquantes et surprenantes (je pense notamment aux "Témoins de Satan" ou à "La Liste mortelle"). Je suis étonné de voir que certains posteurs recommandent la série aux 8-12 ans. Des tomes comme "Le Maléfice Vaudou" ou "Le Disparu de l'Enfer" sont tout de même assez glauques et peuvent impressionner défavorablement un trop jeune public. De plus, certaines intrigues nécessitent un bon degré de compréhension pour être pleinement saisies. Selon moi, la série s'adresse plutôt aux adolescents. Bref, Ric Hochet, malgré ses moments de faiblesse (en toute objectivité il y a aussi un peu de rebut sur les 50 premiers tomes) est une excellente série, qui mérite d'être redécouverte et se lit et relit avec un véritable plaisir. Personnellement, je ne m'en lasse pas et son côté désuet ne me gène pas le moins du monde, bien au contraire. Du divertissement oui, mais de très haute tenue !
L'Arabe du futur
Touche-à-tout génial récemment passé au cinéma, Riad Sattouf nous emmène à la découverte de son enfance et de son père. Il nous donne par la même occasion les clés de son inspiration foutraque et de son regard aigu, lucide mais distancié sur le monde. Fils d’une bretonne et d’un syrien, Sattouf a passé une longue partie de son enfance en Libye puis dans le village syrien de sa famille, un coin particulièrement déshérité, y compris culturellement, où l’enfant aux jolis boucles blondes vit un rude choc des cultures. En Libye, il ne faut jamais quitter la maison tous en même temps, puisque le Guide suprême –Khadafi, qu’idolâtre le père- a décrété qu’une maison inoccupée appartient à celui qui la veut ! En Syrie, Riad subit les brimades de cousins bornés, analphabètes et bagarreurs, gavés d’idéologie antisémite. En Bretagne, est-ce un moindre mal, il navigue entre ses grands-parents divorcés : une grand-mère un peu dépressive, dont la voisine simplette vit avec un siècle de retard, et un grand-père libidineux, qui a décidé d’habiter dans une caravane. Dans cet album en bichromie, une couleur est affectée à chaque pays, pour marquer les changements d’univers radicaux que vit le petit Riad, à la poursuite des chimères de son père. Devenu le seul intellectuel d’une famille qui s’est sacrifié pour lui payer des études, Abderrazak rêve d’une reconnaissance éclatante dans son pays d’origine, alors que les siens n’admettent déjà plus vraiment comme un des leurs ce demi-français lunaire trop cultivé. Sauf sa maman, la grand-mère de Riad, auprès de qui Abderrazak redevient un petit enfant. Déchiré entre deux mondes, il élève Riad tantôt dans un esprit subversif, laïc et gauchiste, gavant le pauvre enfant de panarabisme mal compris, tantôt dans une sorte de tradition retrouvée, le Coran a la main. Quoi qu’il en soit, et bien que la définition de la chose change selon les pays et les moments, Abderrazak est bien déterminé à faire de son fils un « Arabe du futur » ! Quant à Clémentine, sa mère, elle suit dans le premier tome son fantasque mari avec un accablement résigné, regardée de travers en Libye, mal accueillie en Syrie, mais jamais capable de convaincre Abderrazak de s’installer définitivement en Europe. Le dessin rond et fluide de Sattouf sert très bien cette histoire qui se dévore à la même vitesse qu’un Guy Delisle. Nous sommes là dans un nouveau genre : l’autobiographie BD, où le dessin sert avant tout à suggérer, à évoquer, à éviter les descriptions longuettes et se met entièrement au service du récit.
Les Vieux Fourneaux
Trois vieux roudoudous, réunis pour l’enterrement de Lucette, l’épouse de l’un d'entre eux, se retrouvent embarqués dans une folle équipée vers l’Italie, à cause d’une histoire vieille de 50 ans, en compagnie de Sophie, petite-fille et sosie de Lucette, enceinte de 7 mois. Antoine, le nouveau veuf de la bande, a passé sa vie à la tête de la section syndicale d’un gros laboratoire pharmaceutique. Émile cache une vie de bâton de chaise sous des dehors de papi respectable pour jardin public. Pierre, le plus brindezingue des trois, anime le collectif d’aveugles anarchistes « Ni Yeux ni maître ». Malgré leur âge canonique, nos trois compères n’ont renoncé ni à leur esprit frondeur ni à leur goût pour les bêtises d’adolescents. Heureusement, Sophie veille sur eux. Une Sophie pas plus raisonnable que son grand-père pourtant, qui a quitté boulot et mec à Paris, pour venir reprendre le « Loup en slip », le théâtre de marionnettes itinérant de sa grand-mère, et qui est capable d’engueuler une bande de touristes septuagénaires sur une aire d’autoroute, en leur expliquant qu’ils sont la pire génération de toute l’histoire de l’humanité. Dans la veine des Petits Ruisseaux ou du roman Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, les Vieux Fourneaux est une réjouissante pochade qui se moque des « seniors » sans tabous pour rappeler que la vie se déguste à tous les âges et que la vraie vieillesse, c’est de renoncer. Le dessin très expressif de Cauuet, dans la veine de Lelong, rajoute de la vigueur à cette histoire très bien troussée. Une de mes plus jolies découvertes de 2014 !
Saga
Roméo et Juliette chez Flash Gordon. Présentée comme ça, la comparaison pourrait faire fuir. Ne faites pas cette erreur, cette série est une belle réussite ! Depuis longtemps, les habitants de Continent font la guerre aux habitants de Couronne, la lune de leur planète. Par peur de détruire le fragile équilibre des deux astres, ils ont exporté leur conflit sur tous les mondes habitables des alentours. Peu de choses distinguent les Luniens des Continentaux, sinon que ces derniers portent de petites ailes de libellule dans le dos, tandis que les premiers arborent des cornes de bouc sur la tête. Deux espèces différentes ? Même pas, puisqu’ils sont interfertiles. C’est en tout cas ce que découvrent Alana, la fille de Continent, et Marko, le Lunien. Aucune des deux armées ne peut tolérer une telle trahison. Et les voilà désormais poursuivis par les deux camps à la fois, plus quelques chasseurs de primes. L’histoire ne finira pas trop mal sans doute pour l’enfant de leur union, la petite Hazel, puisque c’est elle, en voix off, qui raconte toute l’aventure. Si le scénario de base est assez simple –la cavale de deux amoureux-, l’univers déployé autour d’eux par Vaughan, scénariste de la série Lost, déborde d’imagination et de créatures féériques ou cauchemardesques : prince robot à tête de télévision, fusée vivante poussant comme un arbre, araignée à buste de femme... Peu d’univers de space opéra en bande dessinée avaient réussi à déployer une telle inventivité visuelle depuis Valérian et Laureline. Le dessin de Fiona Staples, très réaliste –elle se photographie elle-même pour camper ses personnages féminins- sert magnifiquement cette histoire qu’on dévore sans voir passer les pages. J’espère trouver les tomes 2 et 3 rapidement et j’attends le tome 4 avec impatience !
Charly 9
Le pauvre Charles IX a déclenché la Saint-Barthélémy pour faire plaisir à sa mère. Plusieurs autres de ses initiatives, pourtant louables, se sont soldées par des centaines de morts et il a fini fou après une douzaine d’années de règne sous la coupe maternelle. Mais il avait un bon fonds, rappelle la 4e de couverture… Teulé et Guérineau en rajoutent un peu dans la description de ce que les psychiatres appelleraient aujourd’hui une famille pathologique : mère castratrice et peu aimante, fils cadet et préféré (le futur Henri III) méchant comme une teigne et vêtu comme un adepte de Cure mal sorti d’une adolescence torturée, fille carrément gothique qui se balade avec des crânes dans du formol sous le bras (la fameuse reine Margot). Au milieu de cette bande de cinglés, le pauvre Charles, mal préparé à devenir roi à la place d’un grand frère mort trop tôt, tente tant bien que mal de s’en sortir. Plutôt mal que bien. Le souvenir de la Saint-Barthélémy, qui ouvre le récit, ne va pas l’y aider. L’histoire raconte en réalité les deux dernières années de règne –et de vie- de Charles IX, et sa plongée dans la folie, jusqu’à se mettre à chasser le cerf dans son château, nu comme un ver sur son cheval. Guérineau n’y va pas avec le dos de la cuillère. Certes l’époque était assez gratinée. Mais le récit est souvent un poil démonstratif et les personnages trop caricaturaux. La farce macabre l’emporte sur l’étude de caractères. Le dessin souple et nerveux, les personnages aux gueules marquées renforcent encore ce parti pris théâtral et outrancier. Il y a du Shakespeare dans cette histoire, la complexité et l’introspection en moins. Bravo pour finir à la mise en page dynamique et aux couleurs très réussies. Pas un chef d’œuvre impérissable mais un très bel album et une excellente surprise de ce millésime 2014.
Storm Dogs
Je ne pense pas prendre beaucoup de risques en « boostant » Storm Dogs , j’ai trouvé ce premier tome de SF excellent. Le monde mis en place par les auteurs est débordant d’imagination, on retrouve sur Amarante, planète située aux confins de la civilisation, une faune et une flore très riches et très étonnantes. Une colonie terrienne peuplée d’aventuriers exploite le sous-sol de la lointaine planète. Le scénario est solide et prenant, l’histoire débute avec une enquête policière orchestrée par le pouvoir central mais on bascule assez vite vers le fantastique, Amarante recèle de lourds secrets que les auteurs nous dévoilent pour l’instant à dose homéopathique. Une histoire assez fouillée qui demande un minimum de concentration, néanmoins la lecture est passionnante. Le dessin est très bien travaillé, les couleurs sont étonnantes mais l’ensemble est original et agréable. La BD est munie d’un addendum expliquant de façon assez détaillée les caractéristiques des différents protagonistes, comme quoi les auteurs prennent à cœur le jeu des personnages.
Kiki de Montparnasse
Je m’attendais à trouver un récit austère et limite larmoyant avec ce sujet. J’ai trouvé tout le contraire. Les auteurs parviennent à rendre très vivante cette biographie d’une des plus grandes égéries de l’entre-deux-guerres. Le trait est alerte, vif, et les dialogues sont spontanés et sonnent juste. Pourtant, de biographie il est bien question puisque l’on suivra Kiki de sa naissance jusqu’à sa mort. Mais le récit est très vivant, jamais lourd… parfois un peu longuet et répétitif mais ces deux petits reproches n’en sont pas vraiment puisqu’ils permettent au lecteur que je suis de mieux appréhender encore la trajectoire de cette sulfureuse personne. Après La Casati - la Muse égoïste et Violette Nozière Vilaine chérie, c’est le troisième portrait de femme en quête d’admiration (et qui auraient pu se croiser dans la vie réelle puisque toutes trois furent actives dans l’entre-deux-guerres) que je lis. Les similitudes entre elles sont nombreuses (mœurs libérées, besoin de reconnaissance, destin tragique) mais Kiki est celle qui m’est apparue comme la plus sympathique, celle qui me semble s’être le mieux acceptée. Et le mérite en revient certainement aux auteurs. Par ailleurs, cette biographie est un bon prétexte pour nous replonger dans les milieux artistiques de l’époque puisque le modèle croisera plus d’un artiste notoire. Un chouette album, définitivement, pour un personnage que j’ai trouvé attachant et détestable à la fois, extrême dans ses choix de vie mais cohérente avec elle-même.