J'avais découvert Jean Teulé avec la très bonne BD Je, François Villon. A vrai dire, j'en avais déjà entendu parler mais vaguement avec (Le Magasin des Suicides, ses anciennes BD chez Metal Hurlant. Bref ce nom me disait quelque chose. Il y a 2 ans environ, je me suis lu à la suite "Mangez-le si vous voulez", "Charly 9" et "Darling". Et là, gros coup de cœur pour cet auteur. C'est noir, ironique, cruel et passionnant.
La sortie de cette BD m'a interpellé tout de suite, et les critiques élogieuse apparaissant au fur et à mesure sur BDtheque n'ont fait qu'augmenter mon envie de lire cette adaptation. Serait-ce aussi bien que le bouquin ? Apparemment ça en avait tout l'air.
Après lecture, effectivement ça l'est. L'auteur Guérineau a vraiment fait un excellent travail, ce qui n'était pas chose aisée. J'ai tout d'abord été surpris par le dessin semi réaliste (très beau) mais qui tranche avec le côté historique, noir et cruel de cette histoire. Finalement, c'est un excellent choix qui fait sortir cette oeuvre du tout venant des BD historiques. Cela ajoute une certaine modernité (tout comme le bouquin de Teulé à la base).
C'est passionnant de bout en bout et les légers changements de styles s'accordent à merveille avec la personnalité plus que tourmentée du pauvre Charles (en même temps qui aurait envie d'être à sa place), même les clins d’œils à la culture BD (les séquences "WTF" de Johan et Pirlouit ou Lucky luke s'incrustent bizarrement parfaitement bien dans l'histoire et ajoutent au côté borderline de cette histoire). On ne compte plus les séquences déjantées où le roi perd complètement les pédales (les chasses à cour dans le palais !) au grand dam de sa mère et de l’ensemble des sujets, qui quant à eux sont parfaitement à l'aise dans cette époque de traîtrises, de coups bas et d'horreurs en tous genre. Je ne sais pas si historiquement tout cela est très exact (j'en doute fort). Je ne suis pas spécialiste mais je m'en fous. C'est avant tout la vision de Teulé et son style qui se sert d’événements historiques pour y imprimer sa patte acide drôle et cruelle. Personnellement j'adore.
J'aurais aimé que le récit s'attarde un peu plus sur le massacre de la Saint Barthélemy et aux atrocités qui vont avec mais la BD respecte le parti pris du bouquin qui fait l'impasse sur cette nuit d'horreur. Le sujet étant plus la personnalité et la destinée de ce pauvre roi complètement largué, pris en étau par sa famille et par l'ultra violence ambiante. Quelqu'un qui n'est pas né à la bonne place ni à la bonne époque.
J'hésite entre 5 ou 4. Disons un 4,5.
A acheter les yeux fermés (tout comme le bouquin de Jean Teulé).
J'ai découvert assez récemment ce quartier de Paris qu'est Montmartre. Je dois bien avouer que c'est devenu à sa découverte mon lieu préféré dans la capitale. Certes, il y a le côté assez touristique des lieux mais il y a également une âme. Cette colline désormais recouverte de bâtiments est le point culminant de Paris avec ses 130 mètres. Que dire également de ces nombreux artistes, peintres ou poètes qui y ont trouvé beaucoup d'inspiration ?
On va se replonger en arrière et plus précisément en 1905 à une époque où ce n'était qu'une sorte de village au milieu des champs où s'entassait une population fragile chassée de la capitale. Difficile de croire que Paris a connu également des bidonvilles. Et pourtant...
J'ai bien aimé cette ballade bucolique dans le passé où l'on croise un certain Poulbot, illustrateur et peintre, qui défendait jadis des enfants des rues. Le dessin de Prugne avec ses couleurs douces est toujours aussi magique. J'ai retrouvé tout le charme de Paris, un peu comme ce qu'avait apporté le film Le fabuleux destin d'Amélie Poulain.
Ce monde a malheureusement disparu et on ne peut que le regretter à la fin de l'ouvrage. C'est comme cette jeunesse qui va être sacrifiée sur l'autel de la Première Guerre Mondiale. La nostalgie de l'enfance mais également d'un des plus beaux quartiers de Paris.
Que c'est drôle! Bd franchement bidonnante avec des situations particulièrement cocasses et une opposition entre les caractères des personnages développée au maximum. Je pensais décroché quand un premier cycle s'est achevé sur une fin tout à fait satisfaisante et qu'un nouveau a recommencé avec le même point de départ mais finalement cette nouvelle aventure est également très réussie et se lit avec le même plaisir. Que du bonheur! A mettre dans toutes les mains!
Série que j'ai lue uniquement en raison de sa sublime couverture. Et en effet le dessin est une merveille. Alex Alice avait déjà montré son savoir faire avec Le troisième testament et il nous prouve une fois de plus son immense talent. Le scénario est également d'un bon niveau et plutôt audacieux puisqu'il s'agit quand même de retranscrire la tétralogie de Wagner en bd, ce qui n'est pas une mince affaire. Les personnages sont peu nombreux ce qui permet de développer au maximum leur relation et les faire évoluer de manière cohérente.
Que voilà une bien bonne histoire, ou des histoire devrais je dire, dont le personnage principal est une demeure bourgeoise de la ville de Bordeaux. Plusieurs personnages au fil du temps font l'acquisition de cette maison ou des événements surnaturels se produisent. L'atmosphère de mystère est parfaitement rendue, a la fin de la lecture des zones d'ombres demeurent, mais c'est le propre du fantastique de ne pas tout dire.
Un dessin torturé qui s'avère convenir à l'ambiance m'ont vraiment fait apprécier cette BD dont je m'étonne qu'elle ne soit pas plus connue, en tout cas j'étais passé complètement à côté, mais je ne suis pas omniscient.
Une lecture que je reprendrais pour apprécier encore plus le décor de cette maison qui en dit plus qu'il n'y parait.
Rhaaaaaaaa !!!! Que c'est bon mais que c'est courtttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttt !
Rafael Grampa nous ponds le concept de la nouvelle en BD ! Sur que l'objet est beau, le contenu jouissif pour l'amateur du genre que je suis, mais on se fait couper la chique en beauté, un peu comme un faisan d'élevage fraichement lâché à 50m du cabinet de campagne de Chasse, pêche, nature et traditions... Et le choc est d'autant plus violent, que happé par le récit hallucinant que nous concocte Grampa, on se ramasse sèchement à cause d'une flopée de pages bonus qui ne nous laisse pas entrevoir une fin aussi rapide...
Mais trêve de râlerie (laissons ça à ceux qui ramassent sec dans cet album) et savourons le travail que nous propose Rafael Grampa. Graphiquement c'est tout simplement sublime ! Le dessin est racé, il a autant de gueule et d'ambition que ses personnages. Il impose son style et ses découpage de façon impressionnante pour nous coller une narration façon uppercut qui ne nous laisse pas le temps de reprendre notre souffle avant le coup de hachoir final. Ca claque et tout le monde ramasse avoir d'avoir compris de quoi il retourne...
Un petit bijou condensé façon grenade à dégoupiller d'urgence s'il vous faut votre perf' de 619 au p'tit dej', histoire de se faire un trip sans doute trop court mais d'une rare intensité.
L'Aventure avec un grand A....
La saga ayant vu Léon l'ancien truand et Calixte l'aristocrate aux rêves de grandeur voit ici sa conclusion et il en reste une histoire d'amitié indéfectible malgré vents et marées.
Et bien que leurs ambitions diffèrent au fil des tomes, lors de la lutte ultime, c'est ce lien créé, au-delà des armes, du sang et des larmes qui triomphera.
J'ai aimé la narration qui prend aux tripes et l'évolution des personnages. Du petit truand à grand maître du trafic noir, Léon est un personnage stéréotypé attachant. Fidèle jusqu'à la mort, mais en grognant parfois. Calixte, lui trouve dans le décor du Maghreb la liberté romantique à laquelle il aspire et des idéaux à la hauteur de sa démesure.
Action, humour, drame, amour et trahison dans le Rif. N'hésitez plus, laissez-vous emporter.
Le début mystérieux met bien dans l'ambiance, on a envie de continuer ; les 2 scènes d'intro des 2 personnages principaux sont excellentes et suffisent pour étonner le lecteur. Le rythme trépidant est la carte de visite de la série, tout ceci est confirmé par le cliffhanger de fin du tome 1, c'est très intrigant, et le tome 2 enchaîne là où ça s'est arrêté.
On est dans un futur assez proche, très technologique, et le dessin de Kovacevic correspond exactement au contexte d'époque choisi, à cette modernité futuriste qui n'a pas toutefois trop perdu de valeurs anciennes.
Malgré une incursion SF dans la Préhistoire qui peut sembler discutable, mais après tout pourquoi pas ? la série est très agréable et aborde quelques thèmes intéressants de notre époque transposés dans une certaine vision du futur, avec notamment l'eau contaminée par les déchets spaciaux, ou la planète surpeuplée due aux progrès de la science et à l'espérance de vie plus longue.
Mais tout ceci n'est qu'effleuré, la série n'ayant pas vocation de poser une réflexion, elle est destinée à distraire avant tout, elle utilise des rouages assez simplistes et classiques mais très efficaces, et c'est comme ça que je l'ai reçue.
La-dessus, le dessin est très esthétique, joli et moderne (peut-être même trop, il sera démodé d'ici quelques années), avec une colorisation adéquate.
Le seul truc qui me dérange un peu, c'est que ça devient trop répétitif, ça n'en finit pas parce que quand un auteur tient un bon filon, il le lache difficilement, Pecqueur tire donc trop sur la corde, ça s'allonge pour rien et ça prend des allures de course-poursuite incessante alors qu'il pourrait conclure en 4 albums. Ici, on est déjà à 6 albums, un 7ème est annoncé et je suis certain qu'il va continuer encore jusqu'à ce que les lecteurs n'en peuvent plus, on est donc dans du commercial à fond.
Malgré cet aspect qui saborde un peu la spontanéité de la série, c'est de l'excellente série B très remuante, dans le style de Golden City, destinée à un très bon moment de détente et qu'il faut accepter uniquement en tant que telle.
J'aime bien le dessin de Stalner et ses sujets à ambiances, qu'elles soient historiques ou comme ici, aventureuses mâtinées de polar façon Série noire moderne. Je dis bien Série noire moderne parce que ce récit me fait beaucoup penser aux romans "Berry Story", "la Nuit des grands chiens malades", "Pour venger pépère" de A.D.G., l'un des auteurs français les plus intéressants qui a redonné un nouveau souffle à la Série noire française, dans un style truculent, argotique et bourré de calembours (tout en se démarquant de San Antonio), et dont la technique est fortement influencée par le cinéma.
Il a surtout l'originalité de situer ses romans dans des provinces tranquilles comme le Berry ou la Touraine (dont il est originaire). Et c'est exactement le ton que j'ai retrouvé dans cette Bd, à tel point que je me suis demandé si Stalner n'avait pas lu du A.D.G. ; si ce n'est pas le cas, c'est une formidable coïncidence. Quelle superbe idée de situer cette histoire en Quercy, dans les environs de Cahors, voire même autour du château de Bonaguil, des lieux superbes que j'adore et que je connais bien pour y être allé très souvent (j'ai même réalisé une plaquette sur Bonaguil). Stalner reproduit avec une belle fidélité chaque lieu cadurcien et de belles maisons de pierre aux toits quercynois ; ce sont des lieux pas toujours très connus qu'il a dû photographier, car on ne trouve pas tout sur internet. Quel régal de voir en ouverture du tome 2 le Pont Valentré, monument emblématique et grande fierté de Cahors : c'est le seul pont fortifié du XVème siècle qui soit parvenu jusqu'à nous intact, un véritable chef-d'oeuvre médiéval que même les Anglais n'ont pas osé attaquer pendant la guerre de Cent Ans.
Comme dans les romans d'A.D.G., le décor de nature lotois crée une distanciation avec la violence et la dramatisation, et c'est bien plus intéressant qu'un polar situé dans un décor urbain parisien ou de grande ville. Le récit est bien conduit, avec un dialogue qui revendique des sources connues, les personnages bien calibrés, avec des "gueules" adéquates jusqu'à un final sanglant où les rebondissements et les scènes de temporisation font jeu égal, en dépit de quelques invraisemblances (comment "la Tendresse" qui se fait harponner par un coup de ciseau sur la commode retrouve-t-il plus loin son acolyte ? hum, il est vrai que c'est à demi-expliqué, mais bon..).
Le dessin de Stalner donne quand même un plus à cette histoire surtout par sa colorisation en couleurs directes qui illuminent de belles pages, notamment celles au bord du Lot.
Si on n'est pas trop exigeant, on se laisse prendre assez facilement par ce diptyque sympathique.
Dans la même collection, Luz avait déjà commis un excellent Les Mégret Gèrent la Ville. Cet album est un peu en dessous. Parce qu’un peu moins drôle (même si…) et parce que je pense qu’il passera moins bien la barrière du temps une fois l’existence de ce baron oubliée (la quatrième de couverture permet pour ceux qui ne situent pas le personnage d’en connaître les grandes facettes).
Cela dit, ce portrait à charge reste plutôt drôle. Luz dézingue l’ex patron du Medef en s’attaquant à son snobisme, sa conscience de classe exacerbée, et son égoïsme exaspérant. Il est vrai qu’il n’a pas à forcer trop le trait, monsieur Seillière ayant eu du mal à cacher ses préventions de classe (les Guignols s’en donnaient à cœur joie à l’époque).
En effet, entendre un bonhomme cracher sur l’Etat trop présent alors qu’il a fait payer par ce même Etat les plans sociaux qui ont permis à sa holding de se désengager des sociétés sidérurgiques qu’elle contrôlait (holding aujourd’hui en grande partie délocalisée au Luxembourg – probablement pour son climat j’imagine) a de quoi scandaliser.
Luz – comme l’équipe de Charlie Hebdo d’ailleurs (dans lequel paraissait cette série de strips) se sont donc logiquement attaqués à un homme qui, derrière une façade respectable et guindée, était en fait un des leaders de cette économie prédatrice et spéculatrice qui sacrifie des familles entières sur l’autel de la rentabilité des actions (en cela le dirigeant actuel du Medef a bien repris le flambeau).
Si vous n’êtes pas un contempteur fanatique de l’ultra libéralisme, vous avez des chances de trouver jouissif cet album !
Note réelle 3,5/5.
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Charly 9
J'avais découvert Jean Teulé avec la très bonne BD Je, François Villon. A vrai dire, j'en avais déjà entendu parler mais vaguement avec (Le Magasin des Suicides, ses anciennes BD chez Metal Hurlant. Bref ce nom me disait quelque chose. Il y a 2 ans environ, je me suis lu à la suite "Mangez-le si vous voulez", "Charly 9" et "Darling". Et là, gros coup de cœur pour cet auteur. C'est noir, ironique, cruel et passionnant. La sortie de cette BD m'a interpellé tout de suite, et les critiques élogieuse apparaissant au fur et à mesure sur BDtheque n'ont fait qu'augmenter mon envie de lire cette adaptation. Serait-ce aussi bien que le bouquin ? Apparemment ça en avait tout l'air. Après lecture, effectivement ça l'est. L'auteur Guérineau a vraiment fait un excellent travail, ce qui n'était pas chose aisée. J'ai tout d'abord été surpris par le dessin semi réaliste (très beau) mais qui tranche avec le côté historique, noir et cruel de cette histoire. Finalement, c'est un excellent choix qui fait sortir cette oeuvre du tout venant des BD historiques. Cela ajoute une certaine modernité (tout comme le bouquin de Teulé à la base). C'est passionnant de bout en bout et les légers changements de styles s'accordent à merveille avec la personnalité plus que tourmentée du pauvre Charles (en même temps qui aurait envie d'être à sa place), même les clins d’œils à la culture BD (les séquences "WTF" de Johan et Pirlouit ou Lucky luke s'incrustent bizarrement parfaitement bien dans l'histoire et ajoutent au côté borderline de cette histoire). On ne compte plus les séquences déjantées où le roi perd complètement les pédales (les chasses à cour dans le palais !) au grand dam de sa mère et de l’ensemble des sujets, qui quant à eux sont parfaitement à l'aise dans cette époque de traîtrises, de coups bas et d'horreurs en tous genre. Je ne sais pas si historiquement tout cela est très exact (j'en doute fort). Je ne suis pas spécialiste mais je m'en fous. C'est avant tout la vision de Teulé et son style qui se sert d’événements historiques pour y imprimer sa patte acide drôle et cruelle. Personnellement j'adore. J'aurais aimé que le récit s'attarde un peu plus sur le massacre de la Saint Barthélemy et aux atrocités qui vont avec mais la BD respecte le parti pris du bouquin qui fait l'impasse sur cette nuit d'horreur. Le sujet étant plus la personnalité et la destinée de ce pauvre roi complètement largué, pris en étau par sa famille et par l'ultra violence ambiante. Quelqu'un qui n'est pas né à la bonne place ni à la bonne époque. J'hésite entre 5 ou 4. Disons un 4,5. A acheter les yeux fermés (tout comme le bouquin de Jean Teulé).
Poulbots
J'ai découvert assez récemment ce quartier de Paris qu'est Montmartre. Je dois bien avouer que c'est devenu à sa découverte mon lieu préféré dans la capitale. Certes, il y a le côté assez touristique des lieux mais il y a également une âme. Cette colline désormais recouverte de bâtiments est le point culminant de Paris avec ses 130 mètres. Que dire également de ces nombreux artistes, peintres ou poètes qui y ont trouvé beaucoup d'inspiration ? On va se replonger en arrière et plus précisément en 1905 à une époque où ce n'était qu'une sorte de village au milieu des champs où s'entassait une population fragile chassée de la capitale. Difficile de croire que Paris a connu également des bidonvilles. Et pourtant... J'ai bien aimé cette ballade bucolique dans le passé où l'on croise un certain Poulbot, illustrateur et peintre, qui défendait jadis des enfants des rues. Le dessin de Prugne avec ses couleurs douces est toujours aussi magique. J'ai retrouvé tout le charme de Paris, un peu comme ce qu'avait apporté le film Le fabuleux destin d'Amélie Poulain. Ce monde a malheureusement disparu et on ne peut que le regretter à la fin de l'ouvrage. C'est comme cette jeunesse qui va être sacrifiée sur l'autel de la Première Guerre Mondiale. La nostalgie de l'enfance mais également d'un des plus beaux quartiers de Paris.
Garulfo
Que c'est drôle! Bd franchement bidonnante avec des situations particulièrement cocasses et une opposition entre les caractères des personnages développée au maximum. Je pensais décroché quand un premier cycle s'est achevé sur une fin tout à fait satisfaisante et qu'un nouveau a recommencé avec le même point de départ mais finalement cette nouvelle aventure est également très réussie et se lit avec le même plaisir. Que du bonheur! A mettre dans toutes les mains!
Siegfried
Série que j'ai lue uniquement en raison de sa sublime couverture. Et en effet le dessin est une merveille. Alex Alice avait déjà montré son savoir faire avec Le troisième testament et il nous prouve une fois de plus son immense talent. Le scénario est également d'un bon niveau et plutôt audacieux puisqu'il s'agit quand même de retranscrire la tétralogie de Wagner en bd, ce qui n'est pas une mince affaire. Les personnages sont peu nombreux ce qui permet de développer au maximum leur relation et les faire évoluer de manière cohérente.
Ne touchez à rien
Que voilà une bien bonne histoire, ou des histoire devrais je dire, dont le personnage principal est une demeure bourgeoise de la ville de Bordeaux. Plusieurs personnages au fil du temps font l'acquisition de cette maison ou des événements surnaturels se produisent. L'atmosphère de mystère est parfaitement rendue, a la fin de la lecture des zones d'ombres demeurent, mais c'est le propre du fantastique de ne pas tout dire. Un dessin torturé qui s'avère convenir à l'ambiance m'ont vraiment fait apprécier cette BD dont je m'étonne qu'elle ne soit pas plus connue, en tout cas j'étais passé complètement à côté, mais je ne suis pas omniscient. Une lecture que je reprendrais pour apprécier encore plus le décor de cette maison qui en dit plus qu'il n'y parait.
Mesmo Delivery
Rhaaaaaaaa !!!! Que c'est bon mais que c'est courtttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttt ! Rafael Grampa nous ponds le concept de la nouvelle en BD ! Sur que l'objet est beau, le contenu jouissif pour l'amateur du genre que je suis, mais on se fait couper la chique en beauté, un peu comme un faisan d'élevage fraichement lâché à 50m du cabinet de campagne de Chasse, pêche, nature et traditions... Et le choc est d'autant plus violent, que happé par le récit hallucinant que nous concocte Grampa, on se ramasse sèchement à cause d'une flopée de pages bonus qui ne nous laisse pas entrevoir une fin aussi rapide... Mais trêve de râlerie (laissons ça à ceux qui ramassent sec dans cet album) et savourons le travail que nous propose Rafael Grampa. Graphiquement c'est tout simplement sublime ! Le dessin est racé, il a autant de gueule et d'ambition que ses personnages. Il impose son style et ses découpage de façon impressionnante pour nous coller une narration façon uppercut qui ne nous laisse pas le temps de reprendre notre souffle avant le coup de hachoir final. Ca claque et tout le monde ramasse avoir d'avoir compris de quoi il retourne... Un petit bijou condensé façon grenade à dégoupiller d'urgence s'il vous faut votre perf' de 619 au p'tit dej', histoire de se faire un trip sans doute trop court mais d'une rare intensité.
L'Or et le Sang
L'Aventure avec un grand A.... La saga ayant vu Léon l'ancien truand et Calixte l'aristocrate aux rêves de grandeur voit ici sa conclusion et il en reste une histoire d'amitié indéfectible malgré vents et marées. Et bien que leurs ambitions diffèrent au fil des tomes, lors de la lutte ultime, c'est ce lien créé, au-delà des armes, du sang et des larmes qui triomphera. J'ai aimé la narration qui prend aux tripes et l'évolution des personnages. Du petit truand à grand maître du trafic noir, Léon est un personnage stéréotypé attachant. Fidèle jusqu'à la mort, mais en grognant parfois. Calixte, lui trouve dans le décor du Maghreb la liberté romantique à laquelle il aspire et des idéaux à la hauteur de sa démesure. Action, humour, drame, amour et trahison dans le Rif. N'hésitez plus, laissez-vous emporter.
Arctica
Le début mystérieux met bien dans l'ambiance, on a envie de continuer ; les 2 scènes d'intro des 2 personnages principaux sont excellentes et suffisent pour étonner le lecteur. Le rythme trépidant est la carte de visite de la série, tout ceci est confirmé par le cliffhanger de fin du tome 1, c'est très intrigant, et le tome 2 enchaîne là où ça s'est arrêté. On est dans un futur assez proche, très technologique, et le dessin de Kovacevic correspond exactement au contexte d'époque choisi, à cette modernité futuriste qui n'a pas toutefois trop perdu de valeurs anciennes. Malgré une incursion SF dans la Préhistoire qui peut sembler discutable, mais après tout pourquoi pas ? la série est très agréable et aborde quelques thèmes intéressants de notre époque transposés dans une certaine vision du futur, avec notamment l'eau contaminée par les déchets spaciaux, ou la planète surpeuplée due aux progrès de la science et à l'espérance de vie plus longue. Mais tout ceci n'est qu'effleuré, la série n'ayant pas vocation de poser une réflexion, elle est destinée à distraire avant tout, elle utilise des rouages assez simplistes et classiques mais très efficaces, et c'est comme ça que je l'ai reçue. La-dessus, le dessin est très esthétique, joli et moderne (peut-être même trop, il sera démodé d'ici quelques années), avec une colorisation adéquate. Le seul truc qui me dérange un peu, c'est que ça devient trop répétitif, ça n'en finit pas parce que quand un auteur tient un bon filon, il le lache difficilement, Pecqueur tire donc trop sur la corde, ça s'allonge pour rien et ça prend des allures de course-poursuite incessante alors qu'il pourrait conclure en 4 albums. Ici, on est déjà à 6 albums, un 7ème est annoncé et je suis certain qu'il va continuer encore jusqu'à ce que les lecteurs n'en peuvent plus, on est donc dans du commercial à fond. Malgré cet aspect qui saborde un peu la spontanéité de la série, c'est de l'excellente série B très remuante, dans le style de Golden City, destinée à un très bon moment de détente et qu'il faut accepter uniquement en tant que telle.
Blues 46
J'aime bien le dessin de Stalner et ses sujets à ambiances, qu'elles soient historiques ou comme ici, aventureuses mâtinées de polar façon Série noire moderne. Je dis bien Série noire moderne parce que ce récit me fait beaucoup penser aux romans "Berry Story", "la Nuit des grands chiens malades", "Pour venger pépère" de A.D.G., l'un des auteurs français les plus intéressants qui a redonné un nouveau souffle à la Série noire française, dans un style truculent, argotique et bourré de calembours (tout en se démarquant de San Antonio), et dont la technique est fortement influencée par le cinéma. Il a surtout l'originalité de situer ses romans dans des provinces tranquilles comme le Berry ou la Touraine (dont il est originaire). Et c'est exactement le ton que j'ai retrouvé dans cette Bd, à tel point que je me suis demandé si Stalner n'avait pas lu du A.D.G. ; si ce n'est pas le cas, c'est une formidable coïncidence. Quelle superbe idée de situer cette histoire en Quercy, dans les environs de Cahors, voire même autour du château de Bonaguil, des lieux superbes que j'adore et que je connais bien pour y être allé très souvent (j'ai même réalisé une plaquette sur Bonaguil). Stalner reproduit avec une belle fidélité chaque lieu cadurcien et de belles maisons de pierre aux toits quercynois ; ce sont des lieux pas toujours très connus qu'il a dû photographier, car on ne trouve pas tout sur internet. Quel régal de voir en ouverture du tome 2 le Pont Valentré, monument emblématique et grande fierté de Cahors : c'est le seul pont fortifié du XVème siècle qui soit parvenu jusqu'à nous intact, un véritable chef-d'oeuvre médiéval que même les Anglais n'ont pas osé attaquer pendant la guerre de Cent Ans. Comme dans les romans d'A.D.G., le décor de nature lotois crée une distanciation avec la violence et la dramatisation, et c'est bien plus intéressant qu'un polar situé dans un décor urbain parisien ou de grande ville. Le récit est bien conduit, avec un dialogue qui revendique des sources connues, les personnages bien calibrés, avec des "gueules" adéquates jusqu'à un final sanglant où les rebondissements et les scènes de temporisation font jeu égal, en dépit de quelques invraisemblances (comment "la Tendresse" qui se fait harponner par un coup de ciseau sur la commode retrouve-t-il plus loin son acolyte ? hum, il est vrai que c'est à demi-expliqué, mais bon..). Le dessin de Stalner donne quand même un plus à cette histoire surtout par sa colorisation en couleurs directes qui illuminent de belles pages, notamment celles au bord du Lot. Si on n'est pas trop exigeant, on se laisse prendre assez facilement par ce diptyque sympathique.
Monsieur le Baron
Dans la même collection, Luz avait déjà commis un excellent Les Mégret Gèrent la Ville. Cet album est un peu en dessous. Parce qu’un peu moins drôle (même si…) et parce que je pense qu’il passera moins bien la barrière du temps une fois l’existence de ce baron oubliée (la quatrième de couverture permet pour ceux qui ne situent pas le personnage d’en connaître les grandes facettes). Cela dit, ce portrait à charge reste plutôt drôle. Luz dézingue l’ex patron du Medef en s’attaquant à son snobisme, sa conscience de classe exacerbée, et son égoïsme exaspérant. Il est vrai qu’il n’a pas à forcer trop le trait, monsieur Seillière ayant eu du mal à cacher ses préventions de classe (les Guignols s’en donnaient à cœur joie à l’époque). En effet, entendre un bonhomme cracher sur l’Etat trop présent alors qu’il a fait payer par ce même Etat les plans sociaux qui ont permis à sa holding de se désengager des sociétés sidérurgiques qu’elle contrôlait (holding aujourd’hui en grande partie délocalisée au Luxembourg – probablement pour son climat j’imagine) a de quoi scandaliser. Luz – comme l’équipe de Charlie Hebdo d’ailleurs (dans lequel paraissait cette série de strips) se sont donc logiquement attaqués à un homme qui, derrière une façade respectable et guindée, était en fait un des leaders de cette économie prédatrice et spéculatrice qui sacrifie des familles entières sur l’autel de la rentabilité des actions (en cela le dirigeant actuel du Medef a bien repris le flambeau). Si vous n’êtes pas un contempteur fanatique de l’ultra libéralisme, vous avez des chances de trouver jouissif cet album ! Note réelle 3,5/5.