Ceux qui me restent

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 8 avis)

La maladie lui vole la mémoire pour le laisser toujours plus seul. Alors il cherche sans relâche, en vrac, dans les bribes de trop vieux souvenirs… Florent n’abandonnera plus ; un voyage en Alzheimer.


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Florent a perdu sa femme beaucoup trop jeune. Il a tenté d’élever seul sa trop petite Lilie, maladroitement ou certainement pas assez. Et Florent et sa fille se sont perdus à leur tour. Elle l’a laissé encore plus seul pendant 20 ans. Aujourd’hui, à 70 ans, il n’a qu’un souhait, il veut la retrouver avant de mourir ; sa Lilie qui vient maintenant le voir presque tous les jours, mais qu’il ne reconnaît plus. La maladie lui vole la mémoire pour le laisser toujours plus seul. Alors il cherche sans relâche, en vrac, dans les bribes de trop vieux souvenirs… Florent n’abandonnera plus ; un voyage en Alzheimer.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 27 Août 2014
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Ceux qui me restent
Les notes (8)
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24/08/2014 | Ro
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Par karibou
Note: 4/5

Je serais passer à côt si un ami ne l'avais pas prêté car je n'apprécie pas vraiment les livres concernant les maladies, ici en l'occurence celle d'Alzheimer, car elles sont souvent une catharsys pour l'auteur et dans lesquelles je ne peux donc pas me projeter. Mais ici on saute dans une histoire de mémoire, de mémoire fantasmée et de relations. Où je peux donc m'identifier et plonger. Les choix graphiques (flou, cases non remplies) sont les bons et les flashbacks et flashforwards s'encahînent parfaitement. Verdict: j'en ai pleuré.

29/01/2016 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

C'est avec des pincettes de 10 kilomètres de long que je me suis approché de cette BD. En cause un étrange sentiment.Les avis dithyrambiques, particulièrement celui de Blue Boy et le thème particulièrement casse gueule de la maladie d'Alzheimer qui me touche de bien près puisque ma mère en est au stade du héros de cette BD. A la fin de ma lecture je suis assez mitigé, en effet la maladie proprement dite n'est à mon sens pas le sujet principal. Nous sommes ici en face d'un homme qui a raté sa vie et ce pour des raisons qui ne sont pas franchement claires. Trop de travail, ou une mésentente plus profonde avec sa femme ? Je n'ai pas bien compris. Au deux tiers de l'histoire les choses s 'accélèrent et oui l'on découvre cet homme dans sa maison de "retraite" en proie à des bribes de souvenirs morcelés qui l'obsède au point de vouloir retrouver sa femme dans sa fille dans un chaos mémoriel dont les personnes atteintes de ce mal son coutumiers. Là nous sommes effectivement dans la maladie telle qu'elle est perçue par la majorité des gens et finalement de manière assez simpliste. Permettez moi de vous dire que pour les gens qui souffrent de ce mal, les choses, pour peu que l'on en sache quelque chose, sont tout sauf normales et simples. En fait je crois que ma déception vient du fait que ce qui est montré ici est moins le quotidien d'un malade d'Alzheimer que celui de voir un homme retrouver un bonheur ancien et qu'il a fuit ou qui l'a fuit tout au long de sa vie. Le sujet est donc à mon sens effleuré mais pas traité. Le dessin tout en ébauches et en esquisses doit vouloir traduire cette sensation de flou dans lequel on peut supposer que vivent ces malades. Beaucoup de cases vides qui rendent la lecture très rapide. Si tant est que je sois en attente, le "grand" livre sur cette maladie et ses ravages n'est pas encore écrit. NB: Juste un petit bémol concernant le personnel médical qui s'occupe de ces personnes, il est montré ici sous un jour peu glorieux, chose que je trouve un peu dommage.

26/09/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

C'est terrible cette maladie d'alzheimer qui nous fait perdre nos souvenirs. C'est un sujet plutôt grave qui sera traité avec beaucoup de sobriété et de justesse. Ce récit d'un père qui souhaite retrouver sa fille après avoir connu le décès de son épouse m'a paru assez touchant. Le graphisme est d'ailleurs superbe avec un jeu un peu particulier sur les couleurs notamment le jaune ciré. J'ai bien aimé la mise en scène intelligente de cette oeuvre car on comprend vite qu'on va voyager dans les souvenirs d'un vieil homme qui se meurt. C'est une belle histoire triste qui semble agir sur notre âme. L'amour restera toujours la plus belle chose de l'espèce humaine que même la mort ou la maladie ne pourront parvenir à étouffer. C'est en tout cas ce que je retiens de cette belle lecture.

13/09/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

La maladie d’Alzheimer, sujet casse-gueule s’il en est, est rarement traité dans la bande dessinée, et pour cause. Les auteurs ont su relever le défi avec originalité en nous plaçant dans la peau du « patient », conférant au récit une note fantastique, quasi onirique. Mais cela ne serait rien sans la sensibilité de l’approche où l’on est plus dans la suggestion que la démonstration. L’œuvre se présente comme une sorte de puzzle énigmatique que le lecteur doit recoller au fil des pages, mais qui dit puzzle ne veut pas forcément dire embrouillamini. Car l’histoire reste très fluide, et ici, ce sont davantage les images qui parlent, des images bénéficiant du trait diaphane, au bord de l’esquisse, de Laurent Bonneau, lequel colle parfaitement à un sujet traitant de la mémoire qui s’efface… Les mots sont rares, les phrases courtes, comme si les paroles semblaient de trop, ne servant qu’à situer le contexte. Tout est dans le cadrage, les regards, les gestes pris sur le vif. Ce père blessé et aux abois, à la recherche d’une fille qu’il croit encore enfant et ne reconnaît pas en adulte, finit par nous émouvoir. La scène finale, dont je ne peux évidemment rien révéler, est particulièrement poignante. Alzheimer est une maladie silencieuse mais extrêmement perturbante, surtout pour les proches du malade. Avec intelligence, « Ceux qui me restent » parle de la douleur d'un père égaré, et de celle de sa fille d’être devenue une inconnue à ses yeux, mais vient dédramatiser la question en tentant d’apporter (ou pas) une réponse, avec une conclusion très poétique, comme un soulagement.

29/08/2015 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5

Un Français, une Anglaise. Une fille et pas de mère. Un père et sa fille. Pour résumer le sujet de cette BD d'une manière différente. C'est un drame à trois personnages, où la maladie d’Alzheimer ne vient que parachever le scénario, comme un degré supplémentaire dans l’échec. Le déroulement de l'histoire, saccadé, enchevêtré est une forme de mise en scène de la maladie elle-même, qui surplombe l'histoire autant qu'elle la termine. Le dessin, à la fois ténu dans le trait, comme la mémoire du personnage, mais aussi bizarrement contrasté dans la couleur avec des aplats gris froid citronné avec un jaune "ciré", balance entre cette acidité qui brûle et cette morosité quotidienne. Le déroulement du scénario est vraiment réussi, mais la mise en œuvre (dialogues, épaisseur des personnages, décors) reste un peu atone, trop silencieux par moment. Mais je pense que cela ressemble à certaine vies, et c'est ce coté angoissant, parce que réaliste, qui peut rebuter. Mais pour les amateurs de drame, c'est à conseiller.

07/04/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

J’ai trouvé le début du récit très bien pensé. C’est la première fois qu’un auteur parvient aussi subtilement à me faire partager le sort de son personnage, surtout sur une thématique aussi sensible et impalpable que celle mise en avant ici. Par la suite, j’ai été gêné par le côté très dilué tant de la narration que du dessin. Je trouve que ce dernier s’étale de trop et finit par diluer le propos. Ce choix est certainement volontaire et je peux comprendre les auteurs puisqu’il y a un rapport entre le fond et la forme… mais à force de tourner les pages sans rien en retirer sinon une ambiance générale, j’ai fini par m’ennuyer. Le dessin en lui-même n’est vraiment pas ma tasse de thé. C’est trop laissé à l’état d’ébauche avec une volonté artistique qui, pour moi, n’est pas en pleine adéquation avec la lisibilité nécessaire à une bande dessinée. Le découpage est trop évasé, certaines cases n’apportent rien au récit, j’ai même trouvé certaines planches aussi vides que laides (mais comme, bien souvent, il n’y avait quasiment rien à lire, leur survol n’était pas vraiment pénible). Enfin, si vous désirez tenter l’aventure, j’espère que vous pourrez découvrir cet album de la même manière que moi, à savoir en ignorant tout du thème même du récit. C’est, je pense, la meilleure manière pour apprécier pleinement l’idée de départ qui, à elle seule, justifie la lecture de l’album.

02/01/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
L'avatar du posteur Spooky

L'album commence avec les jours heureux de Florent. Ils débutent avec son départ précipité en Angleterre pour retrouver Jenny, celle qui a su faire battre son coeur intensément. Ils s'arrêtent le jour où il enterre cette même Jenny, plusieurs années plus tard. Son chagrin est immense, et il ne fait qu'augmenter lorsqu'il perd leur fille, Aurélie, sur le ferry qui les ramène en France... On ne découvrira que plus tard ce qu'il s'est véritablement passé, et la colère d'une petite fille qui ne s'éteindra que 30 ans plus tard, lorsque la vie et la maladie joueront un méchant tour à cette famille qui avait pourtant tout pour être heureuse. Mais le véritable sujet de l'histoire est la maladie d'Alzheimer, et nous sommes pendant les trois quarts de l'album dans la tête de Florent, qui en souffre, et qui se retrouve bien confus avec le passé et le futur qui s'entrechoquent dans sa tête, et ces moments-clés qui fusionnent. Le travail de Damien marie sur ce sujet difficile est pour moi bien mené, et le désordre que peut amener la narration dans la lecture est essentiel à la bonne compréhension du sujet. Le choix de Laurent Bonneau me semblait plus discutable au sujet du dessin. Parce que ses planches ressemblaient plus à des croquis qu'à quelque chose de plus maîtrisé, mais par la suite, au fil de la compréhension du sujet, cela me semblait vraiment judicieux, l'irrégularité de l'encrage reflétant bien celle de l'esprit malade de Florent. Au final, une lecture très émouvante.

17/12/2014 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Si cet album a pour thème la maladie d'Alzheimer, cela ne se voit pas durant les 50 premières pages. On y suit en effet la romance sans frein d'un jeune homme pour sa future femme anglaise puis le drame de la mort de celle-ci et du héros qui se retrouve veuf trop jeune avec sa petite fille de 5 ans qu'il ne veut pas perdre à son tour. C'est une introduction bien menée, dotée d'un agréable dessin parfois aux allures de jolis crayonnés, parfois avec davantage de soin et quelques cases toutes en peinture directe. C'est un bon début qui dégage une certaine émotion. Puis vient la révélation de la maladie et la façon dont elle impacte le récit que l'on croyait suivre. Le trouble et la perte de repères est bien mise en scène... malheureusement un peu trop bien à mon goût. Car dès lors, j'ai commencé à décrocher d'un récit qui devenait embrouillé, perdu dans le temps, la réalité et les personnages qui se mélangent. Cela reflète bien ce que peut ressentir le malade lui-même mais c'est également pénible à lire à mon goût et toute l'émotion qui m'avait étreint au départ a disparu au profit d'un léger agacement. Je n'ai pas su m'attacher aux personnages, d'autant que les révélations nous apprennent qu'à priori ils sont loin d'être sans tâche. Humains et réalistes, sans doute, mais je n'avais pas envie de suivre leur histoire plus que ça. Alors quand en outre, elle n'est pas racontée de manière agréable, je n'en retiens qu'un message qui a du mal à passer sur une maladie qui pourtant est particulièrement terrible pour l'âme humaine.

24/08/2014 (modifier)