Honte sur moi! En ouvrant ce volume je ne connaissais pas Rorchach, j'avais vaguement entendu causer de Watchmen mais pas plus. C'est le nom sur la couverture qui m'a fait emprunter dans ma médiathèque cet opus, intrigué par le titre. Ben oui, pour moi le Rorschach c'était juste un test de psycho ou pour paraître sain d'esprit tu dois voir des clowns qui dansent, un papillon etc...
Imaginez donc mon étonnement ! C'est un personnage, mais quel personnage ! Et j'ai compris ! Le masque, celui qui traduit les sentiments, l'humeur de son porteur. Superbe trouvaille ceci dit.
Quant à l'histoire et bien je dirais que j'ai pris une baffe. Ça déménage, ici point de fioritures, notre héros va à l'essentiel. Le scénario est excellent qui mêle les soucis du Rorschach et ceux d'un serial killer. Bien évidemment tout cela ne serait rien sans le dessin de Bermejo, carrément sublime et qui dégage une puissance rare.
Pour moi une très bonne découverte qui m'incite à vouloir creuser cet univers de super héros qui ne sont pas si infaillibles que ça.
Voilà un one shot historique et didactique qui à le mérite de ne pas être chiant et qui nous explique de manière simple et non simpliste les deniers jours de la vie de François-Ferdinand, successeur putatif de François-Joseph.
Disons le d'emblée : ce qui m'a plu dans le personnage, c'est son côté finalement relativement humain et proche de sa famille. Pour le reste, je ne me prononcerai pas mais j'imagine bien que son éducation ne devait pas avoir fait de lui un grand comique.
Quoi qu'il en soit, voilà un ouvrage qui éclaire un des aspects du démarrage de la grande boucherie de 14/18. Bien documenté, cet album devrait avoir droit de cité dans les écoles.
Un mot du dessin de Chandre qui reste dans un style réaliste très sage. Ici, son trait n'est plus le même que sur Saint Kilda, mais colle à l'atmosphère du temps évoqué.
Et puis encore merci pour la dédicace, Alexandre. Finalement François-Ferdinand sait danser !
Cette période historique du XVIIIème siècle en Ecosse n'a été que peu abordée en BD, c'est un univers qui me plaît beaucoup, il est très folklorique et bien plus intéressant que celui plus banal des Anglais ; ça m'a rappelé un peu le film Rob Roy, avec Liam Neeson.
Mais toutes ces rivalités de clans, ces affrontements entre partis jacobites et whigs sont assez difficiles à comprendre pour un non initié ; c'est souvent ancestral, familial, politique et très compliqué. D'autant que cette époque sous le règne du roi George II ne m'a jamais trop attiré. Aussi, il faut féliciter Aymond qui a dû bien se documenter afin de bâtir une histoire solide pour reproduire les superbes paysages des Highlands, les coutumes écossaises et les costumes précis. J'aime particulièrement ce pays que je souhaite découvrir un jour, avec cette nature rude et sauvage, aux moeurs farouches.
Cette aventure sent le romanesque à plein nez, et vu la tournure des événements du tome 1, je pressentais un récit convenu, avec le cliché du beau jeune premier épris de la fille noble qui doit se marier avec un meilleur parti selon la volonté de son père... fallait pas être devin pour deviner le genre de suite à ce début. Mais Aymond qui s'est lancé tout seul comme un grand dans cette aventure, sous la double casquette dessinateur-scénariste, parvient à renouveler ce cliché en utilisant des rouages plus tortueux.
Le conflit entre Angleterre et Ecosse est mis plus en avant dans le tome 2, mais c'est nécessaire pour servir de toile de fond solide à son histoire. Il faut être Britannique ou tout au moins anglophone pour apprécier ce conflit à sa juste valeur, qui reste cependant instructif, et le petit lexique pourra aider le lecteur perdu.
Aymond use avec brio de son joli trait comme il le fait sur Lady S., et en plus ça le change un peu de cette dernière d'aborder ainsi la BD en costumes. Les personnages sont très réussis dans leur silhouette graphique et leur caractère.
J'ai vraiment été conquis par ce diptyque, c'est superbe graphiquement, l'histoire est bien conçue avec un fond historique parfaitement recrée, bravo !
Fabuleux ! Vraiment très bien ! J'invente de nouvelles notations pour en fait dire que cela s'approche du culte, et bien que ce terme doive être réservé à des choses qui ont tenues dans la durée , nous n'en sommes ic pas loin. Mais, Ouah! Quelle claque! Il y avait vraiment longtemps que je n'avais pas lu quelque chose d'aussi fort, d'aussi puissant. Une histoire quoi! Celle-ci, qui plus est, se conclue en environ 240 pages, sans temps mort, à un rythme soutenu qui oblige à ne pas lâcher. On veut savoir.
En parlant de ce titre le posteur précédent à fait allusion à des films comme Abyss ou la série de C. Bec, Sanctuaire. Ok une grande partie des évènements se passent sous l'eau, il y a une station sub-aquatique et tout le postulat réside dans le fait qu'une race inconnue de l'espèce humaine vit là depuis bien avant la nuit des temps.
Mais c'est tout, personnellement je ne veux pas dès qu'une BD se passe sous l'eau ou fait intervenir des scaphandriers faire immédiatement référence à ces titres. Ici il y a une vraie originalité qui puise dans le folklore de l'humanité.
Qu'avons nous là ? Une histoire en deux parties :
Dans la première, une biologiste marine est brusquement enlevée à ses recherches pour aider le gouvernement à déterminer l'origine de sons sous marins jamais entendus auparavant. D'entrée de jeux, avec ce pitch les auteurs savent qu'il nous embarquent dans une histoire ou l'inconnu sera propice à des découvertes fantastiques avec des êtres jamais vus. Le noeud du récit est donc situé au plus profond de l'océan ou la présence d'un peuple qui pense va bouleverser tout ce que nous savons sur notre évolution. Dans un premier temps les créatures qui nous sont présentées, apparentées aux sirènes de la mythologie, sont cruelles et sont une menace pour le genre humain. Mais la présentation qui en est faite, leurs motivations, qui apparaissent peu à peu au cours du récit, en font des êtres à part entière et finalement pour lesquelles nous serions tentés d'éprouver un peu de sympathie.
Dans la deuxième partie de l'histoire nous nous retrouvons quelques 200 ans plus tard, alors que la Terre a subit une catastrophe majeure ayant provoquée la montée des eaux et par la même l'avènement de la race des sirènes. Les humains, dirigés par un gouvernement militaro-dictatorial, survivent tant bien que mal. Parmi eux une jeune femme veut croire qu'il est possible de faire quelque chose pour améliorer le sort de l'humanité et elle s'emploie à guetter les signes qui pourraient l'y aider.
Scott Snyder au scénario sait raconter une histoire, c'est fluide, ça roule tout seul, pas de bêtes raccourcis, la psychologie des différents personnages est travaillée et cela loin d'un manichéisme que de prime abord on penserait trouver au vue de leur première apparition. Et avouons le, le monde sous marin est fascinant. Sans faire de la psychologie de bazar cet élément, l'eau, est tout de même ce qui nous a vu naître et dans lequel nous passons un petit moment de notre vie. La mer fut de tout temps un lieu de fantasmes, aussi bien heureux que dramatiques, alors ici faire ressurgir le mythe de la sirène est une idée qui permets à Snyder de partir sur une histoire, qui à l'aide de flashbacks intelligents, n'est pas si bancale que cela.
Et il y a Sean Murphy au dessin. Dans un style réaliste, il propose des planches qui rendent parfaitement compte des abysses qu'il dessine, il y a également sa station sub-marine, ses sirènes évidemment et le monde extérieur victime de la montée brutale des eaux. Grâce à son dessin et ses cadrages il arrive à faire ressentir l'immensité et la profondeur de l'océan. Les cases sont riches, pleines de détails qui demandent une lecture attentive.
Je n'ai rien à dire concernant la colorisation de Matt Hollingsworth qui s'éloigne de ce que l'on peut parfois trouver dans les Comics, à savoir des trucs qui piquent les yeux. Ici j'ai trouvé que les teintes étaient relativement douces et rendaient bien l'atmosphère des grands fonds.
Alors non, il n'y a pas de monstres dans The Wake, pas de bestioles préhistoriques et de riches philanthropes qui veulent les mettre dans des aquariums, personne ne meure et n'est réanimé à la dernière minute par un beau héros, ex de l'héroïne. Les stations sub-aquatique ne se prennent pas de pétrolier sur la tronche, et puis tiens j'oubliais, ici, pas de langage verbeux pseudo scientifique qui ne font bien souvent que plomber le récit et auquel on ne comprends rien. Non, seulement un récit haletant, véritablement bien rythmé, original et qui vous tient en haleine du début à la fin. Encore un détail, mais je ne vous le révèlerais pas : la fin. Et bien croyez moi mais elle n'a rien de cucul, elle ne fait pas dans le mystico-religieux et il n'y a pas de mariage.
Voilà donc un excellent récit de science fiction qui s'ancre dans des préoccupations actuelles, la montée des eaux à cause du réchauffement climatique, mais sait aussi s'inspirer intelligemment de vieux mythes qui remontent aux voyages d'Ulysse.
A consommer sans modération, à faire connaitre.
J'ai enfin lu le dernier Winshluss et si cela n'atteint pas le génie de son Pinocchio (qui est jusqu'à présent et probablement pour le reste de sa carrière le chef d'oeuvre de Winshluss) cela reste de très bon niveau.
Il y a tout d'abord son dessin qui est toujours aussi excellent. Il y a tout ce que j'aime dans un dessin humoristique: un style personnel, du dynamisme, des visages rigolos et les couleurs sont excellents. Ensuite, niveau scénario c'est bon. C'est une suite d'histoires courtes se moquant de la bible (il y a aussi des fausses publicités totalement géniales et marrantes) et j'ai bien rigolé. Rire de la religion (particulièrement la religion catholique) n'a rien de nouveau et l'auteur réussit à faire des trucs originaux qui m'ont bien rire.
Un bon divertissement, mais il faut aimer l'humour irrévérencieux pour aimer.
Il n’est pas dans mes habitudes de craquer sur un album pour son seul visuel. Pourtant, ce fut à peu de choses près le cas présentement.
A peu de choses près car le nom du scénariste et l’intro en première page ont également pesé dans la balance au moment fatidique. Mais, indubitablement, ce qui m’aura accroché l’œil, c’est le style graphique on ne peut plus atomique de Lapone couplé au format imposant de l’album.
Ce format a d’ailleurs failli agir à double sens puisque je me suis demandé un instant s’il était raisonnable d’acheter un album qui, à la réflexion, ne rentrerait pas dans les étagères de ma bibliothèque. Je suis finalement passé outre cet aspect… et j’ai bien fait ! Et les auteurs comme la maison d’édition également !! Ce grand format apporte une dimension supplémentaire à l’œuvre, d’abord parce qu’il la sort du tout-venant, ensuite parce qu’il permet au trait de Lapone de s’exprimer pleinement ! C’est visuellement splendide, et indispensable par endroits tant la taille des planches permet à l’artiste de jouer avec son découpage sans rien perdre de sa lisibilité.
Mais qu’en est-il du scénario ?
En lui-même, il n’y a pas de quoi crier au génie, j’en conviens. Nous sommes dans une histoire de gentleman cambrioleur obligé de collaborer avec les services secrets dans un futur uchronique où USA et URSS continuent leur lutte ouverte sur fond de conquête spatiale. Que des thèmes chers aux années ’50, donc et ce scénario est un hommage au genre… mais n’offre pas de grande originalité dans le genre en question.
Ceci dit, l’histoire nous est très agréablement contée. Il y a avant tout ce narrateur, se baladant dans l’album tel un présentateur de télévision, arrêtant le fil du récit au besoin, nous livrant ses propres sentiments à l’occasion. Vient ensuite le rythme, bien fifties lui aussi : tout est posé, les scènes s’enchainent avec justesse en alternant séquences d’ambiance et passages nerveux (mais toujours stylisés).
Résultat : et bien, ça a de la gueule ! C’est beau à voir, plaisant à lire, soigné jusque dans les bordures de pages, empli de l’âme des fifties, élégamment amusant, cynique au besoin.
Bon ! Reste à trouver comment la ranger dans ma bibliothèque (quoique l'objet n'est finalement pas si hors de taille que ça). Comme je pense y revenir rapidement, le problème ne se pose pas encore : l’album peut fièrement trôner sur ma table de lecture. Et puis, à la limite, je peux encore l’encadrer et l’accrocher au mur.
A voir, à lire et à posséder ! Et, à moins de posséder une tablette de 60*40 cm (un écran de télévision, quoi) la preuve que le numérique ne peut pas toujours se suppléer au livre-objet ! Magnifique, Majestik même !!
Je connaissais le dessin de Tiburce Oger pour Gorn, La Forêt et ses talents de scénariste avec Prugne et bien d'autres.
En ce début d'année c'est le grand retour du western : Undertaker, Sans Pardon. Nous sommes ici dans un western crépusculaire; au cours d'un très long flashback, le Buffalo Runner nous raconte sa vie sur la piste et au cours de laquelle il est confronté à la plupart des grands événements de la fin de la conquête de l'Ouest à la fin du XIXème siècle.
Dans son style si particulier, allongement de certaines formes, Oger nous donne à voir de très belles planches, très fluides. Dans le même temps son personnage principal semble porter sur ses épaules toute la misère du monde ou du moins la difficulté de vivre une vie qui à certains égards ne me semble qu'une fuite en avant bien vaine.
Un bel album, de belles couleurs, un scénario déjà vu mais bien traité, alors ne boudons pas notre plaisir, voila quelque chose qui ne déparera pas au rayon western.
J'avais déjà vu l'anime et franchement si vous l'avez vu il faut absolument lire le manga. En effet, l'anime ne reprend qu'une partie du manga et en plus il y a plusieurs personnages qui n'apparaissent pas.
L'histoire (une fille qui aime un délinquant qui ne réussit pas à avoir une petite amie devient un jour sa main) semble avoir une idée stupide mais c'est typiquement le genre de manga pour ados que j'aime : il y a une galerie de personnages peu normaux qui sont à la fois attachants, intéressants et marrants, l'humour absurde me fait rire, les moments plus sérieux sont bien maîtrisés et j'aime bien le dessin.
Bref, j'ai passé un bon moment de lecture et la chose que j'ai préférée est le personnage d'Ayase que je trouve très réussi et j'étais triste pour elle.
Quelle bonne BD que voilà! Scénario et dessin sont au rendez vous pour nous concocter une histoire sur un épisode méconnu de notre passé et en un lieu inhabituel.
Précisons d'emblée que ce style de dessin n'est pas mon préféré, mais finalement pris par l'histoire cela ne m'a pas gêné plus que ça. Et quel scénario!, avec beaucoup d'humour sur un sujet finalement grave les auteurs arrivent à nous faire sourire aux déboires de ces quatre anciens combattants qui reviennent sur leur île natale. Mine de rien sans y toucher des problèmes, pas tous résolus à ce jour, sont mis en avant. Le colonialisme et la bêtise crasse des autorités de la métropole, le racisme "ordinaire", le retour à la vie civile de militaires traumatisés par les expériences qu'ils ont vécu au front, etc...
Ce diptyque est à lire, il éclaire sur un sujet grave mais le fait sans pathos exagéré et dans un lieu, l'île de la Réunion, suffisamment inhabituel pour permettre quelques dialogues savoureux.
Alors là, Mr Bastian on peut dire que vous m'avez scotché propre et net.
Découvert à Angoulême sur les conseils d'un excellent camarade et après une dédicace ou vous n'avez pas levé le nez de votre ouvrage. Mais aussi quelle concentration, quelle application, quel dessin, j'avoue que pendant les dix minutes qu'on duré la chose j'étais en état de béatitude totale devant tant de maestria.
Quelques jours plus tard l'euphorie étant retombée je me suis attelé a la lecture de cette fille maudite. A vrai dire doit t'on vraiment parler de lecture? Cette BD arrive à allier plusieurs niveaux: la lecture proprement dite du contenu des bulles et surtout la contemplation, le déchiffrages des planches.
Gustave Doré, John Tenniel, les récits de piraterie de Stevenson , Conrad, tout y est. C'est un véritable régal de se plonger dans ces planches qui deviennent des illustrations ou les détails foisonnent. Ceux ci n'étouffent en rien le récit, ils le magnifient.
Alors au final, oui c'est une lecture exigeante, qui demande du temps, il faut y revenir, non pas pour comprendre mais pour redécouvrir des détails qui nous ont forcément échappés. J. Bastian arrive a nous emmener très loin avec une histoire somme toute classique.
Des dialogues qui sont un pur bonheur, des rencontres qui vous emmènent de l'autre côté du miroir, un dessin qui ne fait que s'améliorer au fil des pages, (comment est ce possible?), voilà un ouvrage de très belle facture dont l'extérieur est lui aussi plus que travaillé qu'il faut découvrir de toute urgence.
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Before Watchmen - Rorschach
Honte sur moi! En ouvrant ce volume je ne connaissais pas Rorchach, j'avais vaguement entendu causer de Watchmen mais pas plus. C'est le nom sur la couverture qui m'a fait emprunter dans ma médiathèque cet opus, intrigué par le titre. Ben oui, pour moi le Rorschach c'était juste un test de psycho ou pour paraître sain d'esprit tu dois voir des clowns qui dansent, un papillon etc... Imaginez donc mon étonnement ! C'est un personnage, mais quel personnage ! Et j'ai compris ! Le masque, celui qui traduit les sentiments, l'humeur de son porteur. Superbe trouvaille ceci dit. Quant à l'histoire et bien je dirais que j'ai pris une baffe. Ça déménage, ici point de fioritures, notre héros va à l'essentiel. Le scénario est excellent qui mêle les soucis du Rorschach et ceux d'un serial killer. Bien évidemment tout cela ne serait rien sans le dessin de Bermejo, carrément sublime et qui dégage une puissance rare. Pour moi une très bonne découverte qui m'incite à vouloir creuser cet univers de super héros qui ne sont pas si infaillibles que ça.
François-Ferdinand
Voilà un one shot historique et didactique qui à le mérite de ne pas être chiant et qui nous explique de manière simple et non simpliste les deniers jours de la vie de François-Ferdinand, successeur putatif de François-Joseph. Disons le d'emblée : ce qui m'a plu dans le personnage, c'est son côté finalement relativement humain et proche de sa famille. Pour le reste, je ne me prononcerai pas mais j'imagine bien que son éducation ne devait pas avoir fait de lui un grand comique. Quoi qu'il en soit, voilà un ouvrage qui éclaire un des aspects du démarrage de la grande boucherie de 14/18. Bien documenté, cet album devrait avoir droit de cité dans les écoles. Un mot du dessin de Chandre qui reste dans un style réaliste très sage. Ici, son trait n'est plus le même que sur Saint Kilda, mais colle à l'atmosphère du temps évoqué. Et puis encore merci pour la dédicace, Alexandre. Finalement François-Ferdinand sait danser !
Highlands
Cette période historique du XVIIIème siècle en Ecosse n'a été que peu abordée en BD, c'est un univers qui me plaît beaucoup, il est très folklorique et bien plus intéressant que celui plus banal des Anglais ; ça m'a rappelé un peu le film Rob Roy, avec Liam Neeson. Mais toutes ces rivalités de clans, ces affrontements entre partis jacobites et whigs sont assez difficiles à comprendre pour un non initié ; c'est souvent ancestral, familial, politique et très compliqué. D'autant que cette époque sous le règne du roi George II ne m'a jamais trop attiré. Aussi, il faut féliciter Aymond qui a dû bien se documenter afin de bâtir une histoire solide pour reproduire les superbes paysages des Highlands, les coutumes écossaises et les costumes précis. J'aime particulièrement ce pays que je souhaite découvrir un jour, avec cette nature rude et sauvage, aux moeurs farouches. Cette aventure sent le romanesque à plein nez, et vu la tournure des événements du tome 1, je pressentais un récit convenu, avec le cliché du beau jeune premier épris de la fille noble qui doit se marier avec un meilleur parti selon la volonté de son père... fallait pas être devin pour deviner le genre de suite à ce début. Mais Aymond qui s'est lancé tout seul comme un grand dans cette aventure, sous la double casquette dessinateur-scénariste, parvient à renouveler ce cliché en utilisant des rouages plus tortueux. Le conflit entre Angleterre et Ecosse est mis plus en avant dans le tome 2, mais c'est nécessaire pour servir de toile de fond solide à son histoire. Il faut être Britannique ou tout au moins anglophone pour apprécier ce conflit à sa juste valeur, qui reste cependant instructif, et le petit lexique pourra aider le lecteur perdu. Aymond use avec brio de son joli trait comme il le fait sur Lady S., et en plus ça le change un peu de cette dernière d'aborder ainsi la BD en costumes. Les personnages sont très réussis dans leur silhouette graphique et leur caractère. J'ai vraiment été conquis par ce diptyque, c'est superbe graphiquement, l'histoire est bien conçue avec un fond historique parfaitement recrée, bravo !
The Wake
Fabuleux ! Vraiment très bien ! J'invente de nouvelles notations pour en fait dire que cela s'approche du culte, et bien que ce terme doive être réservé à des choses qui ont tenues dans la durée , nous n'en sommes ic pas loin. Mais, Ouah! Quelle claque! Il y avait vraiment longtemps que je n'avais pas lu quelque chose d'aussi fort, d'aussi puissant. Une histoire quoi! Celle-ci, qui plus est, se conclue en environ 240 pages, sans temps mort, à un rythme soutenu qui oblige à ne pas lâcher. On veut savoir. En parlant de ce titre le posteur précédent à fait allusion à des films comme Abyss ou la série de C. Bec, Sanctuaire. Ok une grande partie des évènements se passent sous l'eau, il y a une station sub-aquatique et tout le postulat réside dans le fait qu'une race inconnue de l'espèce humaine vit là depuis bien avant la nuit des temps. Mais c'est tout, personnellement je ne veux pas dès qu'une BD se passe sous l'eau ou fait intervenir des scaphandriers faire immédiatement référence à ces titres. Ici il y a une vraie originalité qui puise dans le folklore de l'humanité. Qu'avons nous là ? Une histoire en deux parties : Dans la première, une biologiste marine est brusquement enlevée à ses recherches pour aider le gouvernement à déterminer l'origine de sons sous marins jamais entendus auparavant. D'entrée de jeux, avec ce pitch les auteurs savent qu'il nous embarquent dans une histoire ou l'inconnu sera propice à des découvertes fantastiques avec des êtres jamais vus. Le noeud du récit est donc situé au plus profond de l'océan ou la présence d'un peuple qui pense va bouleverser tout ce que nous savons sur notre évolution. Dans un premier temps les créatures qui nous sont présentées, apparentées aux sirènes de la mythologie, sont cruelles et sont une menace pour le genre humain. Mais la présentation qui en est faite, leurs motivations, qui apparaissent peu à peu au cours du récit, en font des êtres à part entière et finalement pour lesquelles nous serions tentés d'éprouver un peu de sympathie. Dans la deuxième partie de l'histoire nous nous retrouvons quelques 200 ans plus tard, alors que la Terre a subit une catastrophe majeure ayant provoquée la montée des eaux et par la même l'avènement de la race des sirènes. Les humains, dirigés par un gouvernement militaro-dictatorial, survivent tant bien que mal. Parmi eux une jeune femme veut croire qu'il est possible de faire quelque chose pour améliorer le sort de l'humanité et elle s'emploie à guetter les signes qui pourraient l'y aider. Scott Snyder au scénario sait raconter une histoire, c'est fluide, ça roule tout seul, pas de bêtes raccourcis, la psychologie des différents personnages est travaillée et cela loin d'un manichéisme que de prime abord on penserait trouver au vue de leur première apparition. Et avouons le, le monde sous marin est fascinant. Sans faire de la psychologie de bazar cet élément, l'eau, est tout de même ce qui nous a vu naître et dans lequel nous passons un petit moment de notre vie. La mer fut de tout temps un lieu de fantasmes, aussi bien heureux que dramatiques, alors ici faire ressurgir le mythe de la sirène est une idée qui permets à Snyder de partir sur une histoire, qui à l'aide de flashbacks intelligents, n'est pas si bancale que cela. Et il y a Sean Murphy au dessin. Dans un style réaliste, il propose des planches qui rendent parfaitement compte des abysses qu'il dessine, il y a également sa station sub-marine, ses sirènes évidemment et le monde extérieur victime de la montée brutale des eaux. Grâce à son dessin et ses cadrages il arrive à faire ressentir l'immensité et la profondeur de l'océan. Les cases sont riches, pleines de détails qui demandent une lecture attentive. Je n'ai rien à dire concernant la colorisation de Matt Hollingsworth qui s'éloigne de ce que l'on peut parfois trouver dans les Comics, à savoir des trucs qui piquent les yeux. Ici j'ai trouvé que les teintes étaient relativement douces et rendaient bien l'atmosphère des grands fonds. Alors non, il n'y a pas de monstres dans The Wake, pas de bestioles préhistoriques et de riches philanthropes qui veulent les mettre dans des aquariums, personne ne meure et n'est réanimé à la dernière minute par un beau héros, ex de l'héroïne. Les stations sub-aquatique ne se prennent pas de pétrolier sur la tronche, et puis tiens j'oubliais, ici, pas de langage verbeux pseudo scientifique qui ne font bien souvent que plomber le récit et auquel on ne comprends rien. Non, seulement un récit haletant, véritablement bien rythmé, original et qui vous tient en haleine du début à la fin. Encore un détail, mais je ne vous le révèlerais pas : la fin. Et bien croyez moi mais elle n'a rien de cucul, elle ne fait pas dans le mystico-religieux et il n'y a pas de mariage. Voilà donc un excellent récit de science fiction qui s'ancre dans des préoccupations actuelles, la montée des eaux à cause du réchauffement climatique, mais sait aussi s'inspirer intelligemment de vieux mythes qui remontent aux voyages d'Ulysse. A consommer sans modération, à faire connaitre.
In God We Trust
J'ai enfin lu le dernier Winshluss et si cela n'atteint pas le génie de son Pinocchio (qui est jusqu'à présent et probablement pour le reste de sa carrière le chef d'oeuvre de Winshluss) cela reste de très bon niveau. Il y a tout d'abord son dessin qui est toujours aussi excellent. Il y a tout ce que j'aime dans un dessin humoristique: un style personnel, du dynamisme, des visages rigolos et les couleurs sont excellents. Ensuite, niveau scénario c'est bon. C'est une suite d'histoires courtes se moquant de la bible (il y a aussi des fausses publicités totalement géniales et marrantes) et j'ai bien rigolé. Rire de la religion (particulièrement la religion catholique) n'a rien de nouveau et l'auteur réussit à faire des trucs originaux qui m'ont bien rire. Un bon divertissement, mais il faut aimer l'humour irrévérencieux pour aimer.
Adam Clarks
Il n’est pas dans mes habitudes de craquer sur un album pour son seul visuel. Pourtant, ce fut à peu de choses près le cas présentement. A peu de choses près car le nom du scénariste et l’intro en première page ont également pesé dans la balance au moment fatidique. Mais, indubitablement, ce qui m’aura accroché l’œil, c’est le style graphique on ne peut plus atomique de Lapone couplé au format imposant de l’album. Ce format a d’ailleurs failli agir à double sens puisque je me suis demandé un instant s’il était raisonnable d’acheter un album qui, à la réflexion, ne rentrerait pas dans les étagères de ma bibliothèque. Je suis finalement passé outre cet aspect… et j’ai bien fait ! Et les auteurs comme la maison d’édition également !! Ce grand format apporte une dimension supplémentaire à l’œuvre, d’abord parce qu’il la sort du tout-venant, ensuite parce qu’il permet au trait de Lapone de s’exprimer pleinement ! C’est visuellement splendide, et indispensable par endroits tant la taille des planches permet à l’artiste de jouer avec son découpage sans rien perdre de sa lisibilité. Mais qu’en est-il du scénario ? En lui-même, il n’y a pas de quoi crier au génie, j’en conviens. Nous sommes dans une histoire de gentleman cambrioleur obligé de collaborer avec les services secrets dans un futur uchronique où USA et URSS continuent leur lutte ouverte sur fond de conquête spatiale. Que des thèmes chers aux années ’50, donc et ce scénario est un hommage au genre… mais n’offre pas de grande originalité dans le genre en question. Ceci dit, l’histoire nous est très agréablement contée. Il y a avant tout ce narrateur, se baladant dans l’album tel un présentateur de télévision, arrêtant le fil du récit au besoin, nous livrant ses propres sentiments à l’occasion. Vient ensuite le rythme, bien fifties lui aussi : tout est posé, les scènes s’enchainent avec justesse en alternant séquences d’ambiance et passages nerveux (mais toujours stylisés). Résultat : et bien, ça a de la gueule ! C’est beau à voir, plaisant à lire, soigné jusque dans les bordures de pages, empli de l’âme des fifties, élégamment amusant, cynique au besoin. Bon ! Reste à trouver comment la ranger dans ma bibliothèque (quoique l'objet n'est finalement pas si hors de taille que ça). Comme je pense y revenir rapidement, le problème ne se pose pas encore : l’album peut fièrement trôner sur ma table de lecture. Et puis, à la limite, je peux encore l’encadrer et l’accrocher au mur. A voir, à lire et à posséder ! Et, à moins de posséder une tablette de 60*40 cm (un écran de télévision, quoi) la preuve que le numérique ne peut pas toujours se suppléer au livre-objet ! Magnifique, Majestik même !!
Buffalo Runner
Je connaissais le dessin de Tiburce Oger pour Gorn, La Forêt et ses talents de scénariste avec Prugne et bien d'autres. En ce début d'année c'est le grand retour du western : Undertaker, Sans Pardon. Nous sommes ici dans un western crépusculaire; au cours d'un très long flashback, le Buffalo Runner nous raconte sa vie sur la piste et au cours de laquelle il est confronté à la plupart des grands événements de la fin de la conquête de l'Ouest à la fin du XIXème siècle. Dans son style si particulier, allongement de certaines formes, Oger nous donne à voir de très belles planches, très fluides. Dans le même temps son personnage principal semble porter sur ses épaules toute la misère du monde ou du moins la difficulté de vivre une vie qui à certains égards ne me semble qu'une fuite en avant bien vaine. Un bel album, de belles couleurs, un scénario déjà vu mais bien traité, alors ne boudons pas notre plaisir, voila quelque chose qui ne déparera pas au rayon western.
Midori Days
J'avais déjà vu l'anime et franchement si vous l'avez vu il faut absolument lire le manga. En effet, l'anime ne reprend qu'une partie du manga et en plus il y a plusieurs personnages qui n'apparaissent pas. L'histoire (une fille qui aime un délinquant qui ne réussit pas à avoir une petite amie devient un jour sa main) semble avoir une idée stupide mais c'est typiquement le genre de manga pour ados que j'aime : il y a une galerie de personnages peu normaux qui sont à la fois attachants, intéressants et marrants, l'humour absurde me fait rire, les moments plus sérieux sont bien maîtrisés et j'aime bien le dessin. Bref, j'ai passé un bon moment de lecture et la chose que j'ai préférée est le personnage d'Ayase que je trouve très réussi et j'étais triste pour elle.
La Grippe Coloniale
Quelle bonne BD que voilà! Scénario et dessin sont au rendez vous pour nous concocter une histoire sur un épisode méconnu de notre passé et en un lieu inhabituel. Précisons d'emblée que ce style de dessin n'est pas mon préféré, mais finalement pris par l'histoire cela ne m'a pas gêné plus que ça. Et quel scénario!, avec beaucoup d'humour sur un sujet finalement grave les auteurs arrivent à nous faire sourire aux déboires de ces quatre anciens combattants qui reviennent sur leur île natale. Mine de rien sans y toucher des problèmes, pas tous résolus à ce jour, sont mis en avant. Le colonialisme et la bêtise crasse des autorités de la métropole, le racisme "ordinaire", le retour à la vie civile de militaires traumatisés par les expériences qu'ils ont vécu au front, etc... Ce diptyque est à lire, il éclaire sur un sujet grave mais le fait sans pathos exagéré et dans un lieu, l'île de la Réunion, suffisamment inhabituel pour permettre quelques dialogues savoureux.
La Fille maudite du capitaine pirate
Alors là, Mr Bastian on peut dire que vous m'avez scotché propre et net. Découvert à Angoulême sur les conseils d'un excellent camarade et après une dédicace ou vous n'avez pas levé le nez de votre ouvrage. Mais aussi quelle concentration, quelle application, quel dessin, j'avoue que pendant les dix minutes qu'on duré la chose j'étais en état de béatitude totale devant tant de maestria. Quelques jours plus tard l'euphorie étant retombée je me suis attelé a la lecture de cette fille maudite. A vrai dire doit t'on vraiment parler de lecture? Cette BD arrive à allier plusieurs niveaux: la lecture proprement dite du contenu des bulles et surtout la contemplation, le déchiffrages des planches. Gustave Doré, John Tenniel, les récits de piraterie de Stevenson , Conrad, tout y est. C'est un véritable régal de se plonger dans ces planches qui deviennent des illustrations ou les détails foisonnent. Ceux ci n'étouffent en rien le récit, ils le magnifient. Alors au final, oui c'est une lecture exigeante, qui demande du temps, il faut y revenir, non pas pour comprendre mais pour redécouvrir des détails qui nous ont forcément échappés. J. Bastian arrive a nous emmener très loin avec une histoire somme toute classique. Des dialogues qui sont un pur bonheur, des rencontres qui vous emmènent de l'autre côté du miroir, un dessin qui ne fait que s'améliorer au fil des pages, (comment est ce possible?), voilà un ouvrage de très belle facture dont l'extérieur est lui aussi plus que travaillé qu'il faut découvrir de toute urgence.