Les derniers avis (32015 avis)

Couverture de la série Come Prima
Come Prima

Une très belle bande dessinée, à lire si on a envie de voir du pays, si on a envie de chaleur écrasante et de la sensation de porter un tee-shirt à manches courtes même en pleine nuit tellement il fait chaud. Le scénario est surprenant, il nous emmène là où on ne s'attend pas à aller, on découvre les personnages au fur et à mesure et on comprend que tout n'est pas tout rose ou tout noir... Les dessins sont très beaux, on s'y croirait, et j'ai oublié le temps de ma lecture qu'il faisait nuit et froid et que j'étais à Bruxelles. Bref, j'ai adoré et j'ai même eu les larmes aux yeux à la fin, après avoir eu la gorge nouée pendant une partie de ma lecture. C'est une bande dessinée très humaine !

10/12/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Le Silence de Lounès
Le Silence de Lounès

Baru n'est jamais aussi bon que lorsqu'il dépeint la société, et surtout les inégalités qu'elle génère, notamment en raison de la couleur de peau. Et même lorsqu'il ne dessine pas, ce qui est rare, il arrive à entraîner dans son sillage des auteurs valeureux et motivés. C'est visiblement le cas avec Pierre Place, dont le style graphique est assez proche de celui de son scénariste, et qui, même si son style est un peu raide par moments, parvient à gommer ses petits défauts par une belle mise en scène. Le fond de l'histoire, quant à lui, est la mise en miroir de deux hommes père et fils, qui ont failli se perdre dans des conflits plus ou moins armés, et qui réagissent de façon opposée à leurs histoires respectives. Une belle histoire, plutôt bien "écrite dans l'ensemble, bien que manquant un peu d'émotion, je trouve. Seul petit bémol, le va-et-vient un peu trop fort entre les deux époques. Par contre je n'ai pas vu venir la toute fin, nettement moins heureuse qu'on n'aurait aimé qu'elle soit. Une belle lecture, sur un album qui est peut-être passé un peu inaperçu...

10/12/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Hommes à la mer
Hommes à la mer

Moi qui avait découvert Riff Reb's avec son envoutant Le Loup des Mers adapté de Jack London, je ne pouvais passer à côté de cette dernière réalisation. Ayant même eu la chance de le rencontrer pour une interview à Angoulême il y a 2 ans, j'avais hâte de replonger dans cet univers graphique si particulier ! Alors, ce dernier Rif ??? Si le talent est au rendez-vous, c'est avec une légère pointe de déception que j'ai attaqué ma lecture. Moi qui attendais un récit complet, qui vous embarque de la première à la dernière page, j'ai un peu tiqué en découvrant qu'il s'agissait d'un recueil d'adaptations de nouvelles... Mais bon, "Haut les cœurs !" me suis-je dit, et quand on voit la liste des auteurs avec qui il s'embarque, on se dit que même si l'on aurait préféré voyager au long cours, ces courtes régates ne devraient pas démériter. Et c'est ce qui s'est passé. On se laisse happer par le rythme et le graphisme de ces courts récits bien choisis. Chacun y aborde une facette sombre de notre humanité et des hommes de mer. Un monde qui malgré tout reste encore aujourd'hui à part, et que la littérature a toujours pressenti comme terreau fertile pour l'épique et le drame. C'est ce que nous restitue à merveille Riff Reb's avec ce coup de crayon si particulier et une mise en couleur toujours faite d'aplats et de contrastes qui exacerbe ses récits. Alors ne boudons pas notre plaisir, cet album qui clos cette trilogie maritime est encore une très belle réussite.

09/12/2014 (modifier)
Couverture de la série Sticky Pants (ça colle et ça moule les bollocks !)
Sticky Pants (ça colle et ça moule les bollocks !)

Les albums tirés de blogs et les albums parodiques (particulièrement de super héros) sont deux catégories en pleine expansion dans le monde de l’édition de bande dessinée. Avec une réussite pas toujours au rendez-vous hélas. C’est dire que ce « Sticky Pants » devait donner dans l’originalité pour sortir de la masse. Eh bien cet album s’en tire plutôt bien. Comme c’est tiré d’un blog, on a donc des gags en une planche, parfois plusieurs. C’est donc court, quasiment toujours très con, mais généralement drôle, donc réussi. On est dans l’univers Marvel, ces super héros et leurs pouvoirs étant ici détournés pour mieux agiter nos zygomatiques. A noter qu’il y a dans cet album une bonne partie des gags qui tournent autour de la sexualité – d’où un classement pour adulte. Si vous aimez l’humour con – et pas très fin (le titre vous avertit d’oublier vos pincettes), vous pouvez aller jusqu’à l’acheter ! ************************************** Le deuxième tome est sur le même modèle, même si je l'ai trouvé un chouia moins trash, mais aussi et surtout un peu moins drôle. Peut-être que les auteurs ont fait le tour de la question et épuisé leur stock d'idées ? Je ne sais pas. En tout cas, si je laisse ma note et le conseil d'achat, c'est un peu plus à l'arrache cette fois-ci. Si un troisième tome paraît, il devra remonter un peu le niveau. Si vous n'en achetez qu'un, alors choisissez le premier tome (qui m'a fait arrondir à 4 étoiles: note réelle 3,5/5).

03/05/2014 (MAJ le 09/12/2014) (modifier)
Couverture de la série La Dérisoire effervescence des comprimés
La Dérisoire effervescence des comprimés

Le titre de ce recueil de courtes histoires (de deux à six pages chacune) donne assez bien le ton de l’album, complètement foutraque, où domine une douce folie. Je trouve que l’humour absurde qui innerve l’album est d’autant plus efficace qu’il s’ancre dans une normalité on ne peut plus évidente. En cela le dessin de Boucq – que je trouve, comme quasiment toujours, excellent, est un vecteur parfait pour véhiculer les idées de l’auteur, et surtout pour faire éclater son humour plus ou moins corrosif. Humour parfois amer (l’histoire de l’éléphant insatisfait, adepte de chirurgie esthétique), noir (par exemple cet homme faisant croire à sa femme qu’elle doit rester cloîtrée dans un abri anti atomique). La première histoire (où apparaît un héros promis à un bel avenir, l’assureur Moucherot), assez caricaturale, m’a fait penser à certaines comédies douces-amères que produisait avec bonheur le cinéma italien dans les années 1960. Cet album et la douzaine d’histoires qui le composent sont probablement une des meilleures réussites de Boucq. Lecture fortement conseillée donc !

09/12/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Munch
Munch

Attention, très bel album, dont la lecture prend du temps. Non seulement il comporte près de 300 pages, mais il est très dense, et incroyable sur le plan graphique, puisqu'une immense majorité des dessins a été réalisée à partir des oeuvres de Munch, dont Steffen Kverneland est un passionné. Un passionné qui se met en scène dans son album, en train d'effectuer des recherches ou échanger des impressions avec ses amis auteurs. Car Munch est un artiste dans la plus grande tradition des romantiques, sa vie est juste incroyable avec des histoires d'amour qui finissent mal, des amitiés fulgurantes et tragiques, une histoire artistique troublée, entre adulation et stigmatisation extrême. On l'a même soupçonné de sorcellerie... L'aspect visuel du bouquin est un choc à lui seul. S'inspirant des oeuvres de Munch, qui écrivait beaucoup en plus de peindre, il utilise plusieurs styles, allant du surréalisme à l'imitation photographique, en passant largement par la caricature. On pourrait passer des heures à contempler certaines pages, qui reprennent des tableaux plus ou moins célèbres de Munch, dont le célèbre le Cri. Au passage l'histoire réelle de ce tableau nous est dévoilée. C'est vraiment très très fort, et je salue le travail des Editions Nouveau Monde qui ont osé traduire du Norvégien et adapter cette BD qui a gagné de nombreux prix dans son pays d'origine.

08/12/2014 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
Couverture de la série Sens
Sens

Rien que pour le soin apporté à l’édition, je ne peux que relever ma note. Le tirage a été complètement adapté à la thématique (le sens, illustré par la flèche), et comme l’histoire est muette, les rares caractères vont jusqu’à se diluer, en incrustation discrète sur la couverture ou convertis en cryptogrammes fléchés sur la page d’introduction, seule concession à l’alphabet latin. On a ainsi entre les mains un objet étrange, à la blancheur candide, qu’on pourrait définir comme une BD oubapienne doublée d’un superbe livre d’art graphique. A l’intérieur de ce bel écrin, l’histoire, difficilement racontable, tient plus de l’exercice de style escherien. MAM, qui nous a plus habitués à des aplats noirs dominants, s’est ici entiché du blanc et du gris, comme pour agrandir l’espace, ouvrir le champ des possibles, de tous les sens possibles. Toujours aussi facétieux, l’auteur talentueux de Julius Corentin Acquefacques, dans un style épuré, continue à nous faire prendre des vessies pour des lanternes à l’aide de moult trompe-l’œil, mises en abyme et autres chausse-trappes. Si tout ce que voit le personnage dans son parcours erratique ne s’avère être qu’illusion, c’est en même temps à nous, lecteurs, qu’il demande de se méfier des apparences, d’accepter une autre réalité que celle transmise par la vision ou encore qu’il puisse y avoir une multitude de réalités selon la direction prise. Quand bien même cela nous oblige à réécrire sans arrêt notre conception de la vie, à réinterpréter les vérités que l’on se forge au fil du temps, voire accepter notre impuissance devant les questionnements existentiels propres à tout être humain. Comme cet homme au chapeau, nous errons en quête de sens, seul face à nous-mêmes, fragiles dans un univers énigmatique et mouvant, où la réalité n’a de cesse de se dérober. Une fois encore, Marc-Antoine Mathieu vient nous subjuguer avec cet album étonnant, dans lequel il nous offre en dessin toute la richesse de son imagination sans limites. Sans aucun doute, une œuvre qui « fera sens » dans la sélection officielle d’Angoulême 2015.

08/12/2014 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Les Epées de verre
Les Epées de verre

Les épées de verre reflètent parfaitement le type d'histoire d'héroïc fantasy que j'aime bien lire. La particularité qui fait que cette série semble sortir du lot malgré un scénario assez banal est la qualité du dessin qui verse dans l'élégance. C'est purement époustouflant notamment au niveau des couleurs qui donnent de la profondeur aux décors et mettent en avant les personnages. Par exemple, nous savons que le visage est la partie la plus expressive du corps humain. La réussite de tout personnage se mesure à l'habileté déployée par la dessinatrice pour rendre le visage vivant. Or, en l'espèce, c'est un succès incontestable. La puissance d'inspiration, le dessin dynamique et la fluidité de la mise en cases contribuent fortement à la réussite de cette série déjà très remarquée par les vrais bdphiles. Celle-ci semble apporter un souffle nouveau par son graphisme somptueux et ses cadrages audacieux. On espère juste que le scénario restera cohérent et montera peut-être d'un cran au prochain tome. Il y a des choses si prévisibles qui se profilent à l'horizon. Gageons que l'auteur nous réserve quelques surprises. Le second tome confirme la bonne impression laissée dans le premier chapitre. On regrettera simplement un écart de parution de près de 2 ans ce qui est actuellement énorme pour suivre une histoire. Le récit se concentre autour d’une ville au pied d’un gigantesque marais. Il y a un changement complet d’ambiance après la forêt. Il est dommage que le méchant soit réellement très vilain alors qu’il a été jadis le meilleur ami du gentil de l’histoire. Ce n’est guère crédible. Un peu moins de manichéisme aurait été souhaitable. Cela aurait donné une certaine épaisseur au personnage. Pour le reste, il n’y a pas une réelle avancée de l’histoire mais cela demeure assez passionnant pour continuer l’aventure. Le troisième tome ne tient pas toutes ses promesses quant à l'affrontement concernant notre héroïne avec celui qui a tué son père. A la fin de cet avant-dernier tome, on se retrouve avec deux épées sur quatre et le monde qui reste à sauver. Bref, on attend de voir ce que va donner le final. L'univers créé reste toujours d'une beauté époustouflante et le plaisir est toujours présent. Le dernier tome nous entraîne dans un autre univers proche de la forêt ainsi que celui du monde des glaces. Il restait deux épées à trouver. L'histoire s'accélère. On voit apparaître le rival de Miklos dans les derniers rebondissements. Le visuel reste toujours de toute beauté avec des planches époustouflantes. Une mention spéciale également pour les couleurs. Le final sera un peu surprenant mais dans le bon sens du terme car c'est la hauteur de nos attentes. J'ai véritablement aimé cette saga d'héroïc fantasy. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 3.5/5 - Note Globale: 4/5

03/10/2009 (MAJ le 08/12/2014) (modifier)
Par BDenis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bonecreek
Bonecreek

(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) J'ai définitivement adoré cette BD ! Bonecreek est la raison d'être de notre amour pour le 9e art. On ingurgite des pages et des pages de bandes dessinées, avec parfois, si ce n'est souvent, du vraiment pas terrible, dans l'espoir de retomber à nouveau sur la petite perle qui nous poussera à continuer à pratiquer la littérature illustrée. Et l'on tombe sur Bonecreek. Et l'on se dit "voilà, c'est pour revivre ce type de lecture que je m'immerge dans la bande dessinée". Et l'on repart pour un tour, à la recherche de la nouvelle pépite. Il est des histoires, des dessins, qui vous captent dès les premières vignettes. Votre corps se met à vibrer à la même fréquence que celle imposée par les auteurs la première page ouverte. Vous savez que vous allez prendre votre pied et vous savourez d'avance. Bonecreek m'a immédiatement fait cet effet là. Bonecreek, c'est le bled où se situe l'action. 1/ Dans quel monde est-on ? 2/ Qu'est-ce que ce Qâ, dont l'enquête de ses deux agents nous est contée ? 3/ C'est quoi, cette embrouille à Bonecreek ? Vous devinez que l'intrigue est à plusieurs niveaux et vous vous demandez si vous allez bien tout comprendre, si le scénario ne va pas devenir trop confus et Otéro et Bat débordés par leur création. Ne vous en faites pas : laissez-vous guider par cet exceptionnel duo d'auteurs, il maîtrise complètement son sujet. Les deux (que je ne connais nullement) sont de vrais professionnels, ils mettent en place tous les éléments de l'aventure au moment propice pour une jouissive compréhension de l'ensemble. 1- ça ressemble quand même à du western, mais c'est quoi tous ces détails qui nous disent le contraire : on est dans du post-apo ? Dans une autre dimension, une autre réalité, un autre monde ? 2- ce Qâ dont on nous parle dès les premiers phylactères, c'est un organisme, une entité, un concept ? 3- bon, y'a les flingues, les costumes d'époque, ça défouraille et se bagarre facilement, comme dans un western, tout ça on connait : mais il y a quand même des personnages étranges, non ? Avec une intrigue qui n'est peut-être pas aussi évidente qu'elle veut le paraître ! Les personnages sont hauts en couleur. La voix off est un bijou de mise en place de l'atmosphère, l'exemple ultime de ce que devrait être une voix off (mais bon sang, pourquoi l'avoir écrite en si petit dans le premier tome, franchement ?). Les dialogues sont l'exacte démonstration qu'il n'est point besoin d'en écrire des tartines pour planter une ambiance, pour dire les choses de manière claire et percutante. Le découpage du story-board est millimétré, les scènes sont dignes du grand film qui se déroule dans nos têtes, le scénario pétille d'intelligence. De tous les éloges ci-dessus cités un dialogue, une voix off ou un dessin venant à propos nous font nous exclamer "bon sang, c'était donc ça !" et évitent l'écueil de l'histoire embrouillée ou mal révélée. Le problème, c'est que je vous mentirais si je vous disais que nous avons les réponses à toutes nos questions. Et pour cause : un troisième album est annoncé dans le deuxième mais n'est pas encore sorti. On peut même s'interroger sur sa réalité, vu le temps qui passe et les éditeurs qui se succèdent : jamais bon signe, tout ça. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas ressenti la totale frustration que procure une série abandonnée en plein vol, juste une légère car des révélations sont tout de même faites sous forme de flash back en fin de tome 2, qui nous éclairent bien sur pas mal de points et nous donnent surtout l'envie de continuer l'aventure. Donc, de grâce, Monsieur BatOtéro, trouve-nous un éditeur qui nous permette de poursuivre l'extrême plaisir de lire cette BD. Le 4* s'impose à mes yeux, mais cette fin occultée (pour le moment, et sans que ce soit rédhibitoire pour moi) voudrait que le 3* paraisse plus juste : que nenni, je mets 14 / 20, ce qui vous autorisera à faire basculer les étoiles dans le sens de vos estimations et d'après les éléments que je vous ai fournis ainsi que ceux des autres avis, et me permettra à moi de conserver le 4* que je trouve amplement mérité, vu le plaisir procuré.

08/12/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Porcelaine
Porcelaine

Un bel album que celui-ci ! Dès la couverture le ton est donné avec un design qui me fait dire que les auteurs se sont inspirés de l'art nouveau. Beaucoup de fluidité dans le trait qui donne quelque chose de très léger, d'aérien. Sans dévoiler l'histoire, je trouve que l'aspect des différentes créatures, animaux, arbres, ainsi que les serviteurs ont un côté "I, robot", très glacés, sans expression qui correspond bien à l'histoire. (Je m'aperçois que c'est bien la première fois où je dis que des personnages sans expression sont supers !) L'histoire justement est vraiment originale, au delà d'un concepteur d'automates, de robots, nous avons là deux solitudes qui se rencontrent dans un lieu clos où tout ce qui vient de l'extérieur est mauvais voire néfaste. Situé dans ce qui ressemble furieusement à une Angleterre victorienne, le récit est un habile mélange de genres où l'on trouve du fantastique, du merveilleux; un petit côté Alice au pays des merveilles. Le rythme tranquille plutôt que lent m'a convenu et j'attends la suite de cette série très anglaise dans l'esprit. Achat conseillé, surtout si la suite est du même ordre ce dont je ne doute pas.

08/12/2014 (modifier)