Après lecture du 4° Tome :
Série ambitieuse. Si l'histoire était de l'Histoire, on dirait que l'auteur s'est beaucoup documenté, que le dessin a le souci du détail et de la réalité...
Les 2 premiers tomes introduisaient le contexte et à partir du 3° le récit s'accélère et il y a plus d'action.
J'ai eu finalement la chance de découvrir Servitude relativement tard ; du coup, je n'ai pas trop attendu les suites !!
En tout cas, la qualité est au rendez-vous ; série incontournable (au moins à lire pour les plus réticents à ce style).
Sean Connery au prise avec des Vampires !! C'est un peu vrai, et moi cela m'a bien plu...il y a de l'action, une ambiance particulière et ce n'est pas si basique qu'il y parait.
J'ai bien apprécié l'utilisation du Journal un peu comme dans l'original de Dracula de Bram Stoker.
La fin m'a bien bluffé (j'étais peut être un peu inattentif mais moi, elle m'a surpris...).
Le parallèle "vampirisme-capitalisme" est plutôt bien vu.
Rien de révolutionnaire mais une histoire palpitante et un "héros" charismatique et attachant.
Un très beau livre sur la création artistique qui se passe à Venise au temps de sa splendeur.
Un peintre dont le talent ne cesse de croitre se voit confier pour mission de réaliser un portrait de femme, celle d'un individu richissime prêt à tout pour tenter d'immortaliser celle qu'il aime.
L'artiste réussira au delà de ses espérances. Il parviendra à capturer un instant de vie, un moment de grâce chez son modèle qui restera pour l'éternité.
Fasciné par cette femme, il en tombera amoureux et de leur liaison naitra un fils qui lui aussi marchera sur les traces de son père, à la recherche du tableau parfait.
Une quête de la perfection qui vous monopolise en permanence, qui hante vos nuits, et à laquelle l'artiste consacre ses jours jusqu'à le consumer.
Voila une très belle œuvre, très originale, passée malheureusement un peu inaperçue dans le flot des sorties BD annuelles. Et c'est bien dommage car Dyrar, même s'il n'est pas un dessinateur de génie, est au moins un très bon conteur qui gagne à être connu.
Il n’est pas si courant d’avoir dans les mains une boîte de sardines qui ressemble à s’y méprendre à un livre, avec du vrai carton et du vrai papier. Ainsi est-il précisé au dos de cet étonnant (et joli) emballage, entre les ingrédients et les infos nutritionnelles : « Garanti sans dauphins, sans textes ni onomatopées. » Car de textes, il n’est pas question ici. Parti pris qui fonctionne généralement bien et fait ressembler cette histoire à un vieux dessin animé muet, dans le même esprit farfelu que « Les Triplettes de Belleville », où il était d’ailleurs question d’une traversée de l’Atlantique, exactement comme ici. Pourquoi une boîte à sardines d’ailleurs ? Parce que, ironie de la chose, c’est la pitance quotidienne (et détestée) de ce « héros malgré lui » quand il est en mer, glissée d’autorité dans sa besace par sa charmante épouse.
Je ne dévoilerai rien de plus de l’intrigue, mais les tribulations pleines d’imprévus de ce pêcheur freluquet perdu au milieu de l’océan et de sa bigoudène bien aimée qui affronte vents et marées pour le retrouver nous entraînent avec une certaine jubilation dans leur sillage.
Sur le plan du graphisme, cet album vaut selon moi davantage pour son utilisation réussie de l’aquarelle que pour le dessin en lui-même, très efficace pour rendre le mouvement grâce à son côté « cartoon » mais auquel je n’ai pas trop accroché. Incontestablement, le point fort de cet album est encore une fois le scénario de Lupano (décidément une valeur sûre), qui s’inscrit à fond dans le genre picaresque. Une histoire d’amour à l’humour tendre et aux rebondissements ébouriffants, souvent amusants, avec un message écologique glissé dans une bouteille et jeté dans les flots avec un scepticisme à la fois inquiet et désinvolte, sans lourdeur et sans mièvrerie. Un album qui marquera l’année par son originalité, déjà en lice pour Angoulême l’an prochain. Il ne faudra donc pas être surpris si l’on aperçoit des nuées de mouettes au-dessus de la ville pendant le festival.
Bernie Wrightson donc, alors que dire? Magnifique! vraiment magnifique, ce gars a tout simplement de l'or dans ses doigts. Cet album en noir et blanc lui offre une nouvelle fois la possibilité de donner libre cours à son talent dans un style où il excelle, un style dans lequel on peut dire qu'il fait partie des maitres. Au début de cette histoire nous retrouvons la créature créée par le Baron Victor Frankenstein dans un cirque du genre de Barnum and Bailey. C'est tout l'univers du film de Tod Browning "Freaks", la parade des monstres, que Wrightson nous dépeint. Au delà d'une galerie de monstres le dessinateur nous montre en quelques cases hallucinantes, la joie de vivre mais aussi la profonde solitude de personnages fracassés par la vie, des difformes, l'homme grenouille, le garçon crapaud.
Au scénario Steve Niles, auteur de Big foot, 28 jours plus tard, etc..., il offre ici une suite intelligente au Frankenstein originel. La créature souffre, consciente de sa condition, elle sait que le monde dans lequel l'a propulsé son créateur n'est pas fait pour elle, mais même la mort ne veut pas d'elle. C'est donc à un enfer sur la terre qu'elle est condamnée. Dans cette vie non choisie, il existe quelques moments de répit et grâce à un médecin qui l'a recueilli, le monstre découvre le savoir, la connaissance. Mais l'on sait d'avance que cet état ne peut durer, le monstre attire le malheur, en tout cas d'autres monstruosités.
Les nombreuse scènes qui se déroulent dans la maison du docteur, sorte d'immense cabinet de curiosité, donne l'occasion à Wrightson de nous donner des doubles pages proprement hallucinantes, vertigineuses. Observez les détails, les perspectives et surtout le travail sur les ombres!
Alors oui le dessin est une oeuvre d'art à part entière, mais comme je le disais il y a aussi un scénario malin qui pose quelques questions sur la condition humaine, mais surtout l'Autre. L'autre différent, celui qui nous dérange. Ici le propos est poussé à son paroxysme, mais le message est là, emballé dans les codes propres a ce type d'histoire, mais tout de même évident et rudement efficace.
Si vous croisez la route de cet album il ne faut surtout pas hésiter, Wrightson est un très grand artiste finalement assez rare par chez nous, il a ici un scénariste à la hauteur de son talent. Grande oeuvre dont j'attends la suite avec impatience.
J'ai aimé l'histoire et j'ai aimé les images !
Pour ce qui est de l'histoire, il ne faut pas s'attendre à un récit d'aventure avec des rebondissements de folie. Ça raconte un petit morceau de vie adolescente, avec l'ennui, le manque de confiance en soi, l'angoisse et le difficile rapport aux autres adolescents qui caractérisent l'adolescence.
J'ai trouvé cette bande dessinée assez oppressante parce que l'héroïne, Lily, pense juste mais n'ose pas toujours agir en conséquence. A plusieurs reprises je me suis dit "oh la la mais qu'est-ce-qui va lui arriver ?" (mais il faut dire que je viens de lire Orignal de Max De Radiguès donc je suis un peu sur mes gardes).
J'ai trouvé ça drôle et fin, aussi. Pas du tout bande dessinée adolescente grasse et lourde. Très émouvant.
Et les images, c'est vrai, m'ont semblé bien brouillonnes au départ, mais au final je les ai aimées et trouvées très justes et expressives. J'ai même été arrêtée dans ma lecture par la beauté de certaines cases que j'ai pris plaisir à longuement détailler.
Super !
Cette fausse suite de Le Sursis possède la même force. Fausse suite parce qu'il y a une continuité entre les 2 diptyques, et qu'il y a un personnage commun, sinon c'est une autre histoire.
Gibrat y poursuit son tableau d'une Occupation dans Paris cette fois, autour du 6 juin 44, avec le même trait élégant, un dessin absolument somptueux et magique, qui met en valeur le personnage de Jeanne et sa féminité. Gibrat atteint ici un niveau graphique exceptionnel, avec une mise en couleurs de toute beauté.
C'est le genre de Bd qui s'attache énormément aux personnages évoluant sur un fond dramatique où se mêlent réalisme et romantisme à travers un scénario bien tourné. L'ensemble peut paraître plus léger, mais c'est un leurre, les portraits incisifs, les personnages bien cernés, le déroulement du récit qui va vers le tragique... tout ça est bien maîtrisé et insiste beaucoup plus sur les valeurs humanistes. On a aussi l'étrange impression qu'il ne se passe pas grand chose dans ce diptyque ; là aussi c'est un leurre, car en dépit d'une action lente, il y a pas mal d'événements qui surviennent.
La fin est moins dramatique que dans Le Sursis, mais, et c'est peut-être le seul petit défaut de cette bande, elle est mal découpée, mal organisée, moins carrée ; sitôt que Jeanne apprend sur la péniche, qui l'a dénoncée, Gibrat aurait dû éviter au lecteur quelques séquences qui remplissent inutilement les dernières planches.
Les décors sont précis, la vie quotidienne dans Paris bien restituée avec ses véhicules, ses devantures, ses passants, les vêtements, le métro, les rues pavées, les vélos, les affiches, les ponts métalliques du canal Saint-Martin... sans oublier plein de petits détails et des clins d'oeil subtils (Gabin et Bourvil avec leurs valises qui trimbalent du cochon vers la rue Poliveau ; tome 1). Tout ceci est générateur d'une atmosphère pour laquelle Gibrat a dû bien se documenter. De même que dans le tome 2, la péniche s'aventure vraisemblablement sur le canal de Bourgogne, là aussi tout est bien restitué avec ses écluses d'époque (il en reste quelques-unes) et ses maisons d'éclusiers à l' architecture particulière.
Quand une Bd réussit l'osmose parfaite entre narration et dessin, faut pas s'en priver ; pour moi, aucun des 2 diptyques n'est supérieur à l'autre, les 2 se tiennent et se valent.
Dès le début, on est plongé dans un univers visuel encore très inspiré par le Seigneur des Anneaux (on y retrouve des répliques de Minas Tirith et de la Porte Noire, sans oublier les statues géantes qui rappellent celles des rois d'Argonath). Visuellement, c'est magnifique, le dessinateur se complait à multiplier grandes cases en hauteur, pleines pages ou double-pages au relief vigoureux, sa mise en page participe à la dynamique de cette série, son dessin est sublime sur les reptiles et les créatures, ainsi que sur les visages. Ce combiné des styles de Swolfs et d'Aouamri donne une force indéniable à cette fantasy fascinante aux décors grandioses. Les couvertures d'albums sont également très belles.
Les seuls défauts viennent d'un scénario un peu faible et un peu trop usé ; de plus, les personnages n'ont pas de charisme, or dans ce genre de série très codifiée, le lecteur a impérativement besoin de se rattacher à un personnage-clé (que serait le Seigneur des Anneaux sans Aragorn ?). Bec doit se reprendre pour le final de cette série qu'il serait dommage de saborder, s'il n'y a pas quelque chose de plus solide derrière la beauté graphique. On se demande quand même comment la race humaine parviendra à vaincre ou repousser les créatures tant celles-ci sont puissantes, le combat semble perdu d'avance, mais qui sait ? on peut voir un espoir comme dans le film Starship Troopers de Paul Verhoeven, où les humains en ont chié pour combattre les Arachnides (et avec des armes modernes).
Le tome 4 change radicalement : c'est toujours aussi beau graphiquement, le décorum est éblouissant, les visages de femmes sont superbes, les architectures grandioses, notamment la forteresse du roi Ti-Harnog, mais le charisme des personnages qui manquait tant au début, semble apparaître enfin avec la figure du roi Ti-Harnog, ainsi que Ioen au physique de beau gosse et qui manie une arme étrange ; sa rivalité latente avec Arzamas, autre figure intéressante de la saga, risque d'exploser dans le dernier tome. Il y a donc un peu plus de place pour les relations humaines, il y a un peu moins de créatures, tout en gardant un bon rythme, cet épisode décrivant un exode semé d'embûches. Je me réserve pour le tome 5 dont l'issue sera décisive, dans un genre pourtant extrêmement rebattu.
Une série hynoptique dont j'attends beaucoup pour le final. Serai-je déçu ? sincèrement, j'espère pas, je ne vise pas les 5 étoiles, mais si je pouvais conserver 4/5, j'en serais ravi.
Quel délire ! L’histoire est abracadabrantesque, et difficilement résumable. Pour faire simple, il s’agit du tournage d’un film, dans lequel les habitants du village gaulois sont les personnages. Font des apparitions plus ou moins longues la plupart des stars de la Bande Dessinée, franco-belge, mais aussi des comics. Ajoutez à ça les trognes d’acteurs hollywoodiens, et vous avez une bonne salade de références. Goscinny lui-même intervient, en tant qu’accessoiriste (sous le nom de René Partout) commentant le film et son travail !
C’est complètement foutraque, et très inégal, mais j’ai plutôt aimé cet album. Ne serait-ce que pour voir un certain nombre de personnages décalés (Demesmaeker jouant au poker avec Ocataritetabellatchitchix, et Elliot Belt !). Les scènes de tournages s’enchainent au milieu du Who’s Who de la BD et des gags (dont certains sont vraiment bons). Pas forcément hilarant, mais c'est je pense la plus intéressante parodie d’Astérix que j’ai lue.
Le « tournage » s’avérant catastrophique, en deuxième partie de cet album parodique, on trouve une parodie de Tintin (« Zinzin au Moyen-Orient »), qui occupe un tiers de l’album. Là aussi cela se passe à Comicitta (parodie des studios italiens de Cinecitta) lors du tournage et de la projection du film du même nom, et là aussi il y a pas mal de Gest Stars (et l’accessoiriste René Partout). Cette partie est un chouia moins bonne.
A noter qu’un personnage d’avocat s’échine à apparaître au milieu des scènes pour défendre les droits d’auteurs bafoués par ce pastiche…
Album à découvrir si vous arrivez à mettre la main dessus !
Note réelle 3,5/5.
"Max et Bouzouki" est, depuis une dizaine d'années, une série jeunesse très populaire en Belgique. Dans les livres, des petites BD et des récits illustrés, des jeux... Pour ouvrir la série aux primo-lecteurs attirés par la BD, les Editions Kennes en ont fait une série de gags. Un tome est sorti, un second est prévu en 2015.
On y voit une famille qui ressemble (un peu) à celle de la série Boule et Bill, avec cette famille à enfant unique et ce chien roux. Grosse différence, Bouzouki doit bien faire 50 kilos de plus que Bill :)
L'humour installé par Falzar est simple, mais très facile d'accès. Les gags sont d'une grande clarté, les primo-lecteurs devraient en comprendre la plus grande partie sans avoir besoin d'aide. Il faut dire que les dessins de David Evrard, également connu sous le surnom d'E 411, sont expressifs et agréables à l'oeil, allant à la simplicité dans la composition.
Une belle réussite pour la tranche d'âge visée.
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Servitude
Après lecture du 4° Tome : Série ambitieuse. Si l'histoire était de l'Histoire, on dirait que l'auteur s'est beaucoup documenté, que le dessin a le souci du détail et de la réalité... Les 2 premiers tomes introduisaient le contexte et à partir du 3° le récit s'accélère et il y a plus d'action. J'ai eu finalement la chance de découvrir Servitude relativement tard ; du coup, je n'ai pas trop attendu les suites !! En tout cas, la qualité est au rendez-vous ; série incontournable (au moins à lire pour les plus réticents à ce style).
D
Sean Connery au prise avec des Vampires !! C'est un peu vrai, et moi cela m'a bien plu...il y a de l'action, une ambiance particulière et ce n'est pas si basique qu'il y parait. J'ai bien apprécié l'utilisation du Journal un peu comme dans l'original de Dracula de Bram Stoker. La fin m'a bien bluffé (j'étais peut être un peu inattentif mais moi, elle m'a surpris...). Le parallèle "vampirisme-capitalisme" est plutôt bien vu. Rien de révolutionnaire mais une histoire palpitante et un "héros" charismatique et attachant.
La Vision de Bacchus
Un très beau livre sur la création artistique qui se passe à Venise au temps de sa splendeur. Un peintre dont le talent ne cesse de croitre se voit confier pour mission de réaliser un portrait de femme, celle d'un individu richissime prêt à tout pour tenter d'immortaliser celle qu'il aime. L'artiste réussira au delà de ses espérances. Il parviendra à capturer un instant de vie, un moment de grâce chez son modèle qui restera pour l'éternité. Fasciné par cette femme, il en tombera amoureux et de leur liaison naitra un fils qui lui aussi marchera sur les traces de son père, à la recherche du tableau parfait. Une quête de la perfection qui vous monopolise en permanence, qui hante vos nuits, et à laquelle l'artiste consacre ses jours jusqu'à le consumer. Voila une très belle œuvre, très originale, passée malheureusement un peu inaperçue dans le flot des sorties BD annuelles. Et c'est bien dommage car Dyrar, même s'il n'est pas un dessinateur de génie, est au moins un très bon conteur qui gagne à être connu.
Un océan d'amour
Il n’est pas si courant d’avoir dans les mains une boîte de sardines qui ressemble à s’y méprendre à un livre, avec du vrai carton et du vrai papier. Ainsi est-il précisé au dos de cet étonnant (et joli) emballage, entre les ingrédients et les infos nutritionnelles : « Garanti sans dauphins, sans textes ni onomatopées. » Car de textes, il n’est pas question ici. Parti pris qui fonctionne généralement bien et fait ressembler cette histoire à un vieux dessin animé muet, dans le même esprit farfelu que « Les Triplettes de Belleville », où il était d’ailleurs question d’une traversée de l’Atlantique, exactement comme ici. Pourquoi une boîte à sardines d’ailleurs ? Parce que, ironie de la chose, c’est la pitance quotidienne (et détestée) de ce « héros malgré lui » quand il est en mer, glissée d’autorité dans sa besace par sa charmante épouse. Je ne dévoilerai rien de plus de l’intrigue, mais les tribulations pleines d’imprévus de ce pêcheur freluquet perdu au milieu de l’océan et de sa bigoudène bien aimée qui affronte vents et marées pour le retrouver nous entraînent avec une certaine jubilation dans leur sillage. Sur le plan du graphisme, cet album vaut selon moi davantage pour son utilisation réussie de l’aquarelle que pour le dessin en lui-même, très efficace pour rendre le mouvement grâce à son côté « cartoon » mais auquel je n’ai pas trop accroché. Incontestablement, le point fort de cet album est encore une fois le scénario de Lupano (décidément une valeur sûre), qui s’inscrit à fond dans le genre picaresque. Une histoire d’amour à l’humour tendre et aux rebondissements ébouriffants, souvent amusants, avec un message écologique glissé dans une bouteille et jeté dans les flots avec un scepticisme à la fois inquiet et désinvolte, sans lourdeur et sans mièvrerie. Un album qui marquera l’année par son originalité, déjà en lice pour Angoulême l’an prochain. Il ne faudra donc pas être surpris si l’on aperçoit des nuées de mouettes au-dessus de la ville pendant le festival.
Frankenstein - Le monstre est vivant
Bernie Wrightson donc, alors que dire? Magnifique! vraiment magnifique, ce gars a tout simplement de l'or dans ses doigts. Cet album en noir et blanc lui offre une nouvelle fois la possibilité de donner libre cours à son talent dans un style où il excelle, un style dans lequel on peut dire qu'il fait partie des maitres. Au début de cette histoire nous retrouvons la créature créée par le Baron Victor Frankenstein dans un cirque du genre de Barnum and Bailey. C'est tout l'univers du film de Tod Browning "Freaks", la parade des monstres, que Wrightson nous dépeint. Au delà d'une galerie de monstres le dessinateur nous montre en quelques cases hallucinantes, la joie de vivre mais aussi la profonde solitude de personnages fracassés par la vie, des difformes, l'homme grenouille, le garçon crapaud. Au scénario Steve Niles, auteur de Big foot, 28 jours plus tard, etc..., il offre ici une suite intelligente au Frankenstein originel. La créature souffre, consciente de sa condition, elle sait que le monde dans lequel l'a propulsé son créateur n'est pas fait pour elle, mais même la mort ne veut pas d'elle. C'est donc à un enfer sur la terre qu'elle est condamnée. Dans cette vie non choisie, il existe quelques moments de répit et grâce à un médecin qui l'a recueilli, le monstre découvre le savoir, la connaissance. Mais l'on sait d'avance que cet état ne peut durer, le monstre attire le malheur, en tout cas d'autres monstruosités. Les nombreuse scènes qui se déroulent dans la maison du docteur, sorte d'immense cabinet de curiosité, donne l'occasion à Wrightson de nous donner des doubles pages proprement hallucinantes, vertigineuses. Observez les détails, les perspectives et surtout le travail sur les ombres! Alors oui le dessin est une oeuvre d'art à part entière, mais comme je le disais il y a aussi un scénario malin qui pose quelques questions sur la condition humaine, mais surtout l'Autre. L'autre différent, celui qui nous dérange. Ici le propos est poussé à son paroxysme, mais le message est là, emballé dans les codes propres a ce type d'histoire, mais tout de même évident et rudement efficace. Si vous croisez la route de cet album il ne faut surtout pas hésiter, Wrightson est un très grand artiste finalement assez rare par chez nous, il a ici un scénariste à la hauteur de son talent. Grande oeuvre dont j'attends la suite avec impatience.
The Summer of Love
J'ai aimé l'histoire et j'ai aimé les images ! Pour ce qui est de l'histoire, il ne faut pas s'attendre à un récit d'aventure avec des rebondissements de folie. Ça raconte un petit morceau de vie adolescente, avec l'ennui, le manque de confiance en soi, l'angoisse et le difficile rapport aux autres adolescents qui caractérisent l'adolescence. J'ai trouvé cette bande dessinée assez oppressante parce que l'héroïne, Lily, pense juste mais n'ose pas toujours agir en conséquence. A plusieurs reprises je me suis dit "oh la la mais qu'est-ce-qui va lui arriver ?" (mais il faut dire que je viens de lire Orignal de Max De Radiguès donc je suis un peu sur mes gardes). J'ai trouvé ça drôle et fin, aussi. Pas du tout bande dessinée adolescente grasse et lourde. Très émouvant. Et les images, c'est vrai, m'ont semblé bien brouillonnes au départ, mais au final je les ai aimées et trouvées très justes et expressives. J'ai même été arrêtée dans ma lecture par la beauté de certaines cases que j'ai pris plaisir à longuement détailler. Super !
Le Vol du Corbeau
Cette fausse suite de Le Sursis possède la même force. Fausse suite parce qu'il y a une continuité entre les 2 diptyques, et qu'il y a un personnage commun, sinon c'est une autre histoire. Gibrat y poursuit son tableau d'une Occupation dans Paris cette fois, autour du 6 juin 44, avec le même trait élégant, un dessin absolument somptueux et magique, qui met en valeur le personnage de Jeanne et sa féminité. Gibrat atteint ici un niveau graphique exceptionnel, avec une mise en couleurs de toute beauté. C'est le genre de Bd qui s'attache énormément aux personnages évoluant sur un fond dramatique où se mêlent réalisme et romantisme à travers un scénario bien tourné. L'ensemble peut paraître plus léger, mais c'est un leurre, les portraits incisifs, les personnages bien cernés, le déroulement du récit qui va vers le tragique... tout ça est bien maîtrisé et insiste beaucoup plus sur les valeurs humanistes. On a aussi l'étrange impression qu'il ne se passe pas grand chose dans ce diptyque ; là aussi c'est un leurre, car en dépit d'une action lente, il y a pas mal d'événements qui surviennent. La fin est moins dramatique que dans Le Sursis, mais, et c'est peut-être le seul petit défaut de cette bande, elle est mal découpée, mal organisée, moins carrée ; sitôt que Jeanne apprend sur la péniche, qui l'a dénoncée, Gibrat aurait dû éviter au lecteur quelques séquences qui remplissent inutilement les dernières planches. Les décors sont précis, la vie quotidienne dans Paris bien restituée avec ses véhicules, ses devantures, ses passants, les vêtements, le métro, les rues pavées, les vélos, les affiches, les ponts métalliques du canal Saint-Martin... sans oublier plein de petits détails et des clins d'oeil subtils (Gabin et Bourvil avec leurs valises qui trimbalent du cochon vers la rue Poliveau ; tome 1). Tout ceci est générateur d'une atmosphère pour laquelle Gibrat a dû bien se documenter. De même que dans le tome 2, la péniche s'aventure vraisemblablement sur le canal de Bourgogne, là aussi tout est bien restitué avec ses écluses d'époque (il en reste quelques-unes) et ses maisons d'éclusiers à l' architecture particulière. Quand une Bd réussit l'osmose parfaite entre narration et dessin, faut pas s'en priver ; pour moi, aucun des 2 diptyques n'est supérieur à l'autre, les 2 se tiennent et se valent.
Ténèbres
Dès le début, on est plongé dans un univers visuel encore très inspiré par le Seigneur des Anneaux (on y retrouve des répliques de Minas Tirith et de la Porte Noire, sans oublier les statues géantes qui rappellent celles des rois d'Argonath). Visuellement, c'est magnifique, le dessinateur se complait à multiplier grandes cases en hauteur, pleines pages ou double-pages au relief vigoureux, sa mise en page participe à la dynamique de cette série, son dessin est sublime sur les reptiles et les créatures, ainsi que sur les visages. Ce combiné des styles de Swolfs et d'Aouamri donne une force indéniable à cette fantasy fascinante aux décors grandioses. Les couvertures d'albums sont également très belles. Les seuls défauts viennent d'un scénario un peu faible et un peu trop usé ; de plus, les personnages n'ont pas de charisme, or dans ce genre de série très codifiée, le lecteur a impérativement besoin de se rattacher à un personnage-clé (que serait le Seigneur des Anneaux sans Aragorn ?). Bec doit se reprendre pour le final de cette série qu'il serait dommage de saborder, s'il n'y a pas quelque chose de plus solide derrière la beauté graphique. On se demande quand même comment la race humaine parviendra à vaincre ou repousser les créatures tant celles-ci sont puissantes, le combat semble perdu d'avance, mais qui sait ? on peut voir un espoir comme dans le film Starship Troopers de Paul Verhoeven, où les humains en ont chié pour combattre les Arachnides (et avec des armes modernes). Le tome 4 change radicalement : c'est toujours aussi beau graphiquement, le décorum est éblouissant, les visages de femmes sont superbes, les architectures grandioses, notamment la forteresse du roi Ti-Harnog, mais le charisme des personnages qui manquait tant au début, semble apparaître enfin avec la figure du roi Ti-Harnog, ainsi que Ioen au physique de beau gosse et qui manie une arme étrange ; sa rivalité latente avec Arzamas, autre figure intéressante de la saga, risque d'exploser dans le dernier tome. Il y a donc un peu plus de place pour les relations humaines, il y a un peu moins de créatures, tout en gardant un bon rythme, cet épisode décrivant un exode semé d'embûches. Je me réserve pour le tome 5 dont l'issue sera décisive, dans un genre pourtant extrêmement rebattu. Une série hynoptique dont j'attends beaucoup pour le final. Serai-je déçu ? sincèrement, j'espère pas, je ne vise pas les 5 étoiles, mais si je pouvais conserver 4/5, j'en serais ravi.
Alcolix la vraie parodie
Quel délire ! L’histoire est abracadabrantesque, et difficilement résumable. Pour faire simple, il s’agit du tournage d’un film, dans lequel les habitants du village gaulois sont les personnages. Font des apparitions plus ou moins longues la plupart des stars de la Bande Dessinée, franco-belge, mais aussi des comics. Ajoutez à ça les trognes d’acteurs hollywoodiens, et vous avez une bonne salade de références. Goscinny lui-même intervient, en tant qu’accessoiriste (sous le nom de René Partout) commentant le film et son travail ! C’est complètement foutraque, et très inégal, mais j’ai plutôt aimé cet album. Ne serait-ce que pour voir un certain nombre de personnages décalés (Demesmaeker jouant au poker avec Ocataritetabellatchitchix, et Elliot Belt !). Les scènes de tournages s’enchainent au milieu du Who’s Who de la BD et des gags (dont certains sont vraiment bons). Pas forcément hilarant, mais c'est je pense la plus intéressante parodie d’Astérix que j’ai lue. Le « tournage » s’avérant catastrophique, en deuxième partie de cet album parodique, on trouve une parodie de Tintin (« Zinzin au Moyen-Orient »), qui occupe un tiers de l’album. Là aussi cela se passe à Comicitta (parodie des studios italiens de Cinecitta) lors du tournage et de la projection du film du même nom, et là aussi il y a pas mal de Gest Stars (et l’accessoiriste René Partout). Cette partie est un chouia moins bonne. A noter qu’un personnage d’avocat s’échine à apparaître au milieu des scènes pour défendre les droits d’auteurs bafoués par ce pastiche… Album à découvrir si vous arrivez à mettre la main dessus ! Note réelle 3,5/5.
Max et Bouzouki
"Max et Bouzouki" est, depuis une dizaine d'années, une série jeunesse très populaire en Belgique. Dans les livres, des petites BD et des récits illustrés, des jeux... Pour ouvrir la série aux primo-lecteurs attirés par la BD, les Editions Kennes en ont fait une série de gags. Un tome est sorti, un second est prévu en 2015. On y voit une famille qui ressemble (un peu) à celle de la série Boule et Bill, avec cette famille à enfant unique et ce chien roux. Grosse différence, Bouzouki doit bien faire 50 kilos de plus que Bill :) L'humour installé par Falzar est simple, mais très facile d'accès. Les gags sont d'une grande clarté, les primo-lecteurs devraient en comprendre la plus grande partie sans avoir besoin d'aide. Il faut dire que les dessins de David Evrard, également connu sous le surnom d'E 411, sont expressifs et agréables à l'oeil, allant à la simplicité dans la composition. Une belle réussite pour la tranche d'âge visée.