3.5
J'ai vraiment aimé lire cette série du début jusqu'à la fin même si j'avoue que la suite est un peu moins bonne que le premier tome.
Le premier tome part sur une idée déjà vue plusieurs fois (un type a soudainement le pouvoir de ralentir le temps) et c'est bien traité. Les réactions du personnage principal et les conséquences de ses actions sont très logiques quoique peut-être que cela manque d'originalité. Ce manque d'originalité ne m'a pas du tout dérangé car le scénario est dynamique et je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer. La voix-off omniprésente n'est pas du tout lourde à mes yeux. Au contraire, je la trouve captivante !
La suite est bonne quoique lorsque le gros complot mondial apparaît, j'ai eu peur que le scénario tombe soudainement dans du sous Da Vinci Code. Heureusement, je trouve les explications dans le tome 3 intéressantes et le complot ne m'a pas plus dérangé quoique je trouve que cela va un peu vite et que certaines idées auraient pu être approfondies.
Au final, malgré des défaut la série m'a captivé. La seule chose que je n'ai vraiment pas aimé est la fin qui me semble un peu trop naïve.
Comment ? Je n'ai jamais parlé des "Idées Noires" de Franquin par ici ?
L'avis n'est pas pertinent, il ne va pas révolutionner tout ce qui a déjà été dit par ici mais pour des lecteurs/rices de ma génération, c’est une œuvre culte qui possède plusieurs particularités dont celle de trouver un Franquin inédit bien loin de son Gaston ou Marsupilami dans un trait noir charbonneux impeccable.
Tout n’est pas hilarant mais a le mérite d’être parfaitement original dans un contexte qui ne s’y prêtait guère à l’époque.
Déjà le choix de publier chez Fluide Glacial et non pas chez Dupuis témoigne de la volonté de l’auteur de s’affranchir de l’image proprette que l’on pouvait avoir de lui à l’époque.
Le côté impertinent mais jamais trash permet de rendre ces deux petits livres hautement recommandables et lisibles par un grand public. Les strips sont souvent courts et percutants, peuvent faire sourire ou laisser de marbre mais la beauté des dessins rend la lecture addictive.
Il n’y a rien à dire de plus. Si vous aimez Franquin, cet avis vous passera au dessus de la tête car ces livres vous les avez et les chérissez depuis longtemps. Pour les autres, il s’agira d’une curiosité sur un auteur dont on a beaucoup parlé et qui a démontré avec « Idées Noires » qu’il possédait plusieurs cordes à son arc.
Je ne sais pas comment l'auteur parvient à captiver autant ses lecteurs, car si on y regarde de plus près, on s'aperçoit qu'il ne renouvelle pas ses thèmes, il utilise toujours la même recette, c'est l'exploration d'un écosystème à peu près semblable à ceux de la Terre par un groupe humain, et qui a pour seule différence d'être peuplé de créatures étranges. Malgré ça, Léo tout en insistant sur l'aspect humaniste, place ses personnages, ici totalement différents des autres cycles des Mondes d'Aldébaran , pratiquement dans les mêmes situations, mais il sait se rendre imaginatif dans ses idées et sa narration toujours prenante qui ne donne pas envie de décrocher, parce qu'il connaît bien les mécanismes de son univers toujours inventif.
Les décors de jungle, ça m'a toujours plu, et dès le tome 1, Léo distille toujours autant de mystère et de trucs étranges dans une atmosphère flippante qui met bien en place les éléments. Sa nouvelle héroïne Manon, se révèle aussi combative et déterminée que Kim Keller ; le tome 3 se dirige vers une direction différente avec les anomalies quantiques, pour se terminer par un de ces cliffhangers de folie auxquels Léo nous a habitué.
Les pages de garde avec leurs news et les fausses interviewes placent une sorte de réalité à laquelle on croit, ça a le don de faire vrai et ça participe au bon fonctionnement de cette série parallèle aux cycles précédents, qui je l'espère de tout coeur n'a pas fini d'étonner le lecteur, car Léo sait relancer l'intrigue et préparer les surprises des albums à venir.
Moi, je ne suis pas comme beaucoup de posteurs qui reprochent à ses séries tel ou tel défaut graphique, ou telle ou telle situation ridicule ou risible entre personnages, je laisse tout ça de côté pour ne voir qu'une bonne histoire avant tout, bien menée et agréable à lire. Pour l'instant, c'est le cas ; je n'ai jamais été déçu par aucune série de Léo, et je suis certain de ne pas l'être à la fin de celle-ci.
3.5
J'ai bien aimé regarder l'anime Les enquêtes de Kindaichi donc il fallait que je lise le manga. Je ne fus pas déçu sauf pour le fait que Tonkam ait abandonné la série.
Bon, c'est vrai que pour apprécier les enquêtes de Kindaichi, il ne faut pas s'étonner qu'un adolescent soit capable de déduction avec de petits détails et aussi qu'il semble y avoir un crime très planifié à chaque endroit où il va (si jamais vous le croisez, sauvez-vous pendant qu'il est encore temps !), mais ces deux défauts ne m'ont pas dérangé car je trouve les différentes enquêtes captivantes.
Chaque enquête me donne envie de savoir qui est le suspect et je lis les chapitres avec intérêt. J'aime bien les personnages récurrents et le dessin est bien fait. Une bonne série policière en ce qui me concerne.
Cerise est une petite fille de 10 ans 1/2 qui rêve de devenir romancière. Autour d'elle il y a sa maman, ses deux meilleures amies, une voisine qui écrit des romans et tout un tas d'adultes que Cerise s'amuse à observer. Elle consigne ses pensées dans un journal intime et c'est sur cette base que nous sont contées ses aventures.
Dans le T1, il s'agissait de sa rencontre avec l'homme mystère, un vieux monsieur qu'elle voyait régulièrement entrer (avec des pots de peinture) et sortir (couvert de tâches multicolores de la tête aux pieds) de la forêt dans laquelle elle et ses amies avaient construit leur cabane dans les arbres. Ce tome fut une vraie belle surprise pour moi, autant graphiquement que du point de vue de l'histoire d'ailleurs.
Dans le T2, Cerise s'intéresse à une vieille dame qui emprunte toutes les semaines le même livre à la bibliothèque. Elle apprendra des choses sur cette vieille dame mais également sur elle-même et sur sa manière d’appréhender ses relations avec son entourage : sa mère, sa voisine romancière et ses copines (qui ne seront pas toujours très sereines). Le ton est le même mais j'ai trouvé l'histoire moins enthousiasmante, bien qu'elle reste tout à fait sympathique malgré tout.
Dans le T3, Cerise se lance dans une chasse aux trésors et plonge dans ses souvenirs et ceux de ses proches. Une bien belle histoire, toujours aussi joliment illustrée. Un très bon cru et qui tombe à pic en cette fin d'année avec ses paysages enneigés et son ambiance festive.
Le dessin est très réussi dans les trois tomes, avec ses cases aux limites floues et ses couleurs douces, tout à fait adapté au côté "conte pour enfants" des histoires qui nous sont racontées. Aurélie Neyret signe là une bien belle série. Ajoutons à cela une édition très soignée, avec couverture "en relief", ce qui ne gâche rien.
Les histoires alternent de manière très bien équilibrée narration à la première personne (de Cerise) et dialogues entre les personnages. C'est plein de bons sentiments sans tomber pour autant dans la niaiserie. Joris Chamblain a trouvé le juste équilibre pour cette bien belle aventure (comme dirait l'autre : c'est un peu de douceur dans un monde de brutes, et ça ne fait pas de mal, de temps en temps).
Cerise est une petit fille pas comme les autres, pleine d'imagination et curieuse du monde qui l'entoure, j'espère bien que la série de va pas s'arrêter là !
Franchement pas mal du tout malgré une relative simplicité du message, sans doute adapté au public visé. J'aime beaucoup le T3.
Il a fallu que j'aille vérifier si cette République du Point d'Honneur avait vraiment existé au début du 17e siècle et si une telle utopie démocratique avait vraiment réuni les royaumes du Nord de l'Italie et l'avait opposée à la convoitise du Vatican, du Royaume de France et du Saint Empire tout en l'obligeant à se débattre dans ses affaires de politique intérieure. Mais non, il s'agit bien d'une uchronie ou du moins d'un cadre imaginaire qui permet de donner un aspect réaliste et historiquement plausible à une intrigue complexe et mouvementée qui n'aurait pas dépareillé dans un univers de fantasy. C'est bien fait et joliment intéressant.
Le dessin est lui aussi de grande qualité. On est dans un style réaliste un peu grandiloquent proche d'un Alex Alice (Le Troisième Testament) ou d'un Mathieu Laufray (Long John Silver). C'est beau et agréable à lire, avec une narration impeccable.
L'intrigue connait beaucoup de hauts et quelques petits bas, comme le début du second tome où la donne change, apporte un peu de confusion et bouscule un rythme bien établi que j'avais apprécié dans le premier tome. Mais l'intérêt reprend par la suite même si je suis un tout petit peu moins sous le charme car les événements se bousculent un petit peu vite.
C'est une bonne lecture dans un cadre original, réaliste et bien trouvé. Une vraie bonne série mêlant action, conflits personnels et conflits géo-politiques armés.
Très dur de noter cette nouvelle série de Jodorowsky. Le pire et le meilleur s'y côtoient. On retrouve toujours les mêmes délires généticaux incestueux (par une abracadabrance du scénario, dont Jodorowsky est passé maître, le fils adoptif du Showman killer est en réalité.... son oncle). La BD souffre peut-être d'un scénario qui se fait plus redondant que d'habitude (certes toutes les bds de Jodorowsky brassent les mêmes thématiques : filiation, inceste, quête spirituelle, quasi invulnérabilité du héros etc. mais là on a vraiment un copier-coller du personnage du meta-baron et on retrouve donc un peu trop d'éléments similaires à La caste des meta-barons et L'incal). L'histoire reste prenante, la grande méchante, la suprahiérophante est extra et réellement flippante et certains persos secondaires sont particulièrement réussis, notamment le médecin fou et son paléo-chien au début ou encore la reine Anthéa, malgré sa très courte apparition. Je déplore le changement de ton qui s'opère dans la deuxième moitié du dernier tome où tout semble devenir une véritable farce et Showman killer devenant un pantin risible. C'est dommage on décroche de l'histoire qui jusqu'à présent était sérieuse. Je pense que l'univers de Jodorowsky est suffisamment second degré comme cela avec des délires assez énormissimes, Jodo n'a pas besoin de forcer le trait et de dynamiter son histoire en la transformant en mascarade. Les gamineries entre oncle et neveu sont lamentables et les dialogues deviennent assez nazes. Certaines fautes de goût sont à déplorer comme le bouffon à tête de phoque ou certaines transformations du Showman un peu too much (sa transformation en Anthéa la défunte reine pour réveiller son grand-père qui veut coucher avec : c'était quand même limite). Le dessin est souvent très réussi, notamment pour les décors qui sont impressionnants ou les créatures et transformations de Showman, par contre c'est parfois bâclé notamment dans le troisième tome sur certains détails ou visages, en particulier celui de Non. Les couvertures des tomes 2 et 3 sont superbes. Bref, j'ai beaucoup aimé, parce que j'adhère totalement à l'univers de Jodorowsky mais j'avoue que c'est parfois un peu nanardesque sur les bords et que la fin avec ce changement de ton m'a déçue.
Le meilleur des albums de la série grande évasion :
1. un monde bien ficelé, avec un système dirigé par un tyran tout connaissant (des écrans dans chaque cellule qui discutent avec les prisonniers, ça ne vous rappelle rien?), ce tyran s'avère être un ordinateur qui subdivise les gens en catégories qu'il souhaite étanches, mais cela n'est pas le cas, la maîtrise des catégories n'est pas aussi parfaite que prévu... Un scénario donc assez séduisant.
2. L'évasion ne devient une nécessité qu'au moment où le héros comprend qu'un ailleurs existe, et nous le comprenons en même temps que lui et c'est cet appel d'air qui remue et attire en nous le sentiment de notre propre enfermement parfois, mais où nous ne voyons pas d'ailleurs possible.
3. Un dessin très classique et efficace, des couleurs pastel et maîtrisées, pour rendre supportable ce monde souterrain et ultra métallique, où les androïdes mènent le bal. Des personnages attachants qui semblent rester humains malgré la contrainte arbitraire qui les aliène.
Ne chipotons pas, le dessin est juste très bon, de ce côté je ne vois vraiment pas ce qu'il pourrait y avoir à redire. Cadrage, mises en pages, dynamique dans les situations qui le demandent, ajoutons à cela des couleurs souvent dans les ocres qui participent à l'ambiance, tout concourt donc à un résultat que je trouve de grande qualité.
L'intrigue des différents diptyques mêle habilement le western, l'aventure et le surnaturel le tout sur un fond historique du passage des USA de l'époque des aventuriers, des cow boys à celui de la modernité. Une équipe hétérogène et un poil caricaturale qui n'est pas sans rappeler celle de Mission Impossible, mais au bout du compte cela fonctionne plutôt bien. En cause le fait que la plupart des personnages de cette équipe sont suffisamment fouillés pour paraître raisonnablement crédibles.
Au final pour moi l'important est que j'ai à chaque fois voulu connaitre la suite, retrouvant à chaque sortie les personnages avec plaisir dans une série d'aventures éclairantes sur certaines pratiques. (Je pense au cycle se passant à Cuba).
J'ai adoré cette bd dont le récit est fluide et émouvant.
Le rendu visuel de la petite fille a parfaitement fonctionné pour moi. En fait en lisant cette bd je me suis dit que l'humanité avance grâce à des gens exceptionnels et recule avec la masse. C'est pas tout à fait vrai mais c'est ce que j'ai ressenti à la fin de ma lecture.
En la relisant en diagonale le lendemain j'ai réalisé que quasi-toute la bd est dans un style gaufrette, visiblement c'était une très bonne idée car comme dit plus haut la lecture est hyper fluide et agréable.
Je n'avais bien sûr jamais entendu parler d'Annie Sullivan et Helen Keller avant ma lecture alors que visiblement ce sont des figures emblématiques aux Etats Unis.
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Phenomenum
3.5 J'ai vraiment aimé lire cette série du début jusqu'à la fin même si j'avoue que la suite est un peu moins bonne que le premier tome. Le premier tome part sur une idée déjà vue plusieurs fois (un type a soudainement le pouvoir de ralentir le temps) et c'est bien traité. Les réactions du personnage principal et les conséquences de ses actions sont très logiques quoique peut-être que cela manque d'originalité. Ce manque d'originalité ne m'a pas du tout dérangé car le scénario est dynamique et je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer. La voix-off omniprésente n'est pas du tout lourde à mes yeux. Au contraire, je la trouve captivante ! La suite est bonne quoique lorsque le gros complot mondial apparaît, j'ai eu peur que le scénario tombe soudainement dans du sous Da Vinci Code. Heureusement, je trouve les explications dans le tome 3 intéressantes et le complot ne m'a pas plus dérangé quoique je trouve que cela va un peu vite et que certaines idées auraient pu être approfondies. Au final, malgré des défaut la série m'a captivé. La seule chose que je n'ai vraiment pas aimé est la fin qui me semble un peu trop naïve.
Idées Noires
Comment ? Je n'ai jamais parlé des "Idées Noires" de Franquin par ici ? L'avis n'est pas pertinent, il ne va pas révolutionner tout ce qui a déjà été dit par ici mais pour des lecteurs/rices de ma génération, c’est une œuvre culte qui possède plusieurs particularités dont celle de trouver un Franquin inédit bien loin de son Gaston ou Marsupilami dans un trait noir charbonneux impeccable. Tout n’est pas hilarant mais a le mérite d’être parfaitement original dans un contexte qui ne s’y prêtait guère à l’époque. Déjà le choix de publier chez Fluide Glacial et non pas chez Dupuis témoigne de la volonté de l’auteur de s’affranchir de l’image proprette que l’on pouvait avoir de lui à l’époque. Le côté impertinent mais jamais trash permet de rendre ces deux petits livres hautement recommandables et lisibles par un grand public. Les strips sont souvent courts et percutants, peuvent faire sourire ou laisser de marbre mais la beauté des dessins rend la lecture addictive. Il n’y a rien à dire de plus. Si vous aimez Franquin, cet avis vous passera au dessus de la tête car ces livres vous les avez et les chérissez depuis longtemps. Pour les autres, il s’agira d’une curiosité sur un auteur dont on a beaucoup parlé et qui a démontré avec « Idées Noires » qu’il possédait plusieurs cordes à son arc.
Survivants - Anomalies quantiques
Je ne sais pas comment l'auteur parvient à captiver autant ses lecteurs, car si on y regarde de plus près, on s'aperçoit qu'il ne renouvelle pas ses thèmes, il utilise toujours la même recette, c'est l'exploration d'un écosystème à peu près semblable à ceux de la Terre par un groupe humain, et qui a pour seule différence d'être peuplé de créatures étranges. Malgré ça, Léo tout en insistant sur l'aspect humaniste, place ses personnages, ici totalement différents des autres cycles des Mondes d'Aldébaran , pratiquement dans les mêmes situations, mais il sait se rendre imaginatif dans ses idées et sa narration toujours prenante qui ne donne pas envie de décrocher, parce qu'il connaît bien les mécanismes de son univers toujours inventif. Les décors de jungle, ça m'a toujours plu, et dès le tome 1, Léo distille toujours autant de mystère et de trucs étranges dans une atmosphère flippante qui met bien en place les éléments. Sa nouvelle héroïne Manon, se révèle aussi combative et déterminée que Kim Keller ; le tome 3 se dirige vers une direction différente avec les anomalies quantiques, pour se terminer par un de ces cliffhangers de folie auxquels Léo nous a habitué. Les pages de garde avec leurs news et les fausses interviewes placent une sorte de réalité à laquelle on croit, ça a le don de faire vrai et ça participe au bon fonctionnement de cette série parallèle aux cycles précédents, qui je l'espère de tout coeur n'a pas fini d'étonner le lecteur, car Léo sait relancer l'intrigue et préparer les surprises des albums à venir. Moi, je ne suis pas comme beaucoup de posteurs qui reprochent à ses séries tel ou tel défaut graphique, ou telle ou telle situation ridicule ou risible entre personnages, je laisse tout ça de côté pour ne voir qu'une bonne histoire avant tout, bien menée et agréable à lire. Pour l'instant, c'est le cas ; je n'ai jamais été déçu par aucune série de Léo, et je suis certain de ne pas l'être à la fin de celle-ci.
Les Enquêtes de Kindaichi
3.5 J'ai bien aimé regarder l'anime Les enquêtes de Kindaichi donc il fallait que je lise le manga. Je ne fus pas déçu sauf pour le fait que Tonkam ait abandonné la série. Bon, c'est vrai que pour apprécier les enquêtes de Kindaichi, il ne faut pas s'étonner qu'un adolescent soit capable de déduction avec de petits détails et aussi qu'il semble y avoir un crime très planifié à chaque endroit où il va (si jamais vous le croisez, sauvez-vous pendant qu'il est encore temps !), mais ces deux défauts ne m'ont pas dérangé car je trouve les différentes enquêtes captivantes. Chaque enquête me donne envie de savoir qui est le suspect et je lis les chapitres avec intérêt. J'aime bien les personnages récurrents et le dessin est bien fait. Une bonne série policière en ce qui me concerne.
Les Carnets de Cerise
Cerise est une petite fille de 10 ans 1/2 qui rêve de devenir romancière. Autour d'elle il y a sa maman, ses deux meilleures amies, une voisine qui écrit des romans et tout un tas d'adultes que Cerise s'amuse à observer. Elle consigne ses pensées dans un journal intime et c'est sur cette base que nous sont contées ses aventures. Dans le T1, il s'agissait de sa rencontre avec l'homme mystère, un vieux monsieur qu'elle voyait régulièrement entrer (avec des pots de peinture) et sortir (couvert de tâches multicolores de la tête aux pieds) de la forêt dans laquelle elle et ses amies avaient construit leur cabane dans les arbres. Ce tome fut une vraie belle surprise pour moi, autant graphiquement que du point de vue de l'histoire d'ailleurs. Dans le T2, Cerise s'intéresse à une vieille dame qui emprunte toutes les semaines le même livre à la bibliothèque. Elle apprendra des choses sur cette vieille dame mais également sur elle-même et sur sa manière d’appréhender ses relations avec son entourage : sa mère, sa voisine romancière et ses copines (qui ne seront pas toujours très sereines). Le ton est le même mais j'ai trouvé l'histoire moins enthousiasmante, bien qu'elle reste tout à fait sympathique malgré tout. Dans le T3, Cerise se lance dans une chasse aux trésors et plonge dans ses souvenirs et ceux de ses proches. Une bien belle histoire, toujours aussi joliment illustrée. Un très bon cru et qui tombe à pic en cette fin d'année avec ses paysages enneigés et son ambiance festive. Le dessin est très réussi dans les trois tomes, avec ses cases aux limites floues et ses couleurs douces, tout à fait adapté au côté "conte pour enfants" des histoires qui nous sont racontées. Aurélie Neyret signe là une bien belle série. Ajoutons à cela une édition très soignée, avec couverture "en relief", ce qui ne gâche rien. Les histoires alternent de manière très bien équilibrée narration à la première personne (de Cerise) et dialogues entre les personnages. C'est plein de bons sentiments sans tomber pour autant dans la niaiserie. Joris Chamblain a trouvé le juste équilibre pour cette bien belle aventure (comme dirait l'autre : c'est un peu de douceur dans un monde de brutes, et ça ne fait pas de mal, de temps en temps). Cerise est une petit fille pas comme les autres, pleine d'imagination et curieuse du monde qui l'entoure, j'espère bien que la série de va pas s'arrêter là ! Franchement pas mal du tout malgré une relative simplicité du message, sans doute adapté au public visé. J'aime beaucoup le T3.
Horacio d'Alba
Il a fallu que j'aille vérifier si cette République du Point d'Honneur avait vraiment existé au début du 17e siècle et si une telle utopie démocratique avait vraiment réuni les royaumes du Nord de l'Italie et l'avait opposée à la convoitise du Vatican, du Royaume de France et du Saint Empire tout en l'obligeant à se débattre dans ses affaires de politique intérieure. Mais non, il s'agit bien d'une uchronie ou du moins d'un cadre imaginaire qui permet de donner un aspect réaliste et historiquement plausible à une intrigue complexe et mouvementée qui n'aurait pas dépareillé dans un univers de fantasy. C'est bien fait et joliment intéressant. Le dessin est lui aussi de grande qualité. On est dans un style réaliste un peu grandiloquent proche d'un Alex Alice (Le Troisième Testament) ou d'un Mathieu Laufray (Long John Silver). C'est beau et agréable à lire, avec une narration impeccable. L'intrigue connait beaucoup de hauts et quelques petits bas, comme le début du second tome où la donne change, apporte un peu de confusion et bouscule un rythme bien établi que j'avais apprécié dans le premier tome. Mais l'intérêt reprend par la suite même si je suis un tout petit peu moins sous le charme car les événements se bousculent un petit peu vite. C'est une bonne lecture dans un cadre original, réaliste et bien trouvé. Une vraie bonne série mêlant action, conflits personnels et conflits géo-politiques armés.
Showman Killer
Très dur de noter cette nouvelle série de Jodorowsky. Le pire et le meilleur s'y côtoient. On retrouve toujours les mêmes délires généticaux incestueux (par une abracadabrance du scénario, dont Jodorowsky est passé maître, le fils adoptif du Showman killer est en réalité.... son oncle). La BD souffre peut-être d'un scénario qui se fait plus redondant que d'habitude (certes toutes les bds de Jodorowsky brassent les mêmes thématiques : filiation, inceste, quête spirituelle, quasi invulnérabilité du héros etc. mais là on a vraiment un copier-coller du personnage du meta-baron et on retrouve donc un peu trop d'éléments similaires à La caste des meta-barons et L'incal). L'histoire reste prenante, la grande méchante, la suprahiérophante est extra et réellement flippante et certains persos secondaires sont particulièrement réussis, notamment le médecin fou et son paléo-chien au début ou encore la reine Anthéa, malgré sa très courte apparition. Je déplore le changement de ton qui s'opère dans la deuxième moitié du dernier tome où tout semble devenir une véritable farce et Showman killer devenant un pantin risible. C'est dommage on décroche de l'histoire qui jusqu'à présent était sérieuse. Je pense que l'univers de Jodorowsky est suffisamment second degré comme cela avec des délires assez énormissimes, Jodo n'a pas besoin de forcer le trait et de dynamiter son histoire en la transformant en mascarade. Les gamineries entre oncle et neveu sont lamentables et les dialogues deviennent assez nazes. Certaines fautes de goût sont à déplorer comme le bouffon à tête de phoque ou certaines transformations du Showman un peu too much (sa transformation en Anthéa la défunte reine pour réveiller son grand-père qui veut coucher avec : c'était quand même limite). Le dessin est souvent très réussi, notamment pour les décors qui sont impressionnants ou les créatures et transformations de Showman, par contre c'est parfois bâclé notamment dans le troisième tome sur certains détails ou visages, en particulier celui de Non. Les couvertures des tomes 2 et 3 sont superbes. Bref, j'ai beaucoup aimé, parce que j'adhère totalement à l'univers de Jodorowsky mais j'avoue que c'est parfois un peu nanardesque sur les bords et que la fin avec ce changement de ton m'a déçue.
La Grande évasion - Asylum
Le meilleur des albums de la série grande évasion : 1. un monde bien ficelé, avec un système dirigé par un tyran tout connaissant (des écrans dans chaque cellule qui discutent avec les prisonniers, ça ne vous rappelle rien?), ce tyran s'avère être un ordinateur qui subdivise les gens en catégories qu'il souhaite étanches, mais cela n'est pas le cas, la maîtrise des catégories n'est pas aussi parfaite que prévu... Un scénario donc assez séduisant. 2. L'évasion ne devient une nécessité qu'au moment où le héros comprend qu'un ailleurs existe, et nous le comprenons en même temps que lui et c'est cet appel d'air qui remue et attire en nous le sentiment de notre propre enfermement parfois, mais où nous ne voyons pas d'ailleurs possible. 3. Un dessin très classique et efficace, des couleurs pastel et maîtrisées, pour rendre supportable ce monde souterrain et ultra métallique, où les androïdes mènent le bal. Des personnages attachants qui semblent rester humains malgré la contrainte arbitraire qui les aliène.
W.E.S.T
Ne chipotons pas, le dessin est juste très bon, de ce côté je ne vois vraiment pas ce qu'il pourrait y avoir à redire. Cadrage, mises en pages, dynamique dans les situations qui le demandent, ajoutons à cela des couleurs souvent dans les ocres qui participent à l'ambiance, tout concourt donc à un résultat que je trouve de grande qualité. L'intrigue des différents diptyques mêle habilement le western, l'aventure et le surnaturel le tout sur un fond historique du passage des USA de l'époque des aventuriers, des cow boys à celui de la modernité. Une équipe hétérogène et un poil caricaturale qui n'est pas sans rappeler celle de Mission Impossible, mais au bout du compte cela fonctionne plutôt bien. En cause le fait que la plupart des personnages de cette équipe sont suffisamment fouillés pour paraître raisonnablement crédibles. Au final pour moi l'important est que j'ai à chaque fois voulu connaitre la suite, retrouvant à chaque sortie les personnages avec plaisir dans une série d'aventures éclairantes sur certaines pratiques. (Je pense au cycle se passant à Cuba).
Annie Sullivan & Helen Keller
J'ai adoré cette bd dont le récit est fluide et émouvant. Le rendu visuel de la petite fille a parfaitement fonctionné pour moi. En fait en lisant cette bd je me suis dit que l'humanité avance grâce à des gens exceptionnels et recule avec la masse. C'est pas tout à fait vrai mais c'est ce que j'ai ressenti à la fin de ma lecture. En la relisant en diagonale le lendemain j'ai réalisé que quasi-toute la bd est dans un style gaufrette, visiblement c'était une très bonne idée car comme dit plus haut la lecture est hyper fluide et agréable. Je n'avais bien sûr jamais entendu parler d'Annie Sullivan et Helen Keller avant ma lecture alors que visiblement ce sont des figures emblématiques aux Etats Unis. Chaudement recommandé.