Les derniers avis (32015 avis)

Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dieter Lumpen
Dieter Lumpen

Mosquito a le chic pour me faire découvrir des auteurs de BD pleins de talents qui me sont passés sous le nez dont je redécouvre le travail souvent par hasard... Cela avait déjà été le cas avec Sergio Toppi ; cette fois c'est le duo Ruben Pellejero au dessin et Jorge Zentner à la plume. Si l'on fait abstraction de cette couverture des plus ratée à mon goût (elle ne révèle rien de la richesse de cette série, voire donne l'effet inverse....), cette intégrale est un pur régal de lecture pour tout amateur d'Aventure. Car avec Dieter Lumpen, pas le temps d'investir dans la charentaise ! Si le sieur aime à se poser de temps en temps dans un petit coin de paradis pour reprendre son souffle ou simplement pour profiter de la vie, c'est l'Aventure qui vient lui mettre son pied au cul pour repartir de plus belle. La Légion, c'est des vacances à côté ! Vous vouliez voir du pays ? Vous allez être servi ! Car Jorge Zentner s'amuse à trimbaler son personnage à travers tous les endroits les plus majestueux et les plus évocateurs du globe. Turquie, Tunisie, France, Etats-Unis, Caraïbes... c'est à travers les années 40 et des personnages toujours plus ou moins recommandables que Dieter se retrouve embrigadé plus ou moins malgré lui, parfois juste pour tromper l'ennui, dans des tribulations épiques où le surnaturel pointe même parfois le bout de son nez. Ajoutez à cette odyssée sans réel but le dessin somptueux de Ruben Pellejero qui tant dans les cadrages que par sa maîtrise du noir nous propose des planches toutes plus magnifiques les unes que les autres, et vous obtenez une série dont on ne se lasse pas et qui n'appelle qu'une chose : la relecture... Amis de l'Aventure, ne ratez pas le coche, votre guide à travers le globe vous attend !

19/12/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nas, poids plume
Nas, poids plume

Nas, c'est mon coup de cœur jeunesse de cette fin d'année ! Une vrai bulle d'air frais ! C'est pep's, vivant, réaliste mais sans pathos. Bref, quelque chose qui sonne juste et de positif ! Ismael Méziane qui signe cet album en solo met le doigt de façon efficace sur les préoccupations de tout un chacun, en passant aussi bien par la case école que par celle du monde du travail. Il réussit de la plus belle des manières à aborder subtilement des thèmes comme les relations intergénérationnelles et pose surtout la question de comment trouver sa place (à l'école, dans sa famille, au travail...) sans se laisser faire, ni écraser les autres. C'est là que la boxe (sur)prend toute sa place et s'impose pour le jeune Nas, victime de violence à l'école et dont la mère un peu trop mère poule à son goût, refuse de le laisser s'inscrire au club de boxe de son quartier. Heureusement, papi n'est pas si sénile qu'il y parait... Le dessin simple mais très expressif d'Ismael Méziane est parfait pour cet exercice. Ses personnages sont pétillants et attachants, chacun ayant sa place et son rôle dans cette mise en scène très réussie de la vie quotidienne et de sa rude école. Une très bonne série jeunesse à qui je promets un bel avenir si la suite est du même tenant !

19/12/2014 (modifier)
Par Daggermam
Note: 4/5
Couverture de la série Complainte des landes perdues - Les Chevaliers du Pardon
Complainte des landes perdues - Les Chevaliers du Pardon

Voilà c'est fini... Le dernier tome de feu Philippe Delaby. Certainement pour moi l'un des meilleurs dessinateurs du 7ème art sinon le meilleur. Quelle tristesse lorsque j`appris le décès de Philippe. Il est l'un des rares dessinateurs dont j'ai suivi l'évolution entre le 1er tome de Murena jusqu'au dernier tome des Landes Perdues. Ces dernières années il avait atteint un niveau de dessin qui frise la perfection, tant au niveau des personnages que pour les bâtiments et autres décors. Il était et restera pour moi le dessinateur le plus généreux que j'ai pu ''lire''. Pas une case sur fond uni, du détail à foison, à chaque lecture de ses albums je découvre un nouvel aspect qui me donne l' impression de lire l'album pour la première fois. Une pensée aussi à ses proches, à Jean Dufaux et à Jeremy. Des moments toujours difficiles à passer. Enfin ce tome termine dans la douleur un cycle somme toute assez sombre. En fait (ne pas lire la suite pour ceux qui n'ont pas lu les 4 tomes) ici la légendes des Moriganes est le prétexte pour nous narrer l'histoire du Guinea Lord. La fin prenant tout le monde à contre pied avec un petit côté ''retour du Jedi'' au moment où le Guinea Lord retire son casque. Ce 4eme opus termine aussi le récit de Seamus devenu chevalier et prêt à affronter le cycle suivant (Rosinski/Dufaux). Je n'en dis pas plus.

18/12/2014 (modifier)
Couverture de la série Kim Devil
Kim Devil

C'est de la grande aventure comme on en voyait au ciné dans les années 50, genre "les Mines du roi Salomon", d'ailleurs le héros est un guide inspiré par le personnage de Allan Quatermain, et il inspirera à son tour de nombreux héros de BD qui évolueront dans un registre proche. C'est de l'aventure très formatée avec des éléments caractéristiques de cette époque et qui perdureront sur les 2 décennies suivantes, c'est rempli de jungle amazonienne mystérieuse et pleine de périls, de peuples disparus, de tribus sauvages, de trésor à découvrir, de cités interdites, de superstitions indigènes et de bêtes peu sociables... bref tout le catalogue et le folklore qui avaient été mis en place par les vieux Tarzan. Le héros est également formaté sur le modèle des héros intrépides de l'époque en BD, c'est un archétype de l'aventurier des années 50 qui peut se comparer au "Jungle Jim" U.S. (Jim la Jungle), une sorte de mec intouchable à qui il n'arrive jamais rien de fâcheux et qui s'en sort toujours sans égratignure. Ce cliché a heureusement volé en éclat plus tard, mais il a eu la vie dure, et on reconnaît bien là le style de J.M. Charlier avec son goût des péripéties constantes et suspense calibré. Le dessin de Forton était déjà de belle facture et annonce celui de Bob Morane, mais évidemment pour des lecteurs d'aujourd'hui, tout ceci pourra sembler démodé et d'un autre temps, avec sa mise en page classique et ses petites cases. N'empêche que la bande a la patine et le charme des vieilles Bd remuantes qui ont fait les beaux jours de plusieurs journaux pour jeunes. Je l'ai découverte en albums très tardivement (avec les tomes 2 et 3 qui m'ont paru excellents), car sa parution dans le journal Spirou a eu lieu bien avant ma naissance, et malgré son côté très réussi, elle ne compte que 4 épisodes de 1953 à 56. Cette Bd n'est donc pas de mon époque enfantine ou ado, et d'ordinaire je n'aime guère ces vieilles bandes un peu obsolètes, mais je ne saurais dire pourquoi, celle-ci a un charme indescriptible, et en plus j'ai toujours raffolé des histoires de jungle, je passe outre sur ses défauts et sa tonne de clichés pour ne retenir que de bons moments de lecture. Et puis quoi ! c'est quand même du Charlier ! c'est suffisant comme critère de qualité ; d'ailleurs ça fait regretter qu'il n'ait pu s'en occuper plus longtemps, mais la bande est arrivée à un moment où il n'était pas encore débordé comme il le sera ensuite par son implication dans le journal Pilote.

18/12/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série S.
S.

Gipi, c'est le genre d'auteur qu'on reconnait au premier coup d’œil : une aquarelle très expressive posée sur un dessin d'une rare simplicité mais qui va à l'essentiel. Avec cet album, Gipi ne déroge pas à ses bonnes habitudes. Il aborde ici le tragique sujet de la guerre, de la mémoire et de sa transmission. C'est merveilleusement construit, entre le présent de l'auteur, sa jeunesse,celle de son père et la guerre 39-45. Si tout semble un peu nébuleux au départ et qu'on peut avoir un peu de mal à garder ses repères, on finit par prendre ses marques et démêler l'écheveau de la grande et des petites histoires qui composent cette fresque autobiographique autour des conflits que sa famille a traversé. Et la guerre n'épargne personne. Car trop souvent tant qu'elle ne vous est pas "tombée dessus" la guerre reste quelque chose de flou qui ne vous concerne pas. Mais le jour où pour la énième fois les sirènes d'alerte retentissent et que les bombes vous tombent vraiment dessus, on bascule dans une autre réalité... A travers l'histoire de "S.", son père, Gipi nous réveille d'une bonne torgnole qu'on ne voit pas venir pour nous rappeler que la paix n'est pas quelque chose d'éternel mais un bien précieux qu'il faut avoir entretenir. Et que de nos jours, en ces moments un peu troublés sur le plan mondial, c'est ce genre de message qui demanderait à être mis un peu plus en avant, surtout quand c'est réalisé de si bonne manière, sans tomber dans la dramatisation outrancière. Un album fort de par ses personnages et son message.

18/12/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Ceux qui me restent
Ceux qui me restent

L'album commence avec les jours heureux de Florent. Ils débutent avec son départ précipité en Angleterre pour retrouver Jenny, celle qui a su faire battre son coeur intensément. Ils s'arrêtent le jour où il enterre cette même Jenny, plusieurs années plus tard. Son chagrin est immense, et il ne fait qu'augmenter lorsqu'il perd leur fille, Aurélie, sur le ferry qui les ramène en France... On ne découvrira que plus tard ce qu'il s'est véritablement passé, et la colère d'une petite fille qui ne s'éteindra que 30 ans plus tard, lorsque la vie et la maladie joueront un méchant tour à cette famille qui avait pourtant tout pour être heureuse. Mais le véritable sujet de l'histoire est la maladie d'Alzheimer, et nous sommes pendant les trois quarts de l'album dans la tête de Florent, qui en souffre, et qui se retrouve bien confus avec le passé et le futur qui s'entrechoquent dans sa tête, et ces moments-clés qui fusionnent. Le travail de Damien marie sur ce sujet difficile est pour moi bien mené, et le désordre que peut amener la narration dans la lecture est essentiel à la bonne compréhension du sujet. Le choix de Laurent Bonneau me semblait plus discutable au sujet du dessin. Parce que ses planches ressemblaient plus à des croquis qu'à quelque chose de plus maîtrisé, mais par la suite, au fil de la compréhension du sujet, cela me semblait vraiment judicieux, l'irrégularité de l'encrage reflétant bien celle de l'esprit malade de Florent. Au final, une lecture très émouvante.

17/12/2014 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Commandant Achab
Commandant Achab

J'ai lu les 4 premiers tomes, et j'aime le tour que prennent les évènements. Comme tout bon polar on a un héros-enquêteur bancal, un coéquipier beau gosse (quand même) pour le plaisir, des cadavres, des poursuites, une institution policière pas très orthodoxe, des méchants terrifiants, le tout dans une image où le noir a une bonne place. Mais dans chacun de ces passages obligés, il y a une nuance qui me plait. Le héros est bancal au sens propre et figuré. Un unijambiste trapu qui ne cesse de fumer de l'herbe en faisant sortir la fumée par le nez. Le commandant surnommé Achab est un vieux pied-noir. Cette connotation historique prend une profondeur au fur et à mesure des histoires; son mauvais caractère, qui se déclenche du tac au tac par des réparties bien senties, est terrible au début, mais au fil des enquêtes, il comprend des choses sur lui même, et son aigreur se change en ironie amusée... A moins que ce ne soit l'influence bénéfique de son jeune coéquipier. Pour l'image, c'est une gamme qui va du vert canard au brun-rouille, en passant par tout un échantillonnage de beiges élégants. Ces nuances sont prises dans un encrage appuyé, où les traits sont anguleux, ridés, par moment maladroits et à d'autres extrêmement réussis. Comme l'esprit vif d'Achab associé à sa démarche entravée. Par ailleurs les personnages secondaires sont inhabituels dans la BD: ce sont des personnages comme les autres, avec une psychologie, un travail, une histoire, mais il se trouve que l'un à le cancer, l'autre n'a pas de sexe défini, le troisième est homosexuel, mais ça n'a pas forcément de rôle dans l'histoire. Je trouve que ça fait du bien dans le monde des stéréotypes, où les gens normaux n'ont rien d'exceptionnels, de voir que les gens normaux sont chacun exceptionnel, mais qu'il n'y a pas forcément besoin d'en faire toute une histoire. Pour couronner le tout , un type qui troque sa prothèse en plastique contre une jambe de bois sculptée par un artiste, ne peut qu'avoir ma sympathie! Je viens de lire le tome 5, et mon enthousiasme reste entier: l’énigme des liens entre le commandant et son jeune coéquipier ne cesse de s'enrichir, en s'éclairant à mesure qu'elle s'épaissit.

11/07/2014 (MAJ le 17/12/2014) (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Mascarade
Mascarade

Mascarade, le dernier album de Florence Magnin, contient toutes les qualités et tout les défauts de son auteure... Au rayon des défauts, on retrouve des motifs qu'elle affectionne : l'adolescence, le passage -réel ou métaphoriques- entre deux mondes, l'omniprésence de la nature... Un manque d'originalité par rapport à ses albums précédents donc. Autre petit défaut : une narration labyrinthique, un peu ampoulée, qui oblige le lecteur à bien prendre son temps pour la lecture de ce gros pavé (240 pages). Mais ces défauts sont également générateurs d'énormes qualités : Florence Magnin, qui gère ici le scénario également, laisse libre cours à son imagination, et provoque l'admiration de ses qualités graphiques : des paysages vertigineux, enivrants, des personnages travestis et souvent difficiles à saisir, et le temps passé par le lecteur sur les planches lui permet d'apprécier à leur juste mesure sa beauté, son élégance et sa finesse. Et Mascarade, c'est aussi l'histoire d'une belle amitié, d'une adolescente qui refuse peut-être de grandir... Attention, c'est du gros, mais c'est du bon.

17/12/2014 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5
Couverture de la série Le Vieil Homme et la Mer
Le Vieil Homme et la Mer

Effectivement, c'est une réussite. Sur le même fil que sa précédente adaptation (Les Larmes de l'assassin) Murat réussit à tendre un écran parfait où se projettent les mots si bien choisis des auteurs. A feuilleter comme ça, cela semble vide, sans détail, sans effort presque. Pourtant les histoires choisies se confondent avec cette crudité (nudité ?), avec un contraste fort et peu de couleurs (ocre jaune, terre de sienne calcinée et bleu de Prusse), un trait gras et un fond de papier qui ressemble à de l'enduit à la chaux. Moi je n'ai jamais rien lu d'Hemingway et, honnêtement, je trouve qu'il y a un certain suspense dans cette histoire d'enfant, de poisson et de pêcheur. Ces 2 albums sont vraiment dans une veine spécifique, avec toujours le regard d'un enfant sur un homme, et toutes les questions que l'on peut se poser sur le destin de cet homme. Sans suivre les cadres habituels de la BD (pas de véritables phylactères, pas de quadrichromie ni même de noir et blanc) en donnant une forte place à la voix off mais qui n'est pas pesante, parce qu'elle est si bien écrite, Murat creuse un sillon particulier et finalement assez bouleversant.

17/12/2014 (modifier)
Couverture de la série Le Front
Le Front

J’ai acheté il n’y a pas très longtemps ce petit album de Nicolas Juncker, un auteur dont je n’avais encore rien lu. Découverte donc, et heureuse expérience ! En effet, si cet album se lit relativement vite car muet (seuls quelques titres de « chapitres » forment un rare texte), il appelle rapidement des relectures, essentiellement pour apprécier le dessin. Ce dessin est en effet très bon, dans un noir et blanc rigoureux et efficace. On a là une dénonciation des horreurs de la « Grande guerre », mais en fait de la guerre en général, de son absurdité, de son horreur. Aucun point de vue n’est privilégié, les soldats français, anglais ou allemands sont traités de la même manière (qu’ils soient au front ou à l’arrière). A l’heure où – commémorations du centenaire de la Première guerre mondiale oblige, de nombreux albums sur le sujet vont sortir ou ressortir, n’hésitez pas à acheter et lire ce petit album, qui mérite vraiment le détour. Quant à moi, je vais m’empresser de lire ce qui semble être la plus grande réussite de Juncker, c’est-à-dire Malet.

16/12/2014 (modifier)